Les personnages et l'univers appartiennent à Rick Riordian, sauf Abby bien sûr.
- Abbygail ?
C'était la voix de son professeur Chiron. Elle releva quand même la tête. Il la regardait de la même manière que s'il venait d'apprendre qu'il y allait y avoir une invasion dans le camp. En revanche, elle n'osa pas regarder les autres pensionnaires.
- Qu'est-ce qu'il …. ? Peu importe, on verra plus tard. Les autres, donnez lui une couverture ou quelque chose pour la couvrir.
- Pourquoi on l'aiderait ?
Abby chercha d'où venait la voix. Elle vit les frères Alatir se frayer un chemin dans la foule qu'il y avait autour du réfectoire, puis se planter juste à côté de Chiron avec un sourire perfide. Elle était quasiment certaine que c'était eux, les auteurs de son humiliation. Elle baissa la tête, essayant de se calmer pour ne pas pleurer devant eux.
- Surtout que ce n'est qu'une traînée. La preuve : c'est marqué sur son corps, ajouta un des deux frères.
Cela acheva Abby qui se mit à pleurer silencieusement. Elle entendit des rires, bien vite tus, sûrement grâce à l'autorité de Chiron. Elle resserra tant bien que mal ses bras autour d'elle.
Elle sursauta en sentant un poids soudain sur ses épaules. Quelqu'un venait de lui mettre une veste sur elle. Une veste de camouflage. Léo. Elle vit le latino se mettre devant elle et refermer un peu plus son blouson sur son corps. Alors qu'elle pensait qu'il allait partir en la laissant comme ça, elle sentit les bras de Léo la hisser et la caler contre lui, telle une princesse. Lorsqu'elle regarda son visage, elle vit que son expression oscillait entre la colère et un message bien clair : « touchez la, et je vous crame ». Il défia les autres pensionnaires du regard et s'avança dans la foule, qui s'écarta aussitôt de son chemin. Personne n'avait vu Léo en colère jusqu'ici mais personne ne semblait vouloir le revoir non plus.
De son côté, Abby avait l'impression d'être au coin d'un feu de cheminée. Léo sentait la fumée et dégageait une importante chaleur. Elle eut même peur qu'il s'enflamme.
Il la porta jusqu'à l'infirmerie, et posa sur un des lits une Abby somnolente. Elle regretta aussitôt les bras de Léo et se mit à frissonner de froid.
Léo attendit que Will arrive et qu'il lui dise qu'Abby allait bien, d'un point de vue physique du moins. Il hocha la tête, sourit à Abby et partit, la laissant seule avec son frère.
- C'est du feutre indélébile, dit Will. Ne bouge pas, je vais voir si une des nymphes des eaux ne peut pas essayer de t'enlever ça.
Sans lui laisser le temps de répondre, il s'éloigna. Abby eut presque l'impression qu'il la fuyait.
Elle n'attendit que quelque minute avant que la nymphe n'arrive. C'était une magnifique néréide aux cheveux flottants derrière elle comme si elle n'avait jamais quitté la mer. Elle avait cependant le visage triste et ne dit pas un mot à Abby. La néréide se contenta de lui enlever toutes les marques de feutre qu'elle avait sur le corps.
Will revint juste avant que la néréide ne parte. Il la remercia et Abby sourit en voyant la créature rougir. Elle s'en alla rapidement et les laissa seuls. Will tendit lui tendit des vêtements. Abby remarqua l'air préoccupé qu'il avait et la tendance à vouloir vite partir de l'infirmerie.
- Will, qu'est-ce qu'il se passe ?
Le blond grimaça. Elle le vit se mordre la lèvre puis soupirer.
- En fait, je ne sais pas. Je sais juste que j'ai qu'une envie, c'est de te draguer et de te faire du mal. La dernière fois, ça m'a fait exactement le même effet et j'ai pas envie que ça recommence. Cette idée vient toute seule, et dès que je veux m'en débarrasser, y rien à faire, faut que je m'éloigne de toi. Le problème, c'est que je ne veux pas te faire du mal, moi ! T'es ma p'tite sœur !
Abby avait les yeux ronds comme des soucoupes. Effectivement, Will avait plutôt de bonnes raisons d'être aussi préoccupé.
- Alors, s'il te plaît Abby, si tu as une explication à ça, dis le moi.
Elle se mordit les lèvres. Elle aurait bien voulu lui expliquer ce qu'il se passait, mais elle ne le savait pas elle même.
Elle balaya l'infirmerie du regard et son regard tomba sur Percy qui était allongé dans un des lit.
- Que lui est-il arrivé ?, demanda-t-elle.
- Tu parles de Percy ? A vrai dire, je ne sais pas. Il est évanoui depuis hier soir, juste après avoir demander Annabeth en mariage. En fait, elle n'a eu le temps que de dire « oui » et il s'est écroulé sur le sol. Les autres pensent que c'est l'émotion qui l'a mis dans cet état, mais je n'y crois pas. Je pense être assez calé en médecine pour savoir si c'est un malaise ou non. Et là, ce n'est pas un malaise. J'ai eu beau employer plusieurs moyens pour le réveiller, je n'y arrive pas. Il semble plus dans une espèce de transe, un peu comme Ethan il y a une semaine.
Abby fronça les sourcils. Qu'est-ce que c'était que cette histoire de transe ? Et puis, si elle en croyait Will, il s'était évanoui juste après qu'elle soit partie. Était-ce un hasard ? Elle n'en savait rien. Quand on est demi-dieu, on a tendance à ne plus trop croire au hasard.
Elle voulut dire quelque chose mais un pensionnaire venait d'arriver et demandait qu'on vienne l'aider, apparemment il y avait eu des problèmes près du réfectoire. Abby voulait se lever pour aller aider mais le regard de Will l'en dissuada. Il lui fit promettre de s'habiller et d'aller au bungalow se reposer un peu. Il avait dû avoir des échos sur ce qu'il s'était passé …
Il quitta l'infirmerie et elle s'habilla. Elle remarqua que Will avait été chercher ses propres vêtements au bungalow. Ensuite, elle prit la veste de Léo et se dirigea vers le Bunker 9.
Léo y était. Il avait enlevé sa ceinture à outils et était assis sur un des établis, recroquevillé sur lui-même. Il semblait regarder une photo et semblait être très triste aussi. Cela fit bizarre à Abby qui avait l'habitude de toujours le voir joyeux. C'était un peu à cause de ça qu'elle avait un faible pour lui depuis qu'il était arrivé à la colonie d'ailleurs. En y repensant, elle avait dû rougir au maximum lorsqu'il l'avait prise dans ses bras. Elle avait souvent espéré qu'il le fasse, mais dans des conditions totalement différentes et plus romantiques. Pour éviter de l'effrayer, elle toqua à la porte ouverte du bunker. Ce qui fit le quand même sursauter. Il rangea rapidement la photo dans une de ses poches.
- Excuse-moi, Léo, dit elle timidement. C'est pour te rendre ta veste. Et pour tout à l'heure … Merci.
- Pas de quoi.
Même sa voix était triste. Elle lui donna le vêtement et resta plantée devant lui. Elle savait qu'elle devait le laisser seul mais elle n'avait jamais réussi à laisser les gens déprimer tranquillement dans leur coin. Elle se mit sur la pointe des pieds et l'enlaça ne la rejeta pas. Mais ne lui rendit pas son étreinte pour autant. Elle allait le lâcher mais elle sentit les bras du latino lui entourer la taille.
Ils restèrent un moment dans cette position. Puis Abby se recula un peu, sans pour autant se détacher de lui. Leur visage n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, permettant à Abby d'admirer ses yeux marrons et de toutes ses nuances de rouge foncé. Magnifique, pensa-t-elle. Elle le vit se rapprocher doucement de ses lèvres et elle ferma les yeux.
- Abby ! T'es où ?
La voix les fit sursauter tous les deux et ils s'éloignèrent aussitôt.
Rachel se montra à l'entrée du bunker.
- Ah bah t'es là ! T'es dure à trouver quand même ! Désolée, Léo, je te l'emprunte, Chiron veut la voir !
Sur ce, elle attrapa Abby par le bras et l'emmena dehors. Elle la traîna pendant plusieurs mètres, malgré les protestations d'Abby qui lui demandait de la lâcher.
Soudain elle s'arrêta et se retourna vers la blonde.
- Bon, Abby, je peux savoir ce qu'il se passe ?
- De quoi tu parles ?
- De la semaine dernière pendant ta semi-hibernation, des jours où des que je t'apercevais t'étais avec Percy, de ce que j'ai entendu dire ce matin et de la petite scène de tout à l'heure.
- Tu nous as vu alors ?
- Oui. Mais quitte à vous couper, autant faire ça un peu plus finement que « salut, pardon, je te coupe, je l'emmène » ! Et je sais que t'es sur lui mais oublie pas que lui doit toujours être sur Calypso, même si elle est partie.
Abby se remémora cet événement. Léo était parti la chercher, ils étaient revenus au camp, Calypso était restée deux mois et avait quitté et le camp et Léo parce qu'elle voulait voyager et voir le monde d'aujourd'hui, puisqu'elle en avait été coupé pendant quelques millénaires. Après ça, Léo avait été plus distant pendant quelques temps, il était plus souvent enfermé au fond du bunker, à construire Héphaïstos-savait-quoi. Elle ne l'avouerait jamais mais ça lui avait fait plaisir que Calypso s'en aille. Pas qu'elle n'aimait pas la jeune femme mais ça lui avait vraiment fait de la peine de le voir revenir accompagné de la nymphe alors qu'Abby avait beaucoup pleuré quand on lui avait annoncé qu'il y avait de grande chance pour qu'il soit mort. En plus, Nico n'avait même pas été là pendant cette période, alors qu'Abby aurait eu bien besoin qu'il confirme ou démente ces propos.
Elle sortit de ses pensées quand Rachel claqua des doigts devant son nez.
- Excuse, Rachel. Qu'est-ce que tu disais ?
- Rien, j'attends juste que tu me dises enfin ce qu'il se passe.
Abby soupira et se résolut à raconter l'histoire à Rachel. La déclaration de Mitchell, le comportement de Will et des deux fils d'Hermès, la nuit avec Ethan et la façon dont il s'était moqué d'elle, Nico et son idée de mettre Abby entre les mains de Percy pour lui remonter le moral, la façon dont elle avait commencé à avoir des sentiments pour le fils de Poséidon et des fois où ils s'étaient embrassés, la scène de demande en mariage de Percy au réfectoire qui lui avait brisé le cœur la veille, du réconfort que Travis et Connor lui avaient apporté, et enfin son réveil sur une table nue et marquée, et de l'aide de Léo. Tout y passa.
- Et comme Léo m'avait laissé sa veste, j'étais partie lui rendre. Pour ce qu'il s'est passé après, et bien, il était triste alors j'ai pas pu résister. Et on aurait pu enfin s'embrasser si tu n'étais pas intervenue !
- Au contraire, vu ce que tu me racontes, j'ai bien fait. Tu te rends compte Abby ? Ça fait plus d'une semaine que les garçons ne font que te blesser et en plus tu gardes tout ça pour toi ?! Tu le sais pourtant que tu peux me parler !
- C'est pas facile à dire … Toi non plus tu veux pas me parler du fait que t'es amoureuse d'Octave et c'est pas pour autant que je râle.
- Abbygail, tu vas trop loin là …, tempêta Rachel.
- Au moins, j'ai mis le doigt dessus, tu ne l'as pas nié.
Abby crut que la rousse allait exploser. Elle était rouge et ses yeux lançaient des éclairs.
- Alors, pour ta gouverne, de un, non je ne l'aime pas, je le hais ! Et de deux, c'est de tes problèmes qu'on parle là. Ça va se finir comment cette histoire, tous les gars du camp vont se mettre à te draguer, te faire tomber amoureuse d'eux pour mieux te briser le cœur après ?
Abby haussa les épaules. Si seulement elle savait … Elle rappela à Rachel que Chiron voulait la voir et que le vieux centaure n'allait pas attendre des milliers d'années qu'elle arrive.
Elles arrivèrent devant la Grande Maison où le professeur les attendaient. Il leur fit signe de le suivre et ils se placèrent autour de la table de ping-pong, comme pour les conseils. Le vieil homme rétracta son derrière de cheval dans un fauteuil roulant avant de mieux s'installer autour de la table.
- Abbygail, j'aimerai avoir ta version complète de l'histoire, s'il-te-plaît.
- Vous savez, il n'y a pas à dire grand chose de plus que ce que vous avez vu tout à l'heure. Quand je me suis réveillée, j'étais sur la table, nue, frigorifiée et marquée de partout.
Chiron se gratta la barbe en gardant un air sceptique.
- Et où t'es-tu endormie hier soir ?
Abby se mordit les lèvres. En principe, les pensionnaires n'avaient pas tellement le droit de vagabonder partout dans le camp à leur guise le soir. Mais elle était trop honnête.
- J'étais sur la plage hier soir.
- Tu n'étais pas toute seule.
- … Non.
Même si le comportement de Travis et Connor lui avait fait beaucoup de peine, elle n'était pas une balance. Elle se refusa à dire leur nom.
Voyant son mutisme, Rachel prit la parole.
- Elle était avec les deux Alatir.
Abby jeta un regard noir à son amie.
- Abby, ces mecs là sont des salopards. Tu ne pensais pas les protéger quand même, si ? J'y crois pas, ils l'humilient et elle reste là à avoir de la compassion pour tout le monde.
Chiron ne fit pas de commentaire et déplaça son fauteuil devant la baie vitrée.
- Je me doutais un peu que c'étaient eux. Sauf qu'il y a deux problèmes. Le premier, c'est que lorsque tu es partie ce matin, ils se sont tous les deux évanouis et ne se réveillent pas malgré tous les soins que les Apollons ont pu leur prodiguer. Et ce qui est étrange, c'est qu'ils ne sont pas les premiers à être dans cet état d'après Will. Ethan Nakamura était comme ça la semaine précédente et Percy vient à peine de se réveiller.
- Et quel est le deuxième problème ?, se risqua Abby.
- J'ai reçu un message de Monsieur D. . Il doit rester un peu plus longtemps à l'Olympe cette fois-ci. Apparemment, Apollon serait dans une colère assez inquiétante et commence à se disputer de plus en plus avec les autres dieux. Et comme tu es sa fille, je me demande si la colère d'Apollon et les malaises des garçons n'ont pas un rapport avec toi. Du moins, je le pense pour Travis et Connor puisque c'est avec toi qu'ils se sont amusés et ils sont tombés juste après que tu sois partie. A moins que tu n'es eu des relations avec Ethan et Percy ?
Dit comme ça, Abby semblait passer pour une dangereuse fille. Elle n'avait vraiment pas envie de raconter de nouveau cette histoire. Rachel dut le comprendre puisque c'est elle qui résuma ce qu'il s'était passé, sans pour autant dévoiler tous les petits détails intimes. Pour le coup, elle remercia intérieurement Rachel et espéra que Chiron saurait trouver une réponse, lui.
- Effectivement, ce qui t'arrive est plutôt critique. En revanche, je ne sais pas où est le lien dans cette histoire. Peut-être l'Oracle arrivera-t-elle à savoir quelque chose ?
- Vous voulez que je devine d'où ça vient ? Je ne sais pas si je vais y arriver, je prévois le futur pas toujours les événements passés …
- Ne t'inquiète pas pour ça, tu auras de l'aide. Entre mon garçon.
La porte de l'autre côté de la pièce s'ouvrit sur un grand blond. Octave entra et fit un signe de tête en direction d'Abby et semblait avoir écouté toute l'histoire. Il portait le T-Shirt emblématique du Camp Jupiter, un jean et son poignard pendait le côté de son pantalon. Pas de nounours ni de drap cette fois.
- Que … Quoi ?! Vous voulez que je travaille avec lui ?!
- Rachel, calme toi. Quand il a su que ça concernait un enfant d'Apollon, il a accepté, dit Chiron.
- Ce n'est pas que je ne veux pas aider Abby, mais faire des recherches avec lui … !
- T'inquiète, quand il m'a dit que c'était pour faire équipe avec toi, je l'ai traité de malade mental, dit Octave.
- Super ! Me voilà rassurée ! T'es con mais un minimum sain d'esprit.
- Et toi, t'es bornée et complètement dingue, chacun son truc !
- Moi, je suis bornée ?! Qui a des vieux préjugés depuis le début sur les Grecs et ne veut pas en démordre ?
- Je vous ferais remarquer, mademoiselle la devin, que ça fait plusieurs mois que je vis au camp et que j'accepte d'aider les autres qui sont ici !
- Je m'en fous ! T'es quand même qu'un petit con imbu de lui-même, un pervers qui …
Rachel se tut toute seule. Son visage avait la même couleur que ses cheveux et elle avait une main sur la bouche.
Abby se dit que même si pendant un instant elle avait l'impression d'assister à un match de tennis, la dernière information que Rachel venait de lâcher était plus que croustillante. Surtout qu'une espèce de gêne entre la rousse et le blond s'était installée, tant est si bien qu'ils finirent par croiser les bras et à se tourner le dos, comme deux enfants qui boudent. Abby les trouva trop mignons.
- Bien, maintenant que tout ceci est réglé, je vous libère. Octave et Rachel, je compte sur vous pour essayer de rapidement trouver une solution à ce problème. Bonne journée.
Abby était sortie de la Grande Maison et était retournée voir Léo au Bunker 9. Il y était toujours et fabriquait encore quelque chose. Il avait l'air un peu plus joyeux qu'avant et Abby se surprit à espérer que c'était grâce à elle.
Il se retourna et sourit en la voyant.
- Qu'est-ce que te voulait Chiron ?, lui demanda-t-il.
- Il voulait savoir ce qu'il s'était passé, ce matin. Je veux dire, avant que tout le monde n'arrive.
- Et je peux savoir, moi, ce qu'il y a eu ?
Elle haussa les épaules et lui assura qu'il n'y avait rien à dire de plus que ce qui c'était vu. Il hocha la tête et se replongea dans sa nouvelle invention. Elle s'approcha par curiosité.
- Qu'est-ce que tu fais ?, dit elle.
- Une surprise.
- Pour qui ?
- Pour toi.
Abby se sentit instantanément rougir. Léo lui sourit malicieusement et lui demanda de lui passer un tourne-vis, ce qu'elle fit. Elle s'assit sur le bord de l'établi et lui passa de temps à autre les outils qu'il lui demandait.
Elle resta un moment à côté de lui, plaisantant avec de temps en temps.
Au bout d'un certain nombre de coup de clef, de plaques découpées et assemblées et de pas mal de jurons en espagnol. Léo brandit enfin son projet et le tendit à Abby. C'était une tortue à peine plus grande qu'un CD. Elle était peut-être de couleur métallique mais tous les détails étaient précis et la rendait réelle. On aurait dit une vraie tortue de terre qu'on aurait juste peint en métallique. Elle émit plusieurs cliquetis et ouvrit les yeux. Abby faillit la lâcher quand elle se mit à bouger.
- Je l'ai faite comme une vraie. Elle mange, bois, fait ses besoins, te suit partout où tu iras et peut te retrouver sans problèmes si tu es perdue.
- Léo, c'est … Vraiment, vraiment magnifique. Merci beaucoup !, dit elle en lui faisant un bisou sur la joue. Mais comment peut-elle me retrouver ?
- C'est simple : tu as laissé un cheveu sur mon T-Shirt tout à l'heure. Je l'ai utilisé pour qu'elle puisse coder ton ADN et te retrouver par rayons X.
Abby était plus qu'impressionnée. Elle savait que les enfants d'Athéna étaient réputés pour leur grande intelligence mais elle trouvait que Léo les surpassait. Car lui savait quoi en faire de son intelligence justement, alors que les enfants d'Athéna sortaient leur grande culture de temps à autre, pensaient à des stratégies pendant les jeux de guerre et c'était tout. Les enfants d'Héphaïstos étaient bien plus impressionnants, ils pensaient, fabriquaient et inventaient. Enfin, tout ça était de son point de vue à elle.
- Mais, au fait, comment t'as su que j'adore les tortues ?
- Aussi simple que pour inventer le codage : tu me l'avais dit une fois et tu portes toujours des tortues en bijoux et t'as pleins de statuettes qui en ont la forme. Tiens, regarde tes boucles d'oreilles : ce sont des minis tortues.
Elle fut contente de voir qu'il remarquait des choses chez elle. Elle lui sourit franchement et se mit à lui chercher un nom.
- Je sais ! Je vais l'appeler Chéloné, comme la nymphe qui s'est faite transformer en tortue par Zeus pour ne pas être venu à son mariage.
- Je ne sais pas s'il va beaucoup apprécier …
- Je m'en fiche, j'aime bien ce nom quand même. Chéloné, ça te plaît comme prénom ?, dit elle en s'adressant à la tortue.
Cette dernière émit plusieurs cliquetis qui firent rire Léo. Apparemment, la tortue avait dit « oui, maîtresse ».
- Si c'est le « maîtresse » qui te fait rire, t'es méchant, c'est pas drôle.
- Je viens de te fabriquer un animal, je suis peut-être pas si méchant que ça.
Léo 1, Abby 0.
- Oh, Abby, faut qu'on y aille ça va être l'heure d'aller dîner.
Elle hocha la tête et le suivit.
Abby se rendit compte que sa sortie avec Léo le matin avait fait le tour du propriétaire mais sa rentrée avec lui avait été remarquée aussi. Elle ignora la plupart des regards et alla s'asseoir avec ses frères et sœurs.
Une fois le repas et le feu de camp fini, ils se levèrent tous pour que chacun puissent rejoindre son bungalow.
En marchant à travers les allées, elle entendit un bruit suspect un peu plus loin. Elle fit signe à Will de ne pas l'attendre et alla voir ce qu'il y avait. Soudain, quelque chose atterrit sur elle et la fit renverser sur le sol.
Elle était allongée sur le sol et Nico était à quatre pattes au dessus d'elle.
