Salut tout le monde !

Je ne poste ce chap que maintenant car mon ordi a planté au moment où je le finissais et j'ai perdu la moitié de ce que j'avais fait. Autant dire que je l'ai pas encore digéré et que maintenant je sauvegarde tous les trois mots. Merci à mes plus grandes lectrices : Jayamisia et Astar (que ferais-je sans vous ?) pour leurs encouragements lorsque ce tragique accident est survenu, me coupant un peu l'envie d'écrire je l'avoue. Enfin, j'ai quand même réussi à finir ce chapitre, envers et contre tout.

Merci à ma beta pour sa dernière relecture et sa patience (Jaya again !).

Le temps du chapitre 4 est enfin là ! Le voici le voilà, et après toutes ces péripéties j'espère que vous apprécierez.

Bonne lecture et dites-moi ce que vous en pensez dans les reviews,

Sheyren

Chapitre 4

Une aube grisâtre se leva sur la majestueuse forêt de la Lorien, les doux rayons matinaux du soleil qui se levait à peine ne parvenaient pas encore à transpercer la couche de nuages qui avait envahi le ciel. Dans le campement de la Communauté de l'Anneau, Aragorn ouvrit lentement les yeux, chassant les dernières brumes de sommeil qui alourdissait encore un peu ses paupières. Il se leva finalement, frissonnant sous la fraîcheur matinale. Le camp était silencieux, et le petit feu que les Hobbits avaient allumé la veille au soir, réduit à un tas de cendres, ne procurait plus aucune chaleur aux dormeurs. Le Rôdeur posa rapidement la cape offerte par Galadriel sur ses épaules et parti d'un pas léger vers les arbres, à la recherche de bois mort pour raviver le foyer. Légèrement à l'écart du camp, accroupit sur une branche basse d'un arbre, dissimulée par le feuillage et sa cape elfique, Elen veillait sur la Communauté de l'Anneau. Lorsqu'Aragorn se dirigea vers l'endroit où elle se trouvait, la jeune reine sauta souplement à terre et s'avança vers lui, son arc à la main.

"- Mara aurë Elen, la salua le Dunedain en la voyant.

- Mara aurë Elessar. répondit-elle posément.

- Vous avez veillé toute la nuit ?" demanda-t-il, une pointe de reproche dans la voix.

La question était purement rhétorique et le ton employé le montrait bien. Si Elen le perçut, elle ne s'en formalisa point. Son rôle ici était de préserver la quête de l'Anneau, elle faisait ce qui lui semblait juste, et au détriment de sa propre personne s'il le fallait. Ce n'était pas quelques heures manquantes de sommeil qui l'affaibliraient.

"- Effectivement. Toute la Communauté avait besoin de repos et je leur en ai fournis. L'Ombre est plus proche que ce que vous ne pensez Elessar." affirma l'elfe d'une voix grave.

Les paroles de cette dernière troublèrent le fils de Gilraen pendant quelques instants mais il se raisonna rapidement. Ils se trouvaient encore dans le domaine de Galadriel, il ne pouvait donc rien leur arriver pour l'instant. Soucieux de ne pas froisser son interlocutrice qu'il savait parfois encline à s'énerver promptement, il acquiesça les dires de l'elfe, puis repartit ensuite à la recherche de bois sec.
Il revint quelques minutes plus tard, une bonne brassée de bois sec dans les bras et s'empressa de raviver le feu. Bientôt, des flammes hautes et claires crépitaient allègrement, délivrant une chaleur bienveillante. Le camp s'éveilla doucement, Saruviel et Legolas émergèrent de leurs songes elfiques, les Semis-Hommes se réveillèrent lentement, puis s'activèrent afin de préparer un repas consistant au vu de la journée qui les attendait. Le dernier à se lever fut Gimli le Nain. Ce dernier avait le sommeil lourd - tout comme ses ronflements d'ailleurs - et Legolas se chargea de lui rappeler avec un malin plaisir. Son ami grommela quelque chose dans sa barbe, et l'on entendit clairement certains mots s'échapper de ses lèvres, à propos de ces "elfes et leur maudit sens de l'humour". Cette remarque fit s'exclamer les Hobbits et sourire les elfes, puis toute la troupe se réunit pour entamer leur repas.

De son côté, Elen vérifiait ses armes et même si cela ne se voyait pas au premier abord, cette dernière voyageait avec nombre de lames sur elle, sans compter son grand arc de bois noir et son carquois. Constatant que chacune de ses armes coulissaient correctement dans leurs fourreaux et pouvaient ainsi se dégainer facilement, elle esquissa un sourire de satisfaction et rejoignit le joyeux cercle constitué par la Communauté de l'Anneau. Elle s'assit entre Aragorn et Gimli, et avala rapidement son petit déjeuner, lequel était plutôt frugal. Pendant ce temps, les Semis-Hommes, conformément à leurs coutumes, faisaient bombance. Enfin, c'était plutôt une bombance de voyage car aucun d'eux n'avait leur légendaire garde-manger sous la main, fort heureusement pour leurs compagnons qui n'auraient pu les résoudre à quitter la place avant "la collation de onze heures" réclamée à corps et à cris lors de leurs premiers jours de voyage avec Grand-Pas. Après avoir laissé les Hobbits avaler un petit déjeuner consistant, le Rôdeur se leva et donna le signal de départ. Chacun s'empressa de ramasser son paquetage et de le charger sur son dos. Les guerriers vérifièrent brièvement que leurs armes coulissaient bien dans leurs fourreaux, mais aucun d'eux n'étaient vraiment inquiet à ce propos. Ils avaient encore plusieurs heures de marche dans le domaine de Galadriel, et cette dernière les protégeraient sans aucun doute jusqu'à la limite de son territoire.
La Communauté de l'Anneau se mit en route, guidée par Aragorn à travers la majestueuse Lothlorien. Les Semis-Hommes et le Nain ne cessaient d'admirer cet endroit quelque peu légendaire au sein de leurs peuples respectifs, car rares étaient ceux qui traversaient la Lorien sans appartenir à la race des Elfes.

Elen fermait la marche, aux aguets. Elle savait qu'un groupe de Galadrims les suivaient à distance, probablement guidé par Haldir, mais cela ne la tranquillisait pas pour autant. Son cœur avait senti que la présence de l'Ombre s'était faite plus proche et cela la tourmentait plus qu'elle ne voulait le montrer au reste de la Communauté. La jeune reine frémissait intérieurement à l'idée d'un combat qu'elle devinait plus proche qu'il ne semblait l'être. Cela faisait bien longtemps qu'elle et son peuple désiraient se venger, et tuer quelques Orcs ne la dérangerait certainement pas. Plongée dans ses sombres projets, Elen fut interrompue par l'exclamation d'un des Hobbits. Dirigeant son regard vers la direction indiquée par Pippin, l'elfe vit ce qui avait arraché un cri de surprise à leur compagnon. Sur la rive de la Nimrodel, peu avant que cette dernière ne se jette dans l'Anduin, se trouvait Galadriel, entourée de quelques elfes. La petite troupe se dirigea vers elle, éblouie. S'ils avaient déjà rencontré la Dame de la Lorien, les compagnons de la Communauté de l'Anneau n'en étaient pas moins troublés. Devinant les desseins de la Reine Elfe, Elen s'éclipsa discrètement. Elle n'avait aucune envie de se confronter à Galadriel car elle savait d'avance ce que lui dirait celle qui les avaient accueilli lorsqu'elle et son peuple avait fui leurs terres, et tant qu'elle pouvait éviter cette discussion, elle n'hésiterait pas.

Restée sous le couvert des arbres qui bordaient la rivière, Elen regardait sa bienfaitrice distribuer des présents à chacun des membres de la Communauté, l'air songeur. Sa décision d'engager les siens dans la guerre qui éclaterait bientôt assaillait son esprit, la faisant douter de ses convictions. Son peuple avait beaucoup souffert lors des précédents conflits et rien n'obligeait les siens à combattre de nouveau contre les hordes de Sauron, et à mourir. Parce que oui, il y aurait des morts, Elen le savait et cela la dérangeait profondément. Son peuple avait établi depuis des centaines d'années un système démocratique en ce qui concernait les graves décisions comme celle que la jeune reine avait prise. Or cette fois-ci, son peuple n'avait pas été consulté avant le Haut Conseil des Elfes, et elle devrait assumer seule les conséquences de sa décision devant les siens. Après tout, pourquoi devraient-ils souffrir une nouvelle fois ? N'avaient-ils pas déjà assez donné pour la défense de la Terre du Milieu ? Un soupir de lassitude s'échappa des lèvres de l'elfe face à ces questions qui la taraudaient sans répit et pour lesquelles elle n'avait aucune réponse.

"- Reine Elen." fit une voix respectueuse derrière elle.

Cette dernière se retourna et son regard rencontra celui d'une grande elfe blonde aux traits harmonieux.

"- Istana ! Je suis heureuse de te voir ! s'exclama la jeune reine.

- Moi de même, ma Reine. répondit son interlocutrice en inclinant légèrement la tête.

- Pas de ça avec moi Istana, la coupa Elen. Comment vas-tu ?

- Nous nous préparons au combat si c'est ce que tu veux savoir. Nous sommes tous très impatient d'avoir notre revanche sur Sauron, comme tu t'en doute.

- Tous ne pourront participer, tu le sais. Les enfants et ceux qui sont trop jeunes pour se battre resteront ici, à la Lorien, en sécurité. Galadriel ne laissera jamais son domaine livré à l'Ombre, sans défense, tous les Galadrims ne viendront pas au devant de l'Ennemi. Et je refuse catégoriquement que des enfants soient orphelins à cause de moi. Personne ne mérite cela."

Cette dernière phrase, l'elfe l'avait prononcée à mi-voix, plus pour elle-même que pour son amie et une ombre était passée au fond de ses prunelles.
Istana et Elen étaient très proches, elles avaient grandi ensemble et leurs caractères s'accordaient bien. Enfants elles avaient tout fait ensemble : leurs premières bêtises, leurs premiers entraînements, et même leur première fugue.
Et lorsque leur royaume avait été attaqué, elles avaient combattu côte à côte, se soutenant mutuellement. Pendant de nombreuses années, Istana a été le seul soutien de la jeune reine après leur tragique défaite et leur funeste fuite loin des terres qui les avaient vu naître, avec les quelques survivants du raid orc dévastateur qui les avaient submergés. Si la famille d'Istana avait en partie survécu, ce n'était pas le cas de celle d'Elen qui avait vu mourir les siens et les avait incinérés une fois arrivée à la Lorien, selon les rites de son peuple. L'elfe blonde comprenait que sa souveraine ne désirait pas que des enfants ou même des jeunes perdent leurs familles dans la guerre qui se préparait. Elle ne souhaitait à personne de vivre ce qu'elle avait vécu et qui l'avait considérablement transformée.

Secouant la tête pour chasser ses pensées, Elen riva son regard dans celui de son amie et échangea quelques mots avec elle, s'assurant que ses ordres seraient respectés à la lettre, puis elle rejoignit le Communauté de l'Anneau près du rivage. Galadriel l'arrêta juste avant qu'elle n'y parvienne et la força à la regarder.

"- Tu pars une nouvelle fois Elen. constata la Dame de la Lorien d'un ton posé.

- N'est-ce pas mon destin ? demanda l'elfe, sans vraiment attendre de réponse.

- Fais attention je t'en prie. Ils ont besoin de toi.

- Qui donc a besoin de moi ? Ceux qui m'aiment ou ceux que j'accompagne vers une mort presque certaine ? fit-elle sarcastiquement.

- Les deux ne sont peut-être pas si différents que cela. Et ceux qui t'aiment ne sont pas forcément loin de toi." Répondit Galadriel avec sagesse.

Elen se dégagea un peu brusquement de la poigne de celle qui régissait la majestueuse forêt de la Lothlorien. Se rendant compte de son geste, la jeune reine se radoucit et un léger sourire quelque peu gêné apparut sur ses lèvres. Elle s'excusa auprès de sa bienfaitrice et tourna les talons pour rejoindre la troupe qu'elle accompagnait, le regard bienveillant de Galadriel fixé sur elle.

La Communauté de l'Anneau embarqua sur les barques mises à leur disposition par les Galadrims et s'éloigna lentement sur l'Anduin. Ils parcoururent les méandres du Grand Fleuve, lequel serpentait dans les montagnes de l'Emyn Muil, et les rapides de Sarn Gebir. Plusieurs heures passèrent ainsi, les compagnons profitant du calme qui les environnait encore, dernier vestige de l'atmosphère sereine qui régnait dans le royaume elfique qu'ils venaient de quitter. Le silence les accompagnait, non pas l'un de ces silences pesants qui mettait mal à l'aise, mais un silence apaisant, reposant pour les esprits. "Le voyage continue, toujours plus près du but" pensa Elen en fermant les yeux quelques instants. Accomplirait-elle un jour ce qu'elle avait promis il y avait déjà plus d'un millénaire ? Serait-elle assez forte pour cela ? Ou au contraire, trahirait-elle sa parole par faiblesse ou lâcheté ? Encore des question sans réponses. Seul l'avenir pouvait répondre à l'elfe, et celui-ci se taisait pour l'instant, la laissant dans le doute.
Lorsqu'Elen leva les yeux, elle oublia de respirer. Devant elle se dressaient majestueusement deux immenses statues encadrant l'entrée du lac de Nen Hithoel. Elles représentaient les deux premiers rois du Gondor, Isildur et Anarion. Les eaux du fleuve léchaient les pieds des rois de pierre, ils levaient leur main gauche comme pour avertir les voyageurs qui descendaient l'Anduin. Sous une couronne et un heaume effrités, leurs yeux voilés de statues regardaient vers le Nord, tandis que leur main gauche tenait une épée et une hache.

"- L'Argonath." souffla Aragorn à Frodon et Sam, la voix emplie de respect et d'admiration pour ces êtres légendaires qu'aucun d'eux n'avaient connu.

Tous les regards se portèrent sur les deux rois de pierre qui montaient la garde à l'entrée du lac depuis des centaines d'années. Ces deux gardiens dégageaient une aura de puissance et de sérénité remarquable, qui impressionnait tous ceux qui posaient les yeux sur ce monument. Elen ne parvint pas à détacher son regard de la Porte de Rois, même lorsqu'ils l'eurent laissé derrière eux. Cette œuvre fascinait l'elfe, sa vue l'apaisait et lui redonnait la force d'aller de l'avant, la majesté de ces rois d'antan l'inspirait et la remotivait. Ce n'était pas la première fois qu'il lui était donné d'admirer l'Argonath mais chaque fois que ses yeux se portaient sur les immenses statues, son cœur s'arrêtait un instant de battre et elle retenait son souffle.

Les barques accostèrent sur la berge Est du grand lac de Nen Hithoel, près d'Amon Hen, la colline de la Vue. La Communauté de l'Anneau ne pouvait continuer plus au Sud, le Lac de Brume se terminant par les chutes de Rauros, et décida donc de continuer à pied vers le Rohan, puis vers le Gondor d'où elle devait rallier le Mordor pour exécuter la mission qui lui avait été confiée.

Hélas, aucun d'entre eux ne savait que l'avenir leur avait réservé une autre destinée.