-Tetsuko... Avait-il murmuré en voyant son frère s'effondrer devant lui, inconscient. Il s'est agenouillé devant son corps, qui conserva ses paupières fermées. Comme scellées, conservant égoïstement les iris clairs de son aîné. Tetsuya le regarda, sans avoir la force de faire quoi que se soit. Composer le numéro des urgences ? Hurler à mort en espérant qu'on vienne secourir son frère ? Il n'avait même pas la force de pleurer, alors à quoi bon ?

Tetsuya resta au chevet de son frère, couché dans des draps jaunes. Il a dormit toute la nuit, à tout moment Tetsuko peut se réveiller et se lever pour se préparer à aller à l'école. Malheureusement, ils ne sont plus à l'école primaire et les horaires ont changé. Tetsuya le regardait avec tendresse. Ils ont toujours veillé l'un sur l'autre quand un des frères Kuroko était cloué au lit par des virus tenaces. Mais là, le problème est différent. Il a vu son frère être percuté à la jambe gauche par une voiture, rouge ou bleu ? ça n'a plus d'importance de savoir la couleur de sa carrosserie, puis s'évanouir subitement. Plus précisément, c'est à la hanche que l'impact l'a touché. Un impact assez violent, mais pas assez pour lui arracher la jambe à son corps. Les deux frères sont allés à l'hôpital mais il y a eut plus de frayeurs que de mal. Tetsuya est resté à côté de son jumeau sans le lâcher un seul instant du regard, même quand les infirmières sont venues apporter le plateau repas de Tetsuko. Il n'a pas accepté le verre d'eau qu'on lui a proposé, il le regrette quand il humidifie ses lèvres sèches.

Quand Tetsuko ouvrit ses paupières, ses minces films de chair délicats aussi noirs que du charbon due aux anesthésiants qui l'ont forcé à bénéficier d'un sommeil nullement réparateur. Il pivota son lourd crâne, comme chargé de plomb, vers le visage familier le fixant. Ce même visage neutre déversant par son regard toute la tristesse emmagasinée durant la convalescence de Tetsuko. Il plissa ses paupières. Non, aucune larme ne perle les yeux de son jumeaux bien qu'ils scintillent.

-Combien de temps ais-je dormis ?

-Une journée entière.

-Et tu es resté ici tout ce temps ?

-Papa et maman sont avec le médecin.

-Qu'est-ce-qu'ils disent ?

-Qu'ils t'aiment beaucoup et ont eut très peur à cause de l'accident, mais le médecin affirme que tu te rétabliras vite et que tout s'arrangera très vite. D'après lui tu n'as eus aucune lésion aux jambes et que tu peux marcher encore. Il dit même que tu sortiras d'ici dans quelques jours.

-Je vois... Où sont mes affaires ?

-Elles sont ici, j'ai emmené la veste que tu portais quand on est allé au collège.

-Je vois... J'ai eus peur pour mon porte-monnaie.

Tetsya fit un geste qu'il n'avait plus reproduit depuis l'accident : il sourit, touché de voir puisse s'inquiéter de ses économies et des nombreuses cartes grouillants sa pochette en cuir au lieu de sa santé. Cela vaut mieux. Tout deux s'échangèrent de brèves phrases en attendant que leurs parents revinrent et couvrirent d'amour leur enfant ensommeillé. Tetsuya resta en retrait et regarda les adultes déverser des baisers sur leur second fils. Quand celui-ci eut reprit des forces avec les brownies achetés au distributeur de l'hôpital au préalable puis caché dans le sac de la mère Kuroko, Tetsuko se décida à se lever. Il tira sur ses draps, traîna ses jambes encore inactives hors du lit et les posa au sol. Tout de suite il se figea. Testuko fixa le sol, effrayé.

Il ne sent plus son pied gauche.

Kise se tourna vers le grillage délimitant le terrain de basket, cherchant à agripper du regard celui d'un des membres de son équipe. En cherchant, il se stoppa sur la tête bleue d'un élève de son école. Il le reconnaît à son uniforme, exigé par le règlement de leur établissement. Son manque de vigilance sur le match toujours en cours valut la perte de la balle tenue en main et le gain de nouveau points chez l'équipe adverse. Ce qui valut les protestations de ses coéquipiers.

-Qu'est-ce-qui t'arrive, Kise ?

-Remplacez-moi.

Il s'élança hors du terrain, sortit de la zone de jeux et rejoignis Kuroko. Celui-ci fixait ses baskets blanches, des chaussures neuves qu'il doit porter à l'occasion de son premier jour de cours. Kise ne l'a plus revue depuis la rentrée officielle, personne de sa connaissance n'a revue le jeune homme. Autant dire qu'il n'a plus jamais remis les pieds au collège. Il s'assit à côté de lui. Pourquoi affiche-t-il un air sombre et repoussant ? Il semble quémander la répugnance et le rejet.

-Qu'est-ce-qu'il t'arrive ?

-...

-Eh ! Ne me parle pas sur ce ton ! Ironisa Kise, ce qui attira l'attention du jeune homme.

-Que me veux-tu ?

-Te parler du beau temps et de la pluie, même si le ciel dégagé que nous avons depuis le début du mois je présage aucune goutte de pluie pour la saison si le temps reste le même. Il fait beau, tu ne devrais pas ruminer des idées sombres dans ton coin. Il y a bien mieux à faire dans un parc, comme sourire.

-Je ne suis pas d'humeur.

-En ait au moins l'air.

Kuroko se tut, le basketteur fut surpris. Il refuse de lui parler. Il le rejette, le trouvant déjà trop collant. Peut-être qu'il ne se souvient pas de lui, ils n'ont pas eut le temps de se présenter. Il ne sait même pas son nom. Qu'il est bête ! Engager la discussion sans être certain qu'il se souvienne de lui ! Il a dut être trop brutal.

-Au faite... Tu te souviens de moi ?

-Hm ?

-Tu sais, la balle... Bon, c'est pas un joli souvenir de rencontre, mais tu l'as reçus accidentellement au crâne et tu me l'as rendus. T'en as peut-être pas les muscles, mais t'as de quoi devenir un bon basketteur. Vraiment, manque juste la pratique.

Il arrêta de parler. Kuroko l'a ignoré à nouveau.

-Mon nom est Kise, et toi ?

-...

-Allez, tire pas cette sale tronche. Tu a un joli minois, ça ne plaît pas aux filles d'en voir des grisonnant. Tiens, tu crois que beaucoup on put séduire avec un visage grisonnant ?

Au même moment il remarqua que des collégiennes les regardait. Il leur adressa un sourire charismatique, l'effet fut immédiat. Elles partirent en ricanant, rouges comme des tomates bien mûres. Il en aurait profiter pour leur sortir une remarque sur le teint de leurs pommettes et celles-ci auraient put s'effondrer à ses pieds sous le coup de l'émotion. Quand il revint au jeune homme, celui-ci s'était éclipsé du banc. Kuroko avait déjà quitté le parc.