Bonjour tout le monde !

Et voici le quatrième chapitre ! Un peu en retard (un jour, vous n'allez pas m'en vouloir si ?)

J'aimerais préciser que, à certains moments dans les dialogues, je mettrais certains mots en Italique. Généralement, ce seront des répliques de Solange. Et il faudra imaginer que la jeune femme les prononce en français dans l'histoire.

Merci à Snow pour la relecture, et merci aux lecteurs et lectrices qui laissent un petit commentaire.

Les personnages ne m'appartiennent pas, sauf celui de Solange Dumont.

Bonne lecture !

Les deux amies se réveillèrent en même temps ce matin-là. Ce fut Solange qui se leva en première. Elle quitta la chambre et se dirigea vers la cuisine pour préparer le petit-déjeuner. Molly n'avait pas envie de se lever, du moins pas maintenant. Encore 5 minutes …

Solange arriva dans la cuisine, mit l'eau à bouillir, et commença la préparation du petit-déjeuner. Vu l'état de son amie, il se devait d'être inhabituel. Elle fouetta donc des œufs, puis ajouta du lait et du sucre. Puis alluma la plaque électrique, mis une poêle dessus, puis du beurre à l'intérieur, et attendit qu'il fonde. Elle trempa des tranches de pain dans la préparation aux œufs/lait/sucre, puis les posa dans la poêle. Pendant que le pain perdu cuisait, elle continua de préparer le thé en sortant les sachets et en faisant bouillir de l'eau. Elle mit sur la table des tasses, des verres, des assiettes avant de s'arrêter, pensant que ce petit-déjeuner était peut-être trop français. Tant pis. Lorsque les tranches de pain furent cuites d'un côté, elle les retourna. Elle fit de même avec les autres tranches. Quinze minutes plus tard, Molly entra dans la cuisine, attirée par la bonne odeur qui lui donna faim : rien que l'odeur la mit en appétit. Elle s'installa à la table, se fit servir son thé, et commença à dévorer les premières tranches de pain perdu.

« C'est en quel honneur ?

- En l'honneur d'une amie qui n'allait pas bien il y a moins de douze heures, et qui avait donc besoin de pain perdu ce matin, le meilleur pain perdu qu'elle ait jamais mangé ! »

Les colocataires sourirent. Solange était rassurée de voir son amie afficher une telle expression, de nouveau. Elles furent rejointes peu de temps après par Sherlock, lui aussi attiré par l'odeur. Quand il entra, il vit Solange s'occuper du pain perdu et ne put se retenir de dire : « Vous cuisinez ! ». Il eut comme réponse: « C'est une de mes nombreuses qualités, monsieur Holmes » de Solange, avec une voix sensuelle pleine de sous-entendus. Ce qui fit rougir Molly, mais sourire Sherlock et Solange.

« Venez manger monsieur Holmes. »

Molly leva les yeux vers sa colocataire. Elle fut surprise : malgré son ton aimable, ses yeux étaient pleins de reproches envers l'homme. Molly pensait – et espérait – que cette haine n'était que passagère. Mais elle la comprenait. Le détective s'installa à la table de la cuisine, se servit du thé et commença à manger le pain perdu. Même s'il ne le disait pas, il l'appréciait. Quand toutes les tranches furent cuites, Solange s'installa et mangea à son tour. Elles parlèrent durant tout le repas matinal, désespérant Sherlock qui aimait tant le silence. Une fois qu'elles eurent fini, Molly débarrassa tandis que Solange partit s'habiller. Aujourd'hui encore, Sherlock allait être seul. Et tout cela dans le plus grand secret. Il dit au revoir aux filles lorsqu'elles partirent, puis s'assit sur le canapé. Après quelques minutes, il s'allongea. Il pensa. Il cogita. Il prit la décision de détruire le réseau de son pire ennemi en attaquant par la base. Attaquer la base ébranlera la pyramide. Et puis tant pis si Moran se méfie par la suite. Il réfléchira à un plan pour l'attaquer et le supprimer. Sherlock passa toute la matinée dans le canapé, à réfléchir à des plans pour supprimer la base petit à petit. Il s'ennuya le reste de la journée.

De leur côté, les filles étaient parties travailler. Molly avait rejoint son chef pour l'assister dans une autopsie, et Solange était montée dans son cabinet. Ce matin, elle s'était mise en disponibilité au cas où il y ait une urgence. Sa porte était ouverte, elle lisait un ouvrage de Lacan. Elle l'avait bien entamé lorsqu'elle leva la tête et qu'elle vit une enfant, malade, qui se promenait pieds-nus dans le couloir de l'hôpital. Solange se leva donc et sortit de son bureau, prenant soin de fermer la porte derrière elle. Elle s'approcha de la jeune fille qui ne réagit pas.

« Coucou ! commença Solange. Tu es nouvelle ? »

La psychologue n'eut pas de réaction de la part de la malade. Elle continuait de marcher, regardant devant elle. Solange la suivit. Le comportement de la jeune fille était étrange, elle ne voulait pas qu'il lui arrive quelque chose. Elles continuèrent de marcher, puis la jeune fille se stoppa, et se tourna vers Solange.

« Arrêtez de me suivre, je voudrais être seule.

- Tu es pieds-nus, malade, et tu ne dois pas connaître l'hôpital. Alors non, je ne te laisserais pas seule.

- Vous n'avez pas de travail ?

- Pas ce matin. Donc je peux te suivre toute la matinée. Et avec un peu de chance, l'après-midi aussi.

- Vous êtes docteur ?

- Oui, je suis un docteur.

- Et vous soignez quoi ?

- La tête.

- Alors vous pouvez m'aider. Mon docteur a dit que ma tête n'allait pas bien, qu'il y avait quelque chose dedans qu'on devait supprimer.

- Je suis désolée, mais je ne vais pas pouvoir t'aider sur ce coup- là. Je soigne les maladies de la tête mais qui ne sont pas visibles avec les machines.

- Je ne comprends pas …

- Je suis psychologue. Je m'appelle Solange. Et toi ?

- … Alice. Je ne savais pas qu'il y avait plusieurs docteurs pour la tête. Je pensais qu'il n'y avait que mon docteur …

- Non, il y en a plusieurs, répondis Solange en rigolant. Alice, tu as quel âge ?

- 7 ans !

- Et depuis quand es-tu à Saint Bart ?

- Je suis arrivée hier.

- Te rappelles-tu du nom de ton docteur ?

- … Non, répondit la jeune Alice, après un temps de réflexion. Je suis désolée …

- Tu n'as pas à l'être. Que dirais-tu de retourner dans ta chambre ? Proposa Solange, adressant par la même occasion un sourire à la jeune fille.

- Non je ne veux pas ! Je m'ennuie dans ma chambre ! Protesta la petite fille.

- D'accord d'accord … Hum … Alors viens dans mon bureau. Tu aurais été un peu plus couverte, je t'aurais emmené dehors, mais tu n'as rien sur toi. Je pense avoir des activités pour les enfants dans mon bureau.

- … D'accord … répondit Alice, hésitante.

- Mais d'abord, je dois faire un tour à l'accueil. Allez, viens. »

Solange tendit sa main gauche, et Alice la prit dans sa main droite. Les deux filles repartirent. Elles allèrent à l'accueil, et Solange déposa un message aux infirmières : une petite fille appelée Alice et âgée de 7 ans, appartenant au service de neurochirurgie est dans le bureau de Solange Dumont, en psychiatrie. Si quelqu'un la cherchait, notamment un médecin neurologue, il savait où la trouver. Puis elles partirent en direction du bureau de la psychologue. Solange installa l'enfant dans un coin de son bureau avec des crayons et des feuilles blanches, puis prit une feuille blanche et commença à dessiner. Elle ne voulait pas laisser la jeune fille seule dans son activité. Alors elles dessinèrent ensemble jusqu'à ce que, une petite heure plus tard, un homme en blouse blanche toqua à la porte du bureau. C'était le docteur McGiven qui venait chercher sa jeune patiente. Solange prit un moment pour discuter avec lui de l'état de la jeune fille. Elle eut la confirmation de ses soupçons : Alice avait une tumeur au cerveau, et elle en était à un stade avancé. Malheureusement, la chimiothérapie était délicate à son âge. Et au regard de l'état actuel de la maladie, ses parents ont préférés ne pas la traiter. Il ne lui restait pas beaucoup de temps à vivre, mais elle ne le savait pas. Les adultes avaient préférés lui cacher la vérité, « pour son bien ». Alice, 7 ans, va bientôt mourir, et elle ne le sait pas. Solange dit au revoir à la jeune fille qui partit avec ses dessins, sa main dans celle du médecin. Puis elle s'installa dans son bureau et commença à se sentir mal pour la petite. Certes elle ne pouvait pas faire grand-chose pour la soigner, alors elle essayerait de rester avec elle durant le peu de temps qu'il lui reste, lorsque ses parents ne seront pas là.

Vint l'heure de la pause méridienne, et par conséquent la réunion des deux colocataires qui avaient pleins de choses à se raconter. Solange parla bien évidemment de sa rencontre avec Alice, de sa situation, de ce qu'elle aimerait faire. Elle ne fut pas surprise lorsque Molly lui dit qu'elle avait son soutien. Molly la soutenait toujours. Enfin, quasiment toujours. Le repas du midi fut jovial. Puis elles se séparèrent de nouveau après avoir déposé leurs plateaux, l'une se dirigeant vers la morgue, l'autre vers les bureaux à l'étage. Cette après-midi-là, les deux femmes allaient être occupées.

A 18h30, Molly sortit de l'hôpital. Elle fut rejointe dix minutes après par Solange, qui avait fini un peu en retard son travail. Elles rejoignirent la voiture de Solange, et rentrèrent chez elles.

Cette routine dura jusqu'à la fin de la semaine. Puis vint le week-end, moment que Sherlock redoutait. Le week-end, les gens sortaient donc il était plus difficile de passer incognito dans les rues de Londres pour enquêter. Il était fortement conseillé au détective de rester bien au chaud dans l'appartement des filles, avec les filles. Et le week-end avec les filles était … bruyant. Après le repas du samedi midi, les filles s'attelaient à faire le ménage COMPLET de l'appartement, c'est-à-dire déplacer les meubles, passer l'aspirateur partout, le chiffon aussi. Donc pendant deux heures environs, l'appartement s'animait et il n'était pas possible de se concentrer, surtout pour quelqu'un comme Sherlock Holmes. Il alla donc s'exiler dans la chambre de Solange, lieu devenu son refuge temporaire. Il avait caché dans les coins et recoins de cette chambre des dossiers, des fichiers importants qui comportaient de dangereux secrets. Et le samedi du ménage complet, les filles s'étaient vu interdire l'entrée dans la chambre de la psychologue, sous prétexte que c'était Sherlock Holmes qui dormait dedans et que la poussière ne le dérangeait pas tant que ça. Les filles capitulèrent donc, après plusieurs minutes de discussion plus ou moins calme – tout dépendait de qui avait la parole contre Sherlock. Une fois le ménage terminé, elles s'avachirent dans le canapé et s'abrutirent avec la télévision. Le calme était revenu, et Sherlock l'apprécia.

Dans les environs de 18h30, Solange se leva et alla se mettre en tenue de sport, pour son sport quotidien. Et oui, le sport n'avait pas de répit pour elle. Sauf en vacances. Elle sortit dix minutes après. Molly ne la reverra pas avant 19h30. Peu de temps après, elle se leva et se dirigea vers la cuisine. Elle pensait tester un plat exotique … Un poulet au curry peut-être. Oui, ça sera un poulet au curry : Molly avait tout le nécessaire dans son réfrigérateur et dans ses placards. Elle se mit au travail. De l'autre côté du mur, Sherlock était en train de réfléchir, comme à son habitude. Mais il pensait à autre chose en même temps. Il pensait à son départ. Il le savait : il ne pouvait rester éternellement chez Molly. Mais il ne lui avait pas encore dit. Il ne savait pas si elle soupçonnait son départ. Mais il allait devoir lui dire : il le ferait quand la date sera fixée. Il le dira par la même occasion à Solange. Il rangea les dossiers, sortit de la chambre et rejoignit Molly. Elle était en train de faire cuire les légumes dans une cocotte, et le poulet dans une poêle. Elle n'entendit pas Sherlock entrer, elle ne l'entendit pas s'asseoir, elle ne sentit pas son regard sur elle. Elle était concentrée. Il était impressionné de la voir comme ça. Elle devait avoir ce même air lorsqu'elle assistait le médecin légiste. Il ne se souvenait jamais de son nom. De toute façon, il s'en fichait : à quoi bon retenir un nom supplémentaire alors qu'il n'en aura pas besoin par la suite ! Il fut interrompu dans sa contemplation par une porte qui claqua, qui annonça que Solange était rentrée. Molly se retourna pour lui répondre lorsqu'elle aperçue Sherlock. Elle sursauta. Il sourit. Solange entra dans la cuisine, annonça qu'elle allait sous la douche, et sortit de nouveau pour se diriger vers l'antre du bien-être aquatique qu'était la salle de bain. Pendant que Solange se délaissait de la transpiration apparue grâce aux efforts physiques qu'elle avait imposés à son corps pendant près d'une heure, Molly continua de faire à manger, toujours sous le regard de Sherlock. Le médecin légiste connaissait la personnalité du détective, qui ne s'embêtait pas de discussions futiles sur le temps ou l'actualité. Alors elle ne prit pas la peine d'entamer une conversation qui serait vaine. Bien que gênée par le regard insistant du détective, elle se concentra assez pour ne pas rougir à cette situation, pour ne pas faire de catastrophe culinaire. Elle remua le poulet, baissa le feu, puis remua sa sauce au curry qu'elle avait commencé quelques minutes auparavant. Elle coupa le feu sous la petite casserole qui contenait la sauce, puis ajouta celle-ci dans la poêle où cuisaient les morceaux de volaille. Elle mélangea bien le tout, puis baissa au minimum le feu de la poêle et la couvrit : le tout allait mijoter quelques minutes. Puis Molly s'attaqua aux légumes : à l'aide d'une fourchette, elle tâta leur cuisson : encore deux minutes avant de les égoutter. Elle ouvrit le robinet d'eau froide, puis elle en remplit un grand saladier. Deux minutes plus tard, Molly stoppa définitivement la cuisson des légumes en les retirant, grâce à une cuillère à égoutter, de l'eau chaude de la grande casserole pour les mettre dans l'eau froide : technique permettant aux légumes de garder leur jolie couleur malgré la cuisson. Molly aimait accorder du soin à ce qu'elle faisait, aussi bien professionnellement, personnellement et culinairement.

Vingt minutes plus tard, Solange sortit de la salle de bain, toute propre. La psychologue rejoignit son amie dans la cuisine, qui était plongée dans un silence complet : Molly était en train de s'occuper des légumes. Solange regarda la scène, puis demanda à Sherlock de mettre la table. Sortant de sa transe d'observation, il mit quelques secondes à comprendre la demande, et il refusa. Alors la psychologue se mit face à lui, se pencha et lui expliqua calmement que la vie en communauté exigeait un juste partage des tâches, donc qu'il devait – elle insista particulièrement sur ce verbe - participer aux tâches de la maison vu qu'il était nourri, logé et blanchi gratuitement. Sherlock plongea son regard bleu dans les yeux bruns de Solange, et lui répéta qu'il ne mettra pas la table car la société était tellement bien faite que le partage des tâches n'existait quasiment pas. Il ajouta – à tort bien évidemment – que la plupart des tâches de ce genre revenait aux femmes. Alors Solange se redressa, surprise. Puis elle prit un verre d'eau, le remplit au robinet, puis bu, sus le regard soulagé de Molly qui pensait que le verre d'eau allait rafraichir les idées du détective en atterrissant sur ses cheveux bruns et bouclés que Molly rêvait de toucher, et d'emmêler autour de ses doigts. La psychologue murmura alors quelque chose à l'oreille de Molly qui acquiesça, après avoir hésitée quelques secondes. Puis elle sortit les assiettes et les couverts. Solange mit la table … pour deux personnes. Sherlock en fut surpris, puis il comprit. Il lui dit fit remarquer sa présence, mais la brune ne répondit rien. Elle sortit un autre verre, le mit sur la table. Puis elle sortit une bouteille d'eau du réfrigérateur et le pain de la bannette. Elle s'installa à la table et attendit Molly. Peu de temps après, Molly posa la poêle sur le dessous de plat, et elle servit son amie. Puis elle se servit reposa la poêle sur la plaque de gaz. Molly apporta ensuite les légumes qu'elle avait préalablement égoutté de l'eau froide, puis servit son amie avant de servir. Elle posa le saladier sur le plan de travail, puis s'assit sur sa chaise. Les deux amies se souhaitèrent un bon appétit, et commencèrent à manger. Le message était clair : tu ne participes pas aux tâches de la maison, alors tu n'habites pas ici. Ayant très faim – l'odeur alléchante du repas préparé aidant grandement - il se décida à se lever, prendre une assiette, un verre et des couverts, puis de les poser sur la table. Il se servit, et les meilleures amies sourirent en signe de victoire : elles avaient réussi à faire grandir l'enfant qu'était le détective arrogant Sherlock Holmes. Enfin, elles avaient commencé à le faire grandir, à le faire s'améliorer. Le reste du repas se passa dans la bonne humeur, les deux amies se racontant leur après-midi, Sherlock se taisant. Il avait bien vu que Solange n'était pas du genre à se laisser faire : elle était totalement différente de Molly. Il allait commencer à se tenir à carreau, car cette femme serait capable de le virer de l'appartement.

Il n'avait rien compris. Solange savait que Sherlock avait une mission, et que cette mission lui permettait de sauver ses amis. Elle ferait tout pour l'aider lui, tout comme elle ferait tout pour aider Molly. Elle ne le mettrait jamais à la porte, sauf s'il faisait une énorme bêtise. Il avait besoin de rester ici pour son enquête. Alors elle le laisserait habiter ici.

Cette mésaventure se reproduisit le jour suivant. Et le jour suivant. Et encore le jour suivant. En voyant ce résultat, les filles se désespérèrent et se dirent qu'elles avaient crié victoire trop tôt la première fois. Sherlock dû se résoudre, par la suite, à mettre la table le soir, et le midi lorsqu'ils étaient en week-end. Finalement, les filles étaient ravies de ce succès, et notamment Solange.