Bonjour (ou bonsoir) à toi !
Vas-tu enfin connaitre l'identité de l'inconnu ? Peut-être ! :D
Je m'excuse par avance s'il reste des fautes, la correction de ce chapitre s'est fait très rapidement (trop à mon goût)...
Bonne lecture !
Phyllida Crane
CAP OU PAS CAP ?
*Désillusions*
Devait-elle vraiment se rendre à ce rendez-vous ? Après tout, ce n'était qu'un gage dans un vieux grimoire en lambeaux, rien de plus… Mais lui, allait-il vraiment venir ? Si elle se défilait, elle allait perdre. Perdre quoi ? Personne ne le savait, mais elle refusait de renoncer à ce jeu, aussi ridicule qu'il soit.
Elle se regarda une dernière fois dans le miroir, remit ses cheveux en place et se glissa par l'ouverture du mur pour se rendre à la tour d'astronomie. A chaque pas qu'elle faisait, elle avait envie de reculer de trois, mais sa volonté de fer la poussait en avant. Son ardeur grimpait en même temps qu'elle gravissait les escaliers. Quel élève allait-elle rencontré là-haut ? Était-il déjà arrivé ? Les questions se bousculaient de plus en plus dans sa tête et lui donnèrent vite le tournis.
Enfin, elle vit la fin des marches. Mais elle s'arrêta net. Les battements de son cœur résonnaient dans ses tympans. Elle n'entendait plus que ça. Soudain, elle sentit la peur l'envahir. Pourquoi avait-elle commencé ce jeu stupide ? Elle souffla et posa son pied sur la marche suivante, puis sur l'autre, jusqu'à atteindre le sommet.
Accoudé à la rambarde de fer forgé, elle le vit, lui tournant le dos. Pansy connaissait cette silhouette, elle l'avait déjà vu. Mais où ? Qui étais-ce ? Il ne lui avait pas menti, ses cheveux en bataille étaient aussi noirs que l'ébène le plus sombre. Puis il se retourna et son cœur eut un raté.
- Toi ? Qu'est-ce que tu fais là, Potter ?, ragea-t-elle.
Pourquoi était-il ici ? Elle attendait quelqu'un et ne voulait en aucun cas être dérangé par ce lion prétentieux. Contrairement à elle, il semblait parfaitement serein, presque heureux qu'elle soit là en face de lui.
Voyant qu'il n'allait pas bouger d'ici, Pansy intériorisa sa colère et s'avança pour lui faire comprendre qu'il n'avait rien à faire ici à cette heure. Elle était préfète, lui non.
Mais elle stoppa sa marche lorsqu'elle le vit sortir le livre à la reliure défraichie. Que faisait-il avec ça dans sa poche ? Il était à elle et à son inconnu, il n'avait aucun droit de le posséder !
- Où as-tu pris ça ?, demanda-t-elle sans cacher sa colère. Va le remettre à sa place immédiatement ! Il ne t'est pas destiné !
- Cap ou pas cap de m'embrasser ?, lui dit-il pour simple réponse.
Pansy sentit son visage virer au pourpre. Ses sentiments étaient complètement chamboulés. Colère, Peur, Passion, tout était en ébullition en elle. Elle saisit brutalement le livre et recula jusqu'à la sortie sans quitter le jeune homme des yeux. Il lui souriait, ce qui l'énerva encore plus.
- Ca fait un moment que je sais que c'est toi, Pansy, lui confia-t-il. Contrairement à toi je n'ai pas l'intention de te cacher mes sentiments. A toi de relever le prochain défi !
Pansy s'enfuit le plus vite possible de cette tour infernale. Quelle imbécile ! Pourquoi avait-elle fait confiance à un inconnu en sachant que n'importe qui pourrait tomber sur ce livre ? Elle s'en voulait. Mais le pire c'était les sentiments qu'elle éprouvait pour lui. Un mélange de haine et d'amour, le cocktail le plus explosif qu'elle n'ait jamais expérimenté à ce jour. C'était à la fois jouissif et exécrable. Saint Potter… Jamais, oh non jamais elle ne ressentirait quelque chose pour lui !
Sans même adresser un seul mot à ses amis réunis dans la salle commune elle s'enferma directement dans sa chambre, jeta le livre contre le mur, prit son coussin et, le plaquant contre son visage, hurla toute la rage qu'elle contenait en elle. Des larmes accompagnèrent sa peine et elle s'effondra sur son lit, perdue et déroutée.
Pendant plusieurs jours elle ne parla pas à ses amis et ne rendit pas visite à Drago. Elle restait seule avec elle-même, ne voulant en aucun cas être dérangée. Si l'un d'eux venait vers elle, Pansy faisait en sorte de se rendre ailleurs, voire parfois de bloquer l'accès à son dortoir. Elle voulait quitter l'école, ne plus croiser personne. Simplement rentrer chez elle.
Un vide profond s'était formé au fond d'elle et rien ni personne ne pouvait le combler. Ou plutôt elle ne voulait plus jamais revoir la personne qui pourrait l'aider à redevenir heureuse. En peu de temps, elle avait réussi à immuniser son cœur contre toute sensibilité, ce qui fait que ses amis ne la reconnaissaient plus du tout.
Mais elle s'en fichait. Plus rien n'avait d'importance pour elle. Même les cours d'Histoire de la Magie lui semblaient plus attrayants que n'importe quoi d'autre. C'était la seule matière où les élèves n'essayaient pas de s'intéresser à ses humeurs et elle s'en contentait.
A la fin de l'un de ces cours, elle se rendit aux toilettes et observa son reflet dans l'un des miroirs. Malgré son maquillage, des cernes soulignaient ses yeux noirs et son teint était plus blême que d'habitude. Elle eu un rictus quand elle se compara à Drago qui avait été dans le même état qu'elle quelques mois auparavant. Son ami avait réussi à reprendre des couleurs, mais paraissait toujours aussi maigre. Enfin bon, il allait certainement mieux, c'était le principal.
Elle ouvrit le robinet du lavabo et se passa de l'eau fraiche sur le visage. Même sir les murs de pierre du château étaient bien épais, la chaleur semblait s'engouffrer dans n'importe quel interstice qu'elle trouvait, ce qui rendait l'air de l'école lourd et pesant. Un orage se préparait certainement à l'extérieur.
Depuis combien de temps n'était-elle pas allé admirer les premières fleurs du parc ? Pansy s'était tellement renfermée sur elle-même que parfois, elle ne se reconnaissait même plus. C'est donc ça que l'on ressent lorsqu'on a le cœur brisé ?
Potter n'avait pas essayé de la recontacter par la suite. Le livre traînait toujours dans sa chambre, la couverture définitivement arrachée des pages et dont certaines s'échappaient, tapissant le sol près de son lit. Pansy ne pensait pas le redonner à la bibliothèque. Elle voulait le déchirer entièrement, le brûler, l'anéantir. Mais pourtant, chaque soir elle passait ses doigts sur les fines lettres du dernier gage écrit par le jeune homme.
Cap ou pas cap de m'embrasser ?
Elle avait directement pensé que tous les Gryffondor devaient déjà être au courant des sentiments du Survivant, et ses amis n'allaient pas tarder à savoir ce qui la rendait aussi méfiante et nerveuse, mais rien ne se passa. Potter devait bien cacher son jeu, comme toujours !
Parfois, dans ses rêves, elle revoyait sa silhouette au sommet de la tour d'astronomie, les cheveux au vent devant le ciel orangé-rosé que leur offrait le coucher du soleil. Et de temps en temps il lui arrivait de songer au goût de ses lèvres, à la sensation de ses mains sur ses hanches…
Quelqu'un frappa à la porte et Pansy sortit immédiatement de ses songes. Elle alla ouvrir et tomba nez à nez avec Blaise. Que faisait-il ici ? Il était pourtant bien au courant que c'était les toilettes des filles, il n'était pas idiot à ce point ?
- Qu'est-ce que tu veux ?, demanda-t-elle sèchement.
- Et bien, euh, commença-t-il en bafouillant, j'aimerais savoir comment tu vas. Enfin, tout le monde aimerait savoir ce qu'il t'arrive.
- Je vais bien, inutile de vous inquiéter comme ça pour moi, trancha-t-elle.
Blaise la poussa alors vivement dans la pièce et s'y engouffra à son tour avant de verrouiller la porte à l'aide de sa baguette. Pansy se blottit contre le mur du fond et attendit patiemment ce que voulait le jeune homme. Celui-ci ne répondit pas tout de suite et se gratta la tête avant de lui parler.
- Pansy, écoute, il faut que tu nous comprennes. Tu as changé du tout au tout en l'espace d'une soirée. Que t'est-il arrivé ?
- Je n'ai pas envie d'en parler Blaise. Ca ne concerne personne d'autre que moi.
Sa voix était sèche et dénuée de toute intonation. Elle avait appris à refouler ses émotions et à les contrôler. Plus jamais quelqu'un ne jouerait avec elle de la sorte.
- J'ai l'impression que tu t'es transformée en quelqu'un d'autre, Pansy. Et… Et je n'aime pas du tout celle que tu es devenue.
- Il va falloir t'habituer, je n'ai pas l'intention de redevenir celle que j'étais avant.
Elle voyait bien dans les yeux de Blaise qu'il commençait à perdre patience. Il tournait en rond devant elle et ne savait pas s'il devait se rapprocher d'elle ou rester à l'écart.
- Souviens-toi quand tu t'inquiétais pour Drago. Ca te rongeait et tu voulais savoir ce qu'il se passait chez lui. Aujourd'hui je suis dans la même situation. Explique-moi, Pansy, je t'en prie.
Blaise commençait à s'approcher doucement, un pas après l'autre, en même temps qu'il parlait. Si elle avait pu le faire, Pansy aurait déjà fusionné avec les pierres froides du mur qui la retenait.
- Je ne veux pas me confier, ni à toi, ni à personne d'autre. Maintenant laisse-moi tranquille !
Brusquement, il la saisit par les épaules et sa poigne se fit si insistante que Pansy n'essaya pas de s'en défaire par peur de se faire mal. Il plongea son regard dans le sien. Elle pouvait voir la détresse qui l'envahissait, mais rien n'y fit. La barrière qu'elle s'était construite était impénétrable.
- Parle-moi, bon sang ! Je veux savoir ce qui ne va pas ! Je t'aime Pansy, et j'en ai marre de te voir te détruire à petit feu sans que je ne puisse faire quoi que ce soit !
C'était donc ça… L'amour… Une émotion qui te promet monts et merveilles et qui, en te ramenant à la réalité, fait effondrer tes rêves les plus fous. Après des années à courir après les filles, lui aussi avait succombé à ce sentiment.
- Ce n'est pas réciproque, Blaise, et ça ne le sera jamais. Ne cherche pas à essayer de me convaincre, ça ne marchera pas.
Pansy s'était fait plus douce dans sa voix. Elle ne voulait pas blesser son ami, simplement lui dire la vérité. Ses mots eurent pour effet de la délivrer de l'emprise du jeune homme et alors qu'elle ramassait son sac, il lui posa une dernière question.
- Il y en a un autre, n'est-ce pas ? Mais il ne veut pas de toi.
Sans se retourner, Pansy fixa le reflet de Blaise dans l'un des miroirs et le vit sourire. Pourquoi souriait-il ? Lisait-il lui aussi en elle comme dans un livre ouvert ? Aimait-il la voir souffrir ainsi ? C'en était assez ! Elle sortit sa baguette, ouvrit la porte et la claqua fermement avant de se rendre dans sa chambre. Elle avait désormais dépassé le stade de la rage. En existait-il un autre au-dessus de celui-ci ? Certainement, mais ne pas pouvoir mettre un mot dessus la rendait encore plus folle.
Fin du chapitre !
Alors, tu t'attendais à voir Harry en haut de cette tour ? Moi non :P
Et pauvre Blaise qui passe après lui...
A la semaine prochaine pour le chapitre suivant !
Phyllida Crane
