The harder they fall a été écrit par LadyExcalibur2010
Je ne fais que traduire.
Outtakes de The bigger they are de différents points de vue.
Ça n'a aucun sens de les lire si vous ne connaissez pas l'histoire principale
A lire après le chapitre 6.
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Bella et Mac
De justesse
27 juillet 2000
C'est la douleur qui me réveilla. Pendant un moment je n'arrivai plus à respirer. Puis j'y arrivai à nouveau mais beaucoup trop vite. A côté de moi Mac dormait profondément. J'aurai voulu le frapper mais j'avais vraiment trop mal pour bouger. Je lui jetai un regard mauvais en essayant de reprendre mon souffle pour pouvoir le réveiller une bonne fois pour toutes. Enfin je fus capable de m'asseoir, il ne me restait plus qu'à réveiller Mac. Il était un dormeur léger et n'importe quel petit mouvement ou bruit pouvait le réveiller. Ça faisait de lui un précieux moniteur de bébé. Nos trois garçons nous avaient donné de l'expérience. Et j'avais prévu que ce serait la même chose pour le numéro quatre.
"Bella chérie?" demanda-t-il. "Qu'y-a-t-il? C'est le bébé?" Mac était prêt. Il ne se réveillait pas perdu ou confus. Il attendait ça depuis la semaine dernière ou à peu près. Il continua à me dévisager comme si une bombe allait exploser à chaque instant. Je suppose que c'était pareil en effet. Les valises étaient prêtes. La voiture aussi et toute la maison était en attente.
Nous avions déjà fait ça : nous précipiter à l'hôpital à minuit. Ainsi que l'après-midi ou même à l'heure de pointe - il avait même fait une partie du voyage en tank mais c'est une autre histoire... Nous étions expérimentés, rien ne pouvait nous surprendre. Nous étions comme des anciens combattants après tout. C'était le bébé numéro quatre.
C'est d'ailleurs pourquoi je fus surprise d'être aussi effrayée. Je regardai Mac qui me fixait, une expression inquiète sur le visage. Il posa sa main sur mon ventre. "Tu as des contractions?" Il attrapa sa montre qui était toujours posée sur la table de chevet. "Tous les combien?" demanda-t-il en regardant sa montre. Elle s'alluma et il la régla en mode chronomètre. Je soupirai et voulus rire mais ça faisait trop mal.
Le bébé n'était pas attendu avant deux semaines, mais nous savions tous les deux que ça ne voulait rien dire. Les bébés venaient lorsqu'ils étaient prêts ni avant ni après. Ils n'avaient pas de calendrier après tout. Nos garçons semblaient particulièrement peu fiables en ce qui concernait la date de leur naissance. Pas un seul ne s'était montré à la date prévue, arrivant plus tard (Emmett) ou plus tôt (Sam et Seth).
La douleur empirait mais ne cessait pas comme elle aurait dû. Ça faisait même plusieurs minutes que ça devenait encore plus difficile.
Et pas de contraction...
"Non," murmurai-je. "Pas ça," sifflai-je alors que la douleur augmentait encore et mon instinct me disait que quelque chose de terrible se passait. "Mac... il faut que nous allions à l'hôpital." Je pris une profonde inspiration. "Tout de suite."
Mac savait parfaitement bien qu'il n'y avait pas à discuter. Je n'étais pas de celles qui se précipitent à l'hôpital au moindre petit problème même lorsque j'avais été enceinte la première fois. En fait nous n'étions presque pas allés à l'hôpital parce que je ne voulais pas y aller juste pour être renvoyée à la maison. J'avais entendu des histoires horribles et j'étais déterminée à ne pas revenir à la maison sans mon bébé dans le siège arrière de la voiture. Emmett était arrivé trente minutes après notre arrivée et seulement dix minutes après que j'aie été installée dans la salle de naissance. Une infirmière l'a accueilli lui et ses quatre kilos et demi.
"Quelque chose ne va pas..." Je serrai les dents et essayai de sortir les jambes du lit. "Merde, merde, merde."
Mac rigola même si je pouvais dire qu'il était inquiet. Il attrapa le téléphone et appela Teresa notre voisine la plus proche. Elle nous avait dit qu'elle viendrait et resterait avec les enfants si je devais accoucher pendant la nuit. Une fois qu'il lui eut parlé il prit le sac qui avait été préparé juste deux jours avant puis attrapa quelques tee-shirts et quelques sweats ... de l'armée bien sûr. Ensuite il me tendit une chemise de grossesse qui disait "Le petit soldat est à l'abri" c'était l'idée amusante de Mac - puis il me tendit un pantalon en coton léger. J'avais toujours chaud, les sweat étaient inutiles surtout que nous étions au mois de juillet.
"Allez viens mon cœur," dit-il doucement. "Laisse-moi te transporter jusqu'à la voiture." Puis il me souleva dans ses bras et je m'affalai contre lui.
"Tu vas te faire une hernie," protestai-je. Il souffla et prétendit ne pas vaciller. Je le tapai à nouveau.
Pendant ce temps Teresa était à la porte. Elle me fit un petit sourire. "Tu es bien pâle Bella," dit-elle doucement. Elle se tourna vers Mac. "Ne perds pas de temps."
Mac m'installa dans le siège passager et fit le tour du SUV en courant puis sauta à l'intérieur. Le moteur rugit et nous allâmes vers l'autoroute. Je me pliai et gémis.. "OH ... Putain..." La douleur était insupportable. Ce n'était pas la douleur habituelle qui grandissait de plus en plus durant le travail. Celle-là je la ressentais comme un incendie dans mon ventre.
Je sentis du liquide couler et je sifflai d'ennui. La voiture n'avait que six mois. "Je pense que je viens de perdre les eaux."
Instinctivement nos yeux allèrent vers le siège. Et même dans la lumière faible des réverbères nous l'avons vu tous les deux.
Pas de liquide amniotique mais du sang.
Je commençai à pleurer. Mac jura et accéléra fortement. "Tiens bon!" ordonna-t-il d'une voix faible et tendue.
Il cria en s'arrêtant devant l'hôpital de la base sans se préoccuper de faire du bruit dans ce lieu où il ne fallait pas déranger les malades. Il me souleva dans ses bras de nouveau et avec la faible lumière je pus voir combien de sang j'avais perdu.
Jacob...
Ensuite il y eut un tas d'infirmières et de docteurs qui se précipitèrent dans une valse confuse autour de moi. Mac me posa sur une civière et je remarquai que tout son tee-shirt était taché. Je n'arriverai jamais à le ravoir...
Vite, vite, vite... L'ascenseur pour aller à la maternité. Une échographie rapide et j'entendis qu'il fallait préparer la salle d'opération numéro deux. Salle d'opération? Mac se pencha vers moi et murmura. "Ça va aller, mon cœur. Je te le promets. Je vais t'attendre jusqu'à ce que tu sortes de là."
J'avais quelque chose dans le bras. Une perfusion. Je détestai ces choses et je me sentis nauséeuse et quelque chose de froid coula dans mes veines. Flottant.
"Mac?" J'essayai de prononcer son nom. "Bébé?"
Ses grandes mains calleuses repoussaient mes cheveux en arrière. Si tendre et si gentil. "Ça va aller, ma chérie. Il est ..."
Tout devint noir doucement comme si quelqu'un amenait l'obscurité.
Un moment plus tard je me réveillai. Ou peut-être une semaine plus tard. Peu m'importait. Ma bouche était sèche et mon ventre me faisait mal comme si un camion avait roulé dessus. Je grognai et Mac était là, penché au-dessus de moi avec de l'inquiétude sur son merveilleux visage. "De l'eau," suppliai-je.
Il me mit une paille entre les lèvres. "Pas trop," m'avertit-il. Je fronçai les sourcils. Je pourrai boire un demi-litre et ça ne serait pas assez. Trop tôt il me l'enleva.
"Plus," lui dis-je.
"Une minute. Je ne veux pas que tu vomisses."
Je roulai des yeux. Je me rappuyai et ensuite ça me frappa. Mes mains allèrent à mon ventre. Plat. Je tournai la tête. Pas de berceau. Je commençai à pleurer.
"Non Bells ma chérie, il va bien. Jacob va bien. Ils l'ont mis en observation mais il va bien. En parfaite santé... Ils ont dit qu'ils le ramèneraient aussitôt que tu serais réveillée et que tu te sentirais prête."
"Je me sens bien," insistai-je en essayant de m'assoir. Grosse erreur. Le feu se propagea dans mon ventre.
"Bella ils t'ont fait une césarienne. Il faut que tu te remettes. Tu ne vas pas te lever aussi rapidement que tu l'as fait les fois précédentes." Ses yeux pétillaient. Il m'avait toujours taquiné à propos de ma récupération rapide après mes accouchements en disant qu'il n'était pas sûr que ce soit juste pour les autres femmes car ça pourrait leur laisser croire qu'elles se rétabliraient bien vite.
"J'ai l'impression que cette fois va compter pour les autres," grognai-je en essayant de trouver une position plus confortable pour éviter cette brûlure.
"Je suis allé le voir plusieurs fois," me rassura Mac. "Il est juste parfait."
La porte s'ouvrit et l'infirmière poussait un berceau dans lequel se trouvait un petit paquet bien emballé. Je sentis mon corps commencer à se détendre. C'était mon bébé, mon Jacob. Je souris à Mac alors que l'infirmière me le passait et vérifiait nos bracelets d'identification. Oui, il était à moi. Je le reconnaitrais n'importe où et mes mains étaient impatientes d'apprendre à le connaitre.
Elle déposa sa chaleur réconfortante dans mes bras. "Gardez-le couvert," ils disaient toujours ça mais ses petites lèvres n'étaient pas bleues et son visage n'était pas marbré. Et il n'avait aucun problème d'ajustement de température. Je considérai ça juste comme une suggestion. Et en tant que mère de Jacob mes souhaits l'emportaient sur ce qu'elle me disait.
Une fois que la porte fut fermée, je repoussai les couvertures et dévoilai son petit corps minuscule mais robuste à mon regard scrutateur. Longues jambes se terminant par un gros pied, de long orteils et ... "Il va être grand," dis-je. Des cheveux noirs, très noirs, beaucoup, implantés curieusement sur sa tête. Une minuscule bouche rose, des joues rebondies couleur de miel... parfait. Je caressai sa joue et immédiatement il réagit à ce toucher. "L'appétit de son père," taquinai-je et Mac rit.
Avec l'aide de Mac je l'installai à mon sein et il fut rapide à sucer joyeusement. Il semblait être meilleur à ça que ses frères. Je jouai avec ses cheveux pendant qu'il tétait mais il ne sembla même pas s'en rendre compte. "Va-t-il pleurer aussi fort qu'Emmett?" demandai-je. Emmett avait même surpris les puéricultrices expérimentées. Elle l'avait gardé dans notre chambre le plus possible. Nous n'avions jamais eu à le réclamer. Ils nous l'avaient remis avec beaucoup d'ardeur.
Mac haussa les épaules. "Je ne sais pas..." Il sourit et ses yeux bleus se plissèrent de rire.
"Qu'est-ce que ça veut dire?"
En souriant il se pencha et embrassa le dessus de la tête de Jake. "Je ne l'ai pas encore entendu pleurer."
ooo
Le docteur vint plus tard et me dit que j'avais eu un décollement placentaire ce qui signifiait que le placenta avait commencé à se décoller de la paroi utérine avant que Jake soit né. Et ce qui avait occasionné les saignements et la douleur intense. "Vous êtes très chanceuse d'avoir pu venir si vite. Si vous aviez hésité ou si vous étiez venue de plus loin..." Il secoua la tête mais ne continua pas mais j'avais bien l'image.
Nous avions de la chance que Jake soit vivant.
Je fis une sieste et Jake aussi. Il s'endormit dans son petit berceau et j'étais complètement épuisée. Ensuite ils m'apportèrent ce qui était censé être de la nourriture. Je savais que Mac me rapporterait quelque chose de bon et de nourrissant. Stupides régimes. Plus tard dans l'après-midi la porte s'ouvrit et tous mes garçons étaient là.
Sam arriva le premier, il avait à peine deux ans. Dieu merci il avait été propre tôt. Je n'aurais plus à m'occuper de couches avec lui. Ses yeux étaient grands ouverts et curieux alors qu'il s'approchait de moi avec hésitation. Je lui souris et tendis mes bras pour l'inviter.
"Faites attention, les gars, souvenez-vous de ce que je vous ai dit," leur dit Mac tranquillement.
"Maman a bobo?" demanda Sam en penchant la tête pour m'observer.
Seth regarda dans le berceau, étudiant son nouveau frère et il haussa les épaules. Les bébés ne l'intéressaient pas particulièrement. "C'est quelque chose de petit," fit-il observer finalement.
"Il grandira," le rassura Mac.
Seth réfléchit puis hocha la tête. "Bien."
Emmett s'assit sur le rebord du lit en faisant bien attention de ne pas le faire bouger. Je lui souris en remerciement et il haussa les épaules. Il était déjà grand pour son âge. Je pensais qu'il pourrait rivaliser avec Mac. "Tu te sens bien maman?" demanda-t-il.
"Je me sens mieux," dis-je.
Il opina et se retourna pour observer Jake. Ça prit quelques minutes mais ensuite ils firent ce qu'ils faisaient toujours, discuter entre eux et faire des commentaires sur Jake - pas que des compliments mais c'est ainsi que ça se passait entre frères - puis me regarder manger ce que Mac m'avait amené - heureusement pour lui. Je ne pouvais pas trop manger encore mais le pudding de la maison avait meilleur goût que celui de l'hôpital. Je n'arrivai pas à comprendre comment ils faisaient pour rater ça mais pourtant ils le faisaient.
Je dis à Mac de sortir l'appareil photo de mon sac. Il prit quelques clichés avec les garçons et Jake. Puis moi tenant Jake. Une infirmière vint voir ce qu'il se passait et elle nous offrit de prendre une photo où nous serions tous et je sautai sur l'occasion : des portraits avec la famille toute entière étaient difficiles à avoir.
Mac se mit tout près de moi et les garçons se postèrent tous devant l'appareil. Ils s'écartèrent un peu mais laissèrent leurs mains sur la couverture de Jake. Mac chuchota. "Merci pour nos garçons Bella..." Je souris en regardant Jake et l'infirmière prit la photo.
Plus tard lorsque je vis cette photo elle devint l'une de mes préférées. Les yeux de Mac n'étaient pas sur Jake ce qui me surprit. Je n'avais pas réalisé ça. Ils me fixaient et il étaient aimants comme au premier jour de notre mariage. Il paraissait pâle et fatigué mais pas si mal que ça. Et la vue de ces trois petites mains sur la couvertures de Jake me laissait toute émue.
Je l'affichai dans l'entrée où je mettais toutes les photos de la famille sur le mur. J'aimais me promener là et revoir mes garçons, leurs visages heureux me souriant.
J'aimais ma vie. Je ne voulais que rien ne change.
