Disclaimer : Tous les personnages de JKR sont co-pirates.

REPONSES AUX REVIEWS

Poucie : Si j'étais toi, j'éviterais de mettre ma main à couper. Surtout pour les pensées de Rogue... Est-ce que mon Severus colle à celui de JKR ? Je l'ignore, nous verrons bien. Concernant Draco, c'est cadeau, mais il a fallu me creuser la cervelle pour pondre quelque chose d'un tant soit peu cohérent ! Pour les cochons, j'ai repris une expression d'un de mes instituteurs et je l'ai améliorée. C'est rigolo car il était l'absolu contraire de Rogue, encore que... Alors, pour ce chapitre là, ça a été l'horreur absolue, le flou dont je parlais au premier chapitre, c'est tout à fait ça. Le début, la fin et pas grand chose au milieu. Au fait, il n'y a que 7 chapitres en tout.

Csame : J'ai bien peur que l'esprit complexe du sinueux serpent ne soit le mien. Ravie qu'il t'effraie. Mais faudra que tu m'expliques ce qui fait remonter ce cher Severus dans ton estime... Il ne touchait pas déjà le plafond ?

Alba : Hello ! Je te remercie pour ta review (et pour toutes les autres)... Je crois que ce n'est pas mon imagination qui est à l'œuvre pour cette fic, mais plutôt une analyse décalée des écrits de JKR. C'est de sa seule imagination dont je me sers...

Crys : Je pense qu'en cherchant un peu tu trouveras pas mal de fics qui te sont encore inconnues qui valent et dépassent même celle-ci ! Néanmoins, étant incapable de fausse modestie, j'accepte ton compliment avec plaisir, ce qui a pour effet immédiat de faire éclater mon auréole (elle m'encombrait de toute façon). Et je suis effectivement contente d'apprendre que cela t'a motivée à reprendre tes travaux d'écriture, j'attends donc la suite de Parfum de mort...

Angelina Black : Je ne peux que te remercier pour ta review qui pointe exactement ce que je désirais mettre dans ma fic : poésie, réalisme et approfondissement des personnages. Quant à la mort de Voldemort, la façon dont je la vois... Je n'en dis rien, juste qu'elle n'est pour moi que « secondaire ». A suivre donc... J'en profite également pour te remercier pour tes commentaires laissés dans mon LiveJournal, j'y écris mes réponses directement si tu souhaites les lire...

« Je sais que je mourrai, mais je ne le crois pas. » Jacques Madaule

Chapitre 4 : Magister dixit

Je sais. Je sais de quoi je souffre. J'ai trouvé la cause de ma faiblesse. J'ai mis un nom sur l'inconnu. Je sais de quoi je dois mourir et j'en ris.

Il y a pire que la mort, est-ce bien cela que tu me dis un jour, cher Albus, vieux fou ... Tu avais raison, force est de le constater. Oh, si j'avais su avant, si j'avais pu comprendre... La torture absolue, l'ultime raffinement de la douleur, tu m'en avais donné la clé. Et j'ai fait l'erreur de ne pas l'entendre. Car alors, l'impitoyable Lord Voldemort aurait usé et abusé avec délectation de ce délicat supplice sur ses pauvres victimes... avant d'en subir lui-même les outrages.

Il y a pire que la mort. Tu avais raison Albus. C'est l'idée même de la mort. Passer d'être à n'être plus. N'être plus rien. Etre et ressentir que l'on est. Que l'on est seul. Seul contre tous. Craint, envié... Mais seul. Abandonné. Encore. Ils attendent que je ne sois plus.

Vois-tu Albus, ce n'est même plus la mort qui m'effraie ou même l'idée inconcevable de ne plus être. C'est que tout le monde n'attend que cela. Je préférerais mourir, mourir vraiment, plutôt que d'assister à cela. Les dos qui se tournent encore, leur délivrance... Mes fidèles. Fidèle à qui, à quoi Albus ? Pas à moi, j'en ai pleinement conscience désormais. Pas même à notre cause, vulgaire mascarade... A eux-mêmes. On n'embrasse pas la cause de Voldemort par conviction mais par intérêt. Les vrais sang-pur sont ceux du cœur. Ce sont leurs idéaux qui les guident. Leur amour de l'humanité. Leur dévouement à la Vie. Un mystère.

Voldemort est né de la vengeance. Du désespoir de l'abandon d'un père qui ne sut, ne voulut l'aimer. Je me suis recréé ma famille, après avoir exterminé celle qui me donna le jour. Ma famille de mangemorts dont j'étais le père tout-puissant, l'autorité sacrée et indiscutable... Inébranlable. Mangemort. Tout était dans ce nom dont j'ai baptisé mes « enfants ». Le fils prend son envol à la mort du père. Tuer le père. Manger le mort. Se repaître de sa toute-puissance. Pour prendre sa place. Mais il n'est pas l'heure encore et je ferai tout pour qu'elle ne vienne pas. La plupart ignore encore... et ceux qui savent préfèrent se taire. Ils attendent leur tour.

Je ne m'avoue pas vaincu... J'ai commis une erreur, je le découvre maintenant. Dire que c'est encore ce misérable Queudver qui sera l'origine de ma déchéance. Et pourtant, il a bien failli me sauver... malgré lui. Je n'ai pas su l'entendre. Trop tard, les choses sont ainsi faites. J'ai mis du temps à comprendre. J'ai longtemps cherché la faille. Faille improbable car rien ne pouvait m'atteindre dans ma chair et dans mon âme, pour autant que j'en possède une. Je ne suis que puissance, je ne suis que pouvoir. Le plus grand sorcier que cette ridicule petite planète ait jamais porté. Aucun sortilège ne pouvait être lancé contre moi, la haine qui m'anime ne pouvait être surpassée par mon adversaire. Peut-on anéantir LA force de destruction dans son essence pure ?

Je n'ai pas dit mon dernier mot cher Albus. Voldemort a été touché, certes, mais ne crie pas victoire trop prématurément. Mon regard flamboyant n'a pas perdu de son éclat et tous encore courbent l'échine quand par mégarde leurs yeux couards croisent les miens. Tant que la flamme infernale qui m'habite brûlera, Voldemort ne s'avouera pas vaincu et combattra jusqu'au bout. Celui qui renaquit de ses cendres, celui qui sacrifia père et mère, celui qui revint à la vie par le sang du Survivant...

C'était si simple que cela Albus... Dès le départ tu as su, n'est-ce pas... Tu as toujours tout su, tout compris, tout deviné. Tu es puissant Albus, surpuissant. Mais tu ne m'as jamais sous-estimé. Ne commence pas aujourd'hui. Ce n'est pas encore fini. Et je vais te le prouver.

Il entre. Il a une triste mine l'hybride. Déposé dans ses guenilles sur le pavé glacial. Sa respiration est faible. Un léger sifflement. Son dernier souffle de vie. Il ouvre les yeux, me regarde sans ciller. Il sait qu'il va mourir. Il sourit. Il tend sa main vers le rai d'argent qui éclaire le sol. Tu as raison Lupin, fais ton dernier adieu à la Lune, tu ne la reverras plus. Tu as compris. Ton œil se fige, sa douceur dorée devient éclat acéré. Il cherche. Il trouve. Le loup qui t'habite se réveille, montre ses crocs. C'est une haine sauvage qui te raccroche à la vie. Ne pas partir sans avoir vengé tes amis qui depuis longtemps t'attendent... Regarde-le disparaître dans l'ombre de Rogue... Tu puises dans tes dernières forces moribondes, espérant le terrasser par ta simple volonté. Il m'aurait ravi, il est vrai, d'assister à l'affrontement d'anciens amis. Mais je ne te ferai pas ce plaisir. Queudver peut se liquéfier de terreur, je ne te laisserai pas le toucher. Le spectacle de sa crainte me suffit. Vois ce pleutre, cet insignifiant petit rat... Il sera le dernier des Maraudeurs, celui par qui tout advint. La clé. Les tourments l'assaillent, il se débat avec sa conscience, entre regrets et ambition, entre l'amitié sacrifiée et la pierre apportée à l'édifice de ma grandeur. Il est rongé, le fade Pettigrow, par des ressentis contradictoires. Incapable d'assumer ses choix. Méprisable. Regarde-le. Il rentrerait sous terre s'il le pouvait pour échapper au jugement du seul ami qu'il n'a jamais cessé d'aimer. Il admirait Potter et Black jusqu'à la jalousie, jusqu'à souhaiter leur disparition. Mais toi Lupin, Lupin le loup-garou, il t'a toujours respecté. Pour ta simplicité, ta réserve, ton attention envers lui. Aujourd'hui face à toi, il a honte. Honte au point de chercher refuge derrière celui que les Maraudeurs ont toujours méprisé. Il se cache derrière le plus terrible de mes mangemorts. Ultime trahison à ce que vous fûtes. Chercher asile auprès de Severus Rogue.

Qui te sonde lui aussi. Toujours impassible. Tes yeux abandonnent Queudver pour se plonger dans le regard sombre d'un autre traître à ta juste cause. Un combat visuel s'engage entre vous. Rogue vaincra. Il est en train de se révéler à toi. Il est en train de t'avouer qui il est réellement. Dernière faveur accordée au condamné... lui montrer l'étendue de son erreur. Une dernière lueur éclaire l'ambre de ton iris. Tu sais. Ta bouche se contracte dans un rictus dont la signification m'échappe. Je n'arrive pas à percevoir si c'est la douleur ou la joie qui déforme tes traits. Je ne comprends pas. Qu'importe, tout cela n'a plus d'importance. Tes yeux fixent un instant le plafond, ton regard se vide, ne voit plus rien. Tes paupières se ferment. Tu attends ton dernier supplice...

J'y ai songé spécialement pour toi. Pour moi aussi il faut bien l'avouer. Je pense qu'il n'y a rien de tel qu'une séance de torture sur la personne d'un proche de Potter pour me mener sur le sentier de la guérison. Vaincre le mal par le mal. J'ai toujours eu un faible pour cette expression d'apparence anodine... Ton dernier supplice. Un remède au mien. Il paraît que la lycanthropie est humainement insupportable pendant la phase de métamorphose. Que les souffrances qu'elle provoque sont indescriptibles et dépassent l'entendement. Comme le doloris en quelque sorte. Je me demande si l'action conjuguée des deux démultiplie la douleur... Oh ! Lupin, tu dois savoir que c'est la pleine lune. Oui tu le sais... Ça commence...

Comme ils prennent plaisir à cette séance, je les ai rarement vus aussi radieux. Seul Rogue a gardé son masque d'impavidité et ne semble pas partager la liesse générale. Ce qu'il t'a infligé il y a un instant par un simple échange de pensées a dû le contenter. Je le reconnais bien là. Rogue est subtil, il a toujours préféré la torture mentale aux blessures physiques. Plus efficace et moins salissant. Pettigrow a profité de l'agitation pour disparaître. Il faudra que je songe à m'occuper plus avant de son cas.

Je les regarde s'amuser, mes fidèles. J'ai l'impression de me sentir beaucoup mieux. Bella admire ton corps atrophié se tordre sous ses assauts répétés. Son visage se barre d'un affreux sourire carnassier. Cette femme est presque terrifiante. Le sadisme est un art dans lequel elle excelle, surpassant largement les prouesses de ses collègues masculins... Beauté froide, glaciale. Perverse jusqu'à la moelle. Provocante à l'excès. Décadente jusqu'à la plus vulgaire obscénité. Monstrueuse. Je sens toute son excitation parcourir son corps, elle frissonne de plaisir devant ton agonie. Tes yeux ne se sont plus ouverts, ta bouche s'est scellée et renferme tes cris. Mais ton corps hurle pour elle. Vision d'épouvante. Tu es méconnaissable. Ni loup. Ni homme. Ça vit toujours, ça se cabre sous la douleur. Ça se déforme. Ça se déchire. Ça tressaute. Ça se répand. Elle s'en délecte, s'en abreuve. J'ai la nausée. Que cela cesse.

Rogue a abrégé tes souffrances. Les miennes ne font que commencer. Dans le miroir où je m'abîme, Lord Voldemort s'efface.