(Remise en ligne du chapitre, afin de supprimer un truc bouleversant (Rossi, il ne pestait pas contre une machine à laver, non...))
Perso, je râle contre la mise en page : je fais un truc tout bien, avec des beaux paragraphes, et ça saute quand je mets en ligne.
Pour info LadyGreySun, c'était « Undisclosed Desires » =)
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A cinq heures ce matin-là, Beth était assise sous la véranda. Elle avait eu un chez elle il y a cinq ou six ans. Et le bien-être qu'elle éprouvait à cette époque ressemblait plus ou moins à celui qu'elle ressentait chez Rossi.
Elle était insomniaque depuis toujours. Selon l'endroit où elle se trouvait, elle devait trouver quelque chose à faire. Pour éviter les angoisses, les colères.
Quand Rossi se leva une heure plus tard, elle avait lavé les seuls vêtements qu'elle possédait, fait une fournée de scones aux raisins et préparé du café. Elle sursauta en le voyant à l'entrée de la cuisine.
- J'ai utilisé la machine à laver. Je sais pas si je pouvais, mais...
- Tu pouvais.
Il désigna les Converses qu'elle portait.
- Tu vas courir avec Morgan ?
- Oui...
- Tu vas avoir mal aux pieds.
- Peut-être. En attendant, elles courent vite.
Ils éclatèrent de rire.
Elle lui tendit une tasse de café. En s'asseyant, elle se lança.
- Je ne sais pas pourquoi tu fais tout ça pour moi. Si c'est par pitié, à cause de la solitude ou un truc comme ça. Enfin, je veux juste dire que je ne suis pas douée pour tout ça. Il faut me laisser du temps. Je suis tellement paumée que j'arrive pas à faire de la place à quelqu'un. J'ai été tellement oubliée que j'ai vraiment la trouille. Et rien que là, t'es trop impliqué dans ma vie, tu vois, j'ai déjà peur que tu me laisses ! Enfin bref, j'en dis déjà trop... C'est la loose, non ?
Elle leva la tête de son bol.
Rossi était visiblement amusé.
- Finalement, tu arrives à parler aux gens. C'est un début. Bientôt, on pourra mener une vraie conversation.
Elle écarquilla les yeux.
- Ce genre de phrases, t'oublies, c'est archi flippant.
Ils se regardèrent un instant, puis se sourirent.
Le téléphone interrompit la douceur du petit matin.
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- Rossi.
- Salut, c'est JJ. On a une affaire.
- On arrive.
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Rossi se retourna vers Beth.
- Tu vas devoir remettre à plus tard ton jogging.
Elle savait qu'à partir de maintenant, elle allait devoir faire ses preuves. Qu'elle allait devoir passer outre son mutisme.
Il s'était soudainement assombri.
Ils préparèrent chacun quelques affaires, puis filèrent au QG.
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L'équipe arriva en même temps dans la salle de réunion, la mine déconfite des nuits courtes.
Les dossiers étaient disposés au milieu de la table.
JJ s'approcha du tableau blanc afin d'exposer l'affaire.
- La police d'Austin nous a alerté à propos d'une succession de meurtres. Les photos parlent d'elles-mêmes. Le meurtrier frappent deux fois par mois. Le premier il kidnappe une personne. Il dépose son cadavre le 15, toujours dans des situations particulières. Puis le 16, il en kidnappe une nouvelle. Il abandonnera la dépouille à l'aube du mois suivant. Il y a déjà quatre morts. Le prochain cadavre devrait être découvert dans deux jours.
Cette dernière phrase sonnant comme un compte à rebours, ils partirent.
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Ils firent une première lecture des dossiers dans le jet.
Beth était en tailleur. Sans trop réfléchir, elle s'était assise à côté de Rossi. Face à elle, Spencer faisait un résumé des autopsies pratiquées.
- La première victime a 28 ans. Kyle Stone. Il a vraisemblablement été enlevé dans le hall de son immeuble. On l'a retrouvé dans une poubelle. La seconde victime a 27 ans. Mary Starck. Enlevée à la sortie du travail. Retrouvée dans un container.
Il lui jeta rapidement un coup d'oeil : elle était en train de faire des schémas, des tableaux. Rapidement. Comme quand on procède à une première esquisse.
Prentiss prit le relais.
- La troisième victime est John Stand. 26 ans. Kidnappé en pleine nuit chez lui. Retrouvé dans une cabine téléphonique. La quatrième victime s'appelle Bree Mumford. Elle avait 25 ans. On se sait pas vraiment où elle a été enlevée. On l'a retrouvée dans un baril, dans une station service.
Morgan remarqua le visage soucieux de la nouvelle.
- ça va ?
- Je suis née à Austin. Quand j'avais quatre ans, ma mère m'a laissée dans cette station service. Et je l'ai jamais revue.
Elle sourit.
- ça va, faites pas cette tête, je m'en suis remise !
Elle revint à leur enquête, afin d'éviter tout silence pesant et regard de pitié.
- En ce qui concerne les victimes, les tortures infligées ne sont pas la cause de la mort. On voit qu'elles ont été tuées toutes de la même façon. La nuque brisée. Il s'est lassé.
Prentiss intervint.
- ça ne pourrait pas être une femme ?
- C'est difficile de briser une nuque, souligna Rossi. Puis les tortures infligées caractérisent une volonté de domination.
- Et les mises en scène une glorification de ces meurtres, conclut Prentiss.
- On a une liste de disparus ? demande Beth, les sourcils froncés.
- Non... Pourquoi ? demanda Spencer.
- Je suppose qu'il a enlevé un homme dont le nom de famille commence par un M. Il alterne entre homme et femme, trois victimes dont le nom commence par S, une par M. Je crois que ça collerait.
Chacun observait les dossiers, échafaudait des possibilités, tentait d'obtenir un scénario. Le voyage se termina dans un silence studieux.
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Ils furent accueillis au commissariat d'Austin par le shérif Peter Hanks. Sa démarche elle-même montrait à quel point il était prétentieux, arrogant et stupide. Avec un sérieux faussement professionnel, il leur donna les éléments de l'enquête :
- Bien. On a déjà quatre victimes. Deux hommes, deux femmes. Nuque brisée, blessures multiples, mise en scène des corps. Ils ont tous été enlevé brutalement et séquestré une quinz...
- On le sait déjà, ça, le coupa froidement Beth.
Tous la dévisagèrent. Elle ne quittait pas des yeux le shérif, interloqué. Il bafouilla :
- Si vous avez besoin de quelque chose, mes agents sont à votre disposition.
Il tourna les talons et sortit. Hotch se retourna vers la nouvelle recrue :
- On est tenu d'avoir des relations courtoises entre nos équipes.
Pour seule réponse, Beth marmonna en se plongeant à nouveau dans le dossier :
- Il est extrêmement con.
Hotch partit avec Prentiss sur les scènes de crimes, Rossi écrivait tous les éléments sur un tableau blanc.
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Morgan avait transmis les informations dont ils avaient besoin à Garcia. Cette dernière apparue sur l'ordinateur de Beth.
- Mes poussins ?
Spencer se mit dans le champ de la webcam.
- Oui ?
- J'ai des infos sur les victimes. Toutes ont des vies plutôt décousues. Certaines bossent, d'autres non. Des caractères certainement différents. Aucun point commun. Et pourtant...
Elle s'interrompit pour faire apparaître à l'écran la photo d'un bâtiment désaffecté.
- C'était un foyer géré par Austin. J'ai cherché, cherché, et encore cherché, et j'ai trouvé ! Les victimes y étaient entre 95 et 96.
Beth sentait le sang afflué dans ses tempes. Elle n'écouta pas Morgan saluer Garci, ni Spencer lui demandait si ça allait, ni Rossi qui râlait devant la machine à café. Elle se leva, ouvrit la fenêtre, respira profondément, les sourcils froncés.
Elle se retourna vers eux, le visage impassible.
- J'étais là-bas en même temps.
