Titre : Le deal de l'été.
Chapitre : Séance de massage.
Rating : M
Disclaimer : Tous les personnages de Bleach appartiennent à Tite Kubo, leur créateur.
Note : Un gros, un énorme, un gigantesque merci pour toutes vos reviews sur ce début de fiction !
Chapitre 3. Séance de massage.
Ichigo se réveilla difficilement. Le corps ensuqué et la mine enfarinée, sa tête ne cessait de lui faire mal et son corps était étonnamment lourd. Il bougea dans son lit, se rendant compte que le soleil tapait déjà bien au dehors, ses rayons filtrant à travers les rideaux de sa chambre. Il ouvrit ses yeux lentement, réalisant qu'il était dans sa chambre, qu'il puait l'alcool et la transpiration et... qu'il ne se rappelait pas de la soirée de la veille !
_Merde..., grogna-t-il en tournant entre les draps, faisant un effort gigantesque pour se remémorer la soirée avec les saisonniers.
Il avait bu plus que de raison, comprit-il tout d'abord en sentant une étrange douleur engloutir son cerveau et résonner à ses tempes. Il se rappelait son altercation avec Grimmjow, enfin il se souvenait surtout du mutisme du bleuté et de son échappée l'ayant laissé complètement désœuvré. Il se souvint s'être aussi senti terriblement mal à l'aise, et en même temps affreusement curieux après son départ; le comportement de Grimmjow n'était définitivement pas celui d'un homme désintéressé. Alors... pourquoi ne lui avait-il pas dit qu'il était intéressé ? Que le voir fréquenter Renji lui déplaisait ?
Il étendit ses jambes sur le matelas sursautant tout à coup, saisit par une douleur poignante dans sa cuisse droite. Il échappa un grognement sous la douleur et se renfrogna, serrant ses dents avec force. Merde... cette vieille blessure se réveillait, pensa-t-il avec désappointement se demandant ce qu'il avait bien pu faire hier soir pour déclencher à nouveau la douleur due à son claquage.
Quelques semaines plus tôt, lors d'une compétition très intense de natation, il s'était blessé. Un claquage à la cuisse l'avait privé du reste de la saison et ce fut sur les gradins qu'il avait suivi l'évolution de son équipe dans la compétition nationale. Ça avait été dur pour lui, et depuis cette blessure, il reprenait doucement l'entrainement, revenant peu à peu à son niveau. Mais il craignait toujours la douleur... Et visiblement il avait bien fait.
Il creusa sa mémoire encore peu virulente suite à son réveil, et ferma ses yeux. Il se souvenait de sa dispute avec Grimmjow, puis qu'après son départ il avait décidé de se joindre aux autres pour goûter les cocktails de Shuuhei. Il se rappela de la tête de six pieds de long de Renji, puis il se rappela avoir goûté chaque verre qui circulait autour de la table. Si bien qu'au bout d'un moment sa tête s'était mise à lui tourner. Mais il s'en était contenté, bien trop préoccupé par le comportement décevant du bleuté, il avait choisi d'oublier en noyant ses interrogations dans les cocktails délicieux du barman, qu'il avait d'ailleurs aidé ensuite à concocter quelques mélanges.
Il se souvint alors très vaguement avoir servi lui aussi ses propres mélanges, avoir échangé quelques mots avec Rukia, et avoir bien rigolé avec Shuuhei. Puis, ce n'étaient plus que des bribes de souvenirs, des moments éclairs passant dans son cerveau et devant ses yeux. Il avait eu soudain chaud puis l'alcool avait commencé à faire son effet très abruptement, et il s'était senti mal, tout du moins c'était ce qu'il se souvenait. Il s'était senti écœuré et barbouillé violemment, si bien qu'il avait eu besoin de changer d'air et de s'éloigner des effluves d'alcool. Puis plus rien... Juste quelques bribes de conversation avec Renji, dont il ne pouvait se rappeler les mots, puis il se remémora avoir vomi. Renji semblait être constamment avec lui, il se rappela qu'il l'avait soutenu, lui avait donné de l'eau après qu'il ait régurgité la totalité du contenu de son estomac. Il parvint à se souvenir de son bras autour de sa taille puis rapidement il se remémora avoir raté une marche sur le chemin du retour jusqu'à son bungalow. Et une douleur lancinante... celle de sa cuisse.
Et il se sentait maintenant totalement lessivé et complètement malade, d'avoir tant bu. Il se tourna à nouveau dans son lit, glissant un œil vers sa table de nuit où reposait son portable et une note manuscrite. Il fronça les sourcils – ce qui lui donna un peu plus la migraine – et prit entre ses doigts le petit bout de papier, sur lequel il reconnut l'écriture de son père.
« Visiblement tu es rentré tard hier soir, et tu dormais si bien, comme un ange ! Je n'ai pas voulu te réveiller. Nous sommes partis à la plage, rejoins-nous lorsque tu seras levé.
Ton papounet »
Malgré la signature tout à fait ridicule, et les cœurs dessinés par Isshin un peu partout sur le bout de feuille, Ichigo étira un sourire amusé. Il prit son portable en mains et y lut l'heure indiquée : 14h45. Pouh... il était déjà tard, il se demandait à quelle heure il était donc rentré s'il ne se réveillait que maintenant. Mais... mieux valait ne pas le savoir ! Après tout, il avait tant bu la veille, qu'il n'était même pas certain de ce qu'il avait fait avec Renji ! Il priait intérieurement de ne pas avoir sauté sur le rouge, après sa déception vécue avec Grimmjow. C'était la dernière chose qu'il voulait : que Grimmjow apprenne qu'il était gay de cette manière, et surtout qu'il croit qu'il soit déjà casé avec un autre saisonnier ! Sûrement pas !
Il se tiendrait éloigné de Renji pour la suite de son séjour, même s'il avait commencé à apprécier le jeune surfeur à la crinière de feu. Il resterait ami avec lui mais en tout bien tout honneur !
Il réussit à se lever de son lit, posant doucement son pied sur le sol, la douleur brûlante de son claquage revenant au pas de course.
_Aïe..., se plaignit-il en gémissant.
Il se traina dans sa chambre pour atteindre la porte et sortir dans le salon. Il rampa presque jusqu'à la cuisine et sortit du frigo le jus d'orange, accompagné de la confiture de fraise qu'il voulait étaler sur de la brioche bien moelleuse.
Cependant, lorsqu'il s'assit à la table, son goûter devant lui, il s'en trouva barbouillé et se rendit compte qu'il ne fallait mieux pas avaler quoique ce soit pour l'instant. Il déposa une main sur son estomac, réprimant une furieuse envie de nausée et massa délicatement sa cuisse douloureuse. Il fallait qu'il fasse quelque chose... Il n'avait pas besoin de voir un médecin, il savait ce qui causait cette douleur, même s'il maudissait son claquage de revenir le hanter si durement pendant ses vacances.
Il se releva, tant bien que mal, et se laissa tomber sur le canapé du salon, empoignant le combiné du téléphone sans fil de la pièce. Il s'aida de la note plastifiée déposée sur le même petit meuble, juste à côté du canapé, pour trouver le numéro de l'accueil du club et le composa sur le téléphone.
_Club Yamamoto, bonjour !
_Bonjour, c'est Kurosaki Ichigo... Est-ce qu'il y aurait moyen d'avoir... un masseur ou bien un khiné ? Un méchant claquage que je me suis fait quelques semaines plus tôt vient de se réveiller.
_Oui, bien sûr Kurosaki-san ! Répondit la voix féminine, enthousiaste. Nous envoyons tout de suite un masseur à votre bungalow.
_Merci beaucoup.
_A votre service !
Eh bien... quelle efficacité ! Admit-il en appuyant sur le bouton mettant fin à la conversation téléphonique. Au moins, le service était rapide et plutôt agréable, pensa-t-il en replaçant le téléphone sur le combiné. Il retomba sur le canapé en poussant un soupir. Et son père qui voulait qu'il se trouve un petit flirt... dans cet état-là tout ce qu'il trouverait ça serait une saison de compétition à la poubelle ! Il devait soigner sa cuisse au plus vite et faire attention à chacun de ses gestes à présent.
Il marmonna dans sa barbe, maudissant l'alcool et cette foutue soirée qui l'avait mis dans un état plus que pitoyable et ferma ses yeux. Il espérait avoir amené quelques aspirines dans la trousse à médicaments, son mal de tête très persistant lui donnant de vives nausées. Mais il n'eut pas le courage de se lever pour aller les chercher, le sommeil le gagnant à nouveau.
µµµµµµ
Il sembla qu'il s'était assoupi quelques instants lorsque des bruits lointains vinrent perturber son sommeil. Des coups rapides et répétés retentissaient dans sa tête, et il crut un instant que sa migraine était passée à un autre stade, bien plus persistant, lorsqu'il réalisa que les coups provenaient de la porte d'entrée. Il se redressa, non sans mal, et tendit son oreille. Quelques coups retentirent à nouveau :
_Oui ? Demanda-t-il d'une voix mal assurée.
_Bonjour ! Vous avez demandé un masseur, Kurosaki-sama ? Demanda une petite voix derrière la porte de bambous.
_Entrez !
La porte s'ouvrit dans un léger grincement et un jeune homme, qui ne devait pas avoir plus de seize ans, entra dans le bungalow des Kurosaki. A la vision d'Ichigo assit face à lui sur le canapé, il s'empressa de se baisser, se courbant pratiquement en deux en saluant respectueusement le client :
_Veuillez m'excuser, Kurosaki-sama. Je suis Yamada Hanatarou, je viens apporter le matériel nécessaire à votre séance de massage.
_Oh euh... d'accord.
Le jeune homme brun, qui ne devait pas être plus grand que Karin, constata-t-il avec étonnamment, s'empressa de pousser dans la pièce ce qui semblait être un lit pliable. Il le fit rouler rapidement, sous les yeux du jeune homme surpris jusqu'au fond du salon et le déplia, s'activant ensuite à le revêtir d'une sorte de housse de papier, que l'on pouvait voir chez les médecins.
_Kurosaki-sama, vous pouvez vous installer, votre masseur sera bientôt là.
_D'accord...
_Vous pouvez porter ça, si vous le souhaitez ! Indiqua-t-il en brandissant ce qui semblait être un string blanc visiblement à usage unique.
Ichigo manqua s'étouffer en posant ses yeux sur le minuscule bout de tissu blanc qui pendait au bout de la main du jeune Hanatarou.
_Euh... c'est... Non, je ne pense pas porter de string, merci.
_Bien, se contenta-t-il de dire, replaçant le sous-vêtement dans son sac. J'ai déposé deux serviettes sur la table de massage, il est préférable que vous retiriez tous vos vêtements, sauf si vous souhaitez évidemment garder votre bas. Enroulez une serviette autour de votre taille, puis allongez-vous en attendant votre masseur. Je vais allumer quelques bougies et un bâton d'encens pour que vous soyez plus relaxé.
_Ça... ça ne sera pas obligatoire, s'empressa-t-il d'ajouter alors que le jeune homme baissait déjà les stores de la pièce, et plaçait des bougies parfumées autour de la table de massage.
_Vraiment ? Mais vous verrez, vous vous sentirez beaucoup mieux.
Ichigo haussa ses sourcils de manière comique, se refusant alors à contredire le tout jeune employé, qui se confondit en salues respectueux avant de le quitter et de lui souhaiter un agréable moment. Le rouquin prit le chemin de la salle de bain, trainant sa jambe douloureuse et se déshabilla. Il avait l'habitude des massages et des séances de kinésithérapie avec son club de natation; après chaque entrainement il y avait droit. Alors ce fut sans arrières-pensées qu'il retira la totalité de ses vêtements et enroula la serviette tiède et moelleuse autour de sa taille, cachant ses fesses et son entre-jambe entièrement dénudées.
Puis, il reparti dans le salon et se hissa sur le table de massage quelque peu haute. Il s'y allongea sur le ventre, son visage reposant au creux de l'appui tête qui n'était pas plein, lui permettant de voir le sol. Il délaissa ses bras le long de son corps et soupira d'aisance.
L'obscurité de la pièce l'avait presque rendu somnolant et l'encens allié aux bougies parfumées qui diffusaient une légère fumée piquante lui donnait envie de dormir. Il se laissa bercer par le doux bruit des vagues de l'océan, s'écrasant sur la plage non loin du bungalow, et ses narines s'emplirent de l'odeur d'encens qui détendit tous ses muscles. Il se sentait mieux, sa tête plus légère et moins encombrée par les effluves d'alcool persistantes et il lui sembla alors qu'il s'endormait.
Il ne sut pendant combien de temps il était resté endormi lorsqu'il rouvrit les yeux, réveillé agréablement par une douce caresse sur son dos. Il frissonna, échappant un gémissement de bien être et bougea très légèrement son corps. Il ouvrit lentement les yeux, se rappelant alors qu'il avait trouvé le sommeil sur la table de massage.
Il se laissa aller à soupirer de soulagement. Deux grandes mains chaudes et aguerries massaient sa nuque, à l'aide d'une huile chaude qui sentait bon les huiles essentielles, glissant sur sa peau nue avec une facilité déconcertante. Il se laissa complètement aller sous le massage absolument relaxant que lui prodiguait le masseur, lui qui n'avait voulu qu'un petit massage de la cuisse pour satisfaire sa douleur. Étrangement, la douleur avait déjà disparu, alors qu'il expérimentait pour la première fois un massage relaxant et non pas un massage suite à un effort sportif censé aider ses muscles.
Les mains masculines du masseur descendirent le long de sa colonne vertébrale, s'aplatissant un moment au creux de ses reins pour les caresser, puis y appuyer doucement, imprimant une légère pression qui n'était que plaisante. Ichigo étira un sourire, le visage toujours enfoncé dans la tête creuse de la table de massage et dit :
_A la base je voulais juste un massage de la cuisse, elle me fait terriblement souffrir depuis ce matin. Je me suis fait un claquage il y a quelques semaines.
Aussitôt dit, les mains huilées du masseur se déposèrent sur ses cuisses. Lentement, doucement et avec grande précaution, il s'attela à pétrir le muscle, puis de plus en plus fort s'appliqua à satisfaire le muscle douloureux, créant une douce chaleur dans la jambe endolori. L'huile chauffante était très plaisante, pensa Kurosaki en fermant les yeux de contentement, il se demandait pourquoi ses khiné n'utilisaient-ils donc pas ça...
Les mains du professionnel entamaient des mouvements circulaires plus rapides et plus ciblés, appuyant du bout des doigts sur les muscles qui se tendaient à leur passage. Ichigo sursauta quelques fois, lorsque l'homme toucha sa vieille blessure, mais il sembla noter le point exact puisqu'à chaque fois qu'il y passait, il s'appliquait à effectuer de plus doux massages.
Wouah, pensa Ichigo, ce type avait des mains vraiment exceptionnelles. Et une technique absolument imparable. Il ne devait pas être un simple masseur, il était très certainement khiné vu les mouvements très contrôlés qu'il effectuait. Et pourtant, ses gestes étaient mesurés et presque sensuels, comme ceux effectués dans un institut de bien être. La façon dont il touchait sa peau était douce et captivante, comme la caresse de l'air. Ses mouvements étaient fluides et parfaitement calculés, comme s'il eut fait ça toute sa vie. Il était exceptionnellement doué pour le déstresser, pensa-t-il avec un nouveau soupir d'aisance.
Soudain, l'homme glissa une main entre ses deux cuisses serrées et effectua un mouvement pour lui faire comprendre d'écarter les jambes. Ichigo ne s'en formalisa pas et fit ce qu'il lui demandait, écartant impudiquement ses jambes alors que les mains du masseur s'infiltraient maintenant plus haut sur sa cuisse, touchant la naissance de son fessier. Il tiqua, lorsqu'il se rendit compte qu'il soulevait sa serviette, et la repliait plus haut, dévoilant le bas de son postérieur et ses cuisses largement écartées donnant une vision assez étroite de ses testicules déposées lascivement sur la table de massage. Il fronça légèrement ses sourcils, habitué à ce qu'on le prévienne lorsqu'on s'apprêtait à lui masser des parties du corps plus intimes, mais ne dit rien. L'homme reprenait son massage, ses gestes montant plus haut jusqu'à ses fesses afin de masser complètement le muscle qui lui était douloureux.
Il soupira et se détendit à nouveau; cet homme était bien trop bon pour l'arrêter de toute façon. C'en devenait presque trop... excitant. La façon dont il malaxait les muscles de ses fesses, la façon dont il pétrissait ses cuisses musclées avec sensualité, et ses gestes toujours plus lents et doux... Ah, comme il aurait aimé qu'il puisse remplacer le vieux khiné qu'ils avaient au club de natation. Certes, Kyouraku-san était extrêmement sympathique et poli, mais il ressemblait définitivement à un vieux pervers lorsqu'il lui demandait de se mettre nu et de retirer son slip de bain pour qu'il puisse lui masser les muscles fessiers.
Ce type là était différent. Il savait exactement où toucher, comme un vrai khinésithérapeute mais il avait ce doigté sensuel qui rendait ses massages absolument incroyables !
_Mmm..., laissa échapper Kurosaki entre ses lèvres pincées, ne se rendant même pas compte que ses soupirs étaient de plus en plus bruyants.
Il se sentait juste terriblement bien, lui qui n'avait pas été touché ainsi depuis si longtemps. Il se rendait bien compte qu'éprouver ce genre de plaisir sous les mains d'un professionnel n'était pas vraiment réglementaire – vis-à-vis de l'employé cela va de soit – et qu'il devrait en éprouver une certaine gêne. Voire une sorte de honte. Mais ce n'était pas le cas; il se laissait envahir par le sentiment d'extrême confort que lui prodiguait les mains de ce masseur. Il était payé pour ça non ? Alors, il ne voyait pas où était le problème si l'employé effectuait trop bien son travail.
Trop bien, oui. Si bien d'ailleurs que ses gestes ressemblaient bien plus - dans l'esprit de Kurosaki - à une partie de préliminaires qu'à autre chose. Il aurait adoré, juste pour l'image mentale attention, que Grimmjow puisse le masser de la sorte. Il l'imaginait dans un petit maillot de bain turquoise, très échancré, ses tablettes de chocolat indécentes parfaitement huilées par le monoï étalé sur sa peau, un regard lubrique sur le visage. Puis après s'être occupé de sa cuisse douloureuse, il glisserait un pouce aventureux sous l'élastique du maillot et le tirerait pour qu'il tombe à ses pieds... Oh doux Jésus !
_On se tourne ? Demanda négligemment la voix basse et grave du masseur.
La voix résonna d'ailleurs très familière à son oreille, mais étourdit par les effluves d'encens et les bougies parfumées, il n'y fit pas attention et se tortilla pour se hausser sur son coude et se tourner. Il déposa son dos contre la table de massage et ouvrit enfin ses yeux, observant le plafond du bungalow avant de poser son regard sur le dos plus loin à côté de lui.
Il crut alors qu'il allait tomber de la table de massage ! Le dos large et courbé du masseur, occupé visiblement à frotter ses mains avec l'huile de massage, laissa bientôt place à un visage familier et étrangement bien souriant pour l'occasion, lorsqu'il se retourna face à lui.
_G-Grim... Grimmjow ?! S'exclama-t-il en se redressant d'un seul coup sous la surprise.
Il sentit la nervosité infiltrer chaque pore de sa peau, et tendre chacun de ses muscles, réduisant à néant les effets de ce massage censé le détendre. Il lutta pour ne pas rougir alors qu'il se retrouvait tout de même à moitié nu devant l'objet de ses désirs, et qu'il avait poussé un nombre incalculable de petits soupirs de bien être. Et il le savait pertinemment : lorsqu'il était particulièrement détendu, il ne pouvait empêcher ses soupirs de sortir de ses lèvres. Et la plupart du temps, ses soupirs sonnaient... comme des gémissements de plaisir !
C'était le pompon ! Pensa-t-il en se mordillant la langue de honte. Pas étonnant que ces massages soient si sensuels ! Le masseur c'était Grimmjow ! Ah il était maudit !
_Je travaille, lui fit remarquer le bleuté en posant une main sur son front, l'obligeant à se rallonger totalement comme avant. Alors détends-toi.
Plus facile à dire qu'à faire, baka !
Ichigo détourna les yeux, se demandant ce qu'il fallait qu'il fasse. Rester là, à demi nu et totalement livré à cet homme qui allait certainement encore lui faire du bien avec ses mains ? Ou bien s'enfuir à toutes jambes, craignant que justement, avec ses mains expertes, il ne provoque une réaction toute particulière qui soit difficile à cacher sous la petite serviette qui cachait son membre pour l'instant pas totalement érigé ?
Ah cruel dilemme...
Mais il n'eut pas vraiment le temps de réfléchir à la question, puisque Grimmjow avait repris son travail. Ses mains sur ses tibias remontèrent sur ses genoux puis sur ses cuisses qu'il entreprit de malaxer comme il l'avait fait plus tôt. Le rouquin ferma ses yeux, calmant sa respiration qui s'était accélérée drastiquement.
Tout allait bien, n'est-ce pas ? Ce n'était qu'un petit massage après tout ! Et ce n'était pas comme s'il n'avait pas l'habitude en fin de compte. Mais même... se faire masser par un tel mec était... la pire des tortures !
Les mains du turquoise passèrent furtivement sur ses hanches osseuses, osant braver le bout de tissu qui les cachait. Ichigo essuya un frisson et ouvrit un œil curieux, quand il sentit la serviette être repliée sur son sexe.
_Qu'est-ce que...
_T'inquiète j'la mets juste comme ça, expliqua-t-il sans le regarder. Si j'veux avoir accès à tous tes muscles... enfin si tu dis qu't'as eu un claquage...
_Okay, c'est bon.
Il coupa court à la conversation en laissant retomber le haut de son crâne lourdement sur la table. Il n'avait pas vraiment envie de l'écouter parler si sérieusement de son travail. En fait, il n'avait pas envie qu'il coupe ses fantasmes. Oui, ce n'était pas si grave d'espérer un peu lorsque un homme pareil vous touchait si sensuellement non ? Un peu de rêve ne tuait personne, bon sang !
Et que Grimmjow ne dise pas qu'il ne le faisait pas exprès ! C'était comme s'il savait exactement où le toucher, et où le caresser pour le rendre encore plus mal à l'aise. Il s'attaquait maintenant à ses épaules et ses bras, puis à ses pectoraux. Il prit grand soin à bien masser ses muscles pectoraux, en prenant évidemment la peine de bien effleurer ses mamelons, comme s'il ne l'avait pas fait exprès encore une fois ! Pensa Ichigo qui se maudit intérieurement en sentant ses mamelons se durcir et pointer en signe d'excitation notable.
Ah... Pourvu qu'il n'ait rien vu.
_T'inquiète pas, c'est tout à fait normal. Ça veut dire que t'es détendu.
Non tu crois ? Le bon mot serait plutôt bien « tendu » ! Se gifla-t-il mentalement en levant sa tête, histoire de confirmer qu'il n'y avaient pas que ses tétons qui s'étaient dressés. C'était encore mieux : un coup d'œil en direction de son bas-ventre et il vit la serviette légèrement surélevée, comme si elle dissimulait quelque chose de bien vivant.
Super...
_Je... je crois que ça ira pour aujourd'hui, s'empressa-t-il de dire en se soustrayant soudain aux mains de Grimmjow en se relevant et s'asseyant sur le bord de la table, dos à lui.
_J't'ai dit de pas t'inquiéter, lui répliqua-t-il en fronçant ses sourcils. La plupart d'mes clients réagissent comme ça quand j'les masse. Faut pas t'en faire...
Sans blague ?! Alors il était habitué à ce que tous ses clients masculins aient une érection quand il les massait ? Il était sérieux là ?! Rien qu'à l'idée d'imaginer Grimmjow en train de prodiguer un tel massage sensuel à un vieux pervers bedonnant, une érection parfaitement visible sous sa serviette de bain, il manqua vomir.
Oh non, ce n'était pas l'image mental qu'il avait eu un peu plus tôt, lorsqu'il n'avait pas encore découvert qu'il était le masseur en question.
Le problème c'était que sa peau frissonnait de partout, il l'avait mis en émoi juste en le touchant. Enfin, ses mains étaient douces et parfaitement habituées à toucher le corps humain aussi il était normal qu'elles lui fassent tant d'effet. Mais quand même... comment aurait-il pu deviner que Grimmjow était le masseur de ce club ?! Comment aurait-il pu deviner qu'il lui ferait... ça ?!
Il voulait s'enfuir...
Grimmjow poussa un soupir dans son dos et sembla s'activer. Il entendit les flacons d'huile s'entrechoquer alors qu'ils étaient jetés dans son sac et le bruit d'une fermeture éclair rapidement tirée. Le bleuté déposa son sac sur son épaule et contourna la table de massage pour s'en aller en direction de la porte d'entrée. Le jeune rouquin n'avait rien dit, ses yeux baissés sur ses jambes qui se balançaient dans le vide comme l'aurait fait un gosse.
_Au fait... Désolé pour hier. J'étais mal luné..., reprit le bleuté en stoppant ses pas, lui lançant un regard appuyé. J'aurais pas dû partir comme ça. C'était pas poli...
Kurosaki reporta son regard sur lui, ses yeux s'écarquillant en constatant son regard turquoise fuyant. Il secoua la tête :
_C'est pas grave. J'ai quand même passé une bonne soirée.
_Ouais, j'imagine. Avec Renji ?
Et voilà ! Encore une fois ! Une fois de plus il lui laissait sous-entendre qu'il était jaloux. Ichigo fronça ses sourcils alors que Grimmjow se rendait soudain compte de ce qu'il venait de dire et tourna les talons, posant une main sur la poignée de la porte pour s'enfuir rapidement. Mais cette fois-ci, Ichigo ne le laissa pas s'enfuir :
_Oui, avec Renji, se contenta-t-il de lui dire. Ce n'est pas parce que tu le détestes que tout le monde doit le haïr. Et puis... ce n'était pas sa faute, tu sais.
Le bleuté tourna son profil dans sa direction, lui lançant un regard interrogateur. Ichigo se mordit la lèvre, il n'aurait peut-être pas dû dire ça, pensa-t-il mal à l'aise.
_Alors il t'a raconté, c'est ça ? Demanda-t-il en se tournant vers lui, le visage contracté par la colère. Le p'tit salaud...
_C'est moi qui l'ai obligé à raconter, le défendit Kurosaki en sautant de la table de massage, sa serviette manquant tomber à terre dévoilant toute son anatomie. Et puis... je ne te juge pas. Personne ne le fait. C'est juste que... Renji n'est pas coupable, tu sais.
_Mêle-toi de c'qui t'regarde, tu veux ?
Et sur ces mots, il s'empressa d'ouvrir la porte à la volée et de quitter la pièce. Ichigo le suivit, retenant fermement sa serviette autour de sa taille avec difficulté, courant dans de grands pas derrière lui. Il parvint à le stopper, avant que l'employé ne descende de la terrasse et attrapa fermement son bras, comme Grimmjow l'avait fait la veille pour le retenir :
_Attends ! Je sais que tu détestes Renji, mais ce n'est pas une raison pour que tu m'interdises de le voir de cette façon ! Lui jeta-t-il avec un regard noir à l'appui. A moins qu'il n'y ait autre chose... ?
Grimmjow haussa ses sourcils, alors que le regard du roux se faisait plus doux, après sa dernière phrase. Il voulait qu'il lui dise, qu'il lui avoue la vérité. Était-il jaloux oui ou non ? Le bleuté fit un pas sur le côté, pour se rapprocher de lui, et remonta la sangle de son sac sur son épaule.
_Ouais... y'a autre chose, lui murmura-t-il du bout des lèvres.
Le cœur d'Ichigo s'emballa et il croisa le regard lagon planté sur lui. C'était la seconde fois qu'il le voyait d'aussi près, qu'ils étaient si proches. Son corps se réchauffa et il sentit ses joues s'enflammer sous ces yeux à la couleur si magnifique. Il ne pouvait se tromper; Grimmjow pouvait bien lui dire ce qu'il voulait, l'orangé pouvait lire et voir dans ses yeux ce qu'il éprouvait. La façon dont ses pupilles le dévoraient, cette lumière d'intérêt au fond des opales turquoises, ne pouvaient tromper personne. Et surtout pas lui...
_L'truc c'est que... L'vieux m'a d'mandé de d'venir ami avec toi. Alors... si t'sors avec Renji, ça va être difficile tu crois pas ? Souffla Grimmjow d'une voix presque amusée.
_A qui est-ce que tu veux faire croire une telle connerie Grimmjow ? Lui répliqua le jeune homme sans détourner les yeux. Il y a une autre raison et n'essaye même pas de me dire que non !
Le bleuté étira un sourire carnivore, plein de dents aiguisées et blanches comme l'ivoire. Il le toisa un peu plus, bombant son torse comme il l'avait déjà vu faire en compagnie de ses fangirls :
_T'veux quoi ? Que j'te dise c'que tu veux entendre ? Que ouais j'aime aussi les mecs et qu'tu m'as tapé dans l'œil ?
Il manqua en tomber à la renverse, purement et simplement. Son souffle se fit plus court et il hocha la tête vivement, pour lui faire comprendre qu'effectivement oui, c'était ce qu'il voulait. Évidemment c'était ce qu'il voulait ! Plus que tout !
Allez, dis-le Grimmjow ! Tu as déjà fait la moitié du chemin en avouant que les hommes t'intéressaient ! Se rabâcha-t-il sans cesse pendant les quelques secondes qui suivirent, son cœur tambourinant bien fort contre sa poitrine.
_T'peux t'jours rêver !
Il avait jeté ça comme une blague, avec une grande dose d'ironie dans la voix, s'empressant de déguerpir loin du jeune homme estomaqué. Il serra les poings, l'observant s'éloigner dans de petites foulées rapide et son visage se contracta de plus en plus jusqu'à revêtir une expression furieuse, et il échappa un grognement de frustration. Il se foutait de lui ou quoi ?! Il lui faisait de l'effet, il en était absolument certain !
Et il était à deux doigts de le lui faire avouer !
