Voila le chapitre 4 avec un peu de retard. Désolée mes pensée étaient saturées par le bac, parcoursup et résultat de concours.
Bref, en espérant qu'il vous plaira, bonne lecture.
Le bar les attendait, les lumières allumées. Lottie entra la première, suivit de près par Will qui semblait un peu inquiet de la pâleur de la jeune fille. Elle avait somnolé durant le trajet et elle ne semblait pas s'être totalement réveillée. Elle passa la porte et fut projetée contre le sol par une Harley un peu trop inquiète.
« Chaton ! Qu'est-ce qui s'est passé ? »
Le couinement de douleur de la psy fut la seule réponse qu'elle lui donna jusqu'à ce que le barman vienne à sa rescousse et retire la rogue de son amante qui se releva avec difficulté. Elle se tenait le bras en grimaçant de douleur. Elle fit quelques pas avant de se laisser tomber sur la chaise la plus proche. Il était bien trop tard pour qu'il y ait des clients, malgré ça, il y avait bien du monde pour cette heure matinal. L'horloge sonna 7h30 quand Lottie releva ses yeux vers la petite assemblée.
« Vous m'avez attendu tout ce temps ? »
Will avait rejoint Pixie, sa cousine qui travaillait également au bar, et sa patronne qui regardait son amie avec des yeux inquiets. Harley se tenait toujours à côté de son chaton. Tout ce beau monde observait la jeune femme, mais se fut Sam qui s'approcha en première.
« Bien sûr qu'on t'a attendu, darling. Tu m'appelles à pas d'heure et tu me sors que t'es à l'hôpital. On va avoir besoin de quelques explications. »
Lottie se massa les tempes de sa main libre en sentant la migraine venir.
« Je me suis fait agresser pas Zsasz et sauver par Batman, emmener à l'hôpital par Grodon. J'ai une entaille à la gorge, une épaule déboîtée et une dose d'anti-douleur dans les veine qui me fait planer. Donc je pense que je vais aller me coucher et ne plus retourner au boulot avant quelques jours. »
Sam acquiesça avant de l'aider à se relever.
« Va dormir. Déjà qu'en général t'es pâle, là tu ressembles aux cadavres dans mon placard. »
« Merci ça fait plaisir. »
Malgré sa mauvaise humeur, la jeune femme sourit et monta calmement dans sa chambre aidée par Harley qui allait être aux petits soins pour elle, et, d'après son regard d'assassin, comptait traquer Zsasz pour lui apprendre à ne pas toucher à sa copine.
La nuit fut calme et Lottie dormit d'un sommeil réparateur dans les bras d'une Harley protectrice. Quand la petite brune se réveilla, il était midi passé et elle était affamée. Elle prit une très longue douche chaude et quand elle sortit, son amante psychotique avait disparu, sûrement à la recherche de son agresseur. Elle enfila une robe et des talons. Jamais elle ne sortait sans ses talons. A vrai dire, elle complexait légèrement sur sa petite taille.
Elle descendit, son bras toujours en écharpe pour aller chercher de la nourriture et un bon café. Elle tomba sur Sam qui lui tendit une tasse et un journal.
« Autre chose ? »
Lottie lui sourit.
« Des lasagnes ? »
« Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué... »
Elle rigola et passa le message en cuisine avant de retourner au bar, pendant que Lottie dépliait le journal.
Le gros titre attira immédiatement son attention : Zsasz arrêté.
Elle tourna rapidement les pages pour trouver l'article.
« Ce matin, le célèbre tueur Victor Zsasz a été retrouvé inconscient dans une rue de Gotham. Il a été pris en charge par les autorités compétentes et emmené à Arkham. Le mode opératoire rappelle étrangement celui de l'agresseur des criminels de la semaine du 12 juillet.
Il a également laissé un message à l'intention de la police et de la population.
''Voyez l'inutilité du Batman…''
D'après les experts, le message trouvé sur le corps du meurtrier, a été écrit par la même personne.
La ville aurait-elle un nouveau justicier autoproclamé ?
Quoi qu'il en soit, la police recherche toujours activement le criminel. Quiconque possédant des informations sur cette personne est prié de se rendre au poste de police pour témoigner. »
Elle se mordillait la lèvre inférieure, signe de sa concentration.
Qui pouvait bien être derrière ses agression ? Il y en avait eu trop pour les ignorer ou penser à un cas isolé, mais pas assez pour comprendre le fonds de la pensée de l'agresseur.
Pourquoi la célèbre chauve-souris de Gotham le dérangeait autant ? Bien sûre, il pouvait être une victime ou un proche d'une des nombreuses victimes des rogues. Il pouvait très bien avoir juste craqué et vouloir remplacer le super héros. Le profil du criminel était encore assez flou tout comme ses objectifs. Elle avait besoin de plus d'indices, de plus d'éléments. Elle voudrait bien connaître l'état de Zsasz pour savoir si un interrogatoire était possible. Elle se dit également qu'un passage au commissariat, lui apporterait sûrement de nouvelle information. Tant de choses à faire en si peu de temps…
Ce fut un claquement de doigts devant son visage qui la fit sortir de ses réflexions. Sam venait de lui apporter une assiette fumante.
« Allez darling, mange. Je vois que tu as plein de chose en tête, mais tu vas manger avant tout. Sinon je ne te laisse pas sortir d'ici. »
Lottie saisit sa fourchette tout en allumant son téléphone de l'autre.
« A vos ordre madame ! »
Tout en engloutissant son repas, elle rechercha toutes les informations à sa disposition. Le moindre petit détail, la moindre information, elle ne devait rien négliger. Son cerveau s'isolait complètement du reste du monde pour se concentrer sur l'essentiel, tant et si bien, qu'elle n'entendit même pas le client qui vint demander ses services.
La patronne fit signe à l'homme de revenir plus tard, ce qu'il fit sans discuter en comprenant que la jeune psy ne lui répondrait pas aujourd'hui ni les quelques jours qui suivirent. Quand la jeune femme était dans cet état, elle ne pensait plus à dormir ou à manger et Sam se demandait toujours comme elle aurait survécut sans elle. Elle lui apportait des plats chauds et lui rappeler de dormir.
Ce ne fut que lorsque son ancien professeur, le célèbre Jonathan Crane, vient s'asseoir à ses côtés pour fixer ses moindres fait et gestes de son regard glacial, qu'elle émergea un peu de sa bulle. Il venait souvent au bar pour venir chercher des cobayes ou d'autres services proposés par le bar. Elle lui jeta un regard en coin avant de se redresser pour lui faire face.
« Un problème professeur ? »
Il sourit en entendant le titre perdu qu'elle continuait à lui donner.
« Absolument aucun Charlotte. Je vous observe juste sombrer dans votre folie... »
Elle leva les yeux en soupirant éteignant au passage l'écran de son mobile.
« Dois-je vous rappeler que je n'ai jamais été diagnostiquée comme folle ? »
Il rit en prenant une gorgée de son thé.
« Ma chère, nous savons, vous et moi, que vous êtes aussi saine d'esprit que vos patients. Votre obsession est juste plus insidieuse, moins visible, masquée par vos yeux attendrissants et votre allure de frêle victime. Vous confirmez ma théorie : les psychiatres d'Arkham sont aussi fou que leurs patients. »
« Après vous, Harley et Strange vous en doutiez encore professeur ? »
L'homme ne réagit pas aux railleries de la jeune femme qui s'était raidie à ses paroles. Il avait toujours été l'un des rares à voir ce qui se cachait sous le masque qu'elle portait.
« Cependant, ce qui m'intrigue vraiment, c'est l'origine de cette névrose. Je ne peux que supposer que votre impuissance face à votre père vous a incité à trouver une arme qui pourrait vous protéger, vous rendre intouchable, puis avec le temps, vous avez appris à manier cette arme, mais vous n'avez pas su arrêter ce désir de protection. Peut-être qu'au fond, votre psychose n'est que le reflet de votre peur, celle qu'on vous blesse... »
Elle termina sa tasse de café avant de planter son regard vert dans les yeux froids de l'homme qui continua sa tirade. Elle ne dit rien, elle ne savait pas quoi dire.
« Non… vous n'êtes pas algophobe, loin de là, vous êtes allée à l'université sachant pertinemment que chaque soir en rentrant vous souffrirez… Non en réalité, vous refusez de faire confiance aux autres. Si vous avez développé cette obsession malsaine pour les informations, c'est parce que vous êtes incapable de faire confiance. Vous ne voulez plus être blessée comme avec votre père, que ce soit physiquement ou mentalement.»
Elle se resservit tranquillement du café tout en prenant à son tour la parole.
« Si je suis votre théorie, j'imagine que cette passion pour les phobies vous vient de votre enfance. Peut-être que vous avez voulu comprendre quel était ce sentiment qui vous paralysez quand votre grand-mère vous enfermez dans cette église en compagnie des corbeaux. Oui, vous vouliez savoir comment cela marchait et comment la contrôler. Est-ce car vous aussi vous craignez d'être blessé, de perdre le contrôle de votre vie ? »
Elle but une gorgée de sa tasse fumante tout en continuant de fixer l'homme qui lui sourit dans un rictus qui était tout sauf rassurant.
« Vous apprenez vite Charlotte. »
« Vos cours m'avaient manqué. »
Elle se leva calmement de son fauteuil et attrapa son téléphone qui venait de vibrer pour regarder son message.
''Zsasz est réveillé.
Dr Young.''
La psychiatre sourit en éteignant l'écran. Elle allait pouvoir interroger la dernière victime du nouveau justicier de Gotham. Elle se leva en replaçant ses mèches noires qui tentaient de s'évader.
« Bien, je dois vous laisser. Au plaisir de reparler avec vous. »
« Quand vous le désirez. »
Sur ses mots, elle reprit son téléphones et sortie du bar. Elle avait un rendez-vous et elle ne devait pas le louper.
