4.01.19 - Bonsoir à tous et bonne année 2019.

Voici le chapitre 4. Il est prêt depuis quelques jours mais j'ai beaucoup hésité à le poster. Je l'ai changé plusieurs fois pour revenir à la première version.

C'est une fin d'été un peu sombre pour Harry.

Dites-moi ce que vous en pensez en review.

Bises xx


CHAPITRE 4 : Balançoire et portoloin

Les jours et les semaines passaient et se ressemblaient à Privet Drive. Vernon Dursley se levait à midi, mangeait le repas préparé par sa femme et partait le journal sous la main et sourire aux lèvres, promettant à Pétunia que l'entretien du jour serait celui de la victoire. Mais Pétunia savait parfaitement que ce n'était que des paroles en l'air. Elle savait que si elle marchait quelques minutes vers le centre-ville, elle retrouverait son mari accoudé au bar du coin, sirotant une bière ou un whisky aux côtés des autres alcooliques sans emploi du quartier.

Harry faisait toujours en sorte de ne pas croiser son oncle avant son départ. Il attendait ainsi patiemment d'entendre claquer la porte d'entrée et la voiture démarrer avant de descendre à la cuisine pour prendre son petit-déjeuner en paix. Il faisait tout le plus vite possible afin de ne croiser personne un verre de jus, quelques toasts avec de la confiture et il remontait fissa dans sa chambre pour se préparer pour la journée. Une fois habillé, il tachait de finir ses corvées rapidement. Lessive, vaisselle, aspirateur, jardinage. S'il avait de la chance, il finissait tôt et pouvait se permettre de sortir faire un tour afin de prendre l'air.

Le mois d'août était déjà bien entamé et Harry s'était fait une raison il ne retrouverait pas ses amis avant le 1er Septembre dans le Poudlard Express, ou peut-être même directement à Poudlard si Dumbledore en avait décidé ainsi. Il n'avait pas reçu de lettres de ses amis depuis son anniversaire et avait renvoyé Hedwige et Fumseck avec une simple lettre destinée à Remus pour le remercier pour son gâteau d'anniversaire.

Ce jour-là, lassé de tourner en rond dans sa chambre et ne voulant pas continuer ses révisions, Harry décida de sortir en fin d'après-midi. Pétunia avait choisi de se charger du diner, ce qui laissait au jeune homme un peu de temps libre pour lui. Il cacha sa baguette dans la manche de sa veste se souvenant des incidents de l'année passée et se mit en route en direction du parc, seul endroit où il pensait pouvoir être seul. Il ne lui fallut que quelques minutes pour s'y rendre et il se sentit quelques peu stupide une fois arrivée, ne sachant pas quoi faire. Il se laissa finalement tomber sur la balançoire la plus proche et profita des derniers rayons du soleil tout en se balançant en silence.

Plus que deux semaines, pensa-t-il. Deux semaines et il pourrait retrouver le confort du château. Harry n'avait aucune idée de ce qu'il se passait dans le monde sorcier. Il ne recevait plus la Gazette du Sorcier malgré son abonnement et n'avait aucune nouvelle de ses amis, à croire qu'aucun hibou ne souhaitait s'approcher de la maison du survivant et il les comprenait.

Harry se doutait que le silence n'était pas de bonne augure et il ne cessait de s'imaginer le pire, mais il ne pouvait rien y faire. Il savait que Tonks, Lupin et les autres membres de l'Ordre du Phoenix partaient régulièrement en mission et que cela comportait bon nombre de risques.

- Hey je crois bien que ton débile de cousin est sourd Dud !

- Ou peut-être bien qu'il est juste stupide

Perdu dans ses pensées, Harry n'avait pas vu, ni entendu les appels des trois garçons qui s'approchaient de lui. L'adolescent sentit son poil se hérisser quand il reconnut Dudley et ses sbires, Piers et Malcolm. Pas maintenant ! Il n'était vraiment pas d'humeur.

- Vous avez rien d'autre à faire que de me chercher. Je suis ici tranquille, je ne demande rien à personne…

- Ou peut-être bien les deux. On te disait de dégager l'alien. On a des affaires à régler et on n'a pas besoin d'un public alors bouge de notre parc …

Des affaires ? Harry haussa un sourcil et observa son cousin un instant. Il n'était pas vraiment surpris de le voir trainer dans des affaires louches. Avec son QI de néandertalien, il n'avait pas vraiment d'autres options dans la vie.

- Vraiment Dudley ! Qu'est-ce que ta petite maman penserait si elle savait son petit Duddynouchet chéri s'adonnait à ce genre d'activité ? Et je ne parle même pas de ton père.

- Je serais toi je ferais gaffe Potter. J'pense pas que t'aies envie que je dise à mon père que tu me provoques. Prend tes affaires et barre toi de mon parc avant que je t'en colle une.

- Ouais montre lui Dud ! Il a aucune chance face à toi !

Harry savait que ce qu'il faisait ne mènerait à rien de bon mais il en avait marre de tourner en rond comme un lion cage depuis plus de six semaines et il avait perdu tout bon sens. Il se leva de la balançoire et vit Piers et Malcolm s'approcher de lui au même moment. Dudley les repoussa d'un geste de la main et se mit face à son cousin.

- Rentre à la maison Potter.

- Toi rentres avant que ta petite maman s'inquiète pour son gros bébé.

- Au moins j'ai une mère qui s'inquiète pour moi … Qu'est-ce qu'il te reste à toi maintenant que t'as tué tous les membres de ta famille.

Personne ne vit venir le poing d'Harry qui frappa la mâchoire de Dudley. L'adolescent fit un pas en arrière plus sous la surprise que sous la douleur mais il ne flancha pas et sourit même d'un air goguenard en voyant que son cousin s'était surement fait mal à la main en le frappant. Harry regretta instantanément son geste quand il vit le regard de son cousin.

- Dommage pour toi, tu ne sais pas cogner cousin ! Regarde je vais te montrer comment on fait.

La seconde qui suivit Harry se retrouva au sol le nez en sang et il était presque sûr qu'il pouvait voir des étoiles. Refusant d'abandonner et de s'avouer vaincu, le survivant se redressa, prêt à en découdre. Il vit les amis de son cousin s'approcher à leur tour mais Dudley les garda à distance, bien décidé à gagner cette bataille par lui-même.

- Allez debout Potter. Ça fait des années que je rêve de te donner une leçon. On fait moins le malin hein ! Ya plus personne pour te sauver, même ton précieux Sirius n'est pas là pour consoler le petit Potter qui fait des cauchemars. Bouhou, Sirius noooon, ne meurs pas Sirius, je suis désolé …. Lui aussi tu l'as tué ? Dit-il en imitant les cris plaintifs de son cousin.

Enragé, Harry se remit debout tant bien que mal et se jeta sur Dudley. Il ne faisait pas la moitié du poids de son goret de cousin mais la rage qui l'habitait lui donna la force nécessaire pour le faire tomber au sol et se placer au-dessus de lui. Le premier coup qu'il donna glissa sur le nez du jeune homme, le deuxième atterrît maladroitement sur son œil gauche et il alors qu'il préparait son troisième coup, il se sentit tiré en arrière par Piers et Malcolm qui le jetèrent au loin sans ménagement.

Harry n'en avait pas fini. Il savait qu'il n'avait aucune chance et pourtant, il ne rêvait que d'une chose, faire taire Dudley et ses sbires. Il fallait qu'il se défoule. Sans réfléchir il se releva et tira sa baguette magique de sa manche.

- Je t'interdis de prononcer son nom. Tu ne lui arrives pas à la cheville. Tu ne seras jamais la moitié de ce qu'il était …

Dudley allait répliquer quand il vit la baguette entre les mains de son cousin. Piers et Malcolm étaient hilares devant le bout de bois inoffensif que le jeune homme tenait comme une arme mais Dudley savait que cela n'était pas bon signe. Il en avait déjà fait l'amère découverte par la main d'autres sorciers.

- Mais qu'est-ce qu'il croit ? Qu'il va nous crever un œil ? Range ça gamin tu fais pas le poids. Rentres chez toi avant qu'on te fasse pleurer.

- La ferme Piers. Potter range ça ! Tu sais très bien que tu n'as pas le droit de l'utiliser. Ils vont te renvoyer de ton école de débiles !

- Toi la ferme Dudley. J'arrive pas à croire que je n'ai pas fait ça avant. Et au fond, je m'en fiche si je suis renvoyé. Tu l'as dit toi-même j'ai plus personne. Alors je m'en fiche … Je sais peut-être pas cogner mais ça je sais m'en servir et tu le sais très bien.

Il allait continuer quand il entendit soudain des pneus crisser et un coup de klaxon au loin. Les quatre adolescents se tournèrent vers la rue et Harry blanchit instantanément réalisant ce qu'il était en train de faire. Il rangea rapidement sa baguette et croisa le regard noir de son oncle installé derrière le volant de sa voiture qui s'était arrêtée juste en face du parc. Qu'avait-il fait …

Même Dudley ne riait plus à présent. Il savait que cela ne présageait rien de bon et même s'il n'aimait pas son cousin, il ne souhaitait cela à personne. La voiture redémarra en trombe et il la vit tourner maladroitement à l'angle de Privet Drive. Vernon était ivre. Encore.

- Tu vas te décider à partir ? Je serais toi je ne tarderais pas …

Harry trébucha, puis se remit sur ses pieds et se dirigea vers la sortie du parc. S'il rentrait maintenant il allait en prendre plein la figure il le savait. Il considéra un moment l'option de rester dehors jusqu'à ce que son oncle se calme ou s'endorme même. Mais même s'il attendait, il n'y avait aucune chance pour que Vernon oublie ce qu'il venait de voir.

Comment avait-il pu se laisser aller ainsi ? Au fond, il le savait. Les longues semaines d'enfermement, la violence de son oncle, le manque de nouvelles de ses amis et du monde sorcier tout cela l'avait lentement poussé à bout et il avait perdu les pédales.

Harry marcha longtemps et sans but précis dans le quartier, ne s'approchant jamais de la maison des Dursley. Quand il se décida enfin à renter, il faisait nuit noire et seule la lumière du salon était encore allumée, signifiant que les habitants de la maison étaient toujours éveillés. Le jeune homme tremblant inspira profondément, rassembla son courage et ouvrit la porte d'entrée.

Harry fit quelques pas dans l'entrée et remarqua rapidement que plusieurs objets jonchaient le sol du couloir ainsi que les escaliers. Son cœur manqua un battement quand il reconnut ses affaires d'école, ses capes et vêtements déchirés et étalés sur le sol. Sa malle était renversée au pied de l'escalier, l'encrier brisé s'était vidé sur les devoirs qu'il avait passés tant de temps à écrire. Tremblant, Harry s'agenouilla et tenta de rassembler ce qui pouvait être sauvé. Il entendit alors la porte claquer derrière lui et quand il se retourna il vit son oncle qui le toisait. Il avait une bouteille à la main et avait clairement continué à boire après son retour.

- Je t'ai vu sortir ton bout de bois maléfique contre mon fils ! J'en ai assez, c'est ton dernier soir ici, prend tout on bric à brac démoniaque et sors de nos vies. On a beaucoup trop fait pour toi, tout ce qui nous arrive est de ta faute et de tes tours de passe-passe. J'aurais dû me douter que tu nous avais jeté un sort. Je l'ai dit à Pétunia mais elle s'est laissé convaincre par l'autre vieux fou.

Harry avait rapidement cessé de l'écouter. Si dans une main son oncle tenait une bouteille, dans l'autre, il tenait l'album photo d'Harry. Comment l'avait-il trouvé - Harry le gardait précieusement caché sous une lame de parquet branlante en dessous de son lit. Le jeune homme se releva lentement sans quitter l'album des yeux. Il se fichait bien de ses livres et vêtements, mais cet album était ce qu'il possédait de plus cher.

- C'est à moi, rend le moi ! Je m'en fiche de cette maison, je vais partir mais pas sans ça.

Sentant le regard de son neveu peser sur lui, Vernon s'était maladroitement éloigné jusqu'au salon

- Si tu le veux tant que ça, va le chercher

Sans plus attendre, Vernon jeta l'album dans la cheminée qui était allumée malgré la chaleur de l'été.

- Non !

Harry perçu à peine le cri choqué de sa tante, il se précipita vers la cheminée pour tenter de récupérer son bien le plus précieux. Il réussit, non sans bruler sa main ainsi que son avant-bras. Trop occupé à inspecter les dégâts infligés à son précieux album, le jeune homme poussa un cri de surprise et de douleur quand il sentit qu'on l'attrapait par les cheveux. Le poing gras de son oncle s'abattit alors sur son visage, manquant de peu son nez déjà blessé quelques heures auparavant par le poing de son cousin, et il l'envoya valser contre le mur du salon.

- Ingrat … c'est tout ce que tu es ! Un monstre ingrat … toutes ces années à vivre ici gratuitement et tu te permets de menacer ma famille. J'aurais dû t'apprendre les bonnes manières bien plus tôt. Mais connaissant ce qui te servait de père c'était peine perdu.

Vernon titubait dans le salon montrant du doigt Harry tout en l'injuriant avant de lui asséner coups sur coups. Harry ne se laissait pas faire. Déjà enragé par sa bagarre avec son cousin et le fait de voir toutes ses affaires détruites, il rendait les coups tant qu'il pouvait et jetait des objets au visage de son oncle.

- Petrificus Totalus !

Vernon Dursley s'immobilisa soudainement et tomba au sol les bras collés le long de son corps, tandis qu'Harry essoufflé par son échange continuait de lui asséner des coups sans entendre les cris de sa tante ou de Remus qui venait d'arriver et tentait de lui faire entendre raison.

-Silencio

Il fallut deux paires de bras afin d'arrêter le jeune homme comme possédé par la rage. Harry ne semblait même pas ressentir la douleur de ses blessures à la main et au visage.

- Harry ça suffit ! c'est fini … calme toi, c'est fini

- Il a tout détruit, il a brulé l'album il ne reste plus rien, il a tout brulé

Harry luttait toujours, mais ses forces le quittaient, il sentit une main sur son épaule droite et une autre différente sur son épaule gauche tandis qu'une troisième main se posait contre son cœur qui battait la chamade.

- Harry, c'est Remus, il faut que tu te calmes. On est venu te chercher. Respire un bon coup, regardes moi … Harry

- Professeur Lupin …

- Oui Harry

Harry leva enfin les yeux et cessa de se débattre, prenant enfin conscience de ce qui l'entourait. Son oncle était au sol, seuls ses yeux bougeaient et il avait une vilaine coupure au niveau de son sourcil gauche causé par l'un des coups de son neveu. Sa tante, vêtue de sa robe de chambre était recroquevillée dans un coin de la pièce et elle semblait hurler sans qu'aucun son ne sorte de sa bouche.

Le salon était un véritable champ de bataille, les affaires d'Harry était éparpillées sur le sol, son album en lambeaux était près de la cheminée et Harry était assis au milieu de la pièce, le visage tuméfié et le bras blessé par les flammes. A sa gauche, il reconnut Charlie Weasley qui pressa légèrement son épaule d'une main en signe de réconfort quand il croisa son regard.

- Failamalle

Harry suivit du regard les papiers et vêtements qui virevoltaient vers sa malle et son regard tomba sur Tonks qui agitait sa baguette d'un geste sûr afin de ranger les affaires du jeune homme. Les cheveux de la jeune aurore étaient noirs de jais tout comme ses yeux et sa peau était d'une pâleur à faire peur. Si comme elle l'avait dit, son apparence était semblable à son humeur alors cela ne laissait rien présager de bon.

- Harry

Harry leva les yeux vers Lunard, le dernier des Maraudeurs, qui semblait désespéré de voir le fils de son ami dans un tel état. L'adolescent n'avait aucune idée de ce qu'il devait ressentir à cet instant. De la colère suite à cette journée et ce moment infâme ? Du soulagement de voir des visages familiers et bienveillants ? De la honte de savoir qu'ils l'avaient vu dans cet état et que bientôt tout le monde saurait ce qu'il vivait chez sa famille moldu ? Harry ressentait beaucoup trop d'émotions contradictoires et il n'arrivait plus à faire le tri. Il avait envie de hurler, de pleurer mais rien ne sortait.

- Faites-moi sortir d'ici … s'il-vous plait…

La requête ressemblait plus à un appel à l'aide, une plainte déchirante. Les trois adultes se regardèrent un instant, inquiets, puis Charlie se leva afin d'aider le jeune homme à faire de même.

- C'est pour ça qu'on est là Harry. On a un portoloin prêt à nous emmener près de tu sais où. Dit-il tandis que Tonks rapetissait la male du Survivant. Tu peux marcher ?

Toujours sonné, Harry fit quelques pas et hocha la tête.

- Bien ! On peut partir de ce trou alors ! dit Charlie avec un sourire

Sans un regard derrière eux, les quatre sorciers se réunirent au centre de la pièce afin de toucher la bague portée par Tonks. Cinq secondes plus tard ils avaient disparu ne se souciant pas un seul instant des cris sourds de Pétunia Dursley ou du regard effrayé de Vernon Dursley toujours paralysé sur le sol.