Disclaimer : L'univers de NCIS et ses personnages ne m'appartiennent pas. Cette fiction a été écrite dans un but purement ludique et nullement commercial : ma seule rémunération sont 1) mon propre plaisir d'écrire et 2) votre (supposé ou réel) plaisir à me lire.

Warning : Attention, si vous n'aimez pas le YAOI et/ou n'avez pas 17 ans, ne commencez pas cette histoire. Présence indéniable de yaoi lemon, non-con, BDSM, violence et plus.

Fandom : NCIS

Genre : Hurt/Comfort

Sous-genre : UA (Univers Alternatif) – Yaoi Lemon – À la limite du PWP

Les personnages : Légèrement OOC pour correspondre à l'UA et mon délire.

Résumé : Anthony Dinozzo senior n'a jamais pu pardonner le matricide commit par son fils. Et depuis toujours, il le lui fait payer. Le prix fort. Gibbs saura-t-il sauver son agent de ce cauchemar ?

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Vendu

Chapitre IV – Absence

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Lundi matin, Tony ne se montra pas au bureau, à l'étonnement général : il n'était pas dans ses habitudes de manquer sans prévenir. Vers 10heure, Gibbs commença à s'inquiéter : en plus d'être absent, son agent ne répondait ni sur son fixe, ni sur son portable. À 11heure, Tony Senior l'appelait pour lui dire que son fils serait absent pour environ une quinzaine de jours. Pour raisons familiales. L'homme raccrocha sans attendre de réponse et Gibbs regarda longtemps le téléphone qu'il tenait à la main en fronçant les sourcils avant de le raccrocher enfin. Quelque chose clochait.

Gibbs savait que Tony n'aimait pas son père et le fuyait comme la peste, mais, en même temps, le jeune homme accourait en courbant l'échine sitôt que Dinozzo père le sifflait. Lui-même n'avait jamais aimé le bonhomme, et encore moins la façon dont il regardait son fils avec un mélange de haine, de mépris et de quelque chose ressemblant à une forme de désir malsain. Les rares fois où il l'avait rencontré, il s'était sentit le besoin de protéger son agent.

Il soupira de colère lorsqu'il se remémora un détail : chaque fois que le père de Tony avait appelé pour excuser son fils, le jeune homme était revenu… différent. Son humeur joyeuse était forcée et, chaque fois, il avait fallu quelques jours pour qu'il redevienne le Tony que tous connaissaient.

Mais deux semaines d'absence ? Et pour raisons familiales ? Gibbs ne pouvait pas avaler ça. Jamais Tony ne quitterait son poste aussi longtemps sans prévenir en personne et jamais il ne resterait aussi longtemps avec son père non plus. Plus il y pensait, plus son angoisse gonflait. Tout son être lui criait que son agent, son Tony, était en danger.

Gibbs s'arrêta un instant sur cette pensée. Son Tony ? Était-ce qu'il venait de se dire et de ressentir ? En fait, oui. Pour être honnête, il y avait quelque chose chez lui qui faisait bouger quelque chose au plus profond de son être… Un lien au-delà de l'amitié ou de sa propension à se montrer paternaliste envers son équipe le liait au jeune homme. Sa poitrine se serra douloureusement et il manqua suffoquer : il avait besoin de voir Tony, de le savoir en sécurité. Maintenant.

« McGee », appela-t-il en se tournant brusquement, « trouve-moi tout ce que tu peux sur Anthony Dinozzo père. Je veux tout savoir de lui, depuis la naissance de Tony et même avant. David », enchaîna-t-il sans attendre, « trouve-moi la liste de toutes ses fréquentations, amis et connaissances, clients ou partenaires professionnels, petites amies, maîtresse, tout le monde. »

Tim et Ziva restant immobiles, frappés de stupeur, il fronça les sourcils et sa voix se fit plus dure et pressante : « Tout de suite », grogna-t-il. Et sans un autre regard, il descendit voir Abby pour lui demander de pister le téléphone de Tony afin de confirmer s'il était encore en ville ou non. Enfin, il passa voir Ducky pour partager ses inquiétudes avec lui. Inquiétudes qui se muaient lentement en colère à l'idée que qui que ce soit ait pu faire du mal au jeune homme, géniteur ou pas.

« Si jamais quelqu'un à posé ses mains sur lui… », siffla-t-il, menaçant. « Je ne sais pas ce que je ferais. »

Lorsqu'il remonta, Tim se leva aussitôt et, sans attendre un mot de sa part, afficha le portrait d'un couple de jeune marié sur le grand écran.

« Les parents de Tony, le jour de leur mariage », annonça-t-il.

« Elle est belle », commenta Ziva. « Elle a les yeux de Tony. Et son sourire aussi. »

Le regard de Gibbs se fit plus sombre, mais il ne dit rien. Une coupure de presse apparut ensuite sur l'écran. Une rubrique nécrologique.

« 15 mois plus tard, la mère de Tony décédait en lui donnant naissance. » La voix de Tim trembla légèrement, visiblement mal à l'aise. Cela faisait bizarre de fouiller le passé d'un collègue. Un regard en coin vers Gibbs le poussa toutefois à continuer. Jamais le patron ne lui demanderait de faire ça sans une bonne raison et il semblait y avoir urgence : c'était la première fois que l'ex-tireur d'élite de la marine paraissait aussi agité – et surtout qu'il le laissait voir.

« Contrairement à ce qu'il nous a dit, il n'a jamais été en internat. En réalité, il n'a même jamais été scolarisé. » Tim fit apparaître une série de lettres et de rapports à en-tête des services sociaux et de protection de l'enfance. « Après de nombreuses menaces des services sociaux et quelques batailles juridique, Dinozzo père à fini par employer un précepteur pour s'occuper de l'éducation de son fils. Il avait alors onze ans. »

« Brent Talwing », commenta Ziva en faisant apparaître la carte d'identité de l'homme en question. « Il a vécu chez les Dinozzo jusqu'à ce Tony parte à l'armée pour son service. »

« J'ai également découvert que, dès que Tony a eu sept ans, son père a commencé à percevoir de nombreux versements. » Une série de relevés bancaires vinrent appuyer les dires de Tim. « Il recevait jusqu'à dix versements par jour, tous d'un montant variant de 800 à 3000 dollars, voir même 5700 dollars pour les plus grosse sommes. Ils proviennent tous de particuliers. Ces versements ont brusquement stoppé lorsqu'il est entré à l'armée. »

« Nous cherchons des informations sur toutes ces personnes », affirmèrent en chœur les deux agents.

« Les versements ont repris après son service », continua Tim d'une voix devenue beaucoup plus nerveuse et tendue. « De façon beaucoup plus irrégulière, mais pour des sommes ne descendant jamais en-dessous des 2000 dollars. »

« Stop. »

Tim et Ziva se tournèrent vers Gibbs avec étonnement. Ils le regardèrent s'approcher de l'écran où apparaissaient des relevés bancaires dont certaines lignes étaient surlignées pour mettre les virements mystérieux en évidence. Lorsque Gibbs se tourna vers eux, un frisson glacial descendit dans leurs dos : ils connaissaient ce regard. C'était celui qui disait qu'il tuerait à mains nues celui ou ceux qui feraient, faisaient ou avaient fait du mal à sa famille. Et les agents de son équipe, étaient sa famille.

« Les versements les plus importants de ces dernières années correspondent aux dates d'absences ou de vacances de Tony », fit-il remarquer. Sa voix se fit plus menaçante encore : « Et à la présence de son père en ville. »

Un silence horrifié suivit les paroles de Gibbs à ce que ce constat sous-entendait et qu'il avait tenté d'ignorer jusque là : cela paraissait si irréaliste ! C'est le moment qu'Abby choisit pour débarquer, hystérique, parlant à toute vitesse tout en faisant les cents pas entre les bureaux. Gibbs dut l'appeler à plusieurs reprises avant qu'elle se taise enfin et s'immobilise devant lui. Elle avait les larmes aux yeux et sa voix tremblait.

« J'ai localisé le portable de Tony. Il n'est pas chez lui. Il est dans un petit bled paumé au nord de la ville. Environ deux heures d'ici. Et il n'est pas seul ! », lança-t-elle d'une traite, sans respirer et la voix montant dans les aigus.

« J'ai pu obtenir les numéros de quelques personnes de la liste que Tim m'a envoyée. Et il y a au moins six autres téléphones avec lui ! Plus celui de son père ! Il faut faire quelque chose ! » Elle se tordait maintenant les mains, l'air malheureux.

« Gibbs. Je t'en prie », supplia-t-elle, « dit-moi ce que je peux faire. Je le sens, je le sais. Tony ne va pas bien. Tony à besoin qu'on l'aide ! Il- »

« Abby », la coupa Gibbs en la saisissant par les bras et la fixant droit dans les yeux. « Calme-toi. On s'en occupe, d'accord. On va le retrouver. Et le ramener. »

À dire vrai, Getro ne se sentait lui-même pas serein du tout. Il savait qu'il ne devait pas craquer s'il voulait pouvoir appuyer son équipe : il fallait les maintenir sous contrôle pour qu'ils puissent être efficaces dans leur recherche il en allait peut-être de la vie de Tony ! Il se raccrochait donc à ce rôle pour ne pas se mettre à hurler sa détresse.

Plus le temps passait, plus l'absence de Tony lui était douloureuse. Il se rendit, dans le même temps, compte que l'agent représentait beaucoup plus qu'il ne l'avait admis jusque là pour lui. Il voulait revoir ce sourire conquérant, entendre cette voix railleuse, admirer ce visage tentateur… et même sentir sa chaleur contre son corps.

En rappelant Abby à l'ordre, il se rappelait en fait lui-même à l'ordre. En quelque sorte.

La technicienne hocha la tête en reniflant, essuyant du dos de la main les larmes qui avaient commencé à couler.

« Qui sont les propriétaires des téléphones ? », interrogea-t-il Tim tout en libérant les bras de la jeune gothique à qui il adressa un dernier regard qu'il espérait le plus rassurant possible – et ce, malgré que ce ne soit absolument pas ce qu'il ressente lui-même.

« Outre le père de Tony, il y a Brent Talwing, son ancien professeur, et son frère cadet, Owen Talwing », lui répondit le jeune homme en affichant des documents d'identité. « Les quatre autres téléphones appartiennent à ceux qui ont payé les plus grosses sommes et le plus souvent tout au long des années. Aucun autre lien trouvé avec le père de Tony en dehors de ces versements. Il s'agit des dénommés George Adett – un lieutenant de la Navy, Christopher Trabowlden – chef d'une entreprise de pétro-chimie, Edouardo Marcotti – un mafiosi célèbre, et Jenz Schüssung – un scientifique du nucléaire. »

Ziva posa sa main sur l'épaule de Tim dont la voix s'était cassée à l'énoncé des noms, et serra doucement, ne sachant pas quoi faire d'autre pour réconforter son ami. Elle aussi ressentait de la détresse. Il la regarda, et serra sa main en retour, incapable de prononcer un mot de plus tant sa gorge était serrée. Comment avaient-ils pu ne pas voir que leur meilleur ami et collègue avait un problème ?

Gibbs soupira aussi discrètement que possible ça lui serrait le cœur de voir ses agents ainsi. Il aurait voulu pouvoir les rassurer, mais il n'avait pas le temps de s'occuper d'eux, il devait d'abord récupérer Tony.

Mais il y avait autre chose qui le mangeait de l'intérieur. Il s'en voulait de n'avoir jamais remarqué que Tony n'allait pas aussi bien qu'il essayait de le faire croire. Toutes ces années, le jeune homme était parvenu à leur cacher quelque chose d'aussi grave et aucun d'eux ne s'était douté de quoi que ce soit – même pas lui. Non, pas exactement, se dit-il. Ce n'est pas tant qu'il ne se soit douté de rien qui posait problème, mais plutôt le fait qu'il n'avait jamais pris le temps de s'interroger ni de décoder les signes qui lui paraissaient pourtant tout à coup des plus évidents.

Comment avait-il pu rater le fait que Tony disparaissait chaque fois que son père était en ville alors même qu'il le haïssait ouvertement, pour commencer ? Pourquoi n'avait-il jamais prêté attention au fait que Tony détestait tant rentrer chez lui, surtout seul ? Son inconstance avec les femmes était plus qu'une histoire de coureur de jupon, même chose pour sa difficulté à faire confiance. Il se cachait toujours derrière des blagues, des tirades de film, des bêtises… C'était pourtant évident que quelque chose n'allait pas !

Il revit le jeune homme chez lui, dans sa cave, trinquant avec lui en caressant doucement – presque sensuellement – le bois fraîchement poncé de son bateau. Il s'était souvent surpris à imaginer pouvoir toucher de la même façon son corps... Le souvenir lui serra le cœur. Il aurait dû voir la solitude et la tristesse dans le regard de son subordonné à ce moment là. En fait, il l'avait vu, mais n'y avait pas accordé d'importance – sûrement la fatigue du boulot, s'était-il dit…

L'urgence de revoir Tony le ramena brutalement à la réalité. Il voulait le revoir, le toucher, le sentir vivant et chaud contre lui. Et surtout pourvoir l'enlacer si fermement qu'il ne pourrait jamais plus disparaître de son horizon !

« Abby, adresse ! McGee, chez Dinozzo : jusqu'à nouvel ordre, c'est une scène de crime tu diras à Ducky de nous rejoindre avec son kit de premier secours. David, avec moi », aboya-t-il en prenant les clefs de la voiture dans son tiroir. Il hésita brièvement et y rangea son badge ainsi que l'arme de service qu'il avait été sur le point de mettre dans son holster. Puis il empocha son arme personnelle.

Les trois jeunes gens le regardèrent faire sans un mot, anxieux à ce que signifiait ce qu'il venait de faire. Ziva hésita une brève seconde avant de retourner derrière son bureau et faire de même : elle remit badge et arme de service dans son tiroir et sortit d'un tiroir qu'elle gardait toujours verrouillé toute une série d'armes. Un couteau trouva place à sa cheville droite, un cran d'arrêt dans la poche au niveau de sa cuisse, un second dans sa poche arrière et un troisième dans une poche intérieur de sa veste. Elle ajouta un petit pistolet à sa cheville gauche, un plus gros dans le holster sous sa veste et dont le jumeau fini accroché à sa taille. Une bombe lacrymogène dans la poche extérieure gauche de sa veste, un poing américain dans celle de droite, et elle marcha droit sur l'ascenseur sous le regard médusé de Tim.

Dix minutes plus tard, Gibbs roulait à tombeau ouvert vers le nord de la ville. Il n'en pouvait plus d'attendre, il lui fallait retrouver Tony et le garder au plus près de lui pour le protéger de son père et de ce qu'il lui faisait subir – quoi que ce soit.

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À suivre

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