Les personnages ne m'appartiennent pas etc...
Chapitre 3 : Voyage vers la Corée.
Dans le camion noir à bande rouge de l'Agence Tous Risques, personne ne prononçait un mot. Barracuda conduisait et faisait attention à la route où il y avait une intense circulation. Hannibal fumait tranquillement un de ses éternels cigares en se délectant déjà de leur nouvelle mission. Il allait y avoir de l'action. Futé observait discrètement Looping qui n'avait pas repris de couleur et semblait perdu dans ses pensées. Il caressait parfois son capucin imaginaire. Futé se demandait ce qu'il avait. Depuis qu'il avait demandé à Jack si c'était sa Mistral qu'ils allaient sauver, il n'avait rien dit, ce qui n'arrivait jamais. Quand Hannibal avait accepté la mission en accord avec Futé et Barracuda, il n'avait toujours rien dit, mais le lieutenant avait bien senti qu'il aurait préféré ne pas venir. Mais ils avaient besoin de leur pilote et Looping n'y couperait pas.
« Hey, Looping ! interpella Futé. Ça va ? »
Il haussa les épaules.
« Elle t'a fait quoi cette fille pour te mettre dans un état pareil ?
-Vous avez vraiment besoin de moi ? répondit-il. Dans la jungle, un pilote vous servira à rien et quand vous aurez trouvé Mistral, vous en aurez un géniale...
-Première parole sensée de la journée ! s'exclama Barracuda. Il a raison, on a pas besoin d'avion...
-Et comment va-t-on en Corée du Nord ? remarqua Hannibal. En bateau, peut-être ?
-Bien sûr !
-Et elle sera morte avant qu'on arrive ! répliqua le colonel. Non, on a besoin de Looping.
-Et de Stan aussi ! renchérit Futé. Un singe dans la jungle peut nous aider. Mais dis-moi Looping tu m'as pas répondu... Elle t'a fait quoi ?
-C'est pas ce qu'elle m'a fait... C'est ce que je lui ai fait moi. Sans le vouloir... »
Amy les attendait avec impatience. Elle s'inquiétait pour eux, d'autant qu'ils n'avaient pas voulu qu'elle vienne au cas où il y ait du danger. Ils la retrouvèrent et la rassurèrent. La journaliste demanda alors à les accompagner en Corée, mais Hannibal refusa catégoriquement. Il ne voulait pas qu'elle risque quoi que se soit. Et puis, Jack n'apprécierait sûrement pas que la presse s'en mêle, même si Amy ne voulait écrire aucun article. Résignée, elle les aida tout de même à préparer leur mission de sauvetage. Ils avaient prévu de partir le lendemain.
Hannibal voulait un hélicoptère ou un avion russe. Ce serait plus discret qu'un américain, mais Futé lui fit remarquer qu'il n'en trouverait jamais. Amy et Looping entreprirent alors de déguiser l'avion qu'avait réussi à dégoter le lieutenant. Pendant ce temps, Futé et Barracuda s'occupèrent de leur procurer des armes en tous genres, des brownings aux mitrailleuses en passant pas quelques grenades. On a toujours besoin de grenades avait fait remarquer Hannibal. Ce dernier étudiait scrupuleusement la carte et les données que leur avait fourni la C.I.A. Il cherchait un plan pour retrouver Mistral et les documents et pour ramener tout le monde aux États-Unis le plus vite possible. Le plus gros problèmes étant bien sûr de localiser le commandant.
Le lendemain, ils étaient fins prêts. Amy vint leur dire au revoir sur le tarmac. Barracuda, lui, refusa catégoriquement de monter dans l'avion. Il irait par bateau ou resterait ici.
« Déjà que quand ce cinglé a envi de voler je monte pas avec lui, alors là qu'il veut pas ! »
Effectivement, Looping faisait tout pour se défiler, ce qui ne lui était pas habituel.
« Barracuda, s'il te plait, monte ! pria Hannibal.
-Non. Et vous n'avez pas intérêt à m'endormir ou à m'assommer sinon je vous tue ! »
C'est alors qu'une voiture se gara non loin d'eux. Lynch et Decker en sortirent ainsi qu'un troisième homme qui portait l'uniforme de l'armée de l'air. Decker s'approcha d'Hannibal, un sourire forcé aux lèvres.
« Smith, voici Heders, un pilote que l'armée a mis à notre disposition. Jack nous a dit qu'il avait autorisé Murdock à sortir de l'hôpital il y a une heure, mais étant donné qu'on monte avec vous dans l'avion, nous préférons qu'il y est un copilote avec Murdock, comme dans n'importe quel avion normal. Le voyage jusqu'à la Corée est long et...
-Vous voyez ? s'exclama Barracuda. Même eux ne veulent pas prendre le risque de se faire tuer par Looping !
-Tuer ? » s'étrangla l'intéressé.
Barracuda l'avait vexé.
« Vous êtes souvent morts avec moi ! T'as pas confiance en moi.
-Sincèrement ? Non. Je tiens à la vie...
-Pfff... Allez, viens Stan, pria Looping d'un air théâtral. Laissons ce sombre personnage à ces idées noires ici !
-Tu sais ce qu'il te dit le sombre personnage aux idées noires ? » menaça Barracuda d'un air terrifiant.
Looping ne demanda pas son reste et sauta dans l'avion tandis qu'Amy éclatait de rire. Heders le suivit.
« Tu viens alors Barracuda ? le poussa Hannibal.
-Hors de question. »
Futé fit un pas vers lui. Barracuda se retourna :
« TOI ! Si tu me touches je t'étrangle. Vous ne m'endormirez pas cette fois.
-Sergent je vous en prie ! implora Lynch. Ne faites pas votre enfant...
-Vous, je ne vous ai pas sonné. »
Pendant ce temps, Looping et Heders mettaient les moteurs en marche. Il fallait qu'ils se dépêchent de faire monter Barracuda dans l'avion. Decker prit alors son browning et l'assomma avec la crosse tandis qu'Hannibal et Futé détournaient son attention.
« Ça, commenta Decker, c'est pour ce jour dans le mess des officiers où il m'a frappé. On monte ? »
Lorsque tous furent installés, l'avion rejoint la piste d'envol. La voix de Looping retentit dans les hauts parleurs. A sa voix, on sentait qu'il avait retrouvé sa joie habituelle, rien que de savoir qu'il allait voler.
« Chers passagers, ici le commandant de bord qui vous parle ! Je vous souhaite un agréable voyage à direction de la Corée du Sud, à bord de l'Agence Tous Risques Air Line ! Je tiens à vous faire part du petit changement survenu sur notre ligne étant donné que pour ce voyage j'aurais un copilote qui m'a demandé où il devait s'asseoir. C'est sur ces paroles rassurantes que je quitte ! »
Dans le cockpit, Heders jeta un regard noir à Looping. L'avion décolla.
Ils survolaient depuis une heure déjà le Pacifique. Hannibal observait depuis un moment déjà Barracuda qui commençait à remuer. Il demanda à Futé de lui administrer le somnifère pour être sûr de ne pas avoir de problème jusqu'à leur atterrissage.
Après environ cinq heures de vol, Hannibal voulut aller voir Looping. Il avait une question qui lui trottait en tête depuis quelques temps et il souhaitait en avoir la réponse. Il ouvrit la porte du cockpit et pria Heders de virer de là sans tarder. Le copilote refusa, s'indigna, protesta. Mais Hannibal ne lui laissa pas le choix. Il s'assit à sa place et s'alluma un cigare. Durant quelques minutes, il observa les nuages cotonneux qu'ils traversaient comme dans un rêve. En dessous d'eux, l'étendue du Pacifique miroitait au Soleil comme une plaque d'argent mouvante. Il reporta son attention sur Looping.
« Alors ? Tout va bien ?
-Bien sûr Hannibal ! Tu me connais... Malgré ce que dit Barracuda, je sais piloter. Je suis peut-être cinglé, mais les avions et les hélico, ça me connait ! »
Hannibal éclata de rire. Il reprit vite son sérieux et posa la question fatidique :
« Mistral... Tu la connais d'où ? »
L'avion fit une violente embardée. Looping reprit le contrôle, mais en proie à une vive émotion.
« Nous sommes tes amis Looping. Tu peux nous le dire. On se connait depuis assez longtemps, non ? »
D'un signe de tête, Looping approuva. Il regarda Hannibal et soupira.
« C'était avant l'armée, avant le Vietnam. Quand j'étais encore à l'école de pilote de l'armée. Mistral et moi nous étions ensembles en classe. On était amis... C'est tout.
-C'est tout, hein ? »
Looping ne répondit rien et Hannibal respecta son silence. Il quitta le cockpit. C'est alors que Looping le rattrapa. En le voyant, Lynch, Decker et Heders poussèrent un cri de terreur. Le copilote s'affola :
« Mais vous êtes cinglé ! Qui c'est qui pilote ?
-L'avion, j'ai mis le pilote automatique... Ça craint pas... » répondit-il naturellement.
Heders se précipita vers le cockpit en hurlant.
« Je voulais te parler Hannibal... murmura Looping. Et aussi à Futé et Barracuda. T'as raison. Vous avez le droit de savoir.
-Pour Barracuda, faudra attendre de débarquer.
-On verra ça en Corée alors ? »
-Oui, il vaut mieux.
-Il vaudrait pas mieux en attendant qu'il retourne au poste de pilotage ? » interrogea Lynch inquiet.
Looping leva les yeux au ciel et partit rejoindre Heders qu'il obligea à reprendre sa place de copilote, au grand dam de celui-ci.
Ce fut bientôt le moment d'approcher de la base militaire américaine dont faisait partie Mistral. Barracuda était en train de se réveiller doucement. Hannibal rejoint une nouvelle fois Looping qui parlait à Stan sous l'œil inquiet de Heders.
« Dis Looping... Notre ami est en train de sortir de sa torpeur. Faudrait se dépêcher d'atterrir...
-Reçu 5 sur 5 patron ! »
L'avion piqua aussitôt du nez vers la piste, sans attendre l'autorisation de la base. Heders ne s'y attendant pas eut le réflex de vouloir redresser l'avion, ce qui eut pour effet de le faire aller tout droit : Looping descendait, Heders montait. Le capitaine se mit à hurler.
« Mais arrêtez Heders ! Vous êtes fou ! Vous voyez pas que je veux atterrir ?
-Mais c'est vous qui êtes dingue de piquer du nez comme ça, en plus sans même attendre l'autorisation ! Vous sortez d'où pour faire ça ? D'un asile psychiatrique ? »
Looping leva un regard étonné vers Hannibal. Bouche bée, il lui demanda :
« Mais comment il le sait ? Vous lui avez dit, Futé ou toi ? »
Hannibal lui tapota amicalement l'épaule et regagna sa place.
