NB : Merci à Faenlgiec pour sa review qui m'a incité à poster ce nouveau chapitre. Merci aussi aux quelques lecteurs qui ont parcouru ces lignes et qui, je l'espère, prennent du plaisir à lire cette histoire.
Les review font vivre les auteurs et incite à continuer, aide à améliorer et servent à vous plaire. Bonne lecture :)
CHAPITRE IV
« Un mensonge en entraîne un autre » Terence
Octobre 2089
Cela faisait maintenant plus d'un mois que Nerd s'acharnait sur des calculs compliqués, mêlant la physique et la chimie pour obtenir un sérum qui pourrait faire d'eux des sorciers … pour quelques instant tout du moins, sans pouvoir non plus. Disons qu'il pourrait donner une odeur, une marque … une aura qui les camouflerait. Encore quelques jours, et ce sera parfait …
/… … … … /
Azraël se retrouvait seule dans son appartement, assise sur le bord de lit et perdue dans ses pensées. Demain, ce serait le grand jour. Marchera, marchera pas. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait ressenti cette boule au ventre, cette peur qui lui nouait l'estomac. Le sérum se diffusait dans ses veines, mêlant l'ADN du sorcier au sien. Mais le fil de ses inquiétudes fut rompu par une mélodie, un petit tintement signe que quelqu'un venait de sonner chez elle. Elle voulut regarder à travers le judas, mais la personne semblait ne pas le vouloir, un doigt l'obstruait malicieusement alors Azraël fut contrainte d'ouvrir la porte.
Et au final, c'était une bonne surprise qui l'attendait sur le pas de la porte. Le sourire malicieux et le regard pétillant de John lui remonta le moral.
- J'arrive au mauvais moment peut-être.
Était-elle si transparente ? Elle qui avait l'habitude de toujours tout cacher, à la perfection, derrière un masque de glace, et quand il était là, il fondait instantanément.
- Non, au contraire, tu tombes bien.
Il allait lui faire oublier l'épreuve de demain. C'était la meilleure chose qui lui soit arrivée à cet instant, et aussi depuis le début de son aventure. Le destin était quelque chose de tout a fait surprenant et très agréable. Malheureusement, le frigo n'était pas très rempli ... John se proposa alors pour aller chercher quelque chose au traiteur d'en dessous. Il partit pendant une dizaine de minute, temps qu'il fallut à la jeune femme pour passer dans la salle de bain et se refaire une "beauté", se changer aussi. Il fallait avouer qu'un jean troué n'était pas très séduisant. Séduisant ? Azraël resta immobile dans sa chambre pendant un moment, se demandant bien ce qu'elle était en train de faire. Mais elle ne put s'attarder sur cette question, John revenait.
- Non, ne vient pas tout de suite. Je t'appellerai.
Qu'était-il en train de faire ? L'oreille sur la porte, elle cherchait à analyser ses mouvements : des vas et vient incessant, des bruits de vaisselles et des marmonnements. Quand enfin, elle put revenir, Azraël découvrit sa table recouverte d'une nappe blanche, brodée avec finesse. Posées savamment, les assiettes et couverts qu'elle avait gardé dans le placard sans jamais y toucher. Les plats instantanés, c'était plus facile. Elle découvrit alors pour la première fois à quel point elle était précieuse. Les assiettes étaient en porcelaine, d'une forme assez moderne, carrée, les couverts brillaient à la lueur des bougies, que John avait sûrement ramenées de son appartement, et les verres semblaient être en cristal. Un doux parfum s'évadait de la cuisine, un plat divin qui ne demandait qu'à être dévoré. C'était magnifique et emplit de bonnes intentions. Seulement, ils ne s'installèrent pas une seule fois à table, ils ne gouttèrent pas à ces mets que John avait ramené. L'ambiance les avait soudain rapprochés, les sens s'étaient éveillés et les draps se froissèrent sous la passion. Pas une seule fois ils ne fermèrent les yeux, préférant rester allongé, en se dévorant des yeux avant que la passion ne revienne les enflammer. Le temps passa trop vite, beaucoup trop vite, et elle devait partir au centre pour une dernière injection et prendre son train pour l'Écosse.
Doucement, en évitant de faire trop de bruit, Azraël souleva les draps et étira ses jambes hors du lit avant qu'un bras ne vienne saisir sa taille, comme pour l'empêcher de s'enfuir.
- Reste, s'il te plaît.
Azraël tourna la tête vers lui. Son regard était si profond, tentateur mais surtout triste qu'elle s'en aille, presque comme une voleuse. Elle voudrait rester, mais elle avait un contrat, si elle ne le respectait pas, c'était un allé simple, un retour direct en prison.
- J'aimerai bien ...
Un dernier baiser et celle qui portait le nom d'un ange se leva dans sa tenue d'Eve et fila dans la salle de bain. Cette nuit, elle ne l'avait pas prévue. Elle aimait tout prévoir, mais là c'était arrivé comme ça. Et c'était tellement agréable. Oui, on pouvait dire qu'elle lui faisait confiance, et c'était rare. Sur le palier, ils se regardèrent une dernière, s'embrassèrent une dernière fois avant de prendre des chemins différents. Mais Azraël avait cette étrange impression, cette boule au ventre tandis qu'elle s'éloignait petit à petit de lui, comme si quelque chose allait changer. Rangeant cette inquiétude au fond de son esprit, la jeune femme continua sa route et disparut.
/… … … … /
- Prête ?
Non, avait-elle envie de répondre, mais les lèvres d'Azraël demeurèrent closes, hermétiquement fermées même lorsque l'aiguille transperça sa peau et que ses veines aspirèrent le sérum violacé.
- Alors ?
Azraël leva les yeux vers Nerd, haussant un sourcil. C'était clair, aucune réaction, rien. Pas de picotement, pas d'envie de tête à tête avec la cuvette des toilettes. Rien et d'un coté, c'était bon signe. Mais est-ce que cela serait suffisant ? Nerd avait réussi à stabiliser le produit, mais de là à ce que ça fonctionne … Pour en avoir le connaître, il fallait retourner à Poudlard. Poudlard, ce nom qui tournait en boucle dans son esprit, un vague souvenir mais c'était impossible, n'est-ce pas ? Sûrement son imagination. Dillinger s'approcha doucement de son ange et posa une main sur son épaule. Il ne l'avait pas choisi pour rien, c'était la plus froide, la plus dangereuse des criminelles, et sa froideur n'avait d'égal que son sang froid à tuer.
- Bien, j'ai les billets et l'endroit exact de ce fameux château. Le sorcier m'a dit qu'à première vue, pour les moldus, il s'agirait de ruines. Toi, tu devrais le voir normalement.
La tête de la belle se balança légèrement, signe qu'elle avait parfaitement compris et que son patron n'avait pas à lui répéter son objectif. La bombe attendait sagement dans son sac à dos d'être déclenchée, et à cet instant, les moldus porteront un coup mortel dans le monde magique. Le visage de marbre, Azraël suivit ses compagnons et pourtant … Dans son esprit, d'étrange pensée cohabitaient, s'imposant à elle sans qu'elle ne le veuille réellement. Ces sorciers … Pourquoi les tuer au final … Ils ne sont pas si différents, il y a juste quelques cinglés dans le lot, tout comme chez les moldus. Des gens comme elle. Des images revenaient sans cesse dans sa tête, des cauchemars qu'elle ne parvenait jamais à oublier, cette maison prise par les flammes et ces hurlements qui lui déchiraient les tympans. Ce sang qui tapisse le planché de sa maison et ses parents gisant au sol, les yeux grands ouverts et figés dans la terreur. Comment elle avait fait cela ? Cela, elle ne parvenait pas à s'en souvenir, il y avait juste le résultat de ses actes.
Dans le train qui la mène en Écosse, Azraël resta dans un silence de mort et aucun des membres du groupe ne chercha à lui adresser la parole, sentant cette froideur qui animait son être. Lorsqu'elle essaie de dormir un peu, les cris reviennent. Qu'est-ce que le sommeil ? Morphée, qui est-il ? La voix de Dillinger exposant ses crimes lui revenait sans cesse en tête. Meurtrière, criminelle. Et elle allait encore tuer … mais c'était la seule solution pour après disparaître à jamais.
Après le train, il y eu encore de nombreuses heures de voitures. Un voyage long, très long et qui commençait à l'agacer. L'inactivité n'était pas une bonne chose pour elle. Cela la faisait plonger dans de vieux souvenirs et dans des cauchemars dont elle ne retrouvait pas le début, juste la fin tragique.
- Voilà, nous y sommes.
Azraël décrocha son regard de son baladeur et et le posa sur le paysage écossais, sur un château de style médiéval mais d'une telle beauté qu'elle en eut le souffle coupé. Toutes ces tours, cette grandeur, comment pouvait-il tenir debout, ce bâtiment défiait complètement les lois de la gravité. C'était stupéfiant.
- Alors mon ange, qu'est-ce que tu vois ?
Azraël ne releva pas cette fois ci la remarque de l'Oeil, complètement fascinée par cette vision féerique.
- Poudlard, répondit-elle alors tout simplement d'une voix neutre.
Son masque était toujours en place, même si elle peinait à le retenir. Que dirait Dillinger s'il voyait cette émerveillement dans ses yeux … Ressaisit toi, Azraël, tu n'es pas là pour visiter les lieux.
- Bien, maintenant, à toi d'entrer en scène Azraël. Montre-toi à la hauteur de ton nom.
Oui, vas y ! Tue les tous, porte un coup fatal au monde des sorciers. Sans un mot, Azraël fit un pas en avant et s'éloigna de son groupe, qui resta à proximité de la voiture. Prudence est mère de sûreté, si elle échouait, il fallait envoyer quelqu'un d'autre. Non pas pour la sauver, mais pour détruire ce putain de château. Dillinger n'avait que ça en tête, et tant pis si son équipe entière devait être décimée.
L'ange s'approchait petit à petit du château, et elle avait l'impression de n'être qu'une petite souris insignifiante face à cette masse de pierre impressionnante. L'endroit semblait désert et calme, un peu normal pour une école au beau milieu de l'été. Les images du château détruit s'imposèrent dans son esprit, et étrangement, elle ressentit comme un pincement au cœur. Pourquoi ? Bonne question, mais elle devait le faire. C'était la seule solution pour repartir à zéro. Cette idée remit en place son esprit embrumé et son visage d'ange prit alors un air sombre et dangereux. Azraël était de retour et sa mission venait de commencer.
Pour rentrer, ce fut un jeu d'enfant, une pointe de diamant peut ouvrir tous les chemins, et en l'occurrence ici, la route vers le cœur de Poudlard pour y déposer la bombe. Elle n'attendait plus que d'être posée et d'exploser grâce à un simple petit bouton, en sa possession. Une merveille de la technologie, et que les sorciers ne pourront jamais désamorcer au risque de la faire exploser. Mais comment pouvait-elle rester de marbre devant toute cette splendeur, cette magie qui embaumait l'espace comme dans un conte de fée. C'était merveilleux.
- Hé vous. Qu'est-ce que vous faites là ?
D'un geste vif, l'ange se retourna, revolver à la main, mais pointant le vide.
- Vous n'avez rien à faire là. Poudlard est fermé, d'ailleurs je me demande comment vous êtes entrée ici.
Cette voix continuait de parler, encore et encore. Elle avait beau se retourner, le vide du couloir lui répondait tel un écho. Était-il invisible. Et puis, elle le trouva. Ce vieillard coincé dans un cadre. Comme avec Dillinger. Son regard s'écarquilla sous la surprise.
- Bah quoi, j'ai un scrout à pétard sur la tête ?
Azraël ne savait pas ce qu'était un scrout à pétard mais voyant qu'il n'y avait là aucun danger, un sourire étira ses lèvres et elle continua sa route. Mais fait étrange, elle le retrouva dans un autre tableau, l'apostrophant violemment, la menaçant de prévenir la direction. Il se déplaçait de cadre en cadre, violant les lois de … du normal. La peur enserrait ses tripes et un coup de feu retentit, laissant un trou fumant sur le tableau. Le vieillard s'en allant en courant, criant, alertant les personnes présentes s'il y en avait. Azraël n'allait certainement pas rester là pour en avoir le cœur net. Descendant les escaliers quatre à quatre, elle se précipitait dans ce qui devait d'être les cachots du château et elle s'enferma dans une salle étrange et salle ou des chaînes y étaient suspendues. C'était déjà moins féerique.
Rapidement, elle s'agenouilla, ouvrant le sac qui contenait l'objet de la destruction. Délicatement, elle le sortit de son écrin et le posa au sol, touchant divers boutons pour la mettre en route. Et bientôt un décompte apparu, faisant défiler les minutes. Elle avait une heure pour sortir d'ici. Un sourire satisfait étira ses lèvres fines quand soudainement, la porte de sa « cellule » explosa, faisant naître un nuage de poussière. Son bras s'étira pour chercher son revolver mais à peine l'eut-elle en main, qu'il lui fut arraché par un « expeliarmus ». Trois silhouettes se détachèrent et la surprise fut énorme en découvrant leurs identités respectives.
- Marise.
- John …
Le coéquipier regarda le fameux "John" d'un drôle d'air, puis elle, et encore Lui.
- Marise, c'est le nom de ma copine, tu te souviens. C'est la femme qui est juste à côté de moi. Là, tu la vois ? Donc, ce n'est pas cette barge ... Et pourquoi elle t'appelle TOI par MON prénom ?"
La sorcière regardait Azraël d'un air surpris, complètement déstabilisée par cette vision. Et puis, elle parvint à articuler quelque chose. Un mot. Un prénom.
- Jilian … C'est vraiment toi !
