Hello ! Publication du chapitre 4, en espérant que ça vous plaira =)


Chapitre 4

Ses oreilles et sa queue apparaissent tout d'un coup. À chaque fois qu'il lui chuchote à l'oreille et qu'il l'excite – et il est certain qu'il l'avait fait exprès, ce goujat! -, elle réagit de cette façon. ''Heureusement que personne ne peut lire dans mes pensées !'' s'assure-t-elle. D'un coup de bras, elle les cache puis se concentre pour les faire disparaître. Heureusement qu'elle se trouvait dans la cuisine !

Se sentant piégé, voulant à tout prix éviter son regard d'un bleu perçant, Zoey secoue la tête, tentant de trouver un échappatoire :

« Non, Elliot.

-Je ne te laisse pas le choix, retrouve moi dans notre appartement en haut. Je t'y rejoins dans cinq minutes, ajoute-t-il.

-Dans ta chambre ?, se résout-elle à accepter.

-Si tu veux ».

Elle s'en va donc jusqu'à la chambre du blondinet, en trainant des pieds le plus bruyamment possible pour faire comprendre à son patron que ça l'embête vachement de perdre son temps, mais surtout passer ne serait-ce qu'une seconde avec lui, tout seul. Pourquoi a-t-elle accepté d'avoir un entretien avec lui d'abord ? Depuis qu'elle avait lâché prise la veille, plus tout les souvenirs de leur mini-flirt (qu'elle tentait de refouler ou de considérer cela comme amical), et leurs disputes violentes, il lui fallait prendre du recul par rapport à lui. Elle se choque même de penser un tant soit peu à Elliot alors qu'elle vient de rompre avec son meilleur ami, le gars le plus parfait qui soit et le plus séduisant.

Une fois la poignée saisi, elle ouvrit avec précaution la porte, comme ci elle s'attendait à ce qu'un clown viendrait l'arroser d'eau derrière. La rupture doit la rendre plus prudente certainement. Zoey referme la porte, et reste immobile quelques secondes, perdu dans ses pensées : ''sa chambre doit-être à son image, triste et dépourvu de vie''.

Se sentant patraque, elle s'allonge sur son lit et, par politesse, sans y poser les pieds couverte de ses bottes.

« Pffff ».

La dévastation commence à faire surface, pourtant elle doit intérioriser jusqu'à ce qu'elle quitte ce fichu café. Heureusement, elle n'aura pas le temps de se torturer en pensant encore et encore à sa rupture que le grincement de la porte l'a ramène sur terre. Elle aperçoit Elliot, dont la posture indique une certaine assurance. Elle s'assoit sur le lit, son poids porté par ses mains qui l'a soutienne derrière elle, posées sur la couverture d'un tissu doux, et dont l'odeur dégage celle de l'adoucissant à la lavande.

« C'est à propos de quoi ? questionne cette belle femme.

-À ton avis, crache-t-il en haussant les sourcils ».

Il s'approche d'elle puis s'accroupit à ses pieds, posant sa main sur le lit tout en prenant soin de ne pas frôler celle de Zoey, afin de maintenir son équilibre. Il cherche à croiser son regard comme pour lui affirmer qu'il est à l'écoute. Zoey expire un bon coup, avant de décider que non, ses problèmes ne doivent pas être exposé à n'importe qui, et pour le moment, à personne.

« Je ne veux pas en parler Elliot, je veux juste rentrer chez moi.

-Parler te fera du bien tu sais ? ».

Un sourire narquois se forme alors sur le visage angélique mais triste du chaton. Elle répond alors du tac au tac :

« Et en quoi ça te regarde ? ».

Elliot se met à rire, voulant provoquer Zoey jusqu'à ses limites, mais s'abstient finalement, et lui fait remarquer qu'elle devait en avoir marre de toujours l'agresser, sans raison.

« Non, rectification mon cher Elliot, c'est toi qui me manque de respect la plupart du temps, et ceci depuis que l'on se connaît.

-T'en es sur ? interroge Elliot voulant lui faire rappeler les fois où il tentait de montrer son amour qu'il éprouve pour elle.

-Oui ! Oh et puis zut, je m'en vais ! fuit-elle ».

Zoey se lève afin de s'enfuir de cet interrogatoire. Soudainement, un sentiment d'angoisse brutal survient en elle. Comme tout à l'heure, sa respiration s'accentue et sa sensation de manque d'air croît en elle, accompagnées de douleurs au niveau de l'abdomen. Elle s'immobilise quelques secondes, cherchant de quoi se tenir. Elliot se redresse d'un bond telle un lion rugissant sur sa proie et s'empresse alors de la tenir par la taille et d'attraper sa main.

« Ça va ? s'inquiète-t-il.

-Non, j'ai l'impression hhhh, hhhh... ».

Sa vision se brouille juste quelques instants avec un voile noir devant les yeux, mêlée à des palpitations, ainsi que des vertiges.

Le chaton s'écroule tout doucement contre le blondinet, sa tête cognant la poitrine musclée de ce dernier. Il l'attrape, serre son visage contre ses mains et son torse, puis la pose tout doucement par terre.

« C'est bon Elliot, ça va, se retire-t-elle de son emprise.

-Tu n'as pas perdu connaissance, heureusement ».

Elle hocha la tête en silence, fermant ses yeux pour se remettre de ses émotions.

« Aide-moi à me relever s'il te plaît ».

Il lui tend la main qu'elle attrape sans réfléchir, et Elliot la soulève alors tout doucement.

« Viens, repose-toi sur le lit.

-Non, je m'en vais ».

Sentant l'opposition de sa protégée, il lui propose de s'allonger le temps qu'il se procure un verre d'eau et du sucre. Elle accepte, enlève ses chaussures (Dieu merci, elle avait vraiment mal aux pieds à force de marcher toute la journée) et s'allonge confortablement, calant l'oreiller d'Elliot entre ses jambes.

« Tu ne veux pas enlever ton manteau ?

-Non, de toute façon je pars dans dix minutes ».

Il part chercher un verre d'eau sucré, qu'il lui tend cinq minutes plus tard. Elle se pose au bord du lit, lui se mettant derrière elle et lui caressant le dos. D'un trait elle boit le verre avec empressement, à cause de la gêne occasionné par la caresse d'Elliot.

''Mais bon sang, pourquoi ça me fait de l'effet ?'' s'engueule-t-elle, honteuse d'admettre que les petites attentions d'Elliot lui procurait beaucoup de bien, et lui assure une certaine protection.

« Merci pour le verre, exclame-t-elle en enfilant ses chaussures.

-Je te raccompagne.

-Pas la peine, dit-elle froidement.

-Pour que tu nous refasse un autre malaise ?

-Tu m'accompagnes, je ne te parle plus ».

Ce deal sortait de sa bouche avec un ton presque rieur et ferme à la fois.

« Ah, ça me fera un peu de repos alors, j'accepte ton marché !

-Pffff ».

Il décide de l'accompagner jusqu'à chez elle. Ils descendent jusqu'à l'accueil et sortent, après un bref au revoir, sous le regard avisé et envieux de Bridget.

Les premiers minutes se déroulent sous un silence tranquille pour Zoey, mais gênant pour Elliot. La sentant toujours déséquilibrée, le blondinet attrape son bras, servant alors de support, et ils marchent en direction de chez Zoey.

« Je n'ai pas besoin que tu me soutiennes de cette façon.

-T'as pas le choix ! ricane-t-il.

-Tiens, c'est rare de t'entendre rigoler... ».

Elliot se sent alors découvert, mis à nue. Il a toujours caché ses émotions et sans le faire exprès, ou alors pour détendre l'atmosphère, il a rigolé. Il secoue sa tête pour reprendre ses esprits de personne distante et froide, et engage la conversation :

« Arrête tes attaques et dis-moi plutôt ce qu'il s'est passé hier.

-Pourquoi tu persistes ?

-Je veux comprendre, vous sembliez vivre un bonheur absolu, et ça se stoppe d'un coup. Je t'avoue que personne n'aurai imaginé vous voir rompre.

-Tu as répondu toi même à la question, bravo ! ».

Elliot lui lance un regard presque noir, l'air de dire ''arrête de me prendre pour un idiot ou je te fais ravaler ton sarcasme''. S'apercevant de l'embarra occasionné, elle s'excuse et entame une explication confuse :

« Il a juste voulu qu'on ne se fréquente plus.

-Pourquoi ?

-C'est long à expliquer.

-Vu la lenteur de tes pas, on a largement le temps d'entreprendre une explication.

-D'ailleurs, tu peux me lâcher, si mon père nous voit comme ça...

-Tu ne tiens pas debout, je ne peux pas te lâcher ».

Bien entendu, c'était presque un mensonge. Il est vrai qu'elle ne va pas très bien physiquement, mais Monsieur en profite pour s'accoler à elle malgré tout.

« Alors ? insiste Elliot.

-Ne le prend pas mal, mais nous ne sommes pas assez proche pour que je te le dise.

-Ah, souffle-t-il, déçu et attristé. Qu'est-ce qui te fais penser ça ? insiste encore le blondinet.

-Je n'ai pas envie de chercher les problèmes ou de me disputer, je ne suis pas d'humeur.

-D'accord, n'insiste-t-il plus ».

L'expression d'Elliot ne cache pas son désarroi. Il tient à son bras la femme qu'il aimerait tant rendre heureuse, mais elle ne l'aime pas et ne le considère même pas comme un ami proche. ''Où est-ce que j'ai merdé ?'' se questionne-t-il.

« Non, ne le prend pas mal.

-Laisse tomber Zoey ».

Le trajet s'en suit, encore une fois d'un silence lourd et extrêmement pesant. Une fois arrivée devant chez elle, Zoey remercie son employeur et le salue avec un sourire, pour essayer de rattraper sa gourde dite précédemment. Il secoue seulement la tête, ne voulant prendre la peine d'ouvrir sa bouche pour laisser échapper ne serait-ce qu'un petit mot, et s'en va, les mains plongées dans ses poches.

''Mince, je l'ai vexé ! Et puis tant pis, il n'a jamais était tendre avec moi... Mais qu'est-ce que tu racontes, depuis hier il s'est comporté comme un ange... Et j'ai aimé ça ! Il a souvent était chiant comme pas possible, mais quelque fois, il peut se montrer amical et affectueux. Et puis, qui sait ce qu'il pense réellement de moi, sinon pourquoi serait-il la plus part du temps désobligeant avec moi ?''.

Zoey rentre chez elle, salue sa mère et s'assoit sur une chaise dans la cuisine, une main sur la tête pour prendre le temps de se ressaisir.

« Zoey, je ne suis pas contente du tout.

-Quoi ?

-Tu es parti en cours ce matin ?

-Oui, répond-t-elle en essayant de simuler la vérité.

-Dans ce cas, où est ton sac ? ».

''Zut, j'ai oublié mon sac ce matin. Bravo Zoey !''

« Je, je l'ai oublié.

-Si vraiment tu t'en étais rendu compte, tu m'aurais appelé. Alors je te repose la question, es-tu partie en cours ?

-Sincèrement, oui, mais je ne suis pas resté. Je ne pouvais pas, désolée ».

Elle sent les larmes monter en elle. Sa mère se positionne derrière elle et l'entoure de ses bras.

« Ne sèche plus s'il te plaît. Nous voulons que tu réussisses tes études. Il te faut passer à autre chose ma chérie.

-Mais je l'aime tellement.

-Marc va passer à autre chose, et toi aussi.

-Ce n'est pas vrai ! hurle Zoey en se poussant sauvagement de l'étreinte de sa mère ».

Elle se dirige vers le lavabo pour se laver les mains, réflexe certes ridicule surtout pendant cette déchaînante discussion, mais c'est tout ce qu'elle avait trouvé à faire pour ne plus nourrir la compassion que porte sa mère à son égard. Elle enduit ses mains de produit vaisselle, et frotte frotte frotte jusqu'à rougir sa peau. Bizarrement, ça l'a détend. Quant à sa mère, elle reste estomaquée par la réaction de sa fille mais s'empêche d'intervenir face à cet acte, attendant avec impatience que Zoey s'exprime.

Une fois ses mains séchées, le chat sauvage s'accoude au bord du comptoir, ferme les yeux et respire assez fortement, avant se confier librement :

« Je ne peux pas vivre sans lui Maman ! On aurait du avoir une vie de famille, comme Papa et toi ! ».

La maman s'avance d'un pas avant de s'abstenir de la serrer dans ses bras. Elle a bien compris que son enfant veut entreprendre de laisser une certaine distance entre elles. La honte sûrement. Mais il n'y avait pas de quoi !

« S'il n'a pas pu rester avec toi après la mort de ton bébé, c'est vraiment que tu ne le mérite pas ma Zouzou.

-Ne dis pas ça, ce n'est pas vrai... pleure-t-elle en s'affaissant sur le carrelage froid de la cuisine. Ma vie n'a plus aucune valeur, elle vient de perdre tout son sens ! J'ai juste envie de … ».

Ses sanglots l'interdisent de parler correctement. Mais avec tout le courage du monde, elle s'ouvre à sa mère en lui avouant que :

« J'ai juste envie de mourir.

-Oh ma chérie ».

Sans attendre, elle rejoint sa fille au sol et la serre affectueusement.

« Tu doutes sur ta capacité à passer au travers de ces mauvaises pensées. Ne sois pas à terre, relève-toi !

-Je n'ai pas la force de me relever. J'ai trop mal !

-La vie est faite de test, celle ci en fait partie, mais ça ne doit pas t'arrêter de vivre. Nous t'aimons tous, moi, Papa, tes mamis et Papi ! Tous, nous ne voulons pas te perdre ! »

Cette fois, c'est à son tour de pleurer. S'imaginer sans sa fille à ses côtés, quel cauchemar ! Elle n'a pas souffert douze heure dans la salle d'accouchement pour l'entendre regretter de vivre !

« Ma puce, chuchote-t-elle, je vais t'emmener chez une psy, ça te fera du bien ».

La maman de Zoey sortit un mouchoir de sa poche et essuya les larmes de sa fille.

« Viens, je vais te préparer un bain moussant, mais après pas de discussion, toi et moi bossons tes devoirs ».