Bonjour à tous !
Voilà mon tout nouveau chapitre. Je n'ai pas eu beaucoup de commentaires pour le précédent, j'espère qu'il vous avait plu malgré tout ! Pensez à me donner votre avis pour celui ci )
Bonne lecture.
Objectivement, je suis Draco Malefoy
Granger revint très rapidement avec deux personnes que Draco ne s'attendait vraiment pas à trouver ici. S'avançaient devant lui deux de ses anciens « camarades » de Poudlard. L'un avait beaucoup changé – plus grand, plus mince, presque fragile, le port de tête plus assuré – Draco sentit qu'il ne pourrait plus se jouer de lui. Neville Londubat avait, à l'évidence, prit du caractère et l'orage qui grondait dans ses prunelles montrait qu'il en avait trop vu. Que lui était-il arrivé ? La guerre, bien sûr, mais Draco pensait, sentait, qu'il devait y avoir autre chose. Lui qui aimait les défis décida de percer ce mystère.
Un raclement de gorge lui fit réaliser que l'ancien griffondor lui tendait la main et attendait que Draco se décide à lui rendre son salut. Sur un coup de tête, il se saisit de cette main amicale – ou tout du moins alliée – et apprécia la poigne ferme de son vis-à-vis. Ils échangèrent un regard de connivence avant que Draco ne se tourne vers la deuxième personne présente.
Son meilleur ami avait bien caché son jeu. Bien sûr le blond savait que son ancien camarade de serpentard avait passé, il y a quelques mois, son concours d'infirmier et qu'il avait de ce fait décroché un emploi à Sainte Mangouste. Assez étrangement, Blaise aimait passer du temps avec les gens, les écouter, prendre soin d'eux. Cela lui apportait un équilibre et il n'avait alors plus besoin de porter ce masque qu'on lui avait imposé afin de se fondre dans une société qui attendait de lui qu'il se tourne vers Voldemort alors qu'il n'en était rien. Il savait pourquoi Blaise était dans ce service mais pourquoi ne lui en avait-il pas parlé ? Sa petite sœur devait très probablement faire partie des « protégés » de Granger. La famille Zabini avait été attaquée par un ex amant vexé de s'être vu remercié par Madame Zabini. Cet homme, dont aucun adjectif ne peut être assez fort pour le qualifier, avait ainsi assassiné froidement de deux Avada la mère et le petit frère de Blaise. Sa petite sœur, qui était cachée derrière une lourde tapisserie, avait été repérée par l'homme et il avait eu le temps de lui lancer deux Doloris avant l'arrivée des aurors. Le choc dû à ce à quoi elle avait assisté, couplé aux sorts particulièrement nocifs pour un tout jeune enfant, avaient causé le coma dans lequel elle était plongée depuis plusieurs semaines.
Draco s'avança pour donner à son ami une franche accolade et lui transmettre tout son soutien. Blaise, malgré tout, savait parfaitement que les questions viendraient en temps et en heure. De son coté, il avait une petite idée de la raison qui avait pu pousser le blond à venir jusqu'ici.
Hermione et Neville étaient assez surpris d'être témoins d'autant d'effusion de la part des serpentards, surtout devant témoins. Cependant, c'est vrai que, depuis quelques semaines, ils avaient appris à connaître Zabini et avaient découvert un jeune homme sérieux et attentionné avec tout le monde.
La brunette se chargea de rompre le moment afin de présenter officiellement les deux nouveaux venus.
« Neville est notre perle ! Il s'occupe des plantes nécessaires pour les potions et il gère aussi le ménage et les stocks. Nous faisons la cuisine à tour de rôle mais c'est lui le plus doué. » Neville lui offrit un grand sourire de reconnaissance. « Tu vas devoir t'y mettre aussi Draco. » Ce dernier tiqua à l'utilisation de son prénom. Il allait sûrement devoir s'y faire.
« Blaise, comme tu dois t'en douter, est notre seul et unique infirmier. Autant te dire qu'il ne chôme pas. Nous avons ici dix patients qui dépendent entièrement de lui et il s'affranchit de sa tache avec zèle. » Le concerné la remercia d'un hochement de tête.
« Et c'est tout ? Vous n'avez pas une deuxième équipe pour tourner ? Quand vous arrêtez vous ? »
« Neville et moi ne sommes pas nécessaires en permanence. En général l'un de nous deux a son week-end et l'autre a deux jours de congés en semaine. Nous restons néanmoins joignables 24h/24. Quant à Blaise, Poppy Pomfresh, qui est à la retraite, vient le relever deux jours par semaine selon ses disponibilités. Pour ce qui est des nuits, heureusement que la magie existe ! Elle nous permet de placer des charmes sur nos protégés afin de prévenir celui d'entre nous qui est d'astreinte en cas de problème. Je vais refaire les plannings afin de t'y intégrer et je te le transmettrai. »
Neville trouva d'intervenir « En attendant à table ! Il n'y a pas mieux pour faire connaissance et c'est chaud ! Après le déjeuner Blaise et Hermione te présenteront nos protégés. »
Ils s'attablèrent avec plus ou moins de style. Les deux griffondors s'affalèrent tandis que les serpents s'assirent doucement avec soin, Blaise clairement plus à l'aise. Il avait eu le temps, ces dernières semaines, de se familiariser avec l'ambiance propre aux griffondors et il devait avouer qu'il appréciait plutôt bien. C'était reposant ! Il n'avait pas besoin de se tenir en permanence sur ses gardes et il pouvait relâcher ses barrières protectrices.
D'un mouvement de baguette précis, Neville disposa un lourd faitout en terre cuite au centre de la table. Une bonne odeur de thym et de tomate, mélangés à un fumet de viande s'en échappait. Draco en avait l'eau à la bouche bien qu'il n'en montra rien. Si c'était à cela que ressemblaient les repas médiocres que lui avaient annoncés Granger, il en voulait bien tous les jours. Certes ce n'était pas de la gastronomie recherchée à la présentation parfaite mais peu importe, Draco ne demandait qu'à apprécier ces choses simples qui lui ont été interdites pendant si longtemps. Ce n'était pas pour autant qu'il allait abaisser son masque. Il s'accordait d'abord une période d'analyse.
« Bœuf Bourguignon pour tout le monde ! C'est une sorte de stew à la française. », annonça fièrement Neville.
« Hey la classe ! A notre table, messieurs, aujourd'hui nous avons la french touch. » Hermione essayait de détendre l'ambiance et à en voir les prémices de sourires des serpentards, cela avait l'air de bien fonctionner.
« Pourquoi utiliser un aussi grand plat pour seulement nous quatre ? » S'interrogea Draco.
« Nous quatre ? Nos protégés mangent aussi tu sais. On ne tient pas à ce qu'ils ressemblent à des sacs d'os en se réveillant. »
« Mais … ils ne peuvent pas manger d'aliments solides. Vous ne leur donnez pas des potions nutritives ? » Draco put alors lire clairement l'étincelle de malice qui brillait dans les yeux chocolat de Granger et sut qu'elle avait encore usé de son génie. Mais chut, il ne fallait surtout pas lui dire qu'il avait pensé cela. Malefoy ne le pouvait pas Draco lui oui.
« Je pars de l'idée qu'il faut donner envie à nos protégés de revenir parmi nous et que leur faire ingurgiter un truc infâme qui attaque tous leur sens n'est pas la meilleure idée. Alors j'ai essayé de trouver une solution pour transformer nos repas et pouvoir les leur faire manger. On n'est pas des chefs mais c'est quand même meilleur que les potions nutritives ! »
« J'imagine ! Mais comment as-tu pu faire ça ? » Hermione sourit face à l'enthousiasme de Draco.
Draco – dans son esprit elle avait déjà laissé tomber le « Malefoy ». Ce n'était clairement pas « Malefoy » qu'elle avait eu devant elle ces deux dernières heures.
« Avec l'aide de mon mentor on a réussi à coupler une potion qui par quelques gouttes rendait l'aliment liquide tout en gardant les saveurs du plat et un sort pour envoyer la nourriture dans l'organisme. Le but est de donner au dormeur l'illusion de réellement manger, sentir, goûter et apprécier son repas. »
« Bravo ! Sincèrement. Qui est ton mentor ? Je ne vois pas qui a pu t'épauler ainsi et t'enseigner autant. »
« Oh, tu les rencontreras sûrement plus tard. » Draco, déçu, sentit qu'il allait devoir se contenter de cette réponse pour le moment. En tout cas cela expliquait la présence de fioles vides dans la cuisine. Il était bluffé par cette performance et commençait à se dire que finalement il serait peut être intéressant de travailler avec Granger.
