Merci encore pour vos reviews ! Oui, je sais, j'avais dis que je posterais ce chapitre ci plus vite que le troisième… Malheureusement, du changement dans ma vie perso m'en a un petit peu empêché. Toutes mes excuses !

Etant donné le nombre d'années lumières qui se sont écoulées depuis la dernière fois, j'ai préféré faire un petit rappel de mes personnages. (Ben oui, j'ai un peu pitié quand même)

(Oh, et on m'a demandé, pour l'huile d'olive, si c'était du vécu. Et bien, non. Heureusement xD !)

Bonne lecture !

Serdaigles :

Neptune McNaherty : L'héroïne. Gentille fillette un peu (trop) naïve. Née de famille au « Sang Pur », elle se voit fiancée à Damasus Valantyn le jour de ses 17ans.

Anthony Van der Zee : L'un des meilleurs amis de Neptune. 17ans, de Sang Mêlé, très intelligent et particulièrement doué pour le sarcasme. Très franc, il sait appuyer la où ça fait mal.

Parîs Hanson : 17ans, de Sang Mêlé, grand amateur de fête en tout genre. Garçon bruyant mais sympathique, toujours prêt à filer un coup de main aux autres élèves – sauf aux Serpentards, évidemment.

Emmett Smith : 17ans, né de parents Moldus, c'est le meilleur ami de Parîs. Aussi fêtard que ce dernier, il n'hésite pas à ramener de chez le monde Moldu toutes sortes de substance plus ou moins licites.

Lola Scott : 17ans, née de parents Moldus, c'est une des camarades de chambre de Neptune. Très décomplexée, c'est une fille attachante et bavarde.

Peace Mason : 17ans, de Sang Mêlé, c'est la deuxième camarade de chambre de Neptune. Plutôt revêche et lunatique, elle est de nature franche et ne se laisse pas marcher sur les pieds.

Allixëa Miller : 17ans, de Sang Mêlé, c'est la dernière camarade de chambre de Neptune. Discrète, timide, elle est d'une intelligence redoutable et d'une beauté jalousée. C'est l'ex d'Anthony.

Roahl Gray : 17ans, de Sang Mêlé, c'est le capitain de l'équipe de Quidditch. Très sérieux dans le sport et les études, cela ne l'empêche pas d'être quelqu'un de bonne composition, amical et généreux.

Poufsouffles :

Erwan Brooks : 17ans, Préfet en chef, de Sang Mêlé, c'est la tête à claque de base. Prétentieux, (trop) sérieux et moralisateur, il est insupportable aux yeux de tous.

Quincey McFlaye : 17ans, né de « Sang Pur », c'est l'un des meilleurs joueurs de Quidditch de l'équipe de Poufsouffle, en tant que Poursuiveur.

Andrew Weasley : 17ans, « Sang Pur », c'est un garçon franc, drôle et sociable. Il est apprécié de tous.

Brittany Holmes : 17ans, née de parents Moldus. Jeune fille discrète, timide mais très intelligente.

Gryffondors :

(Ici pas de présentations. Ils appartiennent tous à J.K. Rowling, et vous les connaissez très bien ) !)

James Potter

Lily Evans

Sirius Black

Remus Lupin

Peter Pettigrow

Kingsley Shacklebolt.

Serpentards :

Severus Snape ;

Vicky Walter : 16ans, de "Sang Pur", chétive, mais très énergique, elle est dingue de Severus. Très mal connue de ses camarades, elle n'a pas d'amis et ne souhaite pas en avoir.

Zoïa Salienski : 17ans, elle ne connaît pas son père et n'a donc jamais su si elle était de Sang Mêlé ou de Sang Pur. Froide, réservée, elle est de nature solitaire.

Damasus Valantyn : 17ans, de Sang Pur, il est le fiancé de Neptune. Plutôt rebelle, il est contre cette décision. C'est un garçon qui n'apprécie pas qu'on lui dise ce qu'il doit faire.

Michael Avery Jr : 17ans, Sang Pur, il se montre très méprisant envers les « Sang de Bourbe ». Sinon, c'est un garçon bourré d'humour…

Aramis Lloyd : 17ans, de Sang Pur, sa gueule d'ange contraste avec ses airs de tueurs. Intelligent, sadique et calculateur, il est peu apprécié de ses camarades des autres maisons.

Martin et Cooper : Deux autres serpentards dont on ne sait pas grand–chose, si ce n'est qu'ils sont soit muets, soit stupides, soit les deux.

Chapitre 4 :Sex, Drug & Rock 'n' roll

« Advienne que pourra »… Non mais sérieux, quelle conne je suis, songeais–je lorsque Valantyn me lança un victorieux « A ce soir, McNaherty ! ».

Cette soirée allait être merdique. Elle ne pouvait qu'être merdique, parti comme c'était. Même l'enthousiasme d'Emmett et Parîs avait semblé être ébranlé par la nouvelle de la venue des Serpentards. A table, ce soir là, ils chuchotaient nerveusement, lançant des regards obliques en direction des Serpents.

Valantyn ne semblait pouvoir se séparer de son sourire victorieux. Quant aux autres, ils étaient en pleine conversation joyeusement animée.

En fait, l'excitation semblait avoir gagné chacune des maisons. C'était d'autant plus flagrant sur les visages des septièmes années. Très discret, tiens.

Seul Anthony, comme d'habitude, affichait une mine blasée. Lorsque le bruit des conversations était trop fort pour lui, il se pinçait l'arrête du nez. Severus discutait avec Vicky, égal à lui–même, c'est–à–dire le visage fermé. Et il y avait Andy Weasley, qui, par un curieux hasard, s'était installé pile face à moi à sa table. Et qui ne cessait de me lancer des regards en coin, auquel inévitablement je répondais.

Je n'avais rien mangé. Trop d'angoisse, trop d'appréhension, comme si cette soirée allait déterminer de ma vie entière. Non mais sérieux.

Lorsque nous remontâmes dans notre dortoir, Peace, Lola, Allixëa et moi, j'avais l'estomac qui se tortillait méchamment. Qu'est–ce qu'il se passait ? Etait–ce de devoir affronter Valantyn sans le contexte confortable des cours qui m'angoissait ? Ou était–ce les avances plutôt directes d'Andy ?

Le fait de n'avoir jamais eu de petit ami m'avait rendue plus fleur bleue que la plupart de mes camarades. Suffisait d'écouter les histoires de Lola pour se rendre compte que nous n'avions pas DU TOUT la même vision de l'amour. Pour elle, Amour et Toujours ça rimait surtout avec « Lourd ». Elle avait besoin de changement, de dynamisme, quand moi j'avais plutôt besoin de stabilité.

Quant à Peace, elle était amoureuse depuis sa cinquième année du même garçon. Le chouchou des professeurs, le meilleur élève de notre année, presque aussi sérieux qu'Erwan Brooks et au moins aussi sexy que Sirius Black. Autant vous dire qu'il était particulièrement convoité. Mais Kingsley Shacklebolt était discret, et jusque là je ne l'avais jamais ne serait–ce qu'entraperçu avec une fille. Le Gryffondor accordait à toutes celles qui l'approchaient une attention cordiale, mais aucune n'avait semblé retenir son intérêt. Et si Peace était une combattante quand il s'agissait de notes, elle perdait toute son assurance avec l'amour.

En fait, j'étais plus proche d'Allixëa. Elle–même avait connu la stabilité deux fois. Tom Levy, puis Anthony… Ils avaient formé un si joli couple… Intelligents tous les deux, calmes et matures également, ils s'entendaient tellement bien…

Je les avais enviés.

Leur séparation m'avait fait de la peine. Alors que Lola et Peace assuraient à Allixëa qu'elle avait prit la bonne décision, je n'avais cessé de lui demander « Mais tu es sûre de toi ? Pourquoi ? ». J'étais trop proche d'Anthony pour la laisser partir comme ça. Néanmoins, je n'avais jamais su ce qui avait poussé Allixëa à le quitter. Même Anthony n'avait rien voulu en dire. J'avais insisté, mais c'était Severus qui m'avait arrêtée, me rappelant que plus je poussais dans la vie privé d'Anthony, plus il fuyait. Il fallait attendre qu'il en parle de lui–même, si ça lui prenait un jour, quoi.

En y réfléchissant bien, Anthony aurait représenté le parfait petit ami à mes yeux. Si je n'avais pas cette tendance à le considérer comme un frère, peut être aurais–je pu tomber amoureuse. Severus m'avait attirée d'une certaine manière aussi, à une époque. Mais, en toute honnêteté, Vicky me faisait trop peur. Puis, c'est le passé et l'amour de Severus pour Lily qui m'ont arrêtée. J'avais déjà du mal à assumer mes propres parts d'ombres, j'étais incapable d'assumer en plus les siennes. Eh oui, la lâcheté fait partie intégrante de mes caractéristiques ! Ce dont je ne suis pas très fière, d'ailleurs.

Mais Andy… Andy pouvait il représenter un potentiel petit ami ?, songeais–je, allongée sur mon lit.

Il avait beau être très mignon et très gentil, je ne ressentais rien pour lui. Si ce n'est quand il devenait soudain le Andy dragueur. Là, je rougissais, mais en même temps c'est parce que je suis quiche, non ?

Mes pensées furent interrompues par un pull blanc qui m'arriva en plein dans la figure.

–Ce soir, poupée, c'est moi qui t'habilles !, fit Peace avec un grand sourire carnassier.

Peace avait tendance à désespérer devant ma manière de m'habiller – ce que je ne comprenais d'ailleurs pas, je m'habillais classiquement, et alors ?

Elle prit un jean dans l'armoire de Lola – comment peut elle croire que mon cul entre dans un pantalon appartenant à Lola ? – et me l'envoya. Je n'étais pas forcément très fan de la mode du jean. Cela ne faisait pas très habillé…

–Fais pas cette tronche. Je vais pas te sortir une robe de gala pour ce genre de soirée. Allez, enfile, ajouta t'elle.

Je grognais pour la forme et enfilai le jean. Bon, ça passe. Un peu étroit au niveau des cuisses, mais ça va. Je jette un coup d'œil au miroir avant de rougir d'un seul coup.

–PEACE ! Certainement pas ! Non, non, non, non, commençais–je à répéter, tentant d'enlever le foutu jean.

–Oh que si, fit Peace avec un petit sourire en coin, baguette en main.

–QUOU–QUOUUUAAAH ?

–Oh, Nepy, sérieux, ça te va bien. J'en connais un qui appréciera, crois moi, lança Lola depuis la salle de bain, crayon de maquillage à la main.

–C'est trop… moulant, soufflais–je, tentant à nouveau de l'enlever – j'avais oublié que Peace était particulièrement douée en sortilèges.

–C'est le but, coupa Peace. Le pull maintenant.

Je jetais un coup d'œil nerveux au pull–over blanc en boule sur le lit. De là, il avait l'air inoffensif, mais j'avais appris à me méfier. Je le dépliais nerveusement, consciente d'avoir l'air d'une mijaurée, et l'observait. C'était un pull tout simple, avec un col en V qui devait être légèrement décolleté mais sans en faire trop. En fait, c'était un de MES pulls. Je me surpris alors à souffler de soulagement.

–Hey, fit Peace, si je veux que tu sois à l'aise, je ne vais pas t'obliger à changer d'un seul coup !

Elle me fit un câlin et j'enfilais le pull sous son regard appréciateur.

–Et voilà, maintenant tout le monde pourra imaginer quel corps se cache sous ses vêtements !

Je rougis. J'avais du mal à comprendre en quoi c'était une si bonne chose, mais j'avais appris à ne pas contredire Peace. Je jetais un coup d'œil dans le miroir. En fait, ce n'était pas si mal. Ca restait même assez passe–partout.

A nouveau de plutôt bonne humeur, je laissais mes camarades me maquiller de bon cœur. Le début de soirée passa vite, et on s'amusa bien toutes les quatre. J'entendis même Allixëa rire, de ce petit pouffement discret, plusieurs fois.

Lorsque les filles furent parties les premières, sans moi qui devait rester attendre Anthony, je me glissais devant le miroir. Mon reflet n'avait jamais été une grosse préoccupation pour moi. Je ne dirais pas que je me foutais de mon apparence, ce n'était pas le cas, mais je n'avais jamais non plus cherché à plaire. Je m'appliquais à paraître propre et soignée, voilà tout. La beauté, ensuite, on l'a où on ne l'a pas, et cela reste d'ailleurs très subjectif. Comment, moi, pouvais–je de manière objective juger si j'étais belle ou non ? Alors je n'essayais pas. Je restais naturelle. Je savais que je n'étais pas laide, pour la bonne et simple raison que les personnes laides sont souvent les souffres douleurs. Ce qui n'a pas été mon cas.

Enfin, tout ça pour dire que ce soir, en regardant le miroir, je me suis dit que ça valait quand même le coup. Allixëa, qui avait un talent certain pour le maquillage des yeux, ayant elle–même des yeux d'un bleu très clairs, avait su exactement comment faire ressortir les miens, qui étaient d'un vert particulièrement pâles – fierté de famille. Ils étaient soulignés d'une ligne noire nette, alors que sur ma paupière le noir était estompé, sans être trop étendu. Cela restait discret, mais habillé.

Mes lèvres étaient étonnamment roses. Je n'avais pas l'habitude. Mais c'était joli, il fallait bien l'admettre.

On toqua à la porte. J'ouvris et tombais sur une petite première année.

–Il y a un garçon qui t'attends dans la salle commune, me dit elle, un peu intimidée, avant de se précipiter dans sa chambre.

–Ah, euh, merci !, lui criais–je, espérant qu'elle m'ait entendue.

Je m'apprêtais à descendre quand je me rendis compte d'un fait non négligeable : j'étais encore en chaussette. Merdum. La leçon du jour, assurée par Peace, n'avait jamais fait mention de chaussure. Un autre jour, je serais partie avec mes vieilles godilles à talons miteuses, mais là ce n'était pas envisageable. Je jetais un coup d'œil dans ma valise, espérant dénicher cette fameuse paire que je n'avais jamais sortie, offerte par Athéna au dernier Noël. Elles y étaient, m'attendant sagement, une légère couche de poussière sur le devant. C'était de jolies bottes, noires, à talons fins, qui remontaient jusqu'au dessous des genoux. Je les enfilais à la hâte, les dépoussiérant vite fait bien fait, glissais le jean par–dessus et filais vers la sortie.

Anthony m'attendait au bas des escaliers. Il me lança un regard un peu surpris, mais ne dit rien, ce qui en soit était quand même plutôt vexant. J'étais – presque – sur mon 31 quand même !

–On doit rejoindre Severus et ses camarades devant l'entrée, fit il.

Ah oui, j'avais oublié. Afin d'être surs de ne pas être recalés à l'entrée de la fête, Valantyn et sa clique avaient décidé de venir avec nous. Ce qui, évidemment, ne m'enchantait pas particulièrement.

Une fois dans les couloirs du château, peu de temps avant le couvre–feu, Anthony se permit un petit commentaire :

–Tu devrais te lâcher les cheveux plus souvent. Je ne m'étais jamais aperçu que tu les avais si long.

« Long » était un bien grand mot. Ils m'arrivaient au niveau de la poitrine, quoi. Mais c'était vrai, j'avais tendance à les attacher tout le temps.

Au détour d'un couloir les Serpentards nous attendaient. Je pris soudain conscience de mon apparence en voyant l'expression de Valantyn. Surpris. Pas forcément appréciateur, mais surpris. Pourtant, il m'avait vue avec l'une de mes plus belles robes, à nos fiançailles. Je grimaçais à se souvenir.

–Ca… te change, fit juste Severus, gêné.

Sympa, les mecs, sérieux. Pas un pour rattraper l'autre. Handicapés sociaux, va !

Je grognais un remerciement. Anthony nous guida dans la direction à prendre pour cette fameuse salle de fête et je le suivis sans rien ajouter.

Le trajet se fit dans un lourd silence. Je sentais des regards sur ma nuque, mais de quel Serpent il s'agissait, mystère. Tout sauf Martin ou Cooper, s'il vous plait. Je n'avais pas besoin d'un deuxième Stan Shon.

Arrivée à destination, je fus surprise par le silence qui régnait dans le couloir. Nos gentils organisateurs avaient agis intelligemment, insonorisant la salle. Anthony donna le mot de passe à une gargouille qui pivota sur elle–même pour nous laisser entrer. Une fois la porte ouverte, il y avait un petit corridor où nous nous entassâmes avant de toquer à une autre porte. La porte derrière nous se ferma, et celle devant nous s'ouvrit laissant passer un sacré boucan. Des gens hurlaient, riaient, de la musique faisaient vibrer les murs et des lumières colorées balayaient la salle.

Ce fut Emmett qui nous ouvrit, accosté de James Potter et Quincey McFlaye.

–Van der Zee !, s'exclama joyeusement Emmett – qui, malgré qu'il soit plutôt tôt, semblait déjà bien éméché. Entre, entre ! Ah, tu nous ramènes McNaherty et les Serpents ! Entrez, même vous, hein, même si on vous aime pas !

Décidemment bien éméché.

James Potter leva les yeux au ciel et nous laissa passer, attrapant Emmett par les épaules pour le décaler de notre chemin. McFlaye riait des conneries d'Emmett, l'air pas très sobre lui non plus, et attrapa Severus par les épaules. Celui–ci blêmit – il ne supportait pas le Poufsouffle – et se dégagea violemment.

–Te bile pas, Snape, je vais pas te violer, je veux juste le joli sac de potions que tu nous a apportés…

Severus lui laissa donc son sac, semblant particulièrement heureux de s'en débarrasser, et nous suivîmes Anthony à l'intérieur de la salle.

Ce que je vis fit remonter mon angoisse d'un seul coup. Ici, trois élèves de Poufsouffle que je ne connaissais pas vraiment chantaient à tue–tête, complètement bourrés, les airs de rock qui semblaient venir d'une vieille radio Moldue. Là, un couple se roulait des pelles contre un mur. Et là, encore, Parîs fumait un truc étrange qui sentait drôlement bizarre.

Si Severus ne réagit qu'avec un léger haussement de sourcil perplexe, Anthony, lui, se prit la tête dans les mains et marmonna :

–Mais dîtes moi ce qu'on fait là, sérieux…

Je n'avais aucune réponse à lui donner, puisque je me posais moi–même la question. J'avais l'impression que nous étions tous les trois des extra–terrestres.

En fait, ce n'était pas tout à fait vrai. Par exemple, Lily Evans et Allixëa étaient assises dans un coin de la pièce et discutaient calmement. Elles devaient avoir du mal à s'entendre, néanmoins, puisqu'elles étaient obligées de se pencher l'une vers l'autre.

Anthony suivit mon regard. Sa mâchoire se crispa. Je me permis alors de lui poser une question :

–Tu l'aimes encore ?

Ce n'était, certes, pas le meilleur moment pour la poser, mais je n'avais pas pu m'en empêcher.

Il se tourna vers moi, l'air songeur. Comme s'il se demandait si, pour une fois, il pouvait se permettre de me répondre. Il y eut quelques secondes d'hésitations avant qu'il ne se penche vers nous.

–Je vais passer pour un con, nous murmura t'il à l'oreille, mais je crois que je suis amoureux d'elle pour encore très, très longtemps.

Je lui lançais un regard, surprise de sa franchise, et hochais la tête.

–Tu ne passeras jamais pour un con à mes yeux, fis–je simplement.

Il me sourit, me fit une petite accolade, et se dirigea vers les boissons. J'échangeais un regard perplexe avec Severus. Mais lui ne semblait pas surpris.

–Je m'en doutais, dit il simplement. Je pense que je suis plutôt bien placé pour le comprendre, ajouta t'il avec un regard en direction de Lily.

Je grimaçais. Je ne supportais pas de l'entendre parler ainsi, avec cet air triste. Il semblait résigné.

« Un peu comme toi », susurra une petite voix dans ma tête.

–Je vais m'asseoir avec elles, dis–je alors.

Severus hocha la tête et parti rejoindre Anthony.

Tout en me dirigeant vers Lily et Allixëa, je songeais à l'aveu d'Anthony. Contrairement à Severus, je croyais que c'était bel et bien fini pour Anthony. Mais évidemment, ce n'était jamais si simple…

Je n'étais qu'à quelques mètres de leur table quand un bras me tira en arrière. Je sursautais et me retournais pour faire face à un Aramis Lloyd au sourire particulièrement dérangeant.

« Au secours ! », cria ma conscience, essayant de motiver mon corps à réagir. Mais j'étais trop choquée pour pouvoir esquisser le moindre mouvement. Puis, je me raisonnais. Il n'allait pas me tuer au milieu de tout ce monde, quand même…

Un regard circulaire m'apprit que Severus et Anthony observaient la scène, plus loin, semblant prêts à intervenir, ce qui me rassura. Je reportais mon attention sur Aramis.

En fait, sa main me tenait sans serrer, avec même une certaine douceur, et il se contenta de se pencher vers moi :

–Damasus voulait te voir, je crois.

Je fronçais les sourcils. Depuis quand Môsieur Damasus Valantyn était il obligé de m'envoyer ses sbires ?

–Je préfère te le dire avant que tu ne te défile, ma chère, et pour t'adresser un compliment sur cette tenue. Je crois que sur ce coup là, je suis légèrement jaloux de notre ami Damasus…

Il eut un dernier sourire en coin et me lâcha. Il était parti depuis un moment quand deux de mes neurones entrèrent enfin en contact : « c'était… sensé être flatteur, non ? ». Eberluée, je clignais des yeux bêtement pendant quelques secondes avant de sentir la rage monter en moi. Pas contre Valantyn qui semblait avoir besoin de pigeon voyageur, mais parce que, bordel, le premier compliment que je recevais ce soir venait d'Aramis Lloyd ! Aramis Lloyd, quoi !

Un autre neurone entrechoqua les deux premiers et une nouvelle révélation me vint : « Lloyd est au courant pour les fiançailles ! Sinon, pourquoi aurait–il dit être jaloux de Valantyn ? »

Oh, l'enfoiré…

Il était sensé ne pas en parler… « Toi non plus », me souffla ma conscience. Oui, bon. Anthony et Severus avaient deviné, d'ailleurs, hein ? J'arrivais même plus à me mentir à moi–même…

Alors que je me retournais pour reprendre ma route vers cette fameuse table, je fus de nouveau arrêtée.

Sentant mes nerfs sur le point de lâcher, je pris une profonde inspiration avant de me tourner vers l'opportun.

–Manquait plus que ça, tiens, grognais–je sous le regard goguenard de Valantyn.

–Suis–moi, dit il juste.

Sans me laisser le temps de refuser, il m'entraîna derrière lui. Adieu, table, adieu Lily et Allixëa…

Il me fit entrer dans ce qui ressemblait dur comme fer à un placard à balai très exigu et referma derrière nous.

–J'ai trouvé une putain de solution.

Mes yeux s'écarquillèrent. Une solution ! Mon moral remonta soudain en flèche.

–Explique !

–Voilà. On m'a parlé de cette histoire de virginité, d'étiquette, tout ça, tout ça. Ce que je te propose, c'est d'annoncer à tes parents que tu n'es plus vierge, puisque tu n'étais pas au courant de cette règle. Je dis aux miens que je refuse de t'épouser parce que… tu t'es déjà « offerte », on va dire, à un autre homme. Vu leurs principes à la con, ils devraient prendre ça au sérieux et accepter qu'on annule ces fiançailles ! T'en penses quoi ?

Mon humeur s'était assombrie à mesure où il avançait dans son monologue.

–Ouais. Ca aurait pu marcher, fis–je juste.

–Comment ça « aurait pu » ?, grogna t'il.

–Le jour où ma mère m'a parlé de cette règle, elle m'a demandé si j'étais vierge. Et je lui ai répondu que… enfin, je lui ai dis la vérité.

Pas évident d'admettre que j'étais vierge devant lui, quand même.

Il fronça les sourcils, puis, plusieurs expressions défilèrent sur son visage. L'incompréhension, la déception, la curiosité et, finalement, l'amusement.

–Alors comme ça, tu es vierge ?

Je grognais.

–Ah, c'est sur, ça aurait été plus simple si ça marchait dans les deux sens, j'aurais pu dire que je refusais de me marier avec un mec qui s'est tapé la moitié de l'école…, lui dis–je méchamment.

Valantyn me regarda quelques secondes avec un air blasé, avant de répondre :

–Alors comme ça, tu fais partie de ces gens qui pensent que Damasus Valantyn est le plus gros baiseur de Poudlard ?

–Quoi, t'es puceau ?, lançais–je avec ironie.

Mes nerfs semblaient de nouveau sur le point de lâcher. Et, à vrai dire, je n'en avais rien à foutre de ses histoires de culs.

Il eut un sourire carnassier.

–Quand même pas non plus, dit il. Mais je n'ai pas eu tant de filles dans mon lit.

–Super, ravie de l'apprendre.

J'étais fatiguée, d'un coup. Comme si la montée d'espoir, puis la chute, m'avait complètement fracassée. J'avais envie de boire « pour oublier », comme ils disent. Et de fumer. Envie d'être à l'opposée de ce que mes parents avaient réussi à faire de moi.

–Bon, ta solution ne marchera pas, du coup, dis–je simplement. Je vais aller boire, moi.

–Attends, dit il. Tu peux leur dire… que tu as perdu ton pucelage cette année, non ?

Bizarrement, alors que j'aurais pu lui faire remarquer méchamment qu'il était sacrément idiot, je pris un ton plein de patience.

–Autant leur dire que je refuse de me marier avec toi… Ca revient au même, niveau déception.

Il hocha la tête, réfléchissant à nouveau. A quoi bon ?, songeais–je. Il n'y avait pas de solution.

–Ou alors, que t'étais bourrée quand ça s'est passé, t'as pas fais exprès. Non, reprit il en voyant mon regard éberlué, qu'on a abusé de toi.

–Mais bien sur. J'accuserais ton pote Lloyd, c'est encore ce qu'il y a de plus crédible.

Il fronça les sourcils mais ne releva pas.

–Bon, on va y réfléchir. Tous les deux, insista t'il devant mon regard fatigué. On en reparlera.

Je hochais la tête et commençais à m'extirper du placard quand il m'arrêta, m'attrapant par le bras – c'est une manie, je vous jure…

–Hey, Neptune. Il y a toujours une solution, OK ?

Trop déprimée pour relever le fait qu'il m'avait appelée par mon prénom, je ne fis qu'hocher la tête.

–OK.

Une fois en dehors du placard, je remarquais alors que pas mal de regards se tournaient vers moi. Et sur Valantyn qui sortait derrière moi. Oh putain. Il y eut quelques rires et huées puis la fête reprit son cours. Très, très discret.

Ma vie est nulle.

Seul un regard ne s'était pas détaché de moi. Et c'était celui de Andy Weasley, qui semblait passablement surpris.

Il me vit passer devant lui comme un fantôme, en direction du bar. Alors qu'il arrivait enfin à mon niveau, j'ouvrais une bouteille d'un alcool inconnu, mais qui sentait drôlement bon, et commençait à m'en servir un verre.

–Hey, Nep', tout va bien ?, me demanda Andy. Qu'est–ce que tu foutais avec Valan–… Hey doucement, la, c'est pas du jus de citrouille !

Il arrêta mon mouvement alors que le liquide était arrivé à mi–verre. Puis il prit les choses en main et versa du jus de citrouille à l'intérieur.

–Ca passera mieux comme ça, me dit il gentiment en me tendant le verre. Allez, viens me raconter.

J'attrapais le verre, puis en bus une gorgée. Oh bordel. C'était fort. Trop fort pour moi. Ma gorge était en feu, mais c'était bon.

–Ca va aller ?

Tant de considération et de gentillesse me firent chaud au cœur, après ce début de soirée merdique. J'eus envie de faire un gros câlin à Andy mais me retins. J'avais pas assez bu pour mettre ça sur le compte de l'alcool.

–Ca va, répondis–je dans un coassement.

Puis, prise d'une soudaine inspiration, je lui demandais :

–Andy, t'aurais pas une cigarette ?

xXxXx

La plupart des fumeurs se regroupaient dans un coin de la pièce ventilé de manière magique, afin de ne pas gêner les autres. Il y avait Salienski installée là–bas avec Avery, un Poufsouffle et Sirius Black.

Les deux Serpentards d'un côté, les deux autres de l'autre. Et enfin, Andy et moi au milieu. Le verre d'alcool, déjà fini, m'était monté à la tête à une vitesse grisante. En même temps, comme j'expliquais à Andy, j'avais quasiment rien mangé ce soir la. Chaque fois que Pettigrew passait à notre hauteur avec un plateau plein de verres, je prenais le premier qui venait, sous l'œil amusé de Andy.

–On fête quelque chose ?

–Ouais. Je fête le moment où j'ai décidé de faire le contraire de ce que mes parents veulent.

Enfin, tant que ça reste à l'école et qu'ils n'ont aucun moyen de l'apprendre, n'ajoutais–je pas.

Andy trinqua avec moi et me donna une cigarette. Il me montra comment l'allumer, comment la fumer, et c'était génial. Bien dégueulasse, mais génial. J'avais cette impression puérile d'être adulte. Parce que je fume, oui, oui. J'avais dis que c'était puéril. Et immature. Et…– ooooh, ma tête…

La soirée défilait sous mes yeux à mesure que j'enchaînais les verres. Emmett – toujours bourré – et Andy étaient en pleine conversation et ne faisaient plus vraiment attention à moi, et je m'ennuyais un peu. Je fis le tour de la salle du regard. Des couples se formaient autour de nous. James Potter tournait autour de Lily Evans avec autant de discrétion qu'un éléphant rose. Peace semblait avoir réussi à retenir l'attention de Kingsley et ils riaient ensembles. Cela me fit chaud au cœur pour elle, mais il restait quand même cinquante bons centimètres entre eux. Allixëa était assise, toute seule, à la table qu'elle occupait auparavant avec Lily. Elle avait l'air perdue dans ses pensées. J'eus envie de la rejoindre, mais rester avec Andy était plus rassurant. Lola dansait avec un Remus Lupin mal assuré. Elle devait avoir plutôt bien bu, elle aussi, ce qui n'était visiblement pas le cas de Remus. Un peu plus loin, Brittany Holmes – la timide et gentille Brittany Holmes – riait aux blagues sans doute assez salaces d'Aramis Lloyd. Je dus cligner des yeux pour mieux comprendre la scène mais non, ma vue ne m'avait pas trompée. Les regards que lui lançaient Lloyd étaient sans équivoque – il est vrai que Brittany était une jolie fille. Andy, voulant apparemment me parler, suivit mon regard.

–Et bah, souffla t'il. Je ne l'aurais jamais cru, tiens.

–C'est Lloyd, avec elle ?, fit Emmett, surpris également.

–Oui, répondit Andy. Brittany en pinçait pour lui il y a quelques années. Je ne savais pas que c'était toujours d'actualité.

–Mais… Lloyd, quoi !, bégayais–je.

–Ils avaient eu un projet en commun en troisième année. Selon Brittany, il n'est pas si con. C'est plutôt un genre qu'il se donne.

« Un genre qu'il se donne »… Ah bah ouais, alors ça excuse tout, tiens. Il restait quand même un Serpentard… Oui bon, Severus en était un aussi, mais…

Etait–ce parce que j'étais bourrée ou bien je venais de prendre conscience que nous jugions un peu rapidement les Serpents ?

Un regard vers Valantyn, qui fumait avec Salienski et Avery en jetant des regards moqueurs à un couple de Poufsouffle me remit dans le droit chemin. Non, j'étais juste bourrée et les Serpentards étaient bien de vils serpents méchants et cruels. Là.

Il était presque minuit quand la fameuse « surprise » de Potter et sa clique fut rendue publique. Au plafond de la salle apparurent soudain des feux d'artifices de toutes les couleurs. Moi qui m'attendais à une blague plutôt douteuse, je fus surprise. Mais le but de la manœuvre devint enfin clair lorsque je vis Potter réussir à – enfin – rouler une pelle à Lily, sous la lumière des feux. Ah, c'était si mignon, tiens. Severus allait être à récupérer à la petite cuillère.

Suivant leur exemple, je vis au fur et à mesure de plus en plus de couples enlacés dans la salle.

Cela me ramena soudain à ma situation, et je pris un nouveau verre.

La fête se calmait petit à petit. Le rythme des musiques ralentissait. Emmett nous abandonna pour aller pisser et ne revint jamais. Il était tombé sur Pâris sur le chemin du retour et ils étaient maintenant tout deux occupés à comater sur un canapé.

Anthony et Severus vinrent nous voir. Pour s'assurer que ça allait bien quand même, apparemment.

–Elle n'a jamais bu une goutte d'alcool de sa vie, dit Anthony à Andy en me regardant. Je préfère te prévenir.

–Il y a un début à tout, s'amusa t'il. Vous inquiétez pas, je vais gérer.

–Mais… tu fumes ?, fit Severus en me regardant avec de grands yeux.

Je ne répondis pas tout de suite et essayais de regarder la cigarette qui pendait de ma bouche, au cas où il ne s'adresserait pas à moi. Ah ben ouais, je fume. Je hochais la tête, mais bizarrement, tout le reste tangua avec.

–Elle est déjà bien, là, fit Anthony, l'air aussi surpris que Severus.

Ils me regardèrent encore quelques instants d'un air totalement dépassé, tandis que je me battais avec les cheveux qui m'arrivaient devant les yeux, avant de se mettre à rigoler. Andy les suivit aussitôt, mais avec plus de tendresse. Et ça, même à moitié bourrée, ça me fit chaud au cœur.

Ils continuèrent à discuter, sans plus trop prêter attention à moi, alors que je tentais désespérément de boire dans un verre vide.

–Oh, je connais cette chanson !, fis–je, me redressant soudainement.

Je basculais d'un seul coup en arrière mais fus retenue par Andy. Mon sauveur…

–C'est les Beatles, me souffla t'il à l'oreille.

–Je le savais, dis–je en pointant un doigt fier devant moi.

A vrai dire, je n'avais pas la moindre idée de qui était les Beatles. Mais cette chanson là, je la connaissais, sur de chez sur.

–Tu danses ?, demandais–je à Andy en me collant à lui.

Maintenant, je pouvais mettre ça sur le compte de l'alcool. Le regard qu'il me lança titilla quelque chose en moi. Il y eut un truc dans mon estomac – mais ça, c'était peut être l'alcool – et un autre légèrement plus au sud. Sous la ceinture, en fait. Comme une étrange chaleur.

Il glissa ses mains sur mes hanches et me tint de manière à ce que je tienne plus ou moins bien debout.

–Avec plaisir.

C'était un slow. Un long slow. Hey Jude…

Severus et Anthony nous regardaient en discutant. De vraies mères poules. Casée dans les bras d'Andy, je tanguais un peu maladroitement, mais je crois que même sans être bourrée j'aurais tangué. Ce regard…

–Abuse pas d'une fille en état d'ébriété, lui dis–je en balbutiant un peu. Même si je suis pas contre.

Il haussa un sourcil amusé.

–Ah oui ?

–Mon corps est pas contre, pour l'instant, corrigeais–je. Mais en même temps y'a plus de connexion entre lui et le cerveau…

Son rire me réchauffa tout entière pour de bon. J'avais envie de lui.

–Je ne sais pas si tu en as conscience, Neptune, dit il doucement, mais tu es très jolie, ce soir.

Aaah, un vrai compliment, venant d'un mec que j'appréciais, en plus.

–Toi aussi, coassai–je.

Ce n'était pas un mensonge. Il portait lui aussi un jean – et étonnamment j'appréciais plus sur les hommes que sur les femmes – et une chemise noire, légèrement entrouverte. Simple, mais efficace.

–Moi aussi je suis très joli ?, s'amusa t'il.

–J'aime bien les chemises noires, répondis–je, totalement à côté de la plaque.

–Et moi j'adore ce que tu portes.

–C'est juste un jean et un pull, balbutiais–je.

Je me sentis obligée de préciser :

–Le pull, c'est le mien.

Il eut un léger sourire.

–Mais ça te va bien. Mieux que l'uniforme.

Ses mains glissèrent sur mes hanches et je compris ce dont il voulait parler.

–Les filles l'ont choisi exprès pour que ça te plaise, dis–je, inconsciente que l'alcool me déliait complètement la langue.

–T'as mis cette tenue pour moi ?, souffla t'il.

Je ne répondis pas, perdue dans ses yeux un peu trop sombres. Bien plus sombres que d'habitude. Il souriait toujours mais n'insista pas.

En tournant sur nous même je vis du mouvement vers Sev' et Anthony. Allixëa s'était visiblement levée de table et entraînait son ex derrière elle, laissant Severus tout seul. Celui–ci poussa un soupir, se sentant visiblement un peu seul, et… alluma une cigarette ?

–Haan ! Severus tu fumeeees !, lançais–je. Je savais pas !

Il me regarda d'un air goguenard.

–T'es complètement bourrée, ma chère, dit il. Alors je crois que j'ai bien droit de m'en fumer une.

Il avait les yeux rivés vers Lily et James. Oui, songeais–je, il avait bien droit de faire quelques écarts de conduite, lui aussi.

Inconsciente du fait que j'aurais certainement honte de mes actes le lendemain, je continuais à piailler conneries sur conneries, buvant également verres sur verres.

Puis ensuite, ce fut le trou noir.