Et voilà le 3ème chapitre !
Guest : Salut ! Eh oui, le voilà de retour ! La réécriture aura même beaucoup d'influence sur son histoire, mais ça ne se verra pas tout de suite ( je garde ça pour plus tard ;) ). En ce qui concerne mon rythme de publication, il est assez aléatoire... J'écris quand je peux et quand l'école veut bien m'accorder quelques instants de répit ^^ Mais je fais au mieux pour que les écarts ne soient pas trop longs !
Bonne lecture ! :)
.
Fairy Tail et tous ses mages ne m'appartiennent pas, et cette fiction est réalisée par plaisir dans le but de divertir.
.
Chapitre III : Earthland
Etait-ce un rêve ? Elle n'en savait rien. Pourtant, rien ne semblait la relier à la réalité : tout était flou, sa mémoire semblait falsifiée, ses pensées étaient si légères…
La seule chose qui lui semblait vraiment réelle, c'était le sentiment de bien-être qui l'imprégnait. Elle se sentait bien, elle se sentait forte. Il lui semblait que plus rien ne lui était impossible.
Dans ce cas, pourquoi rester ici ? Pourquoi ne sortirait-elle pas de cette fichue prison ?
Son corps se mut de lui-même et confiante en la force nouvelle qui habitait maintenant ses muscles, elle tira spontanément sur ses poignets. Les chaines qui l'entravaient se brisèrent aussitôt et furent arrachées de leur socle. Elle n'était jamais parvenue à faire une telle chose, ce qui la conforta aussitôt dans l'idée que tout cela était bien un rêve, et elle l'apprécia sincèrement. C'était si agréable… Elle avait l'impression d'être dotée d'une force qui la dépassait, d'être devenue invincible, comme si elle avait une montée surpuissante d'adrénaline.
Comme si elle avait absorbé une énergie plus puissante pour son corps que le sang qui la nourrissait d'ordinaire.
Libre de ses mouvements, elle ne s'attarda pas sur les quelques maillons qui pendaient encore aux menottes à ses poignets et se concentra plutôt sur l'humain qui était à genoux face à elle. Il ne semblait pas affecté par la morsure à son cou qui saignait encore, probablement parce qu'elle n'avait pas eu le temps d'en boire suffisamment pour beaucoup l'affaiblir. Elle lut dans son regard de la surprise, mais elle n'y trouva aucune trace de peur. Aucune trace de rancune.
Enfin bon, tout cela ne devait être que le fruit de son imagination…
Elle se dit soudain que si elle pouvait s'enfuir d'ici, elle pouvait aussi l'aider à en faire de même. Ce n'était qu'un rêve après tout : elle pouvait faire ce qu'elle voulait. Elle lui tendit donc une main griffue pour l'aider à se relever, et le garçon n'hésita même pas à s'en saisir. Une fois debout il la relâcha et lui sourit doucement, mais même si tout cela n'était pas réel et que tout était possible, elle ne sut comment lui rendre. Elle n'avait jamais appris une telle chose et ne pouvait par conséquent l'imaginer.
Elle tourna son regard vers la porte de la cellule, et lorsqu'elle envoya un coup de pieds dedans, le battant fut arraché des charnières pour s'écraser quelques mètres plus loin. Elle sortit pour la première fois de l'espace de vie qu'elle avait toujours eu, et quelque chose la bloqua quand elle se retrouva face à l'escalier ascendant qui la mènerait hors du donjon.
Elle n'avait fait que quelques pas et elle était déjà perdue. Comment pourrait-il en être autrement puisqu'elle n'avait jamais quitté sa prison ? Il n'y avait pourtant qu'un seul chemin devant elle, et même si elle rêvait et qu'aucune limite n'était supposée exister, elle ne sut plus quoi faire…
Elle eut étrangement peur malgré la force qui parcourait ses veines. Elle avait peur de ce qu'il y avait au bout de ces escaliers, peur de ce qu'il l'attendait au-delà de ces murs…
Puis tout à coup, une main se glissa dans la sienne. Elle recroisa à nouveau le regard de l'humain qui souriait toujours, et elle sentit ses craintes s'envoler dès qu'elle vit cette expression. Il enjamba alors la première marche, tirant inévitablement sur son bras pour l'inviter à en faire de même, et l'Arme se laissa guider, rassurée : le garçon connaissait le chemin, il l'avait déjà fait dans le sens inverse. Il saurait donc la conduire à l'extérieur. Elle lui emboîta le pas et tous deux gravirent les marches qui cédèrent ensuite à un dédale de couloirs. Toujours main dans la main, ils se mirent à traverser ce labyrinthe et zigzaguèrent dans d'interminables couloirs, ses six ailes l'encombrants parfois dans un virage trop étroit.
Une lourde porte leur fit bientôt obstacle, et quand ils l'enfoncèrent, plus aucuns murs ou obstacles ne se présentèrent devant eux… Elle s'émerveilla aussitôt. Alors c'était ça, l'extérieur ? Ou plutôt, c'était comme ça qu'elle l'imaginait ? Elle eut une fois de plus peur, prise de vertige: cette pièce était aussi sombre que dans le donjon, mais ce plafond était si grand ! Il était immense et semblait ne jamais se terminer, de même que l'horizon. L'air était frais et un frisson hérissa ses écailles alors que son corps goûtait pour la première fois à une température méconnue. Autour d'elle, le sol rocheux était froid, bien plus froid que dans son cachot, et cette drôle de sensation lui chatouilla le creux des pieds.
Une fois encore, ce fut l'humain qui lui donna le courage de s'élancer vers l'inconnu en lui tenait la main. La silhouette à moitié enterrée du donjon disparue peu à peu dans l'obscurité, et elle trouva bien étrange que personne ne soit là pour la stopper dans sa fuite. Ah mais oui, elle se rappelait : tous les Démons étaient partis car c'était cette chose qu'ils appelaient la nuit de la Nouvelle Lune. Décidément, ce phénomène était tellement présent dans sa vie qu'il lui apparaissait même en rêve !
L'Arme et l'humain aux cheveux verts coururent ainsi longtemps, très longtemps… Si bien qu'elle se demanda comment il était possible de rêver pendant autant de temps sans se réveiller. Mais effleurer ainsi la liberté lui donnait envie que ce songe ne cesse jamais et dure éternellement, même si elle n'avait aucune idée vers où elle pouvait bien courir comme ça. Enfin, ça lui était bien égal du moment qu'elle continuait de s'éloigner de ce maudit donjon.
Mais au bout d'un moment, elle eut soudain un violent vertige, et elle ne comprit pas immédiatement ce qu'il se passait. L'impression de force était en train de se dissiper, tout comme le sentiment de bien-être, et l'adrénaline semblait retomber... Le rêve s'écroulait ? C'était bien trop tôt à son goût. Dommage, elle venait pourtant tout juste de s'enfuir de dix années d'enfermement et d'isolation.
Privée de l'énergie qui lui avait permis de s'enfuir, elle fut prise d'une soudaine faiblesse et elle trébucha. Son corps percuta durement le terrain rocheux, et elle ne chercha pas à amortir sa chute puisque de toute façon le sol n'était que le fruit de son imagination.
Elle se laissa aller en sentant sa conscience lui échapper et le paysage disparaître progressivement… Et juste avant de sombrer, elle sentit des bras la soulever et la porter, continuant de l'éloigner toujours plus du donjon et des Démons...
Puis tout devint finalement noir, mais cela lui était égal : elle avait sincèrement apprécié cette petite aventure, mais ces rêves aussi merveilleux devaient être oubliés afin de ne pas la tourmenter dans la réalité. Elle ne devait pas se laisser bercer par d'aussi jolis mensonges, sinon elle ne pourrait qu'en souffrir quand l'illusion se briserait en mille morceaux et que tout redeviendrait comme avant.
Alors elle ne prit pas la peine d'inscrire tout ça dans sa mémoire, et elle se contenta de se laisser aller dans l'inconscience.
.
.
L'Arme se réveilla lentement, l'esprit en vrac. Les réveils après la Nouvelle Lune lui rappelaient vaguement l'impression d'émerger après s'être prit un violent coup sur la tête. Sa mémoire lui revint progressivement, puis elle se souvint des événements de la veille : elle se souvenait avoir planté ses crocs dans le cou de l'humain, bien qu'à regret, puis plus rien… Elle hésitait à ouvrir les yeux, la boule au ventre en imaginant déjà le cadavre mutilé du garçon à côté d'elle.
Elle se fit la remarque qu'elle était allongée sur le dos, mais elle sentait une chaleur agréable sur son visage. Incrédule, elle papillota des paupières, ne comprenant pas d'où cela pouvait bien venir. Elle fut d'abord aveuglée pas une puissante lumière, mais ses yeux parvinrent à s'y adapter, bien que difficilement, eux qui étaient habitués à l'obscurité du donjon éclairé seulement par quelques torches. Groggy par son imminent réveil, son esprit encore confus ne lui permit pas de prendre toute de suite conscience de la réalité.
Elle fut éblouie par le plafond au-dessus d'elle : il était d'un bleu éclatant, plus éclatant encore que les yeux qu'elle avait croisés la veille, et elle fut profondément heureuse qu'une couleur aussi belle puisse exister. Une chose blanche sans forme exacte se promenait sur la voûte, la surplombant. Elle l'observa, amusée, puis elle tendit un bras en cherchant à attraper ce petit fantôme... Mais ne toucha rien, seulement l'air au-dessus d'elle. Elle fut étonnée en comprenant l'extrême distance qui les séparait. Ce plafond était incroyablement haut !
Puis soudain, d'entre la forme blanche, une boule de lumière vive, brûlante, frappa ses yeux et l'éblouit. Une vague ardente embrassa son visage et elle tourna la tête pour l'éviter. Son regard se posa ainsi sur le sol : il était dur et marron. De minces formes vertes se dessinaient à la base du sol et semblaient vouloir s'en extirper. Cela aussi, la surprit, n'ayant pas le souvenir d'avoir vu une telle chose sur les pierres de sa cellule.
« Je dois rêver… » pensa t-elle.
Mais quelque chose clochait : ce songe était étonnement stable et clair. Et malgré sa migraine due au contrecoup de la Nouvelle Lune, elle semblait très lucide alors qu'elle était pourtant sûre d'être encore endormie au vu de sa situation improbable. Elle perçut un mouvement à côté d'elle et elle tourna nonchalamment la tête.
Et ce qu'elle y vit lui fit définitivement comprendre que tout cela n'était pas un rêve... .
Car elle reconnut alors, assit à ses côtés, le jeune garçon aux cheveux verts qui l'observait depuis son réveil.
Elle se redressa précipitamment sur ses coudes et eut mouvement de recul quand leurs yeux se rencontrèrent. La confusion la plus totale régnait dans ses pensées. Mais comment…?!
Un sourire s'afficha alors sur le visage qu'elle dévisageait, se voulant rassurant… Mais il n'eut aucun effet, l'Arme complètement choquée en réalisant la situation. Ça ne se pouvait pas ! Et pourtant, c'était bien la réalité qui se tenait devant elle. Elle fut aussitôt assaillie par un profond soulagement en le voyant vivant, mais surtout par un nombre incalculable de questions. Comment elle avait bien put atterrir ici ? Et pourquoi l'humain n'était pas mort alors qu'il avait vraisemblablement passé la Nouvelle Lune en sa compagnie ? C'était tout de même le moment où elle devenait un véritable monstre !
Elle se rappela de toutes les étrangetés qu'elle venait de voir, le plafond bleu, la chose blanche, la boule de lumière brûlante et même le sol... Et elle prit alors conscience qu'elle n'était plus dans sa cellule. Le choc fut rude, et elle eut l'impression qu'on venait de l'assommer alors que rien ne l'avait pourtant touché. Un poids immense sembla s'ôter de ses épaules, les soulager, mais elle ne put vraiment se réjouir de cette soudaine liberté car ses émotions se déchaînaient en elle et la laissait confuse.
Plus que toute autre chose, elle avait toujours désiré s'enfuir de sa prison… Mais maintenant qu'elle était enfin à l'extérieur du donjon – même si elle ne pouvait pas expliquer comment elle avait bien put atterrir là – , la grandeur du monde l'effraya. Elle se sentait vulnérable, minuscule et faible. Elle avait peur de cette immense étendue inconnue qui lui faisait face, bien différente de sa cellule dont l'horizon prenait place quelques mètres seulement devant elle. Elle avait peur, terriblement peur.
Elle agita nerveusement sa queue et le garçon observa l'expression sur son visage, considérant son étrange appréhension vis-à-vis de la situation.
- Salut ! lui lança-t-il gaiement, l'effrayant malgré lui encore un peu plus.
Son air apeuré le déconcerta, mais il lui relança toujours aussi jovialement.
- Il me semblait pourtant que l'humain devait être terrifié par le démon… Et non l'inverse !
Elle contempla un instant son sourire à première vue ineffaçable, et la douceur de son expression lui permit de calmer ses craintes. Ou du moins, suffisamment pour qu'elle se ressaisisse. Reprenant ses esprits en mains, elle se redressa pour s'asseoir un peu mieux. Elle était toujours sous sa forme originelle, et quelque chose la frappa tout à coup. L'être à ses côtés n'avait pas peur d'elle. Toujours pas. Il se contentait de la regarder avec patience et gentillesse, comme s'il regardait un égal. Ce sentiment d'être acceptée la bouleversa totalement, elle, qui avait toujours été considérée comme un objet par les autres démons… Elle avait même l'impression qu'une telle considération était anormale, illégitime...
Une petite idée lui traversa soudain l'esprit, celle qui pourrait peut-être légitimer un peu plus cette égalité. Elle hésita un peu à la mettre en oeuvre, mais se ravisa en considérant à nouveau le faciès affable du vert.
Elle se concentra et rétracta ses membres démoniaques, lui permettant de se déguiser. Ses cornes, ses oreilles plumeuses, ses écailles, ses griffes, ses ailes et sa queue… Tous disparurent et ses yeux devinrent bleus. A présent, elle était comme lui. Plus personne ne pouvait s'imaginer qu'elle n'était pas humaine. Le jeune homme écarquilla les yeux.
- Bah ça alors ! Je ne savais pas que les Démons étaient capables de faire ça !
Ravie de sa réaction surprise mais sincèrement admirative, et se sentit plus à l'aise et tâcha d'articuler quelques mots pour lui répondre. Ils furent détachés et hésitants, témoignant d'un manque évident de pratique. Après tout, les seuls sons qui franchissaient d'ordinaire sa bouche étaient des râles et des hurlements d'agonie.
- Apparemment certains… Certains en sont capables... articula-t-elle difficilement, toutefois fière d'avoir échangé pour la première fois une phrase avec quelqu'un.
Il resta septique un instant comme s'il l'avait cru muette et découvrait tout juste qu'elle ne l'était pas. Il analysa sa petite voix fluette, avant de finalement retrouver son entrain.
- Ah oui, au fait, merci pour tout à l'heure ! C'est quand même grâce à toi qu'on a pu s'en sortir !
L'Arme mit du temps à interpréter ses phrases, bloquant sur leur improbable signification. Puis quand elle comprit ce qu'il voulait dire, son visage se décomposa. Comment ça, c'était grâce à elle qu'ils avaient pu s'enfuir ?
Aussitôt, elle s'accrocha à ses souvenirs de leur fuite, tachant de comprendre ce qu'il s'était passé en en recollant les morceaux... Mais il n'y avait rien à faire : ils semblaient irrécupérables. Elle avait dû tout oublier comme à chaque Nouvelle Lune, car tout ce qu'elle arrivait à arracher de sa mémoire était le moment où elle enfonçait ses crocs dans le cou du jeune homme… Après, c'était une succession de sensations, d'impression brèves, puis le trou noir total. Qu'est-ce que qui avait bien pu se passer pendant sa perte de conscience ?
Elle s'apprêta à lui demander, mais ses fines oreilles de démon perçurent tout à coup un bruit sourd et lointain qui résonna à travers le grand espace autour d'elle. Elle était habituée au son machinal que faisait le canon d'Ethernano en se déployant dans sa cellule pour la foudroyer, alors elle comprit immédiatement que les bruits qui se rapprochaient étaient d'origine mécanique. Elle se releva précipitamment, cherchant leur origine tandis qu'une profonde angoisse naissait dans son ventre et que ses muscles se tendaient pas automatisme, inconsciemment prêts à recevoir une décharge. Le garçon se redressa à son tour en ne comprenant pas ce soudain affolement, mais ses oreilles humaines n'étaient pas en mesure de discerner ce que, elle, était capable de percevoir avec précocité et précision.
Désormais debout, l'Arme remarqua alors quelque chose au sol, juste en face d'eux : deux lignes parallèles en métal passaient devant eux et partaient aussi loin qu'elle pouvait les voir à travers cette salle infinie. Elle distingua au loin une traînée blanche qui flottait dans l'air, semblable à la chose blanche et difforme qui se promenait sur le plafond tout à l'heure et qu'elle avait vainement essayé d'attraper.
- Ah ! C'est pas trop tôt ! annonça l'humain. Je commençais à en avoir marre d'attendre ! Quand on a commencé à s'enfuir, tu t'es évanouie et j'ai réussi à nous éloigner de cette espèce de forteresse souterraine. J'ai pu retrouver le chemin qui mène à cette voie ferrée, mais quand j'ai vu qu'il commençait à faire jour, j'ai eu peur que les Démons réalisent notre fuite et nous retrouvent avant qu'on arrive à embarquer pour s'enfuir suffisamment loin d'ici... D'ailleurs, c'est dingue que les Démons existent en fait bels et bien, et surtout qu'ils vivent ici, à la frontière d'Earthland ! Je m'étais toujours demandé ce qu'il y avait au-delà des Montagnes de Pergrande, si elles étaient vraiment les limites du monde… Mais maintenant que je sais, je n'ai pas du tout envie de m'en vanter !
- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle en ignorant le reste de sa discours dont elle n'avait pas saisit tout le sens, certains mots lui étant étrangers.
Elle était surtout plus détendue en comprenant que la chose qui leur fonçait droit dessus n'était pas dangereuse.
- Quelle question… C'est un train !
« Un train… Alors c'est ça, cette chose blanche ? »
Quelques secondes passèrent, et elle se rendit rapidement compte que le train était en fait une énorme machine, avançant à vive allure, crachant la chose blanche et difforme d'un cylindre posé sur sa tête.
Pas dangereux, hein ? Elle avait encore un peu de mal à y croire…
Elle regarda à nouveaux les deux lignes parallèles au sol, puis comprit qu'il s'agissait en quelque sorte de la trajectoire de l'engin. La machine se rapprochait de plus en plus d'eux, grandissant à vue d'œil, alors que l'Arme sentait son ventre se nouer sous l'appréhension, instinctivement sur ses gardes face à cette forme mouvante inconnue. Arrivée à quelques mètres, le son qu'elle produisit devint une véritable cacophonie puis elle passa devant eux, balayant la poussière sur le sol d'une puissante rafale.
L'Arme fut effrayée sans trop savoir pourquoi par toute cette masse en mouvement et ne put retenir un cri de surprise – bien que le vacarme, désormais assourdissant, le masqua complètement. Elle eut rapidement mal à la tête, ses oreilles étant trop sensibles à cause de son existence passée dans le silence, et elle serra les dents pour mieux se concentrer sur les images que ses yeux lui envoyaient. Là aussi, elle fut étonnée. Cette chose était démesurée ! Sa hauteur l'impressionnait autant que sa longueur. Elle n'avait jamais rien vu de tel !
Le garçon lui cria des ordres et elle en déduisit qu'il comptait monter dessus. L'idée lui parut aberrante, mais elle l'écouta. Quelque chose naissait à son égard, lui affirmant qu'elle pouvait lui obéir sans crainte, qu'elle pouvait se reposer sur lui aveuglément… C'était merveilleux : de la confiance.
Il se mit à courir le long de la machine, et elle l'imita rapidement, préférant le suivre plutôt que de rester plantée là à regarder ce qu'il comptait faire.
L'impulsion qu'elle donna à ses muscles pour élancer son corps vers l'avant fut un vrai régal. Pour la première fois, ses mouvements n'étaient pas entravés. Pour la première fois, elle pouvait bouger sans qu'une force à ses poignets la freine et la contienne. Pour la première fois, elle sentait ses muscles se mouvoir autant qu'il leur était permis.
Et ce fut seulement à partir de ce moment qu'elle commença vraiment à comprendre ce que libre signifiait.
Le vert la devança et s'accrocha à l'un des wagons dont la porte était à moitié fermée, révélant un container de marchandise vide, puis il se hissa dedans. Une fois à l'intérieur, il lui tendit la main pour l'aider à monter à son tour et considérant son geste, elle la saisit avec un curieux sentiment de bonheur et de sureté.
Elle grimpa à son tour et s'installa, perturbée de sentir le sol bouger sous ses pieds. L'humain essaya de refermer la porte mais cette dernière était cassée et il ne parvint pas à la refermer complètement, au grand bonheur de l'Arme qui regarda avec captivation le paysage défiler follement devant elle. Le souffle du vent qui s'engouffrait par l'ouverture lui parut progressivement de moins en moins puissant, puis elle s'y habitua finalement jusqu'à l'oublier, seul le bruit du moteur continuant de se faire entendre comme bruit de fond.
Ravi de retrouver un environnement bien moins menaçant, le garçon s'assit en soupirant de soulagement, ce qui incita la petite démone déguisée en humain à en faire de même. Elle était un peu perdue par toutes ces nouveautés, mais elle n'avait aucunement l'intention de s'en plaindre.
Le train frôla ainsi sans le savoir la frontière du Pays Interdit, où les Démons de Telum, qui s'apprêtaient à reprendre leur service, s'affolaient de constater que les portes du donjon avait été forcée.
Et que leur Arme avait disparue.
.
Et voilà pour ce 3ème chapitre °w°
L'Arme arrive donc à Earthland ! Elle risque d'être pas mal dépaysée par rapport aux quatre murs de sa cellule. Et concernant son évasion, oui, je vous laisse dans le flou… Et c'est normal :P Quelque chose s'est passé après qu'elle l'ait mordu… Un truc improbable, mais dont on n'entendra pas parler de si tôt, alors tachez de ne pas l'oublier ! :D
Plein de bisooooooous !
