Oh. Je pensais pas finir ce chapitre cette nuit. Je sais pas quoi en penser, comme pour tout ce que j'ai fais cette nuit en fait. Mais bon, c'est pas grave ^-^ je pense que je dis pas grand-chose dans ce chapitre, c'est beaucoup de blabla pour pas grand-chose au final :/ m'enfin j'ai pas mal posté cette semaine ^-^ alors bonne lecture, et enjoy *cœur*


Le soleil tentait de percer au travers des nuages. Le jour était de retour, enfin. Le matin, l'aube et son silence sur la belle Paris, autrefois la plus belle ville du monde, aujourd'hui capitale du chaos. Les gens étaient encore cachés derrières leurs volets clôts, n'osant pas encore regarder dehors ou le faisant discrètement, entre deux lattes de bois écaillées. Derrière le Patron le reste du petit groupe attendait fébrilement ses derniers ordres. La nuit avait été tellement sanglante, et ce dans les deux camps… Et dire qu'ils commençaient à s'habituer… Sur combien de corps laissés là étaient-ils tombés ? Chaque homme, chaque femme qu'ils avaient trouvé n'avait qu'enragé encore plus al bête qui vivait dans la poitrine du Patron.

L'homme en noir fixa le ciel gris. Il allait devoir rentrer maintenant… et… Il remonta ses lunettes et épousseta un peu sa veste. D'un geste de la main, il congédia silencieusement ses hommes, qui, eux, semblèrent ravis de retrouver leurs foyers. Il aimerait, ou aurait aimé être aussi enthousiaste à cette idée, mais il n'y parvenait pas, pas cette fois. Trop de choses à assumer. Déambulant dans les rue, en direction de l'appartement, il croisa plusieurs camions de nettoyage, et les employé qui jetaient les corps à l'arrière des bennes ou ils se faisaient broyer par les palles mécaniques, et passant un coup de karcher au sol, avant de partir pour un autre quartier, comme si de rien n'était, comme si c'était normal. Le sang dilué dans l'eau partait rejoindre les égouts et l'estomac du Patron se soulevait à chaque fois.

Les premiers rayons du soleil qui filtraient au travers des nuages auraient autrefois été un présage de renouveau. Aujourd'hui ce n'était rien de plus que la jour qui revenait sans cesse, haït et craint de tous. Les rues encore silencieuses et désertes portaient ses bruits de pas aux travers du dédalle de la ville. Il était seul à présent. Seul avec ses pensées, seul avec ses problèmes. Plus de têtes à exploser pour oublier, plus avant la nuit. Fourrant ses mains dans ses poches, il continua de marcher, et tandis que la rue s'illuminait et que les premiers travailleurs sortaient sans faire attention à lui, il atteint enfin la grande porte en bois massif de son immeuble. Il tapa le digicode et pénétra dans la hall, gravit une à une les marches qui séparaient du troisième étage et toqua trois coups espacé à la porte, signe qu'il était là. La porte s'ouvrit sur le Hippie qui resta un moment interdit, laissant ses yeux pâles voguer sur les tâches de sang qui maculaient sa peau, avant de s'effacer pour le laisser entrer. Sans prêter plus attention au reste de sa famille, il se dirigea vers sa chambre dont il ferma à double tour la porte.

Dans l'appartement, la vie (ou ce qu'il en restait) s'était arrêté lorsqu'il avait franchit le seuil. Tous demeurèrent muets, partagés entre l'envie d'aller le voir et les questions qui continuaient de tourner dans sa tête. Bien sûr qu'il était trop tôt, mais au fond d'eux ils avaient tous espéré que le Patron ait un geste, un regard au moins pour le petit être frêle qui déjeunait calmement sur le canapé. Mais rien. Rien. Peut-être avait-il besoin de plus de temps ? Le Geek regarda la fillette. Il connaissait le Patron, ils le connaissaient tous très bien. Peut-être que ça ne viendrait jamais, après tout.


Un grattement léger contre la porte lui fit ouvrir les yeux. Il n'avait pas sommeil, il ne s'était pas endormit, juste perdu dans ses pensées. Des pensées sombres et tortueuses qui le caractérisaient tellement bien. Qui ne le torturaient même plus, tant il avait l'habitude. Il ne ressentait même pas la fatigue de la nuit. Se relevant avec difficulté, il fit basculer le loquet sans se donner la peine de regarder qui entrait. Lorsqu'il sentit un poids près de lui sur le matelas, il releva enfin la tête et croisa, par-dessus leurs deux paires de lunettes, le regard soucieux du Hippie.

-Alors ?

La voix posée du Hippie créait un étrange contraste avec ses yeux si sérieux.

-C'était chargé, on a eu du boulot. Mais c'est le but, n'est-ce-pas ? On en a eu une bonne vintaine, si ont compte pas les… « Dommages collatéraux ».

Le Hippie garda le silence. Il avait l'habitude du ton neutre avec lequel le Patron racontait ce genre de choses. Fixant le vide encore quelques instants, il fini par changer de sujet, ne souhaitant pas entrer un peu plus dans les activités miliciennes de l'homme sombre.

-Hum… Tu sais que la petite t'a cherché en se levant ce matin ?

Le visage déjà bas du Patron se ferme encore plus, et le Hippie se demanda s'il ne venait pas de dire quelque chose qu'il n'aurait pas du dire…

-Je m'en fiche.

Le ton sec et cassant du Patron surprit le pauvre homme de Babylone qui regarda avec un air d'incompréhension son ami se retourner et lui tourner le dos.

-Mais, gros… c'est ta fille quand même…

-C'est pas ma fille.

-Mais…

-C'est juste une gamine qui est arrivée ici avec une lettre dégueulasse en disant « coucou papa c'est moi j'suis rentrée ». Si ça n'avait tenu qu'à moi elle serait déjà dehors. Et ce n'est pas ma fille.

Le Hippie resta muet face à ce discours surprenant et terrible. La violence dans ses paroles… Il n'en revenait pas. Dans une ultime tentative pour dénouer cet homme trop fermé, il posa doucement sa main sur sn épaule, et le sentit se tendre sous son costume noir.

-Patron…

-Dégage.

-…

-S'il-te-plait...

Soupirant, l'ancien camé se releva, frôlant du bout des doigts l'épaule du Patron. Il comprenait. Oui il comprenait cette réaction, ce rejet… il avait finit pas apprendre à connaitre le Patron, son caractère, au fil du temps, il avait apprit… Et pourtant, pourtant…


Sombre. Il faisait sombre. Il se demandait si on l'avait vu sortir de la maison… non, ils avaient prit l'habitude et de toute façon, personne ne faisait attention à lui. La voiture noire l'avait attendu quelques rues plus loin, et l'avait mené là où personne n'allait jamais. Et pourtant, c'était à peine à une demi-heure de route… si près, et pourtant si loin… Le quartier général de Kordo… Il l'avait bien cachée, cette base. Si bien que même des gens très haut placés ignoraient son emplacement… Et lui, lui il y était. Il se sentait gonflé de fierté quand il y pensait. Lui il avait l'autorisation d'y entrer… de lui parler… face à face… Cet homme si sombre, et si puissant, si magnétique…

Il ne croisait jamais personne quand il y était, on le menait toujours directement dans le bureau du Grand Chef, où il faisait rapport de l'avancé de son travail. Ha, son travail… il en était si fier, si heureux d'avoir été choisit… « Pour tes qualités exceptionnelles », lui avait-Il dit… alors que personne n'avait jamais cru en lui, enfin quelqu'un voyait son talent, son génie, le voyait lui… Et ce quelqu'un c'était l'Homme de Fer, le Grand Chef, Lui… Kordo…

Lorsqu'il posa un pied dans la pièce, la forme sombre se tourna vers lui. Il l'admira, même sans lumière il brillait…

-Te voilà.

-Monsieur…

Il courba l'échine devant l'Homme et retint son souffle… cette voix, si suave, si grave, si rocailleuse… si belle… il releva la tête et vit que la silhouette s'était déplacée… il la sentit, derrière lui, se déplaçant, lui tournant autour tel un vautour autour de sa proie…

-Alors, où en est tu ?

-Il y a des nouvelles, Monsieur …

-Quel genre de nouvelles ?

-Le genre… qui va vous faire plaisir…

Il plongea son regard dans celui du Grand Chef et y vit une étincelle de plaisir. Dans la pièce sombre, il sentit la présence se rapprocher de lui, lui frôler l'épaule, et un souffle près de son oreille…

-Dis-moi…


Il avait beau tourner et retourner le problème dans sa tête, au fond il n'arrivait pas à lui en vouloir. Il connaissait le Patron, depuis toujours. Certes les autres aussi, mais le Patron… c'était différent encore… Depuis tout petit, il était la forte tête qu'il était encore aujourd'hui, et qu'il serait probablement toujours. Toujours là, à renier ses erreurs, à chercher les conflits, à pousser les gens à bout… il était entêté, mais Mathieu n'imaginait pas à quel point…

Allongé sur le canapé, l'ancien vidéaste lança un regard triste à l'enfant qui coloriait tranquillement un dessin que le Geek avait fait pour elle. Un dessin qui représentait le Patron. Et Mathieu soupira. L'enfant semblait déjà l'aimer, cet homme en noir… il faut dire que pour un bout de chou de cet âge, avoir une bouée à laquelle s'accrocher était essentiel. Elle avait perdue sa mère, elle s'accrochait à celui qu'on lui avait dit être son père. Mais au fond, le Patron avait raison. D'après le Hippie, il ne se considérait pas comme père, et encore moins comme le père de la petite. Et au fond Mathieu ne pouvait pas lui en vouloir…

Se redressant avec difficulté, il passa sa main dans ses cheveux… En même pas 48 heures, une petite fille avait mit sans dessus-dessous leur vie déjà assez mise à mal par la situation du continent.

La salle était silencieuse, seul le bruit des feutres sur le papier se faisaient entendre… ces feutres qui coloriaient une silhouette longue et sombre, et qui éclairaient le visage de la fillette.

-Vous savez, dit-elle, rompant le silence salvateur, ma maman aussi elle fait ça.

Mathieu fronça les sourcils…

-Elle faisait quoi ? demanda le Geek, le sourire aux lèvres. Des coloriages ?

-Non, elle faisait comme papa.

-C'est –à-dire ? demanda prudemment Maître Panda

-Bah oui, elle aussi elle punit des méchants, et elle revient le matin. Elle non plus elle ne me voit pas, et elle va dormir, tout pareil…

Mathieu croisa le regard horrifié du Geek. Et il eu l'impression de lui envoyer le même. La gamine n'avait même pas perdu son sourire en disant ça, elle avait continué à colorier la veste du Patron, comme si de rien n'était… Mathieu se leva et vint s'accroupir près de l'enfant, les sourcils froncés, et ouvrit la bouche comme s'il avait été sur le point de dire quelque chose. Mais il n'y parvint pas. Comment ça « maman fait pareil » ? Qu'est-ce que cela voulait dire ? Sa mère était anti-milicienne ? C'était pour ça qu'elle avait disparu ? Mathieu avait l'impression de rater une étape, de rater une information…

Alors que les premiers rayons du soleil filtraient dans la pièce, le silence planait chez les Sommet. Cette fillette était décidément très mystérieuse. Mais le silence fut bien vite brisé par le Geek, qui posa une bonne question : d'où venait-elle ?

-… Comment ça ? demanda Mathieu.

-Ben oui, elle est arrivée seule… Mais comment a-t-elle fait ? Si elle habitait à côté on aurait entendu parler d'elle depuis longtemps, non ? Et si elle vient de loin…

-…Comment a-t-elle fait, termina Mathieu.

Une porte claqua, et le Prof arriva dans le salon, un sac de course dans les bras.

-Déjà revenu ? remarqua Mathieu.

Posant le sac de victuailles sur le bar de la cuisine, il soupira.

-C'est-à-dire qu'il n'y avait pas grand monde au stand de rationnement, ce matin…

Se jetant, éreinté, sur le canapé, le Prof regarda la fillette, bientôt de nouveau imité par Mathieu, le Panda et le Geek.

-Il… il s'est passé quelque chose ? demanda le savant, remarquant les mines inquiètes de ses frères.


Gauche, droite, encore droite, et gauche… Ces couloirs n'en finissaient décidément pas, qui s'étiraient à n'en plus finir… ce dédale sombre, à peine éclairé par quelques néons qui se battaient en duel au plafond, et qui en plus clignotaient… Les seuls gens qui, comme ça, traînaient dans les couloirs, il n'y faisait plus attention. Il arriva enfin, encore, devant la porte et frappa.

-Ah ! fit l'homme à la barbe grisonnante, lorsqu'il entra dans la pièce. Alors ?

-On a fait ce que vous vouliez… et aussi, on a retrouvé la fillette.

-Hum… l'homme se retourna avec l'air d'un grand père désespéré mais fier de l'attitude de sa descendance, vous ne pouvez pas vous en empêcher, hum ?

Soupirant, il contourna le grand bureau qui trônait dans la sale et se laissa tomber dans son fauteuil.

-Et, elle est en bon état ?

-Il semblerait qu'elle soit arrivée sans encombre en sécurité.

-Bien, bien, fort bien…


La fillette longea le mur. Elle avait échappé à la surveillance du Geek, qui avait fini par s'endormir sur le tapis et les feutres. Elle avait beau n'avoir que neuf ans, elle était futée. Au bout du couloir, elle vit la fenêtre et s'en approcha, ses pas déjà doux étouffés par la moquette. Du bout des bras, elle grimpa sur le radiateur et glissa sur le rebord de l'encadrement, où elle s'assit. Et tandis qu'elle regardait dehors, un porte s'ouvrit et se referma dans le couloir. Derrière elle, le Hippie apparu.

-Hey, petite, tu devrais pas rester à la fenêtre, si jamais on te voyait ils…

Sara tourna la tête, et la respiration du Hippie se coupa. Elle avait perdu son sourire d'enfant, elle avait perdu l'étincelle dans ses yeux. Elle était… vide.


Allez, fin o/ (du chapitre hein, pas de la fic xD oula, très loin de là .-. )

Une petite review ? non ? ah…