DISCLAIMER: l'oeuvre de Conan Doyle ne m'appartient pas: et ça se voit !


Chapitre 4

- Ce n'est qu'un sale enfoiré de merde ! Putain, David, j'avais envie de le frapper ! Comment ça «ça m'apprendra à mentir» ?! Mes mensonges t'ont sauvé la vie plus d'une fois, espèce d'ingrat ! Non, ne raccroche pas ! J'ai besoin de défouler ma rage ! Ah ouais. Tu sais, je t'ai parlé des deux crétins qui squattent mon appartement ? Il s'avère qu'ils sont assez... cool. Je les aime bien mais ils vont quand même devoir dégager le plancher... Putain, David, j'ai pas de job' ! J'en ai marre ! Pourquoi moi ?! Non, je ne retournerais chez pas un psy' ! C'est moi la psy' !

Assise dans les escaliers, Clémence Bron discutait au téléphone avec son meilleur ami. Cela faisait presque dix minutes qu'elle était rentrée et, constatant l'absence d'une personne à qui se plaindre, elle avait emprunté le téléphone fixe de sa tante et avait appelé son meilleur ami.

Tandis qu'elle parlait, la porte d'entrée s'ouvrit, laissant entrer un homme aux cheveux bouclés et son acolyte blonds. John salua rapidement la psychiatre en montant les marches des escaliers. Sherlock, lui, l'ignora complétement.

- Euh... Ah oui, donc, je te disais...

- Maria Pandroski couchait avec Samuel Skyres ! S'exclama Sherlock depuis l'appartement. Reste à trouver comment le prouver...

- David, je vais devoir te laisser. Je te rappelle plus tard, d'accord. Ouais, désolée. Et merci, sourit la jeune femme en raccrochant.

Elle laissa le téléphone fixe dans les escaliers et monta à l'étage.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Demanda Clémence en s'asseyant dans l'un des deux fauteuils.

- Du café, Clémence ? Questionna John.

- Non, ça ira.

- Maria avait un agenda bien rempli, et un seul nom apparaît plusieurs fois, expliqua Sherlock en agitant un carnet. Contenu du travail de Maria, de ses goûts concernant les hommes...

- Comment tu connais ses goûts ?

- Lèvres pulpeuses, longs cils, visage carré et limé, nez droit, grands yeux, bon tour de poitrine, courbes voluptueuses, énuméra le détective. Pour une belle femme, il faut un bel homme. De plus, contenue de leur Q.I respectifs, ils devaient formés un beau couple.

Sherlock tendit à Clémence, installée sur son fauteuil, une photographie de Samuel Skyres. Elle ne put réfréner un petit hochement de tête.

En effet, leur suspect numéro un faisait un bon mètre quatre-vingt-dix. Il était mince, svelte, et incroyablement bien musclé. Sa peau était basanée et ses cheveux blonds. La photographie avait été prise à la plage pendant que le jeune homme bronzait sur le sable fin.

- Skyres est la dernière personne à avoir vu Maria avant qu'elle ne soit retrouvée dans un caniveau, conclut Sherlock.

- Donc, c'est sûrement l'assassin, ajouta la psychiatre. Mais comment tu comptes prouver ça ? Et il est hors de question que je serve d'appât !

Sherlock monta sur le canapé avant d'en redescendre. Il posa le carnet sur son bureau, se saisit d'un violon et l'inspecta. Pendant ce temps, Clémence se saisit du calepin et le feuilleta. Les pages étaient presque toujours complété par des informations telles que faire les courses, rendre visite à grand-mère ou faire un tour à l'église.

- Non, bien sûr que tu ne serviras pas d'appât, s'agaça le détective. Tes compétences en la matière sont nulles.

L'homme tourna plusieurs fois sur lui-même, son instrument entre les mains.

- Qu'est-ce qu'il fait ? Chuchota Clémence.

John haussa les épaules, prenant son ordinateur portable sur le bureau.

- Une étude a prouvé que l'exercice physique influe sur les capacités mentales des individus, déclara Sherlock. Mais ça ne marche pas... Les scientifiques ! Presque tous des idiots ! John, où sont mes cigarettes ?!

- Tu as arrêté de fumer..., répondit celui-ci.

- John !

La jeune femme soupira en s'enfonçant dans son siège.

- Tu pourrais pas te dépêcher de trouver ce que l'on doit faire ? Questionna t-elle, n'appréciant pas cet état végétatif dans lequel elle se trouvait.

- Ennuyant, gronda le détective en se laissant tomber sur le canapé.

Clémence poussa un soupir.

- On ne pourrait pas... ?

- Entrer par effraction chez Skyres ? Devina Sherlock avant d'éclater de rire. Bien sûr que si ! Sauf qu'il n'est pas chez lui.

- Et comment tu sais ça ?

- Parce qu'il vit aux États-Unis, répondit John. Et que sa femme a averti la police locale de son absence.

La jeune femme secoua la tête.

- D'après toi, c'est un tueur en série ? Continua t-elle . Ou juste un assassin du dimanche ?

- C'est...

Le détective écarquilla les yeux et posa son violon sur le canapé. Il fit plusieurs pas, le regard perdu. Un sourire jouissif prit ensuite place sur les lèvres de Sherlock alors qu'il attrapait brusquement Clémence par l'épaule. Sa bouche s'ouvrit mais seul un rire franc en sortie tandis que son propriétaire se mettait à danser dans la pièce.

- C'est ça, répéta t-il plusieurs fois. C'est ça !

- Sherlock ? Ne comprit pas John.

- Ce qu'on fait le dimanche ! S'exclama le détective. C'est tellement logique ! Ça tombe sous le sens ! Pourquoi n'y ais-je pas pensé plus tôt ?!

Clémence fronça les sourcils.

- Et qu'est-ce qu'on fait le dimanche ?

- Oh, s'écria John. Mais oui !

- Mais de quoi ?

- Maria allait à l'église ! Lança Sherlock.

- Oui, consentit la jeune femme.

- Nous sommes un dimanche ! Récapitula le détective. Samuel n'est pas chez lui et ne travaille pas ! Où pourrait-il être ?!

- Chez des amis ?

Le regard hautain de Sherlock blessa la psychiatre plus qu'elle ne le laissa paraître. Et, tandis que les deux hommes partaient récolter des aveux ou des preuves de la culpabilité de Samuel, Clémence resta plantée au milieu du salon. Les poings serrés, elle aperçut John donner un coup de coude au détective tout en la désignant du doigt mais Sherlock, trop pressé, n'y prêta pas attention. Il sortit de l'appartement avec le médecin, oubliant de fermer la porte derrière lui.

Sale con. Clémence se massa le visage, repensant à sa journée. Elle s'installa sur le canapé en observant les deux locataires prendre un taxi. Je ne deviendrais jamais psychiatre et je me contenterais de rester là, se rendit compte la jeune femme, seule, dans le salon. Et son cœur se serra. Elle n'avait peut-être plus rien à faire ici. Qu'est-ce qui la retenait à part ses souvenirs ? Elle aimait Londres, certes, mais le monde lui ouvrait les bras. Elle pouvait bien choisir une autre ville où s'établir.

- Clémence ? L'interpella madame Hudson en entrant dans l'appartement.

Son vieux visage et ses yeux débordant de gentillesse réconfortèrent immédiatement la jeune femme qui eut un pâle sourire.

- Ça va ? Questionna sa tante en s'asseyant sur le canapé. Les garçons ne te fatiguent pas trop ?

- Ne t'inquiètes pas, discuta Clémence. C'est rien.

Madame Hudson posa sa main sur les cheveux de sa nièce et les caressa doucement.

- Ma pauvre petite puce, sourit tristement la vieille dame. Qu'est-ce qu'il t'est arrivé pour que tu sois si triste ?

Elle se tut avant de répondre à sa propre question:

- Tu es la bienvenue ici, Clem'. Tu le sais, j'espère. C'est vrai que ce n'est plus comme avant, que ton oncle et David ne sont plus avec nous... Mais, avec Sherlock et John, on...

Madame Hudson ne termina pas sa phrase et posa sa tête sur l'épaule de la jeune femme. Cette dernière, les yeux plantés sur la cheminée, ne scia pas, se contentant de maintenir toutes ses forces dans le simple fait de ne pas fondre en larmes.

- Regarde moi, Clem'. Regarde moi, ordonna la vieille dame.

Clémence pivota durement vers sa tante.

- Tu es parfaite, tu m'entends ? Reprit madame Hudson. Tu es belle, intelligente, modeste, généreuse, soucieuse. Tu as tes défauts comme le fait que tu sois violente, pimbêche, légèrement égocentrique et hyperactive, mais tu ne dois pas oublier que les autres en ont aussi.

Les deux femmes s'observèrent silencieusement avant que la plus vieille ne se mette à sourire.

- J'ai reçu un appel de Lestrade pour Sherlock. J'aime bien savoir où sont les garçons et quand est-ce qu'ils rentrent... Donc, j'ai reçu cet appel qui disait que le suspect numéro un avait pris une chambre d'hôtel rue Sénèque. Il a été aperçu par Lestrade lui-même. Ne me demande pas ce qu'il faisait rue Sénèque, ça le regarde ! Mais quand même, à son âge...

- L'adresse ? Demanda Clémence.

- Ah, euh, oui: Rue Sénèque, 223, lui répondit sa tante.

Après avoir chaudement remercié sa tante, la jeune femme prit son manteau et descendit dans la rue où elle héla un taxi.

- Rue Sénèque, ordonna t-elle dans un sourire.

Elle allait leur prouver à tous. Elle allait leur montrer que ses mensonges étaient aussi utiles que les déductions de Sherlock, que les informations de John. Elle allait leur montrer qu'elle pouvait faire quelque chose de sa vie.


Le taxi s'arrêta sur la bas-côté de la route. Clémence en descendit rapidement, laissant le conduction l'insulter. Parce que oui, elle n'avait pas d'argent pour payer... Elle inspira l'air pollué et s'enfonça dans la foule bondant la rue. La jeune femme tenta de se frayer un chemin entre les prostituées, les ivrognes ou simplement les passants et, après plusieurs minutes de marche, elle finit par atteindre le 223, rue Sénèque. Un agent de sécurité -qu'est-ce qu'il fichait là ?- lui refusa cependant l'accès, clamant que les flic' n'étaient pas admis. Très bien, pensa Clémence. À Rome, fait comme les Romains. Elle inspira profondément et changea de cible, entrant dans une boutique de vêtements. Elle s'approcha de la vendeuse, derrière son comptoir.

- Police, c'est une réquisition, déclara la jeune femme.

- Quoi ? S'étrangla la vendeuse. Vous faut un mandas pour ça !

- On est pas dans les séries américains ! J'ai besoin de certains de vos vêtements !

- Quoi ?!

- Ceux de votre magasin, précisa Clémence en haussant un sourcil. C'est pour...

- Ouais, c'est ça, la coupa la vendeuse. Montrez moi votre plaque d'abord !

La jeune femme se mordit la lèvre.

- Je suis vraiment désolée mais c'est très urgent, promit Clémence en se tournant vers les rayons du petit magasin.

Le lieu était vide de toutes autres personnes.

Brusquement, l'apprentie détective contourna le comptoir sous les cris de fureur et de peur de la vendeuse. D'un coup sec, la jeune femme lui décrocha une droite qui envoya la pauvre vendeuse au sol, sonnée pour quelques minutes. Étouffant une nouvelle excuse, le cœur déjà empli de culpabilité, Clémence attrapa les vêtements les plus provocants qu'elle trouva et partit se changer dans l'une des cabines. Une fois la chose fait, elle sortit de nouveau dans la rue, serrant les dents devant les regards avides des passants. La jeune femme se dirigea de nouveau vers le 223 et, cette fois, entra. À peine fut-elle dans l'entrée qu'elle se dirigea vers l'hôtelier derrière son comptoir. Celui-ci, un peu saoul, lui fit un sourire pervers.

- La chambre de Samuel Skyres, ordonna Clémence.

- Tu veux pas rester avec moi plutôt ? Proposa l'hôtelier avec un regard lubrique.

- Samuel Skyres, répéta la jeune femme.

- Ouais, ouais, la 15.

Tandis qu'elle s'approchait des escaliers, elle entendit l'hôtelier l'insulter. Poussant un soupir, Clémence parcourut le premier étage du bâtiment à la recherche de la chambre numéro 15 qu'elle trouva au niveau supérieur. Se raclant la gorge, la jeune femme frappa à la porte. Contre toutes attentes, ce ne fut pas Samuel Skyres qui lui ouvrit mais une femme d'une vingtaine d'années.

- C'est pour quoi ? Demanda t-elle.

- La chambre de Samuel Skyres ? L'ignora Clémence.

- Oui, mais... Hé, qu'est-ce que vous faites ?!

L'ancienne étudiante pénétra dans l'appartement, poussant la potentielle prostituée. La chambre d'hôtel était miteuse et les draps du lit étaient défaits. L'«invitée» de Samuel était habillée d'une nuisette et criait à la mort contre ce «cambrioleur».

- Où est-il ? Demanda Clémence.

- Je ne vous le dirais pas !

L'apprentie détective fronça les sourcils, s'obligeant à prendre un air agressif.

- À l'église, murmura la prostituée.

- Pardon ?

- Il est à l'église ! Répéta t-elle plus fort.

La chambre était meublée de manière à ce que personne ne puisse s'y cacher. Le lit, trop bas, ne permettait pas à Clémence de se glisser dessous. Tant pis pour l'effet de surprise, pensa la jeune femme. D'un signe de tête, elle fit signe à l'«invitée» de débarrasser le plancher. La porte claqua, Clémence sauta sur le matelas. Les coudes posés sur ses genoux, elle se mit à songer que si jamais son plan échouait, elle aurait de réels problèmes. Comme être emmener par la police pour coups et blessures contre une pauvre vendeuse. Ou alors, réfléchit Clémence, ou alors Skyres se chargerait de son compte.

La jeune femme déglutit en comprenant qu'elle ne se fixait que sur des hypothèses, sur aucune preuve, à part le jugement d'un détective voleur d'appartement. Et s'il s'était trompé ? Et si Skyres n'était pas le coupable ? Clémence secoua la tête. Au pire, pensa t-elle, je récolterais au moins des indices. Soudain, la jeune femme aperçut un caméscope posé au pied du lit. Clémence eut un sourire en allumant l'appareil. Sans regarder son contenu, elle le posta face à la porte. Elle n'eut pas à patienter longtemps et, au bout d'un certain temps, un homme entra dans la pièce.

- Oh, une poulette dans ma chambre ! S'exclama t-il en titubant jusqu'au lit. Quel beau cadeau d'adieu !

- Samuel Skyres ? Demanda Clémence en jetant un coup d'œil à la seconde sortie de la chambre: la fenêtre.

Celle-ci donnait droit sur la rue.

- Le seul et l'unique, chéri !

- Vous partez ? Continua celle-ci.

- Demain, j'prends un avion pour Paris ! Répondit Samuel.

Il approcha une main avide vers la cuisse de la jeune femme mais celle-ci sauta du lit pour rejoindre la porte.

- Avez-vous assassiner Maria Pandroski ? Questionna Clémence.

- Hein ? C'est qui ça ?

- L'une des prostituées que vous voyez régulièrement.

Samuel haussa un sourcil et se redressa.

- Attends... t'es pas une pute ? S'écria l'homme.

- Bien sûr que non.

- T'es flic' alors ? Demanda t-il.

- Non plus, déclara Clémence.

- Pourquoi tu me poses ces questions dans ce cas ?

- Je veux juste savoir, avoua t-elle.

Monsieur Skyres se gratta la joue en poussant un long soupir. Il se recoucha sur le lit.

- Non, j'ai tué personne.

- Où étiez-vous avant-hier soir ?

- Avec ma femme, chez nous. Vous pouvez vérifier.

Clémence se racla la gorge.

- Au sujet de Maria Pandroski, la dernière fois que vous l'avez vu, comment allait-elle ? Continua la jeune femme.

- Bah, normal.

La porte de la chambre s'ouvrit.

- Service d'étage, prévint un homme mince en entrant.

Il portait l'uniforme et une casquette de baseball mais Clémence ne prêta pas attention au nouveau venu et lui tourna le dos, préférant bombarder de question Samuel Skyres.

- Normal comment ?

- Pff... Elle était très calme, comme d'hab' quoi, grommela l'homme. Ah non en fait ! Quand on… -tu vois ?- et qu'on nous dérangeait, c'était pas grave pour elle. Mais là, elle s'est barrée illico presto !

- Je vois... Et qu'est-ce qui vous a dérangé ?

Samuel se mordit l'intérieur de la joue en écarquillant les yeux.

- Le..., balbutia t-il

- Le ? L'interrogea Clémence.

- Le service d'étage.

Un frisson de peur parcourut l'échine de la jeune femme alors qu'elle pivotait lentement vers le nouveau venu. Ce dernier avait enlevé sa casquette de baseball, laissant apparaître un visage striée de cicatrices. Il tenait dans sa main un gros couteau.

- Vous avez tué Maria Pandroski ? Questionna Clémence, tremblante.

- Oui.

Elle aperçut Samuel se rapprocher d'elle en quête de soutien.

- Pourquoi ? Continua la jeune femme.

- Aucune importance..., soupira l'assassin. Mais ne vous inquiétez pas, vous ne tarderez pas à la rejoindre.


Sherlock poussa un cri de frustration.

- Il a un coup d'avance maintenant ! Et dire qu'on l'avait presque coincé !

- Il n'y a plus qu'à rentrer, soupira John. J'espère que madame Hudson nous a préparé des gâteaux...

Le détective haussa les épaules et plongea sa main dans sa poche. Sortant son téléphone, il consulta ses messages. Il en avait reçu un de la part de sa logeuse: «J'ai reçu un message de la part de Lestrade sur votre suspect et j'ai donné les indications sur sa position à Clémence ! Elle est partie sans rien dire ! J'ai peur qu'il lui soit arrivé quelque chose ! Allez la chercher, s'il vous plait ! Rue Sénèque, 223» Sherlock eut un sourire et rangea son portable dans son manteau. Il rejoignit John sur le trottoir et héla un taxi. Les deux colocataires se pressèrent à l'intérieur et, alors que le médecin allait donner l'adresse de leur appartement, le détective fut plus rapide. Il ordonna au chauffeur de les conduire rue Sénèque.

- Qu'est-ce qu'on va faire là-bas ? Questionna John. Skyres n'est pas si stupide pour trainer dans ce coin de Londres ! Il se ferait trop vite remarquer !

Sherlock colla sa tête contre la vitre en poussant un long soupir.

- Ne surestime pas trop les criminels, certains sont vraiment stupides.

- Pas si stupide vu que la police ne l'a pas attrapé, fit remarquer le médecin.

- Scotland Yard a complétement ignoré l'affaire parce qu'elle touchait un point sensible de la population Londonienne -la prostitution, expliqua le détective. Notre voleur veut simplement rendre justice.

- Tu as trouvé qui été le coupable ? Demanda John.

Sherlock fit rouler entre ses doigts les trois rubis qu'ils avaient trouvé à chaque étape de leur enquête, ignorant la question de son ami. Ce dernier fronça les sourcils.

- Un problème ? Demanda le médecin.

- Non. Aucun.


Clémence avait du mal à respirer à cause du bâillon sur sa bouche. Ses bras étaient ligotés à l'aide de menottes. La jeune femme était misérablement attachée à l'un des pieds du lit.

Samuel Skyres, lui, était installé sur le matelas, inconscient et maintenu en position assise par son assaillant. Au bout du treizième coup porté par l'assassin de Maria, Samuel avait perdu connaissance. L'assaillant, après avoir répondu aux questions de Clémence, lui avait ordonné de s'asseoir au pied du lit. Il avait clairement expliqué, de sa voix claire, ce qui était arrivé à la sois-disant prostituée et qui se répéterait avec Samuel. L'assassin s'était ensuite présenté sous le nom d'Adam. Puis, il avait mollement posé sa casquette et sa veste sur le lit et avait attaché la psychiatre. Finalement, lorsqu'il avait été certain que personne ne se mettrait en travers de son chemin, Adam avait sorti un couteau. Clémence ne comptait plus le nombre de fois où la lame avait coupé la chair du pauvre Skyres.

Au début, les cris de douleurs de l'homme l'avait terrorisé. Puis, elle avait fini par ne plus les entendre. L'ancienne étudiante se contentait de trembler en silence, dégoulinante de sueur, pleurant à chaudes larmes. Si seulement elle avait eu un portable, elle aurait pu appeler Sherlock ou Lestrade...

- Enfoiré, murmura Adam.

Skyres avait dû finir par mourir car son assassin baissa les yeux sur Clémence, s'attaquant à sa seconde proie. Cette dernière songea brusquement au caméscope qui filmait tout.

- À nous deux maintenant.

La jeune femme renifla tandis que son tortionnaire s'accroupissait pour être à sa hauteur. Il lui retira son bâillon, ponctuant son geste d'un clin d'œil malicieux. Ses mains marquées par le sang laissèrent des traces sanguinolentes sur le visage de Clémence. Cette dernière était incapable de bouger, paralysée par la peur.

- T'es pas une pute, pas vrai ? Demanda Adam.

La jeune femme secoua vivement la tête, muette. Son assaillant passa ses doigts poisseux dans ses cheveux, caressant par intermittence son visage.

- Si faible et pourtant si courageuse, chuchota t-il. Samuel est comme toi...

- Vous... Vous connaissiez avant ?

Clémence fronça les sourcils. Comment arrivait-elle encore à s'intéresser à l'enquête alors qu'elle était si proche de sa mort ?

- Oui, moi et Samuel, c'est pour la vie, avoua Adam.

- Dans ce cas... Pourquoi ?

Le tortionnaire haussa un sourcil en aplatissant la lame de son couteau sur le cou de la jeune femme.

- Vous parlez trop...

Clémence se remit à pleurer sans pour autant lâcher son assaillant des yeux. Adam était grand et possédait une longue chevelure brune. Ses yeux verts émeraude laissaient entrapercevoir une lueur mesquine qui lui était étrangement familière.

- Vous... ?!

La pression sur son cou se fit plus forte, l'empêchant de parler. Ce n'est pas le docteur Paladium, se ravisa la jeune femme, Adam est beaucoup plus jeune.

- Tiens ? Je ne vous aurais pas cru riche, commenta t-il.

Clémence haussa un sourcil tandis que son tortionnaire retirait brusquement un bijou accroché à son tee-shirt, déchirant le tissu. Il porta ensuite l'objet à ses yeux. C'était une petite perle rouge collée à une épingle à nourrisse. Un autre rubis ! Se rendit compte la jeune femme.

- Rendez... !

Le coup de poing fut si puissant qu'il la sonna un quart de seconde. Clémence, les yeux embués par les larmes, sentit du sang se répandre dans sa bouche.

- Alors, on va se mettre à pleurer ?! Hurla Adam. Vas-y, implore moi ! Je t'écoute ! Personne d'autre ne pourra rallonger ta petite vie !

L'ancienne étudiante baissa les yeux et renifla. Stupide. Elle avait risquer sa vie pour satisfaire sa fierté mal placée. Stupide. Elle avait été incapable de protéger Samuel Skyres, un innocent. Stupide. Elle allait en payer le prix. Stupide. Des larmes dévalèrent ses joues. Personne ne pourrait rallonger sa vie...

- Personne pour la rallonger, accorda une voix. Beaucoup pour la sauver.

Clémence leva les yeux, tourna la tête vers la fenêtre et étouffa un cri de joie en apercevant Sherlock Holmes.

- T'es qui toi ? Gronda Adam. Et comment t'es rentré ?

Le regard perçant du détective se posa brièvement sur la jeune femme attachée au pied du lit. Clémence tenta aussitôt de paraître plus calme qu'elle ne l'était, moins heureuse aussi.

- Je vous pose les mêmes questions, répondit Sherlock sur une voix égale à celle du tortionnaire.

- Adam.

- Sherlock. Vous avez tué Maria Pandroski.

- Bravo, sourit le tortionnaire. Vous aussi vous êtes flic' ?

- Non, détective consultant, répondit Sherlock. Pourquoi ?

- Pourquoi quoi ?

- Avoir tué Maria Pandroski.

- Elle était entre Samuel et moi..., expliqua Adam. J'ai dû la faire disparaître.

- Un crime passionnel, comprit le détective.

- L'amour nous fait faire des choses indécentes.

- Et stupide.

- C'est pourtant la raison qui vous a fait venir, non ?

Sherlock éclata d'un rire franc. Cependant, il reprit aussitôt son sérieux.

- C'est exact, accorda t-il ensuite. J'aime arrêter les gens comme vous. Je vous aime particulièrement d'ailleurs.

- Cette déclaration me fait chaud au cœur, s'amusa Adam. Mais... Si vous êtes vraiment venu pour m'attraper, qu'est-ce que vous attendez ?

Clémence se mordit l'intérieur de la joue. C'est vrai ça, Sherlock, qu'est-ce que tu attends ? Sors moi de là !

- Je gagne du temps, avoua le détective. Mais ne vous inquiétez pas, la police arrive.

- Comment vous m'avez trouvé ? Demanda soudain Adam. Tout les deux, comment vous avez fait ?

- C'est une erreur, raconta Clémence, sortant de son mutisme. On pensait que c'était Skyres était l'assassin...

- Tu pensais, corrigea Sherlock. J'ai toujours su que Skyres n'était qu'un pion dans cette histoire

Devant le regard choqué de la psychiatre, le détective s'expliqua:

- Non, je te l'ai seulement fait croire. Je savais que Skyres finirait par nous guider jusqu'à notre assassin. Et, visiblement, il l'a fait.

La jeune femme s'humidifia les lèvres.

- Bien, déclara Adam. Maintenant que tout est clair, je vais pouvoir m'en aller.

- Je ne pense pas, avança Sherlock.

Les deux hommes s'observèrent en chien de faillence. Le détective se rapprocha calmement de la fenêtre et mit distraitement sa main dans la poche de son long manteau noir. Adam se tendit. Ils restèrent là de longues secondes.

Le tortionnaire, soudain, poussa un cri et s'élança vers son ennemi, brandissant son couteau. Sherlock sortit immédiatement un objet de sa poche. Et puis, dans un brusque fracas, la vitre vola en éclat.


Bonjour... ! J'ai reçu beaucoup de commentaire et je vous en remercie ! u_u Je sais que j'avais dit qu'après cette enquête, je me référerais à la série mais j'ai tellement d'idées et il y a tellement peu d'épisodes que j'ai décidé de créer encore mes propres enquêtes... Désolée d'avance si elle ne vous plaise pas.

Gretchen: Je ne pense pas que tu sois lyncher pour ça ! xD Au sujet de ta question... On va dire que la réponse va prendre un peu de temps à arriver ! Quant à ta seconde question→BIEN SUR QU'IL Y AURA DE LA ROMANCE ! *^* Elle prendra cependant son temps... Merci beaucoup pour ton commentaire ! Cela me touche beaucoup que tu prennes le temps de m'écrire !

Lisa: Bonjour ! Bienvenue ! OUI ! OUI ! La réponse à ta question est un grand "OUI" ! Mais comme dit précédemment à Gretchen: elle prendra son temps ! Merci d'avoir commenté et de m'avoir offert ton opinion. Au sujet de la publication des chapitres, normalement, je poste un chapitre toutes les deux semaines mais le délai peut s'allonger. Par exemple, avant de poster le chapitre trois, j'ai voulu écrire toute l'enquête avant.