CHAPITRE 3


Derek venait tout juste de m'apercevoir en train de parler avec Erica. Une bouffée de chaleur m'envahis et je crains qu'il n' ait deviné mon secret. Je décidai de jouer l'innocent.

- Quoi ?
- Tu viens de parler tout seul... me dit-il le regard inquiet. T'as dit des choses... bizarres.
- Comme quoi ? Ris-je.

Mon rire sonna faux, donc je fermai la bouche dans un claquement de mâchoire audible.

- T'as dit que tu n'étais personne, et que tu étais mort de l'intérieur... Que t'étais rien...

J'avais une envie soudaine de pleurer. Je devenais trop vulnérable à mon goût, j'avais l'impression que je devenais de moins en moins fort de jour en jour, psychologiquement parlant. Les insultes me disant que j'étais un meurtrier m'affaiblissait au plus profond de mon être, même si je ne laissais rien paraître. Mon père, quant à lui, me hantait toutes les nuits. Mon père... je ne savais même pas pourquoi je l'appelais encore comme ça. C'était le monstre qui me tuait à petits feux dans la vraie vie, et le monstre de mes cauchemars.

- Je fais du somnambulisme, désolé.

J'avais haussé les épaules pour rendre mon mensonge crédible.

- C'est vrai ce que tu as dit ?
- Arrête de me poser des questions, tu deviens chiant.
- Putain Stiles ! S'énerva-t-il. J'essaie de faire la conversation avec toi et tu m'envoies balader !
- C'est un peu normal non? M'écriai-je à mon tour.
- Mais de quoi tu parles ? Se renfrogna-t-il, agacé de mon comportement envers lui.

J'avais envie de lui foutre des gifles, de le frapper avec toute la violence que j'avais enduré toute ma vie, mais je me retins et serrai mes poings à m'en faire mal aux jointures.

- Tu m'humilies chaque jour, et moi je dois te faire la conversation car « Monsieur » me parle ? Ce n'est pas comme ça que ça marche !M'exclamais-je, le bras tendu vers lui.
- Pour une fois que je fais un pas vers toi, t'es même pas capable d'en faire un aussi ! Merde !
- Mais c'est quoi ton problème Mec ? Dis-je en pleine crise de nerfs. Pourquoi t'es toujours comme ça avec moi ? J'en ai assez !
- Comme ça quoi ?!
- Tu me traites comme mon père putain !

Il allait répliquer mais il ferma sa bouche aussitôt, me faisant les gros yeux ronds. Je me rendis compte que je venais de dire une énorme connerie.

- Comme ton quoi !? s'écria-t-il, choqué.
- Comme de la merde ! Dis-je, me rattrapant rapidement.

Il me regardait et se mordit l'intérieur de la joue, et moi, qui jouait avec mes doigts. L'atmosphère était tendue, ça me stressait. Il tourna la tête pour regarder l'heure et soupira.

- Tu peux t'en aller si tu veux, lui dis-je en serrant les mâchoires.
- Non, je risque de réveiller Jackson. Mais en même temps je n'ai pas envie de rester avec toi.
- Et moi donc !
- Stiles ! Arrête de t'éloigner de lui !

Je sursautai. Erica venait de me crier dessus et je ne me souvenais même plus qu'elle était là. Derek n'avait pas remarqué mon soubresaut et se leva du lit d'un coup sec.

- Si c'est comme ça... murmura agressivement Hale.

Il prit ses vêtements et ses chaussures, puis quitta la chambre en à peine cinq secondes. La porte claqua tellement fort que je fis un léger bond. Je venais tout juste de faire partir Derek, pour une fois qu'il me parlait normalement. Erica le suivit, me lançant un regard déçu. Elle passa à travers la porte, puis je soupirai.

- Merde Stiles, t'es qu'un con, me chuchotai-je à moi-même.

0o0o0o0

Je me levai du lit, puis allai prendre ma douche. Je traînais des pieds pour m'y rendre, je n'avais aucunement le goût de sortir de ma chambre aujourd'hui, d'autant plus que je commençais en Français, un des deux cours où j'étais avec Derek. En plus, Erica voulait que je me rapproche de lui pour qu'il sache qu'elle était toujours à ses côtés et qu'elle l'aimait. Je ris silencieusement; comment pouvais-t-on aimer quelqu'un qui était plus agressif qu'un Doberman ? Lorsque je m'aperçus que j'étais pareil, mon rire s'éteint. J'étais toujours sur la défensive, en train de répliquer à tout bout de champs. Tout ça à cause du monstre qui me servait de géniteur. Un haut-le cœur me pris tandis que je rentrais dans la douche. Suite à ce mal de cœur, un flash-back m'apparus soudainement.

Couché dans mon lit, pétrifié, j'entendais les cris d'Allison provenant de sa chambre. Ils étaient étouffés, certes, mais je les entendais tout de même. J'étais attaché à mon lit, la corde qui était autour de mes poignets me chauffait. J'essayais de m'en défaire, mais je n'étais pas capable; elle me lacérait la peau. J'étais son grand frère, et je ne pouvais même pas la protéger ! Les cris s'éteignirent laissant place aux pleurs. Allison était la favorite de John – le monstre -. C'était elle qui subissait le plus de ses envies, moi seulement les coups violents, mais quelque fois, je le supplier de me frapper à sa place pour lui épargner la souffrance. Le problème était qu'on n'avait aucune autre famille et qu'on ne voulait pas se retrouver à l'orphelinat.

La porte de ma chambre s'ouvrit à la volée, laissant apparaitre un homme et une aura de lumière. La peur me faisait trembler, et quand j'ai vu mon père afficher un sourire satisfait, j'eus un mal de cœur. Il referma la porte, me laissant dans la pénombre, les poignets et le cœur meurtrit.

Cette nuit-là, c'était la cinquième fois que ça nous arrivait. Nous avions seulement 11 ans.

Sortie de ma douche brûlante, je regardai mes poignets; ils étaient un teint plus foncé que ma peau. À la vue de ceci, ma bouche se crispa et mes mains commencèrent à trembler. Ma haine envers mon père était tellement forte que je hurlai, laissant sortir tout ce que j'avais sur le cœur. Je hurlai encore et encore, jusqu'à temps que je m'effondres en pleurs sur le carrelage de la salle de bain. Je restai dans cette position quelque minute, en position fœtal, lorsque l'idée que je redoutais le plus me passe dans la tête.

Je me penchai légèrement pour atteindre les armoires en-dessous de l'évier. J'ouvris les portes, couché sur le côté droit au sol, puis pris le cutter que j'avais volé en cours de techno. Je tournai la petite roulette, les larmes aux yeux, pour ainsi découvrir une lame affutée. Je repoussais ce moment depuis que je l'avais volé, mais je n'en pouvais plus. Cette souffrance intérieure me rongeait depuis bientôt huit ans. Je me rassieds, adossant mon dos sur la baignoire et étirai mes jambes. Je tournai mon poignet de façon à avoir la paume vers le haut, puis plaçai le cutter au-dessus de mes veines. J'hésitais. Allison et moi avions fait la promesse de ne jamais abandonner. Je décidai que vu qu'elle était morte, la promesse ne tenait plus. J'en avais assez de vivre dans un perpétuel cauchemar. L'impulsivité en moi pris le contrôle, et décidé, je déposai la lame et appuyai sur mes veines, qui se mirent à gicler du sang. Un mal atroce me parcouru le crâne, mais le soulagement de partir était bien plus présent que la douleur. Peut-être que ma mémoire ne s'effacera pas lorsque je serai morte, mais au moins les regards accusateurs et les insultes de la bande de Derek et lui-même s'arrêteraient...

POV DEREK

Le professeur parlait de tout et n'importe quoi, mais je n'écoutais pas. Je mâchais le bout de mon crayon, couché sur ma chaise. Je pensais à Stiles, plus précisément. Pour une fois que j'essayais de lui parler gentiment, il me rejetait. On était ensuite tous les deux partis dans une engueulade. On était tous les deux impulsifs, francs, obstinés, agressifs, vulgaires et j'en passe. Le problème n'était pas qu'il me ressemblait, non. C'était qu'il lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. Bien entendu, ils n'étaient pas identiques, mais leur caractère renforçait cette impression, et c'est ce qui faisait que je détestais Stiles. Je rejetais mes insultes sur lui, car je ne pouvais pas le faire sur ma grande sœur, Laura.

Stiles n'était pas en cours. Normalement, il serait assis deux rangées à ma gauche, vers l'avant.

- Est-ce que quelqu'un a vu Stiles aujourd'hui ? demanda le professeur.

Voyant que personne ne répondait, elle me pointa du doigt.

- Monsieur Hale, allez à sa chambre.

Soupirant, je me levai en m'appuyant sur mon pupitre et ma chaise grinça. La chambre de Stiles se trouvait dans l'autre aile du bâtiment. Tandis que je passai le cadre de porte pour m'engager dans le couloir, je sentis une présence à côté de moi. Le froid s'installa et je su que c'était comme les autres fois ; j'allais me retourner et voir une forme noire disparaitre aussitôt que j'aie posé les yeux dessus. Je grognai, me demandant une fois de plus si j'étais malade mental.
J'arrivai devant la chambre de Stiles, puis toquai des petits coups rapides.

- Stiles, ouvre la porte !

Aucune réponse. Je décidai de frapper plus fort sur la porte, de façon à ce qu'il voie que je ne plaisantais pas.

- Merde, ouvre-moi !

Était-il en train de me faire la tête ? Je ris à cette image qui me formait dans la tête. Impatient, je commençai à taper du pied sur le sol, puis tournai la poignée de métal.

- Arrête de m'ignorer, je sais que tu es là, tu dois venir en...

Je m'arrêtai net, tellement j'eus l'impression de pencher vers l'avant. Une horrible scène se présentait droit devant moi, découvrant Stiles dans une mare de sang rouge qui paraissait encore plus vif dû au carrelage blanc. Mon cœur loupa un battement et avant même que le prochain arrive, je m'élançai dans la pièce où reposait le corps de Stiles, étendu sur le sol froid. Je me mis à genoux, les trempant ainsi dans le sang.

- Putain putain putain ! Marmonnais-je, ne savant pas trop où mettre mes mains.

J'étais littéralement en état de choc. Du coup c'était à cause de moi qu'il s'était retrouvé là ? Si il mourrait, je m'en voudrais toute ma vie. Je déposai doucement mes doigts sur sa jugulaire et sentis un faible pouls. Ce fût à cet instant qu'il lâcha un petit grognement. Je me redressai rapidement, puis accouru à l'extérieur avec les jeans, le T-shirt et les mains pleines de sang. Ma gorge était tellement serrée que je ne pouvais plus respirer, lorsque je croisai enfin le gardien de sécurité qui fonça vers moi, puis me secoua. Je ne pouvais plus parler, aucun son ne voulait sortir de ma bouche. Voyant que je ne disais rien, il se dirigea à toute vitesse dans la chambre de Stiles pendant que je m'appuyai sur le mur avec mon dos. Je me laissai glisser jusqu'à temps que mes fesses touchent le sol.

Je restai dans cette position jusqu'à l'arrivée des ambulanciers.

- Monsieur, m'entendez-vous ? Me demanda l'un deux, projetant une forte lumière dans mon œil gauche, puis le droit. Que s'est-il passé ? dit-il en s'adressant au gardien.
- Je l'ai vu dans le couloir, taché de rouge, puis j'ai vu ce jeune garçon allongé dans son sang. Je vous ai appelé tout de suite.

Les ambulanciers criaient, puis je vis le corps de Stiles, couché sur un lit d'ambulancier. Rapide comme l'éclair, ceux-ci disparurent en moins de deux secondes. Il n'en restait qu'un, qui me demanda de l'accompagner à l'hôpital. Je ne répondis pas, me contentant de le suivre, sans un mot. J'étais trop sous le choc pour dire quoi que ce soit.

POV STILES

Un horrible mal de tête s'éprit de mon crâne tout entier. Mes sens étaient tous en alerte; l'odeur que je respirais m'était inconnue, même le bruit monotone que j'entendais. Le temps que mon cerveau analyse où je me trouvais, je me demandais si j'étais morte ou non. Il ne m'a fallu que trois secondes avant d'avoir ma réponse; une voix me parlait, murmurant mon prénom doucement.

- Stiles... Pourquoi tu as fait ça ? Stiles...

Scott. Lors de mon suicide totalement improvisé, je n'avais aucunement pensé à lui. Une vague de honte profonde s'empara de moi et je toussotai légèrement, sentant une boule coincée dans ma gorge.

- Stiles ? Demanda-t-il la voix tremblante.
- Scott.. soufflai-je doucement, gardant les yeux encore fermés.
- Qu'est-ce qui t'as pris bon sang ?

Je sentais qu'il était sur le bord de pleurer. Tenait-il réellement autant que ça à moi ? Les larmes commencèrent à imbiber mes yeux, mais je me contrôlai pour pas qu'elles ne s'échappent.

- Est-ce que Melissa est là ? Demandais-je faiblement.
- Dans la salle d'attente. Tu peux l'appeler maman, tu sais, dis Scott. C'est notre mère tout de même.

J'ouvris les yeux, mais les refermai automatiquement. La lumière de la pièce où je me trouvais était trop forte. Je clignai des yeux, le temps qu'ils s'habituent à la clarté, puis à l'aide de mes avants-bras et de mes pieds, je me rassieds sur le lit.

- Elle m'a abandonné quand j'avais un an, elle ne mérite pas que je l'appelle comme ça.

Scott ne répondis pas; il savait que je disais la vérité. Melissa et moi n'avions pas une très belle relation, je dirais même que nous n'en avons pas du tout. Lorsque mon père fût mort, j'appris que ma mère n'était pas décédée comme celui-ci l'avait dit, mais qu'elle s'était enfuit pour aller dans les bras de Raphaël, son petit copain depuis maintenant environ 17 ans. « J'avais peur de lui... » M'avais-t-elle dit comme pour s'excuser. « Ce n'était pas une raison de nous laisser entre ses mains ! Allison est morte ! Tout ça à cause de toi ! » Avais-je répliqué. Depuis ce temps, j'évitais Melissa C'est pour ça que les fins de semaines je restais à l'internat, histoire de ne pas la voir jusqu'aux prochaines vacances. Dire que j'avais un père immonde et une mère qui se foutait royalement de moi...

0o0o0o0

Deux jours que j'étais à l'hôpital et deux jours que je me sentais faible. Je me trouvais tellement idiot d'avoir fait un geste qui aurait pu être irrévocable, surtout que c'était sur un coup de tête.

Scott était en colère contre moi, il ne voulait plus me parler depuis qu'il a vu que j'avais la tête dur comme de la roche, pour ne pas lui dire pourquoi j'avais voulu me suicider. À la vue de cette idée, je frissonnai de la tête aux pieds. S'il savait la vérité, je n'aurais plus qu'à sauter dans ma tombe déjà creusée...

Assise dans mon lit d'hôpital, je zappais les chaînes de la télévision accrochée au mur. Voyant qu'il n'y avait aucune bonne émission, je soupirai en lançant la télécommande au bout du lit. Malheureusement, je l'avais lancé trop forte et celle-ci tomba sur le sol, se brisant en deux morceaux distincts. J'éclatai de rire, sûrement à cause de la fatigue. Soupirant bruyamment, les larmes aux yeux à cause des rires, je sentis une présence à mes côtés. Je tournai la tête d'un coup sec, m'attendant à voir un esprit, puis aperçu Derek dans le cadre de porte. Mon coup craqua dans un bruit audible, en plus de me faire mal. Ma bouche se crispa et je portai une main à mon coup pour le masser légèrement.

- Bonjour Stiles...

Je le vis avaler de travers, jouant avec le bas de sa veste de jeans. Je ne savais pas trop comment réagir; devais-je le détester car il m'a sauvé la vie ? Ou être content ? Je ne savais pas trop non plus si je devais l'inviter à s'asseoir sur le fauteuil en cuir qu'il regardait depuis tantôt à côté de mon lit, ou bien le laisser poiroter sur le seuil.

- Rentre, lui dis-je en cachant mes bras sous les draps.

Il pénétra dans la pièce et s'assit sur le fauteuil. Il joua quelques instants avec ses doigts, puis se trouvant sûrement ridicule, il arrêta.

- Stiles, je voulais...

Il se racla la gorge, apparemment gêné de la situation. Il lâcha un petit « hum » et je décidai de prendre les rênes.

- J'ai voulu me suicider, tu m'as sauvé, je te remercie. Voilà.

Il me fit les gros yeux, ce qui me perturba. Avais-je été trop direct ?

- En fait, je ne voulais pas venir chercher tes remerciements... me dit-il, je voulais m'excuser en fait.
- Pardon ?

Je me demandais si j'avais bien entendu. Je commençai à rire arrogamment, n'ayant aucune idée pourquoi. Des pas fusèrent dans le corridor et je me tu, regardant la porte. Scott s'y trouvais quelques instants plus tard, essoufflé. Il aperçut Derek, puis son visage changea d'expression.

- Derek, grogna-t-il.

Hale se leva d'un bond. Je sentais la confrontation approcher, ce qui me pinça le cœur. Ce Derek, en dehors des cours, était tellement sympathique. Scott lâcha un grognement et bondit sur Lui, le frappant directement au visage. Il ne s'y attendait pas et son corps fût projeté dans les airs pour ensuite atterrir sur mon lit. Il lâcha un juron en se massant la mâchoire, puis regarda agressivement Scott. Celui-ci s'approcha, le doigt en l'air, comme pour le sermonner.

- C'est à cause de toi que mon frère a voulu se suicider ! Cracha-t-il au visage de Derek.

Le dit Derek devint livide et je décidai de m'interposer.

- Scott, ce n'est pas à cause de Derek... enfin...

Je me raclai la gorge pour faire savoir de quoi je parlais à mon demi frère , qui devint blanc comme un drap également.

- Pas à cause de sa mort j'espère ? Demanda-t-il, la voix chevrotante.

« À cause de John surtout » aurais-je voulu lui répondre, mais j'aurais dû lui spécifier pourquoi, et ça je ne voulais pas. C'est vrai que deux ans après, mon suicide aurait peut-être pu être évité, sauf que ces temps-ci, les flash-back étaient fréquents et horribles.

- La mort de qui ? M'interrogea Derek.
- Ce n'est pas de tes affaires, lui dis-je

Il me regarda longuement, puis partis, poussant Scott à l'épaule au passage. Je soupirai.

- Évite de parler d'elle en sa présence, je ne sais plus quoi dire aussi non.

Il réfléchit pendant un long moment, puis se décida enfin de dire ce qu'il avait sur le cœur.

- Que s'est-il passé cette nuit-là, Stiles ? Me souffla-t-il doucement, s'assoyant sur le fauteuil.

Je me mis à stresser, cherchant un moyen de m'échapper à cette conversation.

- Stiles, je... j'ai l'impression que tu me caches des choses à propos de ce qu'il s'est passé dans cette maison.
- Pas du tout, répliquai-je, les mains moites.

Il me fixa pendant quelques secondes, tandis que je regardais le mur droit devant moi.

- Je reviens à 18h, sois prêt...

Scott se leva, puis sortis de la chambre. C'est à ce moment-là qu'une petite fille entra en faisant claquer ses pieds nus sur le plancher. Son visage ressemblait à celui d'un ange, encadré par de longs cheveux bouclés blonds. Ses yeux, humides, étaient d'un vert si éclatant qu'on aurait dit des pierres précieuses.

Cessant de contempler son visage, je baissai les yeux et ce que je vis m'horrifia; un énorme morceau de métal, fait sur le long, lui traversait le ventre. J'avalai ma salive avec difficulté et lui chuchota un petit bonjour. Elle ne répondit pas tout de suite, mais regardais le bout de métal avec peur.

- Tout va bien aller, ne t'en fais pas ! lui lançai-je rapidement, pour ne pas qu'elle soit effrayée.

Cette petite fille âge d'environ 7 ans était tellement innocente que je pensai à Allison.

- C'est quoi ton prénom ma belle ? demandais-je, me levant de mon lit.
- Lily, me dit-elle, la voix enjouée.

Lily. C'était le surnom que je donnais à ma sœur. Je me contentai de sourire malgré les larmes qui embuaient ma vue. Je me mis à genoux sur le sol, puis pris la main de cette Lily, essayant de ne pas trop regarder son ventre. Elle devait être morte dans l'hôpital.

- Où sont tes parents ma chérie ?
- Je ne sais pas ! s'écria-t-elle dans les aigus.
- Tu veux que je vienne les chercher avec toi ?
- Oui !

Je lui dis de patienter deux minutes et j'allai dans la petite salle de bain pour enlever l'affreuse jaquette d'hôpital. Je m'habillai des vêtements que Scott m'avait apportés, c'est-à-dire un slim bleu +et d'une chemise bleue à carreaux. Je me coiffai rapidement, me passant une mains dans les cheveux, me dégageant ainsi le visage. Je sortis à la course et je vis Lily, debout à la même place.

- On y va ?

Tandis que j'avançai pour sortir de la chambre, Lily me prit le petit doigt avec sa mini-main. Ce geste me remplit les yeux d'eau, et je souris bêtement. Je lui demandai si son ventre lui faisait mal, elle me répondit que non.

Je m'étais toujours demandé si les morts avaient mal, pourquoi j'avais ce don – ou malédiction, comme je le disais si bien -. Lily me regardait de temps en temps du coin de l'œil, ce qui me rendait mal à l'aise.

- Comment tu t'appelles toi ? me dit-elle, sourire aux lèvres.
- Stiles, répondis-je, stressé tout d'un coup.

Qu'allais-je dire à ses parents ? Enfin, ça, c'était s'ils étaient encore présents. Si non, je demanderais à la secrétaire leur numéro de téléphone. Pourquoi je faisais ça ? Pour aider une petite fille qui venait de mourir ou une famille qui venait de la perdre ? Nous étions à présent rendues dans la salle d'attente.

- Ils sont là ! s'écria la petite fille, le sourire jusqu'aux oreilles.

Elle accouru vers eux, leur parla, mais rien ne fit. Les parents, assis, pleuraient sans voir leur petite fille. Ils semblaient abattus; le père avait les jambes écartées, les avant-bras déposés sur ceux-ci. Il était penché vers l'avant pour avoir ainsi sa tête dans ses mains. La mère essayait de dormir, mais je voyais les larmes ruisseler sur son visage.

- Papa ! Maman ! s'époumona Lily, ne comprenant pas ce qu'il se passait.

Je lui dis de venir me voir avec un signe de main, ce qu'elle fit tout de suite.

- Pourquoi ils ne me répondent pas ! J'ai fait quelque chose ? pleura Lily.
- Non ma chérie, chuchotais-je, ils ne peuvent tout simplement pas te voir...
- Pourquoi ?

Je ne lui répondis pas et allai me présenter aux parents.

- Bonsoir, les saluai-je.
- Ce n'est pas vraiment le bon moment jeune homme ,répondit la mère, la voix enrouée.

Je me contentai de tirer une chaise jusqu'à eux, pour être juste devant. Je m'assis et me racla la gorge.

- Je m'appelle Stiles Stilinski, et je pense que vous êtes ici à cause de votre fille, n'est-ce pas ?

Le père releva la tête, puis je pu apercevoir ses yeux rouges et gonflés.

- Qu'est-ce que vous voulez ?

Je me demandais ce que j'allais répondre, pour ne pas paraître insolent ou quoi que ce soit.

- Notre fille vient de tomber dans le coma, ce n'est pas le moment ! continua sa mère, à présent en pleurs.
- Dans le coma ? m'exclamais-je, surprise.

C'est rendu que je vois les personnes comateuses maintenant, génial.

- Allez-vous en, s'il vous plait, lâcha le père.
- Alors pour commencer je ne m'en irais pas, non, désolé. Et deuxièmement, je vois votre fille, Lily, donc si vous voulez lui parler c'est maintenant ou jamais.

Ils étaient en état de choc. Ils me regardaient tous les deux, les yeux grands comme des oranges. J'ai été trop direct, merde. C'était ma première fois, donc je me dis que ça pouvait aller.

- Vous êtes médium, c'est ça ? ria le père malgré ses larmes. Je n'y crois pas.
- Elle sait le prénom de Lily, Jack ! riposta la mère, les yeux brillants d'admiration.
- Je n'ai pas grand temps, dis-je, pensant à Scott qui devait venir me chercher à 18h00.
- Comment elle va ? s'exclama la mère. Elle va bien ? Est-ce qu'elle est là ?

Elle regarda frénétiquement autour d'elle, le sourire aux lèvres.

- Elle est là oui, juste ici, dis-je en pointant une direction.
- Arrêtez Stiles ! cria Jack, se levant d'un bond.

Il partit, me laissant seule avec la mère.

- Je vous crois, moi. Dites m'en plus sur elle...
- Eh bien, elle est jeune vous savez, elle ne sait pas trop ce qu'il se passe.
- Elle est dans le coma et vous pouvez la voir ? Comment ça ?
- Je ne sais pas...
- Dites-lui qu'on est là, d'accord ?
- Ruby, arrête merde ! Tu vois bien qu'elle joue avec toi et tes émotions ! s'écria le père qui était revenu.
- Alors c'est normal que je sache qu'elle est dans le coma à cause d'un putain de morceau de métal qui lui est rentré dans le bide ? Ou bien qu'elle a de longs cheveux blonds ?

Je respirai, sentant l'émotion monter en moi.

- Votre temps s'est écoulé, désolé.

J'étais frustré et je voulais qu'ils le sachent. Je me levai pendant que les parents me regardaient, choqués.

- Stiles ?

Je me retournai et aperçu ma mère, sac à main sur l'épaule.

- Emmènes tes trucs et viens me rejoindre dans la voiture, je dois retourner travailler.

Froide et égoïste comme toujours, celle-ci se retourna avant même que je puisse prononcer un moindre mot.

- Il est où Scott ? m'écriais-je avant qu'elle ne tourne le coin du corridors.

Elle ne se retourna même pas et continua à marcher. Merde. Je m'élançai à sa poursuite pour lui dire ma façon de penser, mais quelque chose me tenait en place.

- Non ! Ne partez pas, je veux garder contact avec ma Lily ! s'exclama Ruby, les larmes aux yeux.
- Désolé, lui murmurais-je, tentant de me défaire de sa poigne.

Elle serrait tellement fort que j'eu du mal à enlever sa main de mon bras. Merde, mes bandages ! Puis, j'eu peur, je commençais à ne plus pouvoir respirer.

10h00 du soir. J'étais dans ma chambre, assis sur mon lit. Je grelottais, mais je m'en fichais. Je pensais à ma vie de misère, à celle d'Alisson. À la vie, à la mort, à tout. J'avais oublié de sortir les poubelles et de tondre la pelouse. Grosse erreur. J'entendais déjà les bruits de pas de John vers ma chambre.

- Qu'est-ce que je t'avais dit petit con !?

Il me prit violemment par le bras et me propulsa hors de ma chambre. Je tombai sur le plancher, mais à peine avais-je pu respirer une seule fois, il me remit sur pied et me fit avancer agressivement.

- Arrête ! m'écriais-je, ne sentant plus mon bras.

Il se contenta d'ouvrir la porte du sous-sol, puis il me poussa. Je criai, pris par la panique. Je me voyais déjà mourir, laissant Allison avec ce monstre.

Je dévalai les douze marches de l'escalier, atterrissant enfin sur le plancher. Mon bras me faisait atrocement mal, ma mâchoire également. Les larmes coulaient à flot sur mon visage, mais je remontai tout de même l'escalier pour arriver à la porte fermée.

J'étais paniqué, je ne savais pas s'il y avait eu des morts dans cette maison. Je tapais sur la porte pour qu'il me fasse sortir de là, mais il était déjà parti. Je suis resté assise dans les marches jusqu'à ce qu'Allison m'ouvre la porte. Elle était en pleurs. Enfin, il n'y avait que des larmes qui roulaient le long de ses joues, me donnant l'envie de la protéger encore plus.

- Ne t'inquiète pas, je vais bien, lui chuchotais-je en la prenant dans mes bras.
- On pou...rrait s'enfuir ? murmura-t-elle, coupée par des sanglots.

Je restai silencieux. On pourrait, oui, mais pour aller où ? J'entendis John arriver, et je dis à Allison d'aller dormir. Pendant qu'elle s'en allait, je regardai mon bras; il faisait encore plus mal lorsque je le bougeais. J'étais étourdi également, je crains d'avoir une commotion cérébrale.

- Hey ! m'écriais-je. Tu m'as cassé le bras, espèce d'enfoiré !

Il était dans le salon, regardant la télé. Il tourna la tête pour me regarder, et je pu lire dans ses yeux qu'il regrettait que je ne sois pas mort. Il grommela. Je sentais qu'il allait me laisser dans cet état, mais non, il se leva et pris ses clés de voiture.

- Tu fermes ta gueule abrutis et casse toi à l'hôpital, sinon je tu ta sœur.

J'hoquetai de peur. Je pensai à Allison, couchée dans son lit. Elle était si vulnérable, si... innocente. Si elle mourrait, je m'en voudrais à mort de ne pas l'avoir protégée. Je hochai de la tête pour que John comprennes que je ne dirai rien. Cette vie de misère devait cesser. Une idée me passa par la tête et un frisson me parcouru l'échine au complet... Je devrai le tuer.


Chapitre 3 terminé ! ^^

J'espère qu'il vous aura plu et que les flash back ne vous gêne pas trop. Si c'est le cas dites le moi et je ferais un chapitre spéciale au pire :)

Merci a tous pour vos reviews, vous êtes géniaux :D

Pour répondre au principale question que j'ai eu, Toby va revenir :D IL a pris une pause pour le moment :)

Erica n'est pas prête de partir pour le moment, elle est un peu l'équivalent d'un pot de colle x) Et Sanga36, malheureusement je pense que tu as bien compris ce que c'était :/

En tout cas merci pour tout, posez toutes les questions que vous voulez, dîtes moi ce que je dois améliorer et autre :) J'essaie de pas trop faire de faute mais je pense qu'il y en a quand même. Merci a tous :**

Prochain chapitre samedi :p