Chapitre trois : Derniers conseils

Je le vois saluer la foule et serrer la main de Ceasar tandis que mes ongles s'enfoncent dans la mienne, formant un poing que je rêve de lui administrer. Comment ose-t-il me faire passer pour la faible ? La seule relation qui existe entre nous est celle de l'ignorance, elle est inexistante! La colère est montée en flèche, ma respiration se fait plus rapide et lorsque je le vois au bout des escaliers, s'approchant lentement de moi, je le prends par le bout de son costume et le pousse contre le mur, folle de rage. Il ne riposte pas mais regarde affolé les autres tributs autour de nous qui nous regardaient à présent avec intérêt.

- Comment oses-tu raconter de telles choses devant tout Panem, nous ne sommes jamais sortis ensembles, tu m'entends ? Je commence, parlant assez bas mais tout aussi froidement. Je te déteste depuis le jour où tu m'as lancé le pain et que tu m'as traité comme une moins que rien, pour rien au monde je ne voudrais être ton amie et encore moins ta petite-amie, est-ce que c'est clair ?! Tu m'as fait passer pour une faible, pour une imbécile pour pouvoir t'assurer des sponsors, mais je peux te promettre qu'une fois dans l'arène, tu n'auras plus envie de proclamer haut et fort que nous avons eu une relation !

Mon bras pèse de plus en plus sur son cou, je le vois suffoquer petit à petit et soudain Haymitch me traîne hors des coulisses sous les yeux des autres tributs. Il ne cesse de grogner et sa poigne se fait de plus en plus pressante sur mon bras.

- Maintenant trésor, tu vas te calmer, tu t'es assez donnée en spectacle pour aujourd'hui !

- J'ai toutes les raisons du monde d'être en colère, il s'est servi de moi pour avoir des sponsors ! Rétorquai-je, ma colère ne se dissipant pas.

- Il vous a créé une histoire, on ne parle plus que des amants déchirés du district douze, il t'a assuré des sponsors ma jolie, avoue-t-il, ma lâchant enfin alors que je le regarde avec des yeux ronds.

- Il m'a fait paraître pour une idiote, je n'ai pas besoin de son aide pour obtenir des sponsors, n'attendez pas de moi que j'entre dans votre petit jeu, parce que ça n'arrivera pas !

Je ne lui jette aucun regard et traverse à nouveau les coulisses afin de me rendre dans ma chambre. Les yeux se tournent vers moi à mon passage mais je n'y prête pas attention. J'accélère le pas, je ne veux pas croiser Cinna, mes stylistes ou encore Peeta. J'entends le « ding » de l'ascenseur et m'engouffre à l'intérieur sans regarder la personne qui vient d'entrer à mes côtés. Glimmer.

Je l'entends ricaner alors qu'elle me jette des petits coup d'œil. Je ne la regarde pas, elle sera bientôt à son étage et je pourrai bientôt aller me coucher.

- Décidément douze, tu as le chic pour te mettre tout le monde à dos, ironise-t-elle ne perdant pas son sourire niais pour autant.

- Tout le monde, je répète, lui lançant un regard agacé.

- D'abord Cato, ensuite le garçon de ton district, combien de temps espères-tu tenir dans l'arène au juste ? Elle a sans doute remarqué mon étonnement car son sourire s'agrandit. Je ne réponds pas, elle poursuit.

- Je dois dire que j'ai été assez étonnée le jour de la parade, les regards qu'il te lançait, et puis bien sûr cette fameuse altercation et cette rumeur qui court... finit-elle fièrement alors qu'elle se replace une mèche de cheveux. Je n'ai pas le temps de lui répondre que nous arrivons au premier étage. Elle me lance un dernier sourire arrogant puis quitte l'ascenseur. Quand j'arrive au douzième, je remarque que je suis seule et tant mieux. En une seconde, je m'engouffre dans ma chambre, enlevant soigneusement ma robe avant d'aller dans la salle de bain afin de retirer tout ce maquillage.

Je me laisse tomber sur le lit, ne cessant de me répéter les événements de la journée. Je vois sur ma table de nuit la petite broche dorée que m'a offert Cinna. Je la prends délicatement dans la main et la regarde attentivement.

Des bruits de talons se font alors entendre suivis de grondements.

- Tu crois que je ne m'attendais pas à ce qu'elle m'en veuille ? Elle a littéralement pété les plombs et devant les autres tributs !

- Écoute-moi Peeta, la voix de mon mentor se veut rassurante, ne vous adressez pas la parole, ignorez-vous jusque demain. À ce stade, on ne peut rien faire. Vous avez apporté trop d'attention sur vous, d'abord à la parade, puis ton annonce surprise. Dieu, pourquoi ne m'en as-tu pas parlé ?

Alors il n'était pas au courant non plus... Je ne fais aucun bruit et reste immobile sur le lit, oreilles à l'affût.

- Cato, commence-t-il, Cato la veut, il veut être celui qui la tuera, j'ai pensé que si il croyait qu'on avait eu une relation, il se raviserait, il penserait que je serais toujours là pour la protéger, que ça ne serait pas si facile... admit-il avant de souffler. Je suppose que c'était inutile puisqu'ils ont tous assisté à la scène après l'interview...

- Que tu sois là ou pas, mon garçon, il fera tout pour avoir ce qu'il veut, et là, toute suite, c'est elle qu'il veut. C'est un Carrière, il a été entraîné pour tuer, qu'est-ce que tu crois, qu'il va te laisser la protéger et finir par abandonner ? Il semble bien décidé à faire de Katniss sa toute dernière victime, et rien ne pourra se mettre en travers de son chemin, pas des menaces, pas des déclarations. Haymitch fait une pause, puis il continue. Le bon côté des choses c'est qu'on ne parle plus que de vous deux et des sponsors se sont déjà montrés intéressés. En attendant, vous ne tentez rien.

C'est à ce moment là que je décide de sortir. Effie me lance un petit sourire tandis que Peeta part s'enfuir dans sa chambre. Cinna est également présent, un air grave sur le visage avant de s'adoucir et de m'entraîner dans une embrassade. Il tente de me rassurer au mieux et je m'apaise quelque peu.

Effie s'installe à table et nous ordonne de la rejoindre afin de peaufiner les derniers détails avant le début des Hunger Games. Peeta revient quelques minutes plus tard et s'installe en silence. Haymitch décide alors d'entamer la conversation.

- Bon, demain les choses sérieuses commencent. Vous avez caché vos talents aux autres tributs, ils vont donc vous empêcher de vous procurer les armes avec lesquelles vous vous êtes entraîné au centre d'entraînements. Katniss, il y aura un arc, il sera mis là pour toi, mais ne le prend pas. Glimmer essayera de le prendre avant toi et vous devez éviter le bain de sang de la Corne d'Abondance à tout prix. La première chose à faire est d'attraper un sac, trouvez de l'eau, elle vous sera vitale et sera votre priorité. Je ne sais pas comment sera l'arène mais je peux vous assurer qu'elle sera truffée de pièges alors méfiez-vous.

Peeta et moi hochons la tête.

- Un dernier conseil ? Je demande alors que tous les regards sont tournés vers Haymitch.

- Restez en vie, conclût-il avant de boire une gorgée de scotch.


1:00 du matin. 2:30 du matin, 3:00.. Tout le monde dort, se repose pour la journée de demain et ça fait des heures que je me retourne dans mon lit, la boule au ventre. Je dois absolument me reposer, les nuits dans l'arène seront bien pires et si je ne me repose pas maintenant, ce ne sera pas une fois dans les Jeux que j'en aurai l'occasion !

Exaspérée, je quitte mon lit furieusement, sort de ma chambre en silence et m'apprête à monter sur le toit lorsque j'y vois de la lumière. Parfait, il est là haut et je n'ai aucune envie de lui faire face maintenant. J'entends les habitants du Capitole faisant la fête, probablement excités à l'idée de ce qui arrive demain. La dégoût me monte à la gorge, comment pouvaient-ils célébrer la mort d'innocent et la violence qui va avec ? Je secoue la tête rapidement, il faut que je sorte d'ici .

Je traverse la salle à manger et me dirige en silence et le plus discrètement possible vers l'ascenseur. Une idée me vient à l'esprit lorsque mon regard croise le bouton menant à la salle d'entraînements. Se peut-il qu'elle soit accessible hors des séances ? Sans réfléchir, j'appuie dessus et me laisse guidée vers l'étage le plus inférieur. Lorsque les portes s'ouvrent, le silence règne autour de moi. La salle d'entraînements est vide mais tout de même éclairée. La petite pièce destinée aux tributs est toujours remplie de nourriture et de bouteille s d'eau. Je vois un petit gâteau parmi une vingtaine et ne peux m'empêcher de penser à Prim, Gale, les habitants du district douze qui n'auront jamais droit à ce genre de choses. Je revois des gamins mourir de faim et puis je vois tout ce dont le Capitole dispose et mon dégoût ne cesse d'augmenter.

Je prends une bouteille prestement et me dirige vers les arcs. Je n'en avais pas touché depuis mon départ, hormis lors de la session d'évaluation, et la chasse me manque, Gale me manque...

Je chasse tout de mon esprit et ne fait qu'un avec l'arme entre mes mains. Une cible, puis deux, puis trois, je n'en rate aucune. La machine à mes côtés s'avère être un lanceur et me permet d'atteindre de faux oiseaux en plein vol. Un sentiment de bien être m'envahit, j'ai l'impression d'être chez moi, dans la forêt du district douze aux côtés de Gale.. Lentement, la boule à l'estomac disparaît, je m'évade et ne pense à rien, je suis moi-même, je suis à nouveau Katniss Everdeen.

- Je me disais aussi que tu ne nous montrais pas tous tes talents, fille du feu...

Je m'arrête net, m'immobilise et n'ose pas le regarder. Bon sang il est quatre heure du matin qu'est-ce qu'il fiche ici ?! Je replace l'arc sur son support et me retourne afin de lui faire face. Il est là, à quelques mètres de moi, portant un simple t-shirt et un pantalon de training. Il semble fatigué mais n'en perd pas pour autant son sourire.

- Que fais-tu ici Cato ? Lui demandai-je d'un ton sec, alors qu'il s'approche de moi.

- Comme toi j'imagine, dit-il attrapant l'arc que je viens de poser et le regardant attentivement.

- Je n'arrive pas à dormir, lui avouai-je, gênée par cette situation. Ne devrait-il pas me lancer des pics, me menacer ?

- Tu es très douée à l'arc, fit-il bon de remarquer. Comment se fait-il que tu le manies si bien ?

- En quoi ça t'intéresse ? Rétorquai-je nerveusement, m'éloignant de lui au possible.

- En rien, finit-il par répondre, déposant l'arc et se dirigeant vers les épées.

Aucun mots ne fut échangé, nous nous entraînons chacun de notre côté, lui avec son épée et ses couteaux, et moi avec mon arc. Il n'a fait aucune remarque, il est différent. Bien sûr, il reste Cato, le Carrière du district deux, arrogant et effrayant, mais il a l'air plus naturel, plus calme, plus humain. Peut-être parce qu'il n'y a personne autour de nous ? J'en arrive à me demander comment sa vie doit-elle être, de grandir avec pour seul avenir de participer aux Hunger Games afin d'apporter de la fierté à son district. J'ai de la pitié pour lui, son enfance devait être tellement plus triste que la mienne...

Il est cinq heures du matin, des bruits commencent à se faire entendre aux étages supérieurs et nous décidons de quitter le centre d'entraînements. Je range mon arc, termine ma bouteille d'eau et pénètre dans l'ascenseur avec Cato. Là encore, il ne me regarde pas, c'est comme si je n'existais pas. Lorsque nous arrivons à son étage, il finit par me lancer un dernier regard.

- On se voit dans l'arène, douze. Puis il disparaît. Je ferme les yeux alors que les étages défilent. Dans quelques heures, je me battrai pour sauver ma vie aux 74ème Hunger Games...


Chapitre quatre en ligne ! J'espère que l'histoire vous plaît toujours. Merci pour vos reviews encore une fois :). Qu'en pensez-vous, la réaction de Katniss, son entraînement avec Cato, dîtes-moi tout !