Bonjour tout le monde…

Et oui déjà moi…c'était tranquille au bureau…lol…

Voilà, je sais que plusieurs m'ont trouvé sadique avec la fin de mon dernier chapitre, alors...

En début de fic comme ça, les idées viennent plus vite aussi. Vous avez donc droit à un LONG chapitre. J'ai mis les deux POV, et j'ai repris une scène, donc vous aurez les deux versions de POV mais de la même scène. Je voulais vraiment que vous ayez les deux points de vue pour que vous sachiez comment ils se sentaient lorsqu'ils se sont revus.

PatiewSnow : non Bella n'est pas au bout de ses peines… tu comprendras peut-être pourquoi il ne s'était jamais rencontré et pourquoi Carlisle ne parle que très peu de son fils, surtout à l'hôpital.

Cynthia : ce n'est pas un oublie de gaz. Elle a juste fait réchauffer des lasagnes. C'est autre chose qu'elle a fait mais que je n'ai pas dit qu'elle avait fait. Jacob entrera en scène au prochain chapitre.

Pauline, feerie : Merci.

Bonne lecture


CHAPITRE 4 : SE REVOIR


EDWARD

Nous voilà devant la salle d'attente de l'urgence. Les ambulances sont arrivées, mais personne ne veut nous donner d'information sur Bella et ses garçons. Même si j'allais le déranger, je composai le numéro de portable de mon père. Il était de garde et en plus, c'était peut-être lui qui s'occupait d'eux derrière ces portes.

Jasper faisait les cents pas devant en étant au téléphone avec Alice. Il essayait d'avoir le numéro de portable de Jacob. Moi, j'étais complètement perdu.

-Papa ?

-Edward qu'est-ce qui se passe ?

-Je suis aux urgences, on a emmené une amie et ses enfants. Sa maison s'est enflammée et un de ses fils ne respirait plus…. Et personne ne veut nous donner d'information…

-Sa famille est là ?

-Non, son mari est à l'extérieur…

-Je viens te rejoindre, Lily dort…

-Merci…

Je raccrochai. Je voulais juste savoir si elle allait bien, si ses garçons vont bien. Je passai la main dans mes cheveux nerveusement. Je vis mon père sortir de l'ascenseur et venir vers moi. Je fis signe à Jasper de venir.

-Papa, merci…

-Monsieur Cullen, désolé de vous déranger, dit Jasper.

-Ce n'est rien… C'est quoi son nom ? demanda mon père.

-Bella, soufflais-je en me tournant vers Jasper.

-Isabella Marie Swan Black, 33 ans, née le 13 septembre 1977. Ses garçons, Félix Black né le 19 mai 2001, Samuel Black né le 19 décembre 2004 et Noah Black né le 19 septembre 2007, débita Jasper en lisant les notes qu'il avait écrit dans sa main au stylo.

-Oh mon dieu c'est Bella ! s'exclama mon père.

-Tu la connais ? demandais-je.

-Oui, elle travaille ici !

Jasper hocha la tête. Mon père partit à la course vers les portes des salles de trauma et nous laissa Jasper et moi, seul. Je paniquais de plus en plus et je voyais sans cesse des médecins passer et des infirmières courir dans tous les sens. J'avais juste envie d'entrer dans cette salle de trauma et de m'occuper d'eux moi-même.

Il se passa 25 minutes avant que mon père ne sorte par la porte par où il était entré. Il suivait une civière où reposait le corps d'un enfant, branché de partout, avec une horde d'infirmières et de médecins qui marchaient rapidement à côté. Un agent de sécurité bloqua l'ascenseur et les fit monter dedans en priorité.

Mon père s'avança vers nous, les yeux rouges et les épaules affaissées. Je me levai craignant le pire. Jasper fit de même et se plaça à côté de moi.

-C'est Samuel Black, il a 6 ans, il a respiré beaucoup trop de fumée et il s'est évanouit quand Bella l'a sorti. Il n'était pas dans son lit, elle a du le chercher partout dans la maison. Elle ne comprend pas pourquoi. Elle a dit ça aux secouristes lorsqu'ils sont arrivés, là elle ne parle plus. Tout ce qu'elle dit c'est qu'elle veut le voir, mais ça va la tuer si elle le voit tout de suite.

Il prit une grande inspiration avant de continuer.

-Samuel a des brûlures au deuxième degré sur une grande partie de sa jambe droite. Nous l'avons mis sous sédatifs pour qu'il ne puisse pas avoir mal. Ils l'emmènent en chambre hyperbare. Les deux autres garçons n'ont besoin que d'oxygène, elle les a sorti à temps et ils ont quelques égratignures, elle est tombée avec eux dans les escaliers. On les envoie aux radios, on soupçonne que Noah, a une fracture au pied, soit le 5e métatarsien.

Mon père se dirigea vers les portes, voulant y retourner. J'imaginais qu'il était sorti juste pour donner des nouvelles

-NOOOONNNN, JE VEUX ÊTRE LÀAA, JE VEUX MON ENFANT !!!

Je me figeai en entendant la voix qui criait.

-Comment elle va ? On peut la voir, lui dire qu'on est là ? demanda Jasper.

-Elle est en état de choc… souffla mon père. Elle est assise dans le coin d'une pièce et ne veut que personne la touche. Elle a des blessures ouvertes qui saignent et il faut les réparer. Elle a une bonne entaille à la cuisse et des ecchymoses un peu partout.

-NE ME TOUCHEZ PAS… JE VEUX MON GARÇON !!!!

Elle criait encore et ça me brisait le cœur. Je voulais tellement pouvoir la prendre dans mes bras et la consoler.

-Je vais faire monter les deux autres en pédiatrie, après les radios, on va les garder quelques jours. Je vais essayer de lui parler, pour la calmer. Je ne suis pas certain de réussir.

-Papa… attends…

-Qu'est-ce qu'il y a Edward ?

-Je peux essayer… de lui parler…

-Edward, on a tous essayé… elle est en crise…

-Papa… s'il te plaît… je te jure que je vais y arriver…dis-je en le regardant dans les yeux.

-NE ME TOUCHEZ PAS… JE VEUX MON FILS…

Un frisson me parcourut et je fermai les yeux, un instant en l'entendant crier une fois de plus. Mon père fronça les sourcils et écarquilla les yeux par la suite. Il venait de faire le lien.

-C'est elle ?

-Oui… je… enfin… papa… laisse-moi la voir… s'il te plaît…

-D'accord… soupira-t-il après réflexion.

Je hochai la tête. Jasper mit la main sur mon épaule de façon à m'encourager et je vis dans ses yeux qu'il se doutait du pourquoi je pourrais réussir à la calmer.

-Tu viens avec moi Jasper… c'est toi qu'elle a appelé… et si… elle me criait dessus…

-Je doute qu'elle te crie dessus… mais je veux bien venir… t'as raison… c'est moi qu'elle a appelé…

Mon père nous ouvrit la porte. Je fis le tour de la pièce et regardai. Il y avait près de dix personnes dans la pièce qui essayaient de lui parler. Je ne la voyais pas encore, plusieurs personnes étaient accroupies devant elle. Je ne voyais que le haut de sa tête. Mon père s'avança doucement et posa sa main sur son épaule. Jasper et moi étions restés près de la porte.

Elle eut un mouvement de recul, mais lorsqu'elle vit que c'était mon père, elle se remit à pleurer et à s'accrocher à lui.

-Dis-moi qu'il va bien… dis-moi juste qu'il va bien Carlisle… murmura-t-elle.

Carlisle… elle appelle mon père Carlisle ???

-Bella… il est entre de bonnes mains.

-NE ME DIS PAS ÇA !!! JE SAIS CE QUE ÇA VEUT DIRE QUAND VOUS DITES ÇA !!! DIS-MOI QU'IL VA BIEN CARLISLE!!!

-Bella… dit mon père, mais elle ne l'écoutait plus.

Elle avait baissé la tête, mit ses mains sur ses oreilles et bougeait sa tête de gauche à droite comme si elle voulait se réveiller d'un mauvais rêve.

Une infirmière entra dans la pièce avec une seringue et se dirigeait vers Bella et sans même avertir de sa présence à Bella, elle passa un tampon d'alcool sur son bras, pour lui faire l'injection, mais Bella se dégagea en criant et l'infirmière tomba sur le sol.

-NOOONNN !!! NE ME TOUCHEZ PAS… JE VEUX MON VOIR MON FILS !!! hurla-t-elle en regardant rageusement ladite infirmière.

Tout le monde se figea. Mon père avait tellement de peine, comme s'il ressentait la douleur qu'elle vivait, comme si c'était sa fille qui avait mal. Il avait du mal à réagir, comme s'il était impliqué plus que nécessaire dans ce drame. Jasper fit un pas et doucement il prit la parole.

-S'il vous plaît, Dr Cullen, faites sortir ces gens… elle est en crise et tant que toutes ces personnes seront là, elle ne pourra pas se calmer. Je ne voudrais pas qu'elle soit mise sous sédatif… s'il arrive quelque chose à Samuel et qu'elle n'a pas pu y être, elle ne s'en remettra jamais… vous pouvez me croire…

Je voyais dans ses yeux qu'il comprenait très bien dans quel état émotionnel Bella pouvait être. Il avait vécu un drame lui aussi. La peine devait être presque insurmontable. Mon père regarda Jasper en essayant de comprendre pourquoi Jasper lui demandait ça.

-Jasper Whitlock, psychologue, annonça-t-il.

Il avait raison, il y avait trop de personnes dans cette petite pièce.

Mon père se leva et demanda aux gens de quitter. Jasper s'avança vers elle et posa sa main sur son bras. Elle leva les yeux vers lui et refis la même demande qu'elle avait faite à mon père. Moi je regardais la scène tel un spectateur et je me sentis impuissant.

-Dis-moi qu'il va bien… dis-moi juste qu'il va bien…

-Bella… tu veux bien que j'aille le voir avec le Dr Cullen… ensuite on viendra te dire comment il va…

-Je veux savoir… je veux savoir s'il va bien… supplia-t-elle.

Jasper se leva et vint vers moi. Et me parla en chuchotant.

-Elle est en choc post-traumatique. Je ne sais pas ce qu'il y a entre vous Edward, mais… si tu veux essayer, tu peux, surtout ne la brusque pas. Il faut qu'elle fasse soigner ses blessures, pour reprendre des forces.

-Sa cuisse saigne abondamment, elle s'affaiblit, il faut que je regarde. Tu crois que tu seras capable de la faire asseoir sur la civière, demandant mon père en chuchotant lui aussi.

Je hochai la tête. J'enlevai ma veste et la posai sur une chaise je m'approchai d'elle doucement. Je ne savais pas quoi faire, ni quoi dire. J'avais dit à mon père que je saurais, mais là je doutais. Je n'avais jamais eu à faire avec une personne en crise, encore moins avec une femme qui croyait que son enfant était en danger, entre la vie et la mort.

Elle avait le visage enfoui dans ses mains, ses jambes étaient repliées et elle avait posé sa tête sur ses genoux et sanglotait.

Je m'agenouillai devant elle et je passai ma main sur ses cheveux en une caresse qui se voulait réconfortante. Elle sursauta avant de lever les yeux vers moi, qu'elle écarquilla.

Elle leva sa main pour la poser sur ma joue, comme si elle vérifiait que j'étais vraiment là et je fis la même chose, je posai la mienne sur son visage inondé et enflé par les larmes. Nous restâmes comme ça quelques secondes, jusqu'à ce qu'elle s'agrippe à mon cou avec force posant son front contre mon torse pour se remettre à pleurer.

Mon père me sourit faiblement à travers ses larmes et sortit en disant à Jasper qu'il allait prendre des nouvelles. Je ne comprenais pas l'intensité de la relation qu'avait mon père avec Bella, mais ça avait l'air fort. Je verrai ça après, il voudrait certainement des explications lui aussi.

-C'est bon Edward… je vais essayer de joindre Jacob…

-Oui… Merci Jasper.

Bella tressaillit en entendant le nom de Jacob. Mais je ne me laissai pas troubler par sa réaction au nom de son mari, et je raffermis ma prise sur son petit corps, couvert d'une simple camisole à fine bretelle et un pantalon de pyjama.

-Ça va aller Bella… chuutt…

Elle pleura un bon coup en murmurant des paroles incompréhensibles. Je passai ma main dans son dos et fit des cercles pour tenter de la calmer et ça avait l'air de marcher.

-C'est ça… calme-toi…

Elle tremblait de sa poigne sur moi et son corps était secoué par les sanglots. Je la rapprochai un peu plus de moi, en m'assoyant sur le sol, pour l'installer sur mes jambes croisées. Je l'enlaçai et elle nicha son nez dans mon cou en reniflant faiblement. Ses larmes roulaient toujours sur ses joues et elle gémit lorsque j'allongeai sa jambe.

-Bella… laisse Carlisle t'examiner… il faut qu'il regarde ta jambe, tu saignes beaucoup…

Elle secoua la tête vigoureusement.

-Ça fait trop mal… dit-elle en serrant sa poitrine avec sa main libre.

-Je sais…

-Je l'ai sorti trop tard Edward… je ne le trouvais pas, il n'était pas dans son lit… j'ai tellement peur… pourquoi est-ce qu'il n'était pas dans son lit…

-Tu as été parfaite Bella… tu as sorti tes trois enfants d'une maison en flammes en pleine nuit…

Et je savais que ce n'était pas à ses blessures physiques qu'elle avait mal. Mais au cœur, à son inquiétude, à sa peine, à son amour pour son fils. Je la laissai se calmer encore un peu avant de réessayer de la convaincre de se faire examiner.

J'avais posé mon visage sur le haut de sa tête. L'odeur de fraise qui se dégageait de ses cheveux, au travers de l'odeur de fumée, me fit fermer les yeux.

Putain qu'elle sent bon !

Comme si elle m'avait entendu, elle leva son visage vers le mien et refit le même geste. Elle posa sa main sur ma joue et cette fois, je me pressai contre sa paume, profitant de cette douceur.

-Bella… tu dois laisser Carlisle t'examiner… tu perds du sang et tu as quelques brûlures sur ton corps…

-Samuel… souffla-t-elle.

-Tu dois te faire examiner Bella. Samuel a besoin de toi, il a besoin de sa maman à côté de lui, d'une maman avec une jambe suturée qui ne saigne plus. Une maman qui va lui sourire quand il va se réveiller, une maman qui va le serrer dans ses bras pour le réconforter, une maman qui va lui chanter une berceuse pour qu'il s'endorme. Il a besoin de toi Bella… il faut que tu te fasses soigner. Il faut que tu sois forte.

-Non… je veux… aller le voir…

-Ok… je te dépose sur la civière, Carlisle t'examine et on va voir comment va Samuel…

-Tu me promets… que je pourrai le voir…

-Oui, je te le promets… répondis-je même si je ne savais pas du tout si je pourrais tenir une telle promesse.

Elle hocha la tête et s'accrocha à mon cou. Je nous levai et me dirigeai lentement vers la civière. Je la déposai tranquillement sur le matelas et elle gémit faiblement en grimaçant.

Je pris mon portable et composai le numéro de mon père.

-Edward ?

-Oui… c'est bon tu peux venir…

-J'arrive.

Nous sommes restés là sans bouger, sans parler. Bella assise sur la civière et moi debout à côté d'elle. Sa tête, son épaule et son bassin étaient blottis contre moi. Je caressais toujours son dos et j'embrassais son front et le sommet de sa tête.

Mon père entra dans la salle s'examen alors que j'embrassai toujours sa tête, en s'avançant vers nous. Je me décalai un peu pour laisser la place à mon père, mais Bella ne l'entendis pas comme ça. Elle s'accrocha à mon chandail et me lança un regard suppliant. Je ne pus que reprendre ma place.

-Ça va mieux ? lui demanda mon père.

Elle hocha la tête.

-Je vais faire vite, ensuite, je t'emmène voir tes garçons, d'accord ?

-Où sont-ils ?

-Félix et Noah sont dans une chambre sur le département de pédiatrie sous observation à cause de la fumée. Félix n'a que des ecchymoses à cause de la chute dans les escaliers. Le Dr Karev a immobilisé la jambe de Noah avec le Dr Torez, il a une fracture au pied, Le Dr Torez va lui faire un plâtre demain à la première heure. Ils vont bien.

Elle étouffa un sanglot avant de murmurer.

-Samuel…

Des larmes coulaient aux coins de ses yeux et tombaient sur mon tee-shirt.

-Il… il est… entre de bonnes mains… ça va aller Bella… ok… on finit ça et je t'y emmène…

Mon père se mit à survoler des yeux, son corps et son visage et je me rendis compte dans quel état physique elle était. Ça me rappela vivement quelques souvenirs que je voulais garder au fond de moi. Je ne voulais pas être secoué par ces souvenirs qui venaient à peine de s'estomper après plus de 8 ans. Tout ce que mon père s'apprêtait à faire, je l'avais fait des milliers de fois et j'aurais même pu le faire les yeux fermés. Maintenant, c'était trop douloureux.

Il commença par regarder les mains de Bella, où il y avait des multiples égratignures, ainsi que des brûlures probablement au deuxième degré, vu les cloques qui s'y était formées.

Il prit son visage entre ses mains et du bout des doigts, il effleura l'énorme bosse sur son front. Bella eut un mouvement de recul sous la douleur.

-Bella, ma chérie, tu pourrais te coucher sur le dos ? demanda mon père.

Ma chérie… j'avais vraiment hâte d'avoir un tête à tête avec mon père.

Elle ne répondit pas et se coucha sur le dos, mais ne lâcha pas ma main où elle avait entrelacés nos doigts. Ce qui me valu un regard interrogatif de mon père. Il lui installa un tube d'oxygène qu'il plaça sous son nez et qu'il passa derrière ses oreilles pour lui permettre de mieux respirer. Dans le jargon médical on appelle une lunette d'oxygène.

Son pyjama était couvert de sang, surtout sur sa cuisse droite. Mon père essaya de faire un trou, avec son ciseau, juste où il y avait du sang, mais il n'avait pas assez de place pour voir l'ampleur de sa blessure.

-Bella, je vais devoir couper ton pantalon au complet d'accord, je ne vois pas bien ?

Elle serra ma main et secoua la tête. Je fis des cercles avec mon pouce sur le dessus de sa main, pour essayer de la sécuriser, lui montrer que tout allait bien.

-Je n'ai pas… de sous-vêtements… souffla-t-elle.

-D'accord, je vais aller chercher celle qu'on commande pour les opérations, ça te va ?

Elle hocha la tête et mon père sorti de la salle.

-Tu veux bien enlever mon pyjama et mettre une couverture... Même s'il les a déjà vu, je ne veux pas que Carlisle voit mes fesses… dit-elle sérieusement.

Mon père avait vu ses fesses… Putain !!! S'il a couché avec elle, je vais lui faire ravaler ses discours sur la fidélité, moi !!! Bella a l'âge d'être sa fille !!! Elle a le même âge que ma sœur !!!

-D'accord, dis-je en me reprenant.

J'embrassai encore une fois son front, puisque c'était le seul endroit « bien » pour l'embrasser sans être déplacé. Je posai mes mains sur sa taille et je descendis le vêtement en saisissant l'élastique. Elle leva le bassin pour aider à ma tâche et je continuai ma descente en faisant très attention de ne pas lui faire mal. La blessure sur sa cuisse était importante, en une ligne droite presque parfaite, on aurait dit qu'elle avait été faite par un instrument coupant et par quelqu'un d'expérience. Mon père devrait lui faire au moins une quinzaine de points de suture, sinon plus, j'avais de la misère à voir tellement la plaie suintait le sang qui commençait à coaguler, mais elle avait l'air profonde.

Rendu au genou, je fis un peu plus rapidement afin de le retirer complètement. Je remontai doucement le drap, au pied de la civière, sur ses magnifiques jambes, pour le déposer sur son ventre, cachant ainsi son sexe qui me faisait rêver depuis les dernières 72 heures.

Mon père arriva avec la petite culotte jetable. Je remarquai qu'elle avait l'air plus épaisse qu'avant et qu'elle avait l'air en tissu et non en papier comme le papier des couches pour bébés. Mon père me regarda quand il vu le pantalon sur la table de travail à côté de lui et qu'un drap était sur les jambes de Bella. Il secoua la tête.

-Tu vas avoir besoin d'aide pour l'enfiler, tu veux que je demande à une infirmière ?

-Non, ça va aller Carlisle, répondit-elle en attrapant la culotte. Mon père se tourna et commença à sortir son matériel pour stériliser et suturer la cuisse de Bella.

Elle passa ses mains sous le drap pour essayer d'enfiler la culotte, mais elle gémit.

-Aieee !

Elle ferma les yeux quelques secondes et elle me regarda. Mon père tira sur le rideau.

-Je vais t'aider, dis-je en passant mes mains sous le drap pour attraper la culotte.

-Merci.

Je descendis le drap et je lui enfilai sa culotte aussi lentement et précieusement que lorsque j'avais enlevé son pantalon de pyjama. Elle me sourit faiblement lorsque j'eu terminé. Je tirai sur le rideau et mon père s'avança en roulant, assis sur son siège. Je repris ma place, debout près de la civière et sans même y penser, je repris sa main et entrelaçai nos doigts.

Mon père me fit glisser un banc et je m'asseyais dessus. Il mit le plateau de suture entre nous deux.

-Tu sais comment tu t'es fait ça, Bella ?

-Je suis tombé dans l'escalier, je tenais Félix par la main et Noah était dans mes bras, on courait en criant à Samuel. J'ai trébuché. J'ai essayé de le protéger pour ne pas qu'il se cogne la tête et que je ne tombe pas sur lui, finalement, c'est moi qui me suis faite mal je suis tombée sur les patins de Félix, nous les avions fait aiguiser jeudi dernier, dit-elle perdue dans ses pensées.

-Ok… Edward tu vas m'aider… prends la gaze et nettoie avec la Bétadine.

Je regardai mon père ahuri qu'il me demande une chose pareille. Il savait très bien que je ne voulais plus faire ça, je n'avais même pas voulu le faire sur le genou de Carlie l'an dernier. Mais pour seule réponse, il me tendit des gants chirurgicaux.

J'enfilai les gants et mis une gaze au bout d'une pince et commençai à nettoyer minutieusement la plaie avec la Bétadine, pendant que mon père préparait une seringue de xylocaïne. Bella releva sa tête et nous regarda à tour de rôle.

-Vous vous connaissez ? demanda-t-elle.

-Oui…

Nous avions parlé tous les deux en même temps. Bella attendait qu'on soit plus explicites dans notre réponse. Moi je ne voulais pas répondre, alors, je pris la seringue de xylocaïne dans les mains de mon père.

-Ça va piquer un peu… c'est juste pour anesthésier, pour que tu n'aies pas mal, le temps de faire les sutures, dis-je à Bella.

-Attends un peu… tu connais quoi aux sutures et d'où tu connais Carlisle ?

-Je vous laisse… je vais voir comment vont les enfants… appelle-moi quand tu auras fini.

-Tu ne peux pas me laisser faire ça tout seul, ça fait presque 8 ans que je n'en ai pas fait… explosais-je.

Il se leva pour partir, mais je le retins par le bras. Il voulait me mettre devant mon pire cauchemar, c'était sa façon de me faire extérioriser mes démons avec la médecine ou alors il me faisait payer mon infidélité.

-Papa, s'il te plait, j'y arriverai pas si tu sors de cette pièce… dis-je sincèrement.

Il me regarda un moment avant de répondre.

-Je reste, mais tu fais les sutures, c'est la condition.

Je hochai la tête et repris ma tâche tandis qu'il reprenait sa place.

-Ton père, Carlisle est ton père ?

-Oui.

Je continuai de faire les injections de xylocaïne. Je pris les pinces et attrapai l'aiguille pour commencer à faire la première suture.

-Réponds à mon autre question, tu connais quoi aux sutures Edward Cullen… ?

-J'ai fait ma médecine et ma résidence en chirurgie générale, j'ai même fait un stage en chirurgie esthétique pour parfaire mes sutures, et mon père me rabat les oreilles avec le fait que je devrais revenir pratiquer, il dit que je gaspille mon talent.

-Et c'est vrai, regarde ton travail. Tu n'as pas fait de sutures depuis les 8 dernières années et tu es là et tu nous parles pendant que tu viens de faire près 8 points sans même penser à comment t'y prendre, tu as même fait des points intérieurs fondants et le résultats est plus que parfait, mieux que si je les avais fait moi-même, tu vois bien que j'ai raison, dit Carlisle.

Je m'arrêtai une seconde pour voir le résultat sur la cuisse de Bella. J'avais fait 7 points de suture. Je ne m'étais même pas aperçu que j'avais changé de fil pour les sutures fondantes. C'était presque la moitié de la plaie sur la cuisse de Bella. Je regardai les sutures de plus près, passai le bout de mes doigts doucement dessus et je vis qu'elles étaient parfaites, sans la moindre chose à changer. La longueur des points, l'espacement entre les points, la longueur des fils qui dépassaient, c'était un travail de chirurgien esthétique.

Je levais les yeux vers mon père et il avait un sourire franc et fier sur le visage.

-La profondeur et la longueur de la plaie étaient trop importantes pour que je les fasse, seul un chirurgien compétent pouvait le faire. J'aurais du appeler le chirurgien esthétique de garde si tu n'avais pas été là.

Je ne répondis rien et retournai à ma tâche minutieusement. Ça ne me prit que quelques minutes pour finir les sutures. Je ne voulais pas l'avouer à mon père, mais j'étais plutôt fier d'avoir fait ses sutures. Je venais de me prouver à moi-même, que j'étais capable de pratiquer sans paniquer.

-J'ai terminé, je vais mettre un pansement. Mon père pourra surveiller la guérison.

J'enlevai les gants et nettoyai avec une gaze mouillée d'eau, le sang qui avait perlé et séché à chaque piqûre de la peau avec l'aiguille. J'asséchai et j'apposai un pansement sur sa cuisse et remis le drap sur elle. Je pris une grande inspiration avant de parler.

-Je vais te chercher un uniforme de chirurgie et je t'emmène voir Samuel.

Je sortis de la salle et je me mis à trembler. Je me collai le dos au mur et m'agrippai à la rampe fixée sur ce dernier. Toute la fierté que j'avais ressentie venait de disparaître et l'instant d'un moment, je revivais l'évènement qui m'avait fait laisser la pratique médicale.

Je sursautai quand une main se posa sur mon épaule.

-Hey ça va vieux ?

-Oh euh… oui oui Jasper, juste de la fatigue…

-Ouais, je vais prendre ça pour la bonne réponse… tu sais qu'on devra avoir une bonne discussion toi et moi… je suis certain que ça te ferais du bien…

Je hochai la tête. Peut-être que c'est ce qui me manquait pour mieux vivre avec ça, en discuter avec un psy, chose que je n'avais jamais voulu faire il y a 8 ans.

-Tu viens, Bella est prête, je l'emmène voir Samuel.

-J'ai rejoins Jacob, il prend l'avion demain matin à 6h20, il devrait atterrir à Seattle ver 9h30. Je t'attends, ici.

-D'accord…

Je pris un uniforme dans la lingerie. Je revins dans la salle et mon père sortit.

-Je vous attends de l'autre côté, dit mon père en sortant rapidement.

Je m'approchai de Bella avec l'uniforme. Elle avait recommencé à pleurer et à trembler. Je la pris dans mes bras et la berçai.

-Bella… on va enfiler ça… on va voir Samuel… d'accord ?

Elle leva son visage vers le mien et je posai mes lèvres sur les siennes. Comme si c'était la chose la plus naturelle qui soit, la chose que je devais faire, ce pourquoi maintenant j'étais sur la terre. Je me sentais à ma place, je voulais la protéger, je voulais la faire sourire, je voulais la faire revivre et je voulais la faire vibrer.

Mes lèvres bougeaient contre les siennes qui me répondaient. Ma langue glissa dans sa bouche et elle répondit vivement à ma demande, accrochant ma nuque de ses mains pour me rapprocher d'elle.

-Oh Edward… gémit-elle.

Et comme si elle se rendait compte de ce que nous étions en train de faire, elle me repoussa brusquement et me regarda apeurée.

-Je suis désolé Bella… dis-je honteux de lui faire ça, alors que son fils est entre la vie et la mort.

-Ne le sois pas… soufflais-je. J'en ai envie autant que toi, c'est juste… je me sens coupable de vouloir m'abandonner dans tes bras, pour que tu me fasses à nouveau oublier… oublier la douleur dans mon corps… finit-elle en sanglot.

-Oh Bella… soufflais-je.

Je la serrai contre moi un instant avant de lui parler.

-Tu veux que j'appelle quelqu'un pour toi ? Tes parents, tes amis, ton mari ? dis-je alors que le cœur me serra lorsque je dis ton mari.

Je m'écartai d'elle pour lui mettre des bas, ceux qu'on mettait aux patients lors des chirurgies.

-Non… mes parents sont décédés il y a 5 ans, Alice est à New York et Jacob… Jacob…Jacob…. Il… oh mon dieu Jacob… il faut que je l'appelle… je dois lui dire… Edward… il faut que

-Chut… Jacob prend l'avion demain matin à 6h20, il devrait atterrir à Seattle ver 9h30, Jasper l'a appelé…

-C'est vrai ?

-Oui.

Je l'aidai à mettre le pantalon et elle enleva sa camisole en la passant par-dessus sa tête, me laissant une vue sur ses seins magnifiques. Je n'étais pas capable de tourner mon regard pour lui laisser de l'intimité. La seule chose qui me fit regarder ailleurs, fut lorsque le haut de l'uniforme retomba sur son corps.

BELLA

Je n'arrivais pas à réaliser ce qui venait de se passer. J'avais sorti mes trois enfants de ma maison en flammes. Nous étions aux urgences et les médecins et les infirmières venaient de partir avec mes trois enfants, et je me retrouvais toute seule dans cette fichue salle de trauma avec une infirmière qui voulait que je fasse soigner mes blessures. Ils me connaissaient, ils étaient tous des collègues de travail et, ils ne voulaient pas que je vois mon fils, mon Samuel qui ne respirait plus…

Il ne pouvait pas mourir, qu'est-ce que je ferais si un de mes fils mourrait ? Je devais aller le voir, j'essayai de me lever lorsque Carlisle entra dans la pièce. Carlisle, mon papa de remplacement, il était devenu tout ce qui se rapprochait le plus d'un père pour moi, lorsque le mien était mort il y a 5 ans.

-Bella, ma chérie, laisse-moi regarder ta jambe… murmura-t-il en s'approchant doucement.

-Non… je veux voir mes fils… non… voir si mes enfants vont bien Carlisle… il faut que je sache, murmurais-je en fixant un point derrière lui.

-D'accord attends moi…

Il se leva et sorti par la même porte. J'attendais depuis, je ne sais combien de temps quand une infirmière s'avança vers moi.

-Bella, tu dois te faire soigner, dit-elle doucement.

-NOOOONNNN, JE VEUX ÊTRE LÀAA, JE VEUX MON ENFANT !!!

-Bella… je sais que c'est difficile… mais tu dois être forte ton garçon a besoin de toi. Viens t'asseoir, dit-elle en prenant mon bras.

-NE ME TOUCHEZ PAS… JE VEUX MON GARÇON !!!

-Allez Bella, un petit effort… Lève-toi… je vais t'aider…

-NE ME TOUCHEZ PAS… JE VEUX MON FILS…

On ouvrit la porte et je pensai qu'une fois encore d'autres infirmières entraient dans la salle et je me refermai encore plus, ne voulant pas subir encore une fois les demandes pour me faire soigner. J'eue un mouvement de recul, mais lorsque je vis que c'était Carlisle, je me remis à pleurer et je m'accrochai à lui.

-Dis-moi qu'il va bien… dis-moi juste qu'il va bien Carlisle… murmura-t-elle.

-Bella… il est entre de bonnes mains.

-NE ME DIS PAS ÇA !!! JE SAIS CE QUE ÇA VEUT DIRE QUAND VOUS DITES ÇA !!! DIS-MOI QU'IL VA BIEN CARLISLE!!!

-Bella…

Je ne voulais plus l'écouter, je voulais savoir si mon fils allait bien. Je baissai la tête, mis mes mains sur mes oreilles et bougeai ma tête de gauche à droite pour ne plus entendre me dire ce qu'il disait aux accompagnateurs quand le patient n'allait pas bien. C'est mon fils, pas un patient quelconque qui venait d'arriver aux urgences.

Une infirmière passa un tampon d'alcool sur mon bras, et se positionna pour me faire une injection, mais je ne voulais pas qu'on me donne un sédatif pour me calmer, alors, en criant je poussai l'infirmière qui tomba sur le sol.

-NOOONNN !!! NE ME TOUCHEZ PAS… JE VEUX MON VOIR MON FILS !!! hurlais-je en regardant rageusement ladite infirmière.

Tout le monde se figea. Carlisle avait tellement de peine de me voir dans cet état. Il avait le même visage que lorsqu'il regardait Esmée en crise de larmes d'avoir ce putain de cancer.

-S'il vous plaît, Dr Cullen, faites sortir ces gens… elle est en crise et tant que toutes ces personnes seront là, elle ne pourra pas se calmer. Je ne voudrais pas qu'elle soit mise sous sédatif… s'il arrive quelque chose à Samuel et qu'elle n'a pas pu y être, elle ne s'en remettra jamais… vous pouvez me croire…

Cette voix, je l'avais déjà entendu, mais je n'étais pas capable de mettre un visage ou encore un nom dessus. Tout ce que je voulais, c'était que ces gens sortent et que je puisse aller voir mon fils.

-Jasper Whitlock, psychologue.

Il était venu…

Il avait raison, il y avait trop de personnes dans cette petite pièce. La seule chose que je voulais c'était de voir mon fils et que ces gens sortent.

Carlisle se leva et demanda aux gens de quitter. Une nouvelle main se posa sur mon bras. Je levai les yeux et lorsque je vis Jasper, je ne pus m'empêcher de lui faire la même demande, espérant que cette fois-ci je serais exaucée.

-Dis-moi qu'il va bien… dis-moi juste qu'il va bien…

-Bella… tu veux bien que j'aille le voir avec le Dr Cullen… ensuite on viendra te dire comment il va…

-Je veux savoir… je veux savoir s'il va bien… suppliais-je.

Jasper se leva et se dirigea vers la porte pour parler avec des gens que je n'étais pas capable de reconnaître. Il chuchotait, je ne comprenais pas très bien, mais je m'en fichais, tant qu'il m'emmenait à mon fils. Félix et Noah respiraient et je savais que leur vie n'était pas en danger, alors que Samuel… Samuel était tellement mou dans mes bras lorsque je l'avais remis aux secouristes.

J'enfouis mon visage dans mes mains, posai ma tête sur genoux repliés et je sanglotai. Je ne pouvais juste pas arrêter tant que je ne pourrai pas voir s'il est hors de danger.

Une main passa sur mes cheveux en une caresse qui se voulait réconfortante, je sursautai avant de lever les yeux vers le propriétaire de cette main.

Je devais être en train de rêver. Edward…. La même personne qui m'avait sorti de ma peine il y a quelques jours, était devant moi. Je devais rêver et pourquoi je rêverais à lui alors que mon fils était en danger.

Je levai ma main pour la poser sur sa joue, pour vérifier que c'était vraiment lui et que je ne rêvais pas. Le rêve bougea et fit la même chose que moi, il posa sa main sur mon visage. Nous restâmes comme ça quelques secondes, et comme il ne disparaissait pas, je m'agrippai à son cou avec force posant son front contre son torse, contre l'odeur la plus réconfortante que j'avais rencontré de toute ma vie, et je pleurai sans retenue.

-C'est bon Edward… je vais essayer de joindre Jacob…

-Oui… Merci Jasper.

J'entendis la porte ouvrir et fermer.

Je tressaillis en entendant le nom de Jacob. Je ne l'avais même pas appellé.

-Ça va aller Bella… chuutt…

Il essayait de me réconforter, en passant sa main dans mon dos et faisant des cercles pour tenter de me calmer. C'était d'une douceur et d'une chaleur incroyable, c'était réconfortant.

-C'est ça… calme-toi…

Ma main tremblait tellement je serrai fort son chandail et mon corps était secoué par les sanglots. Il me rapprocha un peu plus de lui, en s'asseyant sur le sol, pour m'installer dans le creux de ses jambes croisées. Il m'enlaça et je nichai instinctivement mon nez dans mon cou en reniflant faiblement. Mes larmes roulaient toujours sur mes joues et je n'étais même pas gênée d'être dans un tel état. Je le savais père, il pouvait très bien comprendre et il m'avait montré qu'il pouvait être un homme sensible et compréhensif. Je gémis lorsqu'il allongea ma jambe.

-Bella… laisse Carlisle t'examiner… il faut qu'il regarde ta jambe, tu saignes beaucoup…

Je secouai la tête vigoureusement.

-Ça fait trop mal… dis-je en serrant ma poitrine avec ma main. Mon cœur me faisait mal.

-Je sais…

-Je l'ai sorti trop tard Edward… je ne le trouvais pas, il n'était pas dans son lit… j'ai tellement peur… pourquoi est-ce qu'il n'était pas dans son lit…

-Tu as été parfaite Bella… tu as sorti tes trois enfants d'une maison en flammes en pleine nuit…

Il posa son visage sur le haut de ma tête, et je le senti inspirer et expirer, je levai mon visage vers lui.

Qu'est-ce qu'il est beau !!!

Même si ce n'était ni l'endroit, ni le moment pour penser à une chose pareille, je ne pouvais qu'être heureuse d'être dans ses bras pour me soutenir. Je posai ma main sur sa joue et cette fois, il se pressa contre sa paume. À sa façon, il me disait la même chose.

-Bella… tu dois laisser Carlisle t'examiner… tu perds du sang et tu as quelques brûlures sur ton corps…

-Samuel…

-Tu dois te faire examiner Bella. Samuel a besoin de toi, il a besoin de sa maman à côté de lui, d'une maman avec une jambe suturée qui ne saigne plus. Une maman qui va lui sourire quand il va se réveiller, une maman qui va le serrer dans ses bras pour le réconforter, une maman qui va lui chanter une berceuse pour qu'il s'endorme. Il a besoin de toi Bella… il faut que tu te fasses soigner. Il faut que tu sois forte.

-Non… je veux… aller le voir…, dis-je même si je savais qu'il avait raison.

-Ok… je te dépose sur la civière, Carlisle t'examine et on va voir comment va Samuel… dit-il avec détermination.

-Tu me promets… que je pourrai le voir…

-Oui, je te le promets… répondit-il. Et je ne pus que le croire.

Je hochai la tête et m'accrochai à son cou. Il nous leva et nous dirigea lentement vers la civière. Il me déposa tranquillement sur le matelas et je gémis.

Edward prit son portable et composa un numéro.

-Oui… c'est bon tu peux venir…

Nous sommes restés là sans bouger, sans parler. J'étais assise sur la civière et lui était debout à côté de moi. Je laissai tomber ma tête et mon corps contre lui. Il caressa encore mon dos et il embrassait mon front et le sommet de ma tête, lorsque Carlisle entra dans la salle.

Je ne voulais pas le regarder, je ne voulais pas avoir à me justifier de me laisser réconforter par un autre homme que Jacob et en même temps, je ne voulais pas qu'Edward s'en aille. Edward se déplaça un peu et je pris panique. Je m'accrochai à nouveau à son chandail et le regardai en le suppliant du regard de ne pas s'éloigner, j'avais trop besoin de lui près de moi en ce moment.

-Ça va mieux ? demanda Carlisle.

Je hochai la tête.

-Je vais faire vite, ensuite, je t'emmène voir tes garçons, d'accord ?

-Où sont-ils ?

-Félix et Noah sont dans une chambre sur le département de pédiatrie sous observation à cause de la fumée. Félix n'a que des ecchymoses à cause de la chute dans les escaliers. Le Dr Karev a immobilisé la jambe de Noah avec le Dre Torez, il a une fracture au pied, Le Dre Torez va lui faire un plâtre demain à la première heure. Ils vont bien.

J'étouffai un sanglot.

-Samuel…

Des larmes coulaient aux coins de mes yeux et je ne les essuyais même pas, je n'avais pas la force.

-Il… il est… entre de bonnes mains… ça va aller Bella… ok… on finit ça et je t'y emmène…

Je fermai les yeux durant que Carlisle m'examinait. Je sentais le moindre de ses gestes sur mon corps, d'une douceur particulière à Carlisle. Il prit mon visage entre ses mains et du bout des doigts, il effleura mon front. Je me reculai sous la douleur que ce simple effleurement avait provoquée.

-Bella, ma chérie, tu pourrais te coucher sur le dos ? me demanda-t-il.

Je ne répondis pas, mais me couchai sur le dos. Je ne lâchai pas la main d'Edward et j'entrelaçai nos doigts, pour qu'il comprenne que je ne voulais pas qu'il s'en aille. Carlisle m'installa un tube d'oxygène qu'il plaça sous mon nez et qu'il passa derrière mes oreilles pour me permettre de mieux respirer. Carlisle regardait ma blessure sur ma jambe et moi je fixais le plafond devant moi.

-Bella, je vais devoir couper ton pantalon au complet d'accord, je ne vois pas bien ?

Je serrai la main d'Edward et secouai la tête. Il fit des cercles avec mon pouce sur le dessus de sa main. Je ne pouvais pas laisser Carlisle enlever mon bas de pyjama, je ne dormais jamais avec des sous-vêtements.

-Je n'ai pas… de sous-vêtements… soufflais-je.

-D'accord, je vais aller chercher celle qu'on commande pour les opérations, ça te va ?

Je hochai la tête et il sortit de la salle.

-Tu veux bien enlever mon pyjama et mettre une couverture... Même s'il les a déjà vu, je ne veux pas que Carlisle voit mes fesses… dis-je sérieusement.

C'était lors de l'accouchement de Noah, j'étais en travail et arrivée trop tard à l'hôpital, c'est lui qui l'avait mis au monde. Là c'était un tout autre contexte.

-D'accord, répondit Edward, comme si je l'avais sorti de ses pensées.

Il m'embrassa encore une fois sur le front avant faire descendre le vêtement en saisissant l'élastique. Je levai le bassin pour l'aider. Il était très minutieux dans sa tâche, prenant attention à ne pas me faire mal.

Je ne ressenti aucune gêne d'être nue devant lui, c'était comme naturel. Il remonta doucement le drap, au pied de la civière, sur mes jambes, et il le déposa sur mon ventre.

-Tu vas avoir besoin d'aide pour l'enfiler, tu veux que je demande à une infirmière ? demanda Carlisle en me tendant la petite culotte.

-Non, ça va aller Carlisle, répondis-je en attrapant la culotte.

Je passai mes mains sous le drap pour essayer d'enfiler la culotte, mais le mouvement de ma jambe en la levant fut insupportable.

-Aieee !

Je fermai les yeux quelques secondes et je regardai Edward, pour qu'il me vienne en aide. Carlisle tira sur le rideau et je priai pour ne pas qu'il me pose des questions sur la relation que j'avais avec Edward.

-Je vais t'aider, dit mon sauveur en passant ses mains sous le drap pour attraper la culotte.

-Merci.

Il descendit le drap et m'enfila la culotte aussi lentement et précieusement que lorsqu'il avait enlevé mon pantalon de pyjama. Je lui souris faiblement lorsqu'il eut terminé.

Edward tira sur le rideau et Carlisle s'avança. Il fit glisser un banc et Edward s'assit dessus. Il mit le plateau de suture entre eux.

-Tu sais comment tu t'es fait ça, Bella ?

-Je suis tombée dans l'escalier, je tenais Félix par la main et Noah était dans mes bras, on courait en criant à Samuel. J'ai trébuché. J'ai essayé de lprotéger Noah pour ne pas qu'il se cogne la tête et que je ne tombe sur lui. Finalement, c'est moi qui me suis faite mal. Je suis tombée sur les patins de Félix, nous les avions fait aiguiser jeudi dernier, dis-je perdue dans mes pensées.

-Ok… Edward tu vas m'aider… prends la gaze et nettoie avec la Bétadine.

Je regardai Carlisle et Edward, essayant de comprendre pourquoi Carlisle demandait ça à Edward. Mais pour seule réponse, Carlisle tendit des gants chirurgicaux à Edward qui les enfila.

Je pouvais voir un peu ce qu'il faisait. Il mit une gaze au bout d'une pince et commença à nettoyer minutieusement la plaie avec la Bétadine, pendant que Carlisle préparait une seringue de xylocaïne. Je relevai la tête pour essayer de mieux voir et je les regardai à tour de rôle.

-Vous vous connaissez ? demandais-je voyant qu'ils m'ignoraient, sachant que je poserais cette question.

-Oui… répondirent-ils en même temps.

J'attendais qu'ils soient plus explicites. Edward prit la seringue de xylocaïne dans les mains de Carlisle et s'installa pour piquer ma cuisse.

-Ça va piquer un peu… c'est juste pour anesthésier, pour que tu n'aies pas mal, le temps de faire les sutures, dit-il calmement.

-Attends un peu… tu connais quoi aux sutures et d'où tu connais Carlisle ? ne pus-je m'empêcher de demander.

-Je vous laisse… je vais voir comment vont les enfants… appelles-moi quand tu auras fini, dit Carlisle.

-Tu ne peux pas me laisser faire ça tout seul, ça fait presque 8 ans que je n'en ai pas fait… explosa Edward.

Carlisle se leva pour partir, mais Edward le retint par le bras. Je ne savais pourquoi, mais j'avais l'impression qu'ils se connaissaient et très bien, juste à voir comment Edward avait les traits torturés.

-Papa, s'il te plait, j'y arriverai pas si tu sors de cette pièce…

PAPA ???

-Je reste, mais tu fais les sutures, c'est la condition, répondit Carlisle.

Edward hocha la tête et reprit sa tâche. Ils ne parlaient pas, ne s'expliquaient pas non plus, mais MOI je n'en revenais pas de ce que je venais d'apprendre.

-Ton père, Carlisle est ton père ?

-Oui.

Edward continua de faire les injections de xylocaïne. Il s'attaqua aux pinces et attrapa l'aiguille pour commencer à faire la première suture.

S'en était trop. Le mec avec qui je m'étais foutrement bien envoyé en l'air il y a à peine 72 heures devait être le proprio d'un bar, pas le fils de Carlisle et surtout pas celui qui faisait les sutures sur ma blessure. Il fallait que je demande.

Oh mon dieu, Carlisle allait me prendre pour une agace… Il avait l'air d'avoir compris ce qui nous unissait Edward et moi… Son fils avait trompé sa femme avec moi…

Il fallait que je revienne au présent et que je demande pourquoi il savait faire des sutures.

-Réponds à mon autre question, tu connais quoi aux sutures Edward Cullen, demandais-je plus durement que je ne l'aurais voulu.

-J'ai fait ma médecine et ma résidence en chirurgie générale, j'ai même fait un stage en chirurgie esthétique pour parfaire mes sutures, et mon père me rabat les oreilles avec le fait que je devrais revenir pratiquer, il dit que je gaspille mon talent.

-Et c'est vrai, regarde ton travail. Tu n'as pas fait de sutures depuis les 8 dernières années et tu es là et tu nous parles pendant que tu viens de faire près 8 points sans même penser à comment t'y prendre, tu as même fait des points intérieurs fondants et le résultat est plus que parfait, mieux que si je les avais fait moi-même, tu vois bien que j'ai raison, dit Carlisle.

J'étais en train d'assister à un règlement de compte.

Edward s'arrêta une seconde pour voir le résultat de son travail sur ma cuisse. Il leva les yeux vers son père qui avait un sourire franc et fier sur le visage. Le sourire d'un père fier de son fils.

-La profondeur et la longueur de la plaie étaient trop importantes pour que je les fasse, seul un chirurgien compétent pouvait le faire. J'aurais du appeler le chirurgien esthétique de garde si tu n'avais pas été là.

Edward ne répondit rien et retourna à sa tâche minutieusement. Ça ne lui prit que quelques minutes pour terminer. Son visage laissait apparaître un faible sourire, comme s'il était fier d'avoir réussi à faire des sutures.

-J'ai terminé, je vais mettre un pansement. Mon père pourra surveiller la guérison.

Il enleva les gants et nettoya avec une gaze mouillée ma blessure, qui par la suite, assécha et apposa un pansement sur ma cuisse. Il remit le drap sur moi et il prit une grande inspiration avant de parler.

-Je vais te chercher un uniforme de chirurgie et je t'emmène voir Samuel.

Samuel…

Il sortit de la salle et je me retrouvai seule avec Carlisle.

-Je sais que ce n'est ni l'endroit, ni le moment et que je n'ai aucun jugement à porter… si mon fils devait tromper sa femme, j'imagine que c'est mieux que ce soit avec toi… tu es une femme intelligente, mariée et mère de trois enfants… j'imagine que ce n'était qu'une aventure d'un soir… dit-il furieusement dépassé par ce qu'il venait d'apprendre.

-Carlisle… ce n'est ni le moment, ni l'endroit, et on en reparlera une autre fois ou jamais, car avec tout le respect que je te dois Carlisle, ça ne te regarde pas, assénais-je.

Au même moment Edward entra dans la pièce et Carlisle sortit presque instantanément.

-Je vous attends de l'autre côté, dit-il en sortant rapidement.

Je recommençai à pleurer et à trembler. Carlisle était tellement important pour moi et je venais de lui faire de la peine, je l'avais blessé. J'avais couché avec son fils et il ne me le pardonnerait jamais.

Edward me prit dans ses bras et me berça. Il savait encore une fois comment faire pour m'apaiser.

-Bella… on va enfiler ça… on va voir Samuel… d'accord ?

Samuel

Je levai mon visage vers le sien et il posa ses lèvres sur les miennes.

Oh mon dieu !!! C'est encore mieux que dans mon souvenir.

Comme si c'était la chose la plus naturelle qui soit, la chose qu'on devait faire, ce pourquoi maintenant nous étions sur cette terre. Ses lèvres bougeaient contre les miennes et je me laissai aller à ce baiser interdit. Sa langue glissa dans ma bouche et je répondis vivement à sa demande, accrochant sa nuque de mes mains pour le rapprocher de moi.

-Oh Edward…

Je le repoussai brusquement et le regardai apeurée. Mon fils est entre la vie et la mort, et moi je m'abandonne dans un baiser avec l'homme avec qui j'ai trompé son père.

-Je suis désolé Bella… souffla-t-il.

-Ne le sois pas… soufflais-je. J'en ai envie autant que toi, c'est juste… je me sens coupable de vouloir m'abandonner dans tes bras… pour que tu me fasses à nouveau oublier… oublier la douleur dans mon corps.

-Oh Bella… souffla-t-il avant de reprendre la parole.

-Tu veux que j'appelle quelqu'un pour toi ? Tes parents, tes amis, ton mari ? demanda-t-il, s'écartant pour me mettre des bas, ceux qu'on mettait aux patients lors des chirurgies.

-Non… mes parents sont décédés il y a 5 ans, Alice est à New York et Jacob… Jacob…Jacob…. Il… oh mon dieu Jacob… il faut que je l'appelle… je dois lui dire… Edward… il faut que...

-Chut… Jacob prend l'avion demain matin à 6h20, il devrait atterrir à Seattle ver 9h30, Jasper l'a appelé…

-C'est vrai ?

-Oui.

Il m'aida à mettre le pantalon et sans gêne, j'enlevai ma camisole qui empestait la fumée, en la passant par-dessus ma tête, lui laissant une vue sur mes seins nus. Je voyais bien qu'il regardait mon corps avec insistance, mais n'y portai pas plus d'attention, j'enfilai le haut de l'uniforme et il plongea son regard dans le mien en rougissant.

-Excuse-moi… je…

-Emmène-moi voir mon fils Edward…

Il hocha la tête et me fit lever pour sortir de cette chambre, ma cuisse était douloureuse, mais c'était soutenable. Carlisle et Jasper nous attendaient. Carlisle était dans un drôle d'état. Il s'avança vers moi avec un fauteuil roulant pour m'y faire asseoir. Je lui souris et soufflai un faible «merci» honteuse qu'il sache que j'avais couché avec son fils. Jasper prit Edward à part quelques instants. Carlisle se pencha pour installer mes jambes et il leva son visage vers le mien.

-Bella, je suis désolé… je te demande pardon… je n'aurais pas du te crier dessus…

-Carlisle… on en reparlera… d'accord… Je veux juste voir mon fils… le reste ça n'a pas d'importance pour l'instant…

-D'accord…on y va.

Il me prit dans ses bras et je le serrai contre moi aussi. Il nous dirigea vers l'ascenseur et nous montâmes tous les 4 dedans pour aller au 5e étage. On m'emmena dans la chambre de Samuel, que je reconnus comme la chambre des soins intensifs. Carlisle m'aida à me lever et à m'habiller pour entrer dans la chambre aseptisée. Je tremblais et Carlisle me réconfortait. Nous entrâmes tous les deux laissant Edward et Jasper dans le couloir.

-Bella… souffla Alex. Il passa son bras autour de mes épaules pour m'emmener près du lit de mon fils quand j'entrai dans la chambre.

-Alex, il va bien, dis-je en regardant le lit au loin.

-C'est plutôt bon, il va plutôt bien puisqu'il s'est mit à respirer mais aussi à vomir durant son transport en ambulance. Nous l'avons placé en chambre hyperbare pour faire un traitement intense à l'oxygène.

Je regardai devant moi, mon fils était là couché sur le dos avec seulement son boxer sous une énorme tente transparente. Des fils étaient reliés à son corps, qui semblait si fragile, des machines indiquaient ses battements cardiaques, la saturation d'oxygène dans son sang et la médication donnée.

Alex m'expliqua le traitement, meublant le silence de la pièce, troublé seulement par le bruit des machines.

-C'est un traitement d'oxygénothérapie hyperbare. Il reçoit sous cette tente, une quantité pure d'oxygène pour amener une meilleure cicatrisation des tissus internes lésés C'est dû à la fumée et à la chaleur aspirée. Nous l'avons mis sous sédatif et nous lui donnons un antidouleur avec la perfusion qui va l'hydrater en même temps. Pour l'instant, il ne souffre pas. Je suis confiant.

Alex continuait toujours de me donner des informations.

-À la suite d'une intoxication sévère au CO2, en particulier s'il y a eu perte de conscience, il peut se développer des séquelles neurologiques tardives après une période de latence qui varie de 2 à 40 jours et occasionne des troubles de mémoire, de personnalité, des modifications de l'humeur ressemblant à une démence. L'oxygénothérapie hyperbare apparaît très efficace pour diminuer le risque de séquelles tardives.

J'étouffai un sanglot et m'agrippai au bras de Carlisle avec force.

-Tu l'as sorti à temps Bella… il va s'en sortir. On va devoir le garder plus longtemps, en fait le temps qu'il faudra à ses brûlures de guérir, me rassura Alex.

-Ses brûlures ?? demandais-je paniquée.

Je m'approchai un peu plus, Alex d'un côté et Carlisle de l'autre. Je fis l'inventaire de son corps et je vis sur sa jambe droite l'étendu de ses brûlures.

-NOOONNN….

Carlisle m'emmena plus loin et je m'effondrai sur le sol. Mon bébé, c'est mon garçon… sa jambe droite est complètement brûlée, la chair s'en décolle et le sang perle…

-Oh mon dieu Carlisle… sa jambe… je ne l'ai pas sorti à temps… c'est de ma faute… sanglotais-je.

Mes sanglots étaient tellement puissants que j'avais une douleur à la poitrine, J'avais mal, j'aurais voulu ne plus avoir mal, l'air me manquait, je commençais à voir des points noirs, puis soudain, plus rien.

En ouvrant les yeux, je fus prise d'une nausée intenable et Alex eu juste le temps de mettre la bassine devant moi. En me recouchant sur le dos, une petite serviette humide passa sur mon visage, elle était plutôt froide et ça me fit du bien. Je levai les yeux pour voir la personne qui me faisait du bien.

-Carlisle… soufflais-je.

-Tu t'es évanouie, ma belle… tu as vécu trop d'émotions en une seule journée… dit-il en replaçant les lunettes d'oxygène sous mon nez.

Je n'étais plus dans la même chambre. J'étais dans un lit, dans une chambre où il y avait d'autres lits, où je distinguais des corps d'enfants, mes enfants, Félix et Noah.

-Ils dorment et très bien. Les infirmières et Alex les ont rassurés. Tu devrais aller prendre une douche, le soleil va bientôt se lever, je reste ici avec Jasper.

Je hochai la tête et la tournai pour voir Jasper assis de l'autre côté de mon lit.

-Je vais m'occuper d'eux s'ils se réveillent. J'ai réussi à calmer Félix tout à l'heure, ne t'inquiète pas. De toute façon, je ne pourrai pas être ailleurs qu'ici, ma fille est chez des amis alors je reste, au moins jusqu'à ce que Jacob n'arrive, me dit-il.

-Merci…

Je regardai partout autour de la pièce, mais je ne le vis pas. Il était parti. Carlisle s'aperçu de mon trouble.

-Viens, je vais t'installer dans la salle de bain, me dit-il.

Je hochai de nouveau la tête. Il m'emmena hors de la chambre et je me laissai guider. Il arrêta devant une chambre, la chambre de sa petite fille Lily-Rose. Edward était là, je n'avais même pas fait le lien entre la petite fille de Carlisle et Edward. Edward était son père, évidemment. Il était là couché dans le lit avec sa fille blottie contre son torse. Il dormait, les traits tirés, les bras enroulés autour du corps de sa fille, comme s'il voulait la protéger, comme s'il avait peur qu'elle s'échappe de son étreinte.

Comme s'il nous avait entendu, Edward ouvrit les yeux.

-Je l'emmenais à la douche, tu veux t'en charger… je vais rester avec Lily, chuchota Carlisle.

Edward hocha la tête et se leva délicatement pour ne pas réveiller sa fille. Il avança doucement vers moi, Carlisle vers le lit de sa petite fille.

-Je peux aller sous la douche avec mon pansement ?

-Je vais te le changer après… d'accord ? Viens, dit Edward en me tendant la main que j'attrapai sans poser plus de question.

J'avais l'impression qu'il était mon sauveur, un ange descendu du ciel, mon ange gardien. Il me guida vers l'armoire des produits médicaux, prendre des pansements et où se trouvaient aussi les produits cosmétiques. Il prit le nécessaire, soit un shampoing aux fraises et un savon aux fruits, nous étions sur un département pour enfant. Il s'arrêta dans la lingerie pour prendre des serviettes et un nouvel uniforme pour moi et il m'emmena vers la salle des douches réservées au personnel qu'il ferma à clé.

-Tu m'as fait peur, souffla-t-il en s'approchant de moi.

Il fit couler l'eau de la grande douche et il nous déshabilla tous les deux. Il m'enlaça et nous glissa sous le jet de la douche. Je fermai les yeux tellement ça me faisait du bien. Je penchai la tête en arrière pour faire mouiller mes cheveux. Edward passa ses mains dedans pour les mouiller complètement. Il fit mousser le shampoing aux fraises dans mes cheveux et massa doucement mon cuir chevelu. La sensation était merveilleuse, l'espace d'un instant, je me laissai transporter dans un autre monde. Un monde loin des malheurs qui venaient d'accabler ma famille.

Edward rinça mes cheveux doucement et son corps se colla légèrement contre le mien. Je frissonnai lorsque je sentis son érection toucher mon bas ventre. Il se recula doucement en s'excusant et je sentis la sincérité dans sa voix.

Il poursuivit sa tâche en moussant le savon dans ses mains et en parcourant mon corps, ne laissant aucun recoin sans attention particulière. Lorsqu'il lava mon sexe et mes fesses, il ne fit pas plus ni moins que sur mes bras ou sur mes épaules. Il me tourna pour que je sois dos à lui et me rinça sous l'eau. Encore une fois son érection entra en contact avec mon corps.

-Désolé… je… Bella… là n'est pas mon intention…

-Je sais Edward… ton érection ne me dérange pas… ne sois pas mal à l'aise…

Je me retournai pour le regarder dans les yeux avant de poursuivre.

-Si je me retrouvais, ici, avec toi, dans d'autres circonstances, je serais dans le même état, soufflais-je en effleurant ses lèvres doucement.

Pour simple réponse, il hocha la tête et me retourna pour laver mon dos avec le savon, massant les muscles de mon cou, mes épaules et tout le long de ma colonne vertébrale jusqu'à la hauteur de mes reins. Il m'embrassa dans le cou à quelques reprises avant de se laver à son tour rapidement. Nous sommes restés enlacés tous les deux un bon bout de temps avant de sortir pour se sécher. Il s'habilla et il me fit asseoir sur le comptoir, enroulée dans ma serviette et il enleva mon pansement pour le changer.

Il s'appliquait à sa tâche avec douceur et sérieux et je ne pus que le trouver beau. Il m'aida à me rhabiller et nous sortîmes de la salle de douche, se dirigeant vers les chambres où je le laissai avec sa fille et je retournai avec Carlisle voir mes garçons.

Il me serra dans ses bras et embrassa mon front. Il avait simplement voulu me faire un peu de bien. M'apporter réconfort et attention. Une fois de plus Edward Cullen avait été à la hauteur pour me faire revivre.


Vous n'avez pas cru au lemon ??? Si ??? comme si c'était un moment pour s'envoyer en l'air alors que son fils est dans un état grave…

J'espère que vous avez aimé…

Jacob arrivera au prochain chapitre…

Pour la raison de l'incendie, vous le saurez plus tard quand l'enquête des pompiers sera terminée. Bella ne le sait même pas elle-même.

Merci de me lire et reviewez s'il te plaît...

A+

isasoleil