Chapitre quatre
Tel un serpent…Disclaimer : persos pas à moi du tout (snif), mais à Tim Kring. Je ne me fais pas d'argent avec cette fic !
Homophobes s'abstenir !!!!!!!!!!!!!!
Peter s'était approché d'une des fenêtres de la vieille maison. Sylar n'avait pas menti. Il aurait voulu ouvrir la porte pour serrer l'indien dans ses bras, mais si tout se passait mal, il s'en voudrait de lui avoir donné de faux espoirs.
Il s'envola le plus vite possible. Il devait convaincre Nathan, et ce ne serait pas une mince affaire.
Son frère s'éloignait de lui depuis quelques temps, et cela déchirait le cœur de Peter. Il ne comprenait pas ce qu'il avait pu faire pour que Nathan se montre froid à ce point…
C'était pourtant lui qui lui avait dit qu'il l'aimait, qui avait pleuré sa prétendue mort…
Qui avait voulu mourir avec lui le jour de l'explosion… « Je ne suis rien sans toi », c'était ses propres mots.
Alors que s'était-il passé ? Ce n'était tout de même pas sa carrière qui l'empêchait d'avoir un regard tendre pour lui, ou une parole affectueuse. Bien sûr, ils n'étaient plus des enfants, mais Peter avait besoin de tout ça. De tout ce qui avait toujours fait sa vie. À l'inverse de leurs parents, Nathan avait toujours été là pour lui.
Maintenant, plus les jours passaient, plus il semblait loin… Peter ne supportait plus cela, ses regards fuyants, ses montagnes de rendez-vous qui l'empêchait de le voir ne serait-ce que cinq minutes…
Peter ne pouvait se résoudre à laisser son frère le tenir à distance de sa vie de cette façon.
Il soupira. Dans tous les cas, il serait bien obligé de l'écouter ce soir. Qu'il le veuille ou non. Il s'était arrêté en chemin pour passer un coup de fil à Heidi. Il était bien plus simple de contacter sa belle-sœur. Elle lui avait assuré qu'ils n'avaient rien de prévu ce soir. Avant de raccrocher, elle voulut savoir si tout allait vraiment bien. Elle semblait sincèrement inquiète. Peter avait toujours été terriblement jaloux d'elle, mais elle était une personne honnête, et il s'était rendu compte que se frère la rendait terriblement malheureuse aussi. Il s'était rapproché d'elle. Le malheur unissait les gens, n'est-ce pas ?
Le seul bonheur qu'elle retirait de pouvoir à nouveau marcher était de courir au parc et dans les immenses jardins de la propriété avec ses enfants. Nathan ne s'était pas pour autant rapproché d'elle, même si elle y avait cru un moment. Peter savait tout cela car il était devenu son confident. Elle lui avait confié qu'ils ne s'aimaient plus depuis bien longtemps. La rupture datait de l'accident. Mais qu'ils se devaient de faire bonne figure devant le monde. Ils avaient plutôt intérêt, puisque Nathan briguait le poste de président. Heidi lui racontait à quel point c'était fatiguant de devoir jouer des rôles de composition à tout bout de champ.
Peter pensait toutefois que Heidi aimait tout de même encore son frère. Elle n'aurait pas eu ce visage triste tout le temps, dans le cas contraire.
Il sortit de ses pensées alors qu'il survolait la demeure familiale.
Il se posa sur le perron, et se glissa dans la maison, usant de son pouvoir d'invisibilité pour se rendre dans le bureau de son frère.
- Nathan, à nous deux maintenant, murmura-t-il avant d'entrer sans frapper.
Le plus âgé sursauta, et ne voyant personne, prit un visage sévère.
- Peter, je sais que c'est toi. Je n'ai pas le temps de m'amuser, j'ai sans doute un rendez-vous dans peu de temps.
Peter apparut devant lui, les bras croisés.
- Faux, tu n'as rien de prévu, Heidi me l'a confirmé, il faut absolument qu'on parle.
Nathan soupira, et s'installa derrière son bureau.
- Que veux-tu ?
- C'est au sujet de Mohinder.
L'homme haussa un sourcil étonné :
- L'aurais-tu retrouvé ?
Peter hocha la tête.
- Bien, je vais appeler la police, répondit-il en décrochant le téléphone. Le cadet posa sa main sur le combiné.
- Une minute, ne fais rien, ce n'est pas lui, le coupable.
Un sourire ironique apparut sur le visage de son frère :
- Allons bon, que vas-tu me raconter à présent ? C'était forcément lui, Parkman l'a bel et bien vu, il a témoigné. De plus, son A.D.N. a été retrouvé sur l'arme, aucune erreur possible.
- Il a été manipulé.
Peter chercha ses mots. Il ne devait pas mentionner le tueur…
- Je l'ai retrouvé par hasard, il est terrorisé. Un homme l'a dirigé à distance, pour qu'il tue Molly. Tu sais aussi bien que moi qu'il n'aurait jamais pu faire ça.
Nathan eut un sourire crispé.
- Et que voulais-tu que je fasse ? La police est arrivée bien avant nous sur les lieux du crime, avec la presse et tout le toutim. Il était impossible pour moi de ne pas ébruiter cette affaire. De toute façon, tout concordait. Et qui l'aurait obligé à faire ça ?
- Tu sais bien que le pouvoir de Molly était très important…
Une lueur traversa le visage de son aîné.
- J'y suis, tu penses à Sylar, c'est bien ça ? Forcément, il n'y avait que cet homme qui aurait pu être gêné par la fillette !
- Non, Nathan, ce n'est pas lui, riposta Peter. C'est… c'est cet homme étrange, que tu as côtoyé récemment. Il a fait faire ceci à Mohinder, avant de le torturer et… de le relâcher.
- Un homme étrange ?
Peter se sentit perdre patience.
- Ne fais pas l'idiot, je parle de ce type immensément riche, qui te tourne autour depuis des mois ! Celui qui t'a si gentiment proposé de financer toute ta campagne !
Nathan croisa les bras, un sourire mauvais sur le visage.
- Alors… après Linderman, je serais de nouveau tombé sur un mécène aux mauvaises intentions ? Peter… Tu pensais sérieusement que j'allais croire ton histoire ? Je n'ai pas le temps pour…
- Arrête, le coupa vivement Peter, je sais que tu n'as le temps pour rien ! Mais fais cesser les recherches, enlève les charges d'accusations contre lui, tu as ce pouvoir ! Il est innocent, et je refuse qu'il aille en prison, parce que tu ne t'occupes que de ta campagne ! Il a été assez traumatisé comme ça, alors fais ça pour lui.
- Peter… Je ne vais certainement pas dire aux médias que je me suis finalement trompé, en avançant quoi comme excuses ? Q'un homme manipulant les autres à distance a contrôlé le professeur Suresh ?
Peter s'avança vers Nathan, les mains tremblantes.
- Alors, tu ne feras rien ?
- Je n'ai pas dit ça… Laisse-moi y réfléchir. Mais ne t'avise pas de penser une seconde que Kane ait quelque chose à voir dans l'histoire, c'est un artiste, rien de plus. Et un simple humain. Il s'agit sans aucun doute d'une erreur, Peter. Et je sais très bien que tu ne m'as pas tout dit, je te connais par cœur.
« Mieux que personne » fut la pensée qui traversa l'esprit de Peter.
- Dans ce cas pourquoi ? Les mots lui avaient échappés.
- Pardon ?
Peter baissa le visage, confus.
- Laisse tomber, je… je vais te laisser.
Il s'avança vers la porte, et posa une main sur la poignée.
Un soupir le fit se retourner.
- Peter, j'aimerai avoir plus de temps, vraiment… Mais c'est impossible.
- Je comprends.
En réalité, il ne comprenait absolument pas et voulait connaître cette raison qui l'éloignait tant de lui. Ce n'était pas les élections, il en était persuadé. Nathan avait peur de quelque chose, il le sentait, mais de quoi ?
Il sortit de la pièce à contrecœur, pas plus avancé. Mais il était bien trop en colère pour avoir des réactions correctes. Il devait se calmer avant tout. Ensuite trouver une solution qu'il soumettrait à son frère. Mohinder méritait qu'on l'aide. Cet homme était si sérieux et généreux…
La solution la plus simple était encore de récupérer Mohinder et de le placer dans un endroit sûr. Un endroit surveillé en permanence. Et par une personne de confiance. Il se résolu à aller voir Claire. Son père pourrait sans doute les aider. Il se présenta chez eux dans la soirée. Claire l'emmena faire un tour pour qu'il lui explique la raison de sa venue.
-… Et maintenant, je suis et bel bien coincé, expliqua-t-il après avoir raconté l'histoire en omettant encore une fois Sylar, étant donné que Nathan est borné comme une mule ! Tu le connais !
La jeune fille secoua la tête.
- La seule solution serait de cacher le professeur Suresh dans les anciens locaux de primatech, ils sont à l'abandon. Personne ne s'en approche. Papa pourrait faire ça, et on pourrait demander à l'Haïtien de veiller au grain. Ce type avec ses gros pouvoirs ne pourrait sans doute rien face à lui.
- Ce serait la meilleure des solutions, pour l'instant. Je vais en parler à Nathan.
Claire lui jeta un regard étrange, puis haussa les épaules.
- Tu as toujours une confiance aveugle en ton frère… Pourtant, il est loin d'être blanc comme neige. Et je ne suis pas certaine qu'il agisse de la meilleure façon. Enfin… la politique…
Peter soupira bruyamment.
- Quoi que les gens pensent de lui, je l'aimerais toujours autant… Tu sais, quand on était gosses, c'était lui qui était là pour moi. Il a toujours été mon héro, et ce n'est pas maintenant que je changerai d'avis. Je pense toujours à lui avant tout. Je crois toujours qu'il redeviendra comme avant. Tu dois me trouver stupide, moi-même je le sais…
Claire hocha négativement la tête, l'air sérieux.
- Pas stupide, non. Vos sentiments sont basés sur une bien étrange relation… Tu m'as dit que tu te sentais « connecté » à lui ? Mais en est-il de même pour lui ? Et puis… c'est ton frère… Je pourrai me passer sans problème du mien, ajouta-elle en souriant, mais plus sérieusement, ce qui vous lie c'est… je ne sais pas t'exprimer ce que je ressens, mais ce n'est pas… habituel…
Peter sentit son cœur battre un peu plus vite.
- Il n'y a rien de plus ordinaire, répondit-il rapidement.
- Tu sais bien que non, le coupa Claire, et c'est peut-être pour ça qu'il… qu'il s'éloigne de toi. Peter ne fais pas l'idiot, j'étais là quand il est venu m'empêcher de te tuer le jour de l'explosion. Cette façon qu'il a eu de te regarder, et toi aussi d'ailleurs. J'ai bien vu qu'il y avait plus qu'un… qu'un amour fraternel entre vous… Ça sautait aux yeux, Peter ! Et ne fais pas cette tête s'il te plaît, tu le sais très bien !
Peter se retourna, et partit en direction de la maison à grandes enjambées.
- Tu décaroches complètement, Claire ! C'est… c'est n'importe quoi ce que tu insinues.
- Si tu t'énerves, c'est parce que tu sais très bien que j'ai raison.
Les mots de la jeune fille l'arrêtèrent net. Il se retourna vers elle, le cœur battant.
- Que tu aies raison ou pas, qu'est-ce que ça peut bien changer ? Si… Si vraiment il y avait ce… ce sentiment entre nous, il n'y aurait jamais rien de possible, c'est immoral, anormal !
- Voilà pourquoi il veut t'éloigner de lui ! Il ne veut pas te faire de mal… Peter, soupira-t-elle, quelquefois je me demande qui de nous deux est le plus jeune.
Il devait ouvrir les yeux. Sa nièce avait entièrement raison. Il le sentait. Mais s'éloigner de son frère à cause de cela serait trop demander. Il ne pouvait pas vivre sans lui. Il avait réellement besoin de lui… Mais si c'était la seule solution, il partirait, pour ne pas gêner son aîné.
Il resta devant Claire, les bras croisés, à réfléchir à tout ceci. Comment pouvait-il se sortir de cette situation ?
Une main tirant sa manche le tira de ses réflexions.
- Viens, rentrons à la maison. Papa doit savoir, pour le professeur Suresh. Et ne pense plus à tout ça pour ce soir. Tu y réfléchiras à tête reposée. Et fuir n'est pas une solution. Je te connais, tu serais prêt à te cacher à l'autre bout du monde si ça pouvait faire plaisir à ton frère !
- Tu as mangé un vieux sage ce matin ?
Elle sourit et l'entraîna de force derrière elle.
Noah les attendait sur le perron, l'air inquiet. Peter lui expliqua tout. Ils décidèrent de partir le lendemain nettoyer et préparer les locaux, pour recevoir l'indien.
Peter s'était couché tard ce soir là. Tournant et se retournant dans ses draps.
Il était heureux de constater qu'il n'avait pas été le seul à penser que le professeur était innocent. Qu'avait pensé Nathan dans cette histoire ? Bon sang ! Il aurait au moins pu s'insurger contre la presse. Il n'y avait qu'à voir la façon dont le professeur s'occupait patiemment de la fillette malade pour comprendre qu'il n'aurait jamais pu lui faire de mal. Il n'avait absolument pas de raison pour ça.
Les médias avait parlé de « coup de folie ». C'était bien ce qu'avait ressenti Matt Parkman, il n'avait jamais vu Mohinder dans cet état. Il était comme possédé, avait-il dit à la police. Bien sûr, Nathan ne voulait pas que soient révélés les secrets des gens dans leur cas, et il lui avait ordonné de faire attention à ses propos devant les caméras.
Certains médecins interviewés avaient avancé le terme de crise de schizophrénie, de dédoublement, etc… Puisque le professeur Suresh n'aurait pas fait de mal à une mouche… Il devait forcément avoir subi des choses atroces dans son enfance qui s'étaient éveillées devant cette petite fille…
Et oui… Peter avait entendu des tonnes et des tonnes d'insipidités de la sorte. Et avait retourné la question mille fois dans sa tête…
Le plus incroyable dans cette histoire était finalement le rôle de Sylar. S'il avait cru une seconde le revoir dans ces circonstances…
Et surtout savoir qu'il avait sauvé l'indien et l'avait appelé lui… Que recherchait cet homme après tout ? Pourquoi lui faisait-il confiance de la sorte ? Il devait tenir beaucoup à Mohinder pour le protéger de cette façon. Peter avait senti les regrets que dégageait l'homme quand il lui parlait de lui confier son protégé. Il avait « entendu » les pensées de l'homme, tournées presque exclusivement vers Mohinder. C'était incroyable.
Alors qu'il avait failli le tuer il y avait des mois et des mois de cela… Il repensa à ce moment, dans l'appartement de Mohinder. Non, à la réflexion, s'il avait réellement voulu tuer le généticien, il l'aurait fait sans hésiter. Ce type n'était pas du genre sensible, vu ses crimes.
C'était dingue tout ça…
Le lendemain matin, alors qu'il s'apprêtait à sortir, le téléphone retentit. Il décrocha et fut surpris d'entendre son frère à l'autre bout du fil.
- Peter, rejoins-moi à la maison, Heidi est partie avec les enfants, nous serons seuls.
- Tu as réfléchi ?
- Oui, je raccroche, à tout de suite.
La voix de l'aîné des Petrelli était grave. Peter raccrocha et se précipita dans la rue, sautant dans le premier taxi qu'il croisa. Il avait un mauvais pressentiment.
Il arriva à la résidence et courut plus qu'il ne marcha vers l'entrée. Nathan l'attendait, les bras croisés, adossé sur un guéridon qui ornait l'entrée du hall. Il l'embrassa et l'emmena dans le salon.
- Bien… tu te doutes que je ne peux inventer aucune histoire abracadabrante pour protéger le professeur Suresh. Et je ne veux pas non plus que tu t'embarques là-dedans. C'est de la folie. Mais avant tout, je veux la vérité Peter. Si tu ne me fais pas confiance, comment faire ?
Peter baissa la tête. Effectivement, Nathan n'avait pas tort. Seulement, s'il balançait Sylar, Nathan serait encore plus réticent à l'aider… Il releva un visage réfléchi vers on grand frère.
- Bon, ce n'est pas moi qui aie découvert Mohinder, je te l'accorde. Une personne m'a appelé. Je l'ai rencontré très loin d'ici. Cette personne m'a expliqué ce qui s'était passé en détail. Mohinder a bel et bien été utilisé par ce type, Kane. Qui l'a ensuite enlevé et torturé. Cette personne que j'ai rencontrée a sauvé et soigné Mohinder durant les derniers mois. Et me demande maintenant de veiller sur lui.
Nathan se leva de son fauteuil et vint s'asseoir à ses côtés sur le canapé.
- Pourquoi ne veux-tu pas me dire qui est cette personne ?
Peter se sentait de plus en plus mal à l'aise. Quelque chose semblait clocher… Mais il ne trouvait pas quoi.
- Ce n'est pas quelqu'un d'important, peu importe, répondit-il en haussant les épaules.
- Ah… Nathan fit une pause de quelques secondes, puis replongea son regard dans le sien.
- Peter… Je pense au contraire que Sylar est quelqu'un de vraiment important.
Il avait mal entendu… Faite qu'il ait mal entendu…
Puis Peter entendit les pas se rapprocher. Il se tourna doucement, pour tomber face à cet homme qu'il avait déjà croisé à plusieurs reprises.
- Bonjour Peter.
Il s'installa dans le fauteuil en face des deux frères.
- Je sais exactement ce qui s'est passé, lui dit-il en souriant, et je tenais à apporter mon aide à votre frère dans cette affaire. Je savais qu'un jour viendrait où cet homme inventerait n'importe quoi pour me nuire. Ce professeur Suresh, jamais je ne l'ai approché, de près ou de loin. Par contre, Gabriel Gray est une vieille connaissance à moi. Nous avons fait une partie de nos études ensembles. Et j'avouerai que nous ne nous portions pas mutuellement dans nos cœurs. Disons que j'étais une cible idéale pour lui. Peu connu du grand public, et pourtant assez riche pour faire le régal de la presse si un accident venait à m'éclabousser… Je miserai plutôt pour lui, si je devais choisir un coupable. Mais les faits sont que le professeur Suresh est le meurtrier, et Gabriel son complice, voilà tout.
Peter se leva brusquement. Il ne pouvait pas lire dans les pensées de cet homme. Il ne ressentait rien émanant de lui. Ce n'était pas normal.
- Vous êtes comme l'Haïtien, c'est ça ?
L'homme eut un visage surpris :
- Le quoi ?
- Peter, gronda Nathan.
Il se tourna vers l'homme.
- Ne fais pas attention à ce qu'il dit. Rien d'important.
Puis se leva, se mettant face à Peter.
- Kane a raison Peter. Pourquoi Mohinder était-il tout ce temps avec lui ?
- Mais… mais… bégaya Peter, s'il était vraiment coupable, pourquoi m'aurait-il contacté au lieu de se cacher ? Tu ne crois pas les idioties de cet homme quand même ? Il est bizarre, je ne sens pas son énergie, il est exactement comme nous !
Nathan l'attrapa par le bras et le repoussa durement dans le canapé.
- Arrête tes bêtises, pour l'amour du ciel ! Le mieux est de ne pas se poser de questions. Dans tous les cas, ce Sylar est un meurtrier, il a voulu te tuer !
Il s'était mis à parler de plus en plus fort :
- Et tu ne crois pas que je vais pardonner une chose pareille ? Merde Peter, tu es tout ce que j'ai de plus cher au monde ! Alors cesse de faire l'enfant. Il t'a menti. Et tu as plongé !
Kane les regardait calmement, en souriant.
- Allons, murmura-t-il, calmez-vous. Cet homme vous a menti en tout point sur moi, Peter. Peut-être se sent-il coupable par rapport à ce Mohinder… Je vais vous donner les raisons de ma venue. Je veux Gabriel Gray. C'est tout ce qui m'importe. Cet homme a froidement assassiné mes parents, ainsi que mon petit frère. Vous comprendrez que je lui en veux. Et là, je n'ai qu'un geste à faire pour me venger… S'il vous plaît, aidez-moi à le retrouver.
Peter regarda Nathan, abasourdi. Son frère n'avait quand même pas cru cette histoire idiote ! Il se tourna à nouveau vers Kane.
- Je voudrais être seul avec mon frère. Je vais réfléchir. Mais laissez-moi avec Nathan.
- Bien, j'ai un rendez-vous de toute manière, je ne pouvais rester longtemps. Mais croyez-moi Peter, vous n'aurez jamais plus grand ennemi que cet homme. Il est dangereux.
Il leur serra la main, et Peter crut voir une poignée plus appuyée pour son frère. Puis il sortit de la maison.
Peter regarda Nathan et explosa :
- Attends, ne me dis pas que tu crois cette histoire ?
- Est-elle moins plausible que la tienne ? Riposta son frère.
Les bras de Peter en tombèrent.
- Tu… tu oses insinuer que j'affabule ?
- Mais non, enfin… il a raison, tu t'es fait avoir par ce type, dieu sait ce qu'il aurait pu te faire !
- Tu couches avec lui ?
Nathan le regarda, les yeux ronds :
- QUOI ?
Peter refusa de laisser démonter.
- Tu couches avec ce gars. Je ne sais pas ce qu'il t'a promis, de te faire devenir maître du monde ? Parce que pour refuser d'ouvrir les yeux sur un type aussi louche, tu as dû te faire corrompre à coup de billets de cinq cents dollars ? Ou alors autrement ?
Une claque magistrale s'abattit sur sa joue. Nathan semblait sur le point d'exploser.
- Tais-toi ! Tu n'y connais rien ! Oui, je couche avec lui, si ça ta fait plaisir de le savoir, mais je n'en tire aucun profit ! Il n'est pas ce que tu crois, je ne sais pas ce qui t'arrive mais… mais…
Peter sentait son visage se décomposer sur place. Son frère… avec cet homme ? Il avait lancé sa phrase pour le provoquer, pas pour entendre une chose pareille. Il porta la main à sa joue cuisante, regardant Nathan comme s'il venait de débarquer d'une autre planète. Il repensa aux paroles de Claire. « Il est loin d'être blanc comme neige » « je ne suis pas certaine qu'il agisse de la meilleure façon ».
Il fit un pas en arrière, n'écoutant plus les mots de son frère. Bien sûr, son frère trompait Heidi en permanence, il le savait. Nathan avait toujours été comme ça. Mais là… Avec ce type… Si Peter ne s'était pas retenu, il serait sorti pour cramer ce Kane sur place.
Les lèvres tremblantes, il coupa son frère dans le flot de paroles qu'il débitait :
- Comment peux-tu agir ainsi ? Ce type est dangereux ! Quoi que tu penses, je protégerais Mohinder, même de toi s'il le faut ! Comment peux-tu accorder un quelconque crédit aux paroles de cet homme et ne pas me croire, moi ?
- Je n'ai pas dit que je ne te croyais pas ! Tu t'es fait manipuler par Sylar. Tu es bien trop naïf.
- Je ne suis pas stupide, Nathan, j'ai assez de pouvoirs pour différencier ce qui est bien de ce qui ne l'est pas. Je sais que Sylar ne m'a pas menti. Et ce gars, il me fait froid dans le dos, il n'est pas normal, tu m'entends ?
- Tu n'as pas à me dire ce que je dois faire. Loin de là, c'est compris ?
Peter recula à nouveau. Ses yeux le brûlaient douloureusement. Il essuya des larmes qui menaçaient de couler, et fit demi-tour brusquement.
Nathan le rattrapa à la porte d'entrée, et le serra brutalement dans ses bras.
- Je t'en prie, ne pars pas. Excuse-moi, je ne voulais pas m'énerver. Ne pleure pas, ça m'épouvante…
- C'est ta faute… balbutia Peter avec effort.
La main de son frère se promena doucement sur sa joue, lui essuyant les dernières larmes du pouce.
- Pardon, chuchota-t-il à son oreille, le faisant frissonner de tout son long.
Plus qu'un amour fraternel… ? Impossible…
Peter leva son visage vers lui, plongeant son regard dans le sien. Il attrapa sa main et l'embrassa au creux de la paume.
- Que… qu'est-ce que tu fais ? demanda son frère d'une voix inquiète.
- Je t'aime, Nathan. Je ne veux pas qu'on soit séparés. Pas pour tout ça. Mais s'il le faut réellement…
- Ne dis pas de bêtises…
Il le serra encore plus fort, promenant l'autre main le long de son dos, comme pour le consoler.
Ils ne dirent rien pendant un moment, se contentant de s'observer doucement, laissant s'égrener les secondes, puis les minutes.
Puis leurs lèvres se scellèrent l'une à l'autre avec violence. Peter s'agrippa à son frère, avec un désespoir non feint. Ils s'embrassèrent longuement, de plus en doucement. Puis Nathan se détacha de lui, le fixa un instant, et repartit dans le salon en jurant.
Le jeune homme resta contre la porte, les bras ballants, le souffle court. Nathan revint dans le hall, l'air furieux.
- Tu vois ? C'est pour ça que je ne voulais plus te voir ! Uniquement pour ça ! Merde ! J'ai lutté tellement de temps contre ça… c'est… c'était plus fort que moi ! Pars s'il te plaît…
- Nathan…
- Fais ce qu'il te dit, ordonna une voix sèche.
Ils se tournèrent derechef, aussi blancs l'un que l'autre, vers l'escalier de marbre. Angela Petrelli se tenait en haut des marches, les toisant sévèrement, une main posée sur la rambarde.
- Maman depuis quand… murmura Nathan.
- Assez de temps, ne t'en fais pas ! J'avais prévenu Heidi que je passais me reposer ici avant de rentrer chez moi, je ne me sentais pas très bien. Peter, pars immédiatement !
- Non, écoute, c'est… c'est…
Elle descendit, s'avança vers le plus vieux de ses fils.
- Je ne veux aucune excuse. Tu tiens donc toi aussi à jeter la honte sur notre famille ? J'aurais du le prévoir ! Tu as toujours été trop proche de ton frère ! Je n'aurais jamais du te laisser t'en occuper comme tu l'as fait ! J'espère que tu es fier de toi ?
- Arrête maman, s'interposa Peter, tu n'as pas le droit, je suis aussi fautif ! Je l'aime, je ne peux rien y faire.
- Suffit ! Ordonna-t-elle, pas de ça ici ! Vous avez été éduqué comme il le fallait, il est absolument impossible qu'une telle chose puisse se passer ! Je vous ordonne d'oublier tout ça, et de ne plus vous approcher de l'autre à moins qu'il y ait assez de monde autour. On n'a nullement besoin de ce genre de tare dans la famille ! Et les élections présidentielles approchent à grands pas ! Vous n'êtes que deux inconscients ! Le portrait craché de votre défunt père !
- Tu es folle, maman, répondit Peter, le teint blême.
Nathan, la mâchoire crispée, finit par baisser les yeux.
- Elle a raison Peter, je suis désolé. Tu ferais mieux de t'en aller.
- quoi ? Mais…
Le regard que lui jeta leur mère le dissuada de protester. Il posa la main sur la poignée de porte, et se tourna une dernière fois vers son frère.
- Je reviendrais. Ça ne se passera pas comme ça maman, tu ne peux pas nous empêcher de nous voir.
- J'ai tous les pouvoirs Peter, et encore plus quand il s'agit de protéger mes enfants de leur propre folie.
Peter ravala une remarque acerbe et s'enfuit précipitamment de la maison. Décidément, tout partait en lambeaux…
Pourquoi avait-il fallu que leur mère soit là, juste à ce moment ? Malgré tout, il avait enfin eu la réponse à une de ces questions. Claire était plutôt perspicace.
Il essaya de ne pas s'énerver davantage. Cela ne le mènerait à rien et il le savait. Il rentra chez lui, et alluma son portable. Il devait faire quelque chose pour ne plus penser à ça. Sinon sa tête exploserait…
Il avait enfin reçu un mail de Sylar.
Il ouvrit le message, qui comportait uniquement le mot :
« Demain ».
A suivre………………………………………………………..
