Et voici, sous vos yeux ébahis, le troisième chapitre !
Cette semaine, un tout petit peu d'Elsa et un peu de Motunui ! Il ne se passe pas grand-chose malheureusement. Mais ce peu est essentiel pour la suite.
J'aimerais remercier ceux qui prennent le temps de lire et commenter cette chose, cela fait toujours plaisir et motive particulièrement. Les lecteurs sous-estiment souvent l'impact qu'ils ont sur l'auteur, pourtant il y en a un. On ne le répètera jamais assez. Donc merci et amusez-vous bien !
Chapitre 3 : Arendelle
Elsa, occupée à écrire les missives invitant les personnages importants des pays voisins à la réception se tenant dans un mois au château, grogna lorsque son domestique entra dans le bureau sans frapper.
« Veuillez me pardonner cette impolitesse Majesté, mais je crois que vous devriez jeter un œil à la fenêtre. »
Elsa haussa un sourcil. Il était inhabituel que Kai adopte un ton aussi hésitant. Le personnel du palais était entraîné à ne montrer aucune émotion. Au grand dam d'Anna qui répétait sans cesse qu'elle avait l'impression de vivre avec des poupées de chiffon.
La reine, sans porter le moindre regard sur l'homme, se dirigea vers la fenêtre qui montrait une vue assez vaste du royaume côté mer. Elle ouvrit les rideaux avec force. Ce qu'elle vit la rendit perplexe.
« Je ne me souviens pas avoir été mise au courant de cela. »
Kai, gêné, déclara doucement.
« Et bien nous les avons vu se diriger vers le royaume depuis plusieurs jours...Mais nous ne pensions pas qu'ils allaient réellement accoster... »
Elsa se retourna vers le domestique. A la vue du regard glacé que lui lançait la reine, il déglutit.
« Vous voulez dire...Que personne n'a pensé qu'il serait important de m'avertir qu'une flotte entière se dirigeait vers Arendelle ?
_ C'est que...Leurs voiles ne semblent représenter aucun pays que nous connaissons Majesté... »
La température de la pièce descendit à toute allure. Kai aperçu des petits flocons se former près de la main droite d'Elsa.
« Raison de plus pour s'en méfier...Kai. »
Le ton de Sa Majesté, à l'apparence calme et mesuré, faisait froid dans le dos. Personne n'avait envie de faire face à une Elsa en colère. Même les plus courageux des guerriers. Ne sachant si c'était de froid ou de peur, le domestique se mit à trembler.
« Ils...Ils pourraient être gentils...
_ Gentils ? »
Il se sentait comme une gazelle face à un lion. Paralysé face à un prédateur qui pouvait à tout moment lui offrir un terrible châtiment. Elsa, droite et digne, s'avança vers lui lentement, ses talons claquant sur le sol immaculé.
« Que le capitaine Marshal réunisse ses hommes. Il n'est pas question que des inconnus se mêlent aux habitants d'Arendelle tant que je ne serai pas sûre du danger qu'ils représentent. »
Voyant que son domestique, tétanisé, ne bougeait pas, elle haussa le ton.
« Tout de suite !
_ Oui Majesté ! »
Il s'inclina et partit en trombe du bureau.
Une fois seule, Elsa revint à la fenêtre.
Incroyable. Personne n'avait jugé bon de l'avertir d'un fait aussi évident. Elle savait que le marché florissant de l'import-export avait favorisé l'ouverture d'Arendelle au monde. Ce n'était néanmoins pas une raison pour lâcher du leste sur la sécurité des frontières. Elsa soupira en regardant la fenêtre se geler petit à petit. Elle avait fait peur à Kai.
Alors qu'il ne voulait que la renseigner sur le sujet...Bien trop tard certes. Mais tout de même.
Depuis sa dispute avec Anna trois jours plus tôt, les papiers s'accumulaient. Elsa ne s'en sortait pas et se montrait de plus en plus irritable. Elle le savait. L'été et toutes les réceptions et renouvellements d'accords qui allaient de pair avec la saison la surchargeaient de travail. Pas une seule fois Elsa n'avait mis les pieds hors de son bureau depuis lors. Sans compter qu'elle n'avait jamais été à l'aise sous la chaleur, cela la rendait faible et l'empêchait même de dormir. Probablement à cause de ses pouvoirs.
Et maintenant cette mystérieuse flotte qui arrivait de nulle part...Elle se souvint vaguement de l'avertissement de Kristoff et roula les yeux. Si elle commençait à prendre au sérieux ce que lui disait cet homme, elle n'allait pas finir.
Le soleil brillait intensément dehors. La reine grimaça.
Non vraiment, l'été ne lui convenait pas. Il lui tardait de revenir en hiver.
-o-
Lorsque Créo descendit du bateau pour enfin mettre les pieds sur la terre ferme, elle ne put s'empêcher de sourire. Pas trop tôt!
Derrière elle, une Moana ravie ne cessait de gesticuler.
« C'est fantastique ! Tu as vu ça Créo ? Tu as vu ça ? Ce truc pour ranger les bateaux ! Et tu as vu où on marche ? Il n'y a pas de terre, d'herbe ou de sable ! Comme pour les Îles du Sud ! Est-ce que tous les pays que tu m'as décrit sont comme ça ? Il me tarde de visiter ! Regarde ces immenses bateaux ! Dis, tu crois qu'ils vont accepter de me faire monter dans l'un d'eux? »
Créo leva légèrement les mains.
« Du calme Princesse. On a tout notre temps pour répondre à tes questions. N'oublie pas que pour le moment, nous devons nous renseigner sur la vente de poisson. »
Ceci calma Moana. Dans son excitation, elle avait totalement oublié la raison pour laquelle elle était descendue du bateau avec Créo. Quelle future chef elle était.
La femme à l'air fantomatique, peu avant d'accoster, avait proposé au chef de la tribu de les aider à se faire de l'argent. Car avec ce dernier, les Motunuis pourraient s'offrir le luxe de manger autre chose que du poisson et de se procurer des vêtements chauds ainsi que des filets de pêche plus conséquents. Tui avait été surpris de l'attention de la brune. Cette dernière s'était contentée de lui répondre qu'elle avait une dette envers eux. Après tout, ils l'avaient sauvés de la noyade et cela l'agacerait certainement si les Motunuis mourraient pour x raison, dans leur totale incompréhension du monde les entourant, peu après son départ.
« Je savais que ma fille avait eu raison de te faire confiance. Merci. »
Créo n'avait pu s'empêcher de rouler des yeux.
Les deux femmes quittèrent le port pour s'enfoncer un peu plus au sein du royaume. L'une avec un air ennuyé, l'autre avec des étoiles plein les yeux.
-o-
Ayant réuni toute la tribu sur le bateau principal afin de leur expliquer la marche à suivre (c'est-à-dire attendre patiemment le retour de Moana), Tui observait la nouvelle région sur laquelle ils avaient accosté avec un peu plus de sérénité.
Il était fier de sa fille. Sans elle, lui et les siens n'auraient pas pu être témoins d'un spectacle aussi intrigant. Ce village était...Immense. Tous ces gens, ces bâtiments, cette géante bâtisse en pierre qui surplombait tout et qui était visible même de la mer (« C'est un château ! Un château ! Et nous allons accoster à Arendelle, un royaume ! Pas un village bande de barbares ! Qu'il me tarde de ne plus jamais écouter vos inepties ! » avait si calmement déclaré Créo, avec sa finesse légendaire).
Il savait que Moana avait des problèmes avec la gestion du peuple. Depuis leur départ de l'île, certains Motunuis se refusaient à la voir comme une personne fiable. Ils se méfiaient d'elle, la pensant loin de ses responsabilités, trop ancrée dans son monde. Et même si elle faisait de son mieux, Tui savait qu'au fond, son peuple avait raison. Moana
était encore jeune. Elle avait hérité de son fort caractère et était une entêtée de première catégorie. En l'état actuel des choses, elle manquait de sagesse et de recul. Aucun moyen de faire d'elle le chef dans ces conditions. Il fallait qu'elle grandisse encore. Ses aventures d'il y a deux ans l'avaient rendue forte certes. Mais il était capital qu'elle comprenne que la force ne faisait pas tout.
Voilà pourquoi l'arrivée de Créo avait été une bénédiction. S'il avait fortement appuyé la décision du départ des Motunuis vers l'Océan, Tui ne s'était pas exprimé par rapport à Créo. Beaucoup s'étaient plaints à lui de l'inquiétante jeune femme, mais à chaque fois il leur avait ordonné d'aller voir Moana. C'était sa responsabilité en tant que future chef. Montrer aux Motunuis que sa fille était capable d'endosser et réparer les risques potentiels de ses décisions était capital.
Créo semblait d'ailleurs l'avoir compris et se comportait plutôt correctement. Enfin, elle évitait le contact avec tout le monde à part Moana et les enfants, ce qui contrecarrait toute catastrophe potentielle. Étonnamment, même Taui ne semblait pas enclin à aller lui parler. Pour un fier gaillard comme lui, c'était étrange. Cette étrangère devait réellement l'impressionner pour qu'il se tienne à carreau en sa présence.
En même temps, de ses yeux à son allure, tout son être respirait le danger. Pour Tui, Créo ressemblait plus à une bombe à retardement qu'à une femme. Au fond, il était lui aussi soulagé de ne plus l'avoir auprès des siens. Ce n'était certainement pas anodin qu'on l'ait trouvé seule dans l'Océan. Quelque chose lui était arrivé. Et cela ne devait pas être joli.
Tui interrompit ses réflexions lorsqu'il vit une vingtaine d'hommes se diriger vers son bateau. Il ordonna à Kawa de dire à tout le peuple de ne pas bouger pendant qu'il allait accueillir ces autochtones.
Posant pour la première fois les pieds sur le sol dur d'Arendelle, il sourit aux nouveaux venus. Tous étaient habillés de la même manière. Avec de gros vêtements solides qui semblaient peser une tonne. Ils étaient armés aussi, de lances. Ces dernières semblaient d'ailleurs aisément manipulables. Peut-être pourrait-il s'en procurer pour chasser le poisson ?
Celui qui semblait être le leader fit face à Tui.
« Capitaine Marshal de la garde royale du royaume d'Arendelle. Sa Majesté la reine Elsa m'envoie vous demander vos papiers Messires.
_ Papiers ? »
Devant le regard interrogateur de Tui, l'homme élabora.
« Votre passeport. »
Aucune réponse.
« Votre pièce d'identité. »
Un silence.
« Qui êtes-vous Messires ?
_ Tui de Motunui.
_D'où venez-vous ? »
Regard interloqué.
« De…Motunui ?
_ Pourquoi êtes-vous à Arendelle ?
_ Pour découvrir vos coutumes et témoigner notre respect envers votre peuple.»
Le père de Moana ne savait pas comment interpréter l'expression passive de l'homme.
« Suivez-moi. Vous êtes en état d'arrestation. Mes hommes réquisitionnent vos bateaux. »
Créo ne l'avait pas prévenu du rite d'échange du royaume.
« Qu'est-ce que j'aurais en échange de mes bateaux ? »
Des murmures s'élevèrent parmi les hommes de Marshal. Le capitaine les fit taire d'un regard sous les yeux impressionnés du Motunui.
« Et bien, ma fille pourrait prendre des cours avec vous. Elle a du mal à se faire respecter.
_ Je vous conseille de vous taire. »
Tui arqua un sourcil mais ne répondit pas. Lorsque l'homme lui fit signe de le suivre, il l'interrompit.
« Attendez, je ne peux pas abandonner mon peuple ici ! Ils sont tous réunis sur le bateau...
_ Combien êtes-vous ?
_ 570. »
Bien plus que ce que les cachots du château pouvaient accueillir. Marshal se retourna vers ses hommes.
« Pendant que j'amène Messires Tui de Motuny...
_ Motunui. »
Regard noir.
« Pardon. Je ne voulais pas être impoli. »
Marshal ne daigna pas lui répondre et se contenta de reprendre son discours.
« Pendant que j'amène Messires Tui de Motunui auprès de la reine, je vous demanderais de surveiller ses camarades au sein de la flotte. Aucun d'entre eux ne pourra sortir avant que Majesté n'ait donné son verdict. N'hésitez pas à user de la violence si quelconque accident survient. »
Un unanime « Oui chef ! » fut sa réponse. Il se dirigea alors vers le château, Tui le suivant de près.
C'était la première fois qu'il voyait des immigrés clandestins fouler le sol d'Arendelle. De fait, Marshal ne savait aucunement la procédure à effectuer. Selon la rumeur, la reine n'avait pas apprécié d'avoir été mise dans le flou par rapport à cette histoire. Il était donc judicieux de directement emmener le leader de ces racailles la voir. Le chef de la garde se doutait que Sa Majesté avait mieux à faire que tenir une audience avec un inconnu du bas peuple mais il n'avait pas le choix.
De son côté, Tui réfléchissait. Il se doutait que cette rencontre n'était pas seulement une courtoisie. Cet étrange homme, de par son ton grave, le lui montrait bien. Mais en terrain inconnu, il valait mieux faire profil bas. Il espérait seulement que Moana et Créo n'aient pas d'ennuis de leur côté. Connaissant sa fille, c'était malheureusement peu probable...
-o-
Fin du chapitre 3 !
Et voilà le début des aventures à Arendelle. Peu à peu, les personnages de La reine des neiges et ceux de Moana vont se rencontrer. Après tout c'est le but de cette histoire pas vrai ? Donc on peut dire que Le petit chaperon rouge commencera réellement au chapitre prochain. Ce dernier sera entièrement concentré sur Moana et Créo. Oulala comme c'est excitant tout ça ! (Ou pas)
Oh d'ailleurs je ne sais pas si je l'ai précisé avant donc je le fais ici pour ne plus en parler ensuite: en ce qui concerne les intrigues amoureuses. Oui il y en aura. Évidemment qu'il y en aura vu que l'on parle de la vie des personnages (coucou Anna et Kristoff). Mais non cela ne prendra pas une place plus importante que le reste. Simplement parce que les individus qui se torturent l'esprit 100 ans pour savoir si x l'aime ou pas c'est pas mon délire. Et les discours enflammés débordant de passion et de larmes...Et bien ça va bien à certains personnages. Et à certaines histoires également. Mais à d'autres pas. La Elsa de ce récit, par exemple, ne sera pas mélodramatique à souhait. Désolée. Et pour ce qui est des couples, je ne dirai rien. Simplement que j'ai écrit certains protagonistes afin qu'ils se complètent les uns les autres. Ok. Ceci doit certainement être ultra mystérieux dit comme ça. Mais c'est le cas et je ne peux pas en dire plus pour le moment. Cela se révèlera au fur et à mesure aussi.
Hum. Voilà. Donc en gros je suppose que ce que je voulais dire est que...Si vous êtes là en attendant uniquement du développement amoureux, vous allez être déçus. Je crois. Et ce serait dommage. A priori.
Sur ce, passez une bonne journée et à bientôt !
N'oubliez pas de donner tout l'amour que vous pouvez aux céréales Frosties. Car ce sont les meilleures céréales. Aucune discussion possible.
