Titre: "Cueillons des champignons"
Rating: T
Disclaimer: Et oui, ça me brise le coeur de l'avouer mais l'intervention de tous les magnifiques personnages de ce récit n'est due qu'au génie inégalable d'une certaine J.
Note de l'auteur:Une fois de plus, je m'excuse pour la lenteur indescriptible de mes posts. J'espère que ce chapitre vous plaira quand même. Il est un tout petit peu plus long que les précédents, je vais essayer de les allonger encore plus =}
Pressé de connaître le fin mot de l'histoire, Harry se dépêcha de promettre à Mme Pomfresh qu'il ferait attention et, muni d'une paire de béquilles, il se lança à l'assaut des redoutables escaliers de Poudlard.
Chapitre 4 : Où Harry mène l'enquête et découvre des choses
Drago fronça les sourcils en voyant Potter entrer l'air hébété dans la grande salle avec une paire de béquilles. Mais il était plutôt satisfait. Au moins il ne l'avait pas manqué ce sale Gryffondor. Il était pris de frissons de dégoût rien qu'en repensant au événements de la veille. Rien qu'en repensant à cette main sur sa joue, ses lèvres pressées contre les siennes, son visage qui sentait bon…
Voilà ce qui l'énervait le plus, c'était que Potter sentait bon, malgré toute la haine qu'on pouvait lui vouer, on était obligé de lui accorder que son parfum naturel était assez envoûtant… Bon sang, même son haleine sentait la rose !
Alors qu'il était obligé de s'enduire le corps de crèmes en tout genre (dont il cachait l'existence à son père d'ailleurs) pour dégager une odeur agréable, Potter n'avait qu'à respirer pour emplir l'atmosphère de senteurs exotiques…
Pourtant Potter n'avait rien d'exotique.
Ce n'était qu'un obsédé qui avait tenté de le débaucher en lui volant un baiser immoral. C'était un être abject, immonde, et un gâchis de corps de rêve dont l'esprit était aussi embrumé que le miroir d'une salle de bain au sortir de la douche.
D'ailleurs il avait l'air complètement à côté de la plaque en ce moment même, et Drago ricana en voyant son regard ahuri lorsqu'il parlait à ses deux grands amis : la belette et la sang-de-bourbe.
Mais il fut tiré de ses pensées par l'intervention de Pansy, merci Pansy, qui s'adressa à lui de façon bruyante mêlée de – son oreille exercée crut déceler - une once de vulgarité, ce qui n'était pas de sa faute bien sûr, mais c'était quand même désagréable à entendre :
« Tu ne nous as toujours pas dit où tu avais passé la nuit Dray ! Je t'ai cherché partout, je ne pouvais pas dormir sans toi ! »
Elle avait sorti la panoplie de vierge offensée, et sa moue feignant la tristesse aurait presque paru mignonne à qui n'aurait pas remarqué les énormes joues de bouledogue qui l'encadraient.
Drago soupira et la regarda d'un air éloquent. Elle rabattit sa moue sur sa tartine.
S'il l'épousait –ce qui était plus que probable car ses parents avaient la ferme intention de choisir son épouse, et les Parkinson avaient de l'argent - il aurait au moins la satisfaction de ne pas perdre de temps avec elle. Un petit moment au lit de temps en temps, mais de paroles, Drago n'écoutait que celles de son ego. Toutes les autres l'indifféraient, sauf, une fois de plus, celles de Potter-haleine-de-rose. Merlin, mais qu'avait-il fait au ciel pour que Potter lui tombe dessus comme ça, et qu'il se tienne toujours derrière lui, prêt à surgir à n'importe quel moment au détour d'un couloir, d'une conversation, d'une pensée… Il en avait marre de Potter. Potter était le centre du monde en ce moment… alors que le centre du monde, et bien, en temps normal, c'était lui !
Connard d'obsédé de Gryffondor qui lui volait la vedette avec son sourire de sainte-nitouche !
Il reporta son attention vers la table des Gryffondors (pour canaliser sa haine bien sûr), Harry semblait plongé dans une conversation des plus animées avec ses amis.
Drago se prit à se demander de quoi il parlait.
Leur racontait-il l'exaltante soirée de la veille ?
Etait-il en train de leur décrire le moment magique où leurs deux bouches s'étaient rencontrées, avec pour seul témoin les arbres de la forêt alentour et le hululement des hiboux qui chassaient ? Avec le vent caressant leur visage rosi par la chaleur du baiser ? Avec le bruissement des feuilles que le vent soulevait de temps en temps…
Bien sûr, se reprit-il non sans rougir, c'était ce que Potter pensait.
Lui, Malefoy, plongeait sa face dans sa tasse de café pour cacher ses joues en feu, et il voyait cette scène de baiser comme… comme le paroxysme d'une acte incestueux dont Potter serait l'instigateur, et d'abord il n'y avait eu ni bruissement des feuilles ou chant de hiboux mais un froid glacial et de la boue. D'ailleurs, en réfléchissant bien, Drago était sûr d'avoir vu que les lunettes de Potter étaient tachées de boue, elles avaient même dégouliné sur ses joues, ses cheveux étaient collants et il se souvenait précisément du filet de bave qui reliait ses lèvres au moment où elles allaient se poser sur les siennes.
Bref, rien de moins glamour comme scène.
Rapidement, il vérifia qu'aucune tache de boue ne ternissait l'éclat de sa chemise et attendit d'être parfaitement sûr que ses joues avaient perdu tout pigment rouge avant de se lever et de se diriger d'une démarche savamment nonchalante vers la porte.
Du coin de l'œil, il s'assura de l'effet que provoquait sa sortie. Mais aujourd'hui, pas chuchotements sur son passage, pas de gloussement de filles ou de regards se voulant discrets posés sur son corps de rêve. Non, aujourd'hui tout le monde regardait ses pieds.
Atterré, il sortit sans montrer aucune émotion et se coinça dans un recoin du mur pour observer ses chevilles.
Il crut alors que son ego allait s'écraser à terre et rouler sous les chaussures de Crabbe tellement il fut pris par la honte : son pantalon froissé remontait sur sa cheville, laissant voir une chaussette blanche maculée de boue.
Il étouffa sa rage en un son inarticulé et inarticulable, tandis que des élèves sortaient et le regardaient d'un air curieux.
Il reprit contenance et leur lança des regards lourds de signification. C'était sans compter Pansy qui venait jouer son rôle de sangsue attitrée et qui s'approchait dangereusement de lui, la bouche en cœur, l'air de dire « ce n'est pas grave mon Dray chéri, Pansy est là pour toi »
Drago haïssait plus que tout cet air condescendant qui piétinait son ego à coups de marteau dans l'entrejambe. Il renifla dédaigneusement, se dégagea de son recoin et signifia à sa petite amie par un regard qu'elle ferait mieux de ne pas s'approcher.
Pansy se mordit la lèvre et se tourna vers Millicent Bullstrode pour entamer une conversation.
Drago descendit son pantalon sur sa chaussure parfaitement cirée et se mit en marche vers la salle de métamorphose.
Il devait réfléchir à un moyen de rétablir son image sociale. Si tout Poudlard apprenait qu'il portait des chaussettes dont la propreté était plus que douteuse, c'en était fait de la réputation qu'il s'était forgée tout au long de sa vie. Le moment était grave, et Drago était sur le point de convoquer les Etats Généraux de son esprit.
Tout était de la faute de cet enfoiré de Potter.
S'il ne l'avait pas perturbé la veille, Drago aurait pu avoir l'esprit clair et pragmatique ce matin, et penser à changer ses chaussettes en même temps que le reste lorsqu'il était discrètement rentré ce matin dans le dortoir pour prendre une douche.
Potter allait payer. Il allait payer très cher.
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Harry ne fit même pas attention à la sortie de Drago, son esprit était occupé à tourner et retourner les événements de la veille dans sa tête.
Comment était-ce possible qu'il ne se souvienne de rien ?
Il résolut de s'éclipser rapidement pour demander des précisions à Hagrid, la dernière personne qu'il se souvienne avoir vu.
Il avait bien sûr raconté son étrange aventure à ses amis Ron et Hermione, mais ils n'en savaient pas plus que lui. Tout ce qu'ils avaient pu lui dire c'était qu'il était allé voir Hagrid hier et qu'il n'était pas revenu au dortoir de toute la nuit. Ils l'avaient attendu dans la salle commune jusqu'à trois heures du matin avant de s'endormir. Ce qui expliquait les cernes et les yeux rouges.
Harry leur fit part de son plan et se leva de table, direction la cabane de Hagrid.
Il ne pouvaient pas aller aussi vite qu'il voulait avec ces béquilles, et il manquait de tomber à chaque pas. C'était la première fois qu'il en portait. Harry avait toujours eu des jambes robustes, et il se vantait intérieurement de ne jamais les avoir cassées. Et bien, maintenant c'était fait, et il ne savait même pas comment c'était arrivé.
Ironie, quand tu nous tiens…
Il arriva à la grande porte, descendit avec difficulté les marches du perron et s'avança dans le parc. Le sol était mou à cause de la rosée et les béquilles s'enfonçaient à chacun de ses pas.
Enfin il parvint, après des ribambelles de jurons, insultes et autres charmantes phrases, à la porte de Hagrid. Il frappa et entra sans attendre la réponse, il n'avait pas beaucoup de temps.
« - Ah Harry, c'est toi, entre, comment ça va depuis hier ? »
Hagrid sembla alors prendre conscience des béquilles, plâtres et cocards de Harry, fronça les sourcils et demanda d'une voix grave :
«- Comment tu t'es fait ça Harry ? Si c'est encore ce Malefoy je jure que je le livre aux centaures et aux loups garous !
-C'est ce que je voudrais savoir Hagrid, je me suis réveillé comme ça à l'infirmerie ce matin, et je n'au aucun souvenir de la veille. Je sais que je suis venu vous voir hier, vous ne sauriez pas ce qu'il m'est arrivé par hasard ?
- Ecoute Harry, je suis désolé, hier quand tu m'as laissé j'étais trop occupé à m'occuper de Pollux, tu sais mon petit Griffon que j'ai reçu hier, que je n'ai même pas vérifié si tu était entré dans le château ou pas. C'est que ça en demande des soins ces petites choses…
Il lança un regard attendri vers un coin de la pièce où Pollux dormait paisiblement sur un gros coussin qui devait bien faire la taille d'un élève de première année.
Harry remercia poliment et prit congé, un peu fâché que Hagrid se préoccupe si peu de sa personne qu'il aurait pu crever dehors comme un vieux rat sans que son ami s'en rende compte.
Et encore, Hagrid aurait sûrement accueilli le vieux rat sous son toit.
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Drago regardait dans le vide pendant le cours de potions. Il se demandait comment il avait pu laisser Potter faire une chose pareille. Il aurait du le tabasser avant que ça n'aie pu arriver…
Et puis, si Potter était capable de faire ça à un Drago éveillé, qu'est-ce qu'il avait bien pu lui faire pendant son sommeil ?
Malefoy frissonna et résolut de chasser cette pensée de son esprit. Mais elle revenait à grand galop. Il voyait Potter profiter de son corps –son corps parfait- pendant que lui, innocent petit Drago, dormait comme un bébé.
Son corps de rêve dégradé par cette enflure de Potter ! C'en était trop, Drago enfouit son visage dans ses mains.
En plus, le pire, c'était que Drago était parfaitement hétéro. Et jamais il n'aurait imaginé que son pire ennemi puisse être homosexuel !
Et toute sa scolarité défila devant ses yeux. Tout devenait clair : depuis leur première rencontre, Potter était fou de son corps !
C'est pour ça qu'il avait refusé de lui serrer la main en première année, en fait il pensait qu'il ne pourrait pas sortir avec lui s'ils n'étaient qu'amis. Il avait donc décidé de se transformer en son ennemi, pour avoir une excuse pour le voir tous les jours, d'approcher de lui, parfois même le toucher ! Bon d'accord, c'était plutôt des coups, mais qui sait ce qu'il se passait dans l'esprit dérangé de Potter. C'était peut être un dangereux sado-masochiste !
Drago émit un gémissement très peu malefoyesque que son ego désapprouva aussitôt, mais heureusement personne ne l'entendit.
Personne, sauf Potter bien sûr.
Il avait relevé la tête avec tellement d'empressement pour le regarder avec des yeux ronds qu'il avait failli en tomber de sa table.
Drago n'avait pas le courage d'affronter ce regard qui feignait l'étonnement et se prit d'une passion soudaine pour sa table.
Sans trop savoir ce qu'il faisait, il attrapa un bout de parchemin, écrivit quelque chose d'une main à peu près calme et le fit léviter jusque sur la table de Potter.
Au moment même où Harry se tournait vers Ron pour lui demander s'il ne trouvait que Malefoy était un peu bizarre, il reçut sur sa table un mot de son ennemi juré, ce qui lui confirma qu'en effet, Malefoy était bizarre.
Déjà, il ne lui lançait pas des regards tueurs toutes les cinq minutes, il poussait des gémissements, il n'écoutait pas le cours de potions, et en plus il envoyait des petits mots à Harry, un Gryffondor et accessoirement son meilleur ennemi depuis la première année.
Drago vit Potter hésiter à ouvrir son mot, puis le déplier lentement, comme s'il craignait que Drago y ait glissé une bombe atomique, et enfin s'étouffer de surprise.
Malefoy s'étouffa également et se rappelant tout à coup ce qu'il avait écrit sur ce bout de parchemin. C'était la honte internationale !
Si Harry le répétait à toute la maison Gryffondor, non il suffisait qu'il le répète à la belette, qui le répèterait à tous ses frères, et à tout son dortoir, et ça passerait par Seamus Finnegan qui le répèterait à Tompson, sa petite amie Serdaigle, qui le répèterait à ses copines Poufsouffle, et sa réputation s'effondrerait dans tout Poudlard !
Drago s'effondra sur sa table, non sans avoir lancé des regards haineux à ceux qui auraient la bonne idée de le regarder d'un air curieux, et se mit à réfléchir.
Pendant ce temps, Harry regardait toujours le bout de parchemin d'un air ahuri.
Il lisait et relisait ces mots qui tournaient dans sa tête :
« Qu'est-ce qu'il y a Potter, t'en veux encore ? notre baiser d'hier t'a pas suffi on dirait. Si je te reprends encore à me mater tu vas t'en prendre plein de cul foi de Malefoy ! »
Harry se tourna vers son ennemi et le regarda avec un air presque désespéré. Mais Malefoy n'eut pas le plaisir de constater à quel point il avait touché Potter, parce qu'il avait caché sa tête entre ses mains pour que personne ne voie son visage rouge de honte.
C'est alors que le monde se brisa pour Harry et Drago.
« Qu'est-ce que c'est que ce morceau de parchemin que vous tenez dans les mains M. Potter ? Donnez le moi, la classe va en profiter également. »
Rogue arracha le parchemin des mains d'Harry, et entreprit de le lire à haute voix, devant les deux classes réunies des septième année Gryffondor et Serpentard.
C'était l'apocalypse dans la tête des deux ennemis jurés, et pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, ils échangèrent un regard désespéré.
Et voilà pour ce nouveau chapitre, petite review?
Et merci aux rares qui prennent la peine de laisser une review, ca me fait toujours plaisir alors donnez moi votre avis :)
