Hermione se dirigea en courant vers la pâtisserie. Elle était en retard, mais tellement heureuse de quitter cette horrible école! Cela faisait maintenant trois jours qu'elle avait reçu le carton rouge, et elle était toujours vivante. Elle s'accrochait avec une énergie proche du désespoir ! Mais pour le moment, la journée venait de se terminer et Hermione se mit à gambader gaiement sur les trottoirs. Les passants la regardaient avec un drôle d'air. Elle s'en foutait. elle avait quitté l'Enfer, c'est tout ce qui comptait. Et demain serait un autre jour.
Son sourire s'effaça bien vite quand elle croisa Drago Malefoy. Il était accompagné de ses deux « gardes du corps » et avait l'air extrêmement dégoûté de la voir. Il devait sûrement penser qu'avec le carton rouge, elle serait tombée en pleine dépression. Mais non, elle s'accrochait. Elle se cramponnait comme une mauvaise herbe, pratiquement impossible de s'en débarrasser. Lui et son F4 ne l'auraient pas aussi facilement.
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Drago Malefoy s'avança vers une petite ruelle sombre à l'abri des regards et se tourna vers ses deux sbires Crabbe et Goyle. Il sortit sa baguette et leur jeta un sort qui les projeta contre le mur.
- Cette garce… ne semble pas avoir compris, fulmina-t-il. QUE S'EST-IL PASSE?
- Je suis vraiment désolé, s'excusa Goyle d'une voix tremblante, le visage crispé de peur. Demain certainement. Demain elle partira, vous pouvez-en être sûr !
Drago sourit:
- Si vous échouez, vous savez ce qu'il vous arrivera, n'est-ce pas ?
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- Tu devrais aller dans une autre école, lui conseilla Cho.
- Tu le penses vraiment ?
- Bien sûr !
La voyant encore noyer son angoisse dans les gâteaux, Cho ajouta :
- Je me demande comment tu fais pour rester aussi mince en t'engouffrant autant de pâtisseries.
Ne voyant aucune réaction de la part de son amie, elle s'assit à coté d'elle et la prit par les épaules.
- Ça va aller, Hermione ? lui demanda-t-elle d'un ton réconfortant.
Tout à coup, la patronne de la boutique apparut derrière une porte.
- Est-ce que Malefoy est le fils du grand financier ? leur demanda-t-elle brusquement.
Cho et Hermione sursautèrent instantanément, et se retournèrent vers leur patronne.
- Maman, depuis combien de temps tu nous écoutes ? demanda Cho en fronçant les sourcils.
- Vous savez, les grands plans nécessitent souvent de la discrétion, déclara madame Chang avec sagesse. Peut-être essayent-ils de t'éliminer.
- M'éliminer ? s'écria Hermione en redressant la tête.
- L'homme que j'aimais s'est retourné contre de « grandes forces ». C'était un dealer, je ne le savais même pas.
- Arrête Maman, avec « les hommes que tu as aimé », interrompit Cho.
Madame Chang ne lui porta pas attention, elle se tourna vers Hermione et lui conseilla :
- Hermione. Sois très prudente.
La jeune brune lui sourit. Madame Chang était une femme asiatique très belle et pleine de vitalité. Elle élevait seule sa fille Cho, qu'elle avait apparemment eut très jeune, car elle ne devait pas avoir plus de la quarantaine. Pourtant, pratiquement tous les jours, cette jeune mère racontait une histoire différente avec des « hommes qu'elle avait aimé ». Au grand désespoir de Cho, qui espérait toujours qu'elle allait s'arrêter. Et chacune de ses histoires se finissait par un conseil à l'une des deux filles. Hermione la soupçonnait de les espionner derrière la porte, a écouter leur histoires. Une fois elle l'avait même surprise avec une paire d'oreille à rallonge, de la boutique des frère weasley. Elle s'était bien gardée de le répéter à Cho, ne voulant pas être mêlée aux histoires de familles.
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Le lendemain, au lycée, Hermione prenait son petit déjeuner quand elle reçut une lettre de Cho. Elle hésita à l'ouvrir, sait-on jamais… Le conseil de madame Chang résonnant encore dans ses oreilles. « Hermione, sois très prudente. »
Elle ouvrit la lettre précautionneusement, et sentit une vive brûlure sur sa main. Un liquide verdâtre dégageant une forte odeur d'essence ruisselait sur sa main. Elle commençait déjà à être couverte de cloques. C'était vraiment douloureux. On avait mis dans cette lettre du Pus de Bubobulb. Toutes les têtes de la grande salle étaient tournées vers elle, tous se moquaient d'elle en attendant qu'elle pleure. Hermione courut directement à l'infirmerie, sous les rires des élèves.
L'infirmière, madame Pomfresh, ne posa aucune question. Et pour la première fois de sa vie, Hermione était heureuse de pouvoir rater les cours et passer la matinée à l'infirmerie. Cela lui donnait au moins une matinée de tranquillité.
Quand Hermione se réveilla, la salle de l'infirmerie était baignée d'une lumière étincelante. La journée devait être bien entamée. Ses mains avaient repris leur forme initiale. Voyant qu'elle était réveillée, Madame Pomfresh entra et commença a examiner ses doigts.
- Tout est en ordre, dit-elle. Tu peux t'en aller.
Il était trop tard pour aller en cours. Elle s'avança donc en direction de la sortie. Elle n'entendait rien, ne percevait pas le moindre mouvement. C'était TROP silencieux. Hermione ne savait pas pourquoi, mais cette absence de bruit la mettait mal à l'aise. Elle aurait du se réjouir au contraire de ne croiser aucun étudiant. Ils étaient pour la plupart en cours, il fallait qu'elle arrête de se faire des films. Elle regarda tout de même derrière elle, Hemione éprouvait le sentiment d'être observée. Instinctivement elle accéléra le pas, voulant quitter cette école au plus vite.
Elle allait atteindre le couloir menant au 1er étage, quand deux bras puissants la saisirent. Elle tenta de crier avant qu'une main ne vienne se plaquer violemment contre sa bouche et ne l'en empêche. Elle vit alors le visage mauvais, d'un des deux sbires de malfoy apparaître devant ses yeux. Le deuxième la maintenait fermement tout en l'entrainant vers une salle de classe vide. Hermione se débattait comme une tigresse. Elle essaya d'atteindre sa baguette dans la poche, mais celui qui était face à elle fut plus rapide et la lui déroba. Il la pointa vers la jeune fille et fit apparaître des cordes qui s'enroulèrent autour d'Hermione en l'attachant à un tabouret. Elle continua à se débattre et le plus grand des deux la frappa d'une main. L'autre s'attelait à fermer la porte à clé.
- Bâillonne-la ! Ordonna-t-il à son accolyte.
Elle poussa des cris étouffés par le morceau de tissu qui lui servait de bâillon.
- Ne résiste pas, lui lança le serpentard d'un ton moqueur. Je suis Goyle et voici mon ami Crabbe. Tu nous causes beaucoup d'ennuis en restant ici.
Ils enlevèrent la cravate rouge et jaune de la jeune Gryffondor, et déchirèrent son pull. Goyle approcha son visage du sien et lécha son cou jusqu'à la naissance de ses seins. Si elle n'avait pas été bâillonnée, elle lui aurait craché à la figure. Ils lui donnaient envie de vomir.
- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?, lui chuchota-t-il d'un ton doucereux en commençant à déboutonner la chemise de sa victime.
Elle ne pleurait pas. Ne pouvant pas parler, ses yeux le défièrent, imprégnés de haine et de dégoût. Crabbe et Goyle allaient continuer leur sale besogne quand Hermione entendit un bruit au fond de la classe.
- Laissez-la partir, ordonna une voix d'un ton neutre et très calme.
Hermione se tourna vers le fond de la classe. Elle avait reconnut sa voix. Personne ne l'avait remarqué, il n'avait émit aucun son. Il voulait sûrement attendre le plus longtemps possible pour lui faire payer sa présence à la tour d'astronomie. Il était allongé sur une table, lisant un livre. Le jeune brun sortit de sa lecture et se redressa mécontent. Il s'approcha lentement, plus impassible et nonchalant que jamais. Toujours cet air froid accroché au visage.
- Vous m'avez entendu. Laissez-la partir. Répéta-t-il en s'appuyant contre le mur pour reprendre tranquillement sa lecture.
- Mais, on doit le faire... sinon elle ne partira jamais ! C'est monsieur Malefoy qui nous a demandé... , bredouilla Goyle.
- Ferme-la, prononça-t-il toujours aussi calmement sans décoller de sa lecture. Je t'ai dit de la laisser partir, ne me fais pas répéter une fois de plus.
N'obtenant toujours aucune réaction de leur part, il se résigna avec ennui à relever la tête et leur lança un regard féroce, à en faire trembler de peur Mcgonagall elle-même. Ils partirent sans un mot de la salle, presqu'en courant.
Hermione était toujours attachée. Elle essaya d'attirer l'attention de Potter pour qu'il lui vienne en aide, mais il l'ignora superbement. Elle poussa de toute ses forces des cris étouffés par le bâillon, si bien qu'il finit par soupirer d'agacement. En un coup de baguette, il la délivra de ses cordes. Elle enleva à la hâte le bout de chiffon qui l'étouffait et reprit son souffle. Complètement révoltée, écœurée, lassée et dégoutée par cette horrible école, elle ne put s'empêcher de pleurer.
Hermione regarda son sauveur, qui restait insensible à sa présence. Elle venait de se faire sauver par un membre du F4. Comment était-ce possible? Elle devait être en train de rêver. Au bout d'un certain temps, réalisant que la jeune fille ne s'arrêtait toujours pas de pleurer et que surtout elle ne bougeait pas, Harry s'adressa à elle avec agacement :
- Je ne suis plus allé à la tour d'astronomie, espérant ainsi ne pas t'y apercevoir… assena-t-il d'un ton dur. Je pensais avoir trouvé un coin tranquille.
Hermione fut choquée par son ton froid mais ne put s'empêcher d'être reconnaissante.
- Mer…merci, répondit-elle avec gratitude.
Il planta de nouveaux son regard vif dans ses yeux humides.
- Ne te méprend pas…
Il se leva et se dirigea vers la porte, avant de se retourner :
- C'est juste que je déteste ce genre de pratiques.
Il sortit sans un même un regard, la laissant seule dans la salle sombre et froide. Elle avait failli se faire violer, elle avait eu la peur de sa vie… Elle poussa un petit cri et éclata en sanglots. Harry Potter marchait lentement dans le couloir. Quand il entendit Hermione, il s'arrêta quelques secondes, puis continua son chemin, toujours impassible.
