Et nous voilà, six idiots du 21ème siècle en tourisme dans les cachots d'un royaume inconnu. Non pardon, pas inconnu... imaginaire, irréel. Il y a mieux comme vacances.
Ils nous avaient divisés dans deux cellules adjacentes. Maëlys et le couple d'un côté, Julie, Lyo, chloé et moi de l'autre. Séparés par des barreaux et maintenus dans l'humidité par des murs en pierres froides. Je crois qu'ils auraient bien séparés les sexes mais un garçon d'un coté et 6 filles de l'autre, ils craignirent une évasion. Parce qu'on sait tous comment limer des barres de fer ou crocheter une serrure moyenâgeuses..bande de crétins...
-Quel résultat concluant...
-Au moins on a trouvé un abris, me reprit Julie.
-A votre avis, combien de temps avant qu'on nous exécute? demanda Lyo.
-Ne parle pas de ça! s'indignèrent les tourtereaux qui ne connaissait pas vraiment les habitudes de la reine.
-Mais qu'est ce qu'on a bien pu faire pour être condamnés à mort ? s'interrogea Satan.
-Nos habits et notre attitude bizarre auront suffis, répondis-je.
-C'est injuste, bouda t'elle en retour.
-Ça fait combien de temps que l'on est là ? l'imita son copain en regardant d'un air dégouté les murs de sa prison. J'ai l'impression que ça fait une éternité!
-On devrait réfléchir à un moyen de rentrer chez nous, comme nous n'avons que ça à faire, proposa Maïl.
Elle demanda le livre de Julie.
-Ils nous ont prit nos sacs... je ne l'ai pas.
-Alors on fera sans, pour l'instant, soupira t'elle.
-Quelle réaction vous pensez qu'ils auront en découvrant tous ces objets futuristes ? s'amusa Tom.
-Il y a de la magie dans ce monde , ils penserons surement à ça. Ça ne fera pas comme dans les visiteurs, Tom.
-Hooo, ... merci mon amour de me casser mon délire.
-Pourquoi ? tu voulais bruler au bucher ? intervint Julie.
-C'est ce qu'il va nous arriver de toute façon, non?
-Non, on peut être décapités, éviscérés, dépecés, noyés, empalés..., énuméra Satan.
-Ça va merci, on se passera des détails, l'arrêta sa colocataire de cellule.
-S'ils ne nous torturent pas ! continua la première.
-Please, stop!...
Il y eu un court silence puis Tom repris de plus belle.
-De toute façon je parie 20€ que Julie y passe en premier.
-Tu paierai pour me tuer! charmant... ok! tu vas perdre.
-Je soudoierai le bourreau, menaça t-il en s'approchant des barreaux.
-C'est pas bientôt finit tout les deux ?! s'interposa Satan en éloignant son copain des barres.
-Hé! m'exclamai-je soudain pour attirer leur attention, j'ai peut être une idée pour rentrer! c'est si bête qu'on y a pas pensé. mais on pourrait essayer!
-Quoi? explique plutôt que de tourner autour du pot!
-On pourrait reproduire ce qu'il s'est passé la première fois, je pourrais introduire ma clef dans une serrure du livre.
-Tu te rends compte que c'est totalement absurde, remarqua Tom.
-Non au contraire! c'est exactement l'idée que j'avais en demandant le livre à Julie! ça a marché la première fois et ça m'a même happé moi aussi, on peut toujours essayer.
-Quand on aura le livre. En attendant nous sommes coincés ici.
-On peut toujours demander, gentiment, pour avoir un peu de lecture par exemple, hésita la sportive.
-Belle idée mais très naïve, désolé Chloé.
-On a qu'à essayer, on verra qui a raison.
-Je rêve ou cette aventure devient un pari incessant ? demandai-je.
-Pari tenu! S'exclama Tom et ils se postèrent tout deux aux portes et appelèrent les gardes.
-Vous êtes tarés, grognai-je en m'affalant dans un coin.
-Vous n'avez pas l'air de comprendre la gravité de la situation! s'inquiéta Julie, le mieux serait de faire profil bas.
-Chut! ils arrivent!
Deux gardes arrivèrent, silencieux. Et ils le restèrent alors que Chloé demandait timidement un peu de lecture. N'obtenant toujours aucune réponse, Chloé et Tom reculèrent inquiets. Les deux gardes nous scrutaient tour à tour, immobiles. Puis l'un d'eux désigna notre cellule et une voix grave sortie de sous son masque noir.
"Celle-ci" dit-il en un geste simple de la tête tandis que l'autre s'engouffrait dans la cage et que tout le monde reculait vers les murs. Ses pas le menèrent jusqu'au fond de la cage et je sentis mon estomac se nouer. Je n'étais même pas sûr qu'ils pouvaient me voir dans l'obscurité. Quand il arriva à mon niveau je me levai vite ; non certaine de ce qui allait venir ; et il me tira le bras violemment pour m'emmener avec lui.
-Hé!
J'entendis crier plusieurs voix derrière moi.
-Qu'est ce que vous faites !? pourquoi vous l'emmenez ?!
A ma grande surprise, ils s'arrêtèrent et celui qui paraissait être le chef leur expliqua que ceux qui se cachent dans l'ombre sont les premiers choisis.
¤Quoi?! C'est pas juste!¤
Puis ; alors que le muet reprenait sa prise dans le col de mon dos, m'étranglant à moitié ; le chef s'approcha des barreaux d'un pas nonchalant.
-A qui appartient le livre de contes ?
Une tension palpable s'installa, personne n'osait répondre.
-Comme vous voudrez. On finira bien par l'apprendre. On commence par celle-ci.
-Non! cria alors Julie en se démarquant des autres. Non, s'il vous plait, laissez la. C'est mon livre.
-Julie..., grinçai-je en avertissement et mon gardien tira sur mon col, me coupant le souffle.
-Sage décision, chanta la voix sous le masque telle une caresse et il la tira hors de la geôle et referma derrière elle.
Il nous lièrent les poignets de lourdes menottes d'acier et nous entrainèrent dans les étages supérieurs du château.
C'était comme dans la série, les murs, les grandes salles, le peu de serviteurs, presque comme dans un conte de fées sauf que nous ne risquions pas de voir notre Happy Ending de sitôt.
Les gardes nous amenèrent dans une vaste salle de réception avec trois lustres magnifiques et un majestueux trône au fond. Aucune reine à l'horizon. Ils nous mirent à genoux d'un coup de pied, quelques mètres devant le siège royal. Et là, une fumée violette apparue "comme par magie" (enfin ...avec beaucoup de magie) devant nous. surement pour nous impressionner puisqu'elle aurait pu tout aussi bien attendre notre arrivée sur son siège tout dur.
Montée sur échasses, accoutrée d'une robe ample noire et pourpre, un décolleté plongeant mis en valeur par un de ses collier trop gros et brillants, un épais chignon lui rajoutant quelques cm ; la méchante reine nous toisait d'un de ses sourires malveillant et un regard prédateur.
J'eus du mal à déglutir, scotchée par sa beauté, sa prestance et l'aura de puissance qui émanait d'elle.
Ou peut-être aussi le fait de la voir en vrai, bien qu'elle soir la méchante reine et non Regina.
¤Il faudra que je me le rappelle.¤
Droite et le menton relevé d'orgueil, elle nous contourna lentement comme le font les prédateurs. Nous n'osions bouger ; à part pour tourner la tête et la suivre du regard. Je ne savais pas quoi faire, Julie no plus. Je n'avais aucune idée de ce qui allait se passait ensuite et je perdais espoir quant à pouvoir rentrer chez moi un jour.
Enfin, après une interminable minute, la méchante reine prit la parole, s'adressant à la fois à nous deux et à personne, nous déstabilisant d'avantage.
-Et bien et bien... Ne serait-ce pas nos petites touristes ? Comment trouvez vous mon royaume ? Est-il à votre goût ? Vous avez eu la "chance" de découvrir mes cachots.
J'avais des tonnes de sarcasmes que j'aurai pu sortir à n'importe qui mais je me répétais sans cesse de la fermer.
¤Surtout ne dis rien! Ne la provoques pas!¤
Je jetais un coup d'œil rapide à mon amie, elle avait les joues toutes roses et les mains qui tremblaient, comme moi d'ailleurs.
-Oui, je sais que vous venez d'un autre monde, reprit-elle. La façon dont vous vous exprimez, vos manières, vos ... affaires et votre accoutrement ridicule.
Elle marqua à nouveau une pause.
-Qu'est ce que vous allez nous faire ? demandai-je, attirant le regard de Julie.
-C'est très simple, je vais vous interroger et vous répondrez à TOUTES mes questions, à moins que vous ne préfériez la torture ?
-Heu, non ça va, merci.
-Bien! Je suis contente que vous coopériez aussi facilement, même si j'aurai préféré vous arracher le cœur et vous obliger à tout me révéler contre votre gré!
Elle cracha presque le dernière partie de sa phrase et je me surpris à penser qu'elle avait vraiment une case en moins.
-Heu...
On se lança un regard déconcerté et inquiet. Je n'avais pas aussi peur que Julie qui avait l'air de voir sa dernière heure arriver. Il faut dire qu'elle était plus réaliste que moi sur ce coup. Après tout elle avait raison, notre vie ne tenait qu'à un fil.
-Alors commençons! Tout d'abord, racontez moi ce que vous savez à propos de ce livre, ordonna t'elle.
Nous restâmes silencieuse. Bien que nous n'osions plus ouvrir la bouche, nous ne savions absolument rien de ce livre. Et puis je sentais que si je parlais encore ce ne serait pas la méchante reine qui me ferait la peau mais Julie.
Un des gardes derrière nous, le seul qui parlait indiqua alors à sa souveraine que Julie était la propriétaire du livre. En réponse, elle la toisa, un sourcil arqué, attendant une explication.
-Je...Je l'ai acheté. Je ne pensais pas que c'était un livre magique...
-Magique? la coupa t'elle. Je croyais que votre monde en était dépourvu ?
-Oui nous aussi, répondis-je. Surtout qu'à la base tu voulais un autre livre, n'est-ce pas ?
-Heu oui.
-Tout ceci n'est qu'un concours de circonstances, plaidai-je en mode "Julie's lawyer".
-J'ai appris il y a bien longtemps que rien n'arrive par hasard, en particulier avec la magie. Comment l'avez-vous activé ? le livre.
-heu..., Julie me lança un regard alarmé et hésitant.
¤Si tu hésites, tu meurs¤ Je lâchai :
-C'est moi, j'ai introduit une de mes clés dans une serrure.
La reine me regarda comme étonnée par ma réponse.
-Quelle clé? Quelle serrure ?
-Je... je n'en sais rien, une serrure au hasard, d'une porte je pense. ¤Doucement avec le sarcasme Laora ou tu vas y passer.¤ Et la clé c'était celle de ma boite aux lettres. Tout simplement.
-Rien n'est jamais simple avec la magie, ronchonna t'elle, pourquoi avez vous fait cela?
¤Ho la question qui tue!¤
-Heeuuu... pour... rire..?
Un sourcil se leva.
-C'était une petite blague de rien du tout.
Elle se mit à rire.
-De rien du tout ? répéta t'elle
¤Oui, bon, vue comme ça...¤
-Toi! Apporte-moi ces clefs et le livre, ordonna t'elle au muet.
Il s'inclina et s'exécuta.
-En attendant parlez moi de votre monde, dîtes m'en plus
-C'est... c'est un monde ordinaire, hésita Julie.
-Dirigé par de grandes puissances! ajoutai-je immédiatement de peur que l'envie ne lui prenne de le coloniser.
-"De grandes puissances", se moqua t'elle d'une voix grinçante. Dans un monde sans magie...
-Écoutez, nous ne sommes pas un danger, pour vous comme pour le royaume, commença Julie, alors je vous en pris, renvoyez-nous chez nous.
-C'est peut-être beaucoup demandé, la repris-je.
-Laissez-nous repartir. Nous ne dirons rien.
-Vous ne direz rien ? Elle éclata d'un rire plus sincère que les précédent. Vous pensez vraiment pouvoir repartir ? Vous n'avez pas l'air de comprendre... (elle se rapprocha de nous en se baissant, l'air menaçant) vous êtes miens!
