Chapitre 4 :

Ils s'évitaient depuis des jours maintenant. Les festivités étant finie, un calme tout relatif était revenu. Sauf qu'elle se trouvait de nouveau à l'église. Bien sur c'était Ricardo qui l'y avait envoyé mais il n'avait pas eu à la forcer, ça faisait trois jours qu'elle rêvait d'une opportunité, d'une excuse valable pour y mettre les pieds. Trois jours qu'elle passait à se torturer l'esprit pour savoir ce que leur baiser et la conversation qui avait suivi, voulait dire. Est-ce que cela allait tout remettre en question ou alors ça n'était qu'une parenthèse. Si tel était le cas elle en voudrait bien d'autre des parenthèses de ce genre ! Fermant les yeux, elle se réprimanda intérieurement. Elle divaguait complètement là. Ses pieds la conduisirent plus vite que prévu à la chapelle, où elle aperçu Antonio en pleine conversation avec des paroissiens. Le détaillant de plus près, elle remarqua qu'il était heureux, heureux de faire ce qu'il faisait. Secouant la tête, elle se demanda ce qu'elle était venue faire ici. Elle ne pouvait pas lui enlever ça, c'était sa vie. Elle devait…. s'éloigner, le laisser partir, vivre la vie qu'il avait toujours voulu. Sans elle. Tournant les talons, elle commença à quitter la pièce.

-Gabi !

Aie. Elle s'était faite repérée. Elle se retourna lentement et constata qu'il était de nouveau seul. Re aie.

-Qu'est-ce que tu fais ?

-J'allais partir justement.

-Non tu n'allais pas.

-Pardon ?!

-Il faut qu'on discute.

-De quoi ?

Il secoua la tête, exaspéré.

-Pas ici. Allons dans mon bureau.

Une fois dans le dit bureau, il lui fit face.

-Gabi….

-Non Antonio je sais déjà ce que tu vas me dire. Ecoute je suis désolée. Désolé de m'être engagée dans une espèce d'introspection ce soir là, désolé même d'avoir reparlé de, de l'explosion.

-Gabi….

Des larmes menaçaient de couler, rien qu'à sa façon de prononcer son nom.

-C'était le soir de Noël, nous étions émotifs et on s'est laissé prendre dans un moment de tendresse. Mais ça n'était que ça, un moment.

Elle se tut un instant, voyant qu'il voulait ajouter quelque chose. Quand au bout de quelques secondes elle vit qu'il n'allait rien dire du tout, elle continua.

-Toi et moi on partage quelque chose de fort et d'unique, ça l'a toujours été et ça le sera toujours. Mais ces petits moments c'est tout ce qu'on aura. Tu as ta vie ici et moi j'ai la mienne avec….

-….Mon frère.

Elle frissonna à l'entente de sa voix rauque.

-Oui.

-Bien. C'est tout ?

Elle baissa les yeux pour ne pas trouver le désarroi immense qu'elle venait de lui causer.

-Je suis désolée.

-Ne le sois pas. Ca ne doit pas être. Pas ici, pas maintenant. Dans une autre vie peut-être.

Elle leva sur lui des yeux remplis de larmes mais était malgré tout souriante. Il n'y avait que lui pour être spirituel dans un moment pareil. Son portable se mit à sonner, grimaçant elle décrocha.

-C'est Ricardo.

-Je sais.

Il vit ses yeux s'excuser puis elle sortie de son bureau. Elle partait rejoindre son frère. Il devait la laisser partir. Elle n'était pas sienne. D'un geste rageur il tapa du poing la table et fit tomber une photo. La ramassant, il constata que c'était une photo de son frère. Il ferma les yeux. Comme la vie avait un sens aigu de l'ironie parfois.

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