L'enquête avance !

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Merci à Paige0703, Nourann et Jade181184, les trois fidèles mousquetaires du Rinch, pour leurs commentaires toujours appréciés : )

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Bonne lecture !

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M Koster réclama son déjeuner à 12H comme si de rien n'était, scandalisant Margareth et attirant une remarque bien senti de Suzanne.

A 16H il réclama son secrétaire et Finch se rendit dans son bureau après avoir confié un détecteur à John pour qu'il l'installe dans la chambre pendant leur réunion. Il avait déjà profité du sommeil profond provoqué par l'injection du médecin pour s'introduire dans la chambre de Miss Koster. Il ne lui restait plus qu'à poser celui dans la chambre de Julie, ce qu'il réussit à faire pendant qu'elle se rendait dans le bureau de son grand père qui l'avait fait appeler.

Reese s'attendait à ce que M Koster le convoque et lui reproche l'intrusion ayant coûté la vie à sa fille mais il n'en fit rien.

Lorsqu'il retrouva Harold, celui-ci lui expliqua, vaguement choqué, que M Koster n'avait fait aucune allusion au crime, exactement comme s'il n'avait pas eu lieu.

-« Si c'est un reflexe de préservation de son esprit comme il l'a prétendu à sa petite fille pendant leur conversation, c'est assez impressionnant » jugea Finch.

-« Ou peut être n'éprouve t-il réellement aucune compassion ? Cet homme est étrange. S'il n'était pas en fauteuil je le rangerai plus volontiers dans la liste des suspects que des victimes. Il ne m'a même pas fait appeler alors que je suis sensé assurer la sécurité du domaine et que la réussite de ce crime prouve mon échec »

Finch posa la main sur son bras.

-« Vous avez fait tout ce qu'il fallait. Et, en fait, j'ai pensé aussi qu'il vous ferait appeler et j'ai tenté d'amener le sujet »

-« Vous vouliez jouer les avocats de la défense ? » ironisa l'ex agent.

-« En quelque sorte. Savez-vous ce qu'il m'a répondu ?»

-« Je crains le pire d'un homme aussi insensible »

-« Il m'a dit qu'il vous avait engagé pour veiller à la sécurité de ses biens et uniquement de ses biens et que rien jusqu'ici ne lui a été volé »

-« Il se moque pas mal du sort de sa famille alors ? » interrogea Reese choqué.

-« Cela semble être le cas »

-« Ou il est derrière tout cela ! » jugea John

-« Mais il n'a pas bougé de sa chambre la nuit dernière et il s'y trouvait aussi lors de l'agression contre Julie »

-« Il pourrait très bien avoir engagé quelqu'un. Vous n'avez rien trouvé sur ses comptes ou ceux de la société ? »

-« Non, aucune trace de versement. Et encore une fois quel serait le mobile ? »

Reese soupira agacé par toutes ces impasses. Finch retint un sourire en songeant que la patience n'était vraiment pas sa qualité première.

-« Allons dîner, nous pourrons observer les serviteurs » Harold enfila sa veste et se dirigea vers la porte.

-« Au fait l'inspecteur Fusco repassera demain à 10H et il est de mauvaise humeur » déclara Finch d'un ton amusé.

-« Pourquoi cela ? »

-« M Koster est une personnalité connue, le crime n'a pas échappé à la presse. Et je crois que notre cher inspecteur n'aime pas trop les journalistes ».

-« J'espère qu'aucun d'eux ne viendra fouiner par ici » constata Reese.

-« Vous ne les aimez pas non plus ? »

-« Pas s'ils entravent la mission »

-« Je pense que vous saurez les tenir à distance »

L'ex agent retint le bras de son associé et lui chuchota à l'oreille.

-« Vous en revanche je n'ai aucune envie de vous tenir à distance » et il lui vola un baiser avant qu'il n'ait le temps de protester, puis s'engagea dans l'escalier avec un sourire satisfait.

Finch soupira en songeant qu'il n'avait même pas envie de se fâcher contre lui pour son manque de discrétion…

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La nuit se déroula sans incident.

Fusco revint vers 10H avec une équipe.

-« Salut, du neuf ? »

-« Rien pour l'instant Lionel »

-« Pour moi non plus. Rien de spécial à l'autopsie. Pas d'empreinte hormis celles de la famille et du personnel. Deux gars sont là pour revoir les lieux. Je vais aller interroger la mère, elle est en état tu crois ? »

-« Elle est plus calme. Le médecin est repassé ce matin mais il ne lui a pas fait d'injection juste une prescription »

-« Bon, on verra bien. Tient au fait, tes plans »

-« Merci Lionel »

-« Tu pense y trouver un truc intéressant ? »

-« Je ne sais pas, j'ai une intuition que je voudrais suivre »

-« Et Finch ? »

-« Il est avec Koster »

-« Je le plains, ce type fait froid dans le dos » affirma Fusco en s'engageant dans l'escalier.

John ne pouvait le contredire. Jamais il n'avait autant souhaité bouclé rapidement une enquête pour que Finch ne soit plus exposé à ce personnage.

Reese s'installa dans la bibliothèque en se disant que ce lieu ne pourrait que l'inspirer et déplia les plans. Il les déchiffra attentivement.

-« Intéressant » jugea t-il. Il avait hâte de montrer le résultat de son étude à son associé.

En attendant il décida d'aller faire une première reconnaissance.

Il revint vers midi et croisa Fusco qui partait.

-« John rends moi service tu veux ? Dépêche-toi de boucler cette affaire que je n'ai plus à revenir dans cette maison de fous »

-« On y travaille » répondit Reese amusé.

Il se rendit directement aux cuisines et s'assis près de Finch qui venait d'arriver.

En captant son regard satisfait celui-ci compris que son agent devait être sur une piste.

-« Du nouveau ? » chuchota t-il.

-« Oui. On en parle après le déjeuner » répondit l'ex agent sur le même ton.

Le repas expédié, ils gagnèrent la chambre de l'informaticien.

Reese sourit en y entrant, songeant que ce lieu resterait toujours un bon souvenir pour lui. Finch l'observait.

-« M Reese ? »

-« Oui Harold. Vous ne renoncerez jamais à ce reflexe. C'est dangereux pour notre couverture »

-« Excusez moi, j'étais troublé »

-« Par moi ? » le taquina John.

-« C'est possible » admit l'informaticien « je me demandais ce qui vous faisait sourire ainsi ».

-« Le lieu de nos aveux » répondit l'ex agent, souriant en anticipant la réaction de son associé

-« Oh » émit Finch qui se sentit rougir en se rappelant la scène.

John posa la main sur sa joue et l'embrassa avec tendresse.

-« En souvenir » chuchota t-il.

Il dû faire un énorme effort pour redevenir sérieux, surtout en voyant que son geste n'avait pas déplu à son partenaire.

Il étala les plans sur le bureau.

-« Regardez cela »

Finch se pencha pour examiner les représentations.

-« Vous voyez là ? Et ici ? » Énuméra l'ex agent en pointant du doigt les endroits des cartes qu'il avait marqué d'une croix

-« On dirait…. des couloirs ? Mais là ce sont les murs » répondit Finch en fronçant les sourcils

-« Oui, mais les murs sont doublés et cela laisse un passage entre eux qui ne peut avoir été laissé que volontairement. Cet endroit est truffé de passages communiquant entre eux. »

-« C'est incroyable ! »

-« Celui qui a dessiné ces plans devait suivre des instructions très précises. Au final, il doit être possible de faire le tour de la maison sans jamais passer dans les pièces officielles »

-« A condition de connaître les points d'accès »

-« Et qu'ils soient toujours opérationnels » précisa Reese « Je pense en avoir localisé un ce matin mais il semble muré »

-« Les autres ne le sont peut être pas ? » suggéra l'informaticien

-« C'est ce que je pense et cela expliquerai comme est entré notre fantôme. Mais cela implique que le meurtrier les connaisse ou qu'il se soit aussi procuré ces plans »

-« Cela rejoint notre théorie selon laquelle il connaît bien les lieux et a eu l'opportunité de les examiner. Il n'y a peut être pas de sortie dans chaque pièce mais suffisamment pour lui permettre d'agir » émit Finch

-« Et si je ne fais pas erreur en déchiffrant les plans il y avait un accès dans la chambre d'Emily, alors que celles de sa mère et de sa fille en seraient dépourvu, ce qui justifie pourquoi il a commencé par elle »

-« Et aussi qu'il n'ait pas essayé de tuer les autres la même nuit. Il voulait rester près de sa porte de sortie »

-« Le tout est de les localiser et de trouver le mécanisme d'ouverture mais je m'y emploi »

-« C'est très ingénieux » soupira Finch « Mais je doute qu'à l'origine ces constructions aient été élaboré avec de mauvaises intentions »

-« Qui peut savoir ?» interrogea Reese.

Ils continuèrent d'étudier les plans pendant quelques minutes puis des coups frappés à la porte les interrompirent. Ils échangèrent un regard interrogatif.

Finch avança et ouvrit la porte. John se tendit, prêt à intervenir.

-« Oui ? »

-« Harold le patron vous demande dans son bureau dans un quart d'heure » annonça Suzanne.

-« Je le rejoins de suite. Merci Suzanne »

La jeune femme s'éloigna dans le couloir.

-« Je dois y aller » dit Finch en sortant de la pièce.

-« Je vous suis, je retourne en exploration, je dois trouver ces issues » répondit Reese.

Finch l'arrêta en posant une main sur son bras.

-« Soyez prudent John. Encore plus que d'ordinaire . Cet homme est dangereux et surtout il connaît bien les lieux, cela vous désavantage. »

-« Ne vous inquiétez pas, tout ira bien »

Finch posa la main sur la nuque de son agent et attira doucement son visage près du sien. John ne se fit pas prier pour combler la distance entre eux, posant ses mains sur la taille de son associé pour l'attirer contre lui. Leur baiser fut doux, emprunt de tendresse, se prolongeant jusqu'à ce qu'ils manquent de souffle. John s'écarta légèrement.

-« Pas de meilleurs encouragements » chuchota t-il.

Finch sourit puis l'embrassa à nouveau avec la même tendresse.

-« Ne me laissez pas trop vous déconcentrer »

-« Je vais essayer » se moqua John. Il ajouta, plus sérieux « Il ne pourra rien m'arriver. Je l'ai promis à quelqu'un de très précieux pour moi »

-« Je sais que vous tenez vos promesses » murmura Finch.

John resserra son étreinte pour prolonger encore un peu ce moment. Le grincement d'une porte les fit sursauter.

L'ex agent se retourna, maintenant son associé derrière lui par reflexe, mais c'était seulement Jerry sortant de sa chambre. Il dévisagea le couple avec un sourire moqueur.

-« Attendez une minute avant d'aller au bureau » intima Reese en repoussant Finch dans la chambre. Ce dernier approuva de la tête.

John remonta le couloir sur la défensive. Jerry ricana.

-« T'as pas trouvé mieux que ce vieux… »

Il ne put en dire plus, posant une main sur sa gorge, l'ex agent le plaqua contre le mur.

-« Je te conseille de faire attention à ce que tu va dire ou à ce que tu voudrais faire » intima t-il, une lueur meurtrière dans les yeux.

-« Ok » bafouilla Jerry « J'ai rien dit »

-« Et ? »

-« Je le laisserai tranquille »

-« Ca vaudrait mieux pour toi » affirma Reese en le relâchant. L'autre chancela puis s'éloigna rapidement sans rien ajouter, dompté.

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Reese ne réapparut qu'au dîner. Margareth lui sourit.

-« Eh bien John. Vous voici transformé en courant d'air ? »

-« Pour la bonne cause Margareth »

-« Je me doute » soupira la cuisinière.

John regrettait la bonne humeur de la vieille dame mais il savait qu'elle avait du mal à se remettre de la mort de Stéphania.

Il croisa le regard de Jerry qui détourna aussitôt le sien.

Suzanne fit quelques commentaires sur les agents de police passés le matin et sur le comportement des propriétaires. « Elle n'a vraiment pas grande estime pour la famille à l'exception de Julie » songea Reese.

A la fin du repas, Finch quitta la pièce pour regagner sa chambre. John resta discuter avec Margareth avant d'aller le rejoindre. Il le trouva devant son écran.

-« Du nouveau John ? » demanda l'informaticien sans se retourner

-« Pas encore. J'ai beau me référer aux plans c'est compliqué. Peut être parce qu'ils sont très anciens »

-« J'ai de quoi vous aider, venez voir » l'invita Finch

Reese s'avança et posa la main sur l'épaule de son partenaire qui frissonna à ce contact. John le sentit et en profita. Il se pencha un peu plus et lui déposa un baiser dans le cou.

-« Désolé, trop tentant »

Finch ne répondit pas mais un sourire flotta sur ses lèvres.

-« Voilà, là ce sont vos plans » affirma l'informaticien. Il ouvrit une seconde fenêtre. « Et là les même plans avec une vision 3D »

C'était comme si le bâtiment apparaissait sous forme de maquette.

-« Excellent Harold ! » s'exclama John « les localisations seront facilités. Ca confirme ce que je pensais »

-« Et que pensiez vous ? » demanda Finch perplexe.

L'ex agent se pencha et lui chuchota à l'oreille.

-« Que j'aime un génie »

Finch lui lança un regard surprit mais heureux.

-« C'est peut être un peu exagéré » répondit-il troublé.

-« Je ne trouve pas » jugea John en se redressant mais Harold le retint en saisissant son col et l'attira pour lui chuchoter à l'oreille :

-« Alors moi j'aime un héros »

Ce fut au tour de John de se troubler de cette déclaration.

-« C'est peut être un peu exagéré » répondit-il en écho.

-« Un partout » commenta Harold. John sourit et pensa pour la centième fois qu'il ne regrettait pas d'avoir oser avouer ce qu'il éprouvait. « Margareth avait bien raison » songea t-il.

Il se reconcentra sur les plans et finalement nota les trois points où il continuerait ses recherches le lendemain. Il consultât sa montre.

-« Je dois y aller »

-« Soyez prudent » répondit Finch par automatisme.

John l'embrassa avant de partir. L'informaticien laissa échapper un soupir satisfait. Prenant cela comme un encouragement il continua, une fois, deux fois… Finch finit par s'écarter

-« Je crois que le devoir vous appelle John »

-« Parfois je préférerais être sourd » répliqua ce dernier. Il posa un dernier baiser sur les lèvres de son associé et se dirigea vers la porte.

-« A demain Harold »

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Le lendemain, John reprit ses investigations aussitôt le petit déjeuner terminé. Finch le regarda partir un peu inquiet mais il lui semblait parfois que c'était devenu une seconde nature chez lui. Il resta un peu dans la cuisine. Cherchant ce qu'il pourrait faire pour aider son associé. Etant samedi, il n'était pas de service.

Il observa Margareth qui terminait la vaisselle.

-« Vous avez besoin de quelque chose Harold ? » l'interrogea t-elle.

-« Non merci Margareth. Je me demandais si je pouvais vous être d'une quelconque utilité ? »

-« C'est gentil Harold. Mais je me débrouille »

-« Stéphania vous manque »

-« Je l'avais vu grandir cette petite. Sa mère était lingère autrefois et elle l'accompagnait. Et heureusement qu'elle venait souvent au domaine tenir compagnie à Mademoiselle Julie. Sinon la pauvre elle n'aurait pas eu beaucoup de distraction. Sa mère ne s'occupait pas d'elle et sa grand-mère pas davantage. Quant à son père il a quitté le pays après le divorce. Elle passait tous son temps avec Stéphania et son grand père »

-« Son grand père ? M Koster ? » Demanda Finch étonné.

-« Oui, surprenant n'est ce pas ? Mais vous n'avez pas connu M Koster avant qu'il ne tombe malade. Il n'était pas aussi dur alors, pourtant sa femme et sa fille lui en faisait voir de toute les couleurs »

-« Ca fait longtemps que vous travaillez pour cette famille ? »

-« Oh des années ! C'est le père de M Koster qui m'a engagé, lui devait avoir 8 ou 9 ans à l'époque. Déjà il n'a pas eu une enfance facile. Son père était un homme très sévère qui ne voyait en lui que son successeur, il voulait le conditionner. Il lui a même choisit sa femme, sans lui demander son avis, pour l'intérêt de la société. Forcement ça n'a pas aidé. En plus il a fallu quinze ans avant qu'un enfant ne leur naisse. M Koster finissait par douter»

-« Alors qu'il avait besoin d'un héritier ? »

-« Exactement, toujours pour la société »

-« La naissance d'une fille a dû le décevoir » suggéra Finch.

-« Si encore elle avait eu des capacités » jugea Margareth « Ca existe des femmes qui dirigent des entreprises. Mais Emily était comme sa mère, complètement évaporée »

-« Donc il a attendu la génération suivante ? »

-« Oui. Il a laissé sa fille choisir son époux en se disant qu'elle pourrait fonder une vraie famille avec plusieurs enfants. Ca n'a pas réussi. M Wilson était un brave gars, je me suis toujours demandé comment il a pût supporter Emily pendant dix ans. M Koster a consacré beaucoup de temps à sa petite fille. Julie est brillante, elle tient de son père qui était professeur. Je crois que cette fois M Koster s'est remit à espérer »

-« Qu'est ce qui a changé ? »

-« En vérité, je ne sais pas trop » elle réfléchit quelques instants « Lorsque M Koster est tombé malade sa femme et sa fille ne l'ont pas beaucoup soutenu. Emily ne voulait même pas se faire tester pour la greffe prétextant son aversion pour les médecins. Mais je crois que même dans ce cas on peut bien faire un effort pour la famille. En revanche Julie allait le voir presque tout les jours. Pourtant quand M Koster est rentré à la fin du traitement il était devenu glacial envers tout le monde y compris Julie. Heureusement qu'elle avait ses études pour lui permettre de voir autre chose la pauvre gamine »

-« C'est étrange que la maladie l'ai changé à ce point » constata Finch « Il a dû se passer quelques chose » songea t-il intrigué

-« Maintenant je me demande ce qui va se passer avec la mort d'Emily. Julie va repartir pour l'université et personne ne pourra l'obliger à revenir et je parie qu'elle ne le voudra plus »

-« Ce serait compréhensible »

-« Et avec tout ces événements !, j'avoue que ça me fait un peu peur »

-« Vous restez pourtant ? » demanda Finch

-« Je n'ai nulle part où aller de toute façon » déclara Margareth avec un haussement d'épaules « et puis je ne suis pas sûre d'être visée, je pense que quelqu'un en veux à cette famille et moi je n'en fait pas partie. Stéphania c'était un accident »

-« Je le pense aussi » confirma Finch qui pensa que la vieille dame était réellement perspicace.

-« Et vous ? Vous ne voulez pas partir ? »

-« J'aimerais d'abord découvrir ce qui se passe, je suis curieux »

-« Vous vous prenez pour Sherlock Holmes ? »

-« J'aime aider les gens »

-« Et puis vous avez John pour vous protéger »

-« Aussi oui » admit Finch qui redoutait un peu la tournure de la conversation, connaissant l'opinion de la vieille dame.

De fait Margareth allait continuer lorsqu'un cri les alerta

-« C'est Suzanne » souffla Margareth inquiète.

Le cri fut suivit d'une exclamation furieuse, Margareth et Harold, qui s'attendaient au pire, échangèrent un regard perplexe. Suzanne fit irruption dans la cuisine, les vêtements trempés

-« Suzanne ! Qu'est ce qui t'arrive ? » S'exclama la vieille dame.

-« C'est encore les canalisations, c'est pas possible ! » clama la femme de chambre exaspérée « Mathieu Garner est un bon à rien ! »

-« Ce n'est pas le meilleur des plombiers c'est sûr approuva la cuisinière en tendant une serviette à la jeune femme.

-« Je ne comprends pas que M Koster continu de l'appeler à chaque fois. Il est incompétent ! »

-« C'est le plombier de famille » ricana Margareth, « de père en fils comme la société »

-« En tous cas la chambre est inondée » Suzanne se tourna vers l'informaticien « Désolée Harold, c'est la votre »

-« Oh » émit Finch mi perplexe, mi contrarié.

-« Je vais appeler, que cet idiot intervienne vite, mais il va falloir vous trouver un autre logement »

Matt Adison entra à cet instant.

-« Bonjour »

-« Bonjour Matt »

-« Eh bien Suzanne tu as pris une douche ? »

-« Très drôle ! » grinça cette dernière.

-« C'est samedi. Je suis passé au cas où, mais je ne pense pas que mes services soient requis »

-« Moi non plus mais avec cette famille de fou je vais vérifier. Je me change et j'y vais »

Finch lança un regard interrogatif vers Margareth.

-« Le samedi Matt sert de chauffeur à Miss Koster. Elle a l'habitude d'aller en ville, parfois à son club. Mais après ce qui s'est passé… » Expliqua t-elle. « Un café Matt ?»

-« Pas de refus »

-« Comment vont Lydia et les enfants ? »

-« Ca va, vivement que les vacances soient finies qu'on retrouve la routine »

-« Tiens si tu vas en ville tu pourrais ramener Garner ? »

-« Encore ? Il serait temps que M Koster fasse refaire complètement l'installation et par quelqu'un de compétent »

-« Je ne te le fais pas dire »

Finch les laissa discuter et gagna sa chambre pour vérifier les dégâts.

Il entra dans la pièce et évalua la situation. Le tuyau de la douche continuait de fuir, l'eau inondait la petite salle d'eau et débordait sur le plancher de la chambre. Il s'avança et protégea son ordinateur et les plans de John. Il les posa sur la commode pour les éloigner de la salle d'eau. Il y posa également sa valise de matériel qui heureusement était déjà rangée en hauteur dans le placard. Restait sa valise, posée au sol dans le placard, mais par chance l'eau n'était pas encore arrivée jusque là. Il la posa sur le lit et rassembla ses affaires. Si le plombier passait rapidement il n'aurait peut être pas besoin de déménager songea t-il. Il ouvrit la fenêtre en grand pour lutter contre l'humidité. Se penchant un peu il aperçu John qui inspectait les abords de la serre. Son air concentré le fit sourire. John se sentit observé. Instinctivement il chercha autour de lui puis leva la tête et aperçu son associé. Cela le fit sourire. Il saisit son téléphone.

-« Vous me cherchez Harold ? »

-« Non John, j'aère un peu la chambre »

-« Vous n'avez pas d'ennui ? » demanda t-il en fronçant les sourcils.

Finch vit le changement sur son visage « il est trop nerveux » songea t-il.

-« Moi non. Je n'en dirais pas autant de la canalisation de la douche. Mais il s'agit juste d'un incident qui se répète souvent semble t-il. M Adison va ramener le plombier »

-« Appelez si vous avez besoin de moi »

-« Je n'y manquerai pas » répondit l'informaticien. Il raccrocha et l'observa encore quelques instants. « Comment avait-il deviné si vite qu'il l'observait ? Toujours aussi intuitif » songea t-il.

Suzanne entra dans la pièce.

-« Matt est parti chercher le plombier. Je vais éponger mais tant que ça fuit ça ne changera pas grand-chose »

-« Nous pourrions couper l'eau dans la pièce ? »

-« Il n'y a pas de robinet d'arrêt ici. Si on coupe à la cave, on coupe pour tout le bâtiment »

-« Pas très pratique » constata Finch.

-« C'est ce que j'ai dit à Garner, c'est évident, même moi qui ne suis pas du métier je le sais ! Mais c'est un idiot» affirma t-elle. « En attendant on va poser vos affaires dans le débarras à côté »

Suzanne l'aida à déposer les valises dans le réduit et Finch retourna s'installer dans la cuisine avec son portable.

-« Tiens un naufragé » constata Margareth en le voyant entrer « Ca me fera de la compagnie » ajouta t-elle avec un sourire accueillant.

Finch songea qu'il n'avait pas envie d'aller dans le bureau ou dans une quelconque autre pièce de ce lieu glacial.

Une demi-heure plus tard John revint et s'étonna de le trouver là.

-« Je suis momentanément chassé de mes appartements. Le plombier ne devrait plus tarder. Vous avez fait une promenade intéressante ? »

-« Très instructive » répondit l'ex agent avec un sourire entendu.

Suzanne entra dans la cuisine.

-« Matt vient d'appeler, il n'a pas trouvé Garner, il serait en week end, il va falloir couper l'eau »

-« Ca va encore être pratique ! » grinça Margareth.

-« Jerry va demander à M Koster si on peut appeler une autre société mais ça m'étonnerait, il est buté » La jeune femme se tourna vers Finch « En attendant il va falloir vous caser. Les chambres de l'autre aile ne sont vraiment pas en état »

-« Vous pouvez vous installer avec John puisque vous vous connaissez ? » suggéra Margareth avec un sourire peut être un peu trop large remarqua John.

-« Bonne idée, c'est la plus grande chambre. Et puis c'est juste deux jours » précisa Suzanne devant l'air perturbé de l'informaticien.

John lui lança un regard discret puis constata :

-« Ca ne me pose pas de problème » même s'il pensait vaguement le contraire. Si près de Finch la tentation allait être rude !

-« Alors c'est arrangé » trancha Suzanne « je vous aide pour votre valise » Harold la suivit sans rien dire.

Margareth se rapprocha de John.

-« En voilà une bonne idée ! Elle ne va pas vous déplaire cette cohabitation »

-« Margareth ! » la sermonna t-il.

-« Oh ne soyez pas timide. Vous pourriez en profiter pour vous rapprocher tout les deux ? »

-« Ca vous amuse ? »

-« J'adore jouer les cupidons. Alors, je n'ai pas raison ? Vous pourriez profiter de l'occasion pour vous exprimer ? Et espérer, disons, un petit baiser ? » Suggéra la cuisinière.

-« Qui vous dit que ce n'est pas déjà fait ? » la taquina Reese.

-« Quoi ? Et vous ne m'avez rien dit ? Vous êtes un affreux goujat John Wilkinson ! » S'exclama t-elle en lui administrant un coup avec sa serviette.

John rit franchement et elle l'imita. Il eut l'impression de retrouver un peu la vieille dame enjouée qui l'avait accueilli quelques jours plus tôt.

-« Je suis heureux de vous avoir distrait un peu » constata t-il.

-« Vous êtes un brave garçon » répondit-elle émue « mais aussi un affreux cachottier et vous ne perdez rien pour attendre ! »

Elle se détourna « Bon je vais préparer le déjeuner » dit-elle pour masquer son émotion.

John leva les yeux et croisa le regard de Finch en bas des escaliers. Il s'avança

-« Vous êtes installé ? »

-« Plus ou moins. Je suis désolé de vous envahir »

-« Comme si cela pouvez m'être désagréable » affirma John avec un sourire. L'informaticien lui rendit un sourire timide.

-« Vous vous entendez bien avec Miss Andrews » dit -il pour détourner la conversation.

-« Harold, vous venez encore de lui donner cent ans ! » ironisa l'ex agent.

-« Avec Margareth » corrigea Finch.

-« C'est un sacré petit bout de femme » Il le saisit par le bras et l'entraina un peu à l'écart.

-« A part cela je pense avoir découvert le passage employé par le tireur le jour où il a tenté d'assassiner Julie. Il existe une trappe dans le mur, quasiment indécelable si on ne sait pas où chercher »

-« Où conduit-elle ? »

-« Dans la cave apparemment. De là il doit exister une autre issue qui donne accès aux couloirs dans la maison. Mais celui là je ne l'ai pas encore trouvé. Je compte descendre cette nuit »

-« Vous devriez plutôt essayer un après midi »

-« Pourquoi ? »

-« Si vous faites du bruit, cela n'attirera pas l'attention. La nuit ce serait différent »

-« C'est juste. Mais dans ce cas j'aurais besoin que vous montiez la garde pour me prévenir si quelqu'un décidait de descendre »

-« Sans problème. Je resterais dans la cuisine, ce qui me permettra de surveiller la porte sans attirer l'attention »

-« Merci Harold »

John jeta un regard circulaire et les voyant seul il posa un rapide baiser sur les lèvres de son partenaire.

-« Juste pour m'encourager » murmura t-il.

Il s'écarta mais Finch le retint et lui rendit son baiser.

-« La cave est grande, cela demande un peu plus je crois » se justifia t-il.

-« Vous avez raison c'est mieux » approuva John.

Finch regagna la cuisine et John se dirigeait vers la sortie lorsque Suzanne sortit précipitamment du salon .

-« Matt a eu un accident de voiture, il est à l'hôpital » annonça t-elle bouleversée.

John se tourna vers son partenaire qui lui répondit d'un signe de tête et s'isola pour téléphoner à l'inspecteur Fusco.

-« Je vais sur place » dit-il.