Chalut chalut...je suis très en retard...pas taper:x C'est à dire que j'ai eu un boulot monstrueux, et comme j'avais promis de finir d'abord ma première fic, je n'ai rien publié sur celle-ci. Ce texte, je l'ai depuis un moment, et je préfère le publier maintenant, même s'il est court, parce que j'ai un peu honte de vous avoir fait attendre si longtemps:( J'ai relu vos reviews si encourageantes, et je vous remercie pour ces petits mots super sympa ^^ Voilà voilà, la suite de cette triste histoire de deux frères qui s'ignoraient l'un l'autre...

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-Fili...nous sommes frères...

Kili se recroquevilla dans le canapé, enfouissant son visage dans ses bras, le corps secoué de silencieux sanglots. Il semblait pathétiquement fragile, à cet instant. Comme un enfant. Un enfant qu'il eut fallu prendre dans ses bras pour le consoler, un enfant dont il aurait fallu faire sécher les larmes cruelles. Mais à cet instant, Fili n'était capable de rien. Il ne pouvait que regarder sans le voir ce bébé-frère, dans ce fauteuil ridiculement énorme pour son corps frêle, ce jeune Nain qui quelques minutes auparavant était encore pour lui objet de désir et d'amour, cet amant perdu. Kiliann était donc un mensonge ? Kiliann n'existait donc pas ? Ce Nain qu'il aimait était donc celui qu'il avait auparavant juré de rejeter de toutes ses forces ?

Kiliann était son frère ? Un frisson d'horreur parcourut le corps de Fili, comme un hurlement silencieux, le glaçant jusqu'à la moelle de ses os. Son petit-frère. Kili. Kili qui pleurait devant lui, désespéré. Tout à coup, Fili réalisa le spectacle qu'il avait sous les yeux. Kili ou Kiliann, son frère ou son amant qu'importe ! Ce jeune Nain qu'il aimait tant pleurait, souffrait atrocement, et pourquoi ? Une fureur sans nom monta en lui alors qu'il se remémorait les paroles hachées prononcées par le brun plus tôt. On me ment depuis ma naissance ! Pourquoi ? Pourquoi Dis lui avait-elle caché sa véritable origine ? Son véritable nom ? Pourquoi ? N'avait-elle pas fait assez de mal comme ça ? Fili aurait voulu hurler. C'est alors que retentirent des voix dans le couloir, qu'il reconnu aisément. L'une d'elle était demeurée muette depuis des années.

« -Kili ? Appela fortement la voix de Thorin, Kili ?! Où es-tu ?

La porte de la bibliothèque était ouverte, permettant au roi Nain et à sa sœur d'apercevoir Fili, debout dans la salle, ce qui pouvait paraître étrange. Mais ils ne pouvaient pas encore voir Kili. Ce dernier se redressa tout à coup à l'entente de son nom, comme si on l'avait frappé, jetant un regard terrifié à Fili. Il tendit doucement la main pour saisir celle de son frère.

« -Je t'en prie...chuchota-t-il...je t'en supplie ne dis rien !

Mais Fili ne l'écoutait pas. Son attention était ailleurs.

Thorin flaira tout de suite le danger, lorsqu'il vit son neveu tourner lentement la tête vers eux, une expression haineuse au visage. Mais ce n'était pas lui qu'il regardait. C'était la Naine derrière lui. Dis. La Naine eut un sursaut lorsqu'elle croisa le regard de son fils, qui lui évoqua celui d'un fauve sauvage et meurtrier. Elle s'était bien sûr doutée de n'être pas accueillie avec enthousiasme par le blond, mais avec une telle haine ? Non.

Le silence était épais lorsqu'elle pénétra dans la bibliothèque à la suite de son frère. Pour la première fois depuis de longues années, Dis et son enfant se retrouvait dans la même pièce, respiraient le même air simultanément, échangeaient un regard. Thorin se tenait sur ses gardes, surpris par la réaction de Fili. Tous deux remarquèrent alors Kili, piteusement assis dans le fauteuil et regardant son frère avec des yeux rougis, tenant sa main dans la sienne. La première réaction de Dis fut de s'avancer pour vérifier que son plus jeune fils allait bien, mais le regard de Fili se durcit, la dissuadant d'avancer. Au contraire, il se rapprochant de son frère comme pour l'empêcher d'approcher le plus jeune.

« -Fili. Dit Thorin excédé, qu'est-ce qui te prend ? Qu'est-ce que c'est que ce cirque ?

-Restez en dehors de ça, mon oncle, gronda Fili sans lâcher Dis du regard.

-Je te demande pardon ? Rétorqua le roi.

Pour soustraire Dis au regard de son fils, il se plaça devant elle, s'avançant vers le blond d'un air menaçant.

« -Dois-je te rappeler notre conversation de la dernière fois ? Tiens ton rang !

-Mon rang, mon oncle ? Grogna Fili, parlons-en ! Mais n'est-ce pas cette Naine qui se tient derrière vous qui n'a pas tenu le sien ?

La gifle retentit clairement dans la pièce froide, dirigée par la colère de Thorin. Mais cela ne suffit pas à faire taire Fili. Dis frissonna.

« -Vous avez fait connaissance avec votre second neveu, semble-t-il, mon oncle ?

-Et tu as fait la connaissance de ton frère.

-Pas exactement.

-Fili...non ! Souffla Kili à côté de lui.

-Que veux-tu dire ?

-Fili par pitié ne leur dit rien !

-De quoi parles-tu, Kili ? Demanda Thorin.

-Fili ! supplia le plus jeune, ignorant son oncle.

Le blond se dégagea fermement de la prise du brun qui cherchait à le retenir, le rejetant dans le fauteuil avec agacement. Cette manière qu'il eut de se débarrasser de lui, comme un insecte nuisible, blessa profondément Kili, qui étouffa péniblement un nouveau sanglot alors que les larmes coulaient de nouveau sur ses joues. Mais il ne pouvait se résoudre à ce que Thorin et Dis apprennent la vérité, cette vérité ignoble, aussi se releva-t-il pour saisir le poignet de son frère.

« -Fili, je t'en supplie ! Ne leur dit pas.. !

-Ne pas leur dire quoi ?! Tonna tout à coup le blond contre son frère, explosant de rage, que nous nous connaissons déjà ? Depuis une semaine ? Que nous avons flirté ? Que je suis tombé amoureux de mon propre frère ? Que j'ai dépucelé mon propre petit frère ? C'EST CELA QU'IL NE FAUT PAS LEUR DIRE ?

-Fili...murmura Thorin, qu'est-ce que... ?

Kili devint soudain plus pâle, écarquillant les yeux, ouvrant la bouche et la refermant, comme s'il manquait d'air. Il recula sous la violence des mots de son frère, sous la perplexité teintée d'horreur qui se peignait peu à peu sur les traits de Thorin et de Dis, sous son propre chagrin. Il tomba faiblement dans le fauteuil qu'il venait de quitter, vidé de forces, tel une poupée de chiffon. Le dernier son qu'il entendit avant de sombrer dans l'inconscience fut le claquement des lourdes bottes de Fili sur le sol de marbre, alors que le prince quittait la pièce.

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Dwalin avait entendu des hurlements dans les appartements royaux, et se doutait que quelque chose était allé de travers, aussi ne fut-il pas surpris lorsqu'il vit Fili débouler au détour d'un couloir, tel une tornade lancée à pleine vitesse dans une plaine aride. Mais l'éclat dans ses yeux était différent. Il ne s'agissait pas là d'une simple dispute. Certes, sa rencontre avec sa mère n'avait pas du être une mince affaire. Mais il y avait là quelque chose d'autre. L'expression du prince héritier était un déroutant mélange de haine, de tristesse, de dégoût, de regret, le tout figé, emprisonné dans une colère glacée comme son regard bleu. Fili avait pris de son oncle la manière de réagir aux événements difficiles. Il se murait littéralement dans une carapace de glace que reflétaient ses yeux. Alors Dwalin fit ce qu'il avait toujours fait avec Thorin dans ces cas-là. Il barra la route à Fili.

Ce dernier s'arrêta devant lui, le toisant froidement sans même le voir. Le maître d'arme, même s'il n'en montra rien, fut attristé de voir son élève dans cet état, aussi posa-t-il une main sur son épaule d'un geste paternel, avant de l'entraîner silencieusement vers ses appartements. Il l'y fit pénétrer pour la première fois et le fit asseoir à la massive table de bois qui trônait dans la salle à manger. Puis il prépara deux chopes de bières, en poussa une devant Fili et s'assit en face de lui.

Un long silence s'installa. Aucun des deux Nains ne prononça un mot. Le blond semblait complètement ailleurs, son regard vitreux indiquait qu'il était en état de choc. Finalement, Dwalin, dont la principale qualité n'avait jamais été la patience, pris la parole.

« -Tu m'expliques, mon gars ?

-...

-Fili ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

-...

-Ce ne doit pas êtrre une bête dispute avec ton oncle, ni la rrencontre avec ta mèrre qui t'a mis dans cet état.

-...Non...

-Alorrs quoi ? Kili ?

-...

-Nous y sommes. Alorrs ?

-Kili...par Durin, gémit Fili en enfouissant soudain son visage dans ses mains.

-Quoi Kili ?

-J'ai fait quelque chose de terrible, Dwalin.

-Hm...minute papillon. Kili, je l'ai aperrçu tout à l'heurre avec Dis. Je me disais bien que je l'avais déjà vu quelque parrt.

-...

-Tu avais déjà rrencontrré ton frrèrre...

-...oui...

-Mais tu ignorrais qui il était.

-...si j'avais su...

-...Kili est donc le jeune Nain que tu brrûlais de rrejoindrre chaque matin depuis prrès d'une semaine ? C'est cela n'est-ce pas ? Je vous ai vu il y a quelques jourrs marrcher côte à côte.

-...

-Mais enfin ! Tu es inconscient ? Tu as bien du te rrendrre compte de quelque chose ? Tu as bien du te dirre qu'il porrtait le nom de ton frrèrre ?

-Je pensais qu'il s'appelait Kiliann...

-Comment... ? Gronda Dwalin

-Je croyais qu'il s'appelait KILIANN ! Hurla Fili, donnant un coup de poing sur la table qui trembla violemment sous l'assaut.

-Tu veux dirre qu'il t'a menti ?

-Non...il le croyait lui aussi...

-Comment ça « il le croyais aussi » ? Il ne connaissait pas son propre nom ?

-Elle...elle lui a menti...

Dwalin haussa ses sourcils broussailleux, perplexe, avant de saisir ce qu'impliquait la révélation de Fili. Dis avait donc osé cacher à son plus jeune fils son ascendance royale ? Son nom ? Sa famille ? Comment avait-elle pu faire ça ?

-Écoute mon gars, j'ai une affaire à rrégler. Retourrne dans tes apparrtements, fais toi couler un bon bain chaud. Tache de te calmer et de ne pas fairre de bêtises. Comprris ?

Fili, l'esprit ailleurs, ne répondit pas. Dwalin passa un bras par-dessus la table pour lui toucher l'épaule et lui rappeler sa présence.

« -Fili, prromets-moi de rrester rraisonnable.

-Oui...

-Bien.

Il accompagna le prince jusqu'à ses appartements, refermant soigneusement la porte sur lui, avant de marcher d'un pas lourd vers le bureau de Thorin, d'où il entendait des voix. Chaque pas en avant nourrissait sa colère, qu'en guerrier aguerri il contrôlait de son mieux. Dwalin entra sans frapper. Il était en effet tellement en colère que toquer à la porte eut démoli le battant de bois. Cependant, en voyant l'air défait de Dis, il estima préférable de se contenir.

« -On ne t'a jamais appris à frapper, maître d'arme ? Demanda Thorin d'un ton acide.

-Je viens de crroiser Fili, parrdonne-moi si je m'inquiète, répliqua froidement Dwalin.

-Comment va-t-il ? Demanda anxieusement Dis en faisant mine de se lever.

-Asseyez-vous ma dame. Il va mal. Vous n'imaginez pas ce que vos mensonges ont prrovoqué.

-Je t'interdis de t'adresser de la sorte à ma sœur, Dwalin, fulmina le roi en contournant le bureau pour les rejoindre.

-Sauf votre rrespect et celui de votrre sœurr, Majesté, je ne fais qu'exposer les faits.

-Faits que j'avais très bien saisis. Je te remercie de ta perspicacité Dwalin.

-Tout le plaisirr est pourr moi, Thorrin.

Ce dernier le fusilla du regard, et Dwalin fit de même, sachant malgré tout que cette colère dissimulait une profonde inquiétude pour Fili, pour Kili, pour la suite des événements. Mais il serait toujours temps de se rabibocher plus tard. L'intérêt principal était pour l'instant l'état des deux frères.

« -Comment va le petit ?

-Il s'est évanoui, répondit Thorin. Nous l'avons fait transporter dans sa chambre. Ce que nous avons appris est terrible.

-C'est à dirre ?

-Chacun ignorait qui était l'autre...et il semblerait qu'ils se soient...plut l'un à l'autre...

-...oui cela je le savais...mais n'est-il pas encorre temps de rrevenirr surr ce malentendu ?

-Dwalin...garde ça pour toi. Personne ne doit savoir. Ils ont consommé cet inceste.

Un grand silence se fit dans la pièce. Cette journée était décidément parsemée de silences. Tous plus lourds les uns que les autres. Dwalin ferma les yeux un instant, serrant fortement les paupières, avant de fixer Thorin. Par Durin, son amant avait vraiment l'air épuisé. Lui qui avait si bonne mine le matin-même, l'inquiétude le minait inévitablement, de même que Dis. La Naine se tordait les mains nerveusement, gardant le regard baissé sur le marbre du sol, rongée de remords.

« -Que va-t-il se passer maintenant ?

La question de Dwalin résonna dans le silence qui s'épaissit plus encore. Tout le monde se posait la question, mais personne n'avait de réponse.

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Après le départ de Dwalin, Fili était resté debout, au milieu de sa chambre, n'ayant même plus la force de se mouvoir. Son esprit s'était arrêté de fonctionner. Il restait bloqué sur la même idée depuis plusieurs heures maintenant, comme si le temps avait cessé de s'écouler, figé. La même scène repassait en boucle. Les mêmes phrases. Les mêmes mots. Les mêmes intonations. Le même dégoût. Le même frisson d'horreur.

Le blond était glacé. Un froid intense avait pris son corps lorsqu'il avait appris la vérité, et ne l'avait plus quitté depuis. Ses veines charriaient un sang gelé qui avait du mal à arriver jusqu'à son cœur, lui-même transformé en bloc de glace, et dont chaque battement lui était véritablement pénible. Une véritable souffrance irradiait de sa poitrine. Le prince de glace saignait de larmes de givre.

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Le noir. Tout autour de lui, et un terrible mal de tête. Une douleur horrible qui lui martelait inlassablement le crâne.

Kili gémit en ouvrant péniblement les yeux. Il eut un sursaut en prenant conscience de son environnement. Il se trouvait dans un grand lit à baldaquin, tout paré de tentures bleues richement rebrodées d'or et d'argent. Une lourde fourrure argentée recouvrait son corps, et sa tête reposait sur de gros oreillers damassés. Le jeune Nain se redressa lentement, abasourdi, peinant à se rappeler ce qu'il faisait dans cette chambre luxueuse. Puis tout lui revint en mémoire.

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Fili revoyait le visage de Kiliann noyé de larmes, désespéré, brisé. Il aurait voulu le prendre dans ses bras, le serrer fort pour recoller les morceaux éparpillés de son cœur en morceaux, mais il ne l'avait pas fait. Et maintenant il était trop tard.

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Kili en vint presque à hurler de douleur et de rage. Comment sa mère avait-elle pu lui cacher une telle ascendance ? Comment avait-elle pu lui cacher son véritable nom ? Pourquoi l'avait-elle séparé de son grand frère ?

Fili. Une larme dévala la joue du jeune prince, bientôt suivie d'une autre, et d'encore une autre. Finalement, des sanglots douloureux retentirent dans la chambre. Kili prononça le nom de son frère. Doucement. Plusieurs fois. Mais personne ne répondit.

Il était tombé amoureux de son propre frère. Il avait fait l'amour avec son propre frère. C'était interdit. Comment leur amour pourrait-il continuer ainsi ?

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Ce qui lui faisait le plus mal, c'était que leur histoire était finie avant même d'avoir vraiment vécu. Il aimait ce jeune Nain. Sincèrement. Follement. Mais ces sentiments n'étaient plus de mise à présent. Il n'avait pas le droit d'aimer ce Nain...autrement qu'un petit frère. Étrangement, l'idée que Kili fut son frère ne faisait en aucun cas baisser l'amour qu'il ressentait pour lui. Au contraire. À lui s'ajoutait l'amour fraternel, neuf et ardent. On eut dit que cet amour renforçait le précédent, comme s'il lui donnait de nouvelles bases, de véritables fondations, solides et indestructibles.

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Non. Non ! NON !

Kili aimait Fili. Et il l'avait aimé avant-même de savoir qu'il était son frère. Pourquoi devrait-il s'arrêter de l'aimer, alors qu'ils étaient tout deux victimes du mensonge de sa mère ? Pourquoi devraient-ils mettre leurs sentiments de côté ?

Le jeune prince aimait son aîné. Il ferait tout pour le garder. Il se battrait. Quand bien même lui faudrait-il renoncer à son nouveau rang. Il ne lui accordait de toute façon pas assez d'importance pour lui sacrifier son amour pour Fili.

Il aimait Fili. Il se battrait pour faire vivre cet amour.

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Fili savait que son amour pour Kiliann ne pouvait pas continuer. Malgré toute la douleur qui lacérait sa poitrine lorsqu'il y pensait, il savait qu'il fallait renier cet amour. Il lui fallait se libérer de cet amour pour prendre soin de son frère ainsi qu'il le méritait. Cet amour était trop dangereux, et risquait de détruire son frère. Son petit frère. Kili.

Kiliann était mort à présent. Il ne vivait plus pour lui que dans une minuscule cavité au fond de son cœur, verrouillée à double tour, et où il avait jeté Kiliann et son amour pour lui. Et son cœur saigna encore lorsqu'il jeta la clé. Il venait d'emmurer l'amour de sa vie. Plus rien ne comptait désormais que le lien neuf et fraternel qu'il devait construire avec Kili. Pour le bien de ce dernier.