Caro : Tendancieux ? Mais qu'est-ce qui est tendancieux, voyons ? Non, vraiment je ne vois pas ! Et toi Hadès ? Ben, non, lui non plus, c'est bien ce que je me disais^^ Par contre, on va éviter de demander à Zeus, il voit des ouvertures partout lui… Et j'ai pas envie qu'il tripote Hadès…*tape sur les doigts du Zeus qui est trop près* Contente que ça te plaîse…*retape Zeus* Mais nan, pas toi, va dormir !! Et tout seul !!! Tu es puni !!!

Hyoga : Bien joué, tu as découvert quelque chose en effet. Alors, disons que si Zeus adore ennuyer son frère pour lui dire que c'est lui le chef, il aime pas laisser ça aux autres. Bref, c'est toujours son raisonnement d'enfant gâté qui est le seul à pouvoir faire certaines choses… En très gros, ça peut faire penser à 'touche pas mon frère' tout en sachant que l'autre va le faire… Zeus est le dieu de la pluie, il est pas né de la dernière et il sait pertinemment pourquoi Kanon tourne autant autour de son cadet/aîné. Pas pervers pour rien le Zeus… je me demande dans quelle mesure je ne t'ai pas plus embrouillée XD

Arala : Bazooka ? Bazooooooooooooookkkkkkkkkkkkaaaaaaaaaaaa !!!!*tire partout* Ben non, ça marche pas…*jette le machin*Faudra trouver autre chose…*fait poutoux à Arala en cherchant autre chose*

Vyersdra : Héhé, faut bien que ça démarre un peu plus^^ Kiss

Maintenant, la suite^^

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Chapter 4 : Mise au point.

Hadès :

Hypnos s'est montré généreux avec moi : j'ai passé une excellente nuit, bien meilleure que la soirée d'hier qui aura été une véritable catastrophe !

Je me dirige d'un pas traînant vers la salle de bains et me déshabille entièrement. Ne sachant que faire de mes habits trempés de sueur, je les pose soigneusement sur une chaise avant de me retrouver dans une impasse : et maintenant, comment avoir de l'eau ?

Réfléchissons : Kanon n'a pas été en chercher, c'est qu'il y en a dans la pièce !

J'en trouve effectivement des traces sur les bassines près du miroir. Je regarde l'étrange objet au bord, muni d'une espèce de levier. Avec prudence, je le soulève et vois que l'eau coule. Le levier dévie légèrement d'un côté et l'eau devient brûlante, le ramenant vers l'autre côté, elle devient glaciale. Amusant.

Je ferme l'arrivée d'eau et vais examiner le système de la grande bassine.

Il y a deux manettes. Je tourne la première qui me tombe sous la main et l'eau jaillit d'un objet au-dessus de ma tête : ouf, c'est le même système ! Je règle la température et me glisse complètement sous le jet d'eau délicieusement chaud.

La deuxième manette m'intrigue et je la tourne. Des jets d'eau jaillissent des parois, puissants et glacés. Je sursaute sous les cruelles morsures du froid et tourne la manette pour les stopper : plus toucher à ça !

Je prends la boule de savon et me lave soigneusement. Je rince et je ferme la manette : je me sens bien !

Je tords mes cheveux et me sèche sommairement. Passant un drap autour de mes reins, je retourne dans la chambre.

-Hadès ? ! Je sais que tu es là ! Ouvre ! Faut qu'on parle !

Kanon est derrière la porte. Je ne réponds pas et ouvre l'armoire pour y prendre de quoi m'habiller.

Je vais saisir un pantalon noir quand je sens une main sur mon épaule : c'est Kanon.

Je le repousse brutalement, fermant la porte de l'armoire en faisant volte face.

-Je ne me souviens pas de t'avoir permis d'entrer !

- Il faut que je te parle !

-Je n'ai pas envie de t'écouter, mortel !

-Ne t'énerve pas, ça risque d'attirer Posy !

J'ai un sourire méprisant.

Tu as peur de mon frère ?

Non, je n'ai pas peur de Poséidon ! C'est à toi que je pensais en disant ça : ce n'est pas une tenue dans laquelle tu te montrerais, serait-ce face à ton frère ! D'ailleurs, laisse-moi te dire que plus le temps passe, plus j'ai du mal à voir en toi le dieu le plus odieux de tout le panthéon…

-Je ne t'autorise pas à me critiquer !

Je lui souris méchamment et commence à changer la structure du drap mais Kanon bondit sur moi et me l'arrache tout en me plaquant le dos contre l'armoire. Par bonheur, il ne me regarde pas et son visage s'est placé sur mon épaule, ses lèvres frôlant mon oreille. Ses mains se sont emparées de mes poignets et un de ses genoux m'empêche de clore mes cuisses.

-Comment oses-tu ! ?

-Désolé mais tu ne me laisses pas le choix ! Je veux juste que tu m'écoutes, merde à la fin !

-Ne crois pas t'en sortir à si bon compte : dès que tu m'auras lâché, crains pour ta vie et ta mort, je te le ferai chèrement payer !

Mes paroles sont blessantes et mon ton est glacial mais ce sont bien les seules choses que je contrôle : mes joues sont rouges, la tête me tourne, mes jambes ne me soutiennent qu'en tremblant et mon corps me paraît brûlant au contact du sien. Je ferme les yeux, cherchant à apaiser mes sens.

Calme-toi, Hadès, bon sang !

-Finalement, peut-être es-tu effectivement le dieu le plus hostile aux humains…

-Je suis bien pire que tu ne le crois !

-J'ai toujours cru que tu n'étais qu'un dieu cruel et insensible mais, à présent, il est inutile d'essayer de me le faire croire : je sais ce qu'il en est !

-Non seulement tu entres dans ma chambre sans mon accord et me mets dans la pire des situations mais, en plus, tu me racontes des idioties sur mon propre compte ? ! Tu ne sais même pas ce que tu racontes : en moins de deux minutes, tu viens d'énoncer deux constatations contradictoires ! Comment un homme aussi à la limite de la bêtise la plus profonde que toi a-t-il pu engendrer ma défaite ? !

-ça n'a pas d'importance : je suis venu pour qu'on oublie tout ça ! Tous sont revenus à la vie, c'est comme si rien ne s'était produit ! Il faut que tu voies ça comme ce que c'est : une deuxième chance, celle de rattraper nos erreurs passées !

-On n'efface pas le passé.

-On ne peut défaire ce qui a été fait mais on peut oublier tout ce qui nous a fait du mal : c'est ainsi que fonctionnent les humains. Si je voulais tellement te voir c'est justement pour te dire que je me fous que tu sois Hadès… ça m'importe peu, c'était juste bizarre de le savoir. J'ai fait une promesse et je veux la tenir ! Même si tu me renvoies, je rôderai autour de toi pour continuer à te garder des problèmes de cette existence parmi les mortels !

-ça ne te ressemble pas de courber la tête…

-Je me mettrai à genoux si tu m'y poussais mais tu risques de mal le prendre dans cette tenue !

-Tu as de la chance que personne ne soit entré !

-Celui qui en jaserait le plus, m'est avis que ce serait Zeus !

Par le Styx ! Je l'avais complètement oublié ! Mon obsédé de frère ne s'est certainement pas privé d'assister à la scène que nous lui offrons en se dissimulant à nos yeux !

-Je ne suis qu'un imbécile ! Je sais que tu es là, montre-toi !

-A qui tu parles ?

Kanon commence à s'écarter de moi tandis que Zeus apparaît derrière lui, un grand sourire aux lèvres, comme je m'y attendais ! Les yeux exorbités, je me hâte de coller le corps de Kanon au mien, histoire de cacher ma nudité. Evidemment, n'ayant rien vu, Kanon ne comprend pas.

-Hadès ? ça va pas ?

-Tu bouges, t'es mort !

-Je te comprendrai jamais !

Zeus décide de révéler à Kanon les causes de ma réaction puérile en lui signalant sa présence.

-Je ne comprends pas pourquoi tu te caches, il n'y a rien de honteux à être nu !

-Me dis pas que c'est Zeus…

-Tu n'as pas l'air content de m'entendre, mon petit Kanon ! Je suis surpris de voir que tu tiens bon même dans ces circonstances ! Pourtant, je ne crois pas qu'elles te déplaisent…

Mais qu'est-ce qu'il veut dire ?

Kanon s'est crispé contre moi : Zeus l'effraye.

-Je ne supporte pas ce genre de coups douteux !

-Voyons, Hadès, profites-en au lieu de toujours te plaindre ! Ce Chevalier n'est-il pas absolument charmant ?

Il s'est approché et a posé un doigt sur la fesse gauche de Kanon. Je redeviens agressif, comme lorsqu'il l'avait embrassé. Je ne sais pas ce qui m'y pousse.

-Pour qui tu te prends ? Tu ne vois pas que tu l'effraies ?

-Tu deviens irascible…

-Je n'en peux plus : mes nerfs sont à vif !

-Je croyais que la boisson était la cause de ta colère mais apparemment, je me suis trompé : c'est cet humain qui te met dans cet état !

J'ouvre de grands yeux incrédules et Kanon frisonne. Zeus me nargue.

Regarde-toi donc : toi, le grand Hadès, le principal ennemi du genre humain, réduit à te servir de cet homme qui a provoqué l'emprisonnement de notre frère, comme d'un bouclier ! Vu le nombre de liberté qu'il se permet, j'aurais cru que tu l'aurais tué… Ton rang et ta puissance sont pourtant plus que suffisants pour te débarrasser de lui ou, du moins, l'obliger à quitter la pièce mais tu te laisses faire quand même ? Aurais-tu un problème de conscience qui t'empêche de lui ôter la vie ?

Je sais où tu veux en venir mais j'ai bien assez de morts dans mon royaume sous-terrain !

-Que veux-tu dire ? Je ne vois pas le problème d'une ombre de plus ou de moins !

-Tu me prends pour un idiot ? S'il venait à mourir, c'est la souffrance qui l'attend dont tu te servirais contre moi !

-Tu t'accroches à lui pour me fuir alors que son âme souillée par tant de pêchés te répugne. Je ne te comprends pas.

-Arrêtez de parler de moi comme d'un objet! Je suis un être vivant : j'ai une voix et un avis, figurez-vous !

Kanon :

ça commence à bien faire ! Comme si c'était pas déjà assez dur de résister à l'envie de le regarder, fallait que l'autre arrive et qu'il complique tout ! J'aurai jamais dû entrer mais moi et ma tête de mule !

Hadès se serre contre moi, douce torture de mes sens exacerbés par sa promiscuité.

ça, c'est déjà dur à gérer mais avec l'autre qui me pelote les fesses et cherche à m'exciter en plus, je suis à la limite extrême : je vais craquer ! Il faut que ça s'arrête !

Zeus caresse ma chute de reins.

-Tu te réveilles ?

-Je ne dormais pas !

-Vu la façon dont Hadès te tire à lui sans que tu ne réagisses, j'aurai cru !

-Vire tes pattes de mon cul !

-Elles sont au-dessus, mon mignon !

C'est qu'il se fout de ma poire en plus ! Heureusement que je ne vois pas le sourire qu'il affiche à n'en pas douter parce que, sinon, j'aurais explosé et je lui aurais refait le portrait, Roi des Dieux ou pas !

-Pour moi, c'est pareil !

-Tu es tellement amusant, petit mortel… Soit, pour une fois, je vais vous laisser… La situation ne bougera pas si je reste ! Quel dommage !

-Bon débarras !

-N'oublie pas à qui tu parles Kanon, je ne suis pas comme mes frères !

Sa main empoigne ma fesse tandis que l'autre tire mes cheveux en arrière et il m'impose un baiser nouveau. Cette fois-ci, il glisse sa langue dans ma bouche et je vois qu'il regarde Hadès en le faisant.

Il me lâche.

-Ce n'est pas avec tes capacités actuelles que tu arriveras à me repousser, mon très cher frère…

-Tu me dégoûtes !

-Que c'est mignon : tu ne sais toujours pas injurier !

Il va s'en prendre à Hadès : il faut que j'intervienne !

Je libère ma main de derrière le corps d'Hadès, attrape Zeus par le col et je l'embrasse.

Il s'écarte, très surpris. Je l'injurie.

-Salaud ! Fumier ! Espèce de…

Ma voix m'abandonne, ma gorge ne semble plus vouloir émettre le moindre son et j'entends le tonnerre gronder. Son maître semble calme mais je sais qu'il fulmine.

-Sois poli, mon grand ! Je n'aime pas tes manières ! Tu cèderas, je ferai ce qu'il faut pour ça : tu va apprendre qu'il vaut mieux ne pas me défier !

Il disparaît et je me mets à tousser, la gorge en feu.

-Kanon, ça va ?

-Je vais m'en remettre !

On toque à la porte : Poséidon !

S'il nous trouve comme ça, je suis mort !

-Hadès, ça va ? Je peux entrer ?

-Non ! Je ne suis pas du tout présentable !

-Qu'est-ce qui s'est passé ? Je t'ai senti utiliser tes pouvoirs !

-Ce n'est rien, c'était encore Zeus mais il est parti à présent, tout va bien !

-Avec cet orage soudain, j'aurai dû m'y attendre. Bon, tu me rejoins en bas quand tu as fini ?

-Oui.

-A tout de suite.

Il s'éloigne et Hadès soupire en se laissant glisser le long du meuble.

Quand il touche mon genou stratégiquement placé entre ses jambes, il tressaille et se relève d'un bond en se plaquant à moi avant de se rejeter contre l'armoire, ses mains sur mon torse. Il est d'un rouge soutenu : parce que ses attributs masculins se sont posés sur mon genou ? Ou parce qu'il s'est serré contre moi ?

Il a des difficultés à parler et n'ose pas me regarder.

J'attends qu'il exprime sa pensée et j'en profite pour couler un bref regard sur son corps : il est carrément bandant !

-N'en parle à personne !

-J'y ai tout intérêt, pas besoin de me le dire, je n'ai pas envie de mourir maintenant !

Eh ! C'est vrai, maintenant que j'y pense : il a pas intérêt à me tuer non plus ! Je crois que je vais pouvoir tirer quelques profits de la situation très prochainement.

-Va-t'en ! Ne me regarde pas !

-Oh ! Calme ! On est dans la même galère ! Je suis pas mieux loti que toi : c'est moi qu'il pelotait !

-C'est de ta faute s'il nous a surpris dans une position pareille !

Ses yeux flamboient de colère et il me regarde fièrement : j'adore ça ! J'en frissonne d'excitation !

Je me fais plus violent : je lui saisis les poignets et me plaque étroitement contre lui.

Il retient son souffle, les yeux grands ouverts, nos visages si proches qu'il me suffirait d'un geste pour l'embrasser. Je fais taire mes hormones et adopte une expression peinée.

-Pourquoi es-tu si hostile envers moi ? Je voulais juste te parler mais, toi, tu ne voulais pas m'écouter ! Pourquoi me pousses-tu jusque là ?

J'enfuis mon visage dans son cou, respirant avec bonheur l'odeur qui se dégage de lui.

-Kanon ? ! Non mais ça va pas ? !

-Je sais plus !

-Mon corps n'est pas un coussin ! Lâche-moi !

Il me repousse violemment et je suis surpris par sa force. Je manque de pulvériser une petite commode dans ma chute. Avant de l'avoir réalisé, je me retrouve avec une magnifique épée semblant faite d'argent étincelant, sur la gorge. Il a réussi à s'emparer du drap et à le renouer autour de sa taille entre-temps.

-Tu vas me tuer ?

-Ne me tente pas plus, Dragon des Mers !

Il est trop sérieux, je résiste pas.

-Quelle violence ! Tu es sexy comme ça, tu sais ?

-Tu veux vraiment mourir ?

-Contrairement à toi, je suis un humain qui n'a aucune raison de dissimuler ce qu'il ressent et je peux même t'avouer que j'ai les sens en feu !

-Pardon ? !

-Tu es vraiment impitoyable, comme l'affirme la mythologie, et surtout avec la serviette format minimal que tu portes pour le moment !

Il a baissé son arme, intrigué, et m'observe.

Je me relève et, pour mieux retenir mes pulsions, je me téléporte plus loin.

Je peux enfin respirer !

-Zeus, bordel ! Tu m'as foutu dans un sacré pétrin !

Me sentant libéré, je sors me promener dans les jardins et, au détour d'un sentier, je tombe sur une jolie petite fontaine sur laquelle sont représentées d'aguichantes sirènes. Je m'allonge sur le bord, glissant une main dans l'onde. Réchauffé par le soleil qui engourdit mes membres, je m'endors.

Une sensation de froid me réveille brusquement et j'ouvre les yeux, ne sentant plus l'air affluer dans mes poumons : je suis tombé à l'eau ! Et comme je suis plutôt calme quand je dors, je peux même préciser que quelqu'un m'a jeté à la flotte ! J'en ressurgis, toussant à en recracher mes poumons !

-Nan mais ça va pas la… ! Oh ! Merde !

C'est l'un des trois Juges qui m'attend et en surplis s'il vous plaît : Rhadamanthe du Wyvern !

-Qu'est-ce que tu fous ici ?

-Je suis venu te tuer !

J'échappe de peu à son poing. Le combat s'engage.

Hadès :

Kanon est vraiment étrange mais je n'arrive pas à lui en vouloir pour ce qu'il s'est passé ! Je ne comprends pas l'étrange sensation qui m'a envahi quand il m'a pris dans ses bras et serré contre lui… J'aurais pu le tuer si facilement !

Dès que je me suis calmé, je suis descendu rejoindre Poséidon. Nous avons mangé vers midi et il m'a entraîné dans ses cuisines pour me montrer les gens travailler. Je les ai observés se servir de la technologie humaine pendant que Poséidon discutait avec eux de tout et de rien.

Et dire que moi, je ne sais rien ou presque de mes Spectres !

Poséidon regarde le bijou à son poignet.

-Il est 15h 30… Tu as vu Kanon aujourd'hui ?

-Oui, il est venu s'excuser pour hier.

-Et tu lui as pardonné ?

-Je n'ai pas eu le temps de lui répondre.

-Alors il vaut mieux que tu ailles le chercher pour qu'on règle tout ça autour d'un thé.

Il me pousse dehors gentiment et retourne en cuisine.

Maugréant, je sonde les environs avec mon cosmos, à la recherche de l'humain : deux cosmos s'affrontent.

Qu'est-ce qui se passe ?

Je commence à courir et me stoppe aussitôt : je suis trop bête !

Je me téléporte près de la zone de combat.

Kanon est au bord d'une fontaine où il maintient quelqu'un la tête sous l'eau. Il est trempé mais il n'en a cure. Je suis étonné de voir à l'armure de son adversaire qu'il s'agit d'un de mes Juges.

-Kanon !

Mon cri le sort de sa concentration et il se fait projeter presque à mes pieds avant que son adversaire ne fonde sur lui, m'éclaboussant généreusement au passage. Tout en combattant, Kanon me parle.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-T'étais où ?

-Je pionçais ! Pourquoi ? Tu t'es inquiété ?

-Il est 15h 30 !

-QUOIIIIIIIIIIIIIIII ! ?

Le Spectre bondit sur moi et manque de m'empoigner par le col. Heureusement, Kanon a été plus vif et le repousse fermement.

-Qu'est-ce qu'il a dit ? Il est quelle heure ?

-J'ai dit qu'il était 15h 30.

-Je suis en retard pour le tea-times ! Kanon, je vais te buter !

-ça fait trois heures que tu me le dis !

Ils ont ravagé le jardin et ils comptent continuer sans se soucier de moi : je ne peux pas laisser passer un tel manque de respect !

D'un mot de ma part, le surplis du Wyvern quitte le corps de son propriétaire.

-Mon surplis !

-Maintenant, ça suffit !

-T'en mêle pas, Chevalier, c'est entre Kanon et moi !

Je manque de m'étrangler et Kanon explose de rire.

-T'es vraiment crétin ou quoi ? T'as pas remarqué que c'est un cosmos bien plus élevé que le mien ?

-C'est un Chevalier d'or ?

De rage, je le projette dans l'eau. Je me tourne vers Kanon encore en plein fou-rire.

-Quel est son nom ?

-Hein ? ! Tu connais même pas le nom de tes hommes ?

-Non.

-Lui, c'est Rhadamanthe et il prend très à cœur le tea-times, comme tout britannique digne de ce nom !

-Pas étonnant que tu aies défait mon armée si elle est composée de tels idiots !

Rhadamanthe est à moitié sorti du bassin et m'a entendu. Il s'immobilise et me regarde avec horreur.

-C'est pas vrai ? ! Vous n'êtes pas Sa Majesté Hadès ? !

-Silence ! Je suis bien Hadès ! Tu m'insupportes : tu n'as même pas été assez fort pour vaincre Kanon au moins une fois ! Disparais de ma vue !

-Tout de suite, Seigneur !

Il se téléporte sous le rire joyeux de Kanon.

-Puis-je connaître la cause de ton hilarité ?

-Sa tête quand il a réalisé qu'il était en train de manquer l'heure du thé ! Et je sais pas si tu as remarqué mais il a levé les petits doigts ! Il se drogue au thé, tu crois ? Au fait, pourquoi tu me cherchais ?

-Poséidon m'a envoyé te chercher pour le thé.

Il manque de s'étrangler en riant.

-Le thé ? ! Tu te fous de moi, là, c'est ça ? !

-Non.

-Tu vas finir par avoir ma peau ! Au fond, tu es bien plus efficace que ton armée : pourquoi tu t'en encombres ?

-Je n'aime pas me battre.

-T'as la classe en armure pourtant !

Il m'a pris par les épaules et m'emmène vers la maison. Je frémis lorsque sa hanche frôle la mienne. Je dissimule mon trouble comme je peux.

-Tu es trempé, idiot !

-T'es pas plus sec mon grand ! Comment ça se fait que tu ne connaisses même pas tes Spectres-en-chef ? Ils ne te demandaient jamais audience ?

-Je connais l'âme de mes guerriers parce qu'elle ne change pas. Pour cette incarnation, j'en ai juste aperçu quelques-uns à travers les yeux de mon enveloppe humaine. Pandore éloignait le reste.

-Et comment tu me connais alors ?

-Les Chevaliers d'Athéna que je rencontre ne changent pas à travers les siècles. Dans une pièce close, avec ton frère en armure à côté, je ne pouvais me tromper.

-Et pour ma réputation, comment tu la connais ?

-Tu en connais 36 des Gémeaux qui s'en prennent à un dieu tel que mon frère ? Même endormi, je reste en contact avec lui. Tu en as d'autres des questions aussi idiotes ?

-Autant que tu veux ! Par exemple, est-ce que…

-Je préfère ne rien entendre !

-Tu sais, faudrait peut-être que tu arrêtes de changer d'avis toutes les cinq minutes ! ça fait brouillon pour un dieu !

-Je ne trouve pas.

-Tant mieux d'un côté : ça te rend plus humain !

-Quoi ! ?

Je m'arrête net, manquant de faire chuter Kanon.

-Eh ! Mais t'es malade de t'arrêter comme ça ? !

Je ne VEUX pas ressembler à un humain !

J'en frissonne d'horreur de la tête aux pieds, paralysé par la peur. Je referme les bras sur mon torse, étreignant le vide.

Je ne veux pas devenir un humain ! Depuis toujours cette idée me terrifie !

-Hadès, qu'est-ce que tu as ? C'est encore Zeus ?

Je l'entends, comme dans un rêve, mais je n'arrive pas à saisir ce qu'il me dit, au bord de la nausée.

-Hadès, parle-moi, bordel ! Tu me fais peur !

Il me saisit le visage et me regarde franchement, ses yeux reflètent son inquiétude.

-Tain ! Mais c'est pas possible : comment t'as réussi à te mettre en état de choc ? ! Oh ! Hadès, tu m'entends ? Je te cause ! Réveille-toi !

Il me secoue, j'en ai conscience, mais je n'arrive pas à sortir de mon état léthargique pour réagir.

-Hadès, me force pas à devenir violent !

Je ne comprends toujours pas les mots qu'il prononce, comme s'il me parlait dans une langue inconnue.

-Bon, tu me laisses pas le choix !

Son visage est sur le mien, ses lèvres dévorent les miennes, sa langue caresse sa semblable et il m'a serré contre lui. Sa main s'est posée sur ma fesse… Sa main… Sur mes fesses…

Je reprends mes esprits et je le repousse immédiatement. Il se contente de faire un pas en arrière pour retrouver sa stabilité en me lâchant : je n'ai pas usé de ma force. Je le regarde sans savoir comment le prendre.

Dois-je me fâcher ?

-Tu m'as… embrassé…

-Tu préférais une baffe peut-être ? Admets que le baiser était une option bien moins désagréable…

-Oui mais t'avais pas besoin d'y mettre la langue !

Il a haussé un sourcil, amusé. Je ne sais toujours pas comment réagir : ma tête me semble vide de toute pensée raisonnable et mes joues sont en feu !

-Si tu n'as pas trouvé ça désagréable, c'est qu'en toute logique, tu as aimé…

Je deviens plus confus encore et enregistre l'information dans un coin de ma tête : il faudra que je me repose la question à tête reposée et, surtout, pleine !

-Non : c'était dégoûtant !

-C'est marrant, j'aurais cru que tu serais en colère : apparemment, je te connais pas encore assez ! Merci de me laisser en vie !

Il passe devant moi et je l'attrape par le col.

Vite, une raison pour ce geste incontrôlé !

-T'as failli m'étrangler !

Merci Kanon !

Je passe devant lui, l'air sérieux.

-Mince, j'ai raté ! Tant pis !

-T'es pire qu'un gosse, tu le sais ça ?

-Le plus gosse de nous deux, c'est toi !

Un gosse ? Moi ? Amusant comme comparaison. Je n'ai jamais été vu comme un gosse par qui que ce soit !

Sondant les environs, je repère Poséidon dans un salon et je remarque que son aura a changé. Je m'y précipite aussitôt, suivi de près par Kanon.

-Mon frère, qu'est-ce qui t'est arrivé ? Tu es…

-Julian Solo. Je suis Julian Solo.

Je le regarde, incapable de m'en remettre.

Que fait-il ici ? Se pourrait-il que Poséidon m'ait abandonné ?

Kanon décide de prendre les choses en main.

-Comment ça « Julian » ? Qu'est-il arrivé à Posy ?

-Je me souviens de toi, tu es Kanon…

Je suis trop furieux pour rester calme une fraction de seconde de plus : je plaque le jeune Julian contre le mur, violemment, les dents serrées. Il a poussé un petit cri et essaie de se dégager.

-Qu'est-il arrivé à mon frère ?

-Hadès ! Arrête, il n'y est pour rien !

Kanon tire mon bras en arrière je lâche ma victime pour tenter de dégager mon poing mais Kanon tient bon et pèse de tout son poids dessus.

-ça suffit ! Calme-toi !

-Vas-tu donc me lâcher, vermine ?

-Non ! Pas tant que tu seras dans cet état ! Depuis quand l'imperturbable Hadès se livre-t-il à la folie de la colère ? Posy ne te reconnaîtrait pas lui-même !

Je m'immobilise et regarde mes mains tremblantes, lâchant Julian…

Ce n'est pas moi ! Je ne suis pas l'un de ces dieux violents et irascibles ! Je suis Hadès, je ne dois pas céder à mes impulsions…

Kanon a perçu mon changement de mentalité.

-ça va, t'es calmé ?

-Oui. J'ignore ce qui m'a pris de m'énerver de la sorte.

-Ca doit être ton stress d'être parmi les humains et d'y subir les pressions que t'inflige Zeus.

-Interroge-le : je suis trop instable pour le faire !

Je vois bien qu'il cherche à dire quelque chose mais il finit par se retenir et se rend auprès de l'héritier Solo qui se masse les épaules.

-ça va ? Tu te remets ?

-Merci : tu m'as sauvé la vie !

-Plus tard les remerciements : qu'est-il arrivé à Poséidon ?

-Je ne sais pas très bien ce qui s'est passé…

-Décris-moi le plus fidèlement possible ce dont tu te rappèles.

-Un homme masqué est venu et il a demandé à Poséidon s'il comptait aider Hadès et ainsi Zeus puisque c'est lui qui force la main à Hadès. Poséidon lui a répondu qu'il aiderait son frère quoi qu'il arrive alors, il y a eu une grande lumière quand l'homme a levé la main. Après, c'est le vide. Je crois qu'il a réussi à endormir Poséidon…

-C'est absurde : qui aurait un tel pouvoir en dehors de Zeus et d'Athéna ?

Je n'arrive pas à croire à cet enfermement de mon frère, pourtant de puissance équivalente à la mienne.

Je me laisse tomber sur une chaise, abattu par ma propre impuissance.

Qu'est-ce que je vais faire sans mon frère divin ? Suis-je donc seul ?

Une main se pose sur mon épaule : c'est Kanon qui me sourit d'un air doux.

-Fais pas cette tête, on se débrouillera ! Je te jure que je te laisserai pas ! C'est pour toi que Poséidon a fait ça… Enfin, qu'il a pris le risque….

Kanon essaie de m'aider mais ça se voit qu'il ne sait pas très bien s'y prendre.

Oui, lui, il est toujours là, ce ne serait pas correct de ma part de baisser les bras maintenant, surtout après tous les efforts de Poséidon ! Je dois prendre sur moi et me montrer fort !

Je me relève et, bien droit, je m'adresse à Julian.

-Je suis désolé de m'être emporté. Poséidon m'avait promis de quoi subsister dans le monde des humains sans dépendre trop de lui. As-tu l'intention de m'aider en ce sens ou vas-tu me forcer à t'y contraindre ?

-Non : il avait déjà tout prévu. Tout est là.

Il nous désigne une mallette sur la table.

-Kanon, va voir : je risquerai de n'en rien comprendre !

-Tout de suite.

L'ancien Marinas s'accroupit, ouvre le porte-document, et fouille dedans. Il lit quelques papiers et inspecte les objets qui y sont joints.

-Poséidon nous prête un appartement et un compte bancaire.

-Puisqu'il a tout prévu, nous ferions mieux de quitter ces lieux : nous n'y sommes plus en sécurité. Et puis, je m'en voudrais de m'imposer davantage ici !

Julian soupire de soulagement. Je l'informe de mes intentions.

-Je t'emprunte ta voiture et ton chauffeur jusque là. Ensuite, tu seras libre de tout engagement envers nous.

-D'accord.

-Bon, allons-y Kanon. Adieu, Julian.

Il prend la valise et me tient la porte, réfléchissant à je ne sais quoi. Je lui souris et passe devant lui, laissant Julian Solo à sa vie.

Je me décharge des préparatifs sur Kanon qui s'occupe de tout auprès des chauffeurs. Il s'assied en face de moi, à l'arrière de l'imposante voiture dont l'intérieur est aménagé comme une chambre.

-Y a-t-il vraiment tout ce qu'il faut ?

-Oui, tu peux être tranquille de ce côté-là ! Tiens, sèche-toi un peu !

Il me lance une serviette sortie de je ne sais où et se sert d'une seconde pour essuyer l'eau qui dégoulinait de ses cheveux.

Je ne peux plus supporter le silence.

-N'es-tu pas effrayé par ce qu'il vient de se passer ?

-La perte de Poséidon est un grand choc mais je compte rester.

Je regarde la ville défiler par la fenêtre.

-Au départ, je ne voulais pas de toi… Je me croyais capable de recouvrer ma liberté en ne comptant que sur Poséidon. C'était une stupide erreur, due à un orgueil qui n'a pas lieu d'être…

-J'ai vu que tu ne semblais pas m'apprécier mais ton frère savait ce qu'il faisait.

-Finalement, tu es loin d'être mon plus mauvais choix.

-Tu commences à m'apprécier ?

-Oui.

Je ne le regarde pas mais je devine sans peine qu'il doit faire une drôle de tête.

Je suis trop sentimental.

-Merci de me dire ça, Hadès, ça me fait très plaisir. Tu tiens le coup ?

-Oui.

-Tu sais, en lisant les mythes qui te concernent, je ne t'imaginais pas du tout comme ça !

-Tu m'imaginais comment ?

-Un vieux fou insensible et moche comme un pou ! C'est stupide parce que tu es exactement le contraire de tout ça !

-Pourquoi un vieux fou ?

-A force de gouverner les ombres et de juger les humains pour leurs crimes…

-C'est vrai que ça n'en donne pas une bonne image mais les ombres ne me créent pas de problèmes.

-Tu es aussi le gardien de Cerbère et des Furies…

-Non, ils sont très gentils eux aussi. La seule fois où j'ai cru devenir fou c'est à cause de la douleur engendrée par la lance d'Héraclès quand elle m'a transpercé le bras ! Aujourd'hui encore, il m'arrive d'avoir des élancements.

-Je croyais Apollon plus habile !

-Il l'est mais Zeus voulait que je n'oublie pas.

-Logique : Héraclès est son fils !

Je souris : effectivement, c'était une autre façon de m'humilier. La conversation se concentre trop sur moi, il est temps de taquiner un peu Kanon.

Je me tourne vers lui qui s'est allongé sur la banquette et me regarde, les yeux mi-clos.

-Et pourquoi aurais-je été moche comme un pou ?

-Comment tu fais pour comprendre mes expressions alors que t'es pas monté ici depuis une éternité ?

-Je ne sais pas exactement, ça doit provenir du fait que j'ai pris le corps d'un humain quelques heures il n'y a pas si longtemps. Et si tu répondais à ma question ?

-C'est à cause de Corée : tu l'as obtenue par ruse et elle t'a préféré son Adonis !

-Je croyais l'aimer mais c'était encore un sale tour de Zeus ! De toute façon, elle n'a jamais vu ce corps-ci ! Je me demande même si sa mère ne m'a jamais vu avec…

-Tu lui as caché ton apparence réelle ? ! Mais c'est ton épouse ! ?

-Je n'aime pas exposer ce corps. Et puis, en Olympe, il n'y a pas de « mariage » à proprement parler.

Il ouvre la bouche et la referme. La voiture s'arrête et il jette un coup d'œil à travers les vitres sombres.

-On est arrivés, prêt pour l'immersion complète ?

-J'espère.

A suivre…