Bonsoir ! :D
Voici le chapitre 3 ! ^^
Je tiens à remercier Hinaya-chan, Aya72, Mikipeach, Hachiko54, AnadoraBlack, little-road, floufla123, Melior, Aschen, Gladoo89, Maman Bouba, chupa14, Leonem, MissLizy, izaiza14, Roselia001, Queen-Mebs, chibi-Kotori et Aude45 pour leurs reviews ! *-*
Chupa14 : Merci pour ton commentaire et ravie que tu trouves aussi qu'Eden méritait le coup de bâton ) J'espère que ce chapitre te plaira.
Hachiko54 : Désolée, j'ai oublié de te répondre au chapitre précédent ! :O Sache que tes reviews me font plaisir, je suis contente que tu aimes ma fics :D J'espère que la suite te plaira également ^^
Et je remercie toutes celles qui ont mis cette fic en alerte et celles qui l'ont ajoutée dans leur favoris, ça me fait super plaisir, vraiment :D
Je vous souhaite une bonne lecture ! ^^
Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.R.R. Tolkien. Eden et son histoire m'appartiennent.
La Flèche et la Montagne
Chapitre 3 : À Imladris
Vraiment, Eden aurait donné n'importe quoi pour se trouver ailleurs. Pourtant, au début, ça avait si bien commencé… Les elfes apportaient de la nourriture et des boissons, ils jouaient même de la musique –ce qui ne semblait pas plaire à Oïn qui boucha son cornet d'une serviette.
Mais, premier bémol : où qu'elle regarda, Eden ne vit pas la moindre trace de viande, or elle en était friande. Ensuite, à part Dori et Ori qui semblaient être les seuls êtres civilisés autour de la table, les autres se comportaient vraiment mal… On se servait avec les mains (mais oui, pourquoi s'embarrasser de couverts ?), on mangeait et buvait en faisant du bruit (c'est tellement gentil de prévenir son voisin qu'on se sustente à bruit de mastications…), on entrechoquait bruyamment les couverts (c'est un style de musique nanesque?) ou encore, on se plaignait de ne pas avoir de bière à boire (nous, les nains, nous sommes des êtres raffinés, si madame !).
En clair, ils se comportaient comme des rustres. Mais malgré cela, Eden essaya de faire bonne figure.
Il n'y avait que des légumes à manger ? Et bien, elle mangerait des légumes sans rechigner. Et elle prendrait aussi de la purée et de la salade.
Elle était obligée de supporter les nains comme voisins de table ? Et bien, elle les supporterait et se montrerait même polie !
- Pourriez-vous me passer le plat de salade, s'il vous plait ? demanda-t-elle à Dwalïn.
Le nain avait justement le plat en main. Mais apparemment, il ne l'avait pas entendue –ou alors il l'avait entendue, ce qui était pire ! Il prit une grande poignée de salade dans sa grande main et regarda en-dessous, comme s'il cherchait quelque chose.
- Où est la viande ? s'étonna-t-il en remettant la salade dans le plat.
Il passa le plat à Eden qui, bizarrement n'avait plus envie de salade. Elle prit le plat, le regarda avec une petite grimace dégouttée mais n'y toucha pas. Elle le posa le plus loin possible d'elle. Contrariée, elle se servit une double portion de purée. Et de champignons en sauce.
- Est-ce qu'ils auraient de la purée ?
Eden entendit la voix d'Ori par-dessus le brouhaha des voix et des couverts. Elle lui passa donc le plat de purée en prenant bien garde à ce qu'il ne passe pas entre les mains de Dwalïn. Le jeune nain la remercia avec un sourire timide.
- Ce qu'il manque, c'est un bon fût de bière ! s'exclama Fili en lorgnant son verre d'eau.
Eden secoua la tête : on leur donne le gîte et le couvert, et ils arrivent encore à se plaindre ! Pourquoi ne se montraient-ils pas aussi gentils et raffinés que les elfes ?
- Celle de chez Bilbon était excellente, dit Kili.
- Oui, mais il n'y en a pas ici, soupira Fili.
- Chez moi non plus, intervint Bilbon. Sauf erreur de ma part, vous avez… tout bu. Vous aviez bu cul-sec avant de faire des concours du rot le plus long.
Cela fit rire les deux nains tandis qu'Eden se désolaient que les deux membres les plus mignons de la bande soient aussi rustres que les autres.
- Et c'est même Ori qui avait gagné ! se souvint Fili en riant.
Désillusion pour Eden. Ori, ce nain qui semblait si timide ? Elle n'osa dès lors pas imaginer de quoi Dwalïn pourrait être capable…
- Et il n'y a vraiment pas de quoi être fier ! intervint Dori, réprobateur.
La jeune femme eut un petit sourire en voyant Ori lever au ciel, apparemment agacé par la remarque de son aîné. Sourire qu'elle dissimula en buvant une gorgée d'eau.
- Excusez ma curiosité mais… D'où venez-vous, jeune Eden ?
Eden reposa son verre et releva la tête vers Balïn, qui avait posé la question et qui la regardait, comme intrigué. Il se tenait face à elle. Elle remarqua alors que le silence s'était fait autour de la table et n'aima pas ça du tout.
- D'Angleterre ? répondit-elle, espérant une réaction de la part des nains.
- Quel nom étrange, commenta Balïn. C'est où exactement, en Terre du Milieu.
- En Terre de quoi ? demanda Eden, abasourdie.
- En Terre du Milieu, répéta Balïn, sourcils froncés.
- Terre du Milieu, dit la jeune femme. Ça veut dire qu'il y a une Terre de Droite et une Terre de Gauche ?
Balïn la considéra avec de grands yeux ronds tandis que Dwalïn éclatait d'un rire tonitruant, vite suivi par les autres nains. Eden rougit, un peu embarrassée. Elle essaya de cacher sa gêne en buvant un peu d'eau et espérant que les nains et le hobbit allaient vite s'arrêter de rire, car elle n'aimait pas trop être un sujet de rigolade…
Alors qu'elle buvait, Dwalïn lui donna une tape dans le dos. Tape qui aurait très bien pu assommer un cheval et qui eut pour conséquence qu'elle recracha l'eau qu'elle avait en bouche. Le pauvre Balïn, assis en face d'elle, reçut tout en pleine figure, ce qui renforça l'hilarité des nains.
- Cette petite me fait bien rire ! dit Dwalïn en riant toujours autant.
- Oh ! s'exclama Eden en se levant. Je suis désolée, monsieur Balïn ! Je ne voulais pas, je…
La jeune femme regarda autour d'elle et prit sa serviette en tissu. Se penchant au-dessus de la table, elle la tendit au vieux nain qui l'accepta avec un hochement de tête raide.
Eden se rassit, horriblement gênée d'avoir craché au visage de Balïn… mais soulagée quand même que ça n'ait pas été Thorïn ou Gandalf… Le premier l'aurait assassinée du regard et le second n'aurait pas manqué de l'assommer à coup de bâton, elle en était sûre.
Le reste du repas, la jeune femme évita de regarder dans la direction du vieux nain tant elle était embarrassée. Il fallut un moment à la tablée pour reprendre son sérieux. Si elle l'avait pu, Eden se serait cachée dans un trou de souris.
Au bout d'un moment, après que les assiettes et les verres aient été vidés, les plats de salades emportés, intouchés et que les elfes aient fini de jouer leur musique, on proposa aux nains d'aller se rafraîchir et se reposer, au calme. Bilbon et les nains acceptèrent. Eden s'apprêtait à les suivre et à demander, au passage, s'il n'y avait pas un médecin dans l'assistance, pour soigner son bras, quand Gandalf l'interpella :
- Eden ? Restez, je vous prie.
La jeune femme jeta un coup d'œil au magicien, toujours assis à sa petite table avec Thorïn et le seigneur Elrond. Elle sentait venir une conversation sérieuse. Et s'il n'y avait pas eu l'espoir que le magicien la renvoie chez elle, elle aurait préféré décliner pour le moment… elle préférait éviter les sujets sérieux après manger, pour mieux digérer.
Elle jeta un dernier coup d'œil à la troupe des nains avec l'envie express de les suivre, mais finit par se détourner d'Ori, qui fermait la marche. Réprimant un soupir, elle s'approcha de la table et s'arrêta à quelques pas, avec l'impression d'être une lycéenne fautive dans le bureau du proviseur.
- Nous devons parler, lui dit le magicien.
- C'est ce que j'avais cru comprendre, répliqua prudemment Eden.
- Nous aimerions savoir ce qui vous est arrivé, intervint Elrond.
Eden fronça les sourcils en se tournant vers l'elfe.
- J'ai d'abord une question, dit-elle. Tout à l'heure, vous avez dit "Ainsi, c'est vous". Genre comme si vous me connaissiez… Je dois dire que ça me chiffonne… Vous êtes devin ou un truc ainsi ?
Elrond haussa les sourcils, apparemment un peu surpris.
- J'ai en effet parfois le don de clairvoyance. Mais ce n'était pas ce que j'entendais par là…
- Je racontais au seigneur Elrond notre rencontre, lorsque vous êtes passée devant nous, expliqua Gandalf. Et il s'est montré curieux à votre encontre.
- Ah…
Un petit silence s'installa entre les quatre protagonistes et Eden se retint de se balancer d'une jambe sur l'autre, comme elle avait l'habitude de le faire quand elle se sentait scrutée.
- Dites-nous, commença Gandalf, comment êtes-vous arrivée jusqu'ici ?
Eden le scruta, surprise que lui, pose la question. C'était lui le magicien dans l'histoire, non ?
- J'en sais rien, répondit-elle. J'espérais que vous éclaireriez ma chandelle… c'est vous le magicien, pas moi.
Gandalf haussa un sourcil et échangea un regard avec Elrond.
- Puis, poursuivit la jeune femme, vous avez dit que vous vous interrogiez sur ma venue dans "votre monde" !
- Oui, bien sûr que je m'interroge ! s'exclama Gandalf. Qui ne s'interrogerait pas ?
- Moi, je m'interroge surtout sur la manière dont vous allez me renvoyer là-bas, l'informa Eden.
Le lourd silence qui s'ensuivit ne plut pas du tout à Eden. Pas plus que les regards surpris qu'Elrond et Thorïn lancèrent au magicien.
- Autre monde ? répéta Thorïn. Et vous avez réellement le pouvoir de la renvoyer chez elle ?
- Bien sûr que non que je n'ai pas ce pouvoir, répondit Gandalf. Et c'est évident qu'elle vient d'un autre monde.
Eden dévisagea le magicien avec horreur, bloquée à sa première phrase. On aurait pu la croire transformée en statue tant sa stupeur –et son désappointement- étaient grands.
- Je ne vois pas en quoi c'est évident, fit Thorïn. J'ignorais même qu'il pouvait exister d'autres mondes… Comment l'avez-vous su ?
- Je sais beaucoup de choses, Thorïn Ecu-de-Chêne, répliqua Gandalf. Et j'ai déjà passé beaucoup de temps à réfléchir. L'idée que d'autres mondes puissent exister m'a donc déjà effleuré l'esprit, bien que je n'en ai jamais eu de preuves formelles. Et ses vêtements sont bien trop étranges. C'est ce qui m'a mis la puce à l'oreille. Et le fait qu'elle demande s'il y avait une Terre de Gauche et une Terre de Droite n'a fait que valider mes hypothèses.
- Attendez une minute ! s'écria Eden. Comment ça, vous n'avez pas le pouvoir de me ramener chez moi ? Et je fais comment pour rentrer, moi, alors ?
Gandalf la regarda avec… une lueur de pitié dans le regard, ce qu'Eden détesta au plus haut point. Sa gorge se serra et son estomac se contracta. La purée et les champignons menaçaient de faire le chemin inverse que celui qu'ils avaient emprunté, vingt minutes plus tôt.
- J'ai bien peur que cela soit impossible… dit le vieil homme.
La jeune femme vit ses pires craintes confirmées. Elle ferma les yeux et baissa la tête. Elle prit plusieurs grandes inspirations et se força à ne pas penser à Johannie, de peur de fondre en larmes. Sans oublier son pauvre Indigo qui ne tarderait pas à flotter à la surface de l'eau, dans son petit aquarium… Au bout d'un moment, Eden redressa la tête et découvrit trois regards fixés sur elle, attentifs, semblait-il, à ses réactions.
- Je ne veux pas rester cloîtrée ici, répliqua-t-elle d'une voix posée. Je veux rentrer chez moi. S'il y a eu un moyen pour que j'arrive ici, il y a bien un moyen de me ramener chez moi !
- Je l'espère, répondit Gandalf. Mais peut-être que si nous comprenions la façon dont vous êtes arrivée ici…
- Je vous ai dit que je n'en savais rien, le coupa Eden, se fichant du risque de recevoir un coup de bâton.
- Quelle est la dernière chose dont vous vous rappelez ? demanda Elrond tandis que Gandalf ne semblait pas apprécier d'avoir été interrompu.
- La dernière chose… ?
Eden fronça les sourcils et réfléchit. Elle aurait été tentée de répondre qu'elle était au téléphone avec sa meilleure amie, mais ça ne concordait pas… elle ne portait plus les mêmes vêtements et elle avait même son manteau sur les épaules quand elle s'était réveillée…
- Je me rappelle que je parlais avec Johannie. C'est ma meilleure amie. Puis, je me suis réveillée dans une forêt bizarre avant d'être enlevée par le magicien brun…
- Radagast, dit Gandalf.
- Oui, voilà, fit Eden. Puis, vous connaissez la suite de l'histoire. Pourtant…
La jeune femme s'interrompit, ne sachant comment formuler ce qu'elle ressentait.
- Pourtant quoi ? insista Thorïn.
Eden lui lança un regard noir avant de se tourner vers Elrond qui avait toute sa sympathie : lui ne l'assassinait pas du regard et elle était sûre que, jamais, il ne l'aurait frappée avec un bâton.
- Pourtant, c'est bizarre, mais ça ne coïncide pas. Je veux dire, je me rappelle que j'étais habillée d'un pantalon noir et d'une tunique bleue…
Elle lança un regard éloquent à son jeans bleu foncé et à son pull vert.
- Je ne me rappelle pas avoir enfilé ces vêtements. Pas plus que je me souviens avoir enfilé mon manteau, or je le portais quand je me suis réveillée. Pourtant, je dois bien les avoir enfilé vu qu'ils sont sur mon dos, mais je n'en ai aucun souvenir. Comme… comme…
- Comme un livre dont il manquerait des pages ? suggéra le seigneur elfe.
- Exactement ! dit Eden, soulagée de constater qu'Elrond voyait où elle voulait en venir.
- Donc, vous ne savez pas comment ni pourquoi vous êtes ici, résuma Gandalf.
- Non, répondit piteusement Eden en se passant les mains dans les cheveux, dégageant son front un moment. Et c'est un peu… flippant, je dois dire.
Elle consentit à regarder Gandalf qui regardait son front pensivement. Elle relâcha ses cheveux qui retombèrent sur son visage et attendit une réaction du magicien. Voyant que rien ne venait de sa part, Eden ne put s'empêcher de remarquer :
- Vous êtes un magicien, bon sang !
- Je le sais bien ! répliqua Gandalf.
- Alors faites quelque chose ! Votre bâton doit bien servir à d'autres choses qu'à me donner des coups sur la tête, non ?
- Des coups sur la tête ? répéta Elrond en jetant à Gandalf un regard surpris.
- C'est une autre histoire, l'informa le magicien. Que je vous raconterai avec plaisir, mais pas maintenant. Quant à vous, Eden, je vous ai déjà dit que je n'avais pas le pouvoir de vous renvoyer dans votre monde !
Le magicien avait l'air sérieux et si Eden avait cru un moment qu'il essayait juste de mettre ses nerfs à rude épreuve, force était de constater qu'il n'en était rien. Son désarroi dut se voir sur son visage car Gandalf s'adoucit un peu quand il reprit la parole :
- J'en suis navré, jeune Eden, croyez-le bien. Si j'avais la possibilité de vous renvoyer de là d'où vous venez, je le ferai, soyez-en sûre.
Incapable d'émettre une parole tant sa gorge était serrée des sanglots qu'elle retenait, la jeune femme se contenta d'hocher la tête.
- Toutefois…
Eden redressa la tête, pleine d'espoir.
- … la personne ou la chose qui vous a fait venir ici –car je pense qu'il est impossible que vous ayez pu faire un voyage d'un monde à l'autre toute seule- doit connaître le moyen de vous y renvoyer.
- Vous pensez que quelqu'un m'a fait venir ?
- Ce n'est qu'une hypothèse, bien sûr, répondit Gandalf. Je ne suis sûr de rien. Et je pense que, peut-être, il serait judicieux que vous voyagiez avec les nains et moi-même. Parcourir la Terre du Milieu nous permettra peut-être de connaître les mystères de votre venue ici.
Voyager avec les nains… Un regard vers Thorïn, dont le visage s'était assombri à l'évocation de cette perspective, lui apprit que l'idée lui plaisait autant qu'à elle…
- Il en est hors de question, répliqua Thorïn. Elle serait de trop.
Même si Eden était assez d'accord, elle ne supporta pas que ce prétentieux le dise à voix haute.
- Je ne vous permets pas ! s'exclama-t-elle. Mais si c'est le seul moyen de rentrer chez moi…
- De peut-être rentrer chez vous, la corrigea Gandalf.
- … et bien je vous suivrai, quitte à entendre votre voix insupportablement hautaine et à subir votre comportement insupportablement orgueilleux !
Les yeux bleus de Thorïn s'assombrirent, à la manière d'un ciel d'été tournant soudainement à l'orage. Elle se détourna du nain et regarda le magicien.
- Cependant, je ne pense pas être habillée comme il faut…
- C'est un fait, répondit Gandalf en jugeant ses vêtements sales –et déchiré, pour son pull.
- Nous pourrions lui fournir des vêtements, proposa Elrond. Mais il faudrait les ajuster à sa taille.
- Ce serait trop long, répliqua Gandalf. Il vous faudra demander aux nains des habits de prêt.
- Mais… ces nains sont plus grands que moi ! remarqua Eden.
- Dori se ferait un plaisir de les adapter au fil du voyage, j'en suis persuadé, dit Gandalf.
- Vous resterez bien un jour ou deux, n'est-ce pas ? demanda Elrond.
- Il y a des chances, dit Gandalf sans rien affirmer.
Un petit silence s'appesantit sur la terrasse, chacun perdu dans ses pensées. Thorïn regardait Eden comme si elle était un gobelin particulièrement repoussant. Et si la jeune femme l'avait vu, elle aurait certainement remis le nain à sa place. Au lieu de quoi, le regard perdu dans le vide, elle faisait le point. Non, elle ne voulait pas rester dans ce monde où des monstres hideux montaient des loups génétiquement modifiés, où des elfes côtoyaient des nains, des magiciens et des hobbits… Non, elle, elle voulait retrouver son appartement, son amie, son travail et son poisson ! Et si traverser cette Terre du Milieu pouvait l'aider…
- Vous serez au moins utile à la cuisine, remarque aigrement Thorïn. Vous aiderez Bombur.
Eden quitta ses pensées pour se tourner vers le chef des nains. Comment lui expliquer que sa meilleure façon de cuisine, c'était d'appeler son restaurant chinois ou, à la limite, de faire des pâtes au ketchup et au gruyère ? Surtout qu'il lui fallait faire preuve de tact en le disant…
- Le jour où je ferai la cuisine sera le jour où vous vous montrerez aimable avec moi, répliqua-t-elle sèchement. C'est-à-dire que nous pouvons toujours attendre, l'un comme l'autre !
Et un nain orgueilleux remis à sa place, un ! Et vu le regard qu'il lui lança, Eden devina son espérance de vie vachement diminuée. Soucieux d'éviter un nouvel éclat entre Thorïn et la jeune femme, Gandalf demanda à cette dernière :
- Savez-vous manipuler une arme ?
- Si elle répond les fléchettes, je ne réponds plus de rien, prévint Thorïn.
- Je n'aime pas les fléchettes, répondit Eden qui ne comprenait pas l'aversion du nain pour ce jeu. Par contre, je suis habile avec un arc et des flèches. Mais… je n'ai jamais tiré sur quelque chose de vivant…
- Et sur quoi tiriez-vous, dans ce cas ? fit le nain.
- Sur des cibles fixes, répondit Eden. C'était un passe-temps, un hobby.
- Vous tiriez à l'arc pour passer le temps ? répéta Elrond. Ce concept est ma foi bien étrange.
- Vaut mieux pas que je vous parle de la télévision ou du téléphone, alors…
Le seigneur elfe regarda Eden en haussant les sourcils, de plus en plus intrigué par cette étrange humaine.
- Seigneur Elrond, serait-ce trop vous demander de nous fournir un arc pour cette demoiselle ? demanda humblement Gandalf.
- Du tout, répondit l'elfe. Je vais même la fournir en flèche. Lindir ?
L'elfe qui les avait accueillis sortit de l'ombre et s'avança. Il s'inclina devant son seigneur tandis que celui-ci lui demandait d'aller chercher un arc et des flèches adaptés à la taille de la jeune femme.
« Ils vont me donner un arc pour enfant, à ne pas en douter… » pensa Eden qui se dit que finalement, ça valait mieux que rien du tout, même si rien ne pourrait égaler Jeanne.
L'elfe partit et Eden poussa un petit soupir. Tout ce qu'elle avait vécu, en l'espace d'une seule journée –qui n'était pas encore terminée !- l'avait épuisée. Elle se serait bien roulée en boule dans un coin et y aurait dormi tout son saoul si on le lui avait permis.
- Gandalf, elle est trop jeune, dit Thorïn. Ma compagnie ne deviendra pas une garderie pour enfants !
- Trop jeune ! s'offusqua Eden.
- Qu'elle soit humaine, naine ou hobbit, ça se voit qu'elle n'a pas dépassé la vingtaine, ou de peu, poursuivit le nain.
- Dites donc, si vous pouviez éviter de parler de moi comme si je n'étais pas là, ça m'arrangerait. Et puis…
- Quel âge avez-vous ? lui demanda abruptement Thorïn.
- Vingt-trois ans et toutes mes dents ! répondit fièrement Eden.
- Qu'est-ce que je disais ! Si je n'ai pas accepté Gimli, il n'y a aucune raison que je l'accepte, elle !
- Mais Eden n'est pas Gimli, répliqua Gandalf. J'ignore les raisons de sa venue en Terre du Milieu, mais quelque chose me dit que ce n'est peut-être pas le hasard qui l'a mise sur la route de Radagast et donc, sur la nôtre.
- Vous n'en démordrez pas, n'est-ce pas ? dit le nain.
- Non, répondit le magicien.
Eden repensa à la direction qu'elle avait prise, lorsqu'elle s'était réveillée, et mourait d'envie de contredire le magicien et lui annoncer que si, c'était le hasard qui l'avait mise sur la route de Radagast, pour qu'il perde un peu la face. Ce qui l'en empêcha ? Le fait que, même si le bâton n'était pas en vue, quelque chose lui disait que le magicien pouvait le faire apparaître et une bosse sur la tête, ça lui avait largement suffi.
Lindir choisit ce moment pour revenir avec un arc et un carquois rempli de flèches dont l'empennage était fait avec de véritables plumes blanches, ce qui changeait du plastique auquel la jeune femme était habituée. L'elfe lui tendit alors l'arc et Eden l'accepta avec un sourire.
- Merci beaucoup.
L'arc était en bois et était un peu plus petit que Jeanne, mais de pas grand-chose. Elle testa la corde en tirant un peu dessus afin de s'habituer. La seule chose qui la perturba un peu, c'était qu'il n'y avait pas de viseur.
« Il faudra que je fasse comme à mes débuts, quand je n'avais pas de viseur » songea-t-elle en repensant à son premier arc, tout simple, que sa mère lui avait offert lorsqu'elle était adolescente. Elle se souvint du nombre d'heures passées dans les bois, à viser sa cible, entourée des chants des oiseaux. Puis, elle s'était inscrite dans un vrai club et avait dû changer d'arc, le sien étant pour les débutants.
- Si vous le désirez, je peux vous conduire à l'entraînement ? suggéra gentiment l'elfe.
- Oh oui, je veux bien, répondit Eden. Je suppose que vous n'avez plus besoin de moi, ici ?
Elrond et Gandalf firent non de la tête avec un mince sourire. La jeune femme partit donc sans adresser un seul regard à Thorïn. Fallait pas pousser, non plus.
Arrivés à l'aire d'entraînement, Lindir et Eden se rendirent compte que toutes les cibles étaient occupées, aussi attendirent-ils en silence. La jeune femme en profita pour détailler les elfes. Lindir était très beau, impossible de le nier. Et ceux qui s'entraînaient également ! Elle en remarque deux tout à fait semblables. Ils devaient être de la même famille, peut-être même étaient-ils jumeaux. En tout cas, elle les trouva encore plus beaux que Lindir, avec un port altier qui leur donnait un air plus princier qu'au nain, soi-disant prince. Tous deux avaient de longs cheveux sombres qui se soulevaient à la moindre brise. L'un était habillé en bleu, l'autre en vert. Leur air concentré séduisit Eden au premier coup d'œil. Quel dommage qu'ils soient si grands…
Simultanément, les deux elfes lâchèrent leur corde et leurs flèches atteignirent le centre de la cible au même moment. Puis, à la grande surprise d'Eden, ils se dirigèrent vers leur cible afin d'en retirer les flèches… alors que les autres elfes continuaient leurs exercices !
- Mais c'est dangereux ! dit Eden à Lindir. On m'a toujours dit de ne pas aller chercher mes flèches tant que d'autres tiraient encore ! La première règle !
Lindir la regarda avec un petit sourire, ce qui vexa un peu Eden. Car c'était le genre de sourire qu'on offrait à un enfant qui venait de parler de quelque chose dont il ne connaissait rien.
- Nous ne risquons rien.
Eden sursauta avant de se tourner vers les cibles. Les jumeaux la regardaient avec une sorte de curiosité polie.
- Nous savons que les autres ne rateront pas leur cible, dit l'elfe habillé en bleu.
La jeune femme regarda alors les autres elfes, qu'elle avait délaissé pour regarder les jumeaux, et remarqua en effet qu'aucun ne ratait le centre de la cible.
- Et s'il y a du vent ? contra-t-elle néanmoins.
Les frères se jetèrent un regard amusé.
- Dans ce cas, nous adaptons notre tir, dit l'elfe habillé en vert.
- Donc, vous êtes la naine qui est arrivée avec Gandalf ? fit l'autre.
- Je suis bien arrivée avec Gandalf, mais je ne suis pas une naine, répondit Eden.
- Ah bon ?
Les deux elfes semblaient un peu surpris et Eden commençait un peu à en avoir marre d'être prise pour une naine.
- Je n'ai pas de barbe, leur dit-elle.
- C'est un fait… dit l'elfe en bleu. Mais permettez-moi de nous présenter. Je suis Elladan, fils d'Elrond. Et voici Elrohir, mon frère.
L'elfe s'inclina vers Eden. Celle-ci en resta bouche bée un moment, surprise d'avoir devant elle les fils du seigneur d'Imladris.
- Enchantée, dit-elle en reprenant ses esprits. Je suis Eden.
- Enchantés, répondirent les elfes à l'unisson.
- Je vois que vous étiez venue vous entraîner, dit Elrohir. J'avais justement terminé. Je vous laisse ma place avec plaisir.
- J'avais aussi fini, compléta Elladan. Bon entraînement, Eden.
- Merci…
Et ils partirent après avoir salué la jeune femme d'un hochement de tête. Et Eden était sous le charme. Les elfes étaient vraiment des êtres polis, gentils, raffinés… Quel dommage que Thorïn n'en prenne pas de la graine !
Se secouant, Eden passa son carquois dans son dos et se plaça face à une cible, sous l'œil attentif de Lindir. Elle prit une flèche de sa main gauche et l'encocha. Elle ramena la corde contre sa joue et trouva bien plus agréable le toucher de vraies plumes contre son visage que le toucher de l'empennage en plastique, dont elle avait l'habitude. Elle visa, en utilisant la visée mongole, c'est-à-dire qu'elle regardait la pointe, l'empennage juste en-dessous de son œil. Elle allait lâcher la corde, vérifier si elle s'en sortait toujours aussi bien sans viseur, quand la voix froide de Thorïn l'interrompit :
- Un instant !
Soupirant, Eden détendit la corde, sur laquelle la flèche était toujours encochée. Tournant la tête, elle remarqua Thorïn et cinq autres nains sur l'air d'entraînement. Étaient présents Fili, Kili, Ori, Balïn et Dwalïn. Balïn semblait toujours lui en vouloir à en juger par le regard un peu froid qu'il lui lança.
- Quoi encore ? dit-elle au chef de la troupe.
- Kili, tire sur une des cibles, ordonna le chef des nains.
Kili n'ayant pas pris son arc, il regarda la jeune femme d'un air désolé qui lui tendit son arc en soupirant. Le nain se plaça devant une des cibles délaissée par les fils d'Elrond et tira. Il était droitier, nota Eden qui n'avait pas pris la peine de noter ce détail plus tôt. La flèche qu'il tira atteignit le centre.
- Bien, dit Thorïn.
- Bravo, mon frère ! dit Fili.
- Faites aussi bien, ajouta Thorïn à Eden. Ou mieux. Il est naturel que je vous mette à l'épreuve, n'est-ce pas ?
Eden reprit l'arc des mains de Kili et ignora son "désolé".
- Votre but est que je perde la face devant ce tir parfait, hein ? dit-elle avec un rictus.
Elle se plaça face à l'autre cible et encocha une nouvelle flèche. Alors qu'elle tirait sur la corde, Ori s'étonna de sa façon de faire :
- Elle ne tient pas l'arc de la mauvaise main ? demanda-t-il timidement.
- Non, répondit-elle sans le regarder, concentrée sur sa cible. Je suis gauchère.
- Oh… fit le jeune nain en réponse.
Elle lâcha alors la corde, espérant réussir à atteindre le centre. Elle eut un sourire satisfait lorsqu'elle remarqua que ce fut le cas.
- Voilà, j'ai fait aussi bien, dit-elle.
Puis elle se plaça devant la cible de Kili, à la surprise des nains et de Lindir. Elle se rappelait qu'une fois, elle avait réussi à tirer une flèche dans une autre flèche, bien que cela ait été du parfait hasard, car elle débutait dans le club –mais elle avait acquis le respect des autres tireurs. Ici, elle espérait faire la même chose, même si elle se doutait que ce ne serait pas facile. Elle voulait au moins que sa flèche atterrisse aux côtés de celle de Kili.
Ignorant la douleur de sa blessure au bras gauche qui la gênait un peu, Eden encocha une nouvelle flèche, tira sur la corde et prit bien le temps de viser. Quand elle se sentit prête, elle expira doucement et lâcha la corde. La flèche oscilla dans les airs et… se planta à côté de celle du nain, l'éraflant de tout son long, la pointe partageant le même trou que celle déjà plantée.
Avec un sourire en coin, Eden baissa son bras gauche qui la faisait souffrir. Elle se tourna vers les nains. Ori regardait la cible avec de grands yeux Kili et Fili avec appréciation Balïn se caressait la barbe en souriant et Dwalïn souriait, comme satisfait. Thorïn ne montrait rien, mais Eden devina que ses performances le gênaient un peu.
- Pas mal du tout, dit Dwalïn avec son roulement de r caractéristique.
- On verra comment elle s'en sortira quand elle devra tirer sur des "choses vivantes", répliqua Thorïn.
Eden leva les yeux au ciel et se retint de faire une grimace dans son dos, tandis qu'il partait, laissant ses quatre compagnons derrière lui.
- Il ne semble pas de bonne humeur, remarqua Fili.
- Sans blague, répliqua Eden à voix basse, de sorte qu'elle ne fut entendue de personne –sauf de Balïn, qui se trouvait avoir une bonne ouïe, malgré son âge.
Eden alla chercher ses flèches et les remit dans son carquois, sauf celle qui était abîmée. Et même si les elfes atteignaient toujours leurs cibles, la jeune femme s'empressa quand même de quitter l'aire d'entraînement.
- Voulez-vous continuer ? demanda poliment Lindir.
- Non, répondit Eden.
- Elle a mal au bras, expliqua Balïn. Oïn va vous soigner ça. C'est notre guérisseur attitré.
- Merci, dit-elle, soulagée.
- Je vais vous raccompagner, dans ce cas, dit l'elfe.
Les nains et la jeune femme suivirent donc Lindir à travers les dédales de la grande demeure du seigneur Elrond. Ils furent conduits dans une large pièce circulaire qui s'ouvrait sur un balcon. Les nains s'y trouvaient tous, en compagnie du hobbit. Enfin, il manquait juste Thorïn à l'appel, mais cela ne dérangeait pas Eden.
Balïn la conduisit auprès du nain malentendant. Elle s'assit près de lui en posant son arc à côté d'elle et le nain, sans un mot, avec des gestes délicats, retira le bout de tissu ensanglanté. Avec une grimace, Eden se détourna et regarda les autres nains, laissant Oïn badigeonner sa plaie avec différent onguent. Elle remarqua que Dori était en train de coudre et elle fut impressionnée par la vitesse de ses doigts, elle-même ayant déjà du mal à coudre un bouton.
- Ce n'est pas trop serré ? demanda Oïn en faisant un bandage parfait autour de son bras.
- Non, répondit-elle avec un sourire. C'est parfait…
- Pardon ? dit-il en mettant son cornet dans son oreille.
- Je disais que c'était parfait ! dit Eden en élevant la voix vers le cornet.
- Pas la peine de crier, je ne suis pas sourd, répliqua le nain.
Eden retint un soupir. Ce nain la désespérait un peu, il fallait bien l'avouer… Quand il eut finit, la jeune femme fit des moulinets avec son bras. Bien qu'encore douloureuse, sa blessure était à présent supportable.
- Merci, dit-elle vers le guérisseur.
Il l'avait entendue, cette fois-ci, car il hocha la tête dans sa direction. Il entreprit ensuite de ranger ses pots d'onguent et ses bandages. Dori s'approcha alors de la jeune femme.
- Mademoiselle Eden ? appela-t-il doucement.
Elle se releva et le nain, avec un sourire poli, lui tendit une petite pile de vêtements qu'elle prit.
- Nous vous avons fait une tenue avec nos vêtements en trop, expliqua-t-il. J'ai modifié le pantalon d'Ori pour qu'il soit à votre taille, j'espère ne pas m'être trompé… Et s'il faut reprendre les autres vêtements, je le ferai avec plaisir.
- C'est très gentil, merci, dit Eden. Je vais aller les essayer de ce pas.
- Voulez-vous qu'on se retourne ? demanda Fili, taquin, avec un sourire.
- Je préférerais que vous vous creviez les yeux, mais c'est un peu radical, non ? répondit Eden avec un sourire aimable. Non, je vais plutôt m'isoler.
- Ah ça ! Elle t'a bien rabattu le caquet, hein ! se moqua Dwalïn en ricanant.
Eden posa son arc et son carquois contre un mur et sortit de la pièce. Croisant une elfe brune, jolie et élégante, elle lui demanda poliment s'il n'y avait pas une pièce où elle pourrait se changer tranquillement. L'elfe lui sourit et la conduisit dans une pièce, juste à côté de celle qu'elle venait de quitter.
- Merci beaucoup, dit-elle.
- C'est avec plaisir, répondit l'elfe avant de partir.
La pièce était en fait une petite chambre et Eden aurait donné n'importe quoi pour pouvoir se jeter sur le lit qui semblait douillet à souhait. Mais ses vêtements étant sales, elle préféra ne pas tenter l'expérience.
La jeune femme ôta ses vêtements sales, ce qui lui arracha une grimace lorsqu'elle dut passer son pull par-dessus sa tête, à cause de son bras. Elle retira également ses bottes et son jeans, mais garda son médaillon en forme de hibou et sa montre, tous deux offerts par Johannie. Elle ne resta pas longtemps en sous-vêtements, passant le pantalon d'Ori que son frère avait ajusté. Elle fut contente de constater qu'il était à sa taille et se promit de féliciter Dori qui devait vraiment avoir un compas dans l'œil. Le pantalon était gris, tirant très légèrement sur le lilas suivant la lumière. Elle enfila ses bottes, insérant le pantalon dans celles-ci. Heureusement qu'elle avait opté pour la paire de bottes marron, ça passait plus facilement que si elle avait pris les rouges qui lui avaient aussi fait de l'œil… Par-dessus son soutien-gorge qu'elle garderait quoi qu'il lui en coûte, elle enfila un sous-pull d'un gris qui tirait légèrement sur le mauve et par-dessus, une tunique avec une capuche d'un beau bleu turquoise. Cette couleur lui rappelait le bout de tissu que Kili lui avait donné pour sa blessure… Mais la tunique lui descendait jusqu'en-dessous des genoux et les manches étaient bien trop longues. Ce qui faisait que ses mains étaient cachées par le sous-pull et la tunique. Elle retroussa les manches. Dans un élan de coquetterie, elle retroussa la tunique jusqu'à la moitié de son avant-bras, mais laissa le sous-pull jusqu'à son poignet, ce qu'elle trouvait joli. Elle plaça son petit sac bleu nuit en bandoulière, toujours rempli de chocolat. Elle avait la chance que les couleurs s'harmonisaient un peu… Avant de voir que le dernier habit, une sorte de manteau, sans doute, était d'un rouge sombre, les manches évasées et le bas brodés de fils dorés.
« Les bottes rouges, ça n'aurait pas choqué, finalement », pensa-t-elle en enfilant le manteau.
Les manches du manteau s'arrêtaient au niveau des manches retroussées de la tunique, ce qui fit que seules les manches de son sous-pull furent visibles. Elle sortit la capuche de la tunique du manteau. Par-dessus le manteau, au niveau de la taille, elle mit la ceinture de cuir qui accompagnait le reste. À la ceinture, elle attacha son écharpe lilas, incapable de s'en séparer.
- Et voilà, dit-elle à voix haute. Ou comment avoir l'allure d'un nain quand on jure ses grands dieux qu'on est humaine…
Après un moment d'hésitation, Eden prit son portable, encore présent dans la poche de son jeans, et le plaça dans son petit sac, avec le chocolat. Elle replia ses vêtements et les prit quand elle sortit de la chambre. Elle regagna la pièce remplie de nains où tous se tournèrent vers elle. Essayant d'ignorer la gêne que cela lui procurait, Eden plaça ses vêtements sales et abîmés près de son arc.
- Le pantalon vous va-t-il, mademoiselle Eden ? s'enquit Dori.
- Oui, parfait, répondit-elle. Merci beaucoup pour les vêtements.
Certains nains, ceux qui lui avaient procurés les habits, sans aucun doute, hochèrent la tête.
- Et les manches ? demanda Dori, soucieux que tout soit parfait.
- Elles sont un peu longues, admit Eden. Mais je les ai retroussées, donc pas de soucis.
Le nain hocha la tête. Eden s'assit par terre et compta ses flèches, dans un souci de passer le temps. Et parce qu'elle aimait savoir combien de traits elle avait.
- Demoiselle Eden ? Désolé de poser cette question, mais auriez-vous dit quelque chose qui aurait pu mettre Thorïn de mauvaise humeur ?
La jeune femme releva la tête. C'était Balïn qui avait posé la question, mais tous semblaient attendre impatiemment sa réponse.
- Je n'ai rien dit, répondit-elle du bout des lèvres. Il a dit que je serai bonne pour faire la cuisine, je lui ai répondu que non. Il râlait parce que Gandalf voulait que je vous accompagne, je lui ai dit un peu ma façon de penser. Oh, et il a quelque chose après mon âge, soi-disant je serais trop jeune. Celle qui devrait être de mauvaise humeur, ici, c'est moi.
- Je vois, soupira Balïn. Vous ne m'avez donc pas écouté.
- Si, mais il n'a qu'à se montrer plus aimable, lui aussi…
- Et tu as quel âge ? demanda Dwalïn. Car pour que Thorïn te trouve jeune…
- J'ai vingt-trois ans, répondit-elle après un moment d'hésitation.
- Que ça ? s'étonnèrent Fili et Kili d'une même voix.
- Comment ça, "que ça" ? se vexa Eden. Vous avez quel âge, vous ? Vingt-sept et trente ans ? ironisa-t-elle.
- Euh… Tu peux ajouter cinquante ans à vingt-sept et tu as mon âge, dit Kili.
- Et je suis l'aîné de cinq ans, ajouta Fili.
Eden se bloqua un instant, les mains crispées sur ses flèches, sourcils froncés. Elle finit par relever la tête et regarda les deux frères, bouche bée.
- Quoi ?
- J'ai septante-sept ans, dit Kili. Et il s'est fallu de peu pour que Thorïn ne m'accepte pas dans la troupe, même si c'est mon oncle.
La jeune femme dut accuser le double choc. Non seulement il était septuagénaire, mais en plus il était le neveu du nain le plus antipathique de la troupe ?
- Et moi donc, dit Ori.
- Je continue à croire que septante-cinq ans, c'est trop jeune, dit Dori.
Un frisson remonta l'échine d'Eden.
- Pas étonnant que Thorïn vous trouve trop jeune, dit Balïn en hochant la tête. Vous devriez peut-être rester parmi les elfes.
- Non, répondit fermement Eden. Je veux trouver celui ou celle –ou la chose- qui m'a fait venir ici.
- Et que lui feras-tu, quand tu l'auras trouvé ? interrogea Dwalïn de sa grosse voix.
- Je lui dirai ma façon de penser, je lui donnerai deux baffes, peut-être trois, et je lui ordonnerai de me ramener chez moi en espérant que mon patron gobe l'histoire du monde parallèle et ne me vire pas.
Eden reprit son souffle, car elle avait dit ça d'une traite. Certains nains rirent, d'autres ricanèrent et d'autres encore se contentèrent de sourire. Pendant qu'ils s'amusaient, la jeune femme remarqua, abandonné sur le sol non loin d'elle, le morceau de tissu bleu qui lui avait entouré le bras. Elle le prit et le trouva assez long pour lui servir de ruban pour attacher ses cheveux. Car ceux-ci étaient longs et épais, et elle n'avait pas envie qu'ils volent partout. Mais il faudrait d'abord le laver.
Elle se leva alors et se dirigea vers la sortie.
- Où allez-vous ? demanda Bofur.
- Me promener, dit-elle en se tournant vers les nains. À mon avis, on ne restera pas longtemps et c'est pas tous les jours qu'on peut visiter une cité elfique.
- Vous devriez plutôt en profiter pour vous reposer, dit Balïn.
- Je reviendrai vite, promit-elle en sortant prestement.
Eden vagabonda alors un long moment dans les couloirs, s'émerveillant du carrelage, des murs, des colonnes sculptées. Tout ici respirait le raffinement, la beauté et le calme. Rester ici ne lui aurait pas déplu, mais il lui fallait entrer chez elle. Son monde n'était pas celui-ci et devait donc tout faire pour regagner le sien, coûte que coûte.
Elle était perdue dans ses pensées et montait les escaliers sans vraiment s'en rendre compte. En haut dudit escaliers, néanmoins, ses pensées laissèrent place à l'émerveillement face à une statue magnifique portant un plateau recouvert de tissu. Devant la statue, il y avait une marche. Après avoir jeté un coup d'œil autour d'elle, Eden se dirigea vers la sculpture et se mit sur la marche. Sur le plateau reposait une épée en morceaux. Ceux-ci étaient posés les uns à côtés des autres, à la manière d'un puzzle, et brillaient, comme si l'épée avait été toute neuve avant d'être brisée.
- C'est Narsil.
Eden était sûre d'être seule, c'est pourquoi elle sursauta violemment en entendant la voix féminine venant de sa droite. Elle serait tombée de sa marche si elle ne s'était pas retenue au plateau de la statue. Recouvrant son équilibre, elle se tourna vers la personne qui l'avait rejointe sans qu'elle ne s'en rende compte et resta abasourdie un moment. C'était une elfe à la beauté époustouflante, aux longs cheveux dorés, habillée d'une robe argentée et dont le front était ceint d'une d'argent. Son visage était beau, sans imperfection, et son regard profond, empli de sagesse.
- Désolée, je ne voulais pas vous effrayer, dit l'elfe d'une voix cristalline.
- Ce n'est pas grave, répondit Eden. Je ne vous ai pas entendue arriver…
L'elfe sourit et s'approcha. Même en étant sur la marche, l'elfe blonde la dépassait de quelques centimètres.
- Narsil ? demanda alors Eden, un peu curieuse. C'est le nom de la statue ou de l'épée ?
- De l'épée, répondit l'elfe en souriant. L'épée qui a ôté l'Anneaux des mains de l'Ennemi.
Eden considéra l'elfe avec surprise, ne comprenant pas un mot de ce qu'elle disait. L'elfe regarda un moment l'épée avant de se tourner vers la jeune femme, avec un sourire indulgent.
- Mais cela ne doit pas vous parler, vu que vous n'êtes pas de ce monde, dit-elle. Vous apprendrez sûrement l'histoire de cette épée au cours de votre voyage.
- Comment vous savez que…
- Le seigneur Elrond m'en a touché un mot, répondit l'elfe. Vous devriez rejoindre vos amis et vous reposer. Le voyage qui vous attend sera empli de labeur et de fatigue.
- Vous n'avez pas tort… soupira Eden qui se doutait que le voyage ne serait pas de tout repos.
L'elfe s'inclina légèrement et partit vers la droite. Eden descendit de sa marche et partit vers la gauche. Au dernier moment, elle se retourna vers l'elfe, poussée par la curiosité.
- Excusez-moi… vous vous appelez comment ?
L'elfe se tourna vers elle dans un geste lent et gracieux.
- Je suis Galadriel, dame de Lorien.
- Et bien… j'ai été ravie de faire votre connaissance.
- Moi de même, jeune Eden. Que votre voyage soit épargné de tout danger et de souffrance.
- Merci, dame Galadriel.
Elle s'inclina vers la belle elfe et partit, sur un signe de la main de son interlocutrice. Main où brillait un anneau, telle une étoile. Sans savoir comment, Eden retrouva les nains. Elle remarqua alors qu'elle avait dû s'absenter un long moment vu que le soleil s'était déjà couché. Elle trouva la compagnie en train de manger, faisant du feu avec ce qui avait dû être une chaise ou une table des nains… Après un tour d'horizon, elle remarqua qu'il manquait Gandalf, Thorïn, Balïn et Bilbon.
- Ah, vous voilà ! dit Gloïn. On a pensé que vous vous étiez perdue !
- C'est un peu le cas, répondit Eden en s'asseyant près de Bofur, près du feu.
Celui-ci lui tendit une assiette sur laquelle il y avait une saucisse, de la purée et des légumes.
- J'ai réussi à épargner ceci de l'appétit de mon frère ! lui expliqua-t-il.
- Oh, de la viande ! Merci !
Aussitôt, elle prit la saucisse et mordit dedans, savourant le goût de la viande. Elle remarqua alors que Bifur remettait du bois dans le feu, sûrement un pied provenant d'un meuble. Puis, il essaya de faire cuire… des feuilles de choux ? Sur un feu ? Eden se retint de lui faire remarquer que les feuilles risquaient juste de prendre feu et regarda, non sans envie, Bofur sortir une autre saucisse du foyer. Il allait y planter ses dents quand il se ravisa.
- Hey, Bombur !
Il lança alors la saucisse à son frère, qui était assis sur une table. Celui-ci attrapa la saucisse, mais s'en fut de trop pour la table qui céda sous son poids. Tout le monde éclata de rire, sauf Eden qui, posant son assiette, se releva prestement et alla aider l'énorme nain à se redresser.
- Ça va ? demanda-t-elle.
- Oui, répondit-il. J'ai sauvé la saucisse ! ajouta-t-il en la levant bien haut.
Cela redoubla l'hilarité des nains et Eden elle-même rit un peu. Elle retourna s'asseoir et termina son assiette, sauf les légumes –elle en avait assez mangé durant la journée, à son goût.
Quand elle eut fini de manger et déclaré qu'elle ne fumait pas quand Dwalïn lui avait tendu une pipe en bois, Eden s'était mise dans un coin pour s'endormir. Elle crut un instant qu'elle n'arriverait pas à dormir à cause du vacarme des nains, mais s'endormit comme une souche.
Elle ne savait pas de quoi elle rêvait, mais elle savait que c'était agréable, aussi aurait-elle bien donné un coup de poing à celui qui la secoua sans ménagement…
- Mademoiselle Eden !
Ori. C'était la voix d'Ori. Elle se retint donc de lui donner un coup.
- Mademoiselle Eden, réveillez-vous, on s'en va…
Ces mots la réveillèrent totalement. Elle se redressa, échevelée et remarqua que l'aube se levait à peine.
Comment ça, on s'en va ?
Et voilà donc pour le chapitre 3 ! Il est un peu plus long, mais il devait s'arrêter là et pas ailleurs :P
Vous avez aimé, détesté ?
Pour les vêtements prêtés à Eden, j'ai fait de mon mieux en me basant que "Le guide officiel du film" que je me suis décidée à m'offrir (plus d'autres offerts par ma cousine 3). Le pantalon gris-lilas est à Ori. Le sous-pull gris-mauve à Fili. La tunique turquoise à Kili. Le manteau rouge sombre à Balïn. Et la ceinture à Gloïn. Voilà :P
A bientôt pour la suite ^^
