Yeeah ! Un chapitre spécial Corse ! Bref, il est volontairement moins drôle que les autres, moins sur le délires et le wtf. Il est même plus dans le philosophique à la fin (kwa).
Corse, Christian chéri, Nord-Pas-de-Calais, babe Quentin, et Bretagne, Stefan, (et Léan le normand nul) appartiennent à l'Aristo-barjo et le concept d'Hetalia à Himaruya ! Les autres pitits enfants sont miens, comme d'hab'.
Ps : Pour 72 mots, il y a une fois le mot Corse. Je suis pas déçu de mon boulot.
Canavaggia regarda avec un air hautain et dégoûté ceux qui l'entourait. Elle les détestait tous, sans exception. Ils étaient là, dans la même pièce qu'elle, à se prétendre corse alors qu'ils n'avaient rien de cela. Mais celui qu'elle détestait le plus au monde était Bastia, fils de chien, fils de Gênes.
Elle le fixait de ses yeux noirs comme la nuit, pleine d'une haine folle. Si elle avait put, elle l'aurait tué, lui et tout ses chiens d'habitants, ses gens qui continuait de fouler la terre génoise à l'intérieur d'une Corse qui avait été colonisé année avant et qui c'était battu avec difficulté pour une liberté qu'elle n'avait toujours pas aujourd'hui. Avant il y avait Porto Cardo, un doux village corse, et à la place des légères maisons de pierres et de bois avait été battit les murs qu'elle devinait hauts de la citadelle traîtresse. Et la France mauvaise avait fait de cette forteresse ennemie une importante place pour leur belle Corse, leur Corse indomptable et insoumise.
« 'Fait quoi ? Baragouina Corse-du-Sud, allongé sur une chaise longue.
— 'Chais pas. » Répondit Haute-Corse, la tête penchée à l'envers, s'étant allongé dans la position inverse à la position conventionnelle sur sa propre chaise longue.
C'est deux là étaient les plus grosses feignasses que la Terre n'est jamais portée, se déplaçant toujours avec lenteur et fatigue, comme si ils étaient frappés d'un mal étrange et fulgurant. Ils avaient tellement de flemme qu'en 1976 au lieu que Liamone et Golo ne meurent et ne laissent leurs places à de jeunes fringants départements comme partout en France, ils avaient juste changé leurs noms en de nouveaux respirant une originalité impressionnante : Golo, au nord, était devenu Haute-Corse, et Liamone, au sud, était devenu Corse-du-Sud. Canavaggia ne pensait même pas cela possible.
Ce que ne savait pas le village corse c'était que ce n'était pas comme cela que marchait l'apparition de nouveaux représentants, mais personne n'aurait osé la contredire.
'La flemme.
« 'L'est où Porto-Vecchio ?
— 'Chais pas. Répondit Haute-Corse.
— La chiasse.
— 'L'a encore la malaria ?
— Nan. Juste la chiasse. »
Ils se faisaient tous allègrement chier, ils n'avaient aucune idée de sujet. D'habitude leur belle mère patrie, leur belle et magnifique Corse, la plus magnifique des places sur la Terre, homme de son état, avait tout un tas de sujets de discussion. Ils avaient perdu l'habitude de réfléchir à un sujet en particulier, ils écoutaient Corse donner une voie à la discussion et ils l'empruntaient bêtement.
Mais il n'était pas là aujourd'hui et c'était loin d'être son genre.
« Il est où Corse ? Demanda Ajaccio ne soulevant même pas ses lunettes de soleil hors de prix comme il avait l'habitude de le faire.
— 'Chais pas.
— Merci Golo.
— On a qu'à l'appeler. » Proposa Bonifacio, haussant vaguement les épaules, allongé en short sur la pelouse.
Il y eut un long silence durant lequel on ne put entendre qu'Aléria dormant dans le châtaigner au-dessus d'eux. Ce long silence dura cinq minute et personne ne bougea même le petit orteil. On aurait put les croire morts, tous allongés les yeux fermés et ne soulevant quasiment pas leurs cages thoraciques pour respirer. Sauf Canavaggia.
« Pourquoi tu vas pas chercher le téléphone ?
— J'estive.
— Qui estive pas et peu aller me chercher le téléphone ? »
Pas de réponse, un doux ronflement avait même commencé à se faire entendre du côté de Corte.
« Bastiaa… Soupira Ajaccio, ne recevant qu'un grognement énervé du garçon roulé en boule sur ses tibias. Tu me fais mal aux jambes, descend. Pendant que tu y es, aide ton vieux frère et vas me chercher le téléphone. »
Il n'y eut aucune réaction du corse en position foetale, pas même un décalement, ni un soupir, rien. Personne ne voulait bouger, même si c'était pour éviter d'horribles courbatures à leur frère adoptif.
Canavaggia se dévoua donc et le ramena donc en grognant de colère devant l'attitude de ses camarades, incapable de supporter la chaleur dès que le thermomètre indiquait plus de trente-cinq degrés. C'est ce qu'elle disait, il n'était pas de vrais corses. Les vrais auraient reçu le cagnard et la sécheresse avec habitude et retenue. Pas comme cette traînée d'Aléria qui traînait nue. Canavaggia portait encore une grande robe noire brodée de quelques fleurs sur les bords. Elle tendit le téléphone à Ajaccio bien qu'elle le considère comme un traître adorateur de génois, elle estimait que c'était au chef-lieu de téléphoner à Corse. On décrocha rapidement de l'autre côté.
« Allo ?
— Corse ?
— Non, Nord-Pas-de-Calais.
— C'est qui ? Demanda Bonifacio qui percevait une voix n'appartenant pas à leur région.
— C'est le gars consanguin.
— Lequel ? Celui qui est censé être pote avec nous ou la fille ?
— Quelle fille ?
— Bah, celle avec les cheveux longs et blonds que les français du plus haut mais pas trop ils aiment pas.
— Ah non ça c'est un mec.
— Il a les cheveux longs.
— Toi aussi. Bon de toutes façons, c'étaient pas eux, c'était celui qui fait du tunning. »
Ajaccio connaissait bien le Nord-Pas-de-Calais, il avait lu une revue dessus. Un jour. Y a un moi ou deux en attendant que Marseille et Bastia arrête de faire l'amour en tapant dans le mur et en faisant grincer le lit. Bref, qu'ils arrêtent de l'empêcher de dormir. Les quatre premières décennies il avait écouté avec une curiosité malsaine et beaucoup de plaisir mais maintenant ça lui cassait un peu les couilles. Surtout depuis qu'il c'était fait surprendre par Palerme.
« Oui, je peux avoir Corse ? »
Il eut un bruit étouffé et tout le monde put clairement entendre des voix tout sauf corse. Ils commençaient donc tous à se demander si leur région n'avait pas préféré faire la fête avec ses amis pas corse plutôt que de faire un meeting corse avec eux.
Finalement, Ajaccio eu Corse.
« Allo ?
— Corse t'es où ?
— Je suis chez Bretagne, mais pourquoi vous avez besoin de moi ? Porto-Vecchio est encore malade ?
— Oui, mais ça va, c'est pas pour ça. Pourquoi t'es pas au meeting ? On se fait chier là.
— Quel meeting ? »
Il y eu un long silence des deux côtés. Comment ça "quel meeting" ?
« Mais y a un meeting aujourd'hui, non ?
— Sartène ne vous a rien dit ? Il m'a demandé de déplacer le meeting à la semaine prochaine parce qu'il faisait trop chaud. Je vous ai pas envoyé de message, vous utilisez pas vos portable, je pensais qu'ils vous le direz. Bon, je vous laisse vous étripez entre vous, il faut que j'empêche le normand de taper sur le breton.
— Bonne chance avec les consanguins. »
Ajaccio raccrocha et jeta mollement le téléphone sur Sartène, tellement mollement que le téléphone tomba sur Calvi, allongée juste entre eux. Elle râla dans sa barbe une seconde mais resta inerte.
« T'as de la chance que Bastia me bloque les jambes Sartène, sinon je serais venu de botter le cul et t'apprendre le respect aux sgiò. (1)
— T'as de la chance que je ne sois pas capable de me lever présentement Ajaccio, sinon je t'aurais fait bouffer tes dents. » Proféra Calvi, les yeux fermés.
Aléria descendit du châtaigner, s'étirant. Elle tendit les bras, sentant un vent frais caresser sa peau. Il faisait bon dans le sous bois, meilleur que quand ils avaient commencé leur meeting.
La brune regarda ses camarades, dormant tous. Il ne manquait que Canavaggia mais elle avait du partir, ennuyé par leur comportement "non corse". Aléria ne voyait pas ce qu'il y avait de plus corse que faire la sieste entre amis dans leur belle forêt, bercé par le chant des oiseaux et de la rivière en contrebas.
Le village avait même réussi à lui reprocher sa tenue, ou justement celle qu'elle ne portait pas. Depuis quand ce n'était pas corse de se balader toute nue ? Par contre quand c'était Bastia ou Balagne -surtout Balagne, il n'y avait plus personne pour réprimander. Ils étaient tous un peu frères et soeurs, ils formaient une grande fratrie n'arrêtant pas de se disputer au sujet des génois, mais ils formaient tout de même une grande fratrie. La pudeur entre eux n'existait pas. Il n'y avait que Canavaggia qui ne faisait rien comme personne et qui appelait ça être vraiment corse.
Tss.
Aléria descendit la pente douce, rejoignant la rivière qui coulait là, arrosant les grosses pierres grises de son eau clair. Elle s'agenouilla et trempa sa main, goûtant l'eau du bout des doigts avant de tremper ses lèvres. La chaleur du début d'après-midi l'avait assoiffée.
Un craquement dans son dos la fit se redresser subitement, puis découvrir une grande jeune femme à la peau basanée et à la longue chevelure bouclée d'un noir ébène. Elle se tenait à quelques mètres, l'observant tendrement avec ses yeux de nuit.
« Cordoue ? Qu'est-ce que tu fais là ?
— Je te cherchais.. »
L'espagnole glissa sur l'herbe et vint s'asseoir tout contre elle, serrant son corps contre le sien. Aléria se laissa faire, posant sa tête contre son épaule, sentant ses longues mèches lui chatouiller le visage.
« Je t'aime.
— Je t'aime aussi.
— Comment tu m'as trouvée ?
— C'est comme un sixième sens, il me guide toujours vers toi. Je sais que où que j'aille c'est auprès de toi que je finirais. Quand j'étais petite, je revenais toujours à mes humains, mais aujourd'hui c'est à toi que je reviens.»
La corse releva la tête et doucement, embrassa son amante sur les lèvres.
« Tu ne les aimes plus tes humains ?
— Si. Mais quelque chose est mort en moi quand je me suis rendu compte que je n'était plus musulmane et que plus jamais je ne le serais. Je crois que c'était une part de l'amour que je portais aux hommes et à mon statut de représentante. Je ne ressens plus la joie que j'avais autrefois en traversant mes rues et en voyant mes habitants, il y a comme un vide immense. Je sais qu'il manque quelque chose en moi, qu'il y a quelque de chose de défectueux, et c'est presque comme si j'en souffrais, mais en même temps je n'ai pas envie d'effacer la douleur que j'ai sentit quand je suis redevenu andalouse et qu'ils ont changé l'identité de ma mosquée. »
Aléria se laissa bercer et la laissa lui raconter l'époque où la grande Cordoue était belle et rayonnante. Elle lui raconta comment les musulmans l'avaient conquise, comment elle c'était sentit en colère et haineuse envers eux, comment sa haine avait fini par s'estomper. Elle lui raconta les jardins, les bains, les hauts minarets qui fleurissaient au-dessus de la ville, les quartiers juifs, chrétiens, musulmans, les odeurs délicieuses dans les souks, la priorité de ceux qu'elle avait considéré comme ses ennemis de l'instruire, de la faire plus intelligente que les autres, de la doté de scribes et de bibliothèques.
Aléria s'endormit dans les bras de celle qu'elle aimait, se laissant bercer par ses belles histoires et le son de sa voix, empreinte d'un doux accent espagnol.
Calvi poussa Balagne en riant. Il l'entraîna dans sa chute et ils roulèrent par terre comme des enfants. Des brindilles se glissaient dans leurs cheveux, les emmêlaient, les décoiffaient. Ils gardaient une certaine candeur, une certaine manière puérile de jouer, malgré les conflits qui les avaient marqués et même séparés parfois. Ils ne croyaient pas tous à cette histoire de grande fratrie corse dont leur parlait Aléria avec un air passionné, mais quelque part au fond d'eux, ils savaient qu'elle avait raison et que c'était cette quasi indivisibilité qui faisait leur force. Ils avaient laissé les anciens conflits au passé et vivait le présent ensemble, uni.
À force de rouler par terre, les deux représentants du nord écrasèrent Bonifacio qui dormait encore, le tirant de son sommeil. Les hurlements à peine exagérés du sudiste réveillèrent Bastia et Corte.
Les autres continuaient de dormir paisiblement, n'ayant sûrement même pas remarqué l'agitation autour d'eux. Calvi proposa donc de descendre plus bas pour ne pas interrompre plus de sieste, idée que tout le monde approuva.
« Oh venez voir ! » Appela la ville avec entrain.
Les quatre jeunes hommes la rejoignirent, découvrant Aléria et Cordoue couchées dans les bras de l'une l'autre, dormant près de la rivière. Alors que Calvi et Corte s'émouvaient de la scène attendrissante entre les deux amantes, Bastia et Balagne sur un espèce d'accord commun silencieux avaient commencé à se déshabiller sous les regards intrigués de Bonifacio.
« Qu'est-ce que vous faites ? Demanda-t-il en voyant la région grimper sur une grosse pierre.
— On a l'air de faire quoi là ? Répliqua le bastiai, le dévisageant comme si c'était une évidente évidence.
— Des bombes ! » Hurla Lìsula en arrivant de nul part, courant comme un dératé.
Il sauta donc entièrement habillé dans la rivière, éclaboussant tout le monde et réveillant Cordoue et Aléria. Balagne rejoignit sa ville dans l'eau, suivit par Bastia. Calvi pensait visiblement aussi que c'était une très bonne idée puisqu'elle avait donné ses vêtements bien plié à Corte, le priant de lui rendre en état quand elle aurait finit de se baigner. Le jeune homme hocha vaguement la tête une minute pour lui faire plaisir et les balança par terre pour les rejoindre.
Les clapotements gentillets dans l'eau pour embêter son voisin durèrent cinq minutes avant que ça ne dégénèrent en bataille navale et que Calvi n'essaye de noyer Balagne. Elle aurait put y arriver si Lìsula ne lui avait pas sauté dessus en hurlant "sus aux gènois". Finalement, ce fut lui qui fut noyé, par un Bastia très irrité qu'on insulte Gênes.
« Tu ne vas pas jouer avec eux Aléria ?
— Non, je regarde. Elle marqua une pose. Je crois que je suis contente qu'on soit français. »
Cordoue regarda son aimée avec de l'incompréhension dans le regard, ne voyant pas pourquoi les corses, ses éternels révolutionnaires, se sentait heureux autrement que corse.
« On a jamais été aussi tranquille et uni que maintenant. Plus de grecs, de carthaginois, de romains, de génois, la paix et le calme. Alors oui, il y a les touristes, mais je préfère les voir que savoir ma terre déchirée par la guerre. Et je sais qu'au fond d'eux ils savent que se battre pour la Corse c'est beau, c'est noble, mais la savoir heureuse et paisible ça l'est encore plus. »
L'espagnole sourit en lui caressant les cheveux.
(1) Sgiò - Difficilement traduisable, se traduirait en italien par signor et en anglais par sir (Seigneur est trop fort et Monsieur pas assez). Les sgiò forment une classe supérieure, il y a une distance à respecter entre eux et le peuple, ceux-ci doivent les saluer en utilisant des formes de politesse, retirer leurs chapeaux, etc. Au pire, lisez l'article Wikipedia sur la noblesse corse, il y a un paragraphe dessus.
Lìsula est l'Île Rousse en corse, je trouve Lìsula plus rapide vu que je ne peux pas faire comme les pictocharentais pour son nom sans trouver ça bizarre... (Île d'Oléron - Oléron, Île de Ré - Ré, Île Rousse - Rousse ...?)
Voilà !
