Partie 4 : Contrôle parental

Pairing : Dean/Castiel, Sam/Lucifer

Rating : PG-13

Dean est en train de réparer le moteur de sa voiture adorée lorsqu'il entend le son de déchirure humide qui lui annonce qu'un ange est désormais dans les environs.

Il tourne la tête sur le côté, observe les chaussures noires reluisantes marcher en évitant les flaques d'huile.

« Que puis-je faire pour toi aujourd'hui, Cas ? » demande Dean depuis sa position sous les entrailles de sa voiture.

Les chaussures s'arrêtent à côté des outils que Dean a laissé éparpillés sur le sol là où il peut facilement les attraper.

« L'intérêt continu d'Internet dans l'exploration de la nature métaphysique de ma véritable forme pique ma curiosité. »

Dean prend le temps de décoder la phrase dans sa tête.

« Tu t'es remis à lire du wing-porn, pas vrai ? » articule-t-il autour de la clef à molette qu'il tient dans la bouche.

Un silence vide lui répond, pendant lequel Dean suppose que Castiel tente de traduire le jargon internétique en des termes utilisables.

« Oui,» finit-il par dire. « Il est erroné de penser que tu serais capable de les voir. »

Dean grogne.

« Je les ai vues, cette fois-là, dans la grange. » Parce que ouais, ce n'est pas vraiment le genre de chose qu'on oublie. Rien n'a plus d'effet pour dissiper adrénaline et bravade qu'une énorme paire d'ailes d'ange.

« Non, » le contredit Castiel. « Tu as simplement vu l'espace qu'elles occuperaient si je venais à les manifester dans ce plan d'existence. Ce qui ne serait pas une très bonne idée, surtout devant toi. »

« Elles risqueraient de me brûler les yeux autant que le reste de ta véritable apparence, hein ? » demande Dean, faisant l'effort de ne pas se demander si ce ne serait pas l'équivalant de l'exhibitionnisme chez les anges.

« Oui, » acquiesce Castiel de ce ton inutilement sombre. Comme s'ils discutaient d'une affaire de la plus haute importance. Dean est sérieusement en train de se dire que cette histoire de véritable apparence est une de ces choses dont on parle tellement qu'on finit forcément par être déçu à la fin. Après être passé par l'étape où les yeux ont brûlé, bien sûr. Quand on a vu un ange de lumière à poil, on les a tous vus.

« Elles sont donc pas faites de grandes plumes blanches toutes ébouriffées ? » demande Dean, et il ne peut s'empêcher de sourire quand un silence confus lui répond de quelque part sur sa gauche.

Castiel se rapproche un peu et Dean s'amuse à penser que ses chaussures dégagent un air de curiosité vexée.

« Je ne comprends pas cette obsession d'attribuer aux anges de larges appendices aviaires puis de les sexualiser, » offre lentement Castiel, incertain. Comme s'il était vraiment perdu.

Dean sourit au moteur de l'Impala et résiste à l'envie de faire une blague obscène, parce que Castiel ne la comprendrait probablement pas et du coup ce serait beaucoup moins drôle. Ou peut-être que Castiel comprend ses blagues mais est juste trop angélique pour l'admettre. Après tout, son visage est généralement branché sur le mode 'impassible'. Il devrait absolument apprendre à Cas à jouer au poker un de ces jours. Il pourrait appeler ça 'un exercice de subterfuge' plutôt que bassement du jeu de hasard.

« Aucune idée, » admet-il. « Peut-être que c'est l'idée de voler, peut-être que les êtres humains on juste envie de s'accrocher à ce rêve impossible qu'ils ont de pouvoir voler. Ou peut-être que le monde entier à un profond kink secret pour les plumes dont personne ne parle en public, qui sait. »

Il résiste à l'impulsion de parler de 'fantasmes masturbatoires impliquant des ailes' parce que ça l'obligerait à visualiser la chose.

« Ou peut-être qu'ils pensent juste que tu aurais l'air sexy avec des ailes géantes. » Il hausse les épaules, et okay, c'est probablement un mouvement totalement inutile quand on est couché sous une voiture.

« Ils semblent aussi vouloir t'attribuer les mêmes appendices, » l'informe Castiel.

Dean arrête de tourner la clef à molette.

« Il y a des fics où j'ai des ailes ? » demande-t-il, surpris.

« Oui. »

C'est... en fait c'est vachement cool. Du moment que ce sont de super ailes, pas les petits trucs ridicules qu'on colle généralement aux chérubins, mais des trucs énormes, peut-être en noir. C'est sûr, il aurait l'air canon avec des ailes noires géantes.

« Hé, cool. »

Le silence de Castiel semble approbateur, ce qui amuse grandement Dean, même s'il n'est pas sûr de savoir exactement pourquoi.

Il détourne la tête pour éviter une fuite d'huile.

« Alors, de quoi sont réellement faites tes ailes, Cas ? »

Un étrange silence lui répond. Dean regarde sur sa gauche mais cette fois-ci les chaussures de Castiel ne sont pas d'une grande aide, malheureusement.

« Quoi, tu n'as pas le droit de me le dire ? » demande-t-il, et okay, peut-être craint-il un tout petit peu que la réponse soit 'oui'.

« Il n'est pas évident de trouver les bons mots, » reconnaît Castiel, et il semble plus lointain qu'il ne l'était quelques minutes auparavant. « Il n'en existe aucun qui puisse exprimer leur nature exacte. »

« Allez, lance-toi, tu existes depuis des millions d'années, tu dois bien pouvoir trouver deux-trois mots. »

Une longue pause s'ensuit, si longue que Dean pense que Cas ne va peut-être plus parler.

« La glace, » finit par dire l'ange, la voix lente et rude. « C'est comme la glace et les éclairs et le chaos. »

C'est incertain, comme si Castiel souhaitait avoir de meilleurs mots, mais Dean est quand même un peu abasourdi par ceux que l'ange a choisis.

Il réalise qu'il est en train de fixer ses mains immobiles depuis un petit moment.

« C'est... plutôt génial. » lui dit Dean.

Le silence en provenance de Castiel est... plus chaud, un peu comme s'il était flatté.

Dean ne sait pas trop comment il peut se rendre compte de ce genre de détails, parce qu'il est toujours en train de regarder ses mains et le ventre noir et crasseux de l'Impala.

Et tout à coup son cerveau insiste pour changer de sujet. Pour s'éloigner au plus vite de ce à quoi il allait juste penser, ou pour trouver quelque chose d'autre à dire.

« Donc, heu, tu as trouvé cette histoire dont je t'ai parlé l'autre fois, celle où Sam se transforme en dragon ? »

« En effet, quoique je suspecte que Sam ne voulait pas que je la trouve, il a tenté de la cacher. »

Dean ricane dans ses mains parce que oui, il se pourrait bien que Sam ait commencé à prendre la même habitude que lui et à faire en sorte que l'ange ne tombe pas sur quelque chose de traumatisant. Soit ça, soit il a honte de son alter ego dragon, qui est pourtant hilarant.

« Il l'a mise où ? » demande Dean avec curiosité.

« Dans le même dossier où tu le fais ranger les death fics et le sexe non consentant » répond Castiel.

Les mains de Dean cognent contre une pièce en métal dur et il se retient de jurer en serrant son poing douloureux. Puis il se tortillonne pour sortir de sous la voiture et se redresse.

« Tu n'es pas sensé le connaître, celui-là, » l'accuse-t-il.

Castiel regarde subrepticement de côté puis reporte son attention sur Dean, et il semble résister à l'envie de se moquer du fait que Dean s'imagine pouvoir cacher quoi que ce soit à un ange.

« Je suis considérablement plus âgé que toi, Dean, j'observe l'humanité depuis très longtemps, et j'ai été en Enfer. Je suis capable de comprendre plus de choses que tu ne penses. »

« Okay, mais j'essayais de faire quelque chose de bien, j'essayais de– » Dean fait un geste, comme s'il tentait de mettre quelque chose de côté, « les trucs vraiment dérangeants. »

Castiel penche la tête sur le côté, juste un petit peu, en une sorte d'approbation silencieuse.

« J'apprécie tes efforts pour me protéger, » dit-il calmement, et il y a quelque chose de doux et de surpris dans sa voix. Comme si le concept lui était étranger.

Comme si Castiel n'avait jamais considéré la possibilité de valoir la peine d'être protégé.

Dean pense à quelque chose.

« Tu ne les as pas lues, n'est-ce pas ? »

Castiel secoue la tête, très lentement, et Dean est bizarrement soulagé.

« Sérieux, ce n'est pas parce que tu sais où elles sont que tu as le droit de les lire, tu le sais, ça, hein ? »

Castiel émet un son si proche d'un soupir qu'il est impossible de l'appeler autrement, puis–

Apparemment, l'ange a appris à lever les yeux au plafond.

« Oh, tu ne viens pas de lever les yeux au plafond pour me répondre. »

Le regard fixe de Castiel suggère que oui, c'est exactement ce qu'il vient de faire.

« Mon dieu, j'ai une mauvaise influence sur toi, » se plaint Dean.

« Tu as certainement une influence, » réplique Castiel avec sérieux.

Comme toute protestation, Dean laisse une longue trace d'huile sur le nez de l'ange.

o0o

Quatre heures plus tard, plus ou moins propres en dehors de quelques taches d'huile persistantes, ils finissent dans la chambre d'hôtel, Dean affalé sur le lit avec un des livres de Sam et Castiel assis sur une des chaises, l'air de penser que lire est une occupation pittoresque mais inutile.

Dean a presque envie de lui demander à quoi son énorme cerveau d'ange est en train de penser, mais finit par poser la question qui le taraude depuis ce matin.

« Sam te paraît pas bizarre ? » demande-t-il.

Castiel lève la tête, une paire de sourcils légèrement froncée la seule expression sur son visage. Il semble penser qu'il s'agit-là d'une question compliquée et prend son temps pour formuler sa réponse.

« Il semble agité, » finit-il par dire.

« Ouais, je lui ai parlé ce matin avant qu'il aille à la bibliothèque. Il a dit qu'il allait arrêter de chercher 'l'approbation d'Internet' ou un truc du genre. Parce qu'il était évident qu'il 'n'allait pas l'obtenir'. Quelque chose comme quoi il préfère ne pas savoir. Que c'était sa punition fictionnelle et qu'il allait juste l'accepter et non plus broyer du noir à cause de ça. Bla, bla, bla. »

Castiel affiche son expression impassible préférée, assis de l'autre côté de la pièce.

Dean acquiesce.

« Oui, je sais, j'y ai pas cru une seconde non plus. Si tu veux mon avis, il est tombé sur un truc qui l'a traumatisé et maintenant il a peur de retourner sur Internet. »

« Peut-être n'aurions-nous pas dû lui révéler l'existence de la sous-catégorie de fictions impliquant Lucifer et lui, » avance prudemment Castiel.

Et okay, Sam avait l'air en colère à ce sujet, et il avait eu droit à ce regard qui signifie 'ce développement de la situation m'attriste et me perturbe', en plus plaintif et en plus 'Sam'.

Mais là, il avait l'air d'avoir carrément peur.

« Je crois que c'est quelque chose de pire. »

Castiel fronce les sourcils. « Quelque chose dont on devrait s'inquiéter ? »

Dean hausse les épaules.

« Peut-être, peut-être que c'est quelque chose d'horrible dont il ne veut pas parler, peut-être que quelqu'un a écrit un crossover où il se retrouve au milieu de Twilight. »

Castiel ouvre la bouche.

Dean le pointe du doigt.

« Ne demande pas, sérieux, crois-moi. Je ne veux même pas t'expliquer. En fait, ne googlise même pas le mot. Je le saurai si tu le fais, je vérifierai. »

Dean considère sérieusement se faufiler dans la chambre de Sam pour vérifier son historique une nouvelle fois lorsque quelqu'un frappe doucement à la porte.

Normalement, Dean serait un peu plus inquiet qu'on frappe à la porte de sa chambre de motel, mais le son a une étrange sonorité mouillée et contrite.

« Dean, » déclare doucement Sam depuis l'autre côté de la porte.

Dean fronce les sourcils, se lève et ouvre.

Il pleut dehors.

Il pleut des cordes.

Sam dégouline sur le pas de la porte comme une sorte de géant débraillé, et Dean doute avoir jamais vu un air aussi pathétique chez son frère.

« Donc, je me demandais si je pouvais pas dormir ici, » déclare Sam avec espoir.

« Tu ne veux plus ta propre chambre ? » demande Dean, curieux, parce que la détermination de Sam d'échapper à leur compagnie avait été assez impressionnante, la veille. Il y avait dans son départ un arôme de 'je ne suis pas près de revenir, même si vous me suppliez'.

« Non, » dit simplement Sam, et quand Dean ne proteste pas ou ne l'empêche pas physiquement de rentrer, il le dépasse en dégoulinant, laissant des empreintes de pas mouillées sur la moquette, puis lâche son sac trempé sur le deuxième lit.

Castiel n'a absolument aucune réaction lorsqu'une cascade de gouttes d'eau lui tombe dessus.

« Il s'est passé quelque chose la nuit dernière ? » demande Dean avec curiosité, parce que c'est quand même bizarre, Sam n'a pas agi de façon aussi erratique depuis qu'il a arrêté de sortir en cachette au milieu de la nuit pour coucher avec un démon maléfique.

L'expression hantée de Sam confirme que oui, il s'est passé quelque chose. Mais lorsque Dean soulève un sourcil interrogatif, le visage de Sam annonce clairement qu'il n'a pas envie d'en parler, et okay, son expression dit plus 'j'ai été traumatisé' que 'j'ai fait quelque chose dont je me sens terriblement coupable'.

Dean songe à creuser l'affaire et décide qu'il n'obtiendra rien d'autre qu'un silence furieux de Sam

Ça en vaut presque le coup.

Mais Castiel se tient là comme s'il attendait qu'on lui donne quelque chose à faire.

Dean se demande si envoyer un ange chercher des pizzas est un abus de ses privilèges.

o0o

Sam reste seul tandis que Dean et Castiel s'en vont chercher des pizzas.

Il laisse son ordinateur éteint à côté de son sac et ne s'en approche pas le moins du monde.

Pendant un bref instant ce matin il s'est demandé si l'ordinateur pouvait être possédé, il a même considéré l'asperger prudemment d'eau bénite. Mais c'était idiot, les portables ne peuvent pas être possédés, l'énergie électrique de n'importe quel démon ou fantôme le ferait griller avant même qu'il puisse faire quoi que ce soit.

Et puis, Castiel n'a pas cessé de jouer avec depuis…

Depuis…

Depuis la dernière fois que Lucifer l'a touché.

Ou plutôt ne l'a pas touché, parce que c'était un rêve, un rêve dans lequel rien de bizarre ne s'est produit, et Lucifer ne lui a pas lu d'histoire pornographique et n'a pas essayé de l'embrasser.

Toujours est-il qu'il s'en sortira très bien avec un livre.

Les livres, c'est le Bien. Il peut faire ses recherches dans les livres de la bibliothèque et les archives tout aussi bien...

Son téléphone sonne, coupant net sa pensée, et il le sort de sa poche pour regarder l'écran.

Il ne reconnaît pas le numéro.

Il décroche avec méfiance. « Allo ? »

« Écoute, normalement je préfèrerais ne pas vous déranger, je sais que vous avez plein de choses importantes à faire, sauver le monde d'une apocalypse qui arrive à grands pas, sauver des gens de terribles monstres et tout ça. » Chuck a l'air fatigué et agacé à l'autre bout de la ligne. Légèrement ivre, aussi.

« Chuck ? » Sam est sincèrement surpris, parce qu'il aurait mis sa main au feu que Chuck n'avait pas leur numéro.

Apparemment ce n'est plus le cas.

« Ouais, c'est moi, » Chuck semble désolé. « Des fois que vous ne vous en rendriez pas compte, vous êtes tous les deux en train de me rendre dingue. C'est comme vivre dans un de ces labyrinthes de miroirs. Ou une de ces illusions d'optique où il y a un vase et deux visages en même temps. Donc, heu, tu ne peux pas imaginer la migraine que j'ai quand vous faites ça, sérieusement. Donc ouais, si vous pouviez, je vous en supplie, juste arrêter. Ou au moins attendre jusqu'à tard le soir quand je suis déjà très très bourré. »

Sam a l'horrible impression de savoir exactement de quoi Chuck est en train de parler- et il se dit soudainement avec gêne que ça doit être ce à quoi ressemble être surpris par ses parents en train de faire l'amour.

Il ne sait pas trop ce qu'il lui marmonne en réponse, quelque chose comme quoi il est désolé, qu'ils n'avaient pas réalisé, et Chuck soupire à l'autre bout du fil. Il a l'air tout aussi gêné que Sam.

La porte s'ouvre et Dean rentre dans la pièce, se secoue la tête, envoyant de l'eau voler tout autour de lui. Castiel est totalement sec lorsqu'il se glisse à son tour à l'intérieur de la chambre.

Dean ouvre la bouche pour parler, remarque qu'il est au téléphone et pose une question d'un mouvement de tête.

« C'est pas grave, Sam, » répond Chuck dans son oreille. « Juste, ouais, essayez de vous retenir un petit peu. »

« Vraiment désolé, » répète Sam, parce qu'il ne sait pas trop quoi dire d'autre qui ne soit pas bizarre.

« Non mais je veux dire, Dean et toi vous... je sais que vous subissez pas mal de stress en ce moment, c'est juste que j'ai l'impression qu'on me retourne la cervelle avec un bulldozer quand vous lisez des fics sur vous-même. »

Sam acquiesce, ce qui n'est probablement pas très utile mais il ne pense pas pouvoir trouver d'autres mots.

Il essaie quand même.

« Bien sûr, je veux dire, je comprends, désolé, et, heu, bye. » Et wow, il s'est vraiment exprimé de façon maladroite. Il lui semble avoir essayé d'une mettre une bonne humeur feinte et avoir misérablement échoué.

Il referme le téléphone, et fronce les sourcils en regardant Dean, toujours immobile dans l'embrasure de la porte.

Dean lève un sourcil.

« C'était Chuck, » dit Sam avec prudence, et le sourcil de Dean monte encore plus haut.

Sam pose le téléphone sur la table.

« Ouais, il veut qu'on arrête de lire du porno à notre sujet. »

Dean cligne des yeux, surpris.

« Est-ce qu'il écrit sur nous en train de lire du porno sur nous-mêmes ? » l'expression affichée sur le visage de Dean est un mélange embrouillé, comme s'il n'était pas sûr de devoir être amusé, horrifié, ou une sorte de mélange des deux.

Formulé comme ça, Sam n'est pas sûr non plus.

« J'en sais rien, mais si on continue il va sûrement finir cinglé. »

Apparemment, Dean a décidé de trouver toute cette situation hilarante et se met à rire légèrement.

« Hé, c'est pas comme si on lui avait demandé d'écrire nos aventures. C'est de sa faute s'il y a des nous sur lesquels lire du porno. » Dean fronce les sourcils, comme si sa phrase avait été moins confuse dans sa tête.

« Pour sa défense, il pensait qu'on était des personnages de fiction à l'époque, » répond prudemment Sam.

« C'est pas une excuse, » remarque Dean.

« Je crois bien que si, je pense que tu as le droit de faire ce que tu veux de personnages inventés. »

« Jusqu'à ce qu'ils viennent frapper à ta porte pour te donner un bon coup de poing au visage, » rétorque Dean avec raison, et il tend le sac qu'il tient à Sam qui, même s'il a toujours l'air de ne pas être d'accord avec lui, regarde à l'intérieur.

« On ne lui a jamais donné de... Je croyais que vous alliez chercher des pizzas ? » s'étonne Sam, un air confus sur le visage lorsqu'il découvre les boîtes de chinois à l'emporter.

« Le restau chinois était plus près, et il pleut, » explique Dean en haussant les épaules.

« Tu as un ange, » se sent obligé de rappeler Sam.

Dean le regarde en fronçant les sourcils, comme s'il avait son propre dictionnaire spécial où le mot 'ange' est interchangeable avec 'parapluie'.

« Ouais, je vois pas du tout ce que tu veux dire. »

« T'as pas besoin d'être mouillé, ou même de marcher, si t'en as pas envie. »

Dean le regarde avec des yeux exorbités, comme si Sam venait de suggérer quelque chose d'obscène.

« Es-tu en train de suggérer que j'abuse de mes privilèges angéliques pour aller chercher à manger ? »

Sam fait une grimace, parce que ce n'est pas du tout ce qu'il entendait par là – sauf que peut-être que si. Dean émet un son vulgaire et se laisse tomber dans le canapé.

« L'ange est de nouveau sur Internet, pas vrai ? » demande Dean sans même regarder autour de lui.

Sam acquiesce et sort son dîner du sac.

« Cas, vient par là. »

« Je n'ai pas besoin de manger, » lui rappelle Castiel encore une fois.

« Ça m'est égal, maintenant tu viens nous regarder manger chinois comme un membre de la famille. »

Castiel obéit, remettant sa chaise en place avant de se rapprocher du canapé.

« Je vais mettre un mot de passe pour protéger ce fichu machin, » marmonne Sam.

Castiel le fixe du regard.

On dirait un peu un chat qui n'a pas encore décidé s'il va griffer quelqu'un, quand il fait ce truc où il penche la tête sur le côté.

« Tu sais qu'il peut lire dans tes pensées, pas vrai ? » lance Dean, ouvrant sa boîte avec deux doigts.

« Dis-lui d'arrêter de me regarder comme ça, » lui demande prudemment Sam.

« Mec, tu restes dans la même chambre que nous, tu as droit à la tête penchée sur le côté qui fiche les jetons. »

« Il ne te le fait jamais, à toi, » se sent obligé de remarquer Sam.

« C'est parce qu'il m'aime bien, » rappelle Dean à son frère.

Castiel n'essaie même pas de prétendre le contraire.