Et voilà la suite !

Oui, ça fait longtemps, mais bon, quand ça veut pas venir, ça vient pas ! Et ces derniers temps, le Vitron, ça voulait pas !

Bref, je suis contente de ce chapitre, il est plus long que les derniers !

Guest : Merci beaucoup pour tes compliments ! C'est bien un M-preg, c'est écrit dans le résumé ;)

Enjoy o/


S'il y a une épreuve quotidienne que la principale partie de l'humanité hait plus que tout au monde, c'est bien le réveil. Certains mettent des heures à quitter le cocon douillet qu'est leur couverture, d'autres sont de dangereux sociopathes tant qu'ils n'ont pas bu de substance contenant une grande quantité de caféine. Le Patron, lui, faisait partie de ces personnes qui ont horreur de ne pas savoir où elles se réveillent. C'est pour cela que lorsque ce dernier reprit conscience sur une surface qui ne ressemblait en rien au plancher sur lequel il s'était évanoui, il se sentit instantanément de mauvaise humeur. Enfin, disons plus que ces derniers jours.
Les yeux toujours clos, il tenta d'analyser la situation. Il était allongé sur quelque chose de moelleux, mais cela ne lui sembla pas être un lit. Du bout des doigts de sa main gauche, il reconnut la texture du canapé du salon. Rassuré quant à sa localisation, le pervers continua son expertise. Sa main droite était prisonnière de ce qui semblait être une autre main. La manière dont celle-ci la tenait lui indiqua qu'on lui surveillait son pouls. Le criminel sexuel, encore mal réveillé, ne s'attarda pas à identifier le propriétaire de cette main qu'il avait furieusement envie de virer de là. Car de tous les petits détails qui l'agaçaient à cet instant précis, il y en avait un qui dépassait de loin l'individu qui prenait sa main pour une peluche, ou les voix qui continuaient de discuter au-dessus de lui, étant sans doute celles de sa famille n'ayant pas encore remarqué qu'il était sorti de l'inconscience. Ce détail qui l'énervait au plus haut point, c'était le gel froid et gluant qui était répandu sur son ventre. Non seulement c'était désagréable, mais en plus, le dépravé n'arrivait pas à identifier la nature de la substance qui lui rappelait vaguement le lubrifiant, mais en bien moins sympathique, et avec une odeur plus légère et douceâtre, contrastant sérieusement avec les arômes sensuels auxquels était habitué l'obscène personnage.
Au bout de 30 secondes, il finit par renoncer à ses investigations aveugles et ouvrit les yeux en gueulant :

- C'est quoi le putain de bordel, ici ?!

Le point positif de son cri fut d'immobiliser la scène qui se déroulait sous ses yeux couverts de ses habituelles lunettes noires. Il pensait que quelqu'un les lui aurait enlevées après son malaise, mais cette petite surprise lui procura une satisfaction qui lui donna un regain d'énergie. Sans aucune pitié, il promena son regard sur l'assemblée qui l'entourait.
Comme le canapé le lui avait indiqué, il se trouvait dans le salon, mais tous les meubles avaient été poussés pour laisser la place à ce qui semblait être de l'encombrant matériel médical. Mais les dispositifs montraient des différences les uns par rapport aux autres. Une petite partie était en parfait état, scintillante de propreté, et appartenait de toute évidence au Prof, car seul lui était maniaque au point de nettoyer à ce point ses machines. L'autre partie, quant à elle, semblait sortir d'une décharge ou d'avoir été fabriquée à partir de postes radios et d'autres appareils d'électroménager usagés, et menaçait de s'écrouler à tout instants pour former un tas de détritus crasseux.
Outre les instruments étranges, la pièce accueillait la famille Sommet qui était éparpillée un peu partout, tous encore un peu surpris par le réveil soudain du Patron. Mais ces derniers ne l'intéressait pas, et il se concentra vers les deux individus qui étaient près de lui. Le premier n'était autre que le Visiteur qui était également la personne qui lui tenait la main. Comme à son habitude, il ne semblait nullement effrayé par le dévergondé, et avec son éternel petit sourire débile, il répondit à son exclamation :

- On te fait un examen médical complet pour s'assurer que tu vas bien, mec !

Le « on » fit tourner la tête du pédophile vers le dernier personnage qu'il n'avait pas encore détaillé, et qui, pour le coup, lui était totalement inconnu.
Il s'agissait d'un homme plutôt grand, à la peau couleur cannelle et à la chevelure noire bouclée. Sur la dite chevelure trônait une paire de lunettes dans le même style que celle du clochard. Ses habits étaient d'ailleurs tout aussi crasseux, et la blouse qui les couvrait était d'un blanc légèrement jaunie et brûlée par endroit, surement à cause d'une utilisation intensive. Mais malgré cet aspect de saleté et de pauvreté pareil à celui du voyageur du temps, il émanait de son être une aura d'élégance et de distinction, renforcée par l'imposante moustache qui, bien que de toute évidence fausse, donnait un style raffiné à l'homme mystérieux. Ce dernier finit par se présenter :

- Bonjour, je suis le Docteur Henry Castafolte ! Mon très cher collègue m'a fait venir à votre époque car il craignait pour votre santé. Ne vous inquiétez pas, j'ai bientôt fini et je pourrais vous donner mon verdict !

Et sans demander son avis à l'intéressé, il posa un étrange objet sur le ventre visqueux de patient. Patient qui hésita un instant à protester, mais sa nausée se manifesta et il préféra laisser sa tête retomber contre le dossier du canapé en poussant un grognement résigné, ne cherchant même pas à comprendre pour quelle putain de raison ce mec lui faisait une échographie. A cet instant précis, il se foutait qu'on puisse lui annoncer qu'il ait une maladie grave, que le Visiteur et sa famille le regarde comme un chaton enrhumé…pour la première fois de sa vie, la personnalité vicieuse ne souhaitait qu'une chose : dormir. Pas baiser, pas fumer, pas tuer, non, juste dormir. Jamais elle ne s'était encore sentie aussi fatiguée…
Mais un mouchoir essuyant le gel sur son ventre ainsi la voix délicate du pseudo médecin obligea l'obsédé à garder l'œil ouvert :

- J'ai fini.

Il n'en fallut pas plus pour que tous dans la pièce disent d'une même voix, dans une synchronisation presque comique :

- Alors ?

D'un ton détaché et décontracté, qui semblait être la marque de fabrique du personnage, Henry commença un long laïus tout en observant ses notes qu'il tenait à la main :

- Vous êtes en parfaite santé, je n'ai constaté aucun problème majeur, peut-être des poumons un peu endommagé, mais rien de catastrophique, bien que je pense que vous devriez sérieusement arrêter la cigarette dans votre état actuel, mais à part cela, tous vos organes se portent à merveille, vous ne présentez aucune carence de vitamine, de protéines, ou de quoi que ce soit, votre taux d'hormones thyroïdiennes ainsi que votre cholestérol sont excellents, et le bébé est en pleine forme !

Les derniers mots provoquèrent des réactions immédiates chez chaque membre de la famille Sommet :

- Quel bébé ?!

- Un bébé, où ça gros ?

- Mais les bébés, ça vient du ventre des femmes normalement, non ?

- Hahahaha, oh putain, le Patron enceint, c'est la meilleure blague du monde !

Seul le Patron resta silencieux, encore sous le choc. Même la tape sur l'épaule de l'aventurier futuriste ne le tira pas de son état statique :

- Bah alors vieux, tu m'avais pas dit que tu attendais un mioche !

Mathieu réagit rapidement et alla vers le Docteur Castafolte :

- Ecoutez, je vous suis très reconnaissant d'avoir fait le déplacement, mais bordel, vos machines doivent être détraquées parce que si vous avez pas remarqué, c'est un homme, putain !

- Mes machines marchent très bien, je les ai fabriqués moi-même, répliqua-t-il l'air pincé. Ecoutez, je ne comprends pas votre réaction, je vous annonce que votre ami enceint de 5 semaines va très bien et vous commencez à me traiter de charlatan ! Et en quoi le fait qu'il soit un homme pose problème ?

- Je me fous de savoir ce que les radiations ou les mutations génétiques ont fait comme dégâts dans le futur ! Là, on est dans une époque où ce n'est absolument pas normal, et en plus on parle d'un type qui ne se serait jamais laissé péné…

Le schizophrène se tut en se souvenant que l'homme qui avait réussi l'exploit incroyable d'avoir le dessus sur le pire criminel sexuel de la planète se trouvait dans cette pièce. Ce souvenir traversa l'esprit du dit criminel également, le sortant de sa transe. Il attrapa violemment le Visiteur par le col et le plaqua contre le canapé, se plaçant au-dessus et en lui lançant d'une voix venimeuse :

- Cette fois, ton compte est bon, gamin…

Mais avant qu'il ne puisse sortir son pistolet de sous sa veste, on le tira en arrière et il se retrouva immobilisé à 3 mètres du canapé par Maître Panda et leur créateur. Ce dernier tenta de le calmer :

- Bordel, attends un peu avant de le buter ! Essayons déjà de comprendre comment une connerie pareille est possible !

- Je pense savoir.

Le Prof, qui était resté silencieux depuis le diagnostic du Docteur Castafolte, s'avança et se positionna au centre de la pièce, son petit air sérieux teinté de sa jubilation pré-explication. Il savoura un instant l'attente et l'impatience de son auditoire, puis se décida à exposer sa théorie :

- Comme nous le savons tous, bien que nous partageons l'apparence de Mathieu, nos corps présentent des différences propres à chacun, selon la façon dont il nous a imaginé. Le Geek est plus petit, le Panda possède des dents un peu plus aiguisées, le Hippie présente une résistance inhumaine à ses nombreux abus de drogues et je suis plus fin et pâle. Quant au Patron, il est plus musclé, mais il présente également des divergences physiques intérieures. N'as-tu pas dit un jour, Mathieu, qu'il était l'Alpha et l'Oméga ? Tu l'as créé pour qu'il soit la perversion incarnée, qu'il représente tous les penchants sexuels existants…et bien il semblerait que tu l'ais doté non seulement d'organes masculins mais aussi féminins…de manière mieux organisée qu'Everybody, toutefois.

- En gros, ce que t'essayes de dire, binoclard, c'est que mon trou du cul conduit jusqu'à un putain d'utérus ?!

- On peut résumer cela comme ça, même si je pense que cela doit être agencé de manière un peu plus compliquée…il faudrait que je voie les radios que le Docteur Castafolte a fait pour m'en assurer…

- Oh mais avec plaisir, cher collègue, je suis toujours ravi de pouvoir parler de biologie avec quelqu'un qui comprenne !

Et les deux scientifiques se lancèrent dans une longue discussion, se désintéressant totalement de l'obsédé. Ce dernier se libéra des bras de ses frères pour se rapprocher du canapé où était toujours assis son amant de la nuit dernière, qui avait écouté les explications avec un petit air d'incompréhension qui allait très bien avec son visage de débile habituel. Le Patron eu beau le dévisager avec une expression menaçante tout en se postant juste devant lui, ses jambes effleurant ses genoux, il ne put toujours pas lire la moindre trace de peur dans ses yeux.
Etrangement, ce regard insouciant qui aurait dû l'énerver davantage le fit presque sourire, et c'est d'une voix calme mais néanmoins légèrement agressive qu'il lui demanda :

- Et là, tu comptes faire comment pour me dédommager, gamin ?...

Le fautif se leva, et ne se souciant pas du tout de leur proximité, répondit :

- Je suis vraiment désolé, là j'ai définitivement fait la pire connerie du siècle, que ce soit du tien ou du mien…je suis sûr qu'Henry saura comment te faire avorter, enfin quand il aura fini de discuter avec ton frangin ! Et une fois chose faite, je disparaitrais de ta vie, promis ! Tu n'entendras plus jamais parler de moi !

Et il s'éloigna aussitôt pour tenter de capter l'attention du Castafolte, plantant le pervers plongé dans ses pensées suite à ces mots.
Etait-ce vraiment ce qu'il voulait ? Qu'il s'en aille ? Oui, bien sûr, mais pas de cette manière, pas sans avoir réussi à marquer la mémoire de ce type ! Il était hors de question que ça se termine comme ça ! Il n'allait pas laissé ce mec s'échapper, non, c'est lui qui finirait par le relâcher quand il aurait fini de jouer…mais comment le retenir ?
La réponse lui fut apportée sur un plateau par sa proie qui venait de s'écrier :

- Comment ça tu peux pas l'avorter avant cinq mois ?!

- Ecoute Renard, je viens de te l'expliquer, pour les hommes, on est obligés d'attendre que le fœtus se développe assez pour l'extraire par césarienne ! De plus, ne connaissant pas encore parfaitement l'anatomie de ton ami, il va me falloir du temps pour étudier les radios et déterminer comment pratiquer l'opération !

Un grand sourire sadique aux lèvres, le pédophile se rapprocha d'eux et glissa à l'héros temporel :

- Voilà comment tu vas me dédommager, gamin…tu vas devoir rester ici et t'occuper de moi pendant les 5 prochains putains de mois…marché conclu ?...

Un silence général suivit cette déclaration. Certains se demandaient pourquoi la personnalité sombre était aussi calme malgré la situation, d'autres encore redoutaient sa colère lorsque le personnage au prénom animalier allait refuser, car aucun être sain d'esprit ne pouvait accept…

- Marché conclu !

C'est sous les yeux d'un Mathieu ébahi, d'un Maître Panda se facepalmant, un Hippie planant, un Geek se pinçant et d'un Prof et Henry discutant, que le voyageur du futur serra la main que lui tendait le criminel, signant ainsi le début d'une cohabitation qui allait se révéler périlleuse.


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