Et on reprend la suite ! Cette fois il y a pas mal de choses, on avance vite ! Ne perdez pas le fil, surtout ! Comme on est chez Hank, je ne fais qu'évoquer ce qu'il s'est passé dehors, hors, dehors, ce sont les scènes du jeu ;) et là le rythme s'accélère un tantinet XD mais revenons-en d'abord à notre Hank, surprenant notre Gavin après le passage à tabac de Connor, maquillé en énorme "malentendu"...
« Quoi ? Mais… Hank, cette saloperie aurait pu me tuer !…
– Tu sais, j'ai vu Connor à l'œuvre. Deux fois. Une fois à courir sur les toits comme un dingue, et l'autre fois à cogner de l'androïde comme un vrai boxeur. C'était ce soir, d'ailleurs. Et je te connais aussi, Reed, on a suffisamment bossé ensemble. Alors tu peux pas me faire croire qu'il a essayé de te lyncher, parce que sinon, tu serais déjà sous le jardin à l'heure qu'il est. »
Reed resta silencieux, le temps d'assimiler ces mots.
Tant mieux. Hank pu en profiter pour assimiler lui aussi ce qui s'était réellement passé dans sa maison. Il eut aussi le temps de terminer ses derniers pas. Ainsi, s'arrêtant face à Reed, sa main bougea si vite que ce fut comme si elle se matérialisait autour du cou de Reed, qui tenait tant bien que mal sur la pointe des pieds.
« … »
Hank avait du mal à formuler, même en pensée, ses questions.
« …En fait c'est à Connor que je vais demander, pensa-t-il tout haut. Mais j'espère vraiment pour toi qu'Alice n'a rien vu de tout ça. »
Reed se borna à suffoquer.
« Ne – reviens – plus – jamais – dans ma – maison. »
Hank luttait pour ne pas serrer de toute sa poigne. Sa main semblait avoir sa propre volonté et s'il la laissait faire, il risquait d'écraser quelque chose de vital dans sa gorge.
Il jeta plus qu'il ne lâcha Gavin du côté du couloir, le regardant avec un degré de haine que même Connor n'aurait pas réussi à lui décrocher, malgré ses écarts. Mais après tout, c'était normal. Reed venait de faire le pire des choix possibles. Entrer dans la maison du Lieutenant et s'en prendre au peu de choses qui lui restaient chères.
Il le regarda détaler avant de se tourner vers Connor avec un air navré.
« Bon sang, qu'est-ce qu'il t'a mis… »
Connor clignait des yeux et respirait, mais ne donnait aucun signe de communication, le regard figé. En même temps il ne pouvait pas lever la tête et il n'était peut-être plus en mesure de parler.
« Je suis désolé, p'tit, soupira-t-il en s'accroupissant pour l'attraper et l'aider à s'asseoir par terre, dos aux meubles de la cuisine. Sur le coup j'ai pas compris ce qu'il s'était passé. Et à force de… oh puis zut, m'écoute pas, j'ai aucune excuse.
– Ce n'est rien, Lieutenant. »
Connor avait réussi à rétablir le contact visuel entre eux et sa voix était égale à lui-même, aussi étrange que ça en avait l'air vu les dégradations ailleurs. Il y aurait aussi à le débarrasser du bleu qui lui recouvrait les trois quarts du visage, et rétablir le recouvrement par sa fausse peau d'une zone de sa mâchoire.
« Est-ce que… ça… va ?
– Ce n'est rien, Cyberlife réparera ces dégâts. Ou ils me transféreront directement dans un nouveau modèle.
– Mince, c'est pas cool, ça…
– Au contraire, cela nous fera gagner du temps.
– Mais tu seras toujours… C'est un transfert, donc c'est toi qui change de corps ?
– C'est l'idée.
– T'es sûr qu'ils vont pas en profiter pour te bidouiller un p'tit coup ? discuta-t-il tout en évaluant la casse.
– C'est probable, pourquoi ?
– Ah parce que ça m'va pas, ça, commenta Hank alors qu'il l'examinait sous toutes ses coutures. Je me suis pas donné tout ce mal à t'engueuler chaque fois que tu fais une connerie, pour que des idiots de programmateurs se permettent de te rebouter le cerveau après. Même d'un octet.
– Ne vous en faites pas pour ça, Lieutenant…
– Arrête de m'dire de pas m'en faire, grogna-t-il fronçant les sourcils en essayant de remboîter deux pièces de son bras. Et arrête de faire comme s'il s'était rien passé. C'est grave.
– Non, c'est un malentendu…
– C'était pas un malentendu, merde ! » pesta-t-il un peu plus vivement, songeant après coup à baisser le volume pour Alice, qui apparût finalement à ses côtés pour quémander un câlin.
« Oh, pardon, je t'ai réveillée… la prit-il dans ses bras.
– Elle ne dormait pas, l'informa Connor.
– …
– Je suis désolé, Lieu-
– Raconte-moi. »
Connor resta silencieux une petite seconde, le temps d'avoir l'air navré, pour ensuite raconter son arrivée dans la maison. Et sans prévenir, Alice abrégea l'histoire :
« C'est un vrai sale type. Il a renversé le café qu'il avait demandé à Connor exprès, et il a – ça m'a fâchée, je lui ai dit – et il a fait comme pour me frapper à la tête ! J'ai eu peur ! Connor a voulu l'empêcher, c'était vraiment méchant, et lui, il l'a frappé dans le ventre, et je suis partie dans ma chambre, et je me suis bouché les oreilles et j'entendais quand même alors- »
Son ton était devenu plus rapide, plus fébrile et ses yeux plus brillants à mesure de son histoire, jusqu'à ce que sa voix ne casse et qu'elle ne se laisse tomber sur Hank.
Hank la serrait dans ses bras sans ciller, gardant ses émotions fortes pour plus tard. Pour l'instant il voulait être un nounours pour la petite pendant qu'elle essayait de savoir si elle voulait ou ne voulait pas pleurer.
Et accessoirement, il avait une vue parfaite sur Connor, fixant intensément Alice, sa petite LED jaune clignotant avec insistance.
Hank était presque déçu de ne pas la voir changer encore de couleur. Puis il le vit baisser les yeux. Connor ne pouvait pas avoir l'air gêné ou dépité, on ne lui avait pas appris, mais la seule raison pour laquelle il pouvait avoir à baisser les yeux était bien celle-là, et Hank le savait mieux que n'importe qui.
« Je suis désolé. C'est ma faute.
– Arrête avec ça. Tu m'énerves.
– … pardon.
– Non mais- je te dis de ne pas t'excuser ! »
Connor ouvrit la bouche et ne dit rien, sa led clignotant.
« Comment suis-je censé m'excuser, demanda-t-il très sérieusement, d'avoir présenté mes excuses ? »
Hank pouffa, puis se mit à rire de plus en plus fort. Alice se mit à rire uniquement parce qu'il riait. Sumo les rejoignit : se couchant auprès d'eux, la tête entre les pattes et sa queue remuant. Connor demeura perplexe. Il trouva autre chose à conseiller :
« Alice, il vaudrait mieux que tu ailles dormir. Tu n'as pas besoin de voir ça…
– Je crois qu'elle t'a déjà assez vu, tu sais. Mais il a raison, Alice, il faut aller dormir. Je vais rester un peu pour essayer d'arranger Connor…
– Moi aussi je veux réparer Connor !
– Non, Alice, tu… hé ? »
Connor regarda le Lieutenant, puis les mains d'Alice sur ses mécanismes et eut l'air passablement surpris.
« Bon sang, lâcha Hank. Elle est plus douée que moi ! C'est vexant !
– Peux-tu remonter la baguette que tu tiens dans l'encoche entre les deux tuyaux ?
– Là ?
– Mais… hé, c'est pas juste, moi j'ai de trop gros doigts !
– Vous appuyez trop fort, Lieutenant, vous allez percer le…
– AH ! Ça fuit ! Ça fuit ! Vite-vite une serviette ! s'agita-t-il pendant qu'Alice riait.
– Je sens mon système s'éteindre…
– Non, tiens bon petit ! T'es trop jeune pour mourir !
– Sérieusement, Lieutenant, si vous vouliez me tuer, pourquoi attendre Gavin ?
– Tais-toi et tiens bon, fiston ! Accroche-toi !
– A quoi ? Ma jambe ?
– Mais non ! À la vie, crétin ! »
Alice éclata de rire. Connor soupira. Pourquoi ne laissaient-il pas les techniciens le remplacer ? C'était idiot.
Un autre jour, Alice, qui n'approchait même plus de la porte quand des amis de Hank sonnaient ou toquaient ; entendit ce dernier entrer ainsi que son acolyte. Elle sauta de sa chaise pour faire un câlin à Hank.
« Hahaaa, c'est ma princesse ! Désolé pour l'absence, Tom t'a bien ramené de l'école ?
– Oui !
– T'as passé une bonne journée là-bas ?
– Bof.
– Rah, ces profs, tous les mêmes.
– Et le travail, ça marche bien ?
– Eh ben… ça marche bien ! Ça… ça marche. C'est cool.
– Cool !
– Ouais, cool. »
Il reposa Alice au sol, elle reparti de l'entrée – lui fermait la porte – pour rejoindre Connor dans la cuisine.
« Câlin ! » demanda-t-elle en écartant les bras. Connor baissa la tête, observa son air rieur et ses bras tendus. Ne semblant pas surpris outre mesure, il s'accroupit pour se mettre à son niveau et échangea une étreinte avec la petite.
« Ouiiiii ! »
De toute évidence, la petite Alice lui avait pardonné. Quand il revisitait l'archive où elle lui avait adressé ses premiers mots, c'était comme le jour et la nuit. Difficile de croire qu'il s'agissait de la même enfant.
Pourtant c'était bien elle qui demandait à être dans ses bras aujourd'hui. Elle finit par le libérer et alla finir son coloriage. Heureusement, elle n'avait pas remarqué les traces de sang bleu sur sa chemise, cachées par sa veste.
« Bon, je vais avoir besoin de ça, de ça… réfléchit Hank. Alice ? On va repartir dans deux minutes, je dois emmener Connor voir un mécanicien pour une révision, éluda-t-il. Je serai revenu dans un quart d'heure.
– D'accord !
– …Connor, ça va ? »
Alice ne le remarqua pas. Hank s'inquiétait un peu. Après tout, aujourd'hui Connor s'était fait mener la vie dure par un déviant à la tour Stratford. Hank devinait que Connor avait été endommagé à la poitrine, et qu'il s'était peut-être réparé en urgence pour pouvoir ensuite pourchasser le déviant. Péripéties qui ne l'avaient pas empêché de le dégommer comme personne juste après. Terrifiant…
Il craignait que Connor ai un problème lié à ça, peut-être que ça se remettait à déconner, au niveau de son sternum… il le trouvait assez immobile : Connor regardait lentement autour de lui. Il se tourna vers Hank en s'entendant appeler et hocha la tête avec une expression fermée.
« T'es sûr ?
– …. Oui. »
Cette attitude… si Connor avait été humain, Hank aurait dit qu'il était contrarié, mais il avait l'habitude de voir Connor avec une tête déshumanisée, sans expression, alors il ne partit pas tout de suite dans ces conclusions hâtives.
Connor regardait lentement autour de lui, comme s'il vérifiait quelque chose. Son regard s'arrêta sur des affaires d'Alice : une trousse d'école, des crayons de couleur, des dessins, un cahier de texte, des pièces de monnaie et des autocollants. Il fixa l'ensemble un moment avant de regarder Hank directement, qui n'avait pas cessé de l'observer. Connor avança droit vers lui, saisit le poignet de Hank avec une force destinée à l'immobiliser, pendant que de l'autre main, il fouillait sa poche.
Il en sortit une pièce qu'il montra bien au Lieutenant, l'air tout à fait contrarié, et expliqua :
« C'est ma pièce. Merci. »
Et il ressortit. Hank laissa passer un blanc, puis il rit du nez, partant conduire Connor chez un technicien.
Un autre jour, Alice entendit Hank rentrer, mais seul. Elle alla le rejoindre, tenant sa deuxième peluche préférée – un renard – et le regarda fermer la porte et la saluer.
« Salut ma puce. Désolé du retard. »
Il avait l'air contrarié. Pour autant, Alice n'avait pas peur. Elle savait que Hank ne lui ferait jamais de mal. Hank savait que Todd avait passé ses nerfs sur elle et il avait toujours pris un soin méticuleux à ne jamais perdre le contrôle. Non pas qu'il avait peur de se mettre à la battre, il avait juste peur de monter inutilement le ton, de faire de grands gestes, et de semer le doute dans son esprit.
Alice n'avait aucun doute sur sa sécurité.
« Ça va pas ?
– Si, ça va.
– T'as l'air fâché…
– Mais non…
– C'est le travail ?
– Ouais, le travail. Je croise des gens de plus en plus crétins, des fois j'ai envie de…
– … de quoi ?
– Bah, oublie.
– De quoiiiii ?
– Mais c'est rien, ma puce.
– Ils font quoi pour être aussi bêtes ?
– Ils font les choses les plus stupides auxquelles ils peuvent penser, et ça les amuse. J'te jure, je les boufferai…
– Et Connor ? Y va bien ?
– Connor ? Mais Connor il est encore plus C-… Encore plus STUPIDE que tous ces ab… ces imbéciles ! Il me rend fou ! »
Alice gloussa. Il avait réussi de peu à contenir sa colère.
« Dis, Alice, quand tu es très, très fâchée contre quelqu'un, qu'est-ce que tu fais ?
– Hm…. Elle haussa les épaules. Je suis jamais trop fâchée. Mais à la télé les gens ils prennent un oreiller et ils crient dedans.
– Ça t'embête si je… ?
– Vas-y ! » sourit-elle.
Hank partit dans sa chambre et essaya la chose, hurlant de toutes ses forces dans un oreiller, faisant rire Alice.
Tout était vain. Ça, se fâcher, essayer d'expectorer cette rage qu'il avait contre lui… pourquoi ? Pourquoi ce connard lui donnait de l'espoir pour le reprendre ensuite ? Pourquoi il le tirait d'affaire quand Hank manquait de basculer dans le vide, pour que l'enquête suivante il tire sur une pauvre fille, poussant l'autre au suicide ?
Au début, ça, Hank en avait été fâché, vraiment, puis il s'était dit que Connor n'avait peut-être pas eu le temps de bien y réfléchir, après tout il lui avait crié de les empêcher de s'enfuir, et du coup, les Tracis qui n'arrivaient pas à se barrer avaient recommencé à se battre, il avait peut-être craint de perdre le contrôle, ou de voir le voir – Hank – se faire blesser…
Il n'avait pas eu le choix à la tour Stratford, non plus. Mais ça ?
Il lui avait dit de pas le faire ! Putain ! Il lui avait dit ! Mais ce con ! Il n'écoutait rien ! Il préférait écouter ce taré lui faire ces promesses à la con et lui obéir comme le dernier des imbéciles ! Tout ça parce qu'il croyait en tirer des informations ! Comment Hank avait pu faire confiance à un enfoiré pareil !
Putain de machine.
J'ai le plaisir de vous informer que nous sommes à la moitié du texte global ! :) à la prochaine !
