Hello, tout le monde ! J'aimerais remercier SaniaWive, Lerugamine et Loulou pour leurs reviews qui m'ont vraiment fait plaisir.
Regina lily Swan : Très franchement, c'est ta review qui m'a fait le plus plaisir et qui m'a donné envie de poster quelque chose qui je l'espère, te plaira tout autant. Je suis contente que tu aimes Rosemary, oui, elle est puissante (elle ne réalise même pas encore à quel point et elle deviendra encore plus puissante à mesure que le temps passe. Je suis contente que tu l'aimes, c'est un personnages à qui j'ai donné beaucoup de qualités, mais aussi beaucoup de défauts et j'espère que tu continueras de l'aimer. Merci, pour tout.
Disclaimer : Si Harry Potter m'appartenait, ça se saurait.
Tom Jedusor - Ben Barnes
4) Fourchelang, Dispute et Samain
07.09.1991, Ecosse, Location introuvable, Poudlard, La grande salle, 7 :57
Rose était en train d'étudier son livre de latin (techniquement, c'était le livre de To… du professeur Jedusor, mais elle se l'était en quelque sorte approprié sans aucune honte) lorsqu'elle sentit que quelqu'un l'observait. C'était une sensation qu'elle ressentait fréquemment depuis qu'elle était à Poudlard. Elle en avait presque l'habitude. Elle releva néanmoins la tête juste à temps pour croiser les jolis yeux violets de Daphné Greengrass.
Cette dernière détourna vite la tête et reprit sa conversation avec Blaise Zabini.
Daphné était un cas intéressant. Elle ne l'avait jamais insulté, jamais adressé la parole, jamais menacé, jamais ridiculisé. Elle et Zabini étaient les seuls à n'avoir rien tenté contre elle.
Mais elle l'avait observé avec plus de minutie que quiconque.
Rose était curieuse de savoir pourquoi, mais pas assez pour lui demander une explication. Très franchement, l'opinion des autres la laissait de marbre. Elle retourna à son livre sans se préoccuper davantage de sa camarade.
Bien qu'elle ait finit les retenus que Tom Jedusor lui avait donnés, elle avait réussi entre temps à en écopé quatre autres. Elle admettait avoir mérité les deux premières, elle l'avait après tout traité de sadique sans cœur psychopathe. Deux fois. Mais les deux suivantes étaient totalement injustifiées. Elle se serait bien plainte à quelqu'un mais ne l'avait pas fait pour deux raisons. La première, était qu'elle n'avait personne à qui se plaindre. La seconde, était que les retenues avec lui ne la dérangeaient pas plus que ça. Elle adorait apprendre et son professeur adorait enseigner. Même indirectement.
Son premier cours de la journée –botanique- se passa sans encombre si on ignorait les regards dorénavant terrifiés des Poufsouffle.
Ils avaient sans doute réalisé à quel point ils avaient été stupides d'insulter une mage noire en puissance, pensa-t-elle. Non, mais quelle idée ! Rose avait presque envie de leur offrir un sourire diabolique, mais encore une fois, ils n'étaient pas dignes de son attention. Elle se demanda néanmoins comment ils réagiraient lorsqu'ils apprendraient qu'elle était une fourchelang.
En parlant de fourchelang, elle n'avait toujours pas raconté à Harry ce petit détail.
Malgré leur dispute (Etait-ce vraiment une dispute si Rose avait été la seule à crier et à s'énerver ?) les jumeaux s'étaient quand même réunis pendant le week-end pendant deux heures, chaque après-midi, comme ils s'étaient mis d'accord.
Elle fut la première à arriver en salle de défense, excitée à l'idée de commencer avec sa nouvelle matière préférée.
Elle frappa à la porte.
-Entrez, fit Tom d'un ton neutre.
Elle entra et s'assit à sa table habituelle. Ça ne la dérangeait plus de s'asseoir seule. Elle observa son professeur en train de lire ce qui semblait être un manuscrit aussi vieux que le château, lui-même.
-Professeur.
Rose hésita pendant une demi-seconde avant de demander.
-Vous m'apprendriez la magie sans baguette ?
Tom releva les yeux, pour croiser les yeux anxieux de son élève. Rose se mordit l'intérieur de la joue. Tom… n'était pas quelqu'un de gentil, et elle le savait. Elle l'imaginait très bien en train de demander quelque chose en contrepartie, mais l'idée d'apprendre la magie, la vraie magie sans aucun outil pour l'assister était un rêve.
-Je vais y réfléchir.
Rose fut déçue pendant une seconde avant de se consoler. Il n'avait pas dit non. Et puis, elle avait encore beaucoup de choses à apprendre entre temps ! Rien ne pressait.
-D'accord, dit-elle.
-Pourquoi cet intérêt ?
-Ce que moi, je ne comprends pas, c'est pourquoi n'y-a-t-il pas plus de gens intéressé ! C'est comme si personne ne se rendait compte que sans baguette, ils sont aussi vulnérable que des moldue !
-Avec le temps, les sorciers sont devenus paresseux. Convaincus d'être au sommet de la chaine alimentaire. Rares étaient ceux qui se donnaient la peine d'apprendre et de s'entraîner, d'où la rumeur que faire de la magie sans baguette était un exploit. Le ministère a encouragé cette pensée évidemment.
-Mais pourquoi ? S'insurgea Rose.
-Imagines qu'un groupe d'aurores capture un dangereux criminel. Il suffit de lui retirer sa baguette pour que la menace soit écartée. Il n'aurait besoin de maitriser qu'un seul sort sans baguette pour devenir encore plus dangereux. Quelqu'un capable d'utiliser sa magie sans aucune restriction serait pratiquement imbattable.
Rose hocha la tête lentement. Elle comprenait. Ca ne voulait pas dire que la réponse lui plaisait, mais elle comprenait au moins.
-Il y a beaucoup de conspirations du ministère dont je devrais être au courant ?
Tom laissa échapper un ricanement sarcastique.
-Tu n'as pas idée.
-Je veux quand même apprendre, dit-elle.
Leur conversation fut interrompue lorsque le professeur Quirell entra. Le reste de la classe ne tarda pas à les rejoindre. Ce jour-là, le professeur Jedusor leur enseigna le sortilège d'écran de fumée, très utile pour faire diversion. Rose le réussit dès son premier essai, récoltant cinq points pour Serpentard. Elle se fichait royalement de la coupe des quatre maisons et n'hésita pas à le dire à Tom durant le week-end. Sa réponse, fut que les points qu'elle gagnait, était la seule chose qui empêchait les Serpentard de la lyncher pour avoir attaqué Pansy Parkinson…ça bien sûr, et son pouvoir sur le feu… quelque chose lui disait qu'il savait exactement ce qui s'était passé entre elle et le reste de sa maison.
Elle passa le reste du cours à lire son manuel de latin, jusqu'à ce que Tom ne lui prenne le manuel et lui frappe l'arrière de la tête assez fortement.
-Si tu veux prendre de l'avance, prend de l'avance en défense contre les forces du mal, pendant mon cours. Je te confisque ceci, tu le trouveras après ta retenue.
Rose grogna et s'apprêtait à protester mais fut interrompu par Nagini :
-Rossa ! Rossa ! J'ai besoin de caresses, Tom a été ignoble avec moi toute la matinée !
La classe se figea à l'entente des sifflements, se demandant d'où ils provenaient et surtout pourquoi la fille Potter pouffait de rire, alors que le professeur Jedusor avait l'air agacé. Lavande Brown fut la première à apercevoir le python et laissa échapper un cri perçant, faisant paniquer tout monde. La sorcière grimpa sur son siège et fut bien vite imité par la plupart de la classe.
Tom se contenta de soupirer et de se tenir l'arête du nez.
-Miss Brown, dix points en moins. Arrêtez de hurler comme une banshee, ce n'est que mon familier et… Nagini, je n'ai pas été ignoble, je t'ai juste empêché de manger Rogue. Je l'ai fait pour toi, je suis sûr qu'il a mauvais gout.
Les rires de Rose redoublèrent et elle se pencha pour aider Nagini à s'enrouler autour d'elle. Elle s'empressa de lui faire des mamours et à lui siffler doucement en fourchelang.
-Là, là, ma belle Nagini. Tom est ignoble, n'est-ce pas ? Tu voulais rendre service à la communauté et nous débarrasser de la vielle chauve-souris géante, et il t'en a empêché.
Nagini hocha la tête et siffla de contentement sous les caresses de la jeune sorcière. Elle aimait son sorcier, mais il restait un male. Avoir une femelle dans les environs avait ses avantages.
-Ne m'appelle pas Tom.
Rose, affectueusement surnommé Rossa par le serpent, fronça les sourcils.
-Pourquoi ?
-Mis à part le fait que je suis ton professeur et que tu me dois le respect ? Demanda-t-il, sarcastique.
Elle n'aimait pas du tout son raisonnement.
-Le respect, ça se mérite. Tu ne gagneras probablement jamais le mien, dit-elle effrontément.
-Je vois… deux semaines de retenus, petite peste.
Ecosse, Location introuvable, Poudlard, 7ème étage en face de la peinture de la grosse dame, 16 :50.
-Dites-moi au moins ou je peux le trouver ! Je ne demande pas à entrer, je veux juste parler avec mon frère, c'est trop demandé ?! S'énerva Rose.
-On ne me l'a fait pas à moi, petite fille. Vous êtes à Serpentard, et vous ne connaissez pas le mot de passe. Pas de mot de passe, pas d'entrée.
-Mais je ne veux pas entrer, je veux juste parler avec mon frère ! Cria-t-elle.
Rose pensait que les tableaux de Salazar Serpentard et des moines ivres étaient insupportables, mais c'était avant de rencontrer le tableau qui menait à la salle commune des Gryffondor. Elle avait trouvé le titre de grosse dame offensant au début, mais changea vite d'avis lorsqu'elle rencontra l'horrible bonne femme. Ce titre lui allait à merveille.
Rose qui avait été si excitée par son premier cours de Vol, était dorénavant morte d'inquiétude. Elle était partagée entre l'idée de pénétrer par effraction dans la salle commune des Gryffondor pour être rassuré sur le sort de son frère et l'envie d'étrangler Draco Malfoy qui s'en était tiré.
Elle avait tenté d'intercepter des élèves de Gryffondor pour qu'ils puissent lui envoyer son frère, mais aucun d'eux n'étaient enclin à l'aider. Surtout maintenant que tout le monde étaient au courant qu'elle était une fourchelang.
Les Poufsouffle et Serdaigle étaient terrifiés par elle. Ça avait été plutôt amusant de voir un élève de Serdaigle de septième année hurlait comme une petite fille lorsqu'il se heurta à elle. Mais l'amusement avait vite fait place à l'irritation. Elle avait onze ans et parlait une langue peu orthodoxe, ça devenait vite ridicule.
Les Serpentard étaient mitigés, certains la regardaient avec une sorte d'admiration inquiétante, d'autres avec méfiance et hésitation. Rose avait l'impression qu'ils regrettaient vraiment de se l'être mit à dos dès le premier soir.
Mais les Gryffondor eux, la haïssait. C'était aussi simple que ça. Et très franchement, elle n'avait aucune envie de se fatiguer à leur expliquer que oui, elle avait une âme et que non, elle n'avait aucune envie de dominer le monde. Une petite voix dans sa tête lui murmura « pour l'instant » et elle fit de son mieux pour l'ignorer.
Abandonnant son combat perdu d'avance avec le portrait, elle s'assit sur la plus haute marche des escaliers et sortit son manuel de Potions. Elle était décidée de ne pas laisser la moindre occasion à Rogue de se plaindre de son travail. Elle fut interrompue près d'une demi-heure plus tard.
-Rosie ?
-Harry !
La petite sorcière abandonna son manuel pour sauter sur son frère et le prendre dans ses bras.
-Tout va bien ? Tu n'es pas renvoyé, n'est-ce pas ? Impossible qu'on te renvoi pour si peu ! Oh, quand j'attraperais Malfoy je lui ferais regretter le jour où il est venu au monde ! Ce sale petit fils de…
-Rosie ! L'interrompit Harry.
Ron ouvrit de grands yeux. Il n'était pas au courant que Rose Potter jurait comme un charretier.
-Tout va bien, je ne suis pas renvoyé. Au contraire, McGonagall a dit que j'étais…
Ce fut au tour de Harry de se faire interrompre. Par un coup de coude aux cotes qui le fit grimacer.
-C'est une Serpentard ! Siffla Ron.
Rose fronça les sourcils. Apparemment son frère n'avait pas eu de problèmes, ce qui était une bonne chose. Apparemment Ron Weasley lui disait de garder quelque chose qui le concernait secret, et ça, ce n'était pas une bonne chose.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda Rose doucement à son frère.
-Euh, je ne peux pas te dire, marmonna Harry gêné.
Rose recula, presque surprise d'être aussi blessée.
-Parce que je suis à Serpentard et que j'arrive à parler aux serpents ? Demanda-t-elle tout bas.
-Non ! C'est juste que…on m'a demandé de ne rien dire, répondit Harry faiblement.
-Mais ton ami sait.
-C'est mon meilleur ami, le défendit Harry. Et puis toi non plus, tu ne m'as pas dit que tu étais fourchelang !
-Je t'avais dit que le boa constrictor nous avait remerciés quand tu l'as libéré du zoo, tu pensais que j'avais rêvé, lui répondit Rose comme détachée.
-Bon, écoutes, tu sauras ce qui se passe bien assez tôt, je te le promets.
Il embrassa sa sœur sur la joue et fronça les sourcils lorsqu'il la vit toujours aussi triste. Il n'aimait pas la voir triste. Rosie n'était jamais triste. Plus depuis très longtemps en tout cas. Elle avait l'habitude de canaliser toutes ces émotions négatives pour en faire quelque chose.
-Ne fais pas cette tête, il m'est arrivé une bonne chose ! Sois contente pour moi Rosie, murmura-t-il contre son front avant de l'y embrasser.
Elle hocha la tête et lui offrit un sourire crispé.
-On se voit demain, après-midi ?
Harry grimaça.
-Euh non, je ne peux pas. J'aurais quelque chose à faire presque tous les après-midi à partir de demain.
Rose hocha d'un air hébété la tête et vit son frère s'éloignait avec Ron Weasley et entrait dans sa salle commune. Elle ramassa lentement ses affaires sous le regard empreint de pitié de la grosse dame qu'elle décida d'ignorer. Elle commença à descendre les escaliers pour croiser Neville Londubat.
Neville était sans doute le seul élève de Gryffondor qu'elle connaissait à réellement avoir une raison de détester les Serpentard. Entre Rogue, Malfoy et les élèves de sa maison plus âgés qui aimaient intimider les premières années pour leur amusement, Neville avait toutes les raisons du monde de les détester. Mais il ne les détestait pas. Il avait peur d'eux.
Après une plutôt longue conversation avec le Choixpeau magique, Rose savait que si Neville avait été envoyé à Gryffondor, c'est qu'il y avait de la bravoure caché en lui.
Lorsqu'il la vit, Neville pâlit légèrement et tenta de faire demi-tour mais glissa et tomba sur son postérieur.
Rose se précipita vers lui et se pencha.
-Tout va bien ? Tu ne t'es pas fait mal ?
Neville la regarda bouche-bée. Il ne s'attendait tout de même pas à ce qu'elle rit et le laisse par terre ? Surtout après qu'il soit tombé de son balai i peine quelques heures ? Apparemment si.
-N-n-non, je…je vais bien.
-Et ton poignet ?
-Madame Pomfresh l'a guérit rapidement.
-Oh, t'en mieux.
Rose tenta de lui adresser un sourire qui ressembla sans doute plus à une grimace avant de reprendre sa route. Le pauvre garçon était suffisamment terrifié comme ça, elle n'allait pas lui imposer sa présence plus longtemps.
08.09.1991, Ecosse, Location introuvable, Poudlard, La grande salle, 08:01
Les Pouvoirs que vous avez toujours eus sans le savoir et comment les utiliser maintenant que vous êtes un peu plus sage, était une déception monumentale. Le livre ne mentionnait pas du tout les pouvoirs qu'elle possédait et elle avait bien envie de balancer son livre sur la tête de quelqu'un. Peut-être Malfoy tiens…Ou Rogue. Ou même encore Harry.
Si elle n'était pas certaine de recevoir un maléfice cuisant de la part de madame Pince, la bibliothécaire à l'allure de vautour, Rose l'aurait fait sans hésiter.
-Excuse-moi ?
Rose releva la tête pour croiser le joli visage de Daphné Greengrass. La sorcière était une réelle beauté. Elle dépassait Rose de plusieurs centimètres, ses yeux ressemblaient à deux améthystes et ses cheveux blonds dorés étaient noués en une élégante tresse relevée comme un bandeau au-dessus de la tête.
Rose haussa un sourcil. Elle se demandait quand Greengrass viendrait enfin lui parler. Elle la suivait du regard partout où elle allait depuis une semaine, maintenant.
-Oui ?
-Tu cherches des informations sur ton pouvoir, n'est-ce pas ? Dit-elle en mentionnant le livre qu'elle tenait à la main.
Rose, ne pensant pas utile de mentionner qu'elle en possédait plus d'un, hocha la tête.
-Tu es une élémentaliste.
Une élémentaliste ? Le terme était si évident que Rose se sentit rougir de ne pas l'avoir deviné.
-Oh. Merci.
-Mais je doute que tu puisses trouver un livre sur le sujet dans la bibliothèque de l'école, continua Daphné.
-Je pensais que la bibliothèque de Poudlard était une des plus grandes de tout le pays.
Daphné étouffa un rire.
-Elle l'est. Mais ce sont des livres qu'on peut trouver partout, ils sont censés aider pour tout ce qui est académique. Quand tu cherches quelque chose d'aussi personnelle, c'est dans la bibliothèque familiale que tu dois chercher. Je pensais que tu saurais tout ça, c'est pour ça que je ne te l'ai pas dit plus tôt.
-Comment est-ce que je suis censé savoir tout ça ? Je suis pratiquement une née-moldue ! J'étais au courant de mes pouvoirs mais ça n'allait pas plus loin que ça, s'énerva Rose.
Ça voulait dire qu'elle aurait pu obtenir des informations cet été. Si seulement elle avait passé plus de temps à Gringottes ! Au diable les insupportables gobelins, elle les supporterait si ça voulait dire avoir des réponses.
-J'ai cherché la bibliothèque des Greengrass de fond en comble sans rien trouver chez moi, si tu trouves des informations, fais m'en part ? Ça m'intéresse.
Rose haussa les deux sourcils.
-Sans offense, mais je n'ai pas trop envie d'offrir des informations à mon sujet à n'importe qui.
Daphné ouvrit la bouche pour se défendre et s'expliquer mais la referma vite fait. Elle dut faire des efforts herculéens pour se retenir de rougir face à ses deux yeux verts bien plus intelligents que ce à quoi elle s'attendait. Ses intentions n'étaient peut-être pas mauvaises mais elle avait bel et bien essayé de manipuler Rose Potter. Et cette dernière, s'en était rendu compte.
-Je ne voulais pas me montrer présomptueuse… commença-t-elle
-Non, bien sûr que non. Juste profiter de mon ignorance sur le monde de la magie, répliqua Rose en se levant.
Elle prit sa besace et son livre et prit la direction de la sortie au moment même où les hiboux vinrent déposer le courriel. Un énorme paquet fut déposé à la table des Gryffondor qu'elle suivit du regard.
Ses yeux se posèrent rapidement sur son frère et elle fronça les sourcils. Il avait l'air pale et fatigué mais souriait de toutes ses dents. Rose se demanda s'il avait dormit. Draco Malfoy le fusillait du regard depuis la table des Serpentard comme s'il avait commis une grave offense et Rose était légèrement soucieuse du degré d'obsession que Malfoy vouait à son frère.
Elle était à peine sortit qu'Harry et Ron se hâtèrent eux aussi de quitter la salle pour aller déballer le paquet loin des regards. Mais Crabbe et Goyle leur barrèrent le chemin de l'escalier et Malfoy prit le paquet des mains de Harry.
-Qu'est-ce qui se passe ? Fit Rose en s'avançant pour s'interposer entre Harry et les trois bouffons avec qui elle partageait malheureusement une salle commune.
-Ca m'a l'air d'être un balai, dit Malfoy en tâtant le paquet.
-Non, vraiment ? Fit Rose. Je pensais que c'était une plante.
Harry laissa échapper un sourire qu'elle ne vit pas.
-Rend son paquet à mon frère avant que je ne te mette mon poing dans la figure ! Je me retiens depuis hier quand tu as volé le rappeltout de Neville et tenté de faire expulser mon frère.
A la stupéfaction de Harry et Ron, Malfoy rendit le paquet immédiatement.
-Les premières années n'ont pas le droit d'avoir de balai, se contenta-t-il de dire.
Ron ne put se retenir.
-Ce n'est pas n'importe quel balai, dit-il, c'est un Nimbus 2000. C'est quoi, déjà, la marque du tien ? Un Comète 260, c'est ça ? Les Comète, c'est pas mal quand on n'y regarde pas de trop près. Mais évidemment, les Nimbus, c'est une autre classe.
Rose leva les yeux au ciel. Elle avait bien envie de le prendre ce balai et de l'assommer avec. Et puis qu'est-ce qui la retenait ?
-Qu'est-ce que tu en sais, Weasley, répliqua Malfoy. Tu n'aurais même pas de quoi te payer la moitié d'une poignée. Toi et tes frères, vous les achetez brindille par brindille.
Avant que Ron ait eu le temps de répondre, le professeur Flitwick apparut à côté de Malfoy.
-J'espère que vous n'êtes pas en train de vous disputer ? Couina le professeur.
-Potter s'est fait envoyer un balai, dit Malfoy.
Rose se mit à jurer en fourchelang si bas que seul Malfoy l'entendit. Il pâlit considérablement sous le regard froid que lui jetait la sorcière. Cette dernière se mit à récitait mentalement tous les sorts qu'elle comptait pratiquer cette semaine en se demandant lequel ferait le plus mal. Elle venait de trouver une cible parfaite.
-Oui, oui, bien sûr, répondit le professeur Flitwick en gratifiant Harry d'un sourire rayonnant. Le professeur McGonagall m'a mis au courant. De quel modèle s'agit-il ?
-C'est un Nimbus 2000, Monsieur, dit Harry qui s'efforça de ne pas éclater de rire devant l'expression horrifiée de Malfoy. Et c'est grâce à Malfoy que j'ai pu l'avoir.
Puis Harry et Ron montèrent l'escalier en essayant de ne pas rire trop fort, en oubliant complètement que Rose était encore en bas.
De quoi McGonagall avait-elle discuté avec Flitwick ? Depuis quand avait-il des secrets ?
Malfoy sentit sa fureur s'évanouir en voyant l'expression peiné de sa camarade de classe. Il détestait peut-être Harry Potter, mais contrairement à l'impression qu'il avait donnée, il ne détestait pas Rose Potter. Bien sûr, il avait eu envie de la punir lorsqu'elle l'avait humilié dans le Poudlard Express, mais après s'être calmé, il avait vite réalisé que c'était en partie sa faute. Il l'avait ignoré puis insulté et lorsqu'il essaya de se venger, elle ne perdit pas de temps à montrer l'étendue de ses pouvoirs.
Après cet incident, il ne tarda pas à envoyer une lettre à son père pour demander conseil. Ce dernier lui conseilla de faire en sorte de l'avoir comme allié. D'être subtile et fin dans son approche. D'attendre qu'elle se sente complètement seule avant qu'il ne propose une alliance dont elle aurait besoin.
Lorsque Draco envoya une seconde lettre à son père lui expliquant qu'elle était également fourchelang en plus d'élémentaliste, son père lui conseilla d'oublier la subtilité et d'en faire son allié dès que possible.
Nul doute que le reste des Serpentard l'approcherait également. Ils n'attendaient qu'une chose. Qu'elle s'éloigne de son frère.
-Faudra t-y faire Potter. Tu es à Serpentard. Il est à Gryffondor. Selon eux, on est tous des monstres sans cœur, lança-t-il à Rose.
Elle le fusilla du regard avant de prendre le chemin de leur classe de sortilèges. Draco se débarrassa vite de ses deux gorilles pour la suivre.
-Il te traite comme une moins que rien, tu vas devoir l'accepter Rose…
-C'est Rosemary !
Draco leva les yeux au ciel.
-Si tu veux passer sept ans sans aucun ami à Serpentard, grand bien te fasse. Mais tu seras toute seule, parce que ton frère a déjà choisi son camp.
-Camp ? Mais de quel camp tu parles ? La lumière et les ténèbres, la magie noire et la magie blanche ? Serpentard et Gryffondor ? Tout ça n'a aucune importance pour moi. Harry peut être ami avec qui il veut, ça m'est égal, je suis et resterais toujours sa sœur jumelle. Tu me parles d'amis à Serpentard, ne me fais pas rire ! Après l'accueil que j'ai reçu, tu crois vraiment que je suis encore intéressée ? Fiches moi la paix, Malfoy. Je n'ai pas peur de me salir les mains et je te dois encore un coup de poing.
Rose s'éloigna furieusement de lui. Elle s'en voulait d'avoir crié. Elle aurait dû juste le frapper sans aucune explication. Elle ne lui devait absolument rien.
Après ça, Draco jugea préférable d'attendre qu'elle n'ait plus l'air d'avoir envie de le tuer avant d'essayer de faire d'elle son allié.
09.09.1991, Ecosse, Location introuvable, Poudlard, Le bureau de Tom Jedusor, 17 :36
-Quid agis ? Fit Rose lorsqu'elle arriva pour sa retenue dans le bureau de Tom.
-Je vais bien, répondit ce dernier sans relever les yeux de la lettre qu'il rédigeait. Tu es en retard.
-Salazar m'a retenu, répliqua-t-elle en haussant les épaules.
Rose prit son siège habituel et sortit ses affaires. Aussi étrange cela puisse paraitre, ces retenues étaient les meilleurs moments de sa journée et Rose trouvait ça terriblement… triste. Et pathétique. Elle se força à penser à autre chose.
Rose détestait la conjugaison latine. Elle n'avait jamais rien vu d'aussi compliqué. Tous les jours, plusieurs fois par jour, elle s'efforçait de retenir toute une liste de mot pour élargir son vocabulaire et tentait d'apprendre la conjugaison et la grammaire pour compléter le tout. Et même si elle adorait apprendre, et encore plus lorsque c'était quelque chose qui l'aidait dans la vie de tous les jours, ça ne l'empêchait pas d'avoir parfois envie de s'arracher les cheveux.
Elle fut distraite de son dictionnaire par les sifflements de Nagini qui réclamait ses caresses quotidiennes. Rose qui adorait le serpent s'y attela immédiatement sous le regard mi- amusé, mi- incrédule de Tom Jedusor.
-Tu l'as gâtes trop, dit-il.
Nagini protesta bruyamment.
-J'adore les animaux, expliqua Rose. Je me suis toujours sentit plus à l'aise avec eux qu'avec les humains.
C'était vrai, d'ailleurs la sœur de Vernon avait toujours détesté qu'elle s'entende bien avec ces chiens. Rien que pour ça, Marge la détestait plus que son frère.
-Tu n'as pas acheté d'animal au chemin de traverse ? Demanda Tom.
-Hmm…non. Hagrid nous a offert une magnifique chouette pour notre anniversaire, mais elle a clairement choisit Harry comme sorcier. Et sinon, ce n'est pas quelque chose dont j'ai absolument besoin.
Rose caressa la douce peau du reptile qui se reposait sur ses épaules. Nagini était vraiment lourde et Rose avait du mal à la porter sans se plier sous son poids mais n'osait pas le dire au serpent. Quelque chose lui disait qu'elle se vexerait. Et Rose n'avait aucune envie de vexer un serpent venimeux.
-Tu devrais t'en procurer un. Lorsqu'un animal et un sorcier forment un lien assez fort, il existe un rituel pour solidifier ce lien, créant un familier. Les familiers sont de fidèles compagnons, et tous les grands sorciers en ont un.
Rose fut immédiatement intéressée, avant de se rappeler :
-Mais je pensais que les rituels étaient interdits au Royaume-Uni, c'est ce qu'a dit le professeur Sinistra.
Tom lui offrit son fameux regard qui donnait l'impression à l'interlocuteur d'avoir dit quelque chose de particulièrement stupide. Oh, comme elle détestait ce regard quand c'était elle, qui le recevait.
-Tu n'as pas encore saisit la règle d'or des Serpentard ?
Les yeux de Tom virèrent au rouge sang et Rose se sentit se pencher vers lui, complètement fasciné par cet homme.
-Ne te fais jamais prendre.
Rose se sentit rougir sans comprendre pourquoi et fronça les sourcils en essayant de reprendre le control de ses esprits. Le sourire satisfait qui étirait ses lèvres l'agaça prodigieusement et elle s'empressa de changer vite de sujet en lui posant une question sur la défense contre les forces du mal.
Tom Jedusor avait d'innombrables défauts derrière son beau visage. Elle ne les connaissait pas, pas encore, mais elle le sentait instinctivement qu'il n'était pas aussi parfait que le pensaient les filles les plus idiotes de sa promotion. Ses camarades étaient tous terrifiés par lui, jusqu'à un certain degré. Même les filles qui bavaient rien qu'à sa vue. Il avait le pouvoir magique, politique et financier, il était séduisant même si d'après la rumeur, beaucoup plus vieux qu'il n'y paraissait. Tom Jedusor était un mystère. Une énigme. Et tout comme le reste de ses camarades Rose était également terrifié par lui, mais pour une tout autre raison. Pour une raison qu'elle ne comprenait absolument pas, tout son être réagissait à sa présence. Elle sentait sa magie remuait en elle, sa baguette se réchauffer, ses yeux le suivre lorsqu'il entrait dans une pièce. Et ça l'effrayait.
Et donc, elle s'efforçait de ne pas y penser.
-Depuis hier, tous les Serpentard essaient de me lécher les bottes, dit-elle lorsqu'elle eut finit sa retenue.
Ils étaient tous les deux en route vers la grande salle et Nagini était toujours enroulée autour d'elle. Rose supportait le poids du python sans se plaindre.
Tom laissa un sourire amusé apparaitre sur son visage.
-Evidemment. Tu es une élémentaliste et une fourchelang. Très franchement, je suis étonné qu'ils ne t'aient pas abordé plus tôt. Ca a sans doute avoir avec ta merveilleuse personnalité, se moqua-t-il.
Rose du se retenir de lui tirer la langue. Certes, elle avait menacé de bruler vifs toute une bande de gamins lorsqu'ils l'avaient menacé, mais de là à critiquer sa personnalité… tout à coup, Rose se souvenu du commentaire de son professeur au sujet des Black, la famille de sa grand-mère : « Les Black sont connus pour produire des Metamorphomages et des psychopathes sadiques… Surtout des psychopathes sadiques »
Si Rose n'avait pas eu un serpent de plus de deux mètres de long sur les épaules, elle aurait haussé les épaules. Si elle avait ça dans les gènes, c'est qu'elle n'y pouvait rien.
-Hey, comment tu sais que je suis une élémentaliste ? Demanda-t-elle tout à coup.
-Nagini était dans la salle commune ce jour-là. C'est une commère de la pire espèce.
- Calomnies ! Siffla Nagini indignée.
Rose s'esclaffa et Tom sourit paresseusement alors qu'ils entraient dans la grande salle.
19.09.1991, Ecosse, Location introuvable, Poudlard, Salle de défense, 09 :22
Rose observait paresseusement depuis sa place à côté de Tom, ses camarades tentaient de pratiquer le maléfice de repoustout Flipendo. Elle avait appris ce maléfice durant l'été et avait accidentellement jeté sa malle par la fenêtre. Harry avait dû la retenir de suivre la malle.
Ayant reconnu le sort qu'elle avait utilisé contre Draco Malfoy, Harry et Ron étaient excités d'apprendre ce maléfice au cas où le Serpentard décidait de recommencer à leur faire des misères. Ce dernier les avait laissés plutôt tranquille depuis que ses plans s'étaient retournés contre lui. Il avait un nouveau projet en tête. Se rapprocher de Rose Potter. Mais ça, Harry ne le savait pas, s'il le savait il passerait plus de temps avec sa sœur, qu'avec Ron à parler Quidditch et de ce chien à trois têtes qui gardait quelque chose.
Tom, à côté d'elle, lisait un livre en français, et se fichait complètement de ce qui se passait en classe. Apparemment, il y avait des jours où il n'avait tout simplement pas envie d'enseigner et reléguait la tâche à son assistant. En apprenant ça, Rose ne savait pas si elle devait rire ou pleurer. Une part d'elle avait eu envie de rire en voyant la tête de ses camarades, en particulière Granger, mais une autre part d'elle avait envie de pleurer. L'enseignement de Quirell était une blague ! Il n'y avait pas d'autre façon de le dire et personne ne le prenait au sérieux. Il avait passé le début du cours à parler de vampires, de sa voix irritante et bégayante avant que Tom n'ait pitié et lui ordonne de leur enseigner un maléfice qui leur serait utile.
Lorsqu'elle sentit que quelqu'un l'observait, Rose tourna la tête pour croiser le regard furieux d'Hermione Granger. Très franchement, Rose ne savait pas quoi faire à son sujet. Elle avait l'impression que si elle n'avait pas été à Serpentard, si elle avait demandé au Choixpeau de l'envoyer dans la même maison que son frère, les deux filles auraient été amies. Intelligentes et fascinées par la magie. Déterminées à tout apprendre. Elles auraient pu être les meilleures amies. Mais Hermione ne la considérait que comme une rivale et rien d'autre. Hermione ne voyait qu'une fille de Serpentard qui lui volait sa place en tant que meilleure élève, elle ne voyait pas que tout comme elle, Rose n'avait pas d'ami et se sentait seule.
Détournant son attention, elle observa son professeur quelques secondes avant de lui demander :
-Tu parles combien de langues ?
-Dix-sept, répondit-il sans détourner son regard de son livre.
-Tu m'en apprendras une autre après que j'ai maitrisé le latin ?
-Je ne t'apprends absolument rien, tu t'apprends toute seule. Tout ce que je t'ai fourni, ce sont les livres.
-Alors, fournis-moi d'autres livres !
-Petite insolente, siffla Tom.
Il la poussa de son bureau ou elle était assise et elle tomba à la renverse.
-Espèce de salaud !
Allongé par terre, elle ignorait que tout le monde les observait avec la subtilité d'Hagrid. Son frère fronça les sourcils et aurait bien dit à Jedusor de la laissait tranquille mais Ron l'en empêcha. Lorsqu'il vit Rose se relever et siffler quelque chose d'incompréhensible en fourchelang, il laissa tomber l'affaire. Le professeur de défense n'était pas le professeur qu'il détestait le plus. Ce titre revenait à Rogue. Mais Jedusor n'était pas loin. Bien qu'il n'ait pas eu l'occasion de passer beaucoup de temps avec sa sœur, il n'appréciait pas du tout qu'elle passe autant de temps avec Lord Serpentard…Elle passait déjà trop de temps avec les Serpentard, selon lui.
Rose se rassit sur le bureau de Tom Jedusor comme si de rien était et continua d'observer les progrès de sa classe.
-Il y a du potentiel, murmura-t-elle sans même réaliser qu'elle l'avait parlé en fourchelang.
-Tss, ils sont médiocre, ne racontes pas de bêtises, dit-il.
-Tu ne les regardes même pas !
-Ils sentent la médiocrité.
Rose leva les yeux au ciel.
-Celui qui n'aura pas réussi le maléfice d'ici la fin du cours aura deux dissertations à rendre au lieu d'une, commenta Jedusor.
Les élèves n'osèrent même pas se plaindre, se contentant de redoubler d'efforts fébrilement.
A la fin du cours, les Gryffondor et les Serpentard se séparèrent avec une joie non dissimulé.
Rose qui avait l'habitude de marcher seule dans les couloirs ou légèrement en retrait pour être sûre de ne pas se prendre de maléfices par derrière se sentit mal à l'aise lorsqu'elle sentit ses camarades prendre le même chemin qu'elle. Depuis quelques jours, ils agissaient comme si c'était tout à fait normal de passer du temps avec elle et Rose devait se faire violence pour ne pas leur faire une autre démonstration de ses pouvoirs. Ils semblaient s'en rendre compte. Les regards inquiets qu'ils s'échangeaient étaient d'une évidence douloureuse. Elle aurait aimé pouvoir dire qu'elle ne voulait pas que ses camarades la craignent, mais ce serait un mensonge. La préfète de Serpentard avait dit dans son discours de bienvenue que les Serpentard étaient craint et que ce n'était pas une mauvaise chose. Rose était d'accord là-dessus. De plus, c'était un terrain familier. La seule raison pour laquelle, elle et Harry avaient survécu chez les Dursley, c'était parce qu'ils avaient peur d'elle.
-Professeur Jedusor est dur même quand ce n'est pas lui qui enseigne, se plaignait Draco Malfoy.
Crabe et Goyle hochèrent la tête comme des idiots et Rose se demanda s'ils savaient parler…ou lire…ou faire quelque chose.
-On est chanceux de l'avoir comme professeur. Ce n'est pas tout le monde qui peut se vanter d'avoir eu Lord Serpentard comme enseignant, répondit Théodore Nott.
C'était un garçon calme, silencieux et intelligent mais remplit de préjugés. Rose le voyait à la façon dont il regardait de haut Tracy Davies et Lily Moon, les deux seuls autre sangs mêlés du groupe. Mis à part, ce premier soir ou il s'était ligué avec Malfoy et le reste de la maison Serpentard, Nott l'avait laissait tranquille. Elle avait gagné son respect en démontrant son pouvoir sur le feu. En dévoilant qu'elle était fourchelang, elle avait gagné son attention. Ainsi que celle de toute sa maison.
-Il a raison, dit Zabini. Lorsqu'on aura fini Poudlard, on saura tout ce qu'il y à savoir sur la défense contre les forces du mal.
-La défense, tss…J'aimerais plutôt qu'on nous enseigne ces forces du mal qui font si peur, répliqua Malfoy
-Moi, j'ai hâte qu'on se mette à faire des duels, intervint Daphné.
Elle était entre Théodore et Blaise.
-Moi, j'ai hâte qu'on étudie les créatures, dit Lily.
-Qu'est-ce que tu en penses Rose ? Demanda Tracy.
Toutes les têtes se tournèrent vers elle. Du coin de l'œil, elle vit Pansy Parkinson et Millicent Bulstrode faire des grimaces de dégout. Elle n'aimait vraiment pas ces filles. Mais au moins, elles étaient honnêtes. Tracy et Lily avaient hontes de leur statut de sang-mêlé et étaient prêtes à tout pour faire partie du lot. Quitte à attaquer une autre sang-mêlé le jour de la rentrée sans même chercher à savoir pourquoi.
-C'est Rosemary pour toi, Davies. Et je pense que Tom est un sadique qui va nous en faire baver pendant les années à venir.
Elle les dépassa et finit seule le chemin jusqu'aux serres.
Ecosse, Location introuvable, Poudlard, La bibliothèque, 12 :52
Hermione Granger était une sorcière brillante. Elle n'avait jamais douté de son intelligence et de sa capacité à briller dans n'importe quel domaine académique. C'était là, sa seule fierté. En arrivant à Poudlard, elle était décidé à ne pas laisser son handicape en tant que née-moldue, l'empêcher de devenir la meilleure, et ce malgré l'avance de tous ceux qui avaient grandi dans le monde des sorciers. Mais elle avait rencontré une autre sorcière, qui avait souffert du même handicape. Mais elle était différente d'Hermione. Plus puissante, avec un nom de famille qui avait du poids, une relation familiale avec LE Harry Potter et tout semblait si facile pour elle qu'Hermione en brulait de jalousie.
Hermione était assise entouré de livres à la bibliothèque lorsqu'elle vit Rose Potter entrait sans le troupeau de Serpentard qui la suivait ces derniers jours. Elle n'était pas sure que son frère l'ait remarqué, mais Rose Potter était constamment suivit par les Serpentard ces derniers jours. Même les élèves plus âgés la suivaient du regard comme si elle était la réincarnation de Merlin.
Elle avait été si excitée de rencontrer Harry Potter, d'apprendre à faire de la magie, à se faire des amis. Mais elle n'avait rien de tout ça. Rose Potter l'avait humilié devant Harry qui ne voulait rien avoir à faire avec elle, elle était première dans toutes les classes et réussissait ses sorts dès le premier essai sans le moindre problème. Elle était la préférée du professeur Jedusor, le plus bel homme qu'elle ait jamais rencontré de sa vie. Tout lui venait si facilement ! Pourquoi ?! Pourquoi elle et pas Hermione ?! Qu'est-ce qu'elle avait fait de mal pour qu'on lui enlève la seule chose qu'elle avait ?!
Elle observa avec des yeux pleins d'aigreur, la fille Potter rendre les livres qu'elle avait empruntés à madame Pince qui vérifia bien que tous ces précieux livres soient en bonne état avant de laisser Rose partir.
N'y tentant plus. Ayant besoin de faire sortir tout ce qu'elle avait sur le cœur, elle suivit Rose Potter sans réfléchir.
-Hey ! Rose !
-C'est Rosemary, répliqua cette dernière d'un ton machinale. Oh, c'est toi.
-Oui, c'est moi.
Elle se demanda comment elle n'avait pas remarqué à quel point Harry et Rose se ressemblaient lors de leur première rencontre. Les cheveux noirs en bataille, la peau extrêmement pale, les yeux verts émeraudes. La ressemblance était frappante. Mis à part les lunettes et la longueur des cheveux, ils étaient identiques ! Non, peut-être pas identiques. Rose avait des lèves plus pleines et un nez plus fin. Elle souriait moins aussi. Elle était légèrement plus petite mais se tenait avec plus de grâce que son frère.
-Tu en avais marre de me fusiller du regard à distance ? Demanda-t-elle indifférente.
-Comment fais-tu ? Demanda Hermione.
Rose haussa un sourcil ?
-Comment je fais quoi ?
-Comment tu fais pour réussir tous les sorts dès ton premier essai, comment tu fais pour connaitre toutes les réponses alors que je sais pertinemment que je lis plus que toi ? Comment tu as fait pour te lier d'amitié avec le professeur Jedusor ? Je ne comprends pas, qu'est-ce que tu as de si spécial ?!
Rose la regarda d'un air impassible pendant quelques secondes avant qu'un sourire glacial n'étire ses lèvres et Hermione se sentit presque effrayée. Elle se ressaisit bien vite. Rose était peut-être une peste avec un horrible caractère, elle n'était encore qu'une première année. Elle n'allait tout de même pas lui faire de mal.
-Je n'ai rien de spéciale, répondit-elle. Je n'ai absolument rien de spéciale, et comme je ne suis pas le grande Hermione Granger et que je ne passe pas tout mon temps à la bibliothèque la seule solution possible est que je triche, n'est-ce pas ? C'est ce que tu es en train de dire. Que je ne mérite pas d'aussi bien réussir, que je devrais être seule et sans talent pour avoir osé t'interrompre la première fois qu'on s'est rencontré et que tu essayais d'impressionner mon frère avec ta connaissance sur sa vie. Est-ce que tu sais ce que représente Halloween, petite idiote ? Demanda Rose d'une voix calme mais qui laissait très bien comprendre qu'elle était plus que furieuse.
Elle s'avançait vers Hermione avec une grâce féline qu'elle n'avait jamais démontrée. Le visage déformé par un sourire méprisant. A ce moment-là, Rose Potter n'avait rien d'une enfant.
-C'est le jour ou ton frère est devenu célèbre, chuchota Hermione légèrement terrifiée.
Rose s'esclaffa bruyamment d'un rire froid et cruel qui l'a fit frissonner.
-C'est le jour ou Harry et moi sommes devenues orphelins. Nos parents ont été ASSASSINEES ! Mon frère est devenu célèbre pour quelque chose dont il ne se souvient pas et tout le monde le fixe comme s'il était une bête de foire ! J'ai passé dix ans à entendre mon oncle et ma tante nous traitait de monstre mon frère et moi, j'ai l'impression de vivre un rêve quand je découvre le monde de la magie et tout ça pour rencontrer des gens comme Weasley ! Qui essaye d'éloigner mon frère de moi, ma seule famille et tout ça parce que je suis une Serpentard. Et il y a des gens comme toi ! Des gens qui pensent que la mort de mes parents est une sorte de contes de fées, alors que c'est une tragédie ! Une tragédie que tout le monde célèbre ! Tu peux aller te faire voire Granger. Toutes mes capacités, mes notes, mon travail, tout ça, j'ai travaillé dure pour l'avoir et que je sois damné si je te laisse toi ou quiconque dire que je ne l'ai pas mérité.
Hermione, pressée contre un mur de pierre fit appel à tout son courage pour ne pas fondre en larmes et s'excuser. Le visage froid de Rose Potter à quelques centimètres du sien, elle n'avait qu'une envie, c'était de s'enfuir en courant et oublier que cette horrible journée avait un jour eu lieu. Son douzième anniversaire était un cauchemar et ses parents lui manquaient.
-Rosemary, fit la voix du professeur Jedusor.
Hermione retint un soupir de soulagement.
-Quoi ? Demanda Rose d'un ton ennuyé.
-Arrête d'effrayer tes camarades, tu as suffisamment de retenues avec moi, je n'ai pas envie de t'en donné plus.
Rose laissa échapper un ricanement avant de s'éloigner d'Hermione.
-Tu devrais voire comment les Poufsouffle réagissent quand ils me voient.
-J'ai vu. Un vrai modèle d'intégrité, fit le professeur avec sarcasme.
Le professeur prit Rose par le bras et l'entraîna avec lui, jusqu'à sa prochaine classe. Ils étaient à quelques pas de l'endroit où ils avaient laissé Hermione, mais elle n'arrivait plus à les entendre et très franchement, elle n'était pas sûre de vouloir les entendre. Elle était jalouse. Tellement jalouse de Rose Potter. Et pourtant cette dernière n'avait pas d'amis, n'était pas particulièrement jolie et elle avait remarqué quelque chose de vraiment triste dans ses yeux avant qu'elle ne se mettre à lui faire peur. Dans un autre monde, elles auraient pu être amies, pensa Hermione tristement.
Ecosse, Location introuvable, Poudlard, Le bureau de Tom Jedusor, 18 :35
Rose était en retard –pour ne pas changer- Elle entra sans frapper et s'assit immédiatement sur son siège. Le siège lui appartenait, elle se l'était approprié. Elle s'apprêtait à sortir ses livres et son parchemin lorsque Tom se racla la gorge pour attirer son attention.
-Laisse tomber le latin pour aujourd'hui. Tu voulais que je t'apprenne, alors je vais t'apprendre quelque chose aujourd'hui.
Rose sentit ses yeux s'ouvrirent comme des soucoupes. Sous le choc, elle faillit prendre Tom dans ses bras, mais savait pertinemment qu'il n'hésiterait pas à lui lancer un mauvais sort si elle osait. Elle se contenta donc de l'observer en silence. Contenant son excitation de peur qu'il change d'avis.
-Je vais t'apprendre…
Tom rapprocha son visage du sien et il sourit d'un air victorieux lorsqu'il vit que l'attention de la sorcière était entièrement sur lui.
-La méditation.
Il faillit éclater de rire lorsqu'il vit les épaules de Rose s'affaissaient. Mais il se retint. Il avait surpris la discussion qu'elle avait eue avec Hermione Granger et n'avait pas du tout apprécié les accusations de la sang-de-bourbe ! Comment osait-elle dire qu'il s'était lié d'amitié avec une gamine de onze ans ! Il était Lord Voldemort, par Morgana ! Il était plus dur envers la petite Rosemary que quiconque, il ne lui faisait pas de traitement de faveur (à moins qu'on ne compte le fait de la laisser en vie après le nombre de fois qu'elle l'avait insulté.) et surtout elle était une future allié dont il aurait besoin contre Dumbledore et Grindelwald. Ces deux vieux fous étaient vraiment faits l'un pour l'autre. Tous les deux pathétiques.
-C'est parce que j'ai perdu mon sang-froid avec Granger à midi, n'est-ce pas ? Demanda Rose.
Elle était déçue d'avoir réagi comme elle l'a fait. Encore une fois, elle n'avait rien à expliquer, elle ne devait rien à personne. Elle aurait simplement du casser le nez de Granger. Moins de discours et plus d'action.
-En partie, avoua Tom. J'allais te conseiller de l'apprendre en fin d'année, mais c'est peut-être mieux ainsi. Je te testerais avant les vacances d'été et on reprendra l'année prochaine. Te connaissant, tu récolteras tellement de retenues qu'il faudra les continuer pendant ta deuxième année.
Rose ne se laissa pas distraire.
-Pourquoi est-ce que je devrais méditer ? Je n'ai frappé personne jusqu'à maintenant, et pourtant certains personnes essayent de me tenter tous les jours, j'ai fait preuve de beaucoup de retient.
-La méditation est la première étape qui mène à l'occlumencie. C'est une des rares branches noires de la magie que les sorciers à l'affinité blanche n'ont aucun problème à étudier. Son étymologie vient du latin. Occulto qui veut dire ?
-Hum, cacher, dissimuler.
-Et mens. Qui veut dire ?
Rose dut se creuser les méninges pour répondre à celle-là.
-Esprit ?
-C'est une réponse ou une question ? Ca ne peut pas être les deux, fit Tom sèchement.
Il était toujours sec lorsqu'elle n'était pas sûre ou disait quelque chose qu'il considérait comme stupide.
-C'est une réponse, soupira Rose.
-L'occlumencie est l'art de défendre son esprit contre les tentatives de pénétration extérieure, le fermant à toute intrusion ou influence magique.
-Quel genre d'intrusion ? Demanda Rose tout à coup inquiète.
Tom lui offrit un sourire féroce.
-La Legilimancie. Qui est également une branche obscure de la magie. C'est une discipline difficile à maitriser. Les plus doués en sont capables sans baguette et sans incantation. D'un simple contact des yeux, le légilimens est capable de pénétrer dans l'esprit de quelqu'un et d'observer tout ce qu'il s'y trouve. S'il arrive à interpréter correctement les souvenirs et les pensées de sa victime, le légilimens est en gros capable de lire dans les pensées. Bien sûr, c'est une explication plutôt naïve, mais tu vois ou je veux en venir. L'occlumencie est la seule défense contre une attaque de Legilimancie et malheureusement pour toi, tu te trouves dans une école ou réside trois excellent légilimens qui n'ont aucun respect pour la loi qui interdit cette pratique sans consentement.
Rose qui avait senti son cœur battre douloureusement contre sa cage thoracique à l'entente de ce discours plutôt effrayant, coassa :
-Qui ?
-Dumbledore, Rogue et moi. Je te conseille de ne pas mentir à aucun de nous. Les légilimens savent repérer les mensonges.
Le sourire qu'il lui offrit aurait fait défaillir n'importe qui, Rose y compris, si elle n'avait pas été aussi enragée.
-Apprend moi ! Exigea-t-elle.
Tom la fit s'asseoir en position indienne et lui répéta de vider son esprit. D'oublier tout ce qui l'entourait, tout ce qui était matériel, tous ses soucis, toutes ses pensées. Elle allait devoir se créer des barrières mentales dans les mois à venir, mais avant d'en arriver là, elle allait devoir apprendre.
Apprendre à connaître chaque recoin de son esprit. Elle allait devoir s'étudier elle-même avant de commencer à ériger des barrières suffisamment fortes pour qu'elle puisse repousser toute potentielle intrusion.
Une part d'elle lui criait de ne pas se mettre dans une position aussi vulnérable devant Jedusor. Les yeux fermés et la baguette rangée. Mais Tom était la seule personne en qui elle avait confiance. Elle ignora donc ses instincts et se laissa tout simplement aller.
31.10.1991, Ecosse, Location introuvable, Poudlard, le bureau de Tom Jedusor, 16 :30
Rosemary était si occupé entre ses études et ses projets personnels qu'elle n'avait pas vu le temps passé. Sa vie n'était pas parfaite, mais s'était tellement amélioré depuis qu'elle avait appris qu'elle était une sorcière qu'elle ne pouvait plus imaginer sa vie sans le monde de la magie. Elle avait consacré tout son temps depuis son arrivé à Poudlard à étudier et à pratiquer la magie, mais lorsqu'elle se réveilla ce Lundi, il y avait quelque chose de différent. L'air était chargé de magie. Encore plus que d'habitude. Elle pouvait presque sentir la force naturelle qu'était la magie sur sa peau. Il y avait dans l'air quelque chose de puissant, de mélancolique, et d'obscure.
Ne sachant pas ce qui se passait, Rose continua sa routine habituelle. Elle avait pris l'habitude de se lever une demi-heure plus tôt pour pouvoir méditer un peu avant chaque début de cours. Elle s'était donc mise en position et avait commencé à méditer. Du moins, elle essaya. Elle tentait désespérément de ne pas penser à ce que cette date représentait pour elle et son frère et à l'atmosphère étrange autour d'elle, mais au moment même où elle se sentait plonger dans un état de méditation acceptable, Tracy et Lily la prévinrent qu'il était temps de partir comme les lèches-bottes qu'elles étaient.
Daphné avait peut-être essayé de la manipuler au mois de Septembre, elle restait celle qu'elle supportait le mieux dans le dortoir. Pansy et Millicent continuaient de l'insulter derrière son dos et à la fusiller du regard à la moindre occasion, mais Tracy et Lily étaient bien pires selon Rose. Elles tentaient de devenir ses amies, de se servir d'elle et de s'immiscer dans sa vie. Et Rose était à deux doigts de leur jeter un sort pour avoir la paix.
Le reste de la maison n'était pas mieux quand elle y pensait.
Ce jour-là, les élèves se réveillèrent dans une délicieuse odeur de citrouille qui flottait dans les couloirs. Mais en observant les Serpentard, Rose remarqua que quelque chose était différent. Alors que les élèves des autres maisons parlaient avec excitation du festin qui les attendait ce soir-là, les Serpentard semblaient plus moroses et taciturne que d'habitude. Elle ne comprenait pas d'où venait cette attitude et très franchement se fichait que sa maison soit mécontente. Elle les détestait encore malgré leurs efforts pour faire d'elle, l'une des leurs. Mais elle était curieuse de savoir ce qui les poussait à agir comme si on avait annulé Noël.
La journée passa sans encombre pour Rosemary. Tom semblait de mauvaise humeur pour une raison ou pour une autre, et Rose jugea préférable de garder ses distances. Nagini dû avoir la même idée parce qu'elle se posa sur les genoux de la sorcière en silence pendant que Tom leur faisait un cours théorique et leur assignait une dissertation de trois pages.
Son cours de Botanique se passa sans encombre et l'après-midi, elle remarqua avec surprise qu'Hermione Granger avait séché les cours. N'ayant rien à faire à la fin des cours, elle explora un peu le château avant de se rendre dans le bureau de Tom. Ses retenues avaient cessé, chose qu'elle ne pensait pas possible. Elle avait accumulé tellement de retenues avec Tom, que même les jumeaux Weasley étaient venus lui demander ce qu'elle avait bien pu faire.
-Salutations, Salazar, fit Rose une fois devant le portrait du fondateur
-Salutations, miss Potter. Je pensais que vous en aviez terminés avec les retenues, fit le portrait d'un air amusé.
Malgré le fait qu'elle l'avait trouvé odieux lors de leur première rencontre, ce qu'elle n'avait pas hésité à lui faire savoir, Rose aimait bien Salazar. Il avait un humour subtil et élégant. Même s'il était un peu trop pompeux à son gout, elle appréciait leurs petites discussions qui la mettaient en retard. Et Rose n'avait pas honte d'admettre que Salazar était très bel homme.
-C'est le cas. Je n'avais juste rien de mieux à faire et j'ai décidé d'embêter Tom.
-Une noble tâche, vous avez toute ma bénédiction.
Rose décida de frapper avant d'entrer dans le bureau, se souvenant de la mauvaise humeur de Tom.
-Entrez.
Le professeur était assis à son bureau et lisait une lettre. Les sourcils froncés, les épaules tendues, son humeur semblait avoir empiré.
-Puis-je vous aider en cette belle journée, miss Potter ? Fit Tom avec sarcasme.
-Hmm, non, pas vraiment.
Elle s'assit sur son siège habituel, légèrement timide. C'était la première qu'elle venait dans son bureau sans excuse.
-Tout va bien ? Demanda-t-elle. Ce matin, tu avais l'air d'une humeur massacrante.
Elle jugea préférable de ne pas mentionner sa magie qui semblait vouloir à tout prix être relâché.
-C'est cette journée qui me met de mauvaise humeur, non pas que vous puissiez comprendre miss Potter.
Rose serra ses poings et se retint de le cogner. La méditation n'avait rien fait pour calmer ses ardeurs violentes.
-Vous avez tout à fait raison professeur, ce n'est pas comme si c'était l'anniversaire de la mort de mes parents et que tout le monde fêtait cette journée, répliqua-t-elle d'un ton sec.
Tom releva les yeux pour la première fois et faillit baisser les yeux devant le regard que lui lançait son élève.
-Je m'excuse. J'avais oublié.
-Tu n'es pas le seul, soupira-t-elle. J'ai de la chance que les élèves de Serpentard soient aussi moroses. Harry, lui, doit supporter l'excitation des Gryffondor. Je le plaindrais si ce fatuus n'avait pas le don de me rendre folle.
Tom haussa un sourcil en l'entendant traiter son frère d'idiot en latin. Elle s'était mise à tenter de penser en latin, n'ayant personne à part Tom avec qui pratiquer.
-Ce ne sont pas uniquement les Serpentard qui sont de mauvaises humeurs, expliqua Tom. Ce sont les sangs-purs et les sangs mêlés. Du moins ceux qui viennent de famille qui pratiquent encore les anciennes traditions.
-Les anciennes traditions ? Demanda la sorcière curieuse.
-Les anciennes traditions. Celles que les tout premiers sorciers ont instaurées et ont demandé à leurs descendants de continuer sous risque que la magie s'évapore. Nos croyances, nos coutumes. C'est pour cette raison que l'on utilise du parchemin au lieu de papier moldue, et des plumes au lieu de crayon ou stylo-bille. Les moldue polluent notre planète avec leurs inventions, et ça même les amoureux des moldue comme Dumbledore ou les Weasley ne peuvent pas le nier. En 1692, la confédération internationale des sorciers a pris la décision que l'on vivrait caché. C'était pour notre sécurité à nous et à nos traditions. Mais c'était sans compter sur les nés-moldue. Nous avons dû sacrifier la pratique des rituels, et des magies les plus controversés. Mais surtout de nos fêtes sacrées.
Rose écoutait avec attention, captivée par tout ce qu'il lui apprenait. Comme quoi, elle pouvait lire autant de livre que possible, certaines choses ne s'apprenaient pas dans les livres. Pourquoi on n'enseignait pas tout ça aux enfants ? Rose se souvint que Tom avait mentionné des conspirations politiques lors d'une de ses retenues. Elle s'était vaguement demandé quel genre de conspiration mais n'était pas allé chercher plus loin. Pourquoi n'avait-elle pas cherché à comprendre ? Rose se sentit outrée. Elle ne détestait pas les nés-moldue et ne les détesterais sans doute jamais. Après tout, sa mère en était une. Et puis ce serait comme détester quelqu'un pour sa couleur de peau, religion ou ethnie. C'était ridicule. On nait comme on nait, et personne n'y peut rien. Seul Dieu est en droit de juger.
Mais pourquoi au nom de Morgana, personne ne l'avait informé de tout ça ?!
-Quel genre de fêtes ?
-Beltaine, Lugnasad, Imbolc, Yule…et bien sûr Samain. Que les moldue ont rebaptisé Halloween. Cette nuit sacrée, qui célèbre le début de la saison « sombre » de l'année, nous sommes censés nous purifié et faire un rituel. Offrir des fruits, des plantes, ce genre de chose. C'est la nuit ou le voile entre les vivants et les morts est le plus faible. Nous sommes censés leurs prêter hommages. Mais à la place, nous suivons les coutumes idiotes de moldue qui se goinfre de friandises.
-Qu'est-ce qui nous empêche de rendre hommage ? Demanda Rose excitée à l'idée de participer à pareil expérience.
Ca ne l'a dérangerait pas de faire quelque chose pour ses parents.
-Parce que le directeur et le ministère ont bannis ces coutumes. Bien sûr, certaines familles se moquent de ces lois et le font quand même, mais le faire en secret comme si c'était un blasphème rend la chose amer.
-Pourquoi est-ce qu'ils ont bannis quelque chose qui a l'air si… pur ?
-Pur ? Se moqua Tom. Mais ma chère, ce sont les familles à l'affinité noire qui pratiquent presque religieusement ces coutumes sans se soucier des lois. La plupart des familles blanches comme les Weasley ont complètement reniés nos coutumes. C'est pour ça qu'on les appelle traitre à leur sang, parce qu'ils se comportement comme des moldue capable de faire des tours de passe-passe. Nous sommes des sorciers et nous devrions en être fiers.
Rose fronça les sourcils et réfléchit un instant.
-Tom…est-ce que tu crois en Dieu ?
Il observa longuement le visage de Rose. Elle n'avait pas beaucoup changé en deux mois. Ses yeux brillaient plus et sa posture était plus droite mais pas d'autre changement n'était visible.
-Que Dieu existe ou non, ça n'a pas d'importance. A la fin de la journée, nous sommes tous seuls en ce bas monde, répondit-il.
Il refusa d'en parler d'avantage.
Ecosse, Location introuvable, Poudlard, La grande salle, 20 :05
Des milliers de chauves-souris voletaient dans la salle et fondaient sur les tables en de gros nuages noirs qui faisaient vaciller les flammes des chandelles à l'intérieur des citrouilles évidées. Les mets du festin apparurent tout à coup dans les plats d'or, comme lors du banquet de début d'année. Mais Rose ne sentait aucune excitation. L'idée de se gaver de friandises la rendait presque malade. Elle devrait être en train de rendre hommage à ses parents et pas à obéir à un vieillard vêtu d'une robe. Le directeur était peut être un brillant sorcier, elle le reconnaissait, elle était tout de même dégouté qu'il empêche une fête qui lui aurait permis de se sentir plus proches de ses parents. Des gens qui lui avaient donné la vie, qui avaient sacrifiés la leurs pour Harry et elle, et surtout des gens qui l'avaient aimés.
-Tout va bien Potter ? Demanda Blaise en la regardant comme si elle était un animal particulièrement intéressant.
-Je préférais rendre hommage à mes parents plutôt que de me gaver de sucreries, dit-elle d'un ton morose.
Elle n'avait rien contre Blaise et donc n'eut aucun problème à lui répondre.
-Ha ! Ne me fais pas rire, toi, la sœur du survivant ? Tu n'as aucune idée de ce que cette fête représente pour nous, les vrais sorciers, les sangs-purs, les…
Rose l'ignora royalement. Elle n'avait aucun problème pour répondre à Blaise mais Pansy Parkinson était une autre histoire
-Je te parle !
-Et je t'ignore. Je te conseille de la fermer Parkinson à moins que tu ne te portes volontaire pour que je teste de nouveaux sorts.
Parkinson décida sagement de ne pas la provoquer et retourna à sa conversation avec Tracy et Lily.
Rose soupira :
-Il n'y a que les menaces qui fonctionnent dans cette école.
A son plus grand étonnement, Daphné, Blaise et Théodore pouffèrent de rire.
-C'est pas une des règles d'or de la famille Black ? Demanda Daphné à Draco.
Ce dernier sourit d'un air presque malicieux.
-La phrase préférée des femmes Black d'après ma mère, c'est qu'une fille Black résout ses problèmes efficacement avec violence et sans laisser de preuves.
-Ta mère est une Black ? Demanda Rose curieuse.
-Oui. Toi et elle êtes cousines au troisième degré, l'informa-t-il, ravi qu'elle lui adresse la parole la première, pour changer.
-Est-ce que toutes les familles sorcières ont un lien de parenté ?
Tous les élèves qui entendirent sa question hochèrent la tête et Rose ne savait vraiment pas comment le prendre. C'était comme si elle venait de découvrir quelques centaines de cousins éloignés. Tout à coup, le fait d'être une sang-mêlé fut un soulagement. Rien que l'idée que ses parents aient pu avoir un lien de parenté autrement, la répugnait.
Rose avait à peine commencé à se servir quand le professeur Quirell débarqua en courant, essoufflé.
-Un troll... dans les cachots... je voulais vous prévenir...
Puis il tomba évanoui sur le sol.
Il y eut alors un grand tumulte dans la salle et le professeur Dumbledore dut faire exploser des gerbes d'étincelles à l'extrémité de sa baguette magique pour rétablir le silence.
-Messieurs les préfets, veuillez ramener immédiatement vos condisciples dans les dortoirs de vos maisons respectives, ordonna-t-il.
-Nos dortoirs sont dans les cachots ! S'exclama Rose indignée. Mais personne ne l'entendit.
Un préfet vint les escorter personnellement parce qu'ils n'étaient que des premières années et Rose se sentit respirer avec plus de facilité lorsqu'il leur informa qu'il y avait un passage secret qui menait jusqu'à leur salle commune.
Elle pensa à son frère et pria pour que les Gryffondor rejoignent leur salle commune sans danger.
Tadam ! Dîtes-moi ce que vous en pensez.
Bisous,
LS
