Voici le chap 4, que je comptais poster dans l'aprem, mais manque de temps je la poste que maintenant. Une nouvelle fois, un grand merci pr toutes vos reviews, elles me font vraiment plaisir et m'encourage pour la suite. J'avoue néanmoins avoir tardé à poster ce cap, espérant une 70ieme review. J'ai un truc avec les nombres, j'aime les comptes ronds, pairs à la rigueur, mais j'ai bcp de mal avec les nbres impairs, de même que les choses doivent etre symétriques...lol Enfin bref, tout ca pour dire, voici le chap 4, qui j'espère vous plaira!! Enjoy !

Chapitre 4 : Bella's pov

Il pensait pouvoir se moquer de moi sans en subir les conséquences. Grave erreur Mr Hale. Nous marchions depuis quelques minutes, les pieds dans l'eau fraiche de cette fin d'après midi d'avril. J'appréciais le clapotis des vagues qui venaient s'échouer sur la plage, j'avais toujours trouvé ce son relaxant, de même que ces longues balades les pieds dans l'eau. Alors quand il s'éloigna légèrement pour éviter les éclaboussures de mes pas, je saisis l'occasion et l'éclaboussai de plus belle. Je plongeai mon pied dans l'eau et le lançai vers lui, un jet d'eau fusant aussitôt. J'éclatai de rire, savourant cette petite victoire, avant de me reprendre. Son expression était indéchiffrable, il ne parlait pas mais s'approchait, lentement, tel un félin en chasse. Une seule chose me vint en tête : courir. Je m'élançai dans la direction opposée, ma course entrecoupée d'éclats de rire. Je risquai un regard en arrière voir s'il me suivait, mais il avait disparut. Bien sûr, c'était sans compter sur ses capacités surhumaines, puisque quand je me tournai à nouveau, je me heurtai de plein fouet à son torse de marbre. Il ne cilla même pas, mais je m'en rappellerais le lendemain, quand mon corps serait couvert de bleus. Mon souffle se coupa brusquement sous le choc, puis reprit une cadence folle quand Jasper me saisit brusquement par la taille, me soulevant de terre et me callant sous son bras, dans un geste attendrissant quand il s'agit d'un moment de complicité entre un père et son fils, mais terriblement humiliant quand il s'agit de vous, et de celui dont la simple présence suffit à vous troubler. Il avait ce sourire machiavélique aux lèvres qui n'augurait rien de bon. Je me débattis pour me libérer mais ne pus m'empêcher de rire.

« Alors comme ça tu aimes l'eau ? », me demanda t-il, avec la même expression taquine.

Il avançait de plus en plus dans la mer et avait à présent de l'eau jusqu'au mollet, et j'avais beau remuer, il n'en renforçait que d'avantage sa grippe autours de ma taille et s'en délectait.

« Lâche moi !! », lui ordonnai-je alors.

« Tu es sûre ? ».

Il s'était penché, me rapprochant dangereusement de l'eau. J'aimais me promener sur la plage les pieds dans l'eau, c'était un fait. De là à prendre un bain en plein avril, il y avait une marge. Je paniquai aussitôt à cette pensées des plus rafraichissante et m'agrippai fermement à son cou.

« Faudrait savoir ce que tu veux… ! », se moqua t-il alors en retournant vers la plage.

Il me reposa alors, mais ne retira pas son bras de ma taille. Je levai mon visage vers le sien, grelottante. J'ignorai si c'était la perspective d'un bain de mer en avril, ou la réalisation de cette soudaine proximité, mais mon corps s'était mis à frissonner. Je ne le quittai pas des yeux, incapable de détacher mon regard de l'or liquide qui coulait dans ses yeux. L'instant me sembla durer infiniment.

« Je peux te poser une question ? », me demanda t-il soudainement, m'arrachant à ma contemplation.

Il me fallut de longues secondes avant d'assimiler sa question. J'hochai la tête, mon esprit incapable de formuler une réponse claire.

« Quand on est ensemble, au lycée ou dans ta chambre, quand on discute ou que tu t'endors dans mes bras, est ce que tu penses à lui ? », demanda t-il, prenant soin d'éviter mon regard.

Il n'était pas plus à l'aise en me posant cette question que moi en y cherchant une réponse. Il n'avait pas eu besoin de préciser, Edward était toujours dans nos esprits, il ne les quittait jamais.

« Tu n'es pas obligée de répondre, si ça te met mal à l'aise… Ce n'était pas le but… », ajouta t-il, comprenant, ou plutôt percevant mon désarroi. Mais je devais être honnête, je nous le devais.

« Je te mentirais si je ne disais que non, que je ne pense plus à lui… », répondis-je en toute honnêteté. « Il me manque terriblement, et je l'aimerais toujours… Mes demandes n'étaient pas tout à fait innocentes, c'est vrai… Au début du moins. Elles me faisaient penser à lui, ravivaient mes souvenirs. Quand tu me veilles assis dans le fauteuil, ou m'enlaces en attendant que je m'endorme, il m'arrive encore de penser à toutes ces nuits où il faisait ces mêmes gestes. Mais s'il m'arrive d'y penser, en aucun cas je ne fais de transfert. Il me manque, je pense à lui, mais c'est bien dans tes bras que je m'endors, et ton réconfort dont j'ai besoin… Je ne me sers pas de toi pour le retrouver… », ajoutai-je en prenant son bras, le forçant à me faire face.

Je lui souris, et il sembla rassuré. Pour l'instant. Et alors qu'il levait sa main pour la poser sur ma joue, son téléphone se mit à sonner. Il ne réagit pas tout de suite, hésitant sans doute à rompre cet étrange échange. La sonnerie cessa, et aucun de nous n'amorça le moindre mouvement. Pour ma part, il m'aurait été impossible de m'arracher à sa contemplation.

« Tu ne devrais pas faire ça… », déclarai-je en reprenant mes esprits.

« Faire quoi ? »

Bien sûr, il ignorait totalement l'effet qu'il avait sur la gente féminine. Ou ne s'en formalisait plus.

« Eblouir les gens… »

Ma remarque sembla l'amuser, car il éclata de rire. Un son mélodieux que je n'entendais que trop rarement, à mon plus grand damne. Jasper restait un être à part, torturé, dont le passé tumultueux l'empêchait de réellement s'épanouir, comme s'il continuait de se blâmer pour des actions qui remontaient à plusieurs décennies. Il était renfermé, mystérieux, et semblait ne s'autoriser que de rares moments de plaisir.

« Je t'ai entendu faire ce reproche tellement de fois que je me demande si le problème ne viendrait pas de toi, de toi et de ton hypersensibilité à ceux de notre espèce… », se moqua t-il.

« Oh, alors c'est de ma faute ? » m'offusquai-je aussitôt, la main sur le cœur. Je refreinai un sourire, et poursuivis. « Et quel traitement me conseillerais-tu ? »

« Une thérapie de choc, traiter le mal par le mal ! », répondit-il, et je souris à sa remarque. J'appréciai la subtilité avec laquelle il me laissait maître de la tournure que prendrait notre relation. Je levai les yeux vers lui et le regardait avec attention, scellant un accord tacite.

« Je peux te poser une question ? », lui demandai-je à mon tour.

« Un prêté pour un rendu… Tu ne fais jamais rien par plaisir ? », lança t-il, taquin. Je décidai de jouer le jeu.

« Oh mais je fais beaucoup de chose par plaisir… », répondis-je aussitôt en me mordillant la lèvres, le regardant en coin et refreinant un nouveau sourire. Il rit doucement, acceptant sa défaite puis hocha la tête.

« Pourquoi tu fais tout ça ? »

« Tout ça quoi ? », s'étonna t-il.

« Passer autant de temps avec moi… »

« Je te l'ai déjà dit, je… »

« … suis venu t'assurer que j'allais bien, mais c'est fait. Rien ne t'oblige à rester, à prendre soin de moi, à me réconforter quand ça ne va pas, et toutes ces choses que tu fais pour moi… Ce n'est pas ton environnement, tu n'as pas ta famille, ta femme, ton terrain de chasse… Et le temps est absolument horrible ici pour un vampire, sec, ensoleillé, lumineux… »

« … mais je veux être là… Est-ce que j'aime ma vie ici, oui, ça me change de la routine de Forks. Est-ce que j'aime le climat, non, il est insupportable. Il me rend faible et vulnérable, et je ne peux être avec toi les trois quarts du temps, mais ça m'est égal. Je suis venu ici pour m'assurer que tu allais bien, mais sur le long terme, pas basé sur une discussion de trois minutes autours d'un verre. Le climat est sec, ensoleillé et lumineux, mais je m'adapte. Avoir un père renommé et une fortune conséquence m'accordent certains privilèges. Je passe beaucoup de temps enfermé à la bibliothèque, suis les cours du soir quand le soleil me l'impose, et choisis ma garde robe avec soin. Enfin, Alice choisit ma garde robe avec soin », se reprit-il en souriant. « Ainsi que toutes sortes de crèmes sensées protéger ma peau et limiter les effets du soleil, mais qui me donnent plus l'impression de jouer les rats de laboratoire… Je m'expose rarement, ou, comme tu as dû t'en apercevoir – à l'instar de ton amie qui ne m'aime pas -, qu'en fin d'après midi, une fois que la luminosité diminue, et les risques moindres. Bien sûr, je ne verrais aucun inconvénient si d'aventure, tu décidais de retourner vivre chez ton père… », plaisanta t-il à nouveau.

Je m'arrêtai et me tournai vers lui, jaugeant le sérieux de sa remarque. Bien sûr, il plaisantait, nous menions deux conversations depuis quelques minutes, et je me demandai s'il plaisantait réellement, ou s'il me demandait de manière détournée de rentrer à Forks, avec lui. Le cas échéant, j'ignorais quelle serait ma réponse. Tout était bien trop confus pour le moment. Il s'étonna de mon silence et fit un pas vers moi.

« Bella, je… »

Mais son téléphone se mit à sonner à nouveau, avec insistance cette fois. Il ignora les premières sonneries, puis se résigna, et le sortit de sa poche. Je ne voyais pas son visage, mais je sentis ses muscles se contracter, et son visage se figer.

« Alice… », murmura t-il, troublé.

Il décrocha et s'éloigna de quelques pas. J'étais trop loin pour entendre ce qu'il disait, mais je devinai à son regard braqué sur moi que j'étais au centre de la conversation. Alice… Ce petit lutin à l'enthousiasme débordant… Elle me manquait tant. Le regard que Jasper posait sur moi me troublait ; il était sérieux, et visiblement inquiet. De quoi pouvaient-ils bien parler ? Il semblait agacé, la tournure que prenait leur conversation, ou le sujet qu'elle abordait ne lui plaisait de tout évidence pas. Il raccrocha subitement, enfouit son portable dans sa poche et revint vers moi.

« Que se passe t-il ? »

« On rentre… », décréta t-il, et me prenant par le bras, m'incita à rebrousser chemin. Il n'ajouta rien, et je savais inutile de poser des questions auxquelles il ne répondrait pas. Ce n'était plus Jasper le lycéen ordinaire qui partageait mes cours et mes secrets, mais Jasper le vampire stratégique qui n'avait pour seul but ma survie et ma protection. J'étais inquiète et reconnaissante, mais malgré cela, une vague de colère monta en moi. Ici comme à forks, j'étais la fragile petite humaine qu'on devait protéger et à qui on ne devait pas faire part du danger qu'elle encourait. Jasper s'arrêta brusquement et se tourna vers moi, le visage détendu et rassurant. Je sentis un vague de calme m'envahir peu à peu alors qu'il m'assurait que tout allait bien, qu'il était juste fatigué de cette balade, et qu'il se faisait tard ; ma mère devait commencer à s'inquiéter, il était temps que je rentre. Soit.

***

Quand je sortis de la salle de bain ce soir là, je m'attendais à trouver ma chambre vide, Jasper partit. Il avait agit comme si de rien n'était, parlant des devoirs et de mes projets pour le weekend. J'en vins même à me demander si je n'avais pas rêvé la scène de l'après midi et l'appel d'Alice. Nous étions assis par terre, côté à côté et dos au mur, à parler de tout et de rien, comme toujours.

« Comment c'était la vie, avant ? » demandai-je soudainement. Ma question devait l'étonner, car il me regarda d'un air surpris. « Avant ta transformation… », précisai-je alors. Je connaissais l'histoire d'Alice, d'Edward, et même celle de Rosalie, mais j'ignorais tout de la sienne. En fait, je connaissais les histoires de chaque membre du clan Cullen, sauf la sienne.

« Les souvenirs de ma vie humaine sont assez flous, comme tu dois t'en douter », répondit-il d'un sourire triste en se tournant vers moi. « Certains pensent qu'au cours du processus, on perd notre âme, et avec elle tout ce qui nous relie à notre vie d'avant, nos souvenirs, nos principes. Les circonstances de notre transformation influencent également nos souvenirs. J'étais soldat, je me battais pour mon pays, j'organisais nos offensives de manières stratégiques, et j'aimais ça. J'aimais savoir pour quoi je me battais, j'aimais me sentir utile et efficace. Je n'ai pas vraiment de souvenirs, plutôt des sensations ; la fierté de commander des hommes, l'honneur de servir mon pays, le soutien et la confiance de mes camarades, ce genre de choses…C'est d'ailleurs ce que j'ai continué de faire pendant très longtemps, même une fois transformé… »

« Et comment c'est arrivé ? », demandai-je ensuite d'une voix tremblante.

« Très vite… et paradoxalement, très lentement. Là encore, peu de souvenirs, mais des sensations. Des dents qui se plantaient dans mes veines, déchiraient ma peau, la brûlure, puis la douleur, l'agonie. Jamais je ne pourrais oublier pareille souffrance, quand le venin s'infiltre dans tes veines, te paralyse et t'empêche de mourir, tout en te tuant à petit feu… », expliqua t-il, la voix serrée. J'ignorai si évoquer ces souvenirs étaient juste déplaisant ou s'il les revivait, les ressentait comme s'ils se déroulaient à nouveau.

« Je suis désolée, je n'aurais jamais dû aborder le sujet… », m'excusai alors, me sentant coupable de lui faire revivre pareils souvenirs.

« Ce n'est rien, rassure toi… Ca remonte à tellement longtemps maintenant…J'aimerais pouvoir oublier, mais malheureusement, certains traces sont plus difficiles à effacer que d'autres… », répondit-il, amer. Son regard s'était voilé et il avait reporté son attention sur le mur face à nous. Je me rappelai vaguement une discussion que j'avais eue avec Edward à son sujet. Je me tournai et m'installai en tailleur face à lui. Sentant mon regard, il se tourna vers moi et en fit de même.

« Je peux ? » demandai-je doucement en levant une main tremblante vers sa chemise dont le col était ouvert.

Il sembla hésiter une seconde puis hocha la tête. Lentement, je défis les boutons de sa chemise et en écartai les pans, savourant le contact de mes doigts tièdes sur sa peau glacée. Je n'osai le regarder, j'aurais été incapable de soutenir son regard en de telles circonstances. Sa chemise entrouverte laissait apparaître des cicatrices, les traces indélébiles des nombreuses attaques qu'il avait subies. Mes yeux se gonflèrent aussitôt de larmes en imaginant la souffrance qu'il avait du endurer. Ma respiration devenait difficile à mesure que je promenais mes doigts sur son torse, dessinant les contours de ses marques, les empreintes laissées par chaque dent qui s'était plantée dans sa chair. J'eus une soudaine envie de poser mes lèvres sur chacune de ses cicatrices, pour apaiser le feu qu'elles devaient attiser en lui, et ainsi créer de nouveaux souvenirs, plus agréables, liés à ces marques. Mais je jugeai ce geste déplacé, et me rappelai qu'il était marié à ma meilleure amie. Je n'avais en aucun cas le droit de le toucher ainsi. J'effleurai sa peau du bout de mes doigts, fascinée par sa douceur et sa beauté, malgré toutes ces souillures. Je sentis une vague de colère monter en moi à l'image d'un Jasper sans défense entouré de dizaines de vampires s'acharnant sur lui. Alors que j'approchai d'une cicatrice plus grosse que les autres, il stoppa ma main en la recouvrant de la sienne. Mon cœur s'accéléra brusquement, et je vis un sourire fendre son visage.

« Tu n'as pas à te sentir coupable, en colère, ou même désolée… »

« Comment ne pas l'être, quand on imagine à quel point tu as du souffrir ! », m'offusquai-je alors en me reculant.

« … Et j'ai fait souffrir également Bella », objecta t-il. « C'est dans la nature des vampires, on n'y peut rien…On tue pour survivre, peu importe nos victimes… »

« Mais vous êtes différents, vous n'êtes pas comme les autres vampires cruels et sanguinaires, comme ceux qui t'ont fait ces marques… », objectai-je, refusant de croire qu'ils puissent être semblables en quelque point.

« Oui, grâce à Carlisle… Mais ça n'a pas toujours été le cas… », répondit-il, mais je devinai à son ton évasif qu'il ne souhaitait pas s'étendre sur le sujet. Je ne pouvais que le comprendre.

Je me levai et allai m'installer sur mon lit, sans plus d'explication. Je me glissai sous la couverture et me tournai vers lui, attendant qu'il vienne me rejoindre. Quand il s'allongea, je vins aussitôt me blottir contre lui, posant mon tête sur son épaule et ma main sur son torse, sous sa chemise. Je posai un regard timide sur lui et lui souris, avant de fermer les yeux. Je m'endormis peu après, enveloppée dans une bulle de confort et de bien-être. Dans les bras de Jasper.

***

[ Jasper's pov]

J'avais passé la nuit à veiller Bella, comme tous les soirs depuis mon arrivée ici. Je l'avais regardée dormir, et enviais l'innocence et la sérénité que je lisais sur son visage profondément endormi. Elle dormait… Je regrettais l'époque où moi aussi, je pouvais me reposer, échapper à l'absurdité de notre monde l'espace de quelques heures. Rêver me manquait aussi ; imaginer une vie simple, heureuse, idéale, sans douleur ni violence. Bella, elle, avait toujours cette faculté. Et dieu sait qu'elle en profitait. La plupart du temps, ses rêves devaient être agréables, car elle souriait, elle était sereine, détendue. Mais il lui arrivait encore de faire de mauvais rêves, alors je m'allongeais près d'elle et la berçai tendrement, jusqu'à ce qu'elle se calme et replonge dans un sommeil réparateur. Cette nuit, elle avait encore rêvé, malgré ma présence réconfortante. Notre discussion de la veille n'avait pas dû l'aider à passer une bonne nuit. Je n'aurais jamais dû évoquer ces souvenirs avec elle, Bella était le genre de personne qui bien que dénuée de don d'empathie, se sentait triste et désolée pour les malheurs des personnes qu'elle croisait. Elle se réveilla doucement, et je quittai le fauteuil pour m'agenouiller près du lit, caressant sa joue du creux de ma main alors qu'elle ouvrait doucement les yeux.

« Bonjour la Belle au bois dormant… ».

Elle sourit à ce nouveau surnom, et rien que pour ce sourire qu'elle m'adressait le matin, j'étais prêt à endurer des milliers de nuits de tortures. Elle se frotta les yeux et se tourna vers moi, plongeant son regard dans le mien. Ses yeux brillaient, pleins de vie, pleins de malice et d'autres choses encore qu'il me tardait de découvrir. Puis son regard se voila, ainsi que ses sentiments. Quelque chose la tourmentait, et j'ignorai quoi.

« Pourquoi es-tu venu Jasper ? », me demanda t-elle alors.

« Tu n'abandonnes jamais dis-moi… »

C'était une simple question, la même que la veille, et que les jours précédents mais quelque chose dans le ton de son voix me perturbait. Bien sûr, il aurait été trop facile qu'elle se contente de mon envie de prendre des nouvelles. Elle n'avait pas quitté mes yeux, et j'ignorai si la soudaine lueur dans ses yeux était une lueur d'espoir ou de tristesse. Je soupirai, refusant de lui mentir d'avantage, bien que j'appréhendais sa réaction, si tôt le matin.

« Alice… Alice m'a envoyé… Elle voulait s'assurer que tu allais bien, et que tu ne comptais pas faire de bêtises… », répondis-je, attentif à ses réactions.

« Je vais bien Jasper, pour la centième fois au moins ! », répondit-elle à son tour. Je notai qu'elle n'avait répondu qu'en partie à ma question.

« Tu éludes ma question Bella.. », lui reprochai-je, et je perçus la tension qu'elle éprouvait.

« Je devrais aller m'habiller avant que ma mère ne se réveille et qu'elle te trouve ici… », déclara t-elle soudainement en se redressant. Elle se leva et alla à son bureau, et à contre cœur j'utilisai ma dernière arme. J'ouvris le tiroir de sa table de nuit et en sortit un petit tube.

« Tu ne dois pas lui en vouloir… », commençais-je. « Elle cherche seulement à te protéger, comme nous tous… ».

Bella me tournait le dos, ce qui expliquait probablement son absence de réaction. Je sentis son incompréhension alors qu'elle commençait.

« Ne pas en vouloir à qui ? De quoi est ce que tu… », mais elle s'arrêta net en voyant l'objet dans ma main. « Ce ne sont pas vos affaires ! », s'exclama t-elle en m'arrachant le tube. Une vague de colère la submergea et bien qu'elle me l'avait l'interdit, j'usai de mon don pour l'apaiser. En une fraction de seconde je me levai et lui repris le tube, une vague de souvenirs m'obscurcissant l'esprit.

« Mon frère s'est sacrifié pour toi ! », lui rappelai-je, me forçant à ne pas élever la voix pour ne pas réveiller ses parents. « Ta vie avait une telle valeur à ses yeux qu'un monde où tu ne serais plus ne représentait plus aucun intérêt pour lui, peu importait sa famille, peu importait la souffrance que sa mort nous infligerait à nous… Edward était celui pour qui j'avais le plus de respect. S'il jugeait que ta vie était aussi importante, alors je le croyais ! Et je ne peux que partager son avis maintenant… Je ne te laisserai pas y mettre fin… ». Ses yeux étaient toujours plongés dans les miens, comme hypnotisée, ou horrifiée par mes paroles. Je n'aurais su le dire. Elle soupira et baissa les yeux.

« Qu'a vu Alice exactement ? », demanda t-elle finalement.

« Elle t'a vu prendre le contenu de ce tube… Elle a vu ta mère venir te réveiller et te trouver inerte… Elle a vu ton père s'écrouler en apprenant par téléphone que tu avais mis fin à tes jours… Et bien d'autres choses dont elle n'a pas voulu me parler… ».

Elle m'avait écouté attentivement puis s'était assise sur le lit.

« J'y réfléchissais depuis quelques temps… », commença t-elle, et j'eu l'impression qu'on m'enfonçait un poignard dans le cœur. Comment avais-je pu ne pas le voir, le pas sentir sa détresse. Je captai une nouvelle vague de tristesse, et me retournai vers elle.

« Faire comme si tout allait bien devenait de plus en plus dur, je n'y arrivais plus. Je savais qu'Edward était parti pour mon bien, croyant bien faire. Alice me l'avait raconté. Ca a sans doute été le plus difficile à gérer, finalement. Croire qu'il ne m'aimait plus était douloureux, mais je m'étais faîte à l'idée. J'étais tellement en colère contre lui que ça m'aider à surmonter son absence. Mais savoir qu'il n'avait jamais cessé de m'aimer, et qu'il s'était sacrifié pensant m'avoir perdue, c'était au dessus de mes forces… Je n'avais pas prévu d'avaler ce tube de somnifère, mais je l'envisageais depuis quelques temps…Mais c'était avant que tu n'arrives !! », s'empressa t-elle d'ajouter en prenant mes mains dans les siennes. Je l'avais rejointe quant j'avais senti sa peine s'insinuer en moi. « Je vais bien maintenant, grâce à toi… J'ai repris goût à la vie, je sors plus, je souris plus, je ne pleure plus… grâce à toi ! »

« Bella… Alice ne voit les choses qu'une fois les décisions prises, tu le sais… »

« Alors faut croire que la mienne l'était… », répondit-elle, lasse, en levant des yeux embués vers moi. Elle lâcha mes mains, et je fus envahi par une impression de froid et de vide des plus désagréables.

« Pourquoi Izzie ? », demandai-je ensuite, changeant de sujet. Elle avait baissé les yeux, et il m'était vraiment difficile de voir plutôt que ressentir ce qu'elle éprouvait. Je levai son visage vers le mien.

« Izzie, Isabella. Ma grand-mère m'appelait ainsi quand j'étais petite. J'ai repris ce nom en quittant Forks. Bella est morte », annonça t-elle en posant un regard lourd sur moi. « Elle est morte en même temps qu'Edward… »

Edward… C'était là que le bât blessait. Edward était toujours dans sa tête, dans son corps, dans ses veines, et de toute évidence, dans son cœur. Son amour avait toujours été irrationnel, et inconditionnel. Il l'avait quitté, mais elle ne l'avait aimé que d'avantage, malgré son désir de le détester. Elle ne l'avait pas vu depuis plus de huit mois, mais je ressentais encore leur amour dans chacun de ses pores, m'arrivant de plein fouet. Je plaçai mes mains autours de son visage te lui souris.

« Ce n'est pas si simple, tu sais. Fuir tes problèmes ne les résoudra pas. Il ne suffit pas de changer de nom pour oublier une histoire et effacer des douleurs… »

« Et tu es bien sûr le mieux placé pour en parler, Major Withlock (*)! », répliqua t-elle aussitôt en insistant bien sur mon ancien nom.

C'était un coup bas, je ne l'avais pas vu venir celui là. Mais le sourire moqueur qu'elle affichait me rassura, la tempête était passée. Elle semblait moins affectée que je ne l'avais imaginé, et je ne percevais aucune colère, c'était déjà ça. Elle se leva soudainement, créant un vide qui me gêna.

« Où vas-tu ? Il est encore tôt… »

« Si nous partons avant que ma mère ne se réveille, alors je n'aurais pas à lui expliquer pourquoi ta peau scintille autant au soleil », m'expliqua t-elle en me signifiant le soleil qui se levait. A vrai dire, j'avais sentis ses premiers rayons plusieurs heures auparavant, mais n'avais eu le courage de la quitter. « Et franchement je ne me vois pas lui expliquer pourquoi tu as passé la nuit ici… », ajouta t-elle, taquine en se rasseyant près de moi.

« Que proposes-tu? », demandai-je alors, ma curiosité piquée au vif. Une lueur de tristesse passa dans son regard alors qu'elle regardait par la fenêtre ; elle devait penser à Edward, d'une quelconque manière.

« Tu n'iras pas en cours aujourd'hui ? », demanda t-elle, mais ce n'était pas vraiment une question, plutôt un constat.

« En effet… », répondis-je, et j'ignorai si la tristesse que je ressentis alors était la mienne ou la sienne. « Je sens déjà la chaleur des premiers rayons du soleil, la journée sera splendide. J'irai sans doute chasser. Mais tu pourras profiter de cette belle journée pour prendre des couleurs, tu es toute pâle… »

« eh ! », s'offusqua t-elle, souriant néanmoins, « c'est pas de ma faute si la bibliothèque ne possède pas d'aile en plein air… »

« Justement… Tu ne devrais pas passer autant de temps enfermée quand il fait si beau… », répliquai-je sur un ton réprobateur. « Je n'ai pas besoin de garde du corps tu sais, je sais me défendre… », plaisantai-je alors. Je ne voulais pas qu'elle me trouve autoritaire, je savais qu'elle détestait qu'on prenne les décisions à sa place.

« Et si j'en avais besoin, moi ? », répliqua t-elle, et j'ignorai comment prendre sa remarque. Je la scrutai un instant, puis abandonnai.

« Quand bien même, tu devrais profiter du soleil, aller à la plage… Et arrêter la bibliothèque ! ».

Une nouvelle vague de tristesse émana d'elle, et je détestai mon frère en cet instant. Pensait-elle que je lui dictai trop sa conduite, comme il le faisait, la maternant comme une enfant ? Où était-ce notre conversation, qui la ramenait sans cesse à lui. Je comprenais alors Edward et sa frustration de ne pouvoir lire en elle. Elle était indéchiffrable, quand tous étaient si prévisibles. Sa réaction me prouva une fois de plus à quel point elle était imprévisible.

« Mais c'est la où tu es… », me répondit-elle tristement.

Je reçu sa réponse comme une gifle. Elle avait dit ça sans me quitter des yeux, attendant certainement ma réaction. Elle faisait front, semblait forte, mais je percevais les battements irréguliers de son cœur ainsi qu'une foule de sentiments contradictoires. Se pourrait-il que… Mais je n'eus pas le temps de réfléchir qu'elle s'était déjà levée et approchai de la fenêtre, sans doute pour me cacher sa tristesse. Comme si ne pas voir ton doux visage suffisait à me cacher la peine que je t'inflige…, songeai-je alors. Je ne pouvais le supporter, et refusais d'être celui qui la rendait triste.

Je me levai et la rejoins vitesse vampire, mais j'avais mal évalué la distance qui nous séparait, grave erreur, et ne m'étais pas attendu à ce qu'elle se retourne au même instant. Je me retrouvai à quelques centimètres d'elle, son corps tiède contre le mien, son souffle chaud dans mon cou. Il était plus petite que moi, et j'en fus reconnaissant, car j'aurais été incapable de la repousser si proche de ses lèvres. L'embarras, la confusion, le doute, la culpabilité, l'envie, une multitude de sentiments la submergèrent en un instant, et me prirent par surprise.

« Je… ».

Ses joues avaient pris une jolie teinte rosée qui la rendait adorable, d'une beauté électrisante. Je sentis mon corps envahi par une douce chaleur exquise, et j'ignorais si elle émanait de Bella ou de moi. La tension était palpable, j'entendais son cœur battre dans sa poitrine, son sang pulser dans ses veines, la rendant terriblement appétissante. J'écartai aussitôt cette idée, sans pour autant l'oublier. Sa délicieuse odeur de freesia m'envahit à mesure qu'elle se rapprochait de moi, et des centaines de sensations inédites explosèrent en moi quand elle réduisit l'écart entre nous en posant ses lèvres rosies sur les miennes. La sensation était exquise, une explosion de joie se répandait dans mes lèvres, alors qu'elle m'effleurait seulement. Je n'osais répondre à ce baiser que j'avais pourtant tant attendu. Mais je ne voulais pas la brusquer ; je saurais me montrer gentleman et lui laisser le temps d'avancer à sa guise.

Mais elle se recula, à peine nos lèvres touchées. Elle me regardait, interdite, le regard triste. Elle devait interpréter mon manque de réaction comme un rejet, alors qu'il ne s'agissait que d'égard envers elle. Puis l'envie, la sienne ou la mienne, me submergea par vague et je ne pus résister d'avantage. Je pris son visage entre mes mains et l'attirai à moi pour un baiser bien moins chaste que celui qu'elle m'avait donné. J'embrassai ses lèvres avec envie, hâte, les mordillai alors qu'elle enroulait ses bras autours de mon cou et pressait son corps contre le mien.

Mais plus mon désir grandissait, plus un autre désir, plus sournois, plus dangereux, se réveillait en moi, un désir que je pensais pourtant avoir maîtrisé et refoulé le plus loin possible. Son odeur m'enivrait, son sang pulsait là, contre moi, me suppliant d'y goûter. Pourquoi n'avais-je pas été chasser hier soir, comme j'étais sensé le faire ? Je me giflai intérieurement de m'être montré aussi imprudent, et sentais malgré moi le contrôle m'échapper. Je devais m'arrêter, m'éloigner, mais ne parvenait à m'extirper de son emprise. Je rompis néanmoins notre baiser et la laissai pantelante, dans mes bras.

Un doute m'envahit soudainement. Et si le réel danger que courait Bella, c'était moi, et non pas ces somnifères ? Non, c'était impossible. Alice adorait Bella, elle n'aurait jamais pris un tel risque. Mais il y avait bien plus que cette histoire de cachets, j'en étais persuadé. Je devinais au regard fasciné qu'elle me jetait qu'elle était totalement opaque à ma soif de son sang. Elle posa sa main sur ma joue et l'instant d'après, je la plaquai sur son lit, enserrant ses poignets et pressant mon corps contre elle. Elle avait du remarquer mes prunelles s'assombrir car en cet instant, elle était terrorisée. Je ne ressentais plus d'amour, ni de désir émanant d'elle, juste de la peur. Une peur tétanisante, qu'elle s'efforçait de maîtriser. Je ne pouvais pas me contrôler, j'étais en chasse, et elle était une proie absolument exquise. En cet instant, mes sens avaient pris le dessus sur ma raison. Je n'étais plus Jasper, le fidèle compagnon, le lycéen qui partageait sa paillasse en algèbre. Non, j'étais Jasper, le vampire assoiffé de sang qui ne parvenait pas à adopter le régime végétarien imposé par sa famille.

« Jasper…non… », me supplia Bella. Sa voix terrorisée ne fit qu'accentuer mon désir. « Jasper, tu me fais mal… Arrête... ». Mes mains se resserraient sur son cou, fragile, ô fragile petite humaine.

« Jasper… Jasper, s'il te plait… Penses à lui… Il n'aurait pas voulu cela ».

Je ne l'écoutais pas, ses mots n'avaient aucun sens pour moi. Ses lèvres remuaient, tout au plus. Mais une part de moi, une petite, toute petite part de moi l'entendait tout de même.

« Tu peux te contrôler, tu es plus fort que tes instincts… Jasper… Regarde moi… Regarde moi ! », répéta t-elle plus fermement, me sortant de ma léthargie. Elle n'avait plus peur, elle avait confiance.

Comment pouvait-elle avoir confiance en un vampire assoiffé? Sa confiance dépassait l'entendement, et flirtait dangereusement avec la folie. La petite voix dans ma tête reprit le dessus, et les visages de ma famille m'apparurent. Carlisle… Je le respectais bien trop pour renier ainsi son éducation; Esmée… elle en aurait le cœur brisé si je la tuais, me perdant avec. Emmett, Rosalie… ils n'avaient jamais été très proches de Bella, mais jamais il ne me le pardonneraient, pas sachant ce qu'elle représentait pour Edward. Edward…mon frère, mon protecteur, mon modèle, qui avait erré plus d'un siècle avant de trouver celle qui serait digne de son amour inconditionnel, jamais il ne m'aurait laissé en vie si j'avais ne serait-ce qu'égratignée Bella, alors la tuer… Puis Alice, oh Alice, ma chère et tendre Alice, comment pourrais-je la regarder en face si je tuais sa meilleure amie ? Elle m'avait envoyé ici pour la protéger, je ne pouvais être celui qui la blessait.

Jamais je ne pourrais retourner vers ma famille si je perdais pied, jamais ils ne me pardonneraient cet écart… Ma famille… Carlisle… Esmée… Rose… Emmett… Edward… Alice… Bella… je baissai les yeux vers elle, et la trouvai étonnamment calme. Elle avait encré ses yeux dans les miens, attendant le verdict, attendant sa sentence. Allai-je contrôler mon instinct de tueur, ou au contraire l'assouvir ? Je fermai les yeux et me concentrai sur ses émotions. Elle était toujours effrayée, certes, mais étonnamment sereine, confiante. Elle ne se débattait pas, ne criait pas, ne cherchait à fuir. Sois elle était lucide et savait qu'elle ne m'échapperait pas, soit sa foi en moi dépassait l'entendement.

Je me forçai à oublier ma soif, son odeur, et mon envie d'elle sous bien des aspects, pour me consacrer sur ce qu'elle représentait. Peu à peu, je sentis mon corps se relaxer, et ma volonté reprendre le dessus sur mon instinct. Je relâchai mon emprise, et aussitôt elle s'échappa, se reculant et se blottissant dans un coin du lit, dos au mur et bras enroulés autours de ses genoux repliés sous son manteau. Une tristesse immense l'avait envahie, elle se sentait trahie, abandonnée, encore. Elle avait baissé sa garde avec moi, m'avait fait confiance et accueilli chez elle, et je l'avais trahie. C'était plus que je ne pouvais en supporter. Je détournai mon regard d'elle et en une fraction de seconde, je fus à la fenêtre, Elle était sortie de sa léthargie et avait prononcé mon nom, mais je l'ignorai et me réfugiai un peu plus loin dans le quartier. Je ne la voyais plus, mais je percevais toujours sa respiration saccadée, son rythme cardiaque accéléré, et surtout la tristesse de sa voix alors qu'elle continuait de m'appeler. Je me tapis dans un coin reculé, serrant les poings à en avoir mal, mais refusant d'y retourner. J'avais réussi à reprendre le contrôle, il était hors de question que j'y retourne. Ni elle ni moi n'y survivrions cette fois. J'entendais toujours sa voix brisée m'appeler, sangloter mon nom, et jamais je n'avais ressenti pareil douleur dans ma poitrine. Elle souffrait horriblement, et j'en étais la cause, le seul et unique responsable. Oh Bella, douce Bella, qu'ai-je dont encore fait ?

A suivre...

Même question, même requête... lol la suite mercredi soir. xxx

(*): un grand merci à Angie Withlock et Elsway pour le grade de Jasper. J'avais eu la flegme de vérifier, mais maintenant c'est corrigé grâce à ces deux miss. Dc merci!