Disclamer... : L'univers ainsi que les différents personnages appartiennent à JKR. Seul l'histoire sort de mon imagination.

Titre : Le jeu de l'amour et du hasard

Résumé : Plaute a dit un jour : « Il est plus dangereux de tomber en amour que du haut d'une falaise. ». Merlin, pourquoi n'ai-je pas sauté ? JP/LE

Blabla de l'auteur : Eh non, vous ne rêvez pas. Il y a bel et bien un nouveau chapitre à cette fiction. Avec quelques soucis personnels, je n'ai pas publié avant. J'espère que vous me pardonnerez. Mais avant le chapitre, place aux remerciements.

Remerciements :

Floraline : Perdre tous les deux ? Ce serait dommage quand même non ? En tout cas je ne peux pas en dire plus. Pour le savoir, tu devras lire la suite ;p

FantasticWorldx : Merci beaucoup pour ton commentaire. Je suis ravie que ce chapitre ait été à la hauteur de tes attentes. J'espère qu'il en sera de même avec celui-ci ^^. Bonne lecture.

TheBeatlesHP : Eh bien voilà la suite x). Merci.

Annaelle : Merci pour tes trois reviews. Je te laisse voir la suite. En espérant qu'elle te plaise ;).

Echco : Et dans celui-là, seront-ils aussi chou ? J'espère que oui ^^. Merci pour ton commentaire.

Ines : Plus besoin d'attendre, voilà la suite. Vraiment désolée de t'avoir fait attendre en tout cas. Merci beaucoup ^^.

armand : Oh c'est trop gentil. Merci beaucoup.

Tomoe-chi : Eh bien dans ce chapitre, en exclusivité, la réaction de McGo devant nos deux protagonistes. Et crois-moi, cela ne va pas s'arrêter là. Merci beaucoup en tout cas.

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Rappel chapitre précédent :

Règles du jeu :

1- James Potter devra se comporter comme Lily Evans : respecter le règlement, se rendre en cours, lire au moins un livre par semaine, se rendre au moins trois fois par jour à la bibliothèque, s'avancer pour les devoirs, ne pas être en retard, faire du tutorat le lundi et le jeudi soir, effectuer les rondes de Préfet-en-Chef avec sérieux et punir les élèves en infraction en restant juste. Ne pas profiter de son statut et respecter les autres (corps enseignant et élève).

2- Lily Evans devra agir comme James Potter : faire la grasse matinée, jouer au Quidditch, ne pas aller à tous les cours, s'asseoir au fond de la salle, faire au moins une blague par jour aux Serpentard ou au corps enseignant, répondre aux professeurs, avoir au moins une retenue par semaine, sortir après le couvre-feu, organiser des fêtes, ne pas se rendre à la bibliothèque, faire ses devoirs à la dernière seconde et enfreindre le plus de règles possibles.

3- Une seule infraction de la part de l'un des deux protagonistes entraînera la fin du pari. L'autre individu gagnera le défi.

4- La première semaine sera considéré comme une période d'essai : une période durant laquelle les deux individus pourront s'habituer à leur nouvelle façon de vivre.

5- Les Maraudeurs (Black, Lupin et Pettigrow) seront les juges concernant la personne de Lily Evans.

6- Mary MacDonald et Alice Wester seront les juges concernant la personne de James Potter.

7- Les différents juges devront remettre des rapports concernant les deux protagonistes, prouvant de leurs avancées.

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Chapitre 4 : La critique est aisée, mais l'art est difficile.

Stupide. Stupide Potter. Stupide défi. Stupide fierté. Stupide, stupide, stupide, stupide : cette année s'annonçait stupide. Non mais vraiment ! Quel Billiwig m'avait piqué pour accepter une telle... stupidité ? L'année des ASPICs en plus, l'année la plus importante de toute ma vie, l'année qui se soldait par des examens cruciaux, celle qui déterminerait mon avenir. Et en une fraction de seconde, j'avais gâché cette année en acceptant ce défi. Mais où avais-je la tête à ce moment là ? Peut-être était-ce Potter qui m'avait jeté un sortilège de confusion à ce moment là et qu'il... Tss. A quoi bon me mentir ? Bien sûr que non, ce n'était pas Potter. Pour une fois que ce n'était pas de sa faute à celui-là. Enfin, si, c'était bel et bien à cause de lui que je me retrouvais dans cette situation, mais pas de cette manière là. Enfin, vous m'avez compris ! Bref, tout ça pour dire : pourquoi avait-il fallut qu'il me propose un défi de ce genre ? Que gagnait-il à me faire agir ainsi ? Pensait-il que en me comportant comme lui, j'allais finir par tomber dans ses bras ? Ou bien était-ce juste une nouvelle excuse pour pouvoir se moquer de moi ? Je grommelai. Par Merlin, ce garçon avait vraiment un don pour me donner mal à la tête.

Je tournai la tête et pris ma montre posée sur ma table de chevet : six heures cinquante-trois. Stupide. Ah, je l'ai déjà dit ? Mais que voulez-vous que je dise d'autre ? Je devrais normalement être levée depuis vingts bonnes minutes. Au même moment, j'aurais dû être dans la Grande Salle en train de prendre tranquillement mon petit déjeuner, avant de me diriger vers mon premier cours sans avoir à me dépêcher. Mais non. Là, j'étais toujours allongée sur mon lit à baldaquin, les cheveux emmêlés et une haleine absolument insupportable. Stupide.

Je soupirai pour la sixième fois au moins. Bon il était vrai qu'il ne tenait qu'à moi d'abandonner maintenant. Après tout, je n'avais qu'à le supporter pendant une soirée et après tout serait terminé. Et encore, le gain stipulait clairement qu'il fallait que je l'accompagne, pas que je me fasse belle ou que je danse avec lui ou encore que je supporte son ego surdimensionné pendant tout le repas. Oui, je n'avais qu'à sacrifier une petite soirée pour pouvoir me comporter comme à mon habitude, pour pouvoir faire de mon année une année exceptionnelle, pour pouvoir enrichir mes connaissances, pour m'amuser comme je le souhaitais et non pas en envoyant des sorts à n'importe qui ou encore à monter sur un balai pour du Quidditch.

Vous me demanderez alors sans doute ce que je fais encore dans mon lit alors. Eh bien, je répondrais simplement : la fierté. Vous connaissez ? Eh oui, à cause de cette stupide fierté, il était impensable que je perde ce stupide défi, que j'abandonne au bout de seulement quelques jours. Et puis vous imaginez la réaction qu'aurait Potter si je renonçais ? Son arrogance serait sans doute multipliée par dix. Il ne se passerait pas une seule minute sans qu'il me fasse comprendre qu'il a réussit, qu'il finit toujours par obtenir ce qu'il veut. Bref, l'horreur ! Et surtout, retour à la case départ ! Mon problème restait le même et si je ne trouvais pas rapidement une solution, je me retrouverai enchevêtrée dans cette histoire sans pouvoir faire la moindre chose. A moins que ...

...

A moins que ce ne soit lui qui abandonne. Tous serait alors parfait dans le meilleur des mondes. J'avais tout à y gagner. Après tout, je n'aurais pas à me pavaner comme un abruti fini aux chevilles gonflées, et en prime, le crétin en question serait obligé de me laisser tranquille. Quel meilleur plan ? Le seul problème restant est que James Potter n'aurait jamais abandonné, même sous la torture. Si je le lui demandais, ça aurait été pire. A moins que ...

...

A moins que je demandes de l'aide aux autres. Les filles pourraient sans doute m'aider à lui rendre la vie infernale pour qu'il renonce plus vite. Et qui sait, peut-être obtiendrais-je du soutien de la part des autres Maraudeurs. Après tout, plus vite tout cela serait terminé, et plus vite ils retrouveraient leur meilleur ami. Oui, tout cela se tenait.

Un sourire machiavélique dessiné sur le visage, je me levais en vitesse de mon lit à baldaquin et me dirigeai vers celui de mes amies.

- Alice. Alice, lève-toi !

- Humf...

- Alice, ne m'obliges pas à utiliser les grands moyens, prévins-je.

- Lily, tu te souviens que tu dois te comporter comme James, murmura la concernée encore endormie. Alors, retourne te coucher !

- J'ai besoin de ton aide.

- Tout ce que tu voudras, répondit-elle après un bâillement. Mais pas maintenant. Dodo.

Elle tira un peu plus la couette sur elle de façon à ce que je ne puisse plus la voir, et se rendormit. Je grommelai. Réveiller Alice n'était sans doute pas la meilleure solution. Peut-être aurais-je plus de chance avec ...

- Mary !

- Non merci, pas de confiture pour moi ...

Je ne pus m'empêcher de sourire. Vous avais-je dit que Mary parlait dans son sommeil ? Malheureusement, quand elle parlait, cela signifiait qu'il était impossible de la réveiller. Agacée, je me dirigeai vers la sortie. Je m'occuperai de mes amies plus tard. Pour l'instant, il était l'heure d'aller voir un certain groupe de garçons. Sur la pointe des pieds, je descendis les escaliers. Comme à son habitude, la Salle Commune était presque vide. Seuls quelques courageux étaient déjà debout, prêts à attaquer une nouvelle journée.

- Bonjour Lily.

Bouse. Je m'étais faites repérer. Je me tournai vers mon interlocuteur et lui adressai un immense sourire. Il y répondit de bonne grâce et s'apprêta à engager la conversation, lorsqu'il fut appeler par l'un de ces camarades. Avec un regard d'excuse, il s'éloigna. Merci Merlin. J'avais maintenant tout le loisir pour me diriger vers le dortoir des Maraudeurs sans pour autant être surprise. Bon, il était vrai que ce n'était pas un crime que d'y aller. Mais je connaissais les élèves de Poudlard : la moindre petite chose, le moindre petit événements anormal constituait un ragot des plus intéressants. Et avec tout ce qui allait se passer, j'allais bien vite attirer les regards. Alors, autant ne pas commencer dès maintenant.

Une expression innocente sur le visage, je fis mine de me balader dans la Salle Commune. Je me dirigeai alors vers le miroir le plus proche des escaliers en colimaçon des garçons faisant semblant de vouloir me donner une apparence plus présentable. Puis, après m'être assurée que personne ne faisait attention à moi, je montai quatre à quatre les marches d'escaliers.

...Toc toc toc...

Je frappai doucement à la porte de leur chambre, et n'obtint pour seul et unique réponse un ronflement distinct. Agacée, j'entrai sans la moindre discrétion. Quatre lits se tenaient en cercle autour du chauffage de la chambre. Aucun rideau n'était tiré, et on pouvait apercevoir les quatre jeunes hommes profondément endormis.

Minute.

Quatre ? Espèce de sale petit... Il aurait normalement dû être levé depuis une bonne demie-heure, et môssieur était encore en train de ronfler comme si ne rien n'était. Serment de Lily Evans, cela n'allait pas se passer comme ça !

- Potter, m'écriai-je de ma voix la plus stridente.

Les quatre Gryffondor se réveillèrent en sursaut et l'un d'entre eux tomba même du lit. Je retins difficilement un sourire et sortis ma baguette afin d'ouvrir les rideaux qui cachaient le soleil du matin.

- Humf... Evans, me reprocha une voix que je reconnus comme étant celle de Sirius.

- Qu'est-ce que tu fais là ? me demanda Remus en se frottant les yeux.

- Elle ne peux plus se passer de moi, répondit le binoclard dans un bâillement.

- Si elle pouvait se passer de toi à sept heures du matin, ça nous arrangerait, commenta Pettigrow avant d'enfouir sa tête sous son oreiller.

Potter émit un léger rire qui se stoppa net quand il aperçut mon regard furibond.

- Je peux savoir ce que tu faisais ? demandai-je les mains sur les hanches.

Un rictus moqueur apparut sur son visage.

- Une partie de Bavboules, ça ne se voyait pas ?

- Hahaha. Je suis au summum de mon hilarité, répondis-je une expression lassée sur le visage.

Son sourire disparut bien vite. Satisfaite, je repris.

- Je peux savoir pourquoi tu n'es pas prêt ?

- Mais, il n'est pas que sept heures ! protesta-t-il.

- Et alors ? Tu devrais normalement être debout depuis bien longtemps. Mais puisque tu ne sembles pas respecter les règles mises en place, autant arrêter ça immédiatement. La bonne journée Potter.

Il fut abasourdi par mes propos, et j'en profitai pour m'éclipser, me dirigeant vers la sortie. Malheureusement, il reprit bien vite ses esprits. Trop vite à mon goût.

- Minute.

Je me stoppai et jurai intérieurement. Ça aurait été trop beau pour être vrai.

- C'est bien essayé Lily, me félicita-t-il. Mais je te rappelle que nous avons une semaine de période d'essai. Par ailleurs, le contrat stipule que je dois assister à tous mes cours. Or si je me lève cinq minutes avant pour directement me rendre à mon premier cours sans arriver en retard, je serais dans mes droits.

Je le foudroyai du regard. Il avait vraiment penser à tout. J'étais persuadée qu'il avait étudié avec minutie le dit contrat pour y trouver la moindre faille. Merlin, que je le détestais !

- Mais soit, j'accepte de me lever immédiatement pour me préparer et arriver à l'heure et de bonne humeur. Heureuse ?

Une moue boudeuse apparue sur mon visage.

- Autre chose, reprit-il.

Je fronçai les sourcils. Que voulait-il encore me dire ?

- Je comprend tout à fait le fait que tu veuilles vérifier que je respecte ma part du marché. Sauf que, en venant me voir, c'est toi qui enfreint les règles qui te sont imposer.

- Qu...

- Qui me dit que tu n'es pas levé depuis un moment ? Que tu n'as pas pris un bouquin pour lire ? Ou que tu n'es commencée à t'avancer dans le programme ? Ou encore que tu te sois rendue à la bibliothèque ? m'interrogea-t-il avec suspicion.

J'allais protester mais une voix me devança.

- T'as vu sa tête ? A mon avis, vu la marque de bave sur sa joue et le balai serpillière qu'elle a en guise de cheveux, je pense qu'elle était bien installée confortablement dans son lit.

- Pardon ? demandai-je ahurie.

- Je disais que tu as une merveilleuse trace de ...

- C'est bon Patmol, je pense qu'on a comprit, coupa Remus, un air de reproche sur le visage.

Je le remerciai du regard et fusillai Sirius de mes prunelles émeraudes. Si mon regard pouvait tuer, cette chambre serait à moitié vide.

- L'écoute pas, me rassura Potter. Tu es très belle à ton réveil.

- Qu'est-ce que tu fiches encore là ? m'écriai-je.

Il ne répondit rien et se précipita dans une autre pièce que je soupçonnai être la salle de bain. Soupirant, je m'écroulai sur son lit sous les regards étonnés des trois autres Maraudeurs.

- Tu ne retournes pas dans ta chambre ? me questionna Remus.

- Je vérifie qu'il ne vienne pas se recoucher en douce, mentis-je.

En vérité, je voulais parler aux autres Maraudeurs. Mais avec Potter à côté, impossible de dire quoi que ce soit. Alors, il ne me restait plus qu'à attendre qu'il sorte enfin, de manière à mettre mon plan en place. En attendant, je n'avais qu'à peaufiner mon plaidoyer. Si je me montrais convaincante, alors tout ce cauchemar serait terminé, et je n'aurais eu qu'à sécher un seul cours.

Je m'installai plus confortablement sur le lit et calai son oreiller sous ma tête. Lorsque je déplaçai le coussin, un parchemin fit son apparition. Surprise, je le saisis. Pourquoi Potter cachait-il un parchemin vierge dans son lit ?

- Ne touche pas à ça, me prévint la voix de Black.

- Je fais maintenant partie de votre cercle, rappelai-je. De quoi s'agit-il ?

- C'est... Euh... Rien, répondit Peter gêné.

- Alors, si ce n'est rien, j'imagine que je peux le jeter.

Je m'apprêtai à le déchirer quand je fus stopper net par Remus. Il me prit le parchemin des main, alla le ranger dans sa malle et m'expliqua :

- Tu sauras tout ce soir...

- ... lors de ta première réunion en tant que Maraudeur... ajouta Pettigrow

- ... Une fois que tu auras prêter Serment, termina Sirius.

- Tout ? interrogeai-je curieuse.

- Tout, approuvèrent-ils ensemble.

Je les regardai à tour de rôle les jaugeant du regard. Voilà qui était tentant Tout savoir des Maraudeurs. Connaître tout leur secret pour pouvoir réussir à les attraper lors de leurs futures farces. Voilà qui devenait intéressant. Il ne me restait plus qu'à attendre le soir. Une journée à devoir me comporter comme James n'allait pas être si difficile, surtout au vu de la récompense du soir. Et après tout, je pouvais toujours remettre à plus tard mon plan pour Potter. Un sourire béat sur le visage, je me rallongeai et fermai les yeux, savourant déjà mon triomphe.

oOoOo

- Eh bien Monsieur Potter, je suis surprise que vous soyez à l'heure pour votre premier cours de la journée, commenta le professeur McGonagall après avoir ouvert la salle de classe avec sa baguette.

- Je n'arrivais plus à dormir, alors autant en profiter pour venir vous voir Professeur, répondis-je avec un sourire innocent. Vous m'avez beaucoup manqué durant cet été vous savez !

Le professeur me jaugea du regard, ne savant pas si elle devait en rire, ou se mettre en colère. Elle opta pour la troisième solution et m'ignora royalement. Je ne pus m'empêcher d'afficher un sourire moqueur, mais Mary me donna un coup de coude.

- Lily n'aurait jamais agi comme ça, m'avertit-elle.

Je ne répondis rien, me contentant d'entrer dans la salle. Elle grommela. Mais que voulait-elle que je lui dise ? Que les vieilles habitudes avaient la vie dure ? Ou qu'il était en réalité beaucoup plus difficile de me comporter comme un élève modèle que je ne le pensais ? Mais non, je ne l'aurais pas dit. Plutôt mourir que d'avouer que le défi que j'avais lancé à Evans était plus complexe que je ne le pensais.

Comme à mon habitude, je m'apprêtai à gagner ma place au fond de la salle, mais je fus bien rapidement rattrapé par Alice qui m'agrippa le bras. Elle n'eut pas besoin de dire quoi que ce soit. Son regard moqueur signifiait déjà beaucoup. Elle s'installa sur l'une des premières tables et à contrecœur, je m'assis à ses côtés. Les élèves arrivèrent au fur et à mesure, me dévisageant, comme si je venais d'une autre planète. Une fois que tout le monde fut installé, le professeur McGonagall prit la parole :

- Bonjour à tous, et bienvenue à votre cours de Méta...

Elle s'arrêta net, remarquant la place que j'avais choisi.

- Monsieur Potter, vous êtes malade ? m'interrogea le professeur.

- Euh, non... Pourquoi ? demandai-je, faignant l'innocence.

- Ou alors, c'est sans doute le manque de sommeil...

- Je ne comprends pas, avouai-je.

- Le fond de la classe, c'est par là-bas, m'indiqua-t-elle.

La salle éclata de rire. Et moi-même, j'esquissai un léger sourire.

- A vrai dire Professeur, j'ai quelques problèmes de lunette, mentis-je. Je crains qu'elles ne fonctionnent plus très bien, et je m'en voudrais de ne pas pouvoir suivre ce cours convenablement.

McGonagall fut abasourdie par mes propos, mais elle ne dit rien, se contentant de reprendre là où elle s'en était arrêter :

- Je disais donc, bienvenue à ce cours de Métamorphose. Terminés les vacances, maintenant, place au travail. Cette année est sans doute la plus importante, puisqu'elle se solde par vos derniers examens, avant que vous n'entriez dans vos formations respectives pour ...

Elle fut interrompue par la porte de la classe qui s'ouvrit.

- Excusez moi Professeur, bredouilla la jeune fille. Je n'ai pas entendu mon réveil magique et ...

- Ce n'est rien Miss Evans, lui répondit McGonagall avec un léger sourire. Cela peut arriver à tout le monde. Mais que cela ne se reproduise plus à l'avenir.

Evans approuva d'un signe de tête et alla s'asseoir au fond de la classe, à la place qui m'étais attitrée depuis sept ans. En passant, elle me foudroya du regard et je ne pus m'empêcher de pouffer.

- Où en étions-nous ? Ah oui, les ASPICS. En métamorphose, pour cet examen, vous devrez savoir exécuter parfaitement les différentes métamorphoses anim...

- Excusez-moi professeur pour le retard, lança mon meilleur ami avec une fausse mine essoufflée. Je n'ai pas entendu mon réveil magique et ...

- Comme à votre habitude, Black, commenta le professeur McGonagall.

- Euh...

- Retenue, demain soir à dix-huit heures, dans le bureau de Rusard, rétorqua-t-elle sévèrement. Et maintenant, regagnez votre place.

Sirius nullement surpris, approuva avec un sourire moqueur et rejoignit la place à côté d'Evans, non sans m'avoir lancé un léger clin d'œil. Le message était clair.

- Donc, les métamor...

- Excusez-moi professeur, interrompis-je avec sérieux. Il y a quelque chose que je ne comprends pas.

Le professeur me jeta un drôle de regard, et lassée s'écroula sur sa chaise. Une nouvelle fois, la salle éclata de rire, mais je les ignorai reprenant la parole.

- Pourquoi Miss Evans, que je porte particulièrement dans mon cœur, n'a-t-elle pas été punie pour son retard à cause de son réveil magique, alors que Monsieur Black, que je porte également dans mon cœur - à un moindre degré certes- a écopé d'une retenue alors qu'il avait la même excuse que notre Préfète préférée.

- Peut-être parce que c'est la première fois en sept ans que Miss Evans arrive en retard alors que Monsieur Black a cette habitude depuis toujours.

Pas faux. Mais je n'allais certainement pas arrêter maintenant mon magnifique plaidoyer. Je jetai un œil à Sirius qui comprit parfaitement mon message. Il prit un air outragé et je surenchéris :

- Mais ne voyez-vous pas que mon client tente de faire un effort pour s'améliorer, et ainsi devenir un élève modèle.

- Où voulez-vous en venir Potter ?

- J'estime que mes deux camarades devraient obtenir la même peine pour avoir commis le même crime !

Le professeur de Métamorphose souffla bruyamment et conclut :

- Très bien. Monsieur Black, votre retenue est annulée. Êtes-vous satisfait Potter ?

- A vrai dire, pas vraiment, répondis-je avec une moue.

Certains élèves éclatèrent de rire, tandis que d'autres suivaient notre échange avec attention.

- Nous savons tous deux que Monsieur Black est un perturbateur de première et que ce n'est parce que c'est la septième année, que celui-ci changera. Or j'estime qu'il mérite cette retenue.

- Alors pourquoi toute cette mise en scène ? demanda la professeur agacée.

- Même crime, même peine, répondis-je simplement.

Elle me jaugea du regard, puis ses yeux se dirigèrent vers le fond de la classe. Sur une jeune fille en particulier. Evans fronçai les sourcils, attendant la sentence de McGonagall.

- Miss Evans, retenue demain dix-huit heures dans le bureau de Rusard en compagnie de Black.

Si seulement j'avais pu immortaliser ce moment ! La jeune fille était tellement abasourdie que sa bouche s'était ouverte et que ses yeux s'étaient faits aussi ronds que des Cognards. McGonagall ne fit plus attention à elle et reprit son cours comme si rien de tout cela n'était arrivé. Quant à moi, un sourire victorieux s'étala sur mon visage. Celui-ci ne put que grandir lorsque la belle rousse ma lança un regard meurtrier. Après lui avoir adressé un clin d'œil moqueur, je me retournai vers le professeur de façon à suivre son cours.

McGonagall nous parla des différents points essentiels que nous devions acquérir pour nos diplômes de fins d'années. Des métamorphoses mobiles, ou métamorphoses inertes, en passant par les différentes théories des plus grands sorciers métamorphes.

- Quelqu'un peut-il me dire comment on appelle une personne capable de se métamorphoser à volonté ?

Très peu d'élèves levèrent la main. La réponse était pourtant d'une simplicité étonnante. Je ricanai lorsque je vis Evans résister à l'envie de participer. Mais mon rire fut stopper bien vite par le coup de coude que me lança Alice, un air entendu sur le visage. Je soupirai, et à contrecœur levai la main. Le professeur McGonagall fut un instant décontenancée puis dit :

- Eh bien, Monsieur Potter, vous avez enfin compris la véritable raison de votre présence en salle de classe ?

- Au bout de sept ans, ça devait bien arrivé, commenta la voix de Lily.

- Malheureusement, ajouta Patmol une expression désolée sur le visage.

Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire. Puis voyant que le professeur McGonagall attendait ma réponse, je dis :

- Une personne capable de se transformer comme il le veut sans avoir recours à un sortilège ou une potion s'appelle un métamorphomage. Cependant, ce n'est pas une chose que l'on peut acquérir par un apprentissage. C'est un don qui apparaît à la naissance. Ce talent n'est pas très bien maîtrisé par les plus jeunes qui se métamorphosent selon leurs sentiments, émotions. Mais au fur et à mesure ce don se contrôle et peut se révéler très utile notamment pour passer inaperçue.

Un silence s'installa dans la salle de classe.

- Quoi ? interrogeai-je. Ce n'est pas ça ?

- Je n'aurais jamais cru dire ça un jour, mais je rajoute dix points à la maison de Gryffondor pour l'excellente réponse de Monsieur Potter.

La salle éclata en applaudissements et je grimaçai. Il fallait que ce ce défi se termine le plus vite possible. Il était hors de question que cela continue pendant des mois et des mois.

oOoOo

Les yeux bandés, je me laissai guidé par Remus.

- Attention Lily à l'es...

Le Gryffondor n'eut pas le temps de terminer sa phrase que je me retrouvai déjà à terre, me cognant au passage la tête contre l'une des marches de l'escalier.

- Aie, me plaignis-je.

Lupin bafouilla quelques excuses et m'aida à me relever. Non mais vraiment ! Me bander les yeux ! Quelle idée complètement idiote ! Après tout, si je devais me comporter comme James Potter pendant un moment, il fallait bien que je sache où était situé l'emplacement secret des Maraudeurs. Mais non ! « Le Serment » d'abord m'avait répondu Black. Foutu serment ! Foutu Maraudeurs ! Et foutus marches d'escaliers ! Je poussai un juron peu catholique et pris la main de Remus afin qu'il me guide jusqu'à cette mystérieuse pièce.

Je sus que nous étions arrivé lorsque je heurtai Remus qui visiblement s'était arrêté. Une nouvelle fois, il me bredouilla quelques excuses que je balayai d'un revers de main. Nous n'avions pas le temps pour ça. Je n'avais qu'une hâte...

- Tu es prête Lily ? m'interrogea le jeune homme.

J'approuvai d'un signe de tête vigoureux et il me retira mon bandeau dans un éclat de rire. Je mis quelques secondes avant de me réhabituer aux lumières du château et distinguer un vieux tableau représentant une scène des plus étranges. Dans une forêt sombre, la pleine lune éclairait quatre animaux : un énorme chien noir, accompagné d'un cerf majestueux qui portait sur l'une de ses cornes un petit rongeur qui semblait être un rat. Un magnifique loup était également présent. Je ne pus m'empêcher de sourire. Cette représentation était pour le moins étonnante, mais elle dégageait une telle sérénité. On ressentait cette ambiance festive.

Je fus interrompue dans ma contemplation par Remus qui marmonna quelques mots que je ne compris pas. Aussitôt le tableau se transforma en une magnifique porte de chêne. J'en restais bouche bée. Merlin, comment était-ce possible ?

- Tu as encore beaucoup à apprendre sur ce château Lily, commenta le Gryffondor avec un sourire.

Et dire que je pensais tout connaître. Après tout, nulle part il ne parlait de salle dissimulé derrière des tableaux - enfin, des salles autres que les différentes Salles Communes.

- On entre ? questionnai-je.

Il approuva d'un signe de tête, ouvrit la porte, et comme un gentleman me fit entrer la première. Avec une certaine appréhension, je franchis le seuil de la porte non sans vérifier que ce n'était pas un piège de Lupin. Ce dernier pouffa mais je l'ignorai, préférant me concentrer sur la pièce où je me trouvais. C'était une salle absolument sublime, très chaleureuse. Les murs étaient couverts d'un papier peint ancien couleur or. En son centre de la pièce, résidait plusieurs fauteuils d'un rouge éclatant. Des coussins et autres couvertures recouvraient soigneusement le sol de pierre. A côté d'une cheminée résidait une immense bibliothèque contenant plusieurs dizaines d'ouvrages. J'aperçus également un immense tableau en liège couvert par de nombreuses photos. A côté, se trouvait un autre tableau en liège où était accroché le plan de Poudlard, avec tous ces passages secrets mais également l'emplacement exacts des appartements des professeurs. On y trouvait aussi les différentes rondes exercées par les élèves ainsi que les directeurs de Maison. Par Merlin, comment pouvait-il être aussi bien renseigné ?

- Des années de recherche, me répondit Black en venant à mes côtés.

Il affichait un sourire fier. Moi-même, je ne pus qu'être impressionnée.

- On est Maraudeur, ou on ne l'est pas, commenta Peter installée sur l'un des nombreux poufs.

- Prête ? m'interrogea Remus.

Je hochai la tête et m'installai à mon tour sur l'un des fauteuils. Pendant ce temps là, Sirius prit l'un des ouvrages de la bibliothèque et vint s'installer à mes côtés. Remus éteignit les lumières, et en alluma une dirigée uniquement vers moi. On aurait presque pu se croire dans une enquête policière, au moment où l'on interrogeait l'un des suspects.

- Vous êtes bien Miss Lily Evans ? me demanda Peter d'une voix grave et solennelle.

Je ne pus m'empêcher de pouffer et Peter grogna. Apparemment, les trois Gryffondor tenaient vraiment à leur rituel.

- Oui, répondis-je en reprenant mon sérieux.

- Miss Lily Evans, vous avez été choisi pour rejoindre le merveilleux clan des Maraudeurs, reprit-il.

- Quel honneur, marmonnai-je.

- Mais pour être acceptée en son sein, vous devez jurer respecter les règles imposés.

Sirius approcha le livre qu'il avait prit dans la bibliothèque et me demanda de poser la main gauche dessus et de lever la main droite.

- La première règle étant qu'il n'y a pas de règles, enchaîna Black avec sérieux.

Je fronçai les sourcils. S'il n'y avait pas de règles, pourquoi me faisait-il prêter Serment ?

- Promettez-vous de respecter cette condition ?

- Je le jure, répondis-je automatiquement.

- Jurez-vous de ne jamais dévoiler à qui que ce soit tous les secrets des Maraudeurs ?

- Oui oui, répondis-je vaguement.

- Alors bienvenue chez les Maraudeurs, s'exclama joyeusement Sirius.

Quelqu'un ralluma les lumières, et celle qui était braquée sur moi s'éteignit.

- Alors, je vais tout savoir ? Y compris pour ce mystérieux parchemin ? demandai-je impatiente.

- Tout vient à point à qui sait attendre, répondit Peter avec philosophie.

- D'abord, nous devons te donner ton nom de code, approuva Remus.

- Mon nom de code ?

- Oui oui, répondit Black avec un sourire. Pour ma part, je suis Patmol, lui c'est Lunard, et Peter est Queudver. Quand à James, il est Cornedrue.

- Et comment choisissez-vous ces surnoms ?

- En général, c'est grâce au patronus.

- Le mien forme une biche, répondis-je avec un sourire.

Les trois garçons me dévisagèrent avec surprise.

- Une biche ? m'interrogea Sirius n'étant pas certain d'avoir réellement compris.

- Bah oui, une biche. Et alors ? rétorquai-je vexée.

- C'est bizarre, parce que James c'est un...

- Merci Peter, coupa Lupin en lui adressant un regard sévère.

Je ne compris pas ce brusque changement d'humeur. Pourquoi était-il si étrange que mon patronus soit une biche ? Et quel patronus avait donc Potter ? Je m'apprêtai à les interroger mais je fus devancer par Remus.

- Bien Lily, nous réfléchirons à ton nom de code, et nous te le donnerons demain. En attendant ...

Il sortit de sa rode de sorcier le même parchemin que j'avais trouvé le matin même. Impatiente, je me mordis les lèvres et attendit de découvrir le fameux secret que renfermait cette feuille. Sirius sourit, fit un geste théâtrale, et lança :

- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.

Aussitôt, une écriture apparut. Abasourdie, je récupérai le parchemin des mains de Black qui m'annonça :

- Nous te présentons notre plus beau chef d'œuvre.

« Messires Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue, sont fiers de vous présenter la Carte du Maraudeur ».

Merlin, comment était-ce possible ?

oOoOo

Tadammm...

Alors ? Verdict ?

J'espère en tout cas que ça vous a plu.

Le prochain chapitre s'intitulera : « Petit à petit, l'oiseau fait son nid. »

See you soon.

Sybou'