Salut à tous ! :D Ça y est ! Finie l'attente ! Vous allez enfin savoir qui est l'invité spécial de Berk ! :D Malgré vos suggestions à ce sujet, je n'y répondrai pas car je préfère vous faire la surprise et vous laisser découvrir son identité au cours de votre lecture ;) J'espère juste que l'idée vous plaira ^^ Alors petites réponses à vos reviews…

Blue : Alors pour le couple Dagur/Karen, il y aura encore des moments entre eux. Mais où est ce que ça les mènera à la fin de la fic ? Ça, tu le verras bien ;) Pour Karen, tu supposes qu'elle est enceinte ? Remarque, vu les arguments que tu énonces, ce serait possible. Mais ça ajouterait un autre effet drama à l'histoire ;) Encore merci et bonne lecture ! ^^

Bris'Arc : Et oui. Encore une dispute ! x) Alors l'idée que Meloki devienne le dragonnier d'un Murmure Mortel m'a rendue perplexe et songeuse ! Bravo à toi ! Tu as de sacrée idées ! :D Mais malheureusement, et heureusement pour Karen, ce ne sera pas lui son nouveau dragon. Je ne suis pas sadique à ce point ! xD Pour moi, imaginer un dragonnier chevaucher un tel dragon, c'est comme imaginer quelqu'un qui chevauche une mygale géante ! Karen est mon OC préférée et je trouve que je la fait déjà assez souffrir comme ça x) alors si elle voit sa sœur chevaucher un tel dragon, bah j'ai plus qu'à la faire mourir d'une crise cardiaque ! xD Bon ok. Si tu es persuadée que Karen est enceinte, je ne vais pas briser tes espérances ^^ Mais imagine l'effet drama supplémentaire si elle l'était ;) Et je suis d'accord avec toi sur l'excuse en béton qu'elle pourrait donner aux autres si elle venait à déraper avec Dagur. Ce serait trop crédible ! Mais est ce qu'elle commettra une bêtise avec lui ? Mmh… Mystère ! Héhé :p Et oui, tu as bien lu le mot danse, mais ne t'attends pas à ce qu'il y ait une superbe danse comme celle de Valka et Stoik. :) C'est toujours un plaisir de lire tes théories ! J'espère avoir le bonheur d'en lire d'autres :3 Encore merci et bonne lecture ! ^^

Dark Frozen VI : YEAH ! Mon ami le crâne est de retour ! Je suis contente ! ^^ Bah notre ami le crâne devra supporter les autres instants entre Dagur et Karen ! Parce que oui, il y en aura encore ! ;) Et ouais. Vive les liens fraternels. Surtout avec ces deux-là ! A côtés, les jumeaux, c'est des anges ! xDD Pour le parcours dans un château en chine, je crois que c'est « Takeshi's Castle » :) En tout cas, j'espère que tu ne seras pas déçu du parcours conçu par notre cher Harold ! ^^ Encore merci et bonne lecture ! ^^

Voilà, voilà ! Alors petite précision concernant le parcours. Je me suis inspirée du parcours d'obstacles dans le film « Lancelot, le premier chevalier » :) Si vous voulez voir un aperçu du parcours, tapez « gauntlet scene from first knight» sur YouTube ;) Sur ce, encore merci à vous tous, bonne lecture et laissez un fav, un follow et une review si ce chapitre vous a plu ! :3 A vendredi ! Bisous ! ^^


Chapitre 4 - Une terrible nouvelle

Bon nombre de vikings avaient tenté leur chance sans pour autant réussir à franchir la totalité du parcours d'obstacles. Même les dragonniers y avaient participé. Parmi eux, Rustik avait réussi à atteindre le second palier, Varek avait perdu à la moitié du premier, les jumeaux avaient chacun réussi à atteindre le troisième palier et Ingrid arriva jusqu'au quatrième palier ! Arrivée à la moitié du niveau avec des armes en mouvement, elle avait mal calculé son coup et elle s'était faite pousser hors du parcours par l'une des armes. Tout le monde fut très déçu, y compris elle, mais la prestation de la jolie brune fut acclamée comme il faut ! D'autres villageois participèrent après elle, mais aucun d'eux arriva jusqu'au bout. Harold avait vraiment conçu un parcours extraordinaire qui demandait à tous les participants d'user de leurs capacités physiques et mentales pour arriver jusqu'au bout ! Dagur participa à son tour, et comme Ingrid, il arriva au quatrième palier ! Mais avec son obsession pour les défis et la victoire, et étant beaucoup trop sûr de lui, il avança trop vite et se prit une grosse masse dans les côtes avant de finir hors du parcours ! Ingrid l'aida à se relever alors que le public l'acclamait tout aussi fort qu'Ingrid ! Et tout comme elle, il était super déçu d'avoir échoué, si ce n'est plus.

Meloki était présente aussi, par politesse envers Harold et Astrid, mais elle ne comptait pas participer. Pour se défouler, elle critiquait mentalement tous les participants et les erreurs qu'ils commettaient ! Même Dagur y a eu droit ! Et Meloki ne se privait pas pour l'insulter et le critiquer à sa guise !

Dans son coin, Karen reprenait calmement ses esprits et n'avait pas cessé d'étudier attentivement le parcours à chaque fois que quelqu'un tentait sa chance. Elle avait compris les erreurs de tous et elle savait comment s'y prendre pour arriver à la fin ! Quand Valka annonça son nom qui était le dernier de la liste, Karen se leva de son banc et monta les quelques marches avant de faire face au premier palier composé de plateformes qui bougeaient dans différentes directions. Bon ce n'était pas le plus dur des paliers, mais au lieu de faire comme tout le monde et de foncer, Karen avança tranquillement sur la première plateforme circulaire et sauta aux bons moments sur les prochaines jusqu'à ce qu'elle atteigne le prochain palier. La majeure partie des concurrents avait eu le tournis et c'est pour ça qu'ils perdaient en arrivant au second palier ! Mais comme Karen avait l'habitude de l'océan et du va-et-vient des vagues, elle n'avait pas le tournis sur les plateformes ! En voyant sa prestation aussi calme et précise, elle attira l'attention de tous. Meloki le remarqua, ce qui attisa une nouvelle fois sa colère et sa jalousie ! Elle ne quitta pas pour autant les tribunes, mais elle se contenta de regarder Karen et de la critiquer au même titre que Dagur.

Arrivée au second palier composé de poteaux tournoyant avec d'énorme boules et masses en cuir suspendues par des chaines et fixées sur des extrémités liées aux poteaux tournoyant, Karen poussa un bref soupir et attendit le bon moment pour courir se réfugier contre le pilier central du premier poteau. Elle tourna autour comme si elle faisait partie des obstacles liés à ce dernier, puis elle attendit le bon moment pour courir se réfugier contre le pilier suivant, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'elle atteigne le troisième palier ! L'amusement et le défi lui faisait oublier sa mésaventure avec le Murmure Mortel et l'absence inquiétante d'Eret, et un sourire ne quitta pas son visage qui,malgré tout, demeurait concentré.

Elle arriva enfin au troisième palier. Celui-ci était un petit parcours d'obstacles où le but était de d'enjamber les rondins disposés en vague ondulante jusqu'au dernier palier. Se sentant en pleine forme, et non en sueur ou en ayant le tournis comme les précédents concurrents, Karen inspira simplement et se mit à enjamber les rondins avec grâce et amusement, tel une petite fille qui jouerait à la marelle. Meloki bouillonnait de rage en la regardant car elle savait qu'elle allait gagner ! Elle pria alors les dieux pour que Karen échoue et tombe d'un des piliers, mais Karen arriva finalement au dernier palier. Tous les villageois étaient attentifs à ce qui allait se passer. Ingrid et Dagur étaient les seuls à être allé aussi loin. Karen allait-elle les battre et remporter le parcours ? Meloki serra les dents en voyant l'attention générale des villageois pour Karen, mais elle continua d'espérer qu'elle perde !

Karen demeura immobile et regarda avec un sourire serein les armes qui vacillaient de droite à gauche. Karen ne bougeait pas. Seuls ses yeux suivaient le mouvement des armes. Devant la simplicité qui se dégageait du dernier pilier qui pourtant semblait le plus difficile, Karen esquissa un sourire avant de se mettre à genoux. Son geste intrigua et inquiéta tout le monde ! Se sentait-elle mal ? Pourquoi s'agenouillait-elle ? Pourquoi souriait-elle devant le palier le plus dur et le plus dangereux ? Leur inquiétude passa en un éclair à la surprise quand ils virent Karen ramper à plat ventre sous les lames ! Seul Harold regardait Karen avec le sourire. Il était content de voir qu'une personne avait trouvé la faille à ce palier ! Quand Astrid tourna son regard vers son mari, elle comprit pourquoi il souriait et elle se mit également à sourire. Dagur était également épaté ! Tout comme Ingrid ! Jamais ils n'auraient eu l'idée de se faufiler sous les lames pour atteindre la fin du parcours ! Et quand Karen se releva au bout de l'estrade, tout le monde l'applaudit et l'acclama deux fois plus qu'Ingrid et Dagur ! La jeune femme eut naturellement un sourire radieux sur son visage quand ses amis coururent vers elle pour la porter en triomphe ! Krane et Rustik la portèrent sur leurs épaules sous les rires de Karen. Mais elle perdit vite le sourire en voyant que parmi tous les êtres qui lui étaient cher, l'homme de sa vie n'était pas parmi eux. Karen sombra quelques secondes dans la tristesse avant de se remettre à sourire quand Gerda et ses petits camarades crièrent son nom avec joie !

Karen descendit à terre pour enlacer Gerda qui s'était mise à courir vers elle. Alors qu'elle l'enlaçait, le regard de Karen croisa celui de Dagur. Étrangement, et bien qu'elle soit entourée de ses amis, le regard de Dagur était le seul qu'elle arrivait à distinguer. Le guerrier Parenvrille lui souriait tout en l'applaudissant avec fierté, et il la félicita d'une voix muette. Karen lui rendit son sourire et hocha la tête en guise de remerciement. Elle lâcha ensuite Gerda puis tourna son regard vers le chef de Berk et son épouse. Harold leva la main et tout le monde se tut pour qu'ils puissent l'entendre.

- Félicitation Karen ! Tu nous as offert une belle performance où la stratégie s'allie à l'amusement avec perfection ! Et c'est avec honneur et joie…

Harold se tourna vers Astrid qui tenait dans ses mains une jolie petite boite en bois. Il l'ouvrit et sortit une belle médaille en or sertie du sceau de Berk et attachée par un beau ruban de couleur rouge.

- … Que je te remets la médaille du vainqueur ! Toutes mes félicitations !

Karen pencha la tête et Harold lui passa la médaille autour du cou. Il enlaça son amie et la félicita à nouveau avant de laisser la place à Astrid.

- Félicitation Karen ! C'était impressionnant ! Dit-elle en l'enlaçant

- Merci beaucoup, Astrid.

- Et cette fois, tu as participé et tu as gagné ! Pas comme la dernière fois ! Rappela-t-elle avec le sourire

- C'est vrai. Mais j'aurais franchi la ligne d'arrivée si Gra… Enfin bref. Merci encore, Astrid. Merci à tous ! Dit-elle en tournant son regard vers ses amis

Durant dix minutes, Karen reçut les félicitations de tous. Sauf de Dagur pour des raisons évidentes. Pareil en ce qui concernait Meloki. Elle s'était d'ailleurs éclipsé des tribunes pour errer et rager dans les rues du village. Elle n'avait même eu besoin de faire preuve de discrétion puisque tout le monde été occupé avec Karen ou qu'ils discutaient entre eux au sujet du parcours ! Pour célébrer la victoire de Karen et la future naissance de l'héritier de Berk, Astrid et Harold convièrent tout le monde à la petite fête prévue sur la grande place. Dès lors, tout le monde festoya et s'amusa dans la joie et la bonne humeur, même s'il faisait toujours aussi chaud ! Mais Karen s'amusa moins que les autres. En retrait et le regard constamment tourné vers l'océan, elle était triste qu'Eret ne soit toujours pas là. Et son retard l'inquiétait de plus en plus. Malgré les sages paroles de ses amis à son sujet, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter et de serrer son pendentif dans le creux de sa main. Elle était tellement dans ses pensées qu'elle sursauta quand Harold lui adressa la parole !

- Karen ? Tout va bien ? Demanda Harold

- Euh… Ouais, j'étais… Perdue dans mes pensées. Dit-elle en se tournant vers lui

- C'est à cause d'Eret, c'est ça ? Devina-t-il en voyant l'air triste qu'elle essayait de dissimuler

- Ecoute. Je sais ce que tu vas encore me dire, mais ça va aller. Je sais qu'il va arriver. Tout comme Johann. J'ai entendu dire que tu t'inquiétais qu'il ne soit pas encore là, lui aussi.

- En effet. Mais je connais Johann. Il braverait l'océan entier pour être là. Tout comme je sais qu'il ne pourra pas s'empêcher de nous raconter ses histoires dès qu'il sera arrivé.

- Hin… Ouais, c'est vrai. Sinon, c'était un sacré parcours que tu as mis au point, te félicite.

- Merci, mais c'est à moi de te féliciter d'avoir trouvé la faille dans le dernier palier. J'ai bien cru que personne n'allait y penser !

- C'est en observant les autres que j'ai vu la faille. Je me suis dit que ce n'était pas normal que le bout des armes ne frôle presque pas l'estrade alors que normalement, elles le devraient.

- Vraiment très impressionnant, Karen. Je ne sais pas quoi dire d'autre ! A part te demander si tu veux danser ? Demanda-t-il en lui tendant la main

D'ordinaire, elle aurait surement accepté. Mais en s'imaginant en train de danser avec Harold, Karen repensa aux disputes qu'elle avait eues avec sa sœur, et son cœur s'attrista.

- Euh… Non merci. Refusa-t-elle poliment

- Pourquoi ça ? S'étonna-t-il

- J'ai mes raisons…

- Si c'est par rapport à ce que ta sœur t'a dit quand vous vous êtes disputé dans l'arène, sache que personne…

- Astrid t'a tout dit, c'est ça ?

- Oui. Et je suis désolé que Meloki t'ai dit de telles choses.

- Que veux-tu… Soupira-t-elle tristement

- Karen. Peu importe les horreurs qu'elle t'a dit, personne sur Berk ne le pense. Et encore moins tes amis ! Et il ne faut surtout pas que tu la crois ! Sinon, la culpabilité et le doute te rongeront, comme lorsque tu essayais de nous cacher que tu étais la fille de Drago. Alors si tu ne veux pas revivre ça, viens t'amuser. Insista-il gentiment en lui tendant à nouveau la main.

Karen ne savait pas quoi dire. Harold avait vraiment un cœur en or et chacune de ses paroles avaient les mêmes effets que celles d'un sage, si bien qu'un sourire sincère et reconnaissant se dessina sur son visage avant qu'elle ne prenne sa main. Le sourire d'Harold s'allongea et il entraîna Karen parmi les autres. Voulant suivre ses conseils afin de s'amuser et de ne pas repenser aux horribles paroles de sa sœur, Karen laissa son cœur se remplir de bons sentiments et son sourire ne quitta pas son visage. Elle dansa avec Harold, puis avec Valka. Elle riait, discutait et festoyait avec ses amis. Elle était heureuse, et ce malgré l'absence d'Eret. Quand la seconde danse se termina, une troisième n'allait pas tarder à commencer. Karen vit que Dagur était dans son coin, adossé contre une hutte, les bras croisés et un frêle sourire sur le visage. Il semblait calme et son regard parcourait l'ensemble de la fête. En se rappelant des sages paroles d'Harold, Karen eut envie d'aller le voir. Elle s'excusa auprès de Valka et marcha vers Dagur.

- Salut Dagur.

- Salut championne. Ça va ? Demanda-t-il en tournant son regard vers elle

- Je m'amuse bien, donc oui, ça va. Lui souriait-elle

- C'est bien. Dit-il en reportant son regard sur la fête

- Mmh. Et toi ? T'a l'air pensif.

- J'essaie de me rappeler la forme du symbole rouge sur notre ami de la forêt. Mais impossible d'avoir une image précise. Si ça se trouve, ce n'était pas la marque d'un sceau au fer rouge, mais une blessure sanguinolente.

- Sans doute. En tout cas, c'est gentil d'essayer de te rappeler la forme du symbole.

- De rien. Il en va de la sécurité de tous au cas où l'incident viendrait à se reproduire.

- Je comprends. Au fait...

- Mmh ?

- Tu veux danser ? Demanda-t-elle en lui tendant sa main

Il tourna son regard vers sa main, puis après deux secondes de blanc, son regard se fronça légèrement mais Karen pouvait déceler de la tristesse au fond de ses yeux vert, même s'il regardait à nouveau les autres qui s'amusaient.

- Non, Karen. Pour tout le monde, il vaut mieux éviter.

- Tu sais, c'est juste pour te remercier de m'avoir sauvé la vie. Et aussi pour m'excuser de t'avoir giflé.

- Pas besoin de t'excuser et de me remercier. T'es saine et sauve, alors ça me suffit.

- Mais je…

- Pourquoi tu insistes ? Ce ne sont pas les gens qui manquent pour danser, alors va t'amuser avec tes amis et laisse-moi. S'il te plait.

- Je t'en prie, Dagur… Laisse-moi te remercier en t'offrant une danse… Juste une ! C'est trop demander malgré ce que tu ressens pour moi ?

- Tu n'imagines pas à quel point… Soupira-t-il pour lui-même

- Bon… Dans ce cas, offre-moi cette seule et unique dance pour te faire pardonner de ce que tu as fait à la forge et à la source. Acceptes, et je ne t'en tiendrai plus rigueur. Une danse est moins douloureuse qu'un baiser, non ?

- Pff… Très bien.

Contente de le voir changer d'avis, Karen lui adressa un sourire et tendit ses mains. Dagur les pris toute les deux et entama une simple danse sans essayer de penser aux sentiments qu'il avait pour elle. C'était dur, car pour la première fois, il dansait avec celle qu'il aimait de tout son cœur, mais sans pouvoir agir comme il le voudrait. Si Eret n'était pas dans sa vie, il aurait pris plaisir à danser avec elle, à la faire tourner sur elle-même et voir ses longues tresses voler autour de son doux visage, il aurait aimé lui rendre ces beaux sourires, il aurait aimé la serrer dans ses bras, ne jamais lâcher sa main, et encore moins mettre un terme à cette danse. Mais là, il devait se contenter de danser. Tout simplement. Karen se rendait bien compte qu'il respectait sa promesse. Et ça l'attrista quand même. Dagur était malheureux et elle ne pouvait rien faire. Même une danse ne parvenait pas à lui faire décrocher un sourire. Triste, elle baissa le regard et arrêta de danser.

- Qu'est ce qui y'a ? S'inquiéta Dagur

- Je suis désolée, Dagur... Je n'aurais pas dû insister. Je vois bien que tu souffres et je n'arrange pas les choses en t'invitant à danser. Excuse-moi…

- Karen...

- Et tu avais raison. C'est mieux pour tout le monde si on garde nos distances. Et je maintiens ce que j'ai dit. Je ne t'en veux plus pour ce que tu as fait.

Elle lâcha ses mains et s'en alla rejoindre les autres. Tout aussi triste et désolé qu'elle, Dagur la regarda s'éloigner mais ne trouva pas la force de la rattraper. Et s'il la rattrapait, que lui dirait-il ? Que ferait-il ? Certainement quelque chose qui n'arrangera pas les choses, alors autant rester là et laisser les choses se dérouler ainsi. Mais c'était injuste de souffrir de cette manière ! N'ayant plus le cœur à vouloir faire partie de la fête, il fit demi-tour pour aller dans ses quartiers à l'auberge. Mais quelque chose l'intrigua et l'empêcha d'avancer. La musique venait de s'arrêter, tout comme les danses, les rires et les conversations. Intrigué, Dagur chercha la cause et vit que tout le monde regardait une jeune femme d'une vingtaine d'années s'avancer parmi la foule avec un petit drapeau blanc qu'elle tenait de la main gauche. L'étrangère avait de longs et beaux cheveux noirs coiffés en dégradé avec une petite frange sur le côté droit. Elle avait un joli visage au teint légèrement tanné, de beaux et grand yeux d'un marron très foncé avec de longs cils, de fin sourcils noirs, une bouche pulpeuse d'un rose très délicat, un nez et un menton légèrement pointu. Par-dessus une tunique à longues manches noires et un pantalon noir, elle portait une longue tunique en écailles de dragon rouge foncées, et encore par-dessus, elle portait un petit gilet en fourrure marron foncé. Elle portait également des brassards et des bottes en fourrure marron foncé et aux lanières rouges, ainsi qu'une ceinture noire et dorée. Pour finir, elle était armée d'une épée édentée qui était restée accrochée à sa ceinture et elle était accompagnée d'un Coupeur de pluie violet clair, aux multiples taches blanches et bleu ciel sur ses ailes et aux yeux jaunes. Tandis qu'elle marchait tranquillement vers le cœur de la grande place, son dragon regardait sévèrement les Berkiens sans pour autant leur grogner dessus. Tout le monde reculait pour les laisser passer, ce que l'étrangère semblait apprécier vu qu'elle avait toujours ce sale petit sourire qu'elle n'atteigne le cœur de la grande place, Harold lui fit calmement face, mais son regard exprimait de la méfiance,tout comme le reste de sa famille et ses amis.

- Qui es-tu ?

- Je m'appelle Veni. Enchantée de faire ta connaissance Harold Haddock. Et voici mon dragon. Aquilon. Dit-elle poliment

Harold hocha la tête en retour, mais il y avait quelque chose chez cette fille qu'il n'aimait pas. Et c'était la même chose pour Astrid, Valka et tous les autres.

- Pourquoi es-tu là, Veni ?

- Oh, je ne suis pas là pour gâcher la fête si c'est ce que vous craignez. C'est pour ça que je me suis présentée avec ce symbole de paix. Dit-elle en agitant légèrement son petit drapeau blanc.

- Et pourquoi devrions-nous avoir de la méfiance à ton égard ?

- Parce que vu le symbole que je porte sur ma ceinture, j'avais imaginé un accueil des plus austère. Reconnais-tu ce symbole, Harold ? Demanda-t-elle avec un sale petit sourire

Le regard d'Harold bascula de ses yeux à sa ceinture. Il y avait un grand soleil doré avec un trou noir au milieu. En y réfléchissant, Harold le reconnu tout de suite ! Et les autres aussi ! C'était le même symbole qu'il y avait sur la ceinture de Drago Poing-Sanglant !

- Vu ta tête, je suppose que tu t'en rappelle ?

- Je reformule ma question, Veni. Qui es-tu ? Dit-il d'un ton plus froid

- Je suis Veni. Fille de Drago Poing-Sanglant.

En sachant qui elle était, tout le monde fronça le regard, serra les poings ou s'empara de l'arme qu'ils avaient sur eux. Karen, elle, eut un hoquet de surprise en découvrant que Veni était également la fille de Drago ! Ça voulait donc dire qu'elle avait une autre sœur ?! Et de la même branche familiale ?! Veni demeura très calme et sereine en voyant la réaction des villageois.

- Rangez vos armes, je vous prie. Après tout, je ne vous ai pas attaqué et j'ai ceci qui prouve que je suis venue en paix. Dit-elle en agitant le bout de tissu blanc

- Qu'est-ce qui te fait croire que ça ne t'empêchera pas de te faire massacrer ? Rétorqua Rustik

- Mmh… Charmant garçon. Lui souriait-elle en le regardant de la tête aux pieds. Mais tu as raison. Vous savez qui je suis et je sais que le nom de mon père et tous ceux qui lui sont liés peuvent facilement vous mettre en colère. Mais si j'étais vous, je rangerais mon arme et j'éviterais de faire une bêtise en vous attaquant à moi.

- Vous êtes deux contre un village ! Qu'avons-nous à craindre ? Demanda Astrid

- Moi ? Rien. C'est plutôt vous et vos amis qui risquez vos vies si jamais je ne rentre pas chez moi en vie et en seul morceau avant le coucher du soleil.

- De quoi tu parles ? Que veux-tu ? Répond ! Demanda Harold d'un ton sévère

- On se calme, Harold. Je vais répondre. Mais avant… Où est Karen ?

- Je suis là.

Karen sortit de la foule et avança de trois pas vers Veni, le cœur battant. Maintenant qu'elles étaient l'une face à l'autre, Les Berkiens voyaient bien la ressemblance entres elles ! Elles avaient le même marron aux yeux, le même teint, le même rose aux lèvres, la même taille, la même corpulence et le même âge. Cependant, Karen inspirait la douceur et la gentillesse alors que Veni inspirait tout l'inverse !

- Ma sœur… Enfin je te rencontre ! Dit-elle d'un ton joyeux

- Euh… Qu'est-ce que tu me veux ? Comment sait-tu que j'étais là ? Demanda-t-elle avec méfiance et appréhension

- Grâce à un brocanteur beaucoup trop bavard et extrêmement trouillard. Répondit-elle avec un sale petit sourire

Karen et les autres eurent d'emblée un hoquet de surprise car ils comprirent de qui elle voulait parler !

- Johann ?! S'exclama Karen

- Mmmh… Oui. Je crois que c'est son nom.

- Qu'est-ce que vous lui avez fait ?! S'exclama Ingrid

- On l'a juste interrogé. Vu qu'il sait toujours plein d'histoires sur tout et sur tout le monde, on n'a pas eu trop de difficulté pour entendre ce qu'on voulait savoir, notamment la fête pour la future naissance de l'héritier de Berk et la présence de Karen sur l'île. Mais je vous rassure, il est en vie et gentiment enfermé dans une cellule.

- Pourquoi vous le gardez prisonnier ?! Il n'a jamais fait de mal à personne ! S'exclama Karen

- On avait besoin d'un argument motivant pour le chef de Berk. Tout comme quelqu'un d'autre. A ce propos… Tiens.

Avec un petit sourire, Veni lui jeta une petite bourse en tissu noir. Karen fut étonnée de voir que la bourse était très légère, comme s'il n'y avait rien à l'intérieur. Elle lança un regard méfiant à sa demi-sœur qui l'encouragea du regard à ouvrir la bourse. Karen prit une inspiration, l'ouvrit et plongea sa main à l'intérieur. Elle mit la main sur quelque chose de petit, mais quand elle sorti l'objet du sac, elle eut un hoquet d'effroi et plaqua son autre main contre sa bouche quand elle vit qu'il s'agissait de l'élastique rouge d'Eret et de quelques mèches de cheveux noirs !

- Rassure-toi, il est en vie lui aussi. Notre père tenait à te rassurer à ce sujet.

Nouveau choc collectif ! Drago était en vie ?!

- Il… Mon père est en vie ?!

- Surprise, hein ? Comme tout le monde à ce que je vois ! Constata-elle avec amusement

Karen avait les larmes aux yeux et son cœur battait douloureusement dans sa poitrine ! C'était donc pour ça qu'Eret n'était toujours pas arrivé ?! Parce qu'il était prisonnier de Drago ?! Elle s'en voulait de ne pas avoir senti qu'il était en danger ! Et elle regrettait par-dessus tout d'être partie sans lui !

- Pourquoi vous avez fait ça ?! Qu'est-ce que vous lui voulez ?! S'exclama sévèrement Karen

- Papa tiens plus que tout à se venger de ce traître ! Mais il ne le tuera pas tant que tu ne nous auras pas rejoints. Il me l'a assuré pour que tu sois motivée et pour que tu puisses dire adieu à ton… Grand amour. Dit-elle avec une légère once de dégoût

La cruauté et le sadisme se lisait parfaitement dans sa voix et sur son visage ! Voir Karen en larmes et totalement effrayé du destin d'Eret ne semblait pas l'affecter ! Karen n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit d'autre que Veni fronça le regard et s'adressa d'une voix forte et puissante à tous le village.

- Retenez tous ceci ! Drago Poing-Sanglant est en vie et encore plus assoiffé de vengeance ! Ce qu'il demande est très simple ! Votre chef, Karen et le Furie Nocturne devront se rendre à l'ancien sanctuaire de Valka avant l'aube ! S'ils se rendent tous les trois sans faire d'histoires, vos vies et le village seront épargnés ! Vous vivrez sous le règne de Drago et tous vos dragons lui appartiendront ! Mais si vous essayez de nous attaquer, de résister où de ne pas respecter l'accord, alors votre vie deviendra un cauchemar et tout ce à quoi vous tenez vous sera enlevé d'une manière encore plus terrible que l'Alpha de mon père ! Et je vous déconseille de m'attaquer, de me suivre ou de me faire prisonnière ! Vous le paierez deux fois plus cher !

Veni monta ensuite sur le dos d'Aquilon, mais avant de partir, elle s'adressa à Harold et à Karen avec son sale petit sourire.

- J'ai été ravie de vous rencontrer. Je vous dis à demain matin ? Sur ce, profitez bien de la fête ! Tant que vous le pouvez encore. Et toutes mes félicitations pour le futur orphelin ! Hin, hin !

Aquilon poussa un puissant rugissement et s'envola à toute vitesse vers l'horizon. Dès qu'ils furent partis, tout le monde céda à la panique alors que Karen avait le souffle court ! Elle n'arrivait pas à quitter des yeux l'élastique d'Eret et elle ne cessait d'imaginer le pire à son égard ! Ne supportant plus l'idée qu'il soit entre les mains de son père et que sa vie allait bientôt toucher à sa fin ! De plus, elle avait encore du mal à réaliser que son père était toujours en vie et qu'il continuait de commettre des atrocités ! C'était trop pour elle ! Et la chaleur et les villageois en panique autour d'elle ne l'aidaient pas ! Elle marcha donc en direction de la plage, sous le regard inquiet de ses amis. Astrid la rattrapa pour essayer de la réconforter.

- Karen ? Dit-elle en posant sa main sur son épaule

Sans accorder un regard à son amie, Karen repoussa gentiment sa main d'un air absent.

- Laisse-moi Astrid… J'ai besoin d'être seule un bon moment…

Astrid hocha faiblement la tête d'un air navré et laissa Karen s'en aller. Meloki suivait également Karen du regard. Elle avait été présente à la fête, mais avait pris soin de rester dans son coin. Elle avait tout vu et tout entendu, y compris le chagrin, la surprise et l'effroi sur le visage de Karen. Mais même qu'elle ressentait de la compassion et de la peine pour sa sœur, elle n'essaya pas de la rattraper. Vu leurs relations actuelles, Karen n'aurait certainement pas envie de la voir et encore moins de l'écouter ! Elle se contenta juste de suivre Ingrid, Dagur et les autres dragonniers dans la grande salle, après qu'Harold ai plus ou moins rassuré tout le monde en annonçant qu'il allait trouver une solution.

Sur la plage, Karen était enfin seule. Elle pouvait sans problème se laissa aller face à ce tourbillon d'émotions ! Mais pour ça, il fallait d'abord qu'elle soit dans l'eau. Elle y entra et commença à donner de grands coups de pieds, puis au fur et à mesure qu'elle avançait vers le large, elle donnait de puissants coups de poings dans l'eau, ce qui lui éclaboussa le visage. Puis elle se mit à hurler et à pleurer sans relâche, seule, debout dans l'océan. Au bout de plusieurs minutes qui lui avaient semblé parues une éternité, Karen s'était enfin calmée. Elle s'était assise au bord de l'eau et ne se souciait guère des vagues qui s'abattaient faiblement sur elle. Les jambes repliées contre elle et le menton dans le creux de ses bras, elle fixait l'océan et les derniers rayons du soleil qui se reflétaient dessus, tout en continuant de pleurer, de réfléchir et de prendre conscience de la situation.

Elle était partagée entre tellement d'émotions qu'elle ne savait plus où donner de la tête… Elle avait peur pour Eret et elle angoissait de le savoir mort avant qu'elle n'ait le temps de le revoir ! Mais elle était également surprise de savoir que son père était en vie, mais d'une part, elle était heureuse à l'idée de ne plus être une orpheline ! Elle avait également hâte de le voir mais elle avait peur de cette rencontre. Et s'il ne l'aimait pas ? Qu'il ne la croit pas ? Ou qu'il la rejette ? Et elle appréhendait la véritable raison de sa présence à leurs côtés. Pourquoi voulaient-ils qu'elle les rejoint ? Parce qu'elle était de leur famille ? Ou pour autre chose ? Et puis Eret était en danger et ses heures étaient comptées. Mais son père l'épargnerait-il si elle le suppliait ? Après tout, il réclamait sa présence à ses côtés. Ça veut donc dire qu'il est au courant de son existence et qu'il veut la connaitre ! Tant de questions auxquelles elle voulait vite des réponses…D'un côté, tout ça serait merveilleux si son père n'était pas un monstre qui commentait d'horribles choses pour arriver à ses fins. Mais en plus de savoir que son père était en vie, elle avait une autre sœur ! Bon, elle avait l'air complètement cruelle, mais elle restait néanmoins sa sœur. Comme Meloki.

Elle n'en pouvait plus de ce tourbillon d'informations, de questions et d'émotions ! Elle avait hâte d'en avoir le cœur net et elle voulait absolument faire quelque chose sans qu'une guerre ou d'autres massacres ne voient le jour ! L'archipel connaissait la paix et Karen ne voulait pas voir la joie et les sourire de tous ces gens s'envolaient à cause de la peur qu'inspirait un seul homme ! Et elle ne voulait surtout pas qu'Harold et Astrid soient séparés par la mort, et que leur enfant grandisse sans son père ! Et encore moins qu'elle perde Eret et que chaque viking perds son dragon ! Karen continua de réfléchir encore et encore, quand elle eut une idée. Elle fixa l'horizon avec détermination puis elle se releva, ramena tous ses cheveux tressés vers l'arrière et les attacha avec l'élastique d'Eret. Elle prit ensuite la moitié du peigne dans ses mains, y déposa un baiser, ferma les yeux et pensa très fort à son bien aimé.

- Ne t'en fais pas, Eret. Où que tu sois, je te retrouverai.

Elle ouvrit les yeux et appela aussitôt Krabulle avec son coquillage. Le dragon lui apparut quelques minutes plus tard, mais il s'étonna de voir que le regard de Karen semblait à la fois triste et sérieux !

- Krabulle… L'heure est grave. Mon père est toujours en vie.

Le dragon sembla surpris par cette révélation.

- Mouais. Le crâne qu'on a trouvé au fond de l'océan n'était pas le sien. Et ce n'est pas tout… Il menace de faire régner la peur et la guerre… Et… Et il a capturé Eret pour le tuer…

Krabulle était très triste pour elle car il avait conscience que ces deux-là s'aimaient énormément. Il s'approcha de son dragonnier et la réconforta comme il le pouvait. Karen l'enlaça affectueusement et versa encore quelques larmes contre le cou de son dragon qui ronronnait tristement.

- Je compte mettre un terme à toute cette folie, Krabulle. J'y arriverai. Je le sais ! Mais je vais devoir me rendre là-bas sans toi…

Surpris, l'Ebouillantueur lui fit face. Il pouvait malheureusement voir que Karen était très sérieuse et qu'elle n'allait pas changer d'avis ! Refusant de la laisser partir toute seule face au danger, il fronça le regard et sembla lui parler à travers ses grognements !

- Je comprends que tu ne sois pas du tout d'accord, et j'en suis désolée Krabulle. Mais je refuse de te mettre en danger ! Si je te perds, je ne m'en remettrai jamais ! Tout comme je ne m'en remettrai jamais si Eret venait à disparaître… Dit-elle d'une voix coupée par un sanglot

Krabulle la comprenait, mais il grogna de plus belle dans l'espoir de lui faire entendre raison ! Mais Karen était tout aussi bornée que lui !

- Ma décision est prise Krabulle ! Je ne partirai pas avec toi ! Tout ce que je te demande… C'est de te tenir loin du danger jusqu'à ce que tout soit fini ! Si je te sais à l'abri, j'arriverai à mes fins avec l'esprit tranquille ! C'est l'avenir de tous les vikings et de tous les dragons qui est en jeu ! Tu peux le comprendre et l'accepter… ? Dit-elle d'une voix ferme et suppliante

Krabulle cessa de grogner mais continua de fixer Karen avec un regard à la fois sévère mais triste. Il baissa ensuite le regard et hocha lentement la tête. Accablée par sa décision, Karen prit tendrement la tête de son dragon entre ses mains et embrassa son front avec reconnaissance.

- Merci, Krabulle... Sache que ce n'est pas facile pour moi d'avoir décidé ça. Mais ce n'est pas un adieu. On se reverra quand tout sera fini. Je te le promets…

Elle l'embrassa et l'enlaça une dernière fois avant de le relâcher.

- Je t'aime… Maintenant va et n'oublie pas ce que je t'ai dit… Je compte sur toi…

Sur ce, le dragon lui donna un dernier coup de tête affectueux avant de disparaître dans l'océan en poussant un cri de colère. Karen éclata à nouveau en sanglot, puis dès qu'elle fut calmée, elle courut chez elle pour enfiler son armure, prendre une arme et déposer sa médaille d'or. Elle courut ensuite aux écuries pour aller chercher Zéphyra. Sur le chemin, la peur qu'elle vit sur le visage de chaque villageois lui fendait le cœur. Eux qui s'amusaient y'a à peine une heure… Mais leur chagrin lui donna la force de mettre à bien son plan ! Dans les écuries, Zéphyra se reposait dans son enclos. Elle était toujours là et c'était parfait. Si ça n'avait pas été le cas, Karen aurait pris un autre dragon pour son voyage. Mais comme Zéphyra volait très vite, elle ne pouvait compter que sur elle. Elle ouvrit la barrière et réveilla sa dragonne avec des caresses sur le museau.

- Tout va bien, Zéph… C'est moi. Je suis venue te chercher pour une mission. Tu viens ?

La dragonne manifesta de la joie en voyant qu'on avait besoin d'elle et elle ne traîna pas pour se lever ! Sa blessure à la patte ne semblait plus trop la faire souffrir. D'un sens, tant mieux. Mais au moment de partir, Karen devint songeuse. Elle s'était rendue compte que si elle partait sans rien dire, ses amis s'inquiéteraient et tout deviendrait trop compliqué, voir périlleux ! Son attitude inquiéta Zéphyra qui caqueta à son oreille.

- Tout va bien, ma belle. Tout va bien. Je dois juste faire un détour… Dit-elle en regardant au loin la grande salle

oO*Oo

Harold se trouvait toujours dans la grande salle avec les dragonniers, sa femme, sa mère et Gueulfor. De leur côté, c'était également la panique ! Ils avaient réfléchi à toutes les solutions possibles, mais aucune ne valait la peine de prendre autant de risques !

- Il n'y a donc rien qu'on puisse faire ?! S'emporta Rustik

- Je crois bien que non… Tout ce qu'on pourrait faire risque d'être fatal à chacun… Répondit Ingrid d'un air tout aussi dégoûté et furieux

Inquiète, Astrid se tourna vers son époux qui fixait attentivement le brasier central.

- Harold, tu ne vas accepter son offre ? Hein ? Rassure-moi… !

- Je n'ai pas le choix, Astrid. Si je veux que toi et les autres aies une chance de survivre à un massacre, je dois accepter son marché.

- Fils ! Tu ne peux pas accepter ! Cet homme a déjà pris la vie de ton père,je ne supporterais pas qu'il prenne la tienne !

- Je sais, maman. Mais c'est mon devoir. Papa n'aurait pas hésité une seconde à se soumettre si ça permettait à son peuple de survivre. Comme il le disait si bien… « Un chef protège les siens ». Et pour vous tous et pour le village, je me rendrais sans contester.

- Harold. Je sais ce que Stoik aurait dit. Mais je sais aussi qu'il n'aurait pas hésité à se battre pour protéger les siens, notre île, nos dragons et nos libertés !

- Je sais, Gueulfor. Mais Veni a dit que si on ne respecte pas l'accord, quelque chose de plus terrible que l'Alpha s'abattra sur le village ! Je ne sais pas ce que c'est, mais je refuse de prendre le risque !

- Tss ! Si ça se trouve c'est du flan ! Supposa sérieusement Krane

- Mmh… J'en doute, Krane. Dans la voix et le regard de cette fille, je sentais qu'elle disait la vérité et qu'elle était extrêmement sérieuse.

- Je suis d'accord. Cette fille ne blaguait pas. Vous pouvez en être certain. Confirma Meloki.

- Je voudrais bien vous croire, les gars. Mais quand je repense à la menace et l'effroi que représentait son Alpha, j'ose à peine imaginer ce qui pourrait être pire… Répondit Kogne en se frottant nerveusement les bras

- Un autre Alpha, une nouvelle armée de dragons ou une armée viking encore plus puissante. Suggéra Varek. Ou alors…

- Non, c'est bon. Je ne veux pas en savoir plus… Grommela Kogne d'un air inquiet

- Quoi qu'il en soit, il faut trouver une autre solution ! Je refuse que tu te rendes, Harold ! Protesta Astrid

- Tout comme moi ! Protesta Valka

- Ecoutez. Je sais que…

Soudain, la porte de la grande salle s'ouvrit et l'assemblée se tourna vers Karen qui s'avançait calmement vers eux, suivie de Zéphyra. Ils étaient étonnés de voir Karen vêtue de son armure et de voir ses cheveux attachés, mais surtout, de ne plus voir une once de tristesse sur son visage ! Elle semblait déterminée, mais ils se demandaient pourquoi !

- Désolée d'avoir manqué le conseil. Mais rassurez-vous, Harold n'ira nulle part.

- Hein ? Comment ça ? S'étonna Gueulfor, tout comme les autres

- Tu as un plan ? Demanda Ingrid

- Oui. Je vais me rendre seule au sanctuaire et je vais tout arranger.

- QUOI ?! S'exclamèrent-ils, excepté Meloki et Dagur

- Vous m'avez très bien comprise.

- Oui, mais qu'est-ce que tu entends par « Je vais tout arranger » ? S'inquiéta Astrid

- Je vais négocier avec mon père et tenter de le raisonner. Puisqu'il sait que j'existe et qu'il souhaite ma présence à ses côtés, autant que j'utilise cette chance ! Je le supplierai d'épargner Eret, de relâcher Johann, et d'éviter d'entrer de nouveau en guerre !

Comme elle s'y attendait, tout le monde fut surpris de son plan. La plupart étaient surtout impressionnés par son courage et sa détermination. Quant à Meloki, elle se doutait que sa sœur aurait envie de jouer les héroïnes pour sauver son grand amour, et qu'elle n'aurait pas pu résister longtemps à l'envie de rencontrer son père ! Mais vu la mauvaise réputation de cet homme, elle ressentit de la crainte pour Karen, mais elle se garda de faire part de ses sentiments puisqu'elle savait que ça ne servirait à rien. Karen semblait plus que déterminée et ce n'est pas l'intervention de sa sœur aînée qui l'empêcherait de partir ! Harold n'était pas du tout d'accord avec le plan de Karen et il comptait bien la protéger et la mettre en garde !

- Karen. Je ne doute pas de ta volonté, mais ne fait pas la même erreur que moi ! J'ai tenté de raisonner Drago alors que mon père avait tout fait pour m'en dissuader ! Et il avait raison ! Cet homme ne peut être raisonné !

- C'est mon père, Harold. Je… Je sais qu'il m'écoutera ! Et je sais que je peux y arriver ! Après tout, tu as bien réussi à convaincre le tiens au sujet des dragons !

- Nos pères ne sont pas comparables, Karen ! Sur certaines choses, le mien était peut-être aussi buté qu'un vieux Yak, mais ce n'était pas un fou qui voulait la guerre pour rien !

- Je sais… Mais je dois refuse que quelqu'un d'autre meure à cause de ma famille ! Tout ce que je vous demande, c'est de me faire confiance, de rester ici et de veiller les uns sur les autres. Dit-elle avant de se diriger au pas de course vers la sortie

- Karen, attends ! Je… KAREN ! S'exclama Harold

Trop tard. Karen venait de quitter la grande salle et de s'envoler vers l'ancien sanctuaire de Valka ! Harold ragea de ne pas avoir réussi à la convaincre de rester sur Berk et il donna un puissant coup de pied dans une chaise pour passer ses nerfs !

- Mais quelle tête de mule… Dragonniers ! Tous en selle !

Les dragonniers grimpèrent sans plus attendre sur leurs dragons et se lancèrent à la poursuite de Karen.

- Maman. Gueulfor. Je vous confie Berk en attendent qu'on revienne.

- Compris, Harold.

- Soyez prudents. Implora Valka

- On n'en aura pas pour longtemps, maman. Je te le promets.

Harold s'en alla à son tour, le regard sévère. Meloki resta sur place, bras croisés et adossée contre un pilier. Ingrid n'était pas partie tout de suite car elle voulait voir la réaction de Meloki concernant Karen. Et en ne la voyant pas bouger pour lui venir en aide, elle sentit la colère monter en elle et elle s'adressa à Meloki d'un air mécontent.

- Tu comptes rester là sans rien faire ?

- Que veux-tu que je fasse, Ingrid ? Elle n'espère plus rien de moi et c'est réciproque.

- Mais c'est ta sœur, nom de Thor ! S'il lui arrive quelque chose à cause de Drago, même que c'est son père, tu regretteras de n'avoir rien fait pour la protéger !

- Vous êtes suffisamment nombreux. Et puis je te rappelle que je n'ai plus de dragon.

- Si tu tiens quand même à venir, grimpe derrière moi. Mais décide-toi vite !

- Pas la peine. Je reste ici.

- Je vois… Bah malgré les reproches qu'on pouvait lui faire, heureusement que je n'ai pas laissé tomber Dagur quand il avait besoin d'aide ! J'aurais été indigne d'être sa sœur et je ne me le serais jamais pardonné !

- Tant mieux pour toi, Ingrid.

- Mais je… ! Rrrh ! Bah tu sais quoi ? Tu as raison de rester ici. Tu ne mérites pas d'avoir une sœur comme Karen !

Sur ces mots, elle quitta la salle avec Sonovent. Meloki resta sans regrets sur place, mais elle s'empressa de quitter à son tour la salle avant que Gueulfor ou Valka ne lui fasse à leur tour une leçon de morale ! Quant à ces deux-là, ils échangèrent un regard inquiet avant de se mettre d'accord sur la procédure à suivre pour la survie du village.

oO*Oo

Grâce à la rapidité de Zéphyra, Karen s'éloigna assez vite de Berk. Et sa blessure à la patte n'entrava pas la vitesse de vol de la Vipère. Elle semblait même heureuse de voler ! A croire qu'elle n'avait pas beaucoup eu l'occasion de se dégourdir les ailes quand Meloki était son dragonnier ! Le cœur battant mais toujours aussi déterminée, Karen ne quittait pas l'horizon du regard. Mais elle devait se douter qu'Harold et les autres ne la laisserait pas partir ! Pour preuve, elle entendit des échos de voix et les rugissements de Krokmou ! Elle claqua la langue, et demanda à Zéphyra de faire demi-tour et de faire du surplace.

- Qu'est-ce que vous faites là ? Je vous ai demandé de ne pas me suivre !

- Parce que tu croyais vraiment qu'on allait te laisser partir toute seule ? C'est mal nous connaitre, Karen !

- Il a raison ! Je te rappelle qu'on est plutôt borné comme groupe ! Répondit Astrid

- Oh ça, je le vois bien ! Mais n'espérez pas me faire changer d'avis ! J'irai là-bas quand même !

- Tu es impulsive, Karen ! C'est la colère, l'angoisse et la curiosité qui te pousse à aller là-bas !

- Que veux-tu que je fasse alors ? Rester sur Berk et attendre l'aube ? Désolée, mais c'est au-dessus de mes forces ! Autant que j'agisse tout de suite !

- Karen !

- Non, Harold ! Je ne dépends pas de Berk alors je n'ai pas à t'obéir ! Maintenant retournez auprès des vôtres et laissez-moi régler toute cette histoire !

- Mais je… ! Pff. Karen. T'a pas encore compris que toi et Eret vous faite partie de notre équipe ? Et que de ce fait, on ne peut vous abandonner face au danger ? Dit-il d'un ton plus calme

- Je le sais très bien, Harold... Mais je refuse que vous vous mettiez en danger ! Alors pour la dernière fois… Rentrez tous sur Berk… Les supplia-t-elle avec des yeux brillants

- Ta décision est vraiment prise, n'est-ce pas ? Demanda Ingrid avec tristesse

- Mmh, mmh…

- Dans ce cas, la mienne aussi. Je pars avec toi. Assura la brune avec un regard déterminée

- Quoi ?! Mais… !

- Moi aussi ! Souriait Varek

- Moi aussi ! Hors de question que vous couriez le danger sans nous ! Affirma Krane

- Carrément ! De toute façon, sans nous, ce serait pas pareil ! Pouffa Kogne en tapant dans la main de son frère

- Comptez sur moi aussi ! Et puis j'aimerais enfin faire payer l'affront que ton père a fait à Krochefer ! Non parce que marcher sur la tronche d'un dragon pour imposer sa loi, c'est inadmissible ! Et encore plus quand on piétine mon dragon ! C'est les Jorgensen qui imposent leur loi ! Pas les autres !

- Les gars ! S'il vous plait… ! Implora Karen

- Je suis des vôtres. Hors de question de laisser ma sœur face au danger, ni aucun de mes amis. Alors je viens avec vous. Et si y'a des ennemis à massacrer, je veux y participer ! Annonça Dagur avec un grand sourire sadique

- Mais je… !

- Euh… Astrid ? Tu ne dis rien ? S'inquiéta Varek en tournant son regard vers elle

- C'est parce que je sais qu'Harold ne voudra pas que je vous suive. N'est-ce pas ? Devina-t-elle en regardant Harold.

- Oui. Toi et le bébé devrait être loin du danger. Alors rentre sur Berk, préviens ma mère et Gueulfor, et fait ce qu'il faut pour le village. Je sais que tu leur apporteras tout le soutien qu'il faudra, Astrid…

- Harold … Je voudrais juste que…

- Non. Les interrompit Karen

Intrigués, tout le monde se tourna vers elle. La pauvre ne semblait plus vouloir aller au sanctuaire.

- Je ne veux pas que vos adieux se passent ainsi... Si tu as prévu de te rendre au sanctuaire Harold, alors nous irons ensemble, demain matin. Mais tu as quand même le droit de dire au revoir à tes amis et ta famille, et de passer encore du temps avec eux. Je n'ai pas le droit de vous enlever ça…

- Karen…

- Rentrons.

Elle repartit la première en direction de Berk, tête baissée à cause de la honte et du chagrin. Tout le monde la suivit sans rien dire. Ça ne devait pas être facile pour elle, mais ils la remerciaient tous mentalement pour son altruisme. De retour sur l'île, il faisait légèrement sombre. Harold donna quand même une instruction générale par rapport à demain matin, puis d'un pas lent et le moral assez bas, tout le monde s'en alla faire ce qu'ils avaient à faire avant l'heure du rendez-vous. Karen n'avait rien à faire à part attendre, mais elle avait besoin d'être à nouveau seule. Elle se tourna alors vers Ingrid.

- Ingrid ? Tu peux garder Zéphyra pour moi ? Histoire que je ne sois plus tenter de fuir en douce, que plus personne ne s'inquiète et ne se lance à mes trousses ?

- Pas de soucis, Karen.

- Merci.

Elle donna une caresse à Zéphyra et s'en alla vers le rebord d'une falaise. Mais Ingrid la rattrapa aussitôt.

- Karen ?

- Quoi… ?

- Pourquoi t'es partie avec elle et pas avec Krabulle ? Si tu voulais nous semer, ça aurait été bien plus simple, non ? S'étonna Ingrid

- C'est vrai. Mais comme je l'ai relâché le temps que cette histoire se termine, je n'avais plus que Zéphyra.

- Quoi, tu… Tu as relâché ton dragon ?

- Je n'avais pas le choix, Ingrid. Pareil pour vous. J'aurais très bien pu partir sans vous prévenir, mais si je l'avais fait, vous vous seriez encore plus inquiété et vous vous serez encore plus mis en danger. Mais que je vous prévienne ou pas, ça n'aurait rien changé. Vous en auriez fait qu'a votre tête…

- Mmh. C'est une qualité et un défaut communs chez les dragonniers. Dit-elle avec un faible sourire.

- Je sais… Je vais y aller. Merci encore…

Karen s'en alla, suivie du regard par Ingrid qui avait énormément de peine pour elle. Elle s'en alla donc d'un pas traînant avec Sonovent et Zéphyra. Karen retourna sur la falaise où elle avait passé beaucoup de temps à regarder l'horizon et à attendre le retour de Krabulle, à l'époque où ils étaient séparés et qu'elle avait été recueillie par Valka et Harold. Elle s'asseya en tailleur sur le rebord et joua nerveusement avec son pendentif. Elle ne cessait de penser à Eret. Était-il encore en vie ? Ou bien était-il déjà mort ? Se faisait-il torturer par Drago en attendant l'aube ? Avec de telles questions, comment pourrait-elle trouver le sommeil et rester tranquillement sur Berk ?! Les larmes lui montèrent aux yeux, et soudain, un coup de tonnerre retentit dans le ciel qui était devenu encore plus sombre ! Karen leva ses yeux vers le ciel et elle sentit aussitôt une légère pluie s'abattre sur son visage. Il pleuvait. La pluie était enfin revenue après des semaines de chaleur et de sécheresse ! Mais le retour de la pluie ne faisait qu'accroître son chagrin. Parce que normalement, si Veni n'était pas venue, tout le monde serait encore en train de faire la fête et tout le monde serait heureux de voir enfin la pluie ! Karen était sûre que certains auraient dansé sous la pluie ou se seraient embrassés ! Mais avec la mauvaise nouvelle que sa demi sœur venait d'annoncer, ils devaient être à moitié heureux qu'il pleuve. Elle en était certaine ! Tout a été gâché… Toute la joie et les sourires sont partis en un éclair ! Karen bouillonnait tellement de colère et de chagrin, qu'elle hurla de colère avant d'exploser en sanglot.