Ca vous plait toujours ? Je continue ?
Chapitre IV
Beckett était généralement la première au poste mais ce matin là, elle se retrouva aux côtés de Castle devant l'ascenseur. Il l'appela et lorsque les portes s'ouvrirent, ils s'y engouffrèrent.
Cet espace restreint et la proximité de leurs corps la mettait en émoi. Elle colla son dos au fond de l'ascenseur. Ainsi, derrière lui, elle pouvait scruter sans modération, chaque parcelle de son corps. Soudain, elle stoppa l'appareil et s'approcha de Castle avec un regard assombri par le désir. D'une légère pression de sa main sur son torse, elle lui intima de reculer.
En moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, Castle se retrouva entre le métal froid de l'ascenseur et le corps brulant de sa partenaire. Elle se pencha délicatement vers son visage sans le quitter des yeux. Leurs souffles se mélangeaient et elle laissa sa bouche effleurer la sienne. L'écrivain n'avait jusqu'à lors pas bougé d'un iota. Il posa une main dans le creux de ses reins, la rapprochant un peu plus contre lui. Il fondit sur ces lèvres qui s'offraient à lui.
Le baiser était léger, mais ce n'était pas suffisant à son goût. Castle passa sa langue sur sa lèvre inférieure pour l'approfondir, elle entrouvrit les lèvres et le baiser devint ardent. La jeune femme se liquéfia sous ses mains qui vagabondaient sous sa chemise. Son cœur martelait de plus en plus fort dans sa poitrine, elle ondulait outrageusement du bassin. Elle pouvait déjà sentir l'excitation de son amant à travers ses vêtements. Elle fit glisser ses mains sur le bouton de son jeans, oubliant où ils étaient. Elle en voulait plus, elle le voulait lui. Et quand ce dernier quitta ses lèvres pour le creux de son cou, elle ne put contenir un gémissement de plaisir…
Kate se réveilla en sueur. Assise sur son lit, sa respiration était encore difficile, elle passa sa main dans son cou, à l'endroit de ce baiser brûlant. Elle imaginait encore ses mains empoigner ses seins avec la plus grande délicatesse. Elle n'arriverait, sans doute, jamais à ce rendormir avec toute cette excitation qui inondait son être.
Le sourire qui avait élu domicile sur son visage pouvait en témoigner, elle avait pris du plaisir dans ces bras fictifs. Elle avait aimé ça !
- Oh mon dieu ! Lanie a raison… Je suis irrécupérable… Se lamenta-t-elle.
Alors, Beckett passa sous une douche froide pour chasser ses pensées pas très chastes. Elle sortit de la douche une serviette sur la tête, s'habilla, ouvrit une boîte à bijou et enfila sa chaine avec la bague de sa mère. Elle mit la montre de son père à son poignet gauche, prit son arme et son badge et fila au 12th.
Après ce rêve qui avait écourté sa nuit, Kate était arrivée au poste avec pratiquement une heure d'avance. Elle déposa son arme dans son tiroir, son portable et ses clefs sur son bureau. Elle en profita pour relire les rapports préliminaires apportés par Lanie et elle essaya de préparer l'interrogatoire de Josh mais elle n'arrivait pas à oublier ces mains ou la délicatesse de cette langue qui l'avaient caressée toute la nuit. Comment arriverait-elle le regarder aujourd'hui sans rougir ? Alors qu'elle avait passé une partie de la nuit à s'imaginer dans ses bras et que ce souvenir était impérissable.
Lorsque Castle arriva et lui tendit son café, ses joues s'empourprèrent. Son visage s'illumina et ils entamèrent une de ses discussions silencieuses qui valait plus que de longs discours. L'écrivain avait en face de lui, ce qui le poussait à se lever chaque matin, parce qu'il ne venait plus pour ses recherches, il venait uniquement pour elle…
Ryan et Esposito arrivèrent avec à leurs cotés, le Dr. Josh Davidson. Beckett, rompit le contact et se tourna vers Josh, son corps se raidit se qui n'échappa pas au romancier. Il leva une main pour la poser sur le haut de son dos en signe de réconfort et de soutien mais la jeune femme s'avança pour prendre le dossier.
Les deux lieutenants le conduisirent jusqu'en salle d'interrogatoire, Beckett souffla un bon coup et avec Castle, elle entra dans la pièce.
- Bonjour Kate, annonça-t-il avec un sourire charmeur.
- Tu sais pourquoi tu es ici ?
- Euh… pas vraiment, tes collègues ne sont pas très bavards ! Dit-il rieur.
- Connaissais-tu Sarah Moore ? Demanda-t-elle en déposant la photo sous ses yeux.
- Euh… Oui, c'est… c'était ma secrétaire, répondit-il hésitant.
- Où étais-tu hier entre 11h30 et 13h30 ?
- Pas avec toi à mon plus grand désespoir !
- C'est une enquête pour meurtre alors pour une fois, arrêtes ton numéro, et réponds à ma question ! Rétorqua Kate.
Josh se sentit mal à l'aise et tenta de tourner la conversation à son avantage.
- Alors Castle, les scènes de sexe sont plus faciles à écrire ?
- Plus facile ? Pourquoi ?
- La page 105 doit te paraître nettement plus… fade maintenant que tu sais de quoi Kate est capable au lit !
- On ne couche pas ensemble, dit-elle d'un ton ferme. Depuis comb… mais Josh l'interrompit.
- Sérieusement ? Tu m'as quitté y a un peu moins d'un an pour ce type et tu n'as même pas été capable de lui demander de te mettre dans son lit ?
- Aviez-vous une liaison avec Sarah Moore, M. Davidson ? Demanda Castle voyant Kate de plus en plus déconcertée.
- Evidement ! Quand une femme me plait, je sais agir, moi !
- Wah… vraiment ? Elles ne doivent pas se bousculer non plus ! Répondit l'écrivain à qui la patience commençait manquer.
- Au moins je sais leur donner plus qu'une nuit !
- Voyez-vous ça, plus qu'une…
- Ok, stop ! Castle, je peux vous parler ?... Dehors… Maintenant…
Elle le suivit jusqu'à la porte. Elle s'attendait à une protestation mais rien n'arriva. Elle sortit quelques secondes puis réapparut dans la salle. Rick s'était alors dirigé vers sa chaise ne voulant même pas connaître la suite de l'interrogatoire.
- T'es pas drôle Kate ! Je lui expliquais la finalité d'une relation homme/femme.
- Une femme est morte, Josh. Alors la manière dont vous occupez vos nuits m'importe peu ! répondit-elle en haussant la voix.
- Mais bien-sur, à d'autres ! Ne joue pas la prude avec moi, Kate ! Après tout, il a le droit de savoir à quel point il te chamboule. A moins que tu ne veuilles pas lui dire que tu rêves de lui au point de l'appeler dans ton sommeil. Que mes baisers ne tenaient plus la comparaison après le votre sous couverture. Je suis sûr que tu en rêves encore la nuit ! Ou au point même de te pincer les lèvres pour ne pas crier son nom quand on s'envoyait en l'air ! Alors ne me dit pas que ce qu'il fait de ses nuits te laisses indifférente !
Beckett sentit le rouge lui monter aux joues. Comment avait-il osé étaler sa vie privée ainsi, au poste ?
Elle espérait tellement que Castle ne soit pas derrière le miroir sans teint. Toutes les choses énoncées par son ancien amant étaient vraies mais il ne pouvait pas l'apprendre comme ça. Elle voulait lui montrer qu'elle tenait à lui au point de l'appeler en dormant s'ils partageaient un lit, un jour... Elle voulait qu'il l'entende crier son prénom quand il l'emmènera jusqu'à l'orgasme. Et puis, il devait déjà savoir que leur baiser n'avait pas d'égal ! Il était tellement… époustouflant !
- Non mais qu'est ce qu'il a de plus que n'importe quel homme pour plaire autant ?
- La présence d'esprit de la fermer quand il le faut, Josh ! cria-t-elle en se levant et claquant ses mains sur la table.
Ryan décida que c'était le bon moment pour intervenir, il entra et ordonna à Beckett de sortir.
Elle fusilla Josh du regard et sortit en trombe de la pièce. Elle lança dans une rage démesurée, le dossier sur son bureau, et les feuilles déjà présentes finirent sur le sol. Il n'y avait plus un bruit dans l'open space. Elle monta les escaliers et fila dans la salle de sport.
Castle était tiraillé. Devait-il la suivre ou bien attendre qu'elle se calme d'elle-même ? Elle risquait de lui voler dans les plumes s'il s'approchait et qu'elle était toujours remontée. Alors il décida d'attendre une dizaine de minutes et de monter ensuite.
L'irlandais n'avait rien obtenu de plus de Josh, il n'avait rien avoir avec cette affaire. Lorsqu'ils sortirent de la salle d'interrogatoire Castle lui lança le regard le plus noir qu'il avait mais le cardiologue n'en espérait pas tant pour lui asséner le coup de grâce.
- Castle ! Souvenez-vous que, moi, j'ai connu plus qu'un baiser. Je l'ai sentie perdre pied sous mon corps alors que j'étais encore en elle…
L'écrivain arma le poing prêt à lui décrocher une droite en pleine figure. Mais ce fut Gates criant son nom à travers le poste qui le ramena à la raison. Il baissa sa main sans le quitter du regard. Sous un rire victorieux du cardiologue, et il quitta le poste sans un mot.
Dans la salle de sport, Beckett maltraitait un sac de sable à en perdre le souffle. Elle mettait dans chaque frappe la rage qui l'habitait depuis quelques minutes. Elle s'époumona comme ça jusqu'à plier sous la douleur de ses phalanges.
Après une douche réparatrice et le calme revenu, elle retourna à l'étage de la criminelle. Comme la veille, le tableau blanc semblait vide… trop vide. Assise sur le bord de son bureau, elle chercha Castle des yeux. Elle jeta un regard furtif dans la salle de pause mais il n'était pas devant la machine à café.
- Il est parti, déclara Esposito en s'approchant.
- Parti ? dit-elle en déglutissant difficilement. Et s'il avait entendu Josh et qu'il avait préféré fuir ? pensa-t-elle.
- Après une altercation avec Josh dans le couloir. C'est Gates qui les séparés alors que Castle allait lui exploser le nez. Il a pris sa veste et a quitté le poste.
Elle préféra ne pas demander le sujet de la dispute. Mais pour que Castle en vienne à vouloir lui refaire le portrait, les propos de Josh devaient être obscène et vantard. Elle sourit, elle était flattée que son écrivain prenne sa défense face à son ex. Le fait que Beckett décide de ne pas connaitre la raison de cet accrochage arrangea le latino. Il ne s'imaginait pas lui répéter les paroles du cardiologue.
