Cela faisait maintenant trois jours que l'on marchait Sting et moi dans l'épaisse forêt où on s'enfonçait de plus en plus, et je commençais à fatiguer. Mais ce qui me déprimait le plus, c'est que même en marchant au rythme du dragon blanc, il nous restait encore à peu près cinq jours pour arriver à la ville où se situait le Conseil. Le fait que le blond ait l'habitude de marcher avec Rogue pour pouvoir se rendre sur les lieux où l'on avait commandité la mission n'était pas de tout repos pour moi. En effet, Sting marchait plutôt vite comparé à moi, et encore plus vite lorsque mes pieds décidaient de faire des siennes. Et donc depuis trois jours que le dragon marchait devant moi en essayant de ralentir au maximum sa vitesse, que l'on dormait dans des auberges avec notre petit budget, et qu'un grand silence régnait entre nous deux depuis que l'on était parti, je n'en pouvais vraiment plus. Alors il m'arrivait de lui adresser la parole pour lui poser des questions simples et il faisait des commentaires sur le paysage qui nous entourait malgré le fait qu'il me mit encore mal à l'aise. Lorsque je lui disais quoi que se soit, cela n'était pas vraiment intéressant, c'était du genre : " il fait beau aujourd'hui, il pleut, le paysage est vraiment magnifique..." juste pour éviter que le silence ne devienne vraiment trop pesant, et mon compagnon lui ne me répondait que par des grognements qui ne m'aidaient pas vraiment pour lancer une discutions.
Ce jour là, tout comme les trois autres le grand silence régnait. Sting marchait toujours devant moi il était calme et avait l'air pensif, j'avais pour ma part vraiment mal aux pieds. Lorsque d'un seul coup je tombai à cause d'une grosse racine qui traînait et où je m'y suis pris les pieds.
Je pense que le moment était mal arrivé car lorsque je suis tombée, Sting se retourna à la même seconde et allait commencer à me parler :
- Luc..., lorsqu'il débuta, j'étais allongée par terre de la même manière que Wendy lorsqu'elle se prend les pieds quelque part
- Aïe ...
- Pff t'es vraiment pas douée... ça va ?

- Ouais ça peut aller ... lui répondis-je en me redressant pour m'asseoir
Il s'approcha et me tendit sa main pour m'aider à me relever :
- Je voulais te proposer qu'on marche encore un peu pour arriver à la ville la plus proche malgré qu'il commence à faire tard..
En essayant de me relever je me rendis compte que ma cheville me faisait vraiment trop mal pour que je puisse marcher jusqu'à la prochaine ville et ça Sting l'avait remarqué comme moi.
- Mais vu l'état de ta cheville je crois que ça va pas être possible, bon sinon y a un point d'eau pas très loin on n'a qu'à marcher jusqu'à la-bas au moins
- Je pense pas pouvoir vraiment marcher
- Laisse je m'en charge, puis il me prit sur son dos, de la même manière que font les pères avec leurs enfants quand ils se font mal ou qu'ils sont fatigués.
- Non Sting repose moi je pourrais marcher c'est bon
Il prit ma valise et l'ignora. Pourquoi il avait fait ça je ne pourrais pas répondre à la question. La seule question qui m'était venue à l'esprit à ce moment-là était pourquoi je me sens aussi bien que quand je suis dans les bras de Natsu alors que lors de son arrivée il m'avait autant terrifié. Je pense qu'après m'être posée la question je vis le merveilleux coucher de soleil qui nous faisait face à moi et à Sting il était de la même couleur que celui que j'avais vu lorsque Natsu m'avait accompagné le jour de l'arrivée de Sting et Rogue. Mais cette fois-ci ce n'étaient pas les cheveux de Natsu qui étaient colorés par le soleil couchant mais c'était ceux de Sting, et cette couleur lui allait vraiment bien.

Lorsque je rouvris les yeux j'étais allongée à même le sol avec une couverture sur moi. C'était, d'après ce que je me rappelle, le crépitement du feu qui me faisait face qui m'avait réveillée et me rappelait Natsu par la même occasion. Je me redressai lentement, essayant de savoir où je pouvais bien être malgré tout. Je me rendis très vite compte que l'on était au bord de la forêt sur la falaise, ... attendez " on " j'étais en réalité seule, je ne voyais pas Sting ce qui ne me rassura pas beaucoup. Alors je décidai de partir à sa recherche, en me relevant entièrement. Je vis que l'on m'avait posé une sorte d'attelle faite avec ce que l'on pouvait trouver dans la forêt et un bandage. Je me levai donc en essayant de faire du mieux que je pouvais sans me faire mal et sans défaire l'attelle.
Je me dirigeai vers le bord de la falaise. Une fois arrivée je voyais un sublime paysage une couleur bleu nuit et accompagné d'un trait d'horizon fin d'un magnifique bleu azur, qui se mariait à merveille avec l'épaisse forêt qui l'accompagnait. Au loin on pouvait apercevoir une ville qui émettait de petites lumières, et en dessous de la falaise qui faisait un creux vers le bas s'étendait un merveilleux lac qui reflétait les étoiles qui scintillaient dans le ciel. Mais la véritable majesté dans ce paysage était que depuis ce lieu on pouvait voir toutes les constellations, toutes plus belles les unes que les autres :
- C'est magnifique n'est-ce pas
C'était Sting, il était apparu adossé à un tronc d'arbre.
- Oui ...c'est merveilleux lui répondis-je en me retournant vers le monde majestueux qui s'offrait à nous.
- Quand moi et Rogue on a une mission dans le coin, on vient dormir ici, j'aime voir les étoiles et lui c'est la vue qui l'intéresse
- Hummm, je comprends ...
Il ne me répondit rien
- ... Natsu... C'est à ça que me faisait penser la vue
- Bon j'ai déposé quelques fruits près du feu au cas où tu ferais la fine bouche sinon c'est des poissons grillés, me répondit-il en changeant le ton de sa voix pour de venir plus narquois.
- Tu l'as pêché où le poisson ? dans le lac ?
- Nan je suis pas descendu, mais à cent mètres il y a la source de la rivière qui se jette dans le lac
- Tu crois que je peux aller m'y baigner ?
- Pff ... tu fait ce que tu veux après tout, puis il repartit vers le campement .
Face à cette réponse nonchalante je le regardai partir, me retournai, m'assis pour observer de nouveau la voie lactée. Je me demandais ce que j'avais pu dire pour que Sting puisse changer radicalement de ton.
Après réflexion sur cette question dont je n'ai pas pu trouver la réponse, je choisis d'aller me rafraîchir à la source.
Je partis vers le campement je pris ma serviette et des sous vêtements avec moi et laissai ma valise ouverte.
Une fois arrivée sur les lieux je vis de nouveau un paysage digne d'un tableau ou d'histoire racontant une magnifique source éclairée à la seule lumière du clair de lune, sur accompagné d'un sublime saule pleureur qui laissait tremper certaines de ses branches. Il y avait un rocher sur le bord du petit lac qui se transformait en une rivière, je décidai alors d'y monter m'y déshabillai et y laissai mes affaires.
Je descendais de mon gros rocher dans le petit lac qui était peu profond mais qui m'arrive légèrement en-dessus des hanches.
L'eau était si chaude autant que les sources thermales. Je me mis sous la chute d'eau et me laissai masser par la puissance qu'avait l'eau
De là on voyait aussi le magnifique ciel et centaine de constellations. En effet, à cet endroit précis de la forêt, les arbres entouraient la cascade comme une barrière. On pouvait aussi les comparer à une barrière de corail car leurs branches se ramifiaient et les rendaient sublime avec la couleur du ciel : on aurait cru que l'océan avait échangé sa place avec le ciel et cette forêt.
Je me laissai glisser sous la chute et me laissai porter par l'eau le regard dirigé vers ce ciel étoilé. Et le doux bruit que faisait le vent en jouant avec les feuilles des arbres me berça.
Au bout d'une petite heure je décidai de sortir enfiler mes sous vêtements et mis ma serviette, pour me diriger vers le campement.
Une fois arrivée je ne vis pas Sting, je pris mes affaires et allais m'habiller. Il commençait à faire froid.

Je me dirigeais vers la falaise. Je supposais que mon compagnon était allé la-bas pour admirer la vu, et j'avais raison sur un point.
- Ah Sting tu es là je te cherchais.
Il ne me répondit pas. Mais je remarquais qu'il tenait quelque chose dans ses mains.
- Sting ... ça va ?
- Tu l'aimes n'est-ce pas ?
- ... De quoi tu parle ?
- Natsu tu l'aimes ... Je m'étais penchée vers lui et je remarquai qu'il avait un regard vide comme si on lui avait retiré son âme.
- Je ne sais pas vraiment si je l'aime ou non..., je m'assis au prêt de lui et remarquai qu'il tenait l'écharpe de Natsu, je suppose que je l'avais emmenée avec moi par mégarde.
- Mais une chose est sûre c'est que je sais qu'il est avant tout mon compagnon et que je serai toujours là pour lui.
A ce moment Sting détourna la tête pour me regarder et nos yeux se joignirent. Mal à l'aise mon regard fuyait. Il me sourit et me rendit l'écharpe :
- Je l'ai trouvé par terre, je pense que tu as dû la faire tomber quand tu as pris tes affaires.
- Merci sans toi je l'aurais sûrement perdu, lui souris-je
Il me rendit mon sourire difficilement, quelque chose le tracassait.
- Sting qu'est-ce que tu as ? Tu n'es pas comme d'habitude...
- Je ... Tu te rappelle de quand je t'ai dit que Rogue et moi venons quand on pouvait sur cette falaise...
- Oui tu m'as dit que tu aimais regarder les étoiles
- Enfin cela ne m'intéressait pas c'est en faite Lector qui aimait les observer et essayait de trouver ce que pouvait bien nous cacher les étoiles et la lune.
Je crois que c'était la première fois que Sting parlait de Lector après sa mort. Il avait l'air si triste en repensant à son compagnon.
- Je pense que chaque vie qui nous quitte et recueillie par le ciel .Et leurs âmes deviennent des étoiles pour éclairer nos vies et ne pas avoir peur de l'immensité de la nuit. Nous pouvons les revoir en observant la nuit et vérifier qu'ils sont chéris par la Lune qui les accompagne et reste avec eux pour les soutenir. C'est ce que me pensait ma mère quand j'étais petite et c'est ce que je pense aussi maintenant.
- Alors Lector tu serais au prêt des étoiles et de la lune... Sois heureux.
Je pris l'écharpe de Natsu m'y emmitouflais dedans et posais ma tête sur l'épaule de Sting. Il me prit dans ces bras et on ne disait plus aucun mot.
Cette nuit céleste, la vue merveilleuse et son visage me fit ressentir un sentiment que je n'avais jamais connu au par avant, un mélange de peine, de compassion et, de malaise,se qui fit que mon coeur s'affola et ne voulut pas me laisser en paix. Mais malgré tout ce sentiment n'était pas gênant et pouvait être agréable. Il ne me gêna pas dans notre contemplation de ce sublime paysage.