NA : Voici un petit chapitre pas destiné à être drôle, mais à être mignon. J'espère que vous apprécierez.
Jardin secret
Vingt-septième semaine de grossesse, 18h40, appartement de Booth.
Assis à sa minuscule table de sa minuscule cuisinette, face à la femme de sa vie qui dévorait son assiette avec un appétit étonnant, Booth mangeait son spaghetti auquel il avait ajouté une énorme quantité de bœuf haché. Malgré tout l'amour qu'il ressentait pour la femme qui se trouvait de l'autre côté de la table, jamais au grand jamais on ne le verrait manger un spaghetti aux lentilles. On l'avait torturé, menacé de mort, tué même une fois, mais rien ne semblait pire dans son existence que la sauce verdâtre que sa compagne mangeait comme si elle avait passé les deux derniers mois en Somalie.
« Peut-être qu'avec une pelle, ça avancerait plus rapidement.
- Pardon?
- Une pelle… tu sais au lieu d'une fourchette. Le train où tu manges pourrait rendre quelques ogres jaloux.
- Ah! Tu faisais une blague sur mon rythme de consommation et sur l'incapacité des outils mis à ma disposition de satisfaire ce rythme. Très drôle.
- Non, je faisais simplement un commentaire sur la vitesse où tu manges.
- C'est exactement ce que j'ai dit.
- Tu devrais ralentir, ce n'est pas bon pour le bébé ou pour toi de manger à cette vitesse. Tu vas avoir des brûlements d'estomac.
- Je ne sais pas ce que j'ai aujourd'hui, mon appétit semble être amplifié et mes sens, plus aiguisés.
- Tu es à vingt-sept semaines de grossesse, il est simplement normal que tu te sentes plus gourmande. Tu manges pour deux après tout.
- Ce n'est pas le seul appétit qui s'exalte, avait-elle dit suggestivement.
- Crois-moi, je le sais, Bones, mais tu devras t'en passer pour un moment. J'ai des ampoules à des endroits où un homme ne devrait jamais avoir d'ampoule.
- Je dois t'avertir : lorsque tes phlyctènes éclateront, n'arrache pas la peau excédentaire. Il ne faut pas que ça s'infecte.
- Crois-moi, Bones, je n'avais l'intention de n'arracher aucune peau, répondit-il légèrement dégoûté. Pouvons-nous ne pas parler d'excédent de peau pendant que nous dînions, s'il-te-plaît? »
Il devait s'avouer que malgré les petites lésions causées par ces envies urgentes, parfois même indécentes, il ne pouvait se sentir mieux. Depuis quelques semaines (la vingt-quatrième pour être exacte), la Bones qu'il connaissait s'était transformée en véritable machine hormonale. Que ce soit de sautes d'humeurs, de goût de spaghetti aux lentilles – qui aurait pu croire que Bones hormonale pouvait être encore plus grano que Bones habituelle – ou d'une insatiable envie de lui faire l'amour, la Bones qu'il connaissait autrefois semblait s'être évanouie dans la nature. Heureusement, ce soir-là, les fluctuations hormonales ne l'amenaient qu'à vouloir plus de spaghetti et plus de sexe. Il était plus que ravi de lui en servir un des deux.
« Merci, avait-elle dit en reprenant son assiette. J'ai une confession à te faire.
- Dis-moi que tu ne t'es pas encore servi de mon rasoir pour t'épiler les jambes? Je déteste quand tu fais ça. Si ce n'était pas déjà parce que je t'aimais et que je veux être toujours avec toi, ce serait une raison suffisante pour enfin déménager ensemble.
- Je te promets que je n'ai pas utilisé ton rasoir… récemment. Ce n'est pas la confession que je souhaite faire.
- C'est quoi alors…
- J'ai été dans une clinique privée, hier.
- Tout va bien, demanda-t-il en levant immédiatement un regard inquiet, lâchant bruyamment sa fourchette dans son couvert.
- Oui, oui, ne t'en fais. C'est plutôt stupide comme idée. Ce fut quelque peu impulsif et égoïste de ma part.
- Qu'as-tu fait?
- J'ai demandé une échographie.
- Pardon?
- Je ne pouvais plus attendre pour savoir quel était le sexe du bébé! Avait-elle dit d'un ton désespéré. Je sais que c'est stupide et impulsif…
- Tu aurais pu m'en parler, la coupa-t-il.
- … et égoïste, finit-elle. Je sais que j'aurais dû t'attendre, mais la décision s'est prise sur un coup de tête. Je ne sais pas ce qui m'a pris!
- Tu es allée faire une échographie de notre enfant sans moi? Tu as découvert le sexe du bébé?
- Ouais.
- Tu as découvert le sexe du bébé sans moi? … Et tu ne m'as pas attendu!
- Aussitôt que j'ai entendu le résultat, j'ai senti un regret. Je me suis dit : 'Booth serait tellement content d'être là et d'entendre ça!'
- Je n'arrive pas à y croire! Je n'arrive pas à y croire.
- Booth, je m'excuse. Je suis tellement désolée. Je n'ai jamais agi d'une manière aussi égocentrique auparavant. Je ne sais pas ce qui s'est emparé de moi.
- Je dois sortir.
- Booth!
- Je dois prendre l'air un instant.
- Tu vas revenir?
- C'est mon appartement, mentionna-t-il.
- Veux-tu que je sois là quand tu reviendras?
- Nous avons une longue discussion à avoir. Oui, je veux que tu sois là! »
Il prit son manteau et prit la porte. Il marcha en furie dans les rues sombres et froides de Washington. L'automne était hâtif et les vents froids du Nord étaient arrivés beaucoup plus tôt qu'à l'habitude. Plus, il marchait, plus le vent glaçait son visage et plus le vent glaçait son visage, plus il accélérait le pas. Avant même qu'il ne comprenne ce qu'il lui arrivait, il courait au galop dans les parcs obscurs de la ville.
Comment avait-elle pu lui faire cela? Ils avaient un arrangement après tout. Plus de secret, tout ce qui était dit, entendu, fait et pensé devait être partagé. Leur réticence à discuter des choses qui leur étaient chères leur avait causée tant de problèmes dans le passé, qu'elle ait pu lui cacher quelque chose d'aussi important le mettait hors de lui.
Il continuait à courir à une vitesse folle alors que ses doigts s'engourdissaient dans la température inhabituellement froide de ce soir d'octobre. Bones, mais que lui avait-il pris? Chaque jour qui passait lui faisait voir une autre partie de Bones et il ne pouvait savoir si ce dernier acte n'était que le résultat d'une montée d'hormones.
Et c'est à ce moment que la vérité le frappa comme l'air glacial dans son visage. Évidemment, qu'il ne s'agissait que d'une réaction créée par des hormones. Il connaissait Bones depuis près de neuf ans maintenant et jamais elle n'avait posé un geste qui n'avait été proprement réfléchi et qui était complètement et totalement rationnel.
Il s'arrêta; partiellement parce que sa révélation le calma quelques peu et partiellement parce que l'air commençait à siffler lorsqu'elle pénétrait dans ses poumons. Il n'avait jamais réussi à bien supporter le froid. Lentement, il se retourna et marcha jusqu'à son appartement.
Il retrouva Bones endormie en petite boule dans son lit, les traces de ses larmes séchées sur ses joues. Seigneur qu'il pouvait détester de la voir ainsi! Bones était une femme forte, intelligente, ambitieuse! De la voir si vulnérable et si fragile pour lui l'émouvait tellement!
Il lui prit quelques secondes pour remarquer les petits morceaux de cartons rectangulaires qu'elle tenait dans ses mains. La boule qui envahissait déjà dans sa gorge se serra davantage lorsqu'il vit ce qu'il y avait sur ces cartons. L'image de son bébé, son fœtus comme le dirait Bones, était bien claire, beaucoup plus claire que la dernière image qu'il avait eu de lui. Sa petite tête bien ronde, son petit pouce dans sa bouche, ses petites jambes qui semblaient être croisées comme le faisait si naturellement sa maman. C'était là, définitivement, la plus belle image qu'il avait vu de sa vie.
Sans attendre davantage, il se pencha et l'embrassa sur le front.
« Bones, chuchota-t-il dans l'espoir de la réveiller.
- Booth.
- Eh!
- Ça va? Demanda-t-elle alertée par les larmes sur les joues de son amant.
- Ouais.
- Tu es toujours fâché?
- Non, avait-il dit d'une voix rauque. C'est…
- Notre bébé, oui.
- Il est grand…
- Elle… elle est grande.
- Tu veux dire? Demanda-t-il alors que Bones ne fit qu'hocher de la tête. Une fille? Nous allons avoir une fille?
- Elle est en parfaite santé.
- Mon bébé sera une fille, s'émerveillait-il en caressant affectueusement le ventre gonflé de sa copine. Nous… le bébé… une fille.
- J'aurais tellement aimé que tu sois là lorsque je l'ai appris, Booth.
- Ça n'a plus d'importance… une fille?
- Tu sembles avec quelques peu de difficulté à comprendre le concept, Booth.
- Je n'arrive simplement pas à y croire.
- Tu me dis depuis des semaines que tu étais certain qu'il s'agissait d'une fille, je croyais que tu le croirais immédiatement. Je m'attendais même à une réplique arrogante de ta part.
- Je disais que c'était une fille parce que j'espérais que ce soit une fille… je vais avoir une fille. NOUS allons avoir une fille. Notre petite fleur!
- Nous allons avoir une fille », sourit-elle en plaçant sa main sur celle de Booth qui était placée sur son ventre.
Ils restèrent silencieux quelques instants, le moment d'apprécier cet instant magique qui se passait entre eux deux. Les pensées de Booth allaient dans toutes les directions, mais se rejoignaient toutes au même point : il allait avoir une fille.
« Tu sais? J'ai pensé à un prénom que je crois que tu vas aimer pour une fille, dit-il en souriant.
- Lequel?
- Qu'elle est ta fleur préférée?
- La jonquille, mais en quoi c'est pertinent.
- Eh bien, Jonquille est un nom horrible et si on le traduit en anglais ça fait Daffodil, ce qui est encore pire.
- Je ne suis pas certaine de comprendre ton raisonnement.
- Je vais t'expliquer laisse-moi une seconde! Tu peux être impatiente quand tu veux! Maintenant dis-moi ta seconde fleur favorite.
- La marguerite, mais ça tu le sais déjà.
- Très bien, même si je trouve que Marguerite est un joli nom, tu as une cousine qui s'appelle Margaret que tu ne peux pas supporter et si nous le traduisons en Anglais, cela donne Daisy. On ne peut sous aucune considération appeler notre fille Daisy.
- Je suis d'accord avec toi là-dessus.
- Qu'elle est ta troisième fleur favorite? »
Elle s'arrêta un instant, comprenant maintenant où il s'en allait avec toutes ces questions.
« Le lys.
- Si nous traduisons en Anglais…
- Lily. Tu veux appeler notre fille Lily?
- Tu ne trouves pas que ça sonne bien? Lily Angela Brennan-Booth?
- Ça sonne parfaitement bien. Lily Booth. Ma petite Lily.
- Bonjour Lily, dit Booth en dirigeant sa bouche vers l'abdomen de Bones. Bones, t'as senti? Je crois que notre petite fleur est d'accord avec le nom que nous avons choisi pour elle ».
Leur petite fleur sous leurs mains, ils se couchèrent. Aucun d'eux ne sut lequel avait placé les couvertures sur leur corps, mais avant qu'ils aient pu s'en rendre compte, leurs paupières s'étaient apaisées et ils se laissaient bercer par les bras de Morphée.
Fin de la vignette.
