Merci encore pour les reviews, et voici la suite sans plus tarder

(Il s'agit, je le précise pour la forme, du récit d'Heero sur les derniers évènements.)


Heero marchait, ou plutôt vagabondait au milieu des ruelles de la ville. Il n'en revenait toujours pas d'être là, cherchant bêtement à attraper quelque chose en quoi il ne croyait pas.

Mais Quatre avait insisté et il ne pouvait pas lui refuser... Pas alors que la fin de sa supplique s'était fait au travers de ses yeux fatigués, un masque à oxygène étant pausé sur son visage pâle.

Au détour d'une ruelle, il regarda encore le plan qu'il avait dans la poche. Il venait de pénétrer le quartier de la Sainte par son extrémité Sud. Avec son téléphone portable, Heero éclaira légèrement le plan pour voir le nom de la rue.

Déjà que le quartier avait un petit côté lugubre, le fait que la plus part des lampadaires ne marchaient pas n'était pas pour le mettre en confiance. Il ne ressentait curieusement pas de la peur. Plutôt une sorte d'excitation prenante à laquelle il se laissait aller avec un certain plaisir.

Encore quelques minutes et il serait juste derrière l'hôtel de La Rose Écarlate. La carte n'indiquait rien à cet endroit, mais comme il ne savait pas exactement ce qu'il devait chercher, il avait pensé se donner cet endroit comme point de départ.

Et si ça ne donnait rien... Il se demandait à quoi Quatre se raccrocherait si même ça, ça ne donnait rien.

Au fond de lui même, Heero espérait trouver quelque chose. N'importe quoi qui puisse laisser un sourire sur le visage de Quatre jusqu'à... Jusqu'à la fin.

Il ne comprenait toujours pas pourquoi Quatre lui avait conseillé cet endroit pour démarrer ses recherche.

Heero ajusta son blouson tandis qu'il se mit à pleuvoir, comme si le temps faisait écho à sa tristesse intérieur.

Il tourna plusieurs fois, eu même la sensation de se perdre, et finalement il arriva devant l'hôtel vers lequel une bonne partie de ses pensées étaient accrochées.

Au milieu d'une nuit à présent quasi noir, l'hôtel semblait être un véritable petit soleil artificiel.

Il s'avança, un brin curieux devant la foule qui se pressait devant la petite entrée.

Heero compris mieux en voyant les fans semi hystériques qui agitaient des pancartes et des photos à la gloire de Duo Maxwell.

L'asiatique connaissait un peu cette nouvelle star du monde du rock. Il n'aimait pas sa musique mais sa célébrité le rendait immanquable, même pour quelqu'un d'aussi peu versé dans ce style de musique comme Heero.

Quelques instants, il se demanda pourquoi le chanteur avait choisit cet hôtel. Ce dernier n'était pas le plus beau de la ville, loin de là. Il n'était pas miteux non plus non. Pas du tout. Juste... Enfin... Le quartier avait bien besoin de ce genre d'animation se dit il.

Il commença à prendre une petite ruelle à gauche de l'hôtel, désirant en faire le tour et la pluie tomba plus drue. Heero pressa donc le pas, jusqu'à finir par courir.

Incroyable comme cette allée lui semblait longue. Mais ce qui le fit s'arrêter et se laisser tremper ainsi par la pluie, c'était la découverte de cette petite chapelle.

Le brun ne pouvait pas sortir son plan sous cette pluie mais il était certain de n'avoir vu aucune chapelle indiquée dessus.

Heero hésita. Et finalement, la sensation de froid que l'eau glacé fit courir le long de son échine l'emporta et il poussa la porte de la chapelle.

A l'intérieur, il faisait froid, mais sans aucun doute meilleur qu'au dehors. Les murs étaient d'une sobriété inhabituelle et la plus part des bancs semblaient cassés, rongés par le temps.

Et pourtant, elle ne pouvait être abandonnée puisque des lampes à huiles étaient allumées de pars et d'autres.

Au premier rang, Heero vit qu'un homme était assit. Il ne semblait pas prier.

Quelque part dans sa tête, Heero comprit qu'il n'avait pas trouvé ce qu'il était venu chercher. Il savait bien qu'il ne trouverait rien, et pourtant il était déçu...

L'homme du premier rang se tourna vers lui :

"Tiens, un visiteur tardif."

Heero prit sur lui pour ne pas reculer :

"Je suis désolé. Il pleut averse dehors... J'ai vu de la lumière..."

"... Et vous êtes entré."

Heero jura intérieurement, ça sonnait "excuse bidon" dit comme ça.

Il s'avança jusqu'à l'autre homme et planta son regard bleu dans celui d'un vert lumineux de l'autre.

A sa tenue, Heero comprit rapidement qu'il avait à faire avec un prêtre.

"Je peux attendre que l'averse passe mon père ?"

Le prêtre lui offrit un sourire pour toute réponse qui malgré toute la bonne volonté d'Heero ne sonnait pas vrai.

Pourtant il s'assit, au premier rang également, mais de l'autre côté de l'allée.

"Votre chapelle semble avoir essuyé une sévère détérioration."

L'autre homme jeta un regard peu intéressé sur le reste de la chapelle avant de hocher positivement de la tête. Il n'ajouta rien cependant et Heero se sentit agacé devant le silence de cet homme là.

"Elle n'est pas indiquée sur ma carte, comme s'appelle t-elle ?"

A ce moment, un sourire froid apparu sur le visage du prêtre qui lui répondit, calmement :

"C'est tout ce qui reste d'une très très ancienne église. Rénové à maintes reprises mais toujours laissé à l'abandon. Jamais baptisée par aucun prêtre, jamais consacrée depuis voilà des siècles."

Heero opina, il comprenait à peu près. Mais sa curiosité le poussait à en apprendre plus :

"Je vois, mais alors que faites vous là père..."

L'asiatique laissa volontairement un blanc, désirant connaître le nom de l'individu auquel il s'adressait.

"Vous ne devriez pas être là jeune homme..."

Se ne fut qu'un murmure, mais cela créa un frisson sur l'épiderme du japonais. S'avait résonné en lui comme un avertissement.

Sans savoir pourquoi, il souffla à son tour :

"Pourquoi...?"

"J'attends quelqu'un."

Heero regarda sa montre, il était presque une heure du matin. Il avait peine à croire qu'il était passé tout ce temps depuis son départ.

Il chercha quelque chose à dire quand une voix se fit entendre, froide et visiblement proche de la colère.

"Je peux savoir ce que vous faites là...?"

Heero se retourna rapidement pour voir qu'un homme était entré. Pas bien grand, ses traits étaient indéniablement asiatique. Chinois plus exactement. Il se tenait bien droit, et quelques gouttelettes de pluie glissaient sur le dessus de son long imperméable noir.

Son visage n'exprimait rien.

Mais ce qui surprenait le plus Heero fut qu'il n'avait pas entendu l'homme entrer. Pourtant, quand lui avait pénétré la chapelle, les gonds de la porte lui avait semblé hurler leur difficulté à coulisser.

Mais le chinois était là, ses yeux exprimant une colère qu'il tentait visiblement de contenir.

Et sans savoir pourquoi, le jeune homme comprit que le prêtre avait raison : "il ne devrait pas être là."

Il ne savait pas qui était ces deux hommes, mais de toute évidence s'était louche.

Un vampire ? Non, il n'allait pas se mettre à croire à ces fadaises maintenant ! Qui plus est dans une chapelle !

Une chapelle "non consacrée" lui souffla une voix dans sa tête. Un lieu saint non reconnu. pour preuve il n'en était pas fait mention sur son plan.

Pouvait on ainsi dire que cet endroit, autrefois appelé "terre de Dieu" fut à présent abandonné au démon ?

"Wufei..."

Heero en aurait presque sursauté. Le prêtre s'était levé et faisait à présent face au chinois. Comment l'avait il appelé déjà ? Ha oui... Wufei. Cela confirmait son analyse au sujet des origines de l'homme.

De toute évidence, l'émotion de l'européen ne semblait pas trouver écho auprès de l'autre homme.

"Bon sang, je savais que je n'aurais pas dû venir..."

"Mais tu es venu. J'étais sûr que tu le ferais. La plus part des..."

Il s'interrompit se rappelant de la présence d'Heero. Ses yeux d'émeraudes se fixèrent sur lui et il poursuivit :

"La plus part des nôtres ne se plient plus à cette vieille coutume. Mais j'étais certain, que toi tu le faisais encore."

Vu la grimace du chinois, Heero comprit qu'il n'avait pas l'intention de refaire cette erreur, il ne viendrait plus.

Ne désirant pas en voir plus, il amorça une discrète sortie.

Mais à peine eu t-il contourné son banc que le chinois se trouvait sur son chemin. Le souffle d'Heero fut instantanément coupé.

"Quand avez vous..."

"Qui est il ?"

Le prêtre, soudain dans le dos de Heero haussa les épaules.

"Une brebis égarée."

Wufei eu un sifflement agacé :

"Tu n'es plus prêtre Trowa, pas besoin de ce surplus de références bibliques."

Heero, encore secoué, tenta d'assimiler les informations au fur et à mesure qu'elles filtraient. Bon le prêtre s'appelait Trowa, très français comme nom...

Quoi qu'apparament il n'était plus prêtre. Bon ok, ça aussi s'était noté. très intéressant, mais là, maintenant, tout de suite, Heero voulait sortir.

Les deux autres ne semblaient pas plus perturbé que cela par sa présence :

"A qui à tu dis qu'il s'agissait de mon lieu de naissance ?"

L'apprenti physicien fronça les sourcils. Son lieu de naissance ? Le chinois était né dans ce... Dans cette... Ce truc complètement délabré ? Sympa les souvenirs de famille...

"Les Capriciens ne le savent pas. Il n'y a que toi, moi et..."

"... Mon père."

Trowa opina :

"En admettant qu'il soit toujours de ce monde et qu'il se souvienne de toi. N'oublie pas que c'est moi qui t'es recueillit au milieu de cet enfer et qui t'ai caché dans ce cachot... trouvé au milieu des corps de tous ces immigrés, de ces vauriens... L'église m'en a énormément voulu quand elle s'en est aperçut..."

Perdu, le japonais tenta de se faire entendre :

"Excusez moi... Je pense que la pluie à dû cesser."

Mais le chinois lui retourna un regard mauvais. Habituellement, Heero ne se serait pas laissé faire. Le regard de tueur, lui aussi il savait le faire. Mais son instinct lui disait de ne pas jouer les gros bras. pas maintenant. Pas contre ces gars là...

Trowa, qui semblait ne pas arriver à se décider à dire quelque chose finit tout de même par poser sa question :

"Tu trimbale toujours ton abomination avec toi ?"

Heero comprit immédiatement, en voyant les prunelles noirs de Wufei s'embraser que s'était une phrase de trop. Ou un terme de trop. Il l'avait prit comme une insulte de la pire espèce.

Sans qu'il comprenne bien comment, le français avait été propulsé contre le mur du fond, derrière l'autel de la chapelle.

Heero recula, surprit et tomba à la renverse, butant contre un pied de banc.

Trowa se releva, étonnamment facilement étant donné la violence du coup qu'il semblait avoir reçu. Mais se n'était pas humainement possible de faire ça... Si ?

Non, il savait bien que non !

"Désolé Wufei... C'est que je ne sais pas trop comment tu veux que je le nomme. Le... Ou La... Étant donné que tu as tué toutes les personnes l'ayant aperçu à l'époque, je dois dire que comme beaucoup je suis dans le brouillard."

Heero tenta de faire comme s'il n'avait pas entendu...

"Ça ne te regarde pas."

Trowa massa son menton visiblement engourdit :

"Je veux t'aider."

Un sourire mauvais naquit sur le visage du chinois.

"Déguerpis."

"Wufei..."

Ce dernier jeta un coup d'oeil à Heero avant de lui dire :

"Pas maintenant. Je te contacterais."

Le français avisa la situation et finit par hocher la tête. Il épousseta ces vêtements et Wufei en profita pour lui dire :

"La prochaine fois pas de vêtement de prêtrise... Même non consacré ils me sont en horreur..."

Trowa eu un petit sourire et sans qu'Heero puisse dire comment, il disparut de son champs de vision.

L'autre asiatique vint se planter devant lui et planta son regard dans le sien.

"Qu'est ce que tu fais là ? Un fanatique Capricien ? Impossible."

Heero était sous le choc et c'est bien la première fois que cela lui arrivait. Il se releva et recula d'un pas, ne comprenant pas bien ce que l'homme face à lui attendait mais n'éprouvant pas le désir particulier de se trouver dans la liste des assassinats que l'homme face à lui semblait avoir commit.

"Je suis venu pour un ami."

Un sourire moqueur passa sur le visage de Wufei :

"L'as tu trouvé ?"

Heero le regarda sans comprendre et reformula finalement :

"Non, je suis venu dans l'espoir de trouver quelqu'un pour lui."

Les sourcils du chinois se froncèrent, exprimant son incompréhension.

Heero décida de ne pas mentir. De toute façon, la soirée était suffisamment étrange pour que cette folie de plus n'entache rien.

"Mon ami va mourir. Nous cherchons un vampire pour que ça n'arrive pas..."

Heero ne savait pas à quelle réaction il s'attendait au juste. Mais pas à ce silence et ce sérieux de son interlocuteur.

"Qu'est ce qui t'as amené à croire que tu en trouverais un ici ?"

Il l'avait accroché. Il le savait. Wufei était curieux et s'était une bonne porte de sortie.

"Je vous le dirais, mais pas ce soir."

"Demain ?"

Wufei eu l'air surpris lui même par sa question.

"Non pas demain, je pars trois jours pour un projet pour la fac. Dans quatre jour."

Le chinois renifla :

"Tu te fiches de moi..."

"NON !"

Heero s'approcha et farfouilla dans ses poches. Il en sortit un petit paquet de photo et devant le regard perplexe du chinois lui dit :

"Rien, se sont des photos qu'un ami du labo m'a donné..."

-Pourquoi je me justifie au juste...?-

L'une des photos tomba et Wufei s'en saisit. Heero voulu la reprendre mais l'autre l'en empêcha :

"Tu cherchais quelque chose ?"

Heero regarda quelques secondes la photo avant de soupirer et de sortir de sa poche son portable.

"Je vous donne mon numéro. Vous pourrez m'appeler et vous assurer que je viendrais. Je m'appelle Heero Yui."

Un sourire condescendant apparut sur les lèvres de Wufei :

"Comme si j'avais besoin de cela pour m'en assurer..."

Heero réprima un frisson.

"Même heure même endroit."

Le japonais confirma.

"Même heure même endroit."

"Vas t'en."

Heero ne se le fit pas dire deux fois et partit au pas de course en direction de la sortie. Laissant seul derrière lui cet homme étrange...


Quatre écoutait le récit de son ami, un émerveillement enfantin clairement visible dans son regard. En réalité il avait du mal à y croire...

"Mon dieu Heero c'est sérieux ?"

Malgré lui, le brun lui affirma une seconde fois. Et Quatre savait que son ami ne lui mentait pas. Il ne le ferait jamais et surtout pas sur un sujet pareil.

La respiration sifflante de Quatre semblait s'être légèrement amoindrit, comme si tout ce récit lui avait été bénéfique.

"Quatre jours ça fait..."

"... Ça fait ce soir."

"Je veux y aller !"

Heero hocha la tête négativement :

"C'est hors de question. En plus, au risque de te décevoir, rien ne prouve qu'il s'agisse d'un vampire."

Le dire le rendait un peu plus confiant, car au fond de lui, Heero doutait de ses propres paroles. Ça collait trop pour que se ne soit pas le cas.

Quatre semblait le comprendre et opina, contre son gré.

"Je suis... Si près du but...!"

Le visage de Quatre perdit de ses couleurs et Heero cru qu'il allait faire un malaise, il se leva, prêt à appeler quelqu'un mais Quatre lui fit signe de se rasseoir :

"Je ne sais pas pourquoi il t'as écouté, mais bon sang, se serait merveilleux qu'il m'aide !"

Heero ne dit rien. Il y avait pensé durant trois jours. Si Wufei était bien ce que Quatre espérait, il n'était pas dans sa nature de faire une bonne action. Pourquoi accepter ce délais pour lui reparler...

Peut être à cause de cette histoire de Capriciens. Heero n'avait pas encore eu le temps de se pencher sur cette question qui semblait épineuse. Trowa avait également parlé d'une abomination...

Peut être Wufei avait il de mauvaises intentions...

Le noeud à son estomac se resserra encore. Il doutait d'être suffisamment préparé pour la soirée qui s'annonçait.

Quatre dû s'en rendre compte car il pausa une main sur la jambe du japonais :

"j'irais seul si tu ne te sens pas le coeur d'y aller."

Heero lui rendit un regard dur :

"Pas question, j'irais. Et si... Si c'est..."

"... Un vampire" termina Quatre.

Le japonais n'était pas encore prêt à l'admettre, il reprit donc :

"Si ce n'est pas un plaisantin et qu'il peut t'aider, je te le ramènerais, dussais je le ramener par les canines !"

Quatre eu un sourire qui exprimait à lui seul toute la gratitude qu'il éprouvait à l'égare de son ami.

Il ajouta finalement :

"J'ai lu quelque chose à propos des Capriciens il me semble... Si tu veux je vais me renseigner..."