Bonjour à tous !
Et un nouveau chapitre ! Un ! Je tenais à remercier grandement à ma bêta, Sevy-Dyan, pour sa relecture et ses encouragements. On est en duo maintenant )
Merci à ceux qui laissent des reviews : ça fait énormément plaisir de savoir que vous aimez cette histoire et je dois avouer, ça motive !
L'enquête n'avance pas encore mais ça arrive.
Bonne lecture et à la semaine prochaine pour la suite !
Chapitre 4 :
Pendant que Mycroft s'occupait des formalités administratives et tentait de trouver un hôtel en haute saison dans une des villes les plus touristiques d'Italie, les deux amis revenaient à Baker Street afin de préparer leurs sacs. Le trajet en taxi fut silencieux, Sherlock paraissait tellement occupé par ses pensées que John n'eut pas le courage de l'interrompre.
Cependant, une question le taraudait. Le médecin n'arrivait pas à interpréter la scène qui s'était jouée sous ses yeux un peu plus tôt dans la journée : Sherlock avait fait une promesse à Sam, une étrange promesse si on considérait que le détective pensait être un sociopathe de haut niveau. Pourquoi diable Sherlock avait-il pris cette planète ? Lui qui ne montrait que rarement ses émotions, il avait pris la peine de rassurer ce petit garçon si inquiet pour son père. C'était assez incroyable ! Il m'étonnera toujours. John esquissa un mince sourire. Penser à son ami lui faisait du bien : il se rendait compte que les choses changeaient depuis le retour de Sherlock, que le manque qu'ils avaient tous les deux ressenti en était la cause et que leur rapprochement était inévitable. Physique, le rapprochement. Romantique aussi, bien sûr. Mais surtout physique… Couché Capitaine !
Sur un dernier gloussement, le taxi s'arrêta et John en sortit, laissant à son colocataire le soin de payer la course. En effet, ce dernier, troublé par ce son étrange, avait été interrompu dans son action et s'était retrouvé le dernier dans la voiture. Grommelant contre les docteurs trop sexy pour leur propre bien, il paya et suivit son ami chez eux. Il le trouva en grande conversation avec Mrs Hudson.
- Promis, Mrs Hudson. On vous ramènera ça.
- Quoi donc ? demanda Sherlock.
- Oh ! John vient de me parler de votre petit voyage en Italie. Comme c'est une bonne idée, mes garçons ! Ca va vous faire du bien, à tous les deux.
- C'est pour une enquête, Mrs Hudson, coupa le détective. Je ne partirais pas sinon.
- Oui, oui, bien sûr. Mais l'Italie, c'est tellement romantique ! J'y suis allée en voyage de noces avec mon premier mari….
- Mrs Hudson veut qu'on lui ramène une reproduction du David de Michel-Ange, dit John dans un sourire.
Le brun leva un sourcil interrogateur son ami soupira.
- C'est une statue, Sherlock, d'un personnage de la Bible. Celui qui a vaincu le géant Goliath grâce à son lance-pierre. Elle est célèbre pour sa beauté quasi parfaite et on en retrouve plusieurs reproductions dans tout Florence, expliqua doctement le médecin en montant l'escalier après avoir salué Mrs Hudson.
Sherlock l'écoutait attentivement cependant son esprit était déjà loin, perdu face à une statue de John dans le plus simple appareil, une fronde dans la main droite, prêt à se battre. Sentant un début d'érection naître, il secoua ses boucles noires afin de reprendre ses esprits. Cette idée était pourtant tenace ainsi, une fois entré dans leur appartement, il se dirigea vers sa chambre, grommelant qu'il fallait qu'ils se dépêchent de préparer leurs affaires.
L'ancien soldat regarda son ami prendre la fuite, se demandant ce qu'il avait pu dire pour le gêner comme cela : il n'avait pas raté les joues rougies de Sherlock. Las de s'interroger sans cesse, il monta faire ses valises.
Une heure plus tard, ils se retrouvèrent dans le salon avec leurs sacs, chacun assis sur son fauteuil, attendant la voiture promise par Mycroft qui les mènerait vers leur destination et Matthew. John avait eu le temps de préparer le thé, finir la vaisselle et passer un coup de balai. Sherlock, lui, l'observait.
- Pose-moi ta question.
- Quelle question ?
- Celle que tu meurs d'envie de me poser depuis que nous sommes sortis de chez Moira.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, Sherlock., répliqua John.
Bien sûr, le détective consultant lisait en lui comme un livre ouvert. Chaque frémissement, mouvement, inclinaison de son visage étaient décryptés de la plus juste des façons qu'il soit. Le médecin soupira. Ca ne sert à rien de lui cacher quelque chose de toute façon. Il le découvrira un jour ou l'autre.
- Tu ne pouvais pas faire semblant de ne pas savoir, pour une fois.
- Je n'en vois pas l'utilité.
- Bien… Bon… Je me demandais… Euh… Pourquoi as-tu promis à Sam que tu allais retrouver son père ? Je veux dire, je sais que tu vas le retrouver. Tu réussis toujours… Mais, d'habitude, tu ne prends pas la peine de rassurer les proches, surtout les enfants ! Tu les fuis comme la peste, le choléra et la tuberculose réunis !
Sherlock plaça ses mains sous menton, entrelaçant ses doigts et contemplant John de son regard perçant. Un léger sourire ornait son visage. Bien sûr, John avait compris que quelque chose le touchait dans cette affaire. Il le connaissait bien. Trop bien même. Mieux que je ne me connais parfois. Il réfléchissait, prenant son temps pour répondre, analysant ses émotions, ne voulant pas faire surgir un passé trop douloureux. Mais, c'était John. Il n'avait rien à craindre, au contraire. Il se cala plus confortablement dans son siège, se passa une main dans les cheveux et répondit :
- Tu as dit, quand nous étions chez Moira, que Sam te rappelait quelqu'un. J'ai supposé, et à juste titre, que c'était moi. Personne dans ton entourage ne pouvait ressembler physiquement au garçon ni ne pouvait avoir ce sens de l'observation qui transparait chez lui. Donc, moi.
Sherlock fit une pause. Des images lui revenaient en tête, celle d'un passé heureux avant la débâcle. Il se leva, ne pouvant plus rester assis. Il se planta devant la fenêtre et reprit :
- Mon père avait l'habitude d'encourager mon esprit curieux par toutes les expériences possibles et imaginables. J'étais tellement curieux que mes passions changeaient aussi vite qu'elles me venaient. Un jour, je voulais être pirate, le suivant archéologue. A chaque fois, mon père m'achetait tous les livres qu'il trouvait sur le sujet, les regardait avec moi et on testait toutes les activités. Ma mère travaillait pour le gouvernement et n'était pas souvent à la maison… C'est lui qui nous gardait, Mycroft et moi.
Sherlock eut un petit rire. John était silencieux, buvant ses paroles comme jamais. Ainsi, il ne s'était pas trompé. Il avait bien compris que cette histoire touchait son ami bien plus qu'il ne voulait le laisser paraître. Le capitaine rejoignit son colocataire à la fenêtre et pressa son épaule pour l'encourager à continuer.
- Quand je rentrais triste de l'école parce que les autres me trouvaient bizarre, il me rassurait, me disait que ma curiosité, mon sens de l'observation et mon imagination étaient des dons, des qualités que je devais cultiver pour devenir le meilleur des hommes. Puis, il est mort. J'avais 8 ans, Mycroft 18. Alors qu'il était mon compagnon de jeu, il a voulu reprendre le rôle de Papa et nos rapports se sont dégradés. Je me suis renfermé. J'ai transformé l'imagination en logique pure, voulant comprendre absolument pourquoi il nous avait abandonnés…
Sherlock se retourna. John put remarquer ses yeux remplis de larmes qui refusaient de couler. Il n'hésita pas. Il fit glisser sa main de l'épaule de son ami dans son dos et le prit dans ses bras. Le détective profita de la douceur de ce contact pour finir, murmurant la tête contre la poitrine de John :
- A 12 ans, j'ai fumé ma première cigarette. Je n'ai fait que repousser les limites pour éviter de m'ennuyer… Jusqu'à ce que tu arrives… Je ne veux pas que ce petit garçon connaisse tout ça.
John était bouleversé. Il resserra son étreinte autour de son ami.
- S'il a la chance de devenir la moitié de ce que tu es, il sera l'homme le plus chanceux du monde. Tu es merveilleux, Sherlock. »
A voir son ami se relâcher ainsi, lui montrer à nouveau ce côté fragile qu'il n'avait vu qu'une fois, lorsque Sherlock l'avait appelé du haut du toit lors de sa chute, il n'avait pas pu se retenir. Les émotions affluaient, des deux côtés. Sherlock leva la tête, plongeant son regard dans les yeux de John et…
« Les garçons ! Votre voiture est là ! » hurla Mrs Hudson.
