Règle n°4 – Pas de douceur.
On ne domine bien que par la douceur.
Tout en lâchant un soupir aussi long que ses poumons le permettaient, il referma le livre que Camus lui avait gentiment conseillé. Honnêtement, qui, à part ce type, connaissait des livres de ce genre ? Personne ne l'avait jamais lu, probablement et il était venu, la bouche en cœur –presque, on parlait de Camus-, avec ce livre en lui disant qu'il « porte conseil ».
Foutaises ! Il n'en avait rien retenu, et c'était tant mieux. Toute cette niaiserie, cette douceur, cette douleur… C'était bien trop mièvre et, merde à la fin, il n'était pas amoureux ! Pas de lui, de ses foutus yeux dorés, de ses mains trop grandes qui recouvraient presque son dos, de ses épaules larges sur lesquelles il rejetait la tête. Pas de ses cheveux miel auxquels il s'accrochait en hurlant son prénom. Par de ce corps puissant à la carrure rassurante contre lequel il voulait se blottir. Non, il n'en était pas amoureux et ne voulait pas en tirer la moindre tendresse !
De rage, il jeta ce maudit bouquin, et ces phrases qui lui revenaient sans cesse en tête « on ne domine bien que par la douceur ». Ou encore « Oh ! comme je hais les hommes ! Il faut toujours être belle, jeune pour eux, avoir la peau poncée, susciter le miracle perpétuel… ». Camus, quel bel enfoiré à lui foutre toutes ces niaiseries en tête. Jusqu'à maintenant, sa relation, unique, avec Rhadamanthe lui avait toujours convenue.
Plus ou moins.
Et voilà qu'il avait plongé dans le piège du verseau, pieds joints ! Il en avait rêvé, il avait rêvé d'une caresse aérienne, d'une fois, juste une seule, où il se sentirait comme un homme qu'on aime pour ce qu'il est et pas pour son corps. Seulement, depuis trop longtemps Kanon c'était résolu au fait que c'était hors de sa portée. Il n'en avait pas le droit et s'en voulait plus encore d'avoir osé imaginé un peu de tendresse auprès de l'homme vicieux et puissant qu'était Rhadamanthe –il n'était certainement pas doué de douceur, ce type.
-Je te prierais de ne pas maltraiter mes livres. Ils ont chacun une grande valeur sentimentale et je ne te l'ai pas prêté pour qu'il finisse jeté au sol. Prie pour tes fesses qu'aucune page ne soit cornée.
Le gémeau bouda la présence de l'autre homme. Depuis que Milo était parti en mission, il venait le voir quotidiennement, sans savoir s'il le faisait de son propre chef, ou si le scorpion lui avait demandé de venir veiller sur lui. Comme s'il avait besoin d'une nounou. Le pire dans l'histoire, c'était que, lorsque Kanon le lui demandait, il se recevait un regard froid sponsorisé par James Cameron et n'obtenait pas davantage de réponse.
-Je ne l'ai pas maltraité, je lui ai fait faire le tour du propriétaire. Il a du finir son tour.
-Pourquoi ça t'a tant agacé ? Demanda calmement le verseau, trop habitué aux débordements de son scorpion pour s'énerver. Est-ce le fait que ça parle d'amour alors que la guerre éclate, ou alors de la douceur que ça peut apporter ? Oh, ou encore la peine qu'on peut ressentir à voir cette douceur si proche sans qu'on puisse l'effleurer ?
-Ta gueule, Camus. Tu me fais chier.
-Kanon, tu es un homme comme les autres et il était temps que tu t'en rendes compte. Tu es amoureux de Rhadamanthe et ça te rend fou. Parce que tu crois que lui non, et tu n'as pas autant de douceur que tu devrais en avoir. Rend-toi à l'évidence.
-Eh, t'es pas mon psy, alors ton analyse tu te la gardes… J'me tire.
-En enfer ?
-Ta gueule !
XXX
-Si tu viens pour déprimer, tu peux faire demi-tour.
-Je pensais que tu te fichais de mes états d'âme pour baiser. Alors ta gueule et baise-moi.
-Non merci, tu peux rentrer chez toi. Je m'attends à trouver quelqu'un de potable, pas un type avec des cernes qui lui tombent aux pieds et à qui je vais certainement devoir mettre un sac en papier pour cacher son air renfrogné.
-Tu peux parler…
Kanon regarda la wyvern hausser un sourcil avant de les froncer en comprenant le sous-entendu. Non mais, quelle idée avait-il eut de venir ici après avoir parlé avec Camus ? Non, le pire encore dans l'histoire, c'était que le verseau avait eu raison. Dans tous les cas, quoi qu'il se passe au sanctuaire, la chambre de Rhadamanthe était devenue son point de repère. Saga lui faisait un sermon ? Enfer. Camus lui lâchait des vérités assassines ? Enfer. Milo partait en mission longtemps ? Enfer. Pas de mission à faire ? Enfer. Ennui ? Enfer. Amusement ? Enfer. Tout son monde, absolument tout son monde tournait autour du spectre depuis quelques temps.
Il se mordit l'intérieur des joues et se leva de son lit, les bras croisés. Il sentait parfaitement le regard doré le suivre, lui brûler le dos, le cul et les cuisses. Rhadamanthe le voulait, lui aussi, mais monsieur ne semblait toujours pas être enclin à faire le premier pas. Alors aujourd'hui, Kanon avait décidé de le faire se bouger, de le faire réagir lui aussi.
-Très bien, alors j'y vais dans ce cas. Ne compte pas sur moi pour revenir dans ta piaule qui pue le renfermé. Sale type.
-Ok, c'était sympa.
« Sympa ». Le mot le fit tiquer. Les nerfs à fleur de peau, il semblait sur le point d'exploser. Ça faisait trop longtemps qu'il espérait des choses qu'il n'obtiendrait jamais. Rhadamanthe n'était certainement pas le type à faire dans la douceur et la demi-mesure. Ce n'était même pas un homme qui savait ressentir quoi que ce soit de toute façon ! Il ne se rendait pas compte à quel point ces simples mots étaient blessants ? Il irait voir Camus en rentrant, afin de lui dire à quel point il avait eu tort. Rhadamanthe n'aimait personne.
Il était allé jusqu'à la porte pour tenter de le faire se lever, venir vers lui et enfin, il aurait eu ce qu'il voulait. Cette dose de sadisme, de douleur dont il avait besoin. Mais non. Franchement, à quoi s'était-il attendu avec cette bête bornée de dragon des enfers ? Il s'était apprêté à ouvrir la porte, mais il ne parvenait pas à baisser cette poignée. Les dents serrées, il se retourna vivement vers le blond en le pointant du doigt, une douleur visible, malgré lui, sur son visage.
-Sympa ?! Tu te fous de ma gueule Rhadamanthe ! Trouver de l'argent à terre en marchant, c'est sympa ! Rire comme un con en se remémorant un souvenir drôle, c'est sympa ! Passer une soirée avec des potes, c'est sympa ! Passer une journée à bouffer n'importe quoi et dire de la merde au lieu de s'entraîner, c'est sympa ! Coucher avec le même type, lui rester fidèle sans aucune raison valable, revenir encore et encore parce qu'on devient, d'une manière ou d'une autre, accro, c'est pas sympa ! C'est pas SYMPA ! Tu comprends putain de merde ?! C'est pas sympa parce que tu ne sais pas me rendre le temps perdu dans les bras d'un connard insensible dans ton genre ! C'est pas sympa parce que je me suis abaissé à attendre des choses qui ne viendront pas ! C'est pas sympa parce que t'as juste été un connard qui a profité d'un cul qui passe pour te le faire ! C'est minable ! C'était minable ! Tu es minable ! Et le pire, c'est que je le suis encore plus que toi ! Connard ! Alors, merde ! Non ! C'était pas sympa, c'était minable !
-T'as fini ton speech, c'est bon ? Je peux l'ouvrir maintenant ?
-Nan ! Ta gueule ! Ferme ta putain de gueule ! J'ai rien réclamé jusqu'à maintenant alors si t'es pas foutu de faire ce que tu sais faire de mieux, c'est-à-dire « baiser », tu fermes ta gueule et je me tire !
-Et si tu m'expliquais les choses plutôt que de m'envoyer ta mauvaise humeur en pleine poire ? Je ne suis pas qu'une bite qui va quêter auprès de toi. Je te rappelle que j'ai des oreilles et je suis en mesure d'entendre ce que tu as à dire. D'ailleurs, tu n'as pas besoin de hurler aussi fort.
Kanon s'était apprêté à lui hurler encore quelques insultes et remarques désobligeantes à la figure de son… de ce… Mais le soudain revirement de situation avait été si inattendu qu'il s'était retrouvé presque face à lui, la bouche grande ouverte sur des mots qui ne venaient pas, les yeux écarquillés de stupeur. Le juge s'était levé, lentement pendant qu'il avait parlé. Il était étrangement calme, et en y regardant de plus près, il semblait épuisé lui aussi. Comment avait-il fait pour ne pas s'en rendre compte ?
-C'était sympa, parce que j'ai passé du temps avec toi. Tu n'as pas remarqué qu'on s'est totalement fichu de toutes ces règles jusqu'à présent ? C'était ça, qui était sympa. Ce qui n'est pas sympa, c'est que tu n'as pas eu assez de considération pour moi pour te livrer sur ce que tu ressens. Comment peut-on parler avec un mec qui vient baiser et repart aussi vite ?
-C'est toi qui a décidé de ça ! Me fout pas les torts sur le dos, c'est sincèrement pas fair-play.
-J'ai remarqué toutes ces fois où tu avais les lèvres pincées à vouloir me parler sans le faire. Alors quoi ? Je te fais peur ? Tu crois que je n'ai pas un cœur, comme tout le monde ? Quel plaisir puis-je prendre à le faire avec toi si tu n'as pas la tête et le corps abandonné à ça ? Tu crois que je suis un sadique qui prend plaisir de violer un corps qui n'est pas consentant ?
-Tu aurais pu faire un geste, me dire que je pouvais parler…
-Et tu aurais fuit. N'est-ce pas ?
-Ta gueule… Je me tire.
-Tu restes là ! Tu restes et tu m'expliques ce qu'il se passe dans cette putain de tête !
Cette fois-ci, ce fut au tour de Rhadamanthe de hausser le ton. C'était rare. Certes il avait un comportement de dragon et grondait plus qu'il ne crachait du feu, mais jamais il n'hurlait. Jamais sa voix ne se portait aussi haut qu'aujourd'hui. Et si Kanon était habitué à voir son corps brusqué sous les mains étonnamment grandes de l'anglais, cette fois-ci, il sentait une tension inhabituelle. Il comptait lui faire cracher le morceau.
La brutalité qui l'avait plaqué contre la porte semblait faire s'envoler quelques doutes présents depuis trop longtemps. Rhadamanthe était prêt à l'écouter et depuis longtemps. Rhadamanthe était là, toujours pour lui quand d'autres étaient absents, ou trop occupés pour se soucier de sa simple condition d'ombre au sein du sanctuaire.
Ses yeux se brouillaient, bien qu'il se refuse à pleurer devant lui. Autant se tuer sur le champ ! Kanon connaissait ses torts, et ne demandait pas à ce qu'on le pardonne pour ça. Cependant, il s'était repenti, comme tout le monde et désormais il avait prêté allégeance à Athéna. S'il n'avait plus réellement de problème pour se faire valoir comme étant le chevalier d'or des gémeaux, au même titre que son frère, il n'oubliait pas de laver ses crimes encore et encore.
Il n'avait pas choisi de naître le second, ni d'être l'ombre d'un homme. Il n'avait pas choisit d'en arriver là pour se faire entendre. Ce n'était pas pour ses torts et ses appels à l'aide parfois trop virulents, qu'on devait le blâmer. Au même titre que les autres chevaliers, il était un homme qui avait des forces et des faiblesses, et qui faisait donc passer lesdites faiblesses pour une sorte de folie plutôt que de réellement avouer qu'il n'était qu'un simple humain qui souffrait.
Kanon avait de nouveau hurlé, il avait crié tout ce qui lui était arrivé, de sa naissance à sa rencontre avec ce fichu spectre qu'il était. De la façon qu'il avait de fuir la vie quand il venait ici et la façon qu'il avait de se sentir bien. Protégé d'un monde en surface. De ses débordements, de ses mauvais combats qu'il avait presque gagnés, de ses bons combats dont il ne voyait pas la fin. Et de leur relation ambiguë qui avait prit place au fil du temps. Des mois et des mois à être fidèle à un type qui n'en avait rien à foutre, alors que n'importe qui aurait tourné la page à sa place.
Et Rhadamanthe, aussi étonnant que cela puisse paraître, l'avait écouté. Il avait tout entendu sans s'énerver, mais surtout sans le lâcher. Il était toujours contre lui, plaqué contre ce mur. Mais plus que ça, il n'avait pas décroché une seconde de son regard et avait vu des larmes s'échapper parfois, il avait vu –comme personne n'avait probablement su le faire- la détresse dans ce regard turquoise. Il avait comprit sa douleur, il avait touché ses chaînes du bout des doigts. Il avait embrassé ses peines et avait été son pilier dans un moment où il en avait eu besoin. Tout ne c'était pas fait aussi simplement et doucement qu'il l'aurait fallu.
-Et merde ! Maintenant que tu sais que t'es le centre de ma vie, qu'est-ce que tu vas faire ? Te foutre de ma gueule ?! Ne te prive pas, on a fait ça tout le long de ma vie ! Hein, Rhadamanthe ? Tu vas en profiter pour me mettre plus bas qu'à terre ?
-Tais-toi. Juste tais-toi et écoute.
Le dragon des mers avait attendu alors, les sourcils froncés et les poings toujours serrés, il s'était demandé ce que Rhadamanthe avait bien à lui dire pour sa défense. Et la réponse qu'il obtint le laissa sans voix.
Contre lui, autour de sa taille, il sentait les bras puissants se refermer dans une étreinte… douce. Légère et presque aérienne. Tant qu'il posa ses mains sur les avant-bras du concerné pour être certain qu'il s'agisse bien là d'un câlin. Un câlin… qui aurait cru que le plus puissant des juges soit capable de tendresse ? C'était risible mais… en réalité ça ne le faisait pas rire du tout. Il ne se souvenait pas du premier jour, et encore moins du dernier, ou on l'avait prit dans les bras. Comme quelqu'un d'humain, quelqu'un qui souffre.
Personne n'avait le droit de penser qu'il était fragile. Il s'était battu toutes ces années pour que personne ne le sache et il avait plutôt bien réussi. Alors pourquoi, là, dans ses bras forts, il se sentait si vulnérable ? Et surtout, pourquoi il se sentait aussi bien ? Malgré le fait qu'il ne passe que pour un faible, selon sa propre pensée, il ne voulait pas le quitter, pour rien au monde.
-T'es pas quelqu'un de faible. Tu peux penser que tu l'es, mais moi je ne vois que de la force en toi. Une force que tout le monde a ignorée. Tout ce que tu as souffert autrefois, tu en as puisé une véritable puissance pour toujours te relever et continuer d'avancer. Qui d'autre aurait été capable d'affronter ses choix et sa réalité avec tant de vigueur ? Qui aurait été capable d'avancer malgré ces chaînes qui avaient l'air clouées au sol ? Tu as des moments de faiblesse, mais tu n'es pas quelqu'un de faible, fait la différence.
-Tu fais chier… tu fais chier à avoir raison…
Alors il s'était accroché à son dos, sans forcer dessus. Il avait voulu essayer cette douceur soudaine qui s'était instaurée entre eux deux après ce violent règlement de compte. Ses mains avaient cherché à s'accrocher au juge qui, malgré le peu de temps passé avec, l'avait mieux cerné que n'importe qui d'autre. Ce n'était pas juste que ce soit lui, mais d'un autre côté, l'ex marina n'aurait pas voulu qu'il s'agisse d'un autre.
La wyvern était capable d'une douceur inespérée, inenvisageable quand on voyait la carrure de celui qui en faisait preuve. Et leurs mains avaient finit par trouver des positions plus confortable, perdues dans la chevelure, ou dans le dos, l'un de l'autre, ils s'étaient trouvés pour s'embrasser. C'était aussi chaud et enivrant que les fois précédentes. Et sans doute plus encore.
Le corps parfaitement grisé par cette sensation de caresse, et aucunement de brusquerie, Kanon c'était, cette fois-ci, parfaitement abandonné. Rien n'avait été précipité. Ils avaient couché ensemble, comme si c'était le remède au mal qui avait été fait jusqu'à maintenant. Rhadamanthe l'avait prit, il l'avait dominé comme rarement ça avait été le cas, au point où Kanon avait obéit à chaque ordre donné.
C'était souple, tendre. Les gestes étaient amples, lascifs de sorte à ce que le lit ne craque pas. Même leurs gémissements n'avaient été que de longs soupirs de bien-être. Ils avaient, l'un et l'autre, profité de la chaleur humide environnante pour caresser la peau l'un de l'autre. Ils ne s'étaient certainement pas aimés à ce moment-là, bien que la relation soit ambiguë en elle-même, ce n'était pas « faire l'amour ». Le mot amour les aurait trop écrasés. Mais c'était tendre de douceur et de calme.
Ils s'étaient effondrés dans le lit, essoufflés comme s'ils avaient duré des heures entières, comme s'ils l'avaient fait deux fois, trois fois durant la nuit. Kanon avait pleuré, encore, mais il avait su voir sur le visage de Rhadamanthe une expression plus sereine. Certainement une expression que personne n'avait su voir avant lui. Il avait pleuré derechef.
Puis ils s'étaient endormis dans la volupté du moment. Son dos halé contre le torse plus large et pâle de l'anglais, un bras l'entourant avec une possessivité qui n'existait que parce que Rhadamanthe dormait. Kanon avait encore une fois sourit avant de s'endormir. Demain, ça serait une autre histoire et il aurait vite fait de quitter sa chambre avant que le juge ne se réveille, en attendant, il profita encore quelques heures de cette douceur rassurante.
NdA : Voilà un chapitre d'adieu ! Non, pas de vrais adieux... mais je compte bien profiter de mes vacances et ne rien publier alors je ne pouvais pas vous laisser sans rien. Je suis humaine. Alors voilà l'avant dernier chapitre de cette mini fiction et la situation avance considérablement cette fois. Dans tous les cas, le dénouement final sera pour le chapitre suivant, et dernier. Alors ne soyez pas trop impatients. Si vous l'êtes, je vous invite à laisser un commentaire pour me faire part de vos remarques. N'oublions pas que ça fait progresser l'auteur et que c'est préférable de voir une fiction qui s'améliore au fur et à mesure, plutôt qu'une fiction qui stagne et n'apporte rien au final.
J'espère que ça vous a plu et je vous dis... à bientôt (?) pour la suite
