Chapitre III
Altair
Al'tair : Signification : le plus haut, celui qui vole le plus haut, l'étoile de l'aigle
Harry n'arrivait pas à croire à ce qu'il lui arrivait. En moins d'une heure il lui semblait qu'il lui était arrivé plus de choses que dans toute sa vie. Au point que son bras était rouge des pincements qu'il lui assénait pour s'assurer qu'il n'était pas une fois de plus le prisonnier d'un heureux rêve.
Peut être était-il finalement devenu fou ? Il avait lu là-dessus, et avec tous les coups qu'il avait reçut sur la tête, il était plus que probable qu'il puisse souffrir d'hallucinations. Après tout, cette femme à côté de lui, cet être de beauté qui lui parlait avec une voix si hypnotique ne pouvait être réel. Elle était trop belle, avait la peau trop douce, sentait trop bon ...Elle avait une odeur de liberté, l'odeur fraîche et salée de la mer et de l'océan, une odeur qui calmante qui le faisait presque rentrer dans un état second.
Ce genre de choses, ce genre de personnes étaient bien trop parfaites pour rentrer dans la réalité d'Harry. Sa réalité était faite de poussière et de ténèbres et jamais aucune étoile n'était venue éclairer son ciel. Et elle, cette femme n'était pas une simple étoile, mais pareille à une lune, brillant et chassant les ténèbres autour d'elle.
- Qu'est-ce qu'une chose précieuse comme toi fait dans un endroit aussi petit et sale, enfant ? Demanda-t-elle doucement, ses yeux océans ne quittant pas un seul instant les siens.
- C'est là que je vais habituellement après avoir terminer mes corvées, madame, répondit-il aussi poliment et respectueusement qu'il le pouvait.
- Mais pourquoi ? Est-ce qu'il te cache, trésor, pour que personne ne puisse te voler ?" continua-t-elle, ses yeux plissés d'un air dangereux, mais si hypnotisant qu'il ne ressentait aucune peur.
Harry voulut presque rire tant la question était insensée. Mais ne sachant pas comment elle le prendrait, il se contenta de revêtir un sourire, un sourire résigné, trop calme et trop adulte pour qu'il plaise à quiconque.
- Je ne suis pas un trésor, madame. Et personne ne voudrait me voler.
- Mais tu l'es, insista-t-elle.
Elle passa une main délicate dans les cheveux noir et en bataille et l'enfant se retint de pleurer face au contact si doux, si tendre qu'il le faisait presque croire ce qu'elle disait.
- S'ils ne te veulent pas, je pourrais toujours te voler. Tu viendrais avec moi, n'est-ce pas ? Tu me suivrais, enfant ?
- Aller avec vous ? Demanda Harry, son regard devenant trouble alors que la créature continuait de le fixer. Le bleu de ses yeux semblait bouger et grandir en intensité, il semblait pareille à des vagues, ondulant en une myriade de reflets, chacun possédant sa propre teinte.
- Je ne pense qu'il soit nécessaire de continuer ce que tu es en train de faire, Lumena. Je viens d'en parler à Sirius et le garçon va venir avec nous, intervint l'homme le plus vieux d'une voix sûre.
- Mon oncle c'est de la folie, répondit le dit Sirius, paraissant comme en souffrance devant la demande. Tu me demandes de tuer la dernière part existante de James et Lily, d'éteindre une famille et un nom tout entier...
- Ce que je te demande c'est de ressusciter notre nom, de sauver notre famille de la ruine et du néant, de contribuer à notre gloire et de donner à ce garçon une vie qu'il n'aurait jamais put imaginer avoir même dans ses rêves les plus fous ! Répondit l'homme en fronçant les sourcils, sa voix venant recouvrir celle de Sirius avant que celui-ci ne puisse finir. Ce que je te demande de tuer, c'est cette faiblesse qu'ils ont mis à l'intérieur de toi. Ce que je te demande d'éteindre c'est ce garçon que tu as prétendu être tant de temps, et de devenir ce pourquoi tu as été fait dès ta conception. Et toi, quelle est ta réponse ?
La femme avait arrêté de lui parler, elle suivait la conversation avec beaucoup d'intérêt et ses yeux ne quittait pas la silhouette de Sirius, elle aussi attendant impatiemment sa réponse. Le conflit continua de briller dans les yeux d'argent pendant un moment, alors qu'il passait de la forme du petit garçon à celle de son oncle, puis d'un coup ils se fermèrent sous une résignation sans appel. Sans un mot il finit son trajet vers le placard et emporta avec lui le petit garçon le soulevant sans difficulté alors que la femme les suivait d'un air satisfait.
Cette expression était partagée par Alphard qui, posant une main sur l'épaule de Sirius, dit simplement.
- Tu comprends pourquoi je fais ça Sirius, n'est-ce pas ? Je fais tout cela uniquement pour notre famille.
Sirius le regarda un instant sans rien dire, une expression indescriptible couvrant ses traits avec qu'il n'autorise un sourire sec à venir orner ses lèvres.
- Ne t'en fais pas pour moi, mon oncle. Je suis venu à comprendre que la culpabilité et les remords étaient des poids qu'un Black ne pouvait s'autoriser à prendre avec lui.
Tout arriva ensuite si vite qu'Harry fut une fois de plus persuader d'être dans un rêve. La sortie de la maison, l'homme mûr vêtu de noir qui sortait encore une fois son bâton de bois, d'étrange formules qui semblaient être comme de la magie, la maison des Dursley qui prenait feu, les flammes qui illuminaient la nuit et effaçaient toutes traces d'Harry Potter et du passage des Blacks dans le Privet Drive.
Il ne comprenait rien de ce qui se passait, rien de ce qui lui arrivait et ne voyait plus rien si ce n'est les hautes flammes et leur fumée noire qui montait jusqu'au ciel. Sirius se positionna devant lui et son dernier souvenir de cette si étrange nuit fut son visage, ses vêtements noirs et sa voix douce et rauque alors qu'il disait :
- Ferme les yeux, Harry.
Et il les ferma.
§§§
Lorsqu'Harry rouvrit les yeux, il s'éveilla dans un monde bien plus étrange que celui qu'il avait quitté.
Autour de lui, tout était animé d'une étrange et sombre beauté. Les tapisseries auxquelles on ne pouvait donner d'âge au mur, le chandelier de cristal qui pendait du plafond et se balançait sous l'impulsion d'un vent invisible, le doux tapis brodé sous ses pieds nus et les visages fermes et dignes qui le fixait au travers des portraits, comme s'ils le voyait véritablement...
Harry eut un hoquet quand un des hommes peint sur les portraits le regarda intensément, fronçant les sourcils avant de parler.
- Alphard, que vas-tu faire avec ce petit au sang-mêlé ? Demanda froidement l'homme couché sur le papier.
Il avait parlé, le portrait avait actuellement parlé. Harry recula précipitamment, rentrant violent en contact avec le corps dur d'Alphard Black. Les mains de l'homme tombèrent lourdement sur ses épaules alors que l'homme répondait sur un ton presque jubilatoire.
- Noble Phineas, je vais faire de lui un Black.
L'homme du portrait fronça un peu plus les sourcils et sembla vouloir protester avant que ses yeux ne se fixe sur Sirius qui aidait la sirène à s'asseoir sur un des nombreux canapés sombres. Immédiatement ses lèvres s'étirèrent en un sourire alors que ses yeux paraissaient s'allumer d'une lueur pleine de malice.
- Beaucoup de membres de la famille t'ont sous-estimer, Alphard. Mais j'ai toujours sut que sous ton calme se cachaient des ambitions capables de ramener à la famille Black sa gloire passée.
Alphard sourit au portrait et allait répondre mais fut coupé par Lumena qui tendait les bras du canapé tout en demandant d'une voix impérieuse :
- Maintenant, rends-moi l'enfant, fils d'hommes.
Harry sentit ses yeux s'écarquiller devant la demande de cette femme comme un rêve de le reprendre dans ses bras. Ses lèvres s'étirèrent pour former le plus gros sourire qu'elles n'aient jamais fait dans toute sa vie et il s'apprêta à aller vers elle mais se fit arrêter dans sa tentative de mouvement par la forte prise qu'avait l'homme sur ses épaules.
- Allons, allons. Pas si vite, mon enfant. D'abord nous avons certaines choses à éclaircir, n'est pas Sirius ?
Sirius hocha solennellement la tête et quitta les côtés de la femme pour traverser rapidement la pièce et s'accroupir devant l'enfant. Ses yeux brillaient étrangement, comme s'ils étaient emplis d'une joie amer et recouvert d'une nostalgie certaine :
- Nous n'avons pas eut le temps de nous présenter, n'est-ce pas, Harry ? Je suis Sirius Orion Black, ton parrain.
Le garçon le regarda avec des yeux incrédules. Alors il avait véritablement une famille ? Cet homme si beau, si maigre, cet homme au visage royal qui semblait appartenir à une de ces légendes consignées dans les vieux libres oubliés, faisait donc partit de sa vie. Cet homme faisait sans aucun doute partie de son passé, sinon il ne connaîtrait pas son nom et s'il l'avait amené ici, c'est qu'il comptait jouer un rôle dans un futur. Et donc qu'il avait un futur hors du placard poussiéreux du Privet Drive.
- Est-ce que cela veut dire que vous avez connu mes parents ?
- Je les ai connu oui, répondit l'homme sur un ton étranglé. Je suis allez à l'école avec eux, j'étais le témoin à leur mariage et toujours présent pour les repas du dimanche. Ils étaient sans aucun doute les deux meilleurs sorciers qu'il m'ait été donné de connaître.
- Sorciers ? Coupa Harry. Mes parents n'étaient pas des sorciers, ils étaient des soûlards impulsifs et sont morts dans un accident de voiture parce qu'ils étaient des bons à rien.
L'expression de Sirius devient furieuse et il agrippa le garçon avec une force surprenante pour son corps mince.
- Qu'est-ce que tu dis ?! Qui t'as dit ça ?!
- Mon oncle et ma tante me l'ont dit, répondit prudemment l'enfant. Ils m'ont raconté leur histoire et se sont assurés que je ne l'oublis jamais.
- Non, non, intervint Sirius en secouant la tête, ce n'est pas qui ils étaient, ce n'est pas qui tu es, c'est...
- Ce qu'il était et ce qu'il est n'a aucune importance, rappelle toi Sirius, intervint Alphard avec une voix doucereuse. Ce qui compte est ce que le monde veut faire de lui et ce qu'il pourrait être.
- Que voulez-vous dire ? Demanda Harry, se tournant pour regarder le beau visage du plus vieil homme.
Alphard eut un sourire et s'assit une sur le canapé en face de celui de Lumena, prenant l'enfant sur ses genoux.
- Vois-tu mon enfant, la vérité est que tes parents étaient des sortes de...soldats on peut dire, et qu'ils se battaient contre beaucoup d'ennemis dans une guerre. Mais un jour ils sont tombés sur un ennemi bien plus fort qu'eux, et il les a tué.
Harry sursauta à cette phrase et trembla alors que l'homme continuait sur un ton toujours aussi calme.
- La vérité est qu'ils étaient utilisés par un homme très influent dans une guerre qui n'était pas la leur.
Le garçon ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois avant de froncer les sourcils.
- Comment savez-vous tout cela, monsieur ?
- Parce qu'il m'a utilisé moi aussi, coupa Sirius. Harry, la seule raison pour laquelle je ne suis pas venue te chercher avant est parce que le même homme a contribué à ma mise en prison. Lui et son organisation m'ont accusé du meurtre de tes parents, mais en vérité ils voulaient seulement se débarrasser de moi et...Est-ce que tu comprends seulement ce que je suis en train de te dire ?"
Harry fronça les sourcils alors qu'il cherchait à comprendre et intégrer tous les éléments nouveaux. Ses parents n'étaient pas des soûlards, il n'avait pas été abandonné, son parrain était allé en prison mais n'était pas méchant et il y avait un autre homme méchant. Était-ce vraiment sa vie tout cela ? A cet instant, il se sentait véritablement comme le héros au passé malheureux des romans, tout semblait se mettre en place sauf un détail.
- Mais, les sorciers...les sorciers sont toujours les méchants dans les histoires.
Sirius eut un sourire et passa sa main dans les cheveux en bataille d'Harry.
- Malgré tout ce que tu as pu entendre, la magie n'est pas quelque chose de mauvais. C'est une chose merveilleuse et la recevoir est une grande bénédiction. Des choses étranges ont du arriver autour de toi aussi, non ? Des objets qui volaient, changeaient de place ou même de couleur ? Tout cela c'est déjà de la magie, dans cette pièce nous sommes tous capable d'utiliser la magie, enfin...s'interrompit-il alors qu'il jetait un coup d'œil à Lumena. Son cas est un peu particulier mais, ce que je veux dire est que nous sommes bien plus nombreux que tu ne le crois et qu'il y a tout un monde, un monde merveilleux qui dépasse même tes rêves les plus fous.
Harry était complètement charmé par les mots de cet homme et pouvait presque voir ce monde merveilleux dans ses ombrageux yeux argent. Cet homme lui offrait toute une vie. Une vie dont il pourrait être le héros et non la victime.
- Et que dois-je faire pour faire partie de ce monde ?
Immédiatement Alphard raffermit son étreinte sur les épaules du garçon et le retourna pour lui faire face, sa voix vibrant presque sous l'excitation.
- Voilà le genre de choses que j'aime entendre, mon garçon ! Notre monde est un endroit merveilleux, certes, mais aussi très dangereux pour toi. De très mauvaises personnes sont après toi et ne s'arrêteront devant rien pour t'avoir. Il serait en fait plus qu'imprudent, même impossible, pour Harry Potter de vivre librement dans un tel monde, finit Alphard, un parfait masque de tristesse couvrant ses traits.
Il n'en fallut pas beaucoup plus pour convaincre le jeune garçon. Paniqué il posa à son tour ses petites mains sur l'homme, agrippant aux vêtements sombres :
- Mais que puis-je faire ? Je n'ai nul part où aller et...je ne peux être personne d'autre à part Harry Potter...
L'homme cacha un sourire et tapota affectueusement la tête de l'enfant :
- Je n'en serais pas si sûr, n'est-ce pas Sirius ?
Sirius se redressa, son regard se faisant plus sombre alors qu'il hochait sèchement de la tête.
Lumena qui avait jusque là patiemment suivit l'échange intervint, son visage perdant son calme alors qu'elle murmurait en plissant les yeux.
- C'est donc cela que vous aviez prévu depuis le début...
Alphard et Sirius se tournèrent pour lui faire face, aucune trace de surprise ni de culpabilité venant orner leurs traits.
- Vous comptez utiliser cet enfant pour réaliser vos rêves de gloire...L'avidité des hommes ne connaît véritablement aucune limite, continua-t-elle avec un sourire.
Alphard se redressa à son tour, donna une poussée sèche dans le dos du garçon, le déséquilibrant et le faisant trébucher en direction de la sirène. Elle se leva immédiatement de son siège ses bras s'ouvrant pour l'aider à retrouver son équilibre et son visage s'adoucissant alors que ses yeux bleus croisaient le regard innocent.
L'oncle de Sirius laissa un sourire satisfait tordre ses lèvres et ouvrit les bras dans une gestuelle diplomatique.
- Mais je n'avais aucune intention de me jouer de toi, ma chère. J'ai en vérité à l'esprit une proposition qui se prouverait être très avantageuse pour nous trois. Ce garçon est effectivement très important, il est la clé pour prouver à notre famille que Sirius est digne de confiance et peut rattacher la gloire à notre nom mais tu ne serai pas ignorée. Le titre d'épouse Black apportée par mon neveu pourrait t'apporter plus que tu ne le penses, des coffres de trésor pleins à en perdre la tête et pourquoi pas...un enfant. Sans bien évidemment compter le prestige et une vie de reine, bien loin des sombres fonds marins que tu as quitté...
Lumena tourna ses yeux froids vers la figure d'Alphard et répondit sèchement :
- Mais je devrais partager cet enfant nouvellement gagné et devenir moi-même un de ces bibelots clinquants qui dorment dans le coffre des Black. Pourquoi devrai-je accepter cette petite cage dorée lorsque je pourrais juste vous tuez tous les deux et prendre l'enfant avec moi ?
Le visage d'Alphard ne trahissait pas une once de panique ou de peur et son sourire poli restait fixé sur ses lèvres.
- Pourquoi ? Premièrement...Parce que tu n'as pas le choix, ma chère. Le garçon ne peut pas vivre sous l'eau et il n'y a aucun endroit sur cette terre qui offrirait un asile à une créature non répertoriée dont les mains sont couvertes du sang d'un sang-pur qui a autant d'argent et d'influence que moi. Les sorciers ne sont pas une race faible et tu ne tiendrais même pas une semaine avant qu'ils ne te retrouvent et qu'ils ne t'abattent comme un animal sous prétexte que tu es une dangereuse créature non-humaine. Et bien évidemment à ta mort, le pauvre petit Harry tombera entre les mains de peut importe quel personnage influent voulant se servir de lui. Deuxièmement, parce que je pense pas que tu veuilles sincèrement retrouver les fonds marins. Tu as l'air d'être plutôt charmé par notre monde et le nom Black te permettrait de jouir de ses plus beaux aspects. Troisièmement, parce que nous avons les capacités de prendre soin de cet enfant et que nous pouvons lui donner un futur brillant. Et finalement parce que je peux faire en sorte que ce garçon soit tien par le lien le plus indéniable qui soit, le sang. Tu pourrais effectivement nous tuer et le prendre mais cet enfant ne serait jamais ton enfant. Peut importe à quel race tu appartiens, tu n'es pas sans ignorer qu'il faut être deux pour faire un enfant, et en l'occurrence, il te manque un homme...
Aucune de ses émotions ne transpiraient sur son visage, si bien que l'on aurait put la croire indifférente si ce n'était la vision de ses mains tremblantes sur les épaules du garçon. Elle avait sous-estimer cet homme, ainsi que son statut d'étrangère dans ce monde et détestait à quel point elle savait qu'il avait raison.
Elle laissa ses yeux tomber une fois de plus sur le garçon. Elle pouvait toujours choisir de l'ignorer et de continuer dans sa lancée mais après quoi ? Les enfants étaient aussi étrangers pour elle qu'elle l'était pour ce monde, ce garçon était le premier enfant qu'elle avait jamais vu et elle n'avait aucune idée de comment s'occuper d'un. Mais elle en voulait un. Elle avait toujours été fasciné par les légendes qui entouraient la race des hommes lorsqu'ils n'étaient pas complètement développés et surtout de la dévotion et de l'abondant amour qu'ils éprouvaient envers la femme qui les avait porté. Cet enfant pourrait être le sien, à défaut de le porter, c'est elle qui le ferait grandir et sa dévotion serait bien plus précieuse que les plus brillants trésors qu'elle avait laissé dans les fonds marins derrière elle.
Du coin de l'œil elle lança un regard vers Sirius. Elle supposait qu'il n'était pas le pire spécimen de la race humaine avec lequel partager son sang...Et ainsi, cet homme, ses yeux, sa rage et sa passion lui appartiendraient aussi. Les marins lui avaient dit que deux personnes réunit sous un même nom s'appartenaient l'une à l'autre. Et plus elle y pensait plus la proposition devenait intéressante. Elle avait voulu voler Sirius depuis le début mais il n'aurait pas survécu aussi loin de son monde et elle avait dès à présent la possibilité d'avoir en sa possession un homme et un enfant et une vie de confort loin des eaux froides auxquelles elle était habituée.
Et si les choses ne se passaient pas comme elle le voulait, elle pourrait toujours les tuer tous.
Un sourire charmant prit place sur son visage alors qu'elle répondait d'une voix doucereuse :
- J'accepte votre proposition.
Alphard avait gardé son masque de politesse mais une étincelle de suspicion brillait à présent dans son regard et cette étincelle se reflétait dans les yeux argent de son neveu. Ils étaient méfiants de son accord rapide, pensa-t-elle amusé.
Elle serra le garçon plus fort contre son corps froid. C'est bien. Ils devraient.
§§§
Lumena était allongée sur le lit de la chambre qui lui avait été assigné, ses yeux fixés sur les superbes peintures qui dansait sur le plafond. Le garçon l'avait une fois de plus surprit, lorsqu'ils lui avait annoncé ce qu'ils allaient lui faire il n'avait pas été effrayé et n'avait pas montré ne serait-ce qu'un soupçon d'opposition. Il n'avait peur ni de la magie, ni du rituel, ni même de la douleur et était juste infiniment reconnaissant de la nouvelle vie que l'on voulait lui accordé.
Il lui avait fait pensé à sa propre volonté de vivre, de tenter rien qu'un peu. Elle n'avait pas peur des risques, ni de la douleur elle n'ont plus si cela voulait dire qu'elle pouvait ressentir et vivre aussi fort que Sirius ne serait-ce que pour quelques minutes.
- Tout va bien ?
Elle tourna la tête et vit l'héritier de la famille Black, pâle et faible alors qu'il s'appuyait contre la porte. Il ne resta pas longtemps sur ses pieds et se laissa tomber le divan qui se trouvait à côté de l'entrée.
L'homme moyen avait au sein de son corps entre cinq et six litres de sang, la femme moyenne en possédait entre quatre et cinq et un enfant environ trois. Mais Harry qui souffrait de malnutrition n'en avait en vérité que deux et demi. Alphard avait complètement vidé l'enfant de son sang et l'avait remplacé par un litre et demi de sang venant de Sirius et un litre venant d'elle.
- Alphard a dit que nous devrions éviter de bouger pour l'instant, dit-elle sur un ton laconique.
- Et est-ce que j'ai l'air d'en avoir quelque chose à faire ? Répondit Sirius d'un ton amusé alors qu'il passait une main sur son front blême. Je t'ai posé une question, non ?
- Pourquoi est-ce que cela t'intéresse ? Tu as ce que tu voulais, n'est-ce pas ? J'ai vu la manière dont tu regardais le garçon, tes yeux parlaient d'eux-même, tu voulais le voler et en faire ton fils depuis longtemps déjà..."
L'héritier tourna la tête vers elle et dit d'une voix calme et confiante.
- Oui, c'est vrai.
Dès qu'il prononça ces mots, Lumena sentit un changement dans l'air. Son corps se tendit, comme en alerte devant un grand danger. Ce n'était pas logique, il n'y avait rien dans cette pièce si ce n'est eux deux et Sirius était trop diminué et n'avait aucune raison pour l'attaquer.
Mais, ses instincts ne l'avaient jamais trompé et il y avait quelque chose sur le visage de cet homme, comme si...un masque était tombé. Une lueur de folie brillait dans ses yeux et un sourire étirait ses lèvres illuminant son beau visage. Pour la première fois depuis qu'elle était avec lui il ressemblait en tout et pour tout à un Black, à un roi fou.
- Qu'est-ce que tu as fait ? Demanda-t-elle d'une voix méfiante.
A ce moment là il éclata de rire, sa tête partant en arrière pour reposer dans un bruit sourd contre l'accoudoir du divan.
- Tu ne comprends toujours pas ? Demanda-t-il d'une voix exaltée. C'est exactement ce que tu as dit pourtant, j'ai tout ce que j'ai toujours voulu ! Quoi ? Est-ce que tu pensais vraiment que j'aurais pu passé six ans dans ce trou sans avoir comprit qui j'étais ? Non ma chère...Non...Lorsque l'on est enfermé par quatre murs noirs et que le seul visage humain que l'on peut voir est son propre visage dans une flaque d'eau sale, l'on finit par s'accepter tel que l'on est. Auparavant j'avais toujours essayé de me cacher de moi-même et de mes désirs. Mais plus maintenant. Pourquoi essaierai-je de me contenir et ainsi de protéger les personnes qui m'ont abandonné alors que je pourrais laisser libre cours à mes désirs...et à ma rage."
Ainsi c'était le vrai visage de Sirius Black, pensa-t-elle. Elle aurait dû savoir que la malédiction de la famille Black ne l'aurait pas épargné, la folie coulait dans leur sang aussi sûrement que la beauté sculptait leurs traits et que l'or emplissait leurs poches.
- Et où est ma place dans ce...merveilleux plan ?
- Et bien, continua-t-il sur un ton joyeux. Il est évident que notre rencontre tient du destin, tu m'as à près tout trouvé alors que j'habitais dans les ombres et tu m'as donné un futur inespéré. Tu es celle qui a proposé de me suivre lors de mon pèlerinage dans ce monde, et je compte bien à ce que cela dure...pour toujours.
- Tu parles comme si tout était décidé, mais ce n'est pas le cas, je peux toujours partir. Je peux encore te laisser, grinça-t-elle entre ses dents.
- Ho ! Mais c'est la meilleure partie ! Tu ne peux pas ! Répondit Sirius d'un ton rieur.
Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- Nous avons été légalement marié aujourd'hui. Mon oncle t'a proposé d'être ma femme et a été clair dans ce que cela impliquerait, et tu as accepté comme moi, de plus il nous a aussi servit de témoin externe pour valider notre acceptation. Tu as volontairement accepter la proposition et le mariage a été consommé et validé par la conception de notre enfant, dans la pièce voisine...Notre sang a même été mélangé, ce qui remplit toutes les conditions d'un mariage sorcier. De plus le divorce est quelque chose qui n'existe que dans le monde moldu et l'annulation du mariage ne peut être faite si un enfant a été conçut dans les règles. Lumena Black. N'est-ce pas merveilleux, nous sommes maintenant lié pour l'éternité...
Lumena se sentait trembler sous la colère et l'incrédulité alors qu'elle fixait le beau visage confiant illuminé par un sourire amusé.
- Tu as prévu tout ça depuis le début...marmonna-t-elle alors qu'elle était frappé par la compréhension.
- Bien sûr, confirma-t-il simplement. Je suis un homme comme les autres et je ne suis pas immunisé contre ton charme, je voulais que tu sois mienne depuis que nous nous sommes rencontrés mais à la différence des autres, je ne suis pas bête, et je savais que je devais être prudent. Alors j'ai simplement joué le rôle que j'ai joué toute ma vie : le "bon" Black, celui qui est différent des autres. Le seul qui a échappé à la malédiction de son sang. Tu es en partie tombé dedans, à telle point que tu ne m'aurais jamais cru capable de...comment l'as-tu dit ? Ah oui, me jouer de toi, te manipuler, choisis. Après tout je n'étais pas assez Black pour faire cela, non ?
- Pourquoi ? Demanda-t-elle sur un ton essoufflé.
- Parce que nous nous ressemblons bien plus que tu ne le penses. Je ne connais pas les ténèbres des froids océans mais je connais les ténèbres et je connais le froid. Je connais la solitude, la folie et le désir de voir la lumière. Et dans l'enfer que je vivais, tu as été la seule lumière à venir me voir, et à m'apporter un peu de paix.
- N'essais pas de me charmer fils des Blacks. Tu es fou et ton cœur est une sombre, sombre chose d'une avidité abyssale."
- N'est-ce pas aussi le cas de tes bien-aimés océans ? Ils semblent être un rêve miroitant lorsqu'ils sont caressés par la lumière du soleil mais toi seul sait véritablement à quoi ressemble leurs profondeurs...
Lumena laissa un sourire sec couvrir ses lèvres alors qu'elle se redressait et sortait du lit. Elle s'approcha de Sirius d'une démarche chancelante et elle se laissa tomber sur lui, agrippant les cheveux de sa nuque pour lui redresser la tête et le regarder dans les yeux.
- Je pense que tu as oublié qui tu chassais, fils des Black, dit-elle d'un ton glacial. L'océan n'est pas mon bien-aimé. Il est moi et je suis lui. Je suis peut être entré dans la cellule que tu as préparé pour moi mais tu y es entré avec moi et je ne pense pas que tu comprennes véritablement avec quoi est-ce que tu t'es enfermé. A partir de maintenant tu es autant mon prisonnier que je suis le tien, et tu devrais savoir que mon cœur est bien plus sombre, avide et impitoyable que le tien.
Arquant un sourcil et son sourire toujours présent sur son visage l'homme se contenta de dire simplement :
- Jamais je n'ai eu un compagnon de cellule aussi charmant...
§§§
Tout était sombre autour de lui et ses paupières semblaient être en pierre, mais cela ne l'embêta pas plus que cela, car il connaissait d'hors et déjà la lourdeur d'un corps épuisé.
Mais quand il rouvrit les yeux, la poussière, les araignées et le papier peint rapé ne furent pas ce qui l'accueillit. Ses lèvres fatiguées s'étirèrent en un sourire alors qu'il vit les tapisseries finement brodé et le regard impressionné des sorciers dans les portraits. Un rire fou se fit bientôt entendre alors que le visage d'Alphard Black apparaissant au-dessus de lui.
Le bel homme avait un étrange sourire et de larges cernes ornaient ses yeux. Mais même avec ses cheveux en bataille et ses vêtements froissés de la veille, il avait l'air en tout point du parfait noble qu'il était.
- Ça a marché ! Ça a marché ! S'exclama-t-il. Il est parfait ! Tout simplement parfait !
Alphard regardait le garçon sous tous les angles passant une main dans ses cheveux, sur son visage comme s'il n'arrivait pas à croire ce qui se présentait devant ses yeux. Le garçon était la réplique parfaite de Sirius lorsqu'il était jeune. Il avait la même beauté insolente, les même traits séraphins, les mêmes longs membres et une taille haute pour un enfant mais ses yeux...Ses yeux n'étaient pas ceux d'un Black, et il n'avait pas la teinte argent particulièrement intense de Sirius, mais étaient du même bleu inhumain, de cette même teinte que l'on ne pouvait trouver sur cette terre et qui appartenait à la femme qui dormait à l'étage du dessus.
Un bleu si merveilleux et enchanteur qu'il semblait contenir en son sein toutes les teintes de toutes les mers et océans, rivières et étangs, un bleu qui semblait vivant et vibrait assez pour amener les esprits les plus faibles comme les sorciers les moins préparés à genoux...
Par le ciel...Avec ce garçon quel pouvoir, quel prestige, quelle gloire serait apporté au nom des Blacks ! Alphard calma ses touchés frénétiques et un sourire satisfait reposa sur ses lèvres. Il passa une main dans les cheveux sombres et soyeux de son nouveau petit-neveu et dit simplement :
- J'accueille ta naissance dans le monde, Altair Sirius Black.
A suivre...
Pour les reviews anonymes, merci à Amista, Adenoide et Shimmer et pour répondre à leur questions ma fréquence de parution sera d'environ 1 ou 2 chapitres par semaine et pour l'horcruxe, je vais simplement dire que tout ce qui est d'Harry Potter est mort ce soir-là.
A bientôt tout le monde !
