Disclaimer : Tous les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à J. . Je ne fais que les emprunter pour vous livrer cette histoire !

note de l'auteur :
Je suis très contente que cette fic plaise à autant de monde ! Pour toutes les personnes qui craignent que je ne termine pas cette histoire, rassurez vous, je finis d'écrire les derniers chapitres en ce moment même.
Bonne lecture

Crystal of Shadow

Deux ans plus tard

Dans le grand parc du manoir Prince, trois garçons de dix ans couraient joyeusement les uns derrière les autres.

Le plus âgé était un grand garçon dont les cheveux étaient tellement blonds qu'on pourrait presque croire qu'il s'agissait d'argent. Draco Malfoy était un jeune garçon qui avait grandi dans une famille où les apparences comptaient beaucoup. Non pas qu'ils étaient superficiels mais les Malfoy avaient adopté une attitude froide et distante pour se protéger. Ainsi, Draco pouvait être un petit snobinard égocentrique face à des inconnus mais une fois qu'il se trouvait avec ses amis et sa famille, il redevenait un petit garçon joyeux avec une langue qui promettait d'être acérée et qui avait une fascination relevant presque de l'obsession pour la Métamorphose.

Le deuxième était châtain et légèrement joufflu. Neville Longbottom était un peu timide et pendant longtemps s'était réfugié dans les livres. Il avait été retiré de la garde de sa mère à l'âge de sept ans et était beaucoup plus heureux chez sa grand-mère. Chez sa mère, il avait développé un incroyable complexe d'infériorité mais avec l'aide de sa grand-mère, il était assuré et donnait son opinion même s'il restait réservé. Ce qui avait beaucoup aidé, c'était son avidité d'apprendre et surtout sa passion pour la Botanique.

Le dernier avait les cheveux aussi noirs que le jais. Harry Potter avait bien changé depuis cette sombre soirée où il avait quitté les Dursley. Il s'était remplumé et n'hésitait plus à parler et à donner son opinion. Le rassurer quant aux punitions avait été un combat de tous les jours. Les cauchemars après une bêtise quelconque avaient été récurrents. A l'image de son tuteur, il avait développé un masque pour les inconnus. Mais là, dans ce parc, il était un garçon heureux qui ne voulait que s'amuser.

Depuis la terrasse couverte, Augusta Longbottom, Narcissa et Lucius Malfoy ainsi que le maître des lieux, Severus Snape Prince, regardaient les enfants jouer dans la neige en souriant.

Peu après avoir récupérer Harry, Severus l'avait fait manger et se coucher, supposant avec raison que l'enfant devait être totalement épuisé. Le lendemain, il avait fait en sorte qu'il fasse un bilan médical complet, Moldu comme Sorcier. L'examen avait révélé la malnutrition, de nombreuses carences, des os très fragilisés dû aux coups répétés, une vue défaillante et des lunettes absolument pas ajustées, un retard net de croissance, et d'autres choses encore qui avaient fait frémir les médecins dépêchés par la clinique. Avec les Médicomages, Severus avait donné à Harry les traitements nécessaires pour que son corps se remette totalement le plus rapidement possible. Mais concernant la maltraitance psychologique, Severus avait eu beaucoup de mal à le faire parler, à lui faire avouer les traitements cruels de son ancienne famille. Sans s'en cacher, Severus avait consigné toutes ses confidences pour pouvoir les utiliser quand il faudrait faire plonger les Dursley.

Chose qui n'allait pas tarder, d'ailleurs.

-Si j'ai demandé à ce que nous nous voyons aujourd'hui, c'est pour parler de l'avenir des enfants, déclara Severus.

-Leur avenir ? s'inquiéta Narcissa. Mais ils n'entreront à Hogwarts dans plus de six mois !

-Je sais, fit Severus. Mais avant qu'ils n'y entrent, je dois faire en sorte qu'Harry ait l'esprit totalement libre.

-Tu vas porter plainte contre les Dursley, comprit Augusta.

-L'enquête ne devrait pas prendre plus d'un mois, surtout que leur cas est sous surveillance depuis que nous avons porté à l'attention des autorités les fraudes commises par le père, fit Severus. J'ai obtenu que le procès Moldu se fasse à huit-clos ainsi, personne ne saura qu'Harry y est mêlé.

Dès qu'Harry s'était installé au manoir Prince, les quatre adultes présents avaient dû penser et mettre en place de nombreuses sécurités pour protéger le Survivant. Outre la tutelle d'Harry par Severus qui avait été mise sous Fidelitas, ils avaient dû activer de nombreuses protections sur leurs demeures respectives pour ne pas qu'on s'en prenne à leurs enfants. Pour cacher la présence d'Harry auprès de Severus, ce dernier avait expliqué à l'enfant qu'il lui faudrait changer radicalement d'apparence, non que qui que ce soit ne le l'ait déjà vu mais il ressemblait beaucoup trop à son père biologique. Ainsi, Harry avait abandonné ses lunettes rondes au profit d'une potion corrigeant définitivement sa vue, ses cheveux avaient été allongés et disciplinés et des reflets roux étaient apparus.

-L'affaire a l'air donc d'être réglée, fit Lucius.

-Nous le saurons que dans un mois, fit Severus.

-Mais ce n'est pas le but de notre réunion, n'est-ce pas ? fit Augusta

-Exact, confirma Severus. Comme l'a souligné Narcissa, les enfants vont entrer à Hogwarts dans six mois. Mais nous savons tous qu'ils ne peuvent pas se présenter comme ils sont avec nous à l'école.

-Evidemment que non, renifla Augusta. Dumbledore, ce vieux fou, voulait que Neville ait peur de son ombre ! Je n'aurais jamais dû autoriser Franck à épouser Alice. Quelle mère se ferait dicter la manière d'élever son enfant par un étranger ?!

-Avez-vous renié Alice ? demanda Narcissa, curieuse

-Elle est simplement faible, se retint de cracher Augusta. Non, je ne l'ai pas fait, parce que je ne suis pas sûre de la réaction de Neville s'il l'apprenait. Ce sera son choix, quand il deviendra le nouveau lord Longbottom.

-Pour nous, la réputation que Dumbledore nous a bâti parle pour lui, grommela Lucius. A ses yeux, nous sommes tous des Death Eaters, même Draco. Et il est clair que jamais nous n'entrerons dans ses rangs. Nous sommes trop peu malléables.

-Et il va avoir un problème avec Harry, termina Severus. Ce n'est pas la petite chose faible qu'il s'attendrait à trouver après un séjour d'une dizaine d'années dans une famille totalement contre la magie.

-Que faisons-nous ? demanda Narcissa

-Mon avis serait que nous demandions aux enfants de revêtir leurs personnalités publiques en allant à l'école, réfléchit Augusta. Pour Neville et Draco, ce ne sera pas un problème, mais pour Harry, si.

-J'ai vérifié, personne ne sait que Severus est le tuteur d'Harry, intervint Lucius. Mais il est sûr que Dumbledore voudra rencontrer les Dursley.

-Jusqu'à ce qu'il s'aperçoive qu'ils sont tous en prison ou en maison de redressement, ricana Severus.

-C'est un fait, fit Narcissa. Mais le problème n'est pas résolu pour autant. Dumbledore va se méfier quand il va comprendre qu'il ne pourra avoir aucun contact avec les tuteurs d'Harry.

-Je crois que mon plan va finalement nous aider, sourit Augusta.

-Nous vous écoutons, fit poliment Lucius.

-Quand Severus m'a expliqué la situation, je me suis étonnée de ne pas le voir chez un Sorcier, raconta Augusta. J'avais vu le jeune Black être envoyé à Azkaban mais il y avait un truc qui clochait. J'ai cherché dans les archives et je suis tombée sur le gros lot.

-Dites-nous, fit Severus.

-Sirius Black n'a jamais eu de procès, annonça Augusta.

-Par Morgane, souffla Narcissa.

-Comment est-ce possible ? s'étouffa Severus

-Je soupçonne un grand coup pour marquer la mort supposée de Voldemort, renifla Augusta. Mais j'ai toujours trouvé étrange qu'on ne retrouve qu'un doigt de Pettigrow et les corps entiers des Moldus tués, dont un qui était encore plus proche de Black que Pettigrow.

-Un subterfuge ? questionna Lucius

-J'en ai bien l'impression, fit Augusta.

-Quel est votre plan ? demanda Severus

-Je voudrais libérer Black pour qu'il soit le tuteur public d'Harry, annonça Augusta.

-Il va refuser, assura Lucius. Severus et Black se détestent !

-Je ne crois pas qu'il va refuser, rétorqua fraîchement Augusta. Surtout quand on va lui dire que sur décision de Dumbledore, Harry a vécu un enfer et que ce même Dumbledore aurait dû demander un procès dès le moment où on a parlé d'Azkaban pour lui.

-De ce point de vue … concéda Narcissa. Est-ce que ça pourrait marcher ?

-Nous pourrons rouvrir le dossier uniquement si Harry en fait la demande, déclara Augusta. Il sait qu'il a un parrain au moins ?

-Je ne lui ai pas caché, soupira Severus, mais je ne lui ai pas dissimulé le fait que nos relations ont toujours été tendues.

-Il va falloir qu'on lui explique le plan alors, hocha la tête Augusta. Et que cette histoire soit finie avant que les enfants ne quittent Hogwarts à la fin de l'année scolaire.

-Ils sont sur le point de rentrer, annonça Narcissa qui regardait par la fenêtre.

Sur un hochement de tête de la matriarche, Narcissa alla chercher les enfants. Quand ils furent tous installés avec un bol de chocolat chaud dans les mains, Augusta prit la parole.

-Les enfants, ce que nous allons dire aujourd'hui est très important, annonça Augusta. Vous n'ignorez pas comment le monde Sorcier vous perçoit.

Les trois petits se refrognèrent. Alors que Draco était considéré comme un Death Eater en devenir, Harry était une idole vivante, le « Survivant », un symbole du Bien. Le cas de Neville était différent. Furieuse qu'Augusta lui ait retiré la garde de son fils qu'elle élevait sur les conseils « avisés » d'Albus Dumbledore, Alice Longbottom avait répandu des rumeurs toutes plus horribles les unes que les autres, pour faire paraître la matriarche comme une castratrice dominatrice. Peu de Sang Pur la croyait, connaissant le caractère autoritaire et ferme de la femme et sachant parfaitement que Franck avait été parfaitement élevé et ne s'écrasait guère devant sa mère. Cependant, le reste du monde Sorcier la croyait les yeux fermés et croyait également que Neville serait un enfant écrasé par sa grand-mère. Tout le contraire du petit garçon, en somme.

-Que devons-nous faire ? demanda Neville

-Ne laissez personne vous dicter qui vous devez être, fit Augusta. C'est un conseil que je vous demande fortement de suivre.

Elle regarda droit dans les yeux les trois enfants qui soutinrent son regard.

-Nous allons cacher le fait qu'Harry a été en contact avec le monde Sorcier, annonça Augusta. Donc, mon jeune Harry, tu vas devoir te conduire comme tout Né Moldu arrivant dans notre monde.

-Pourquoi ? demanda Harry

-Albus Dumbledore, le directeur d'Hogwarts, s'est permis de te placer chez les Dursley, expliqua Augusta en frémissant de colère. Nous devons savoir pourquoi il a agi comme ça et pour cela, tu ne dois pas éveiller les soupçons.

-Quelle maison devrais-je choisir ? demanda Harry. Celle de mes parents ? D'ailleurs, ils étaient dans quelle maison ? Severus n'a jamais voulu me le dire.

-Tes parents étaient tous les deux à Gryffindor, répondit Narcissa en lançant une œillade moqueuse à son ami.

-Connaissant Dumbledore, il va vouloir que tu ailles à Gryffindor, réfléchit Severus.

-C'est ma maison ? demanda Harry

-Si on devait te regarder objectivement, tu as autant de chances d'aller à Gryffindor qu'à Slytherin, fit Lucius.

-On fait quoi alors ? fit Draco. Parce qu'il n'est pas question qu'on nous sépare !

Les trois garçons se resserrèrent.

-L'idéal serait que vous soyez tous les trois envoyés à Ravenclow, déclara Augusta. Les trois autres maisons ont un passif trop lourd pour que vous soyez pris au sérieux.

Les jeunes se concertèrent avant de hocher de la tête.

-Devons-nous nous séparer ? demanda Neville

-Non, fit Narcissa. Si les autres ne peuvent s'accoutumer de votre amitié, alors ils n'ont pas à être vos amis.

-Devons-nous avoir un comportement particulier ? demanda Draco

-Non, affirma Severus. Ce serait trop lourd pour vous à supporter. Sauf pour Harry qui doit se comporter comme un Né Moldu pendant les premiers mois.

-En attendant, la tutelle d'Harry va finir pas poser problème, reprit Augusta. A part nous, personne ne sait qu'Harry vit au manoir Prince sous la tutelle de Severus. Et cela doit rester un secret.

-Pourquoi ? demanda Harry

-Pour le monde Sorcier, cela ferait mauvais genre que le Survivant soit élevé par un Death Eater, critiqua vertement Augusta.

Les trois garçons grimacèrent. Aucun d'entre eux n'ignoraient les mauvais choix de Lucius et de Severus ni la soi-disant lutte qui opposait les forces du Mal, menées par Voldemort, et celles du Bien, par Dumbledore. Pour l'instant, ils étaient positionnés comme une troisième force, grise, alternative aux deux camps qui se déchiraient devant le public.

-Que devons-nous faire ? demanda Draco

-Une fois que vous serez à l'école, Harry devra demander à consulter les archives du Ministère pour savoir ce qui s'est dit lors du procès de Sirius Black, déclara Augusta. Tu prétexteras vouloir savoir si Black a dit pourquoi il a livré tes parents alors qu'il était censé être ton parrain.

-Je ne comprends pas, fit Harry.

-Nous ne voulons pas que Dumbledore découvre qui est ton véritable tuteur, avoua Augusta. Nous allons faire en sorte que Sirius Black le devienne aux yeux du monde Sorcier.

-Je ne serais pas séparé de Severus, non ? s'inquiéta Harry

-Pas si j'ai mon mot à dire, sourit Severus.

-Sirius Black ? demanda Draco. Il n'est pas de la famille ?

-Il s'agit de mon cousin, fit Narcissa. Et je le connais. Même s'il a eu beaucoup de problème avec sa famille, il a su s'en reconstruire une avec les Potter. Et jamais il n'aurait pu les trahir.

-Donc je dois attirer l'attention sur Sirius Black, fit Harry. Et faire en sorte de le libérer ?

-Il faut que tu l'amènes à le faire témoigner sous Veritaserum, fit Augusta. S'il est innocent, et je le crois, le Ministère devra le libérer. Et dans la foulée, qu'il soit aux yeux du monde Sorcier ton tuteur. Ça nous arrangerait pour nos projets.

-Pourquoi vous croyez qu'il est innocent ? demanda Neville

-L'absence de procès est en soi une preuve de son innocence, répondit Augusta. Si Sirius Black était réellement un Death Eater, Croupton, le directeur de la Justice de l'époque, aurait fait en sorte qu'il ait un procès public pour montrer au monde qu'il a capturé un Death Eater. Or, là, il a juste annoncé son emprisonnement. Ça cache quelque chose.

-D'accord, fit Draco.

Tous discutèrent encore un peu des différentes choses qu'ils devraient faire à l'école avant de se séparer.