AMINI SORES : AMES SŒURS

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas sauf Stella (qui est une déformation, par mes soins, de Harry) et « la blonde ». Sachez aussi que cette fic n'a aucun but lucratif.

Note : Désolée pour le retard, mais bon, le Bac est fini, le grand ménage aussi, je devrais pouvoir écrire plus souvent.

Merci à ma bêta Angiecali (en tant que bêta tu peux aussi faire des suggestions ou demander des explications si ya des trucs pas clairs ou proposer des trucs à mettre dans la fic ; et ne t'en fais pas, j'ai pu ouvrir le fichier sans problème) et à tous ceux qui ont laissé une review !

Bonne Lecture !

Dans le chapitre précédent :

-Oui, qui penserait que nous serions assez stupides pour voyager de nuit alors qu'il y a nombre de dangers dans les environs ? Mais je suis une nymphe et toi une sorcière immensément puissante, nous pouvons faire face et si cette femme est aussi dangereuse que tu le prétends, ne restons pas aussi près d'elle. Si tu te sens capable de le faire, après un acte de magie aussi intense…

-C'est très retord, fit remarquer Stella en souriant. Et oui, je pense pouvoir continuer, je me reposerai plus tard. Et nous installerons-nous, à Paestum ?

-Je propose près du temple que nous devons explorer. De plus, il y a toujours une forêt près des temples de Déméter.

-C'est vrai ?

-Oui, ces lieux respirent la magie et Déméter est la déesse de la nature, les deux sont liés, tu le découvriras bientôt.

C'est sur ces paroles que les deux jeunes femmes se mirent en route, poursuivant sur le petit sentier afin de retrouver la forêt et gagner Paestum au petit matin.

Chapitre 4 : La magie de la Nature:

Quand Stella et Kardiannée eurent regagné la forêt, la sorcière était plus qu'épuisée, à bout de force, quand l'aube les obligea à s'y cacher. La nymphe ne demanda pas à son amie de l'aider mais la laissa se reposer, elle n'avait pas pensé qu'une telle magie puisse prendre autant d'énergie. Peut-être était-ce simplement dû au fait que Stella n'avait vaincu un mage noir quelques mois plus tôt et qu'elle n'avait peut-être pas complètement récupéré ?

Kardiannée sécurisa le périmètre en demandant à la nature autour d'elle de la prévenir au moindre mouvement inhabituel. La nature savait qui protéger et de quoi, aussi la nymphe put s'allonger près de son amie, à l'ombre des grands arbres.

Quand Stella se réveilla, le soleil se couchait et Kardiannée rangeait leurs affaires, celle-ci se retourna et lui demanda :

-Ca va mieux ?

-Je suis en pleine forme !

-Tant mieux ! Je t'ai laissé à manger. Quand tu auras fini, nous partirons.

Quelques minutes plus tard, les deux jeunes femmes se mirent en route, parcourant les derniers kilomètres qui les séparaient de Paestum et, l'espérait Stella, de quelques réponses en ne laissant derrière elles rien qui pourrait laisser penser qu'on s'y était arrêté.

Les deux femmes essayèrent de se faire discrètes, Stella avait l'impression d'être épiée maintenant qu'elle n'était plus sous le couvert des arbres. Elle savait que ce n'était que ses sentiments et son inquiétude qui lui faisaient ressentir ça, mais cela la rendait nerveuse.

Elles durent contourner les ruines pour pénétrer dans la forêt afin de ne pas se faire prendre bêtement par quelque homme qu'aurait pu envoyer la femme de l'Office de Tourisme de Rome pour les cueillir à leur arrivée.

Stella et Kardiannée ne furent vraiment rassurées que lorsqu'elles s'enfoncèrent dans les bois mais Stella se demandait si elles n'allaient pas se perdre, elle ne savait personnellement pas où se trouvait le temple qu'elle cherchait, de là où elle se trouvait.

-Kardiannée, comment va-t-on faire pour trouver le temps, maintenant ?

-Ne t'en fait pas, ça c'est mon domaine. Je vais t'expliquer. Déméter, ou Cérès, comme tu veux, est la déesse de la nature.

-Oui. Et ?

-Or, je suis une nymphe, une protectrice de la nature. Certains disent même parfois que nous sommes les créations de la déesse, ce qui est faux, mais nous sommes véritablement proches d'elle. Les temples de Déméter sont construits dans des lieux où la nature est puissante. Peut-être est-ce l'inverse, c'est peut-être le temple et la présence ou l'utilisation de la magie qui en font un lieu très concentré en magie. Le fait est que cette magie est aussi une partie de nous, comme si nous rentrions à la maison et lorsque nous sommes épuisées, rien ne nous soigne et nous rassure mieux que cette magie. C'est pour cette raison que je dois retourner de temps en temps dans un temple de Déméter, moins cette magie est présente dans mon environnement, plus je m'affaiblie. Tu comprends ?

-Oui. Ce que tu veux me dire c'est que tu es attirée par cette magie et que c'est ainsi que nous allons retrouver notre chemin.

-Tout à fait.

-Dans ce cas, allons-y, l'aube ne devrait plus tarder.

Aussitôt dit, aussitôt fait, Kardiannée fila en courant à travers les arbres, maudite par son amie qui avait mis un moment avant de réagir, trop étonnée par le brusque départ de la nymphe qu'elle entendait rire devant elle. Elle la voyait s'enfoncer dans la forêt, devenant invisible pour réapparaître plus loin avant de disparaitre à nouveau.

Au début, Stella peina à garder le rythme, elle évitait les arbres de justesse parce qu'elle n'avait pas l'habitude de courir en zig zag et le sac sur son dos se faisait de plus en plus lourd. Elle fatiguait car elle ne voulait pas utiliser la magie tant qu'elle ne savait pas si on pouvait la retrouver.

Après environ un kilomètre de ce régime, elle se sentie plus légère, plus joyeuse et elle s'était enfin habituée au poids de son sac et à courir entre les arbres. Plus assurée, elle augmenta la cadence, se guidant au rire de Kardiannée qui résonnait dans la nuit, se sentant elle aussi simplement heureuse de courir à travers les bois à la suite de son amie.

Elle fut presque déçue quand elle s'arrêta en voyant Kardiannée plongée toute habillée dans l'eau d'un ruisseau qui faisait de la clairière qu'il ceinturait une presqu'île.

-Tu aurais pu m'attendre ! Ronchonna Stella en souriant.

-Désolée mais je voulais savoir si tu serais capable de me suivre, s'excusa la nymphe.

-Mais oui, tu crois que je vais gober ça ! C'est juste que tu étais heureuse de revenir chez toi et que tu m'as oubliée, je me trompe ?

-Non, grommela Kardiannée.

-Oh, ne fais pas la tête, je ne t'en veux pas ! Et puis, je me suis bien amusée !

- Répètes ?

-Je me suis bien amusée. J'ai un peu peiné au début mais après, c'était fantastique, j'en ai presque oublié Sirius !

-Est-ce que plus tu t'approchais, plus tu étais heureuse ?

-Oui… Hésita Stella.

-C'est étonnant, je n'ai jamais vu personne d'autre que les nymphes sensibles à la magie de Déméter ! Ca veut dire que je pourrais peut-être t'apprendre plus de choses que prévu. Ca te plairait de devenir magiquement une nymphe des bois ? Demanda la nymphe, tout excitée.

-Heu, pourquoi pas. Mais je ne sais pas grand-chose sur les nymphes. Et pourquoi voudrais-tu m'apprendre des choses. Je veux dire, je t'en suis reconnaissante et je t'aime beaucoup mais je voudrais comprendre pourquoi. Je trouve ça étrange que…

-Tu comprendras, coupa la nymphe, mais tu dois découvrir ça par toi-même. Ne t'en fais pas, ça ne devrait plus être long maintenant. Aller, viens te baigner au lieu de te triturer les méninges, tu feras ça quand tu seras reposée.

-Tu rigoles, ça doit être froid ! S'exclama Stella, pas vraiment tentée par le ruisseau forestier.

-Aller, Asteria, s'il te plait ! Tu verras, tu vas aimer si tu es sensible à la magie de Déméter !

-Quel est le rapport entre la magie de Déméter et l'eau froide ? Demanda la jeune sorcière ne comprenant pas le lien entre les deux propos.

-J'oublie souvent que tu ne connais pas ma magie, c'est tellement facile de discuter avec toi que j'ai l'impression de te connaitre depuis des centaines d'années. Bref, en fait cette clairière et cette source sont les lieus de rassemblement des nymphes. Enfin, étaient.

-Pourquoi « étaient » ?

-Quand la forêt où je suis née, la forêt sacrée de l'Aventin, je t'en ai un peu parlé, je crois, quand la forêt a été détruite et que je n'ai pas retrouvé mes sœurs, je suis partie visiter le monde. Je venais de perdre mon mari, mon fils et tout ce que j'avais connu, j'avais perdu mes racines. Je me suis dit que les autres nymphes avaient dû trouver une autre jeune forêt à protéger, alors je ne les ai pas cherchées tout de suite. J'ai caché ma nature de nymphe, cela attirait les convoitises à l'époque et j'étais trop triste pour vouloir être courtisée. Quand je me suis décidée à retrouver mes sœurs, toutes les nymphes avaient disparues. J'ai voulu demander aux nymphes des eaux, douces ou salée, des grottes, des fleurs, des enfers, les muses, les bacchantes. Mais rien. Elles avaient toutes disparues. Je sentais qu'elles n'étaient pas mortes mais c'est comme si le manque de foi et de respect des Hommes avait suspendu leurs pouvoirs et qu'elles étaient parti. Ailleur.

-Tu crois que tu les retrouveras un jour ?

-Je ne sais pas. Je l'espère. Mais peut-être que je peux continuer ce pour quoi je suis née, peut-être existe-t-il d'autres femmes comme toi qui sont sensibles à la magie de Déméter.

-Je ne sais pas. Mais je ne crois pas que je deviendrai réellement une nymphe. Je respecterai toujours la nature mais quelque chose, une impression me dit que je serai autre chose qu'une nymphe. Ou peut-être que je débloque complètement ! Finit Stella en riant.

-Non ! Ecoute toujours ton instinct. S'il te dit que tu ne seras pas une nymphe, alors c'est sûrement vrai. Viens dans l'eau, maintenant. Ca fait plusieurs jour que nous marchons sous le soleil de l'été, tu devrais te laver, et tes vêtements attendront demain pour être lavés.

-Ok, je veux bien essayer, mais si c'est trop froid, je ne reste pas longtemps, prévint Stella.

-Si tu veux, soupira la nymphe en souriant, mais elle savait qu'elle se plairait dans l'eau, si elle était sensible à la magie de la nature, elle n'y serait pas uniquement dans la forêt mais dans toutes les eaux et dans tous les endroits touchés intensément par cette magie spéciale.

Et elle ne se trompa pas. Stella, sitôt entrée dans l'eau, poussa un profond soupir et se laissa porter par l'eau qui la caressait, la rafraichissait et la nettoyait.

Stella et Kardiannée passèrent la journée à se nettoyer, à se reposer et à reprendre une certaine hygiène de vie.

Alors qu'il ne restait que quelques heures avant le couché du soleil, les deux jeunes femmes se rendirent à l'orée de la forêt, près du temple de Déméter. Elles avaient l'intension d'aller le visiter et de voir ce qui pouvait intéresser Stella pour sa quête, seulement, elles durent modifier leurs intensions en voyant la jeune femme blonde marcher de long en large devant l'entrée du temple, un téléphone portable collé contre son oreille. Ses paroles furent portées par un vent de face jusqu'aux oreilles des deux amies :

-Comment ça, tu as perdu sa trace ? Une gamine ne peut pas s'évanouir dans la nature comme ça ! S'énerva-t-elle.

-…

-Je ne veux pas de tes excuses ! Où l'as-tu vu pour la dernière fois ? Aboya-t-elle.

-…

-Je connais cette rue et il n'y a rien ! Tu t'es sûrement fait repérer et elle a demandé de l'aide pour t'échapper ! Je t'avais pourtant demandé de la discrétion !

-…

-Enfin quelque chose d'intéressant ! Que sais-tu d'elle ?

-…

-Comment ça rien ?! Elle a forcément un nom cette fille qui l'accompagne !

-…

-Qui sonne grec ? Pas étonnant que tu ne t'en souviennes pas, tu as toujours été une grosse tanche pour les langues ! M'enfin tu as tout de même réussi a trouvé ça, je suppose que je n'en aurai pas davantage… Tâche de retrouver leur trace ! Moi je vais rester là les quelques jours que je suis en repos. J'espère pouvoir rentrer au maximum dans deux jours, ou tu auras affaire à moi ! Menaça-t-elle avant de raccrocher brusquement au nez de son interlocuteur.

Stella et Kardiannée rebroussèrent chemin et s'enfoncèrent à nouveau dans la forêt, à la fois parce que la conversation téléphonique était terminée et que par conséquent, l'attention de la femme n'était pas détournée et qu'elle commençait à se diriger vers elles, et à la fois parce que, visiblement, la visite devrait attendre à cause des nouveaux éléments en jeu.

Quand elles furent revenues au campement qu'avaient installé les deux femmes, Kardiannée tendit une tasse de métal qu'elle avait trouvé dans les bagages de sa compagne de voyage à celle-ci. La tasse était remplie d'eau et la nymphe y ajouta quelques feuilles broyées. Devant le regard interrogateur de Stella, elle expliqua que cela la ferai dormir, de façon à ce qu'elle puisse récupérer et retrouver un rythme de sommeil normal, sinon reposant.

Le lendemain, Stella se réveilla aux aurores et trouva Kardiannée endormie au pied d'un arbre, emmitouflée dans des feuilles de toutes sortes. Bien que cela puisse paraître peu propre ou peu confortable, Stella trouva son amie resplendissante et étrangement complètement intégrée à leur environnement. « Ca n'a rien de bizarre, se dit-elle ensuite. C'est une nymphe des bois, c'est normal qu'elle soit dans son élément, ici. »

Décidant de laisser son amie dormir, Stella s'installa en tailleur au milieu de la clairière, ferma les yeux et se laissa bercer plusieurs heures par le bruissement des feuilles autour d'elle et la magie puissante qui baignait les lieux. Elle se sentait en sécurité, semblait sentir les bras et les mains de Sirius glisser sur ses bras et ses épaules, son souffle dans sa nuque. Elle sentit son rythme cardiaque s'accélérer puis ralentir à mesure que le rêve s'évanouissait.

Quand elle ouvrit à nouveau les yeux, elle eut l'impression fugace de milliers d'étincelles de multiples nuances de doré avant qu'elle ne s'aperçoive que son amie était réveillée et se baignait à nouveau dans le ruisseau, nue cette fois. Stella rougit quand celle-ci se leva, remarquant que son amie était de retour dans le monde de la raison et non plus perdue dans celui des sensations.

-De retour parmi nous, Stella ? Demanda la nymphe, faisant fi de sa nudité et du rougissement de sa compagne.

-Oui. Qu'est ce que c'était ?

-C'est ce qu'une créature magique ressent quand sa magie est proche de celle présente dans l'environnement ou qu'elle est particulièrement sensible à une certaine forme de magie. Ta magie n'a pas l'air très proche de celle qui baigne cette forêt mais tu y es sensible, alors… Mais j'ai l'impression que tu ressens plus intensément cette magie que les autres.

-J'avais l'impression que Sirius était près de moi, je me sentais en sécurité, dans ses bras, près de lui. Je me sentais comme… hors du temps ? C'était à la fois si court et tellement long, dit Stella d'une voix rêveuse.

-C'est peut-être parce que vous êtes des âmes sœurs et que le lieu où se trouve ton compagnon de cœur est lié à cette magie. Cela vous a peut-être permis de communiquer. Ou peut-être que comme cette magie est faite pour rassurer et protéger et que ce qui caractérise la sécurité pour toi est Sirius, elle t'a permis de retrouver un moment cette sensation. Trêve de bavardage, aujourd'hui, je vais te parler de tout ce que la forêt et ses plantes peuvent faire, le tout en italien pour que tu t'améliores.

-Comme la boisson d'hier pour dormir ?

-Oui. Je vais te parler des bienfaits mais aussi du mal que peuvent faire ces plantes. Je sais que je peux te faire confiance et je suppose que tu en auras sûrement besoin dans le futur.

-Tu sais que je connais déjà quelques trucs sur certaines plantes, grâce aux cours de Potions et de Botanique de Poudlard ?

-C'est vrai. Je suppose que je peux te faire doublement confiance, alors.

C'est ainsi que toute la journée durant, Stella dut emmagasiner les différents noms donnés au plantes, en italien, grec, latin et anglais pour commencer, la façon dont elles étaient reconnaissables, leurs propriétés seules et avec d'autres plantes, quels arbres étaient les mieux pour telle ou telle chose. Kardiannée lui montra également quelles plantes utiliser pour se vêtir, comme toutes les nymphes le faisaient.

Ce soir là, Stella ne proposa pas d'aller voir ce qu'il se passait près du temple qui intéressait tant de monde, elle préféra dormir et acquérir pour de bon tout ce qu'elle avait appris la journée.

Et grand bien lui en pris, car « la blonde », tel était désormais son surnom, avait appelé des amis qui avaient investis le temps pour une gigantesque partie de chasse au trésor, dont le premier indice avait été trouvé par la jeune femme blonde dans des archives… Elle cacha bien évidemment que les archives s'appelaient Stella Potter, ou plutôt Sophia James.

En revanche, le lendemain fut très calme et permit à Stella et Kardiannée de s'aventurer dans le temple.

C'était la première fois que Stella entrait dans un temple et elle fut subjuguée par la prestance qui émanait encore des ruines. Elle sentait la magie de Déméter plus intensément encore que dans la forêt.

Il y avait encore quelques fresques gravées voire même encore colorées dans les endroits protégés des intempéries et des vandales. Elles racontaient les fêtes données en l'honneur de Déméter, elles transpiraient la joie et le bonheur des nymphes liées à Déméter mais aussi celles liées à la chasseresse Artémis, déesse de la nature sauvage, à Poséidon, le dieu des mers et océans, à Dionysos, dieu de la vigne et des cycles de régénération, à Pan, dieu de la nature et de la fécondité et Hermès, dieu des voyageurs et voleur et gardien des routes et carrefours.

L'on voyait également le pouvoir de Déméter sous la forme des différentes saisons : à l'automne, Déméter est séparée de Perséphone, sa fille et les arbres perdent leurs feuilles, les branches pendent tristement ; à l'hiver, Déméter est seule et le froid, le vent soulèvent les branches des arbres nus et les chevelures des nymphes endormies ; le printemps montre les retrouvailles entre la mère et la fille sous les fleurs et la tiédeur de l'atmosphère ; à l'été, Déméter est heureuse avec Perséphone sous le soleil brûlant et les blés mûrs.

-Sais-tu que j'ai déjà participé à quelques unes de ces fêtes ? Fit la nymphe.

-Non. C'est comment ? Qu'est ce qu'on y fait ? Combien de temps cela dure-t-il ?

Après que Kardiannée eut expliqué les faits représentés sur les fresques, Stella déclara :

-Maintenant, il ne nous reste plus qu'à chercher quelque chose qui est lié aux Voiles des Ténèbres.

-Je pense plutôt que ces indices sont cachés dans les souterrains des prêtres du temple. Si quelqu'un de mal intentionné avait trouvé ces indices, il aurait pu semer le chaos.

-Comment sais-tu que ce sont des souterrains ? Ca pourrait être n'importe quoi.

-Non, les prêtres vivaient dans le temple et on ne voit rien qui pourrait permettre de vivre ici, c'est forcément en dessous. De plus, lorsqu'il y avait des menaces importantes de guerre, les paysans des alentours mettaient leurs récoltes en sécurité dans les temples de Déméter. Cela évitait les pillages et la famine qui suivait forcément.

-Ok, donc on cherche des mécanismes qui pourraient ouvrir des passages secrets tout en ouvrant l'œil sur d'éventuels indices sur le Voile des Ténèbres.

Stella se plaça dans un coin du temple et le parcourut sur toute sa longueur, une main appuyant sur chaque pierre de la rangée, espérant débloquer un mécanisme ou découvrir une pierre mal scellée qui pourrait être un indice. Puis elle recommença, mais dans l'autre sens et la main sur une autre rangée de pierres.

Kardiannée l'imita. Quand quelques heures plus tard, elles n'eurent rien trouvé sur les parois qui jouxtaient l'extérieur, Stella proposa d'examiner les fresques, il y avait peut-être un mécanisme dissimulé parmi les nombreux éléments de la gravure, tant en essayant de remarquer un possible élément sans réel rapport avec Déméter.

Quelques heures plus tard, Kardiannée prit la parole :

-Nous devrions peut-être nous arrêter là et retourner dans la forêt. L'aurore sera bientôt là.

Stella poussa un profond soupir puis acquiesça :

-Tu as probablement raison, mais ça m'embête de n'avoir rien trouvé…

-Nous devrions peut-être marquer là où nous avons arrêté nos observations, fit remarquer la nymphe. Ca nous évitera d'examiner plusieurs fois la même zone.

-Non, « la blonde » pourrait les remarquer. Elle ne sait pas où nous sommes, ne lui permettons pas de nous trouver.

-Je ne pense pas qu'elle les remarquera. Il suffit d'être discrètes.

-Je préfère ne pas prendre de risques. Il vaut mieux ne pas la sous-estimer.

-Et toi, tu ne devrais pas la surestimer, Stella !

-Je préfère la surestimer et prendre le moins de risques possible. Je préfère que ce soit elle qui me sous-estime.

-Mais…

-Voldemort m'a sous-estimée plusieurs fois et cela a causé sa perte, je ne veux pas que cela cause la mienne. Et la tienne avec moi. Nous n'avons pour l'instant pas besoin de prendre de risques, ne provoquons pas le destin. Et j'ai appris à mes dépends que se précipiter n'apportait pas la solution.

-Je suppose que tu as raison… soupira Kardiannée.

-Ne t'en fais pas, il doit te rester pas mal de choses à m'apprendre, non ? Rassura Stella.

-Oui. Excuse-moi, c'est juste que je n'ai pas l'habitude d'être accompagnée. Généralement, quand je suis en danger, je peux m'échapper comme bon me semble, même si je dois y laisser des plumes. Mais tu es là et je veux t'aider, pas être un poids mais t'aider dans ta tâche. Même si nous sommes séparées, souviens-toi de moi, appelle-moi et j'accourrai.

-Ne parles pas ainsi, je ne vois pas pourquoi nous serions séparées de force, comme tu le sous-entends.

-On ne sait pas ce que le destin nous réserve, contente-toi de ne pas oublier cette promesse que je t'ai faite. Partons, maintenant.

Stella ne se déplaçait plus dans la forêt que de la même façon que ses nymphes. Kardiannée en était d'ailleurs la première étonnée, Stella, elle, s'était finalement faite à l'idée qu'elle ne ferait jamais rien comme les autres.

Plusieurs fois au cours du chemin vers leur campement, elle crut distinguer des étincelles dorées comme lorsqu'elle s'était laissée bercée par la magie de Déméter et qu'elle avait aperçues à son « réveil », mais à chaque fois c'était une vision fugace qu'elle ne parvenait pas à retrouver et elle était trop fatiguée pour réfléchir à ce que cela pouvait bien être. Elle se demandait même si ce n'était pas une illusion d'optique à cause de la rosée et de soleil levant.

Lorsqu'elle se réveilla quelques heures plus tard ce même matin, Stella aperçut Kardiannée qui défaisait le campement qu'elle avait construit pour son amie.

-A partir d'aujourd'hui, commença Kardiannée en voyant son amie éveillée, tu vivras comme une nymphe. Je vais continuer à te montrer les plantes utiles dans une forêt, aujourd'hui ce sera les champignons et les racines comestibles. Et je pense que tant que tu vivras dans la forêt avec moi tu devrais t'habiller comme moi.

Elle accompagna ses paroles d'un geste vers sa tenue : trois feuilles entrelacée rattachées par un jeune roseau formaient le haut de sa tenue, comme une brassière ; des roseaux tressés formaient une ceinture d'où pendaient des feuilles, comme une jupe. Ses longs cheveux étaient retenus à l'arrière de sa tête par deux tresses entrelacées de longues herbes. Elle avait également piqueté sa chevelure de petites fleurs de toutes les couleurs.

Stella approuva :

-Autant garder mes vêtements propres pour retourner dans la civilisation.

Et toute la matinée durant, Stella dut à nouveau ingurgiter des connaissances sur les plantes forestières, comestibles ou non.

Pour la tester, Kardiannée lui demanda de recueillir leur déjeuner, ce qui ne fut pas très probant puisqu'elle ne put cueillir assez de nourriture pour une seule personne.

Heureusement que Kardiannée avait prévu et qu'elles purent manger suffisamment.

Stella finit par s'endormir après son repas, alors qu'elle avait voulu, sans succès, retrouver la sensation des bras de son âme sœur sur elle. Elle sentait qu'il était vivant, ils étaient liés avant sa disparition, elle l'aurait senti s'il était mort.

Lorsqu'elle se réveilla quelques heures plus tard, toujours immergée dans la magie qui l'entourait, la première chose qu'elle distingua fut le soleil encore haut dans le ciel à travers le feuillage des arbres qui la surplombaient.

La seconde, en se redressant, fut de nouveau les étincelles dorées qui semblaient former un immense dessin à travers toutes la clairière, semblant s'éparpiller sous formes d'immenses tentacules dans toute la forêt, et sûrement plus loin encore. Mais ce n'était plus une vision fugace ou une hallucination, elle en était sûre.

Elle leva la main et tenta de refermer ses doigts sur ses mystérieuses étincelles.

A suivre…